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Full text of "Chrestomathie bretonne : (armoricain, gallois, cornique)"

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CHRESTOMATHIE  BRETONNE 

(ARMORICAIN,  GALLOIS,  CORMQLE) 

PREMIÈRE   PARTIE 

BRETON-ARMORICAIN 


J.   LOTH 

Professeur  à'  la  faculté  des  lettres  de  Rennes 


PARIS 

EMILE  BOUILLON  LIBRAIRE-EDITEUR 

ANCIENNE   MAISON    F.    VIEWEG 
67  RUE  RICHELIEU  (EN  FACE  DE  LA  BIBLIOTHK(jUi;  NAlIdNALE 

1890 


OUVRAGES  SUR  LA  BRETAGNE 

PHILOLOGIE  ET  HISTOIRE) 
En  vente  à  la  même  LiJjrairie. 


Revle  Geltiqle  publiée  avec  le  concours  des  principaux  savants 
des  Iles  Britanniques  et  du  continent,  et  dirigée  par  H.  Gaidoz. 
Tomes  I  à  X,  1870  à  1889. 

Par  suite  de  la  retraite  de  M.  Gaidoz,  la  Revue  Celtique  est, 
depuis  le  7*^  volume,  sous  la  direction  de  M.  d'Arbois  de  Jubainville, 
avec  la  collaboration  de  MM.  J.  Loth,  E.  Ernault  et  Dottin. 

Le  prix  de  chaque  volume  est  de  "20  francs,  mais  afin  d'en 
permettre  l'acquisition  <ious  avons  réduit  à  50  francs,  au  lieu  de 
100  francs,  celui  des  cinq  premiers  volumes.  La  publication  se 
continue  par  cahiers  trimestriels.  Le  prix  d'abonnement  au  volume 
complet  est  de  ^20  francs  pour  Paris  et  de  22  francs  pour  la  France 
et  les  pays  faisant  partie  de  l'Union  postale. 


Arbois  de  Jubainville  (H.  d").  —  Études  grammaticales  sur  les 
langues  celtiques.  Première  partie  :  Introduction,  phonétique  et 
dérivation  bretonnes.   1  volume  grand  in-8     ...         8  fr. 

Du  RusQUEC  (H.).  —  Dictionnaire  français -breton.  1  volume 
grand  in-H 20  fr. 

Ernault  (E.).  —  Etudes  sur  le  dialecte  breton  de  la  presqu'île 
de  Batz.  Grand  in-8 1  fr.  50 

liltudes  comparatives  sur  le  grec,  le  latin  et  le  celtique. 

1.  La  voyelle  brève  <<  ou  ».  Grand  in-8 1  fr. 


CHRESTOMÂTHIE   BRETONNE 


OUVRAGES    DE    M.    J.    LOTH 


Essai  sur  le  verbe  néo-celtique,  en  irlandais  ancien  et  dans  les  dia- 
lectes modernes,  Paris,  Ernest  Leroux,  1882.  gr.  in-8. 

De  vocis  nremoricae  usque  ad  sexlum  posl  Christum  natum  snecu- 
Itim  forma  alque  signi/îcatione,  Rennes,  1883,  gr.  in-8. 

L'émigration  bretonne  en  Armorique  du  v«  au  vn»  siècle  de  noire 
ère,  Rennes,  1883,  gr.  in-8. 

Cet  ouvrage  a  obtenu  de  rAcadémie  des  Inscriptions  et  Belles- 
Lettres  une  médaille  d'or  au  concours  des  Antiquités  de  la  France, 
en  1884. 

Vocabulaire  vieux-breton,  avec  commentaire  contenant  toutes  les 
gloses  en  vieux-breton  {gallois,  comique,  armoricain)  connues,  précédé 
d'une  introduction  sur  la  phonétique  du  vieux  breton  et  sur  l'âge  et  la 
provenance  des  gloses,  Paris,  F.  Vieweg,  1884,  gr.  in-8. 

L'Institut  a  décerné  à  cet  ouvrage  le  prix   Volneg,  en  1885. 

Les  Mabinogion,  traduits  en  entier  pour  la  première  fois  en  français, 
avec  un  commentaire  explicatif  et  des  notes  critiques.  Paris,  Thorin, 
1889  :  2  vol,  in-8. 


CHRESTOMATHIE  BRETONNE 

(ARMORIGALX,  GALLOIS.  GORNIQUE) 

PREMIÈRE   PARTIE    . 

BRETON-ARMORICAIN 


J.   LOTH 

Professeur  :'i  la  faculté  des  lettres  de  Rennes 


PARIS 

EMILE  BOUILLON  LIBRAIRE-ÉDITEUR 

G7,  RUE  RICHELIEU,  67 

(EN    FACE   DE    LA    BlBLIOTHÉQl  E    NATIONALE) 

1890 


A  M.  YEÏAULT 

BIBLIOTHÉCAIRE   DE   LA  MLLE   DE   RENNES 

J.    LOTH 


AVERTISSEMENT  AU  LECTEUR 


Cet  ouvrage  a  paru  par  fragments  successifs,  depuis  le 
mois  d'avril  1886,  jusqu'au  mois  de  novembre  1889,  dans  la 
revue  publiée  par  la  Faculté  des  lettres  de  Rennes  sous  le 
titre  à'Aimales  de  Bretagne.  Le  lecteur  ne  devra  donc  pas 
s'étonner  que  l'auteur  soit  revenu,  çà  et  là,  sur  certaines 
observations  et  qu'il  ait  modifié  ou  répudié  certaines  théories. 
Les  addenda  et  corrigenda  placés  à  la  fin  du  volume  font 
aussi  justice  d'un  certain  nombre  d'erreurs  ou  inexactitudes, 
sinon  inévitables,  au  moins,  semble-t-il,  pardonnables  dans 
un  travail  aussi  étendu  et  formé  de  parties  si  variées  et  si 
diverses. 

Comme  cette  chrestomathie  était  d'abord,  dans  l'esprit 
de  l'auteur,  destinée  plus  spécialement  à  ses  compatriotes 
de  Bretagne,  demeurés  pour  la  plupart  étrangers  au  mou- 
vement des  études  celtiques,  il  a  essayé,  dans  une  Introduction 
développée,  de  leur  donner  quelque  idée  du  vieux  celtique  et 
d'esquisser  à  grands  traits  l'histoire  du  breton  jusqu'à  nos 
jours,  en  mettant  à  profit  les  principaux  documents  que 
présentent  les  inscriptions  et  les  textes,  tant  de  l'antiquité 
que  des  premiers  siècles  de  l'ère  chrétienne.  Pour  les  textes 
en  breton-armoricain,  il  n'a  pas  cru  devoir  se  contenter  de 
ceux   de  l'époque  du   moyen   breton.   Il  a  poussé  jusqu'au 


xix°  siècle,  non  seulement  parce  que  les  textes  des  xvii°  et 
xviif  siècles  sont  presque  introuvables,  mais  aussi  parce 
qu'il  juge  l'étude  des  idiomes  celtiques  encore  parlés,  utile, 
pour  ne  pas  dire  indispensable,  à  ceux  même  qui  s'occupent 
plus  spécialement  du  vieux  breton. 

L'auteur  espère  aussi  que  son  œuvre  pourra  être  particu- 
lièrement utile  à  tous  les  savants  qui  s'intéressent  aux  études 
bretonnes,  pour  la  période  qui  s'étend  du  ix°  au  xv°  siècle; 
il  a  en  effet  soumis  à  une  collation  scrupuleuse  et  à  un 
examen  minutieux  l'onomastique  du  Cartulaire  de  Redon,  et 
compulsé  un  nombre  très  considérable  de  chartes  inédites 
ou  peu  connues. 


CHRESTOMATHIE   BRETONNE 

(Armoricain,  Gallois,  Comique) 


PREMIERE    PARTIE 

Breton  armoricain 


INTRODUCTION 

Parlé  aux  IV^-IIP  siècles  avant  Jésus-Christ  dans  la  plus 
grande  partie  de  l'Europe  centrale,  de  la  mer  du  Nord  à  la  mer 
Noire,  dans  la  plus  grande  partie  de  la  Gaule,  le  nord  de  l'Italie, 
le  nord-ouest,  le  centre  et  l'ouest  de  l'Espagne,  dans  toutes  les 
Iles-Britanniques,  le  celtique  ne  dominait  plus,  du  temps  de 
César,  qu'en  Gaule,  en  exceptant  l'Aquitaine,  dans  une  partie  de 
la  péninsule  ibérique  et  dans  les  Iles-Britanniques.  Etouffé 
bientôt  en  Gaule  et  en  Espagne  par  la  conquête  romaine,  il  ne 
lui  reste  plus  pour  refuge  que  les  Iles-Britanniques  où  il  apparaît 
de  bonne  heure,  divisé  en  deux  groupes  principaux  :  le  groupe 
goidélique  ou  gaélique  représenté  aujourd'hui  par  l'irlandais, 
l'écossais  des  hautes  terres  et  le  dialecte  de  l'île  de  Man,  et  le 
groupe  breton  (1).  Après  avoir  échappé  à  la  destruction  sous  la 
domination  romaine  en  Grande-Bretagne,  le  breton  insulaire 
perd  par  la  conquête  anglo-saxonne,  commencée  vers  le  milieu 


(1)  Par  breton  il  est  entendu  que  nous  compreno:is  dans  la  suite  de  cette 
étude  le  gallois,  le  comique  et  le  breton  armoricain.  Pour  désigner  le  breton  de 
France,  nous  n'employons  que  le  terme  d'armoricain. 


du  V''  siècle,  la  plus  grande  partie  du  territoire  que  comprend 
l'Angleterre  actuelle  proprement  dite.  Au  XIA^^  siècle,  le  breton 
s'éteint  dans  le  Cuniberland.  Au  siècle  dernier  il  a  entièrement 
disparu  de  la  Cornouailles.  Il  ne  lui  reste  plus  dans  l'île  que  le 
pays  de  Galles  où  il  est  très  vivace  et  où  il  a  encore,  selon  toute 
probabilité,  une  longue  carrière  à  fournir.  Transporté  dans  la 
péninsule  armoricaine  par  des  Bretons  qui  ne  voulaient  pas  se 
soumettre  au  joug  saxon,  principalement  par  les  deux  tribus  des 
Cornovii  et  des  Doranonii  (1),  le  breton  s'étendit  avec  la  domi- 
nation des  Bretons  sur  la  plus  grande  partie  de  la  Bretagne 
actuelle.  On  peut  figurer  la  limite  du  breton  au  moment  de  sa 
plus  grande  extension  au  IX"  siècle  par  une  ligne  qui,  partant 
des  bords  de  la  Loire  à  gauche  de  la  ville  de  Donges,  irait 
rejoindre  la  Vilaine  un  peu  plus  haut  que  Bourg-des-Comptes 
en  passant  par  Brambu,  Cambon,  Quédillac,  Quilly,  le  Gâvre, 
Pierric,  Fougera3^  En  quittant  la  Vilaine  la  ligne  de  démarcation 
des  deux  langues  passait  par  Mordelles,  Langon,  Languouet,  Lan- 
rigan,  Cuguen,  pour  aller  aboutir  à  l'embouchure  du  Couesnon. 
Trois  siècles  après,  le  breton  pour  des  causes  qu'il  serait  trop 
long  d'exposer  ici  (2)  avait  considérablement  reculé  vers  l'Ouest 
et  était  renfermé  à  peu  près  dans  les  mêmes  limites  qu'aujour- 
d'hui, où  il  ne  s'étend  plus  que  sur  le  département  du  Finistère, 
sur  la  moitié  du  Morbihan  et  la  moitié  des  Côtes-du-Nord,  On 
aurait  assez  exactement  la  limite  séparative  du  breton  et  du  fran- 
çais aujourd'hui  en  traçant  une  ligne  qui  partirait  de  la  pointe 
de  Pénerf,  non  loin  de  l'embouchure  de  la  Vilaine,  et  passant 
par  Berric,  Monterblanc,  Plumelec,  Saint-Allouestre,  Kerfourn, 


(1)  Un  gros  d'cmigi-ants  poussa  jusqu'à  la  péniusule  Ibérique  et  s'établit  en 
Galice.  Le  concile  de  Lugo  en  569  mentionne  un  évêclié  breton  dans  ce  pays. 
Au  2«  concile  de  Braga  en  572,  on  remarque  parmi  les  signataires  Mailoc  Bri- 
tonicnsis  ecclcsiœ  ejjiseopu-i.  Des  cpiscopi  Britonienses  signent  encore  au 
8«  concile  de  Tolède  en  053,  au  ^'^  de  Braga  en  679,  au  13«  de  Tolè  le  en  (>83.  au 
lOe  de  Tolède  en  692. 

(2)  Voir  J.  Loth,  V Emigration  bretonne  en  Armoriqiw  du  V''  <iii  VU"  siècle 
de  notre  ère.  Paris,  Picard,  1883, 


—  3  — 
CroixanvGc,  Saint-Gilles,  le  Haut-Corlay,  remonterait  le  Leff  et 
ferait  un  coude  au-dessus  de  Tréveneuc.  Il  faut  signaler  un  petit 
îlot  breton  au  bourg  de  Batz  près  Guérande  dans  la  Loire- 
Inférieure.  En  territoire  breton,  dans  les  villes  et  beaucoup  do 
chefs-lieux  de  canton,  le  français  est  plus  parlé  que  la  langue 
indio^ène. 


VIEUX    CELTIQUE 
I  —  Gaulois 

Le  celtique  appartient  à  la  grande  famille  des  langues  indo- 
européennes ou  ario-européennes  qui,  sans  parler  de  son  domaine 
en  Asie,  s'étend  aujourd'hui  à  peu  près  sur  toute  l'Europe  et  s'y 
divise  en  langues  slaves,  germaniques,  romanes,  helléniques  et 
celtiques,  pour  ne  citer  que  les  groupes  principaux.  Le  celtique 
paraît  avoir  été  apparenté  de  plus  près  à  l'italique  (latin,  osque, 
ombrien)  qu'à  tout  autre  groupe. 

Le  gaulois,  qui  de  tous  les  idiomes  vieux  celtiques  offre  les 
plus  anciens  monuments,  ne  nous  a  laissé  que  des  noms  propres 
de  lieux  et  de  personnes,  quelques  mots  épars  chez  les  écrivains 
de  l'antiquité,  un  certain  nombre  d'inscriptions.  Lorsque  l'étude 
des  langues  celtiques  est  devenue  une  science,  ces  débris  ont  pré- 
senté un  réel  intérêt;  ils  ont  fourni  aux  celtisants  de  précieuses 
indications,  et  ont  eu  surtout  pour  principale  utilité  de  confirmer 
les  résultats  obtenus  par  l'étude  méthodique  des  langues  néo- 
celtiques et  en  particulier  du  vieil  irlandais;  mais  il  faudrait  bien 
se  garder  de  croire  que  l'étude  du  gaulois  constitue  une  science 
à  part  :  c'est  un  appendice  et  comme  le  couronnement  des  études 
de  linguistique  celtique. 

A  la  lumière  des  langues  néo-celtiques,  on  est  arrivé  à  re- 
trouver dans  les  restes  du  vieux  celtique  les  principaux  traits 
de  sa  phonétique  et  de  sa  déclinaison,  ainsi  qu'à  reconstituer 
une  partie  de  son  vocabulaire.    Le  vocalisme  gaulois  présente 


—  4   - 
déjà  quelques  traits  caractéristiques  du  vocalisme  celtique.  Vè 
long  européen  est  représenté  par  ï  :  rix  =  rèœ.  Les  diphtongues 
se  présentent  naturellement  dans  un  état  plus  ou  moins  grand 
de   conservation ,    suivant   qu'elles    paraissent    dans    des    mots 
plus  ou   moins  anciens.   Ainsi,  à  l'époque  la  plus  éloignée  de 
nous ,    le    suffixe   du    nominatif  pluriel    dans  les   mots    de   la 
déclinaison   en    o    (2^    déclinaison   latine  et  grecque   dans  nos 
grammaires)  est  oi,   à  une   époque  postérieure   7.    Ou,  forme 
plus  récente   d'eu,  tantôt   est  intacte,  tantôt  se  montre  sous 
la  forme  u  :  Tuta  et  Touiius,  Clutamus  et  Cloutius,  etc.. 
Cet  u  est  de  nature  fort  différente.  Dans  certains  cas  u  est 
la  contraction  A'ou  et  a  passé  d'abord  par  6  :  Tuta,  Uxello- 
dunum;   c'est  un   phénomène   sporadique,   probablement  dia- 
lectal. En  breton,  cette  transformation  d'ow  en   ii  en  passant 
par  6  est  de  règle;   u  contracté  d'ow  a  le  son  de  Vu  français  : 
uœello-  donne  en  armoricain  uhel,   huel,    en  gallois  uchel. 
Dans  d'autres  cas,  Vu  est  un  son  simple,   ne  résultant  nulle- 
ment d'une  contraction.  Suivant  une  loi  qui  remonte  à  l'unité 
indo-européenne,   les   diphtongues   ei,   eu   [ou]    tantôt    appa- 
raissent intactes  (ou  contractées  en  longues,  suivant  les  langues 
et  les  époques) ,  tantôt  semblent  avoir  perdu  e  et  apparaissent 
réduites  à  f,  û,  suivant  la  nature  des  sutïixes   et  la  place  de 
l'accent  :  cpsû^w,  Ecpvyov;  lûmi,  B-lino-j.  Il  est  probable  qu'en  vieux 
celtique  Vu  bref  de  la  forme  qui  avait  perdu  e  avait  un  son 
différent  de  Vu  contracté  d'où.   Cet    û   bref   a  en    breton   le 
son  u  {ou  français)  ou  ô  :  vieux  breton  gur-clut  très  illustre 
(=   *ver-clutos ,    cf.    grec   -Ayrôç) ,    Clntgen,    cartulaire    de 
Redon  =  *clutogenos,   gall.   Clol-ri,   roi  illustre  (=  cluio- 
rix,    cf.     Cluiorigi,    dans    les    inscriptions    chrétiennes    de 
Grande-Bretagne).   Vu   de    Clûtamos,   très   illustre,    devait 
avoir  ce  son.   La  forme  pleine  de   cette  racine  apparaît  dans 
Cloutius.  Ei  se  présente,  en  gaulois,  sous  la  forme  pleine  ei 
ou  sous  la  forme  contractée  î ,  è  :  Adovo-jx,  Dlvona  et  Détona 
{Anovôvcr.,  Ptol.,  II,  11,  29). 


Les  traits  les  plus  caractéristiques  du  consonantisme  gaulois 
consistent  dans  le  traitement  du  p,  de  la  gutturale  vélaire  qv, 
de  gv,  ghv,  et  des  aspirées  indo-européennes  bh,  dh,  rjh.  Le  p 
initial  disparaît;  ex.  :  la  préposition  are  [Aremorica,  Arelate, 
Arehngnus,  etc.)  est  pour  pare-  (cf.  pour  la  racine  et  le  sens, 
le  grec  -«oâ]  ;  Litana  silva  (voir  plus  loin),  la  grande  forêt,  est 
pour  "^plitana,  comme  le  prouve  la  comparaison  avec  les  autres 
langues  de  la  famille.  La.pariicide  intensive  ro  dans  Ro-smerta 
est  pour  *pro.  Médial,  le  /}  a  eu  la  même  fortune,  excepté  dans 
le  groupe  jjt,  ex.  :  Mœnicaptus,  nom  d'un  roi  gaulois  tué  en 
214  avant  Jésus-Christ,  dans  une  bataille  contre  les  Romains 
(Tite-Live,  XXIV,  42).  Le  second  terme  captusest  devenu  dans 
les  Iles-Britanniques  '^cactos,  d'où  l'irlandais  cacht,  esclave, 
le  gallois  caeth  (armoricain  moyen  caez,  armoricain  moderne 
kez,  léonard  keaz,  vannetais  kèh).  Mœnicaptus  paraît  signifier 
esclave  du  dieu  Mœnos  (1). 

Qv  devient  en  gaulois  p,  ex.  :  Epona,  la  déesse  des  chevaux, 
dérivé  d>po5,  cheval,  latin  eqvos  (d'où  le  dérivé  gallois  eb-aicl 
et  l'armoricain  moderne  eh-eid).  Il  serait  cependant  peut-être 
imprudent  d'avancer  que  ce  changement  a  eu  lieu  partout  sur 
toute  l'étendue  du  territoire  celtique  continental.  Le  breton 
insulaire  est  ici  d'accord  avec  le  gaulois;  l'irlandais  change  la 
gutturale  vélaire  en  c. 

Gv  devient  en  breton  et  en  gaélique  h.  Il  paraît  en  avoir  été 
de  même  en  gaulois,  ex.  :  Belatucadrus,  surnom  du  dieu  de 
la  guerre.  Belatu  est  un  dérivé  de  la  racine  qu'on  retrouve 
en  irlandais  dans  epil  =■  '^ate-beli,  il  tue.  Cf.  vieux  saxon 
quelan. 

Les  aspirées  indo-européennes  bh,  dh,  gh,  deviennent  b,  d,  g, 
ex.  :  briga,  identique  à  l'allemand  burg  et  supposant  tous 
deux   une  racine  hhrgh-.  C'est  le  traitement  qu'elles  ont  subi 


(l)  Voir  pour  plus  de  détails  d'Arbois  de  Jubainville,  Études  grammaticala 
sur  les  langues  celtiques.  Paris,  Vieweg,  1881,  pp.  83  etsuiv. 


_  6  — 

dans  tous  les  dialectes  néo-celtiques.  Les  spirantos  /,  s,   v,  les 
ténues  c,  t,  et  les  moj^ennes  d,g,  sont  intactes  (1). 

Les  inscriptions  gauloises,  fort  courtes,  sont  au  nombre  de 
vingt-huit  environ,  d'après  les  travaux  les  plus  récents  (2). 
Voici  les  plus  intéressantes,  celles  qui  sont  le  moins  sujettes  à 
discussion  : 

L  —  Inscriptions  en  caractères  nord-étrusques. 

Inscription  bilingue  {latine  et  gauloise)  de  Todi 
(Les  lettres  entre  parenthèses  ne  sont  plus  lisibles) 

(AÏEGNATO)  (ATEGNATO) 

(DRVTEI  YRDVM)  (DR)V(T)EI  VRDVM 

COISIS  (C)OISIS  DRVTI  .  F 

DRVTEI  .  F  .  FRATER  FRATER  .  EIVS 

EIVS  (M)INIMVS  .  LOCAVIT  E(ï) 

MINIMVS  .  LOGAV  STATVITQVE 

IT  .  ET  .  STATVIT  (AT)EKNATI  .  TRVTIKN(I) 

ATEKNATI  .  TRVl  (KAR)NITV  .  LOKAN  .  KÛ(ISIS) 

IKNI  .  KARNITV  (TR)VTIKNOS 

ARTVAjxl  KOISIS  .  T 

RVTIKNOS 

Le  latin  semble  signifier  :  «  Pour  Ategnatus  (fils)  de  Drutus, 
Coisis,  fils  de  Drutus,  son  plus  jeune  frère,  a  placé  et  érigé  ce 
tombeau.  »  L'alphabet  nord-étrusque  n'ayant  pas  de  signes  pour 
G  et  D,  et  |x|  représentant  s  sifflant,  on  a  transcrit  ainsi  la  partie 
gauloise  de  l'inscription  : 

(1)  Pour  plus  de  détails  sur  la  phonétique  du  celti(iue,  voir  plus  bas  à  la 
période  néo-celtique. 

(2)  Nous  suivons  pour  ces  inscriptions  la  lecture  et  l'interprétation  de 
M.  Whitley  Stokes  :  Cclt'ic  declension,  London,  Triibner,  1885,  en  laissant  de 
côté  ce  qui  nous  a  paru  trop  hasardé.  —  Cf.  Eoget  de  Bellaguet,  Etluiogénie 
gauloise,  2"  édit.,  Paris,  1872  (Glossaire  gaulois).  —  Dietioniuiire  archéologique 
de  la  Gaule,  I,  Paris,  1875.  —  Kuhn  und  Scbleicher,  Beitrage  zur  vergleichendcn 
Sprachforschung,  II,  100;  III,  162-172;  IV,  129.  —  Pictct,  Xonvcl  Ussai  svr  lex 
Inscriptions  gauloises,  Paris,  1867.  —  Mectic  ccltiii/c  (jmssimj, 


—  7  — 

Ategnaii  Druiicni  carnilu  arttas  Coisis  Druticnos  :  Coisis, 
fils  de  Drutos,  a  dressé  les  pierres  sépulcrales  d'Ategnatos,  fils 
de  Drutos. —  Ategnaii  Druiicni  carnitu  logan  Coisis  Dru- 
ticnos :  Coisis,  fils  de  Drutos,  a  dressé  le  tombeau  d'Atognatos, 
fils  de  Drutos. 

Coisis  Druticnos  sont  deux  nominatifs  singuliers  ;  Ategnaii 
Druiicni  des  génitifs  sing.  Ategnaii  est  le  génitif  à'Aiegnatos, 
féminin  Ategnata,  conservé  dans  deux  inscriptions  de  Pannonie. 
Il  est  composé  de  la  préposition  aie  (irl.  aith,  gall.  ad,  ai)  et  de 
-gnâtos  =  yvvjTo?  dans  -/.aat'-yvïjTo;,  latin  gnatus  dans  a-gnatus, 
co-gnatus  (1).  Druticnos  est  un  patronymique  composé  à  l'aide 
du  mot  cnos'l  plur.  nom.  cnoi,  ayant  le  sens  de  fils  (cf.  irl.  cenél, 
gall.  cenedl,  race,  famille).  On  retrouve  Drutos  dans  le  gallois 
drud,  héros.  Logan  est  l'accusatif  sing.  de  toga  =  gall.  lo,  tombe 
(cf.  pour  la  racine  l'irl.  lige,  lit;  latin  lec-ius,  etc.).  Arivass  est 
peut-être  un  accus,  plur.  d'artra  (cf.  irl.  art,  pierre).  Carnilu 
a  été  rapproché  par  M.  Stokes,  comme  formation  des  supins  en  iit 
(cf.  carn,  amas  de  pierres;  carric,  roche). 

Inscription  de  Novare. 

KiYI)TESASOIOIKEN 
^     TANOTALIKNOI 
^     KVITOS 
o      LEKATOS 
^      ANOKOPOKIOS 
g      SETVPOKIOS 
a^      ESANEKÛTI 
S      ANAREVI|xlEOS 
H      TANOTALOS 

KARMTVS 

(1)  Il  faut  reconnaître  avec  51.  cVArbois  de  Jubainville  que  cette  explication 
de  gnatos  par  fils  est  aussi  hasardée  que  séduisante.  En  principe,  il  ne  faut 
recourir  aux  langues  de  même  famille,  pour  des  étymologies  celtiques,  que 
lorsque  les  langues  néo-celtiques  n'offrent  aucun  secours.  Or,  (jnâtos  a  un  équi- 
valent phonétique  exact  dans  l'irl.  gnâth,  le  gall.  gnand,  qui  est  habituel. 


Kvi[7i']les  asoioike7i  Dannotalicnoi ,  Ki'i\ji\tos ,  Legatos, 
Andokohogios ,  Seluhogios,  Esandekotti ,  Andarevisseos , 
Dannoialos  karnitus.  Tekos  Toutiuls]. 

(Ce  tombeau)  les  petits-fils?  de  Quinta  (qui  étaient  aussi?)  les 
fils  de  Dannotalos,  (à  savoir)  Quintos,  Legatos,  Andokombogios, 
Setubogios,  Exandecottis ,  Andarevisseos,  Dannotalos,  (l'jont 
amoncelé.  Tekos  (étant)  magistrat. 

Quinios,  Legatos,  Andokombogios,  Setubogios,  Exande- 
cottis, Andarevisseos,  Dannotalos  sont  des  nominatifs  singu- 
liers ainsi  que  Tekos  et  Toutius.  Les  éléments  des  composés 
se  retrouvent  dans  d'autres  noms  gaulois.  Le  second  terme  de 
Dannotalos  est  évidemment  le  même  mot  que  le  breton  lai 
(cf.  Tal-iesin  et  les  noms  armoricains  Talhouarn,  Taldir). 
Pour  Tekos,  cf.  le  gallois  tec,  beau.  Toutius  est  probablement 
un  thème  en  d  ou  en  n,  dérivé  de  touta,  peuple;  irl.  tuat/i, 
gallois  et  armoricain  tud.  Karnitus  serait  le  pluriel  de  Karnitu. 
Asoioiken  est  obscur. 

IL  —  Inscriptions  en  caractères  grecs. 
ln^CYij}iïon  de  Vaisoii. 

CErOMAPOC 

OYIAAONEOC 

TOOYTIOYC 

NAMAYCATIC 

EIUJPOYBHAH 

CAMICOCIN 

NEMHTON 

Segomdros  Villoneos,  toutius  Namausa lis,  eiôru  Belesami 
sosin  nemeton. 

.    Segomaros,  fils  de  Villonos,  magistrat  de  Nemausus  (Nîmes), 
a  fait  pour  Belesama  ce  temple. 

Le  second  terme  de  Segomaros  est  identique  à  l'irlandais 


—  9  — 

mar,  au  gallois  maicr,  au  breton  meur  (vieux  breton  mor), 
grand.  Villoneos  est  un  patronymique  formé  comme  le  grec 
'ATz-oD.oivto;,  le  latin  Octacia.  Namavsatis  est  un  dérivé  en  -ali 
de  Namausos.  Eiôru  est  un  verbe;  c'est  à  peu  près  tout  ce 
qu'on  peut  en  dire  de  certain. 

Belesami,  datif  sing.  de  Belesama,  la  Minerve  gauloise,  la 
Belisama  de  l'inscription  de  Conserrans. 

Sosin  (pour  sosion'^.  cf.  alis  pour  alius)  paraît  être  un 
pronon  démonstratif  s'accordant  avec  l'accusatif  >2e?»eton.  Pour 
nemeton,  cf.  l'irl.  nemed  (gl.  saceUum],  cf.  Vernemetis 
(traduit  par  fanum  ingens  dans  Fortunat),  Xemeto-cenna 
(César),  AOyovrrTo-vianTov  (Ptolémée),  etc. 

Première  inscription   de  Nimes. 

rAPTAB::IAAAN0YIAK05AEAE 
MATPEBONAIViAYSIKABOBPATOYDE 

Gariab[os'\  Illanoviacos  dede  Mc7treho  Namausicaho  brâ- 
tude. 

Gartabos  (fils)  d'Illanoviax  (?)  a  placé  (ceci)  pour  les  déesses 
mères  de  Nîmes  par  décret. 

Mâti^ebo  Namausicabo  seraient  des  datifs  pluriels  en  -abo  : 
cf.  les  datifs  latins  en  -abus  (1).  Bratude  est  obscur;  dede  : 
serait-ce  un  verbe  apparenté  au  grec  rt'-ôfly.t? 

Seconde  inscription  de  Nimes. 

KACCITAAOC 
OYEPCIKNOCA 
EAEBPATOYA 
EKANTENAAA 


(1)  Ces  datifs  en  -abo  sont  inconnus  même  du  vieil  irlandais,  ce  qui  a  conduit 
M.  d'Aibois  de  Jubainvillc  à  supposer  que  l'inscription  pourrait  bien  ne  pas  être 
celtique. 


-  10  - 

Cassitalos  Versicnos  dede  hralude  cantena  La .  .  .  Cas- 
sitalos,    fils  de  Versos,    a   placé   par  décret   cantena'^.   à  Lai 

Cassitalos  est  composé  de  Cassi  =  cad-ti,  beau  (1),  et  talos, 
front. 

III.  —  Inscriptions  en  caractères  latins. 

Inscription  de  Vieux- Poitiers. 

RÂTIN        BRIVATIOM 
FRONTV    TARBEISONIOS 
lEVRV 

Frontu,  fils  de  Tarbeisonos,  a  fait  ce  retranchement  de 
ponts? 

Ratin  est  un  accusatif  sing.  (cf.  irl.  raih,  ace.  raith-n). 

Frontu  est  le  latin  Front o ,  avec  Vu  celtique  pour  Vo 
latin. 

leuru  est  un  verbe  (voir  l'inscription  de  Vaison). 

Brivatiom  serait  un  génitif  pluriel  d'un  dérivé  de  hriva, 
pont  [Samaro-briva,  Hriva  Isarœ  Pontoise),  ce  qui  ne  laisse 
pas  que  de  soulever,  à  cause  de  la  terminaison  -om,  de  graves 
difficultés. 

Inscrip'.lon  de   Volnaij. 

ICC  A  VOS  .  OP 
PIANICNOS  .  lEV 
RV  .  BRIGINDONI 
CANTALON  . 

Iccavos,  fils  d'Oppianos,  a  fait  pour  Brigindu  ce  cantalon, 
Brigiiidoni  e&t  un  datif  sing.  de  Brigindu;  cf.  Frontu. 

(1)  D'Arbois  de  Jubainville,  Rente  dm  Sociétés  savantes,  IV,  6'*  série,  187(3, 


-  11  — 

lascriplion   d'Aulun. 

LIGNOS  .  CON 
TEXTOS  .  lEVRV  . 
ANVALONNACV  . 
CANEGOSEDLON  . 

Licnos  Contextes  a  fait  pour  Anvalonnacos  ce  siège  d'ori 
Anvalonnacu  est  un  datif  sing.  d'un  thème  de  la  déclinciison 

en  -0  :  cf.  irl.  fntr  =  ^virû,  datif  de  /er  =  *viro-s. 

Canecosedlon  est  un  accusatif,  dont  le  second  terme  sedlon 

paraît  analogue  au  latin  sella  (=  sedla]  (cf.  gallois  gor-sedd). 

Le  sens  de  caneco-  est  obscur. 

Inscription  de  Dijon. 

DOIROS  .  SEGOMARI 
lEVRV  .  ALISANV 

Doiros,  fils  de  Segomaros,  a  fait  (ceci)  pour  Alisanos. 
Alisanu,  datif  sing.  d'un  thème  en  -o  :  cf.  Anvalonnacu. 

Inscription  d'Alise- Sainte -Reine  {Côte- d'Or). 

MARTIALIS  .  DANNOTALI  . 

lEVRV  .  VCVETE  .  SOSIN 

CELIGNON  .  ETIG  .  (1) 

GOBEDRI  .  DVGIIONTIIO 

VGVETIN  . 

IN  .  ALISIIA  . 

Martialis,  tîls  de  Dannotalos,  a  fait  cette  tour  pour  Ucuetis. 
TJcuete  est  le  datif  sing.,  comme  Ucuetin  l'ace,  sing.  du  nom 
de  celui  pour  qui  le  celicnos  a  été  fait. 

(1)  A  partir  ù.'ctic,  rien  de  certain  pour  l'iaterprétation, 


—  12  — 

Celicnon  est  Tacc.  sing.  d'un  nom  identique  au  goth.  kelikn 
employé  par  Ulfilas  dans  le  sens  de  tour. 

Sosin  est  un  pronom  démonstratif.  Voir  plus  haut  inscription 
de  Vaison. 

Inscription  de  Nevers. 

AN  DE 

CAMV 

LOSTOVTI 

SSICNOS 

lEVRV 

Andecamulos,  fils  de  Toutissos,  a  fait  (ceci). 

Andecamulos  est  composé  du  préfixe  ande  et  de  Camulos, 
nom  du  dieu  gaulois  de  la  guerre.  Toutissos  est  un  dérivé  de 
toufa.  Voir  l'inscription  de  Vaison. 

Inscription  sur  un  autel  trouvé  à  Notre-Dame  et  conserve 
au  musée  de  Clunij. 

TARVOS  .  TRIGARANVS  (1) 

Une  des  figures  gravées  sur  cet  autel,  celle  à  laquelle  se 
rapporte  l'inscription,  représente  un  taureau  avec  trois  oiseaux 
sur  le  dos. 

Tarvos  est  identique  à  l'irlandais  tayhh,  au  gallois  tario  et 
à  l'armoricain  tm^o. 

Trigaranus  paraît  être  un  composé  de  tri-,  cf.  breton  et  irl. 
Irl,  trois,  et  d'un  ihhmQ  garanu-,  cf.  breton  garan,  grue. 


(1)  M.  d'Arbois  de  Jubainville,  qui  a  examiné  le  monument,  n'a  pas  vu  au 
taureau  les  trois  jambes  dont  parle  M.  Stokes.  De  plus,  il  n'existe  aucun  point 
entre  tri  et  garaims.  M.  Stokes  lisant  tri  .  (jaranus  voit  dans  tri  le  nombre 
trois  et  dans  garmms  un  nominatif  pluriel. 


-  13  — 
En  joignant  à  l'étude  des  inscriptions  celle  des  nombreux  noms 
propres  gaulois  transmis  par  les  anciens  et  ceux  que  fournissent 
les  monnaies,  on  est  arrivé  à  retrouver  les  principales  divisions 
de  la  déclinaison  gauloise.  Nous  ne  donnons  que  les  résultats  les 
plus  certains  (1). 

DÉCLINAISON   DES    NOMS   DONT    LE    THEME    OU   RADICAL   SE  TERMINE 
PAR   UNE   VOYELLE. 

Thèmes  en  -o  masc,  2«  déclinaison  latine  et  grecque  dans 
nos  grammaires  : 

Le  nominatif  sing.  est  en  os  :  Tarvos;  —  Andecamulos, 
Cassitalos,  etc.  ;  les  patronymiques  en  -cno-s. 

Le  génitif  sing.  est  en  -ï  :  Ategnati,  Druticni,  etc. 

Le  datif  est  en  -ù  :  Alisanù,  Anvalonnacù,  etc. 

Le  nom.  plur.  est  en  -oi  -7?  :  Da{n)noialicnoi,  Se7îani'^. 

Neutres  :  Nom.  sing.  xâpvov  (trompette  d'après  Hésychius); 
—  accus.  celicno7i,  nemeion. 

Théines  en  -io  masc.  :  Nom.  sing.  Alisios,  Andocombogios, 
Villoneos. 

Thèmes  en  -i  masc.  :  Nom.  sing.  Coisis,  raiis  (fougère); 
vernemetis'i.  —  dat.  ucuete;  —  accus,  ucuetin,  ratin. 

Neutre  :  Nom.  sing.  condaiel  (confluent). 

En  composition,  on  rencontre  bon  nombre  de  thèmes  en  i  : 
Cassitalos,  Mori-camhe ,  etc. 

Thèmes  en  -u  :  Nom.  sing.  Esus;  —  ablat.  BrOtù-de'k 
Karniiû'i  —  plur.  nom.  Lugoves;  —  accus.  Karniii~ts'\ 

Comme  premier  terme  de  noms  composés  :  Bitii-rioc,  Catu- 
siialis,  Cintu-gnatus,  etc. 

Thèmes  en  -cl  masc.  (2)  :  Nom.  sing.  Ateula;  —  accus, 
sing.  fiâjîXKv  (cheval;  Pausanias,  X,  19);  —  nom.  plur.  Belgœ, 
Volcœ,  Celtœ. 

Théines  en  -0  fèm.  :  Nom.  sing.  brwa  (pont),  Dlvona,  reda 

(1)  Cf.  Whitley  Stokes,  Celtlc  declension,  p.  77. 

(2)  D'Arbois  de  Jubaiiiville,  Reçue  des  Sociétés  savantes,  VIII,  1878,  p.  105. 


-  44  - 

(Quintilien),  leuga,  etc.;  —  gén.  Kvi\ji\tes,  Vepisones'^.  —  dat. 
Belesami ;  —  accus,  logan;  —  dat.  plur.  Namausicabol  — 
accus,  artvass. 

Thèmes  en  -ici  :  Nom.  sing.  Dugeonteol  cei^visia'^.  —  accus. 
sing.  Tpt^KY.ptaîu'j. 

THÈMES   TERMINÉS    PAR   UNE   COxNSONNE 

Thèmes  en  g-  :  Nom.  sing.  Dubnoreiœ,  Orcilirix ;  etc.;  — 
dat.  sing.  Epassateœlorigi ;  —  plur.  nom.  'kllô-^poysç;  — 
accus.  Biturigas  (1). 

Thèmes  en  r-  :  Nom.  sing.  Ai^ar,  Ligo^l  —  dat.  plur. 
mâtre'bo% 

Thèmes  en  n-  :  Nom.  sing.  Frontu. 

Thèmes  en  ion-  :  Nom.  sing.  Brigmitio  (Briançon);  —  Divio 
(Dijon);  Vesontio  (Besançon),  etc.;  —  accus.  Centronas,  Pic- 
tonas,  Santonas. 

Thèmes  en  i-  :  Nom.  plur.  Atrebaies,  etc.  ;  —  accus.  Atre- 
batas,  CuyHosolitas. 

Thèmes  en  et-  :  Nom.  plur.  Silvanectes ;  —  accus,  plur. 
Silvanecias. 

Thèmes  en  nt-  :  Dat.  sing.  deo  Mogonti. 

Thèmes  en  d-  :  Nom.  plur.  Druides. 

Thèmes  en  s-  :  AouyouSowo?,  irl.  dun,  neutre  en  s;  —  nom. 
plur.  Baio-casses,  Tri-casses,  etc. 

Thèmes  en  s-  en  composition  :  Atis-maral  Carlis-mandua. 

Pour  la  conjugaison,  on  est  moins  heureux;  tout  se  borne  à  : 
teitrii,  empov,  prétérit  moins  d'après  la  forme  que  d'après  le  sens 
que  paraît  lui  donner  le  contexte;  joignons-y,  mais  avec  toute 
espèce  de  réserves  :  dede  (posuit),  prétérit  redoublé  d'un  verbe, 
d'une  racine  dhe  (cf.  grec  Ti-0-^p.t)-,  carniin  (il  a  entassé),  plur. 
carnitus  (ils  ont  entassé),  identiques  comme  composition  aux 
supins  latins  en  /m? 

(1)  D'Arbois  de  Jubainville,  licrnc  celtique,  L  320.  —  Cf.,  ihid.,  II  (Ebfl). 


—  15  — 

Le  vocabulaire  gaulois  serait  bien  court,  s'il  était  réduit  au 
petit  nombre  de  mots  que  nous  ont  transmis  comme  gaulois  les 
écrivains  de  l'antiquité.  Voici  ceux  dont  le  sens  et  la  forme  sont 
le  mieux  établis  par  l'étude  des  langues  néo-celtiques  : 

AUobrogae  (mieux  AUobroges).  Allohrogœ,  dit  un  scholiaste 
à  Juvénal,  p.  347,  éd.  Cramer,  Galli  sunt;  ideo  autem  dicti 
allohrogœ  quoniam  brogœ  Galli  agrmn  dicunt,  alla  autem 
aliud\  dicti  igitur  quia  ex  alio  loco  fuerant  translati.  —  Cf. 
gallois  all-fro. 

Ambactus  (Festus  d'après  Ennius,  esclave  chez  les  Gaulois; 
César,  de  Bello  galL,  VI,  15,  serviteur  militaire;  goth.  and- 
bahts  serviteur).  Amhactos  donne  lettre  pour  lettre  en  gallois 
amaeth  laboureur  (Composé  à'ambi-,  autour  de,  et  d'ag-to-s 
dérivé  d'une  racine  ag-  =  latin  ago). 

Bardus  (Festus,  Diodore  de  Sicile,  V,  31),  poète,  chanteur; 
gallois  bardd;  armoricain  moyen  ba7\z,  ménestrier.  Bardo- 
cucullus  (Martial),  vêtement,  casaque  bardique. 

Becco  (Suétone,  Vilellius,  XVllI)  :  Cui  Tolosae  nato  cognomen 
in  pueritia  becco  fuerat,  id  valet  gallinacei  rostrum.  Français 
bec.  L'armoricain  bek  (bouche)  est  emprunté  au  français. 

Betulla  (Pline,  XVI,  30,  18)  bouleau;  gallois  mod.  bediv, 
armoricain  bezo,  bèo.  Tous  supposent  un  thème  beiu-  dont 
belulla  est  un  dérivé. 

Carpentum  (Florus,  1,  18),  chariot.  Carpentum  est  pour  car- 
benlian,  comme  le  prouve  le  nom  de  lieu  KupQuvrôpiyov ,  irl. 
carpat  chariot;  le  vieux  gallois,  cerpit  (pluriel)  est  emprunté 
(Cf.  Thurneysen,  Keltoromanisches,  pp.  8,  9;  Z*  est  devenu 
p  parce  qu'il  était  précédé  de  r). 

Eporedias.  «  Eporedias  Galli  bonos  equorum  domitores  vocant  » 
(Pline,  III,  17,  21,  éd.  Sillig;  cf.  Mommsen,  Corpus  Ins- 
cript., V,  p.  750).  C'est  un  composé  à.'epo-,  cheval,  gall.  eb- 
ai6-/,  poulain,  armor.  eb-eul  (pour  un  vieux  celtique  epâlis), 
et  de  rêdias,  dompteurs  de  chevaux  (proprement  de  chevaux 


-  16  — 
pour  chars;  voir  reda).  Le  gallois  eb-rwydd,  rapide,  reproduit 
exactement  epo-rëdios. 

Gsesa.  Le  gsesum  d'après  Servius  {yEneid.,  VII,  664)  était  Ja 
lance  gauloise;  d'où  le  nom  des  Gœsati.  L'irlandais ^«/f/e  (gl. 
pilatus)  remonte  à  un  vieux  celtique  gaisaiio-s. 

Kovpiii  (Dioscoride,  II,  110;  Athénée,  IV,  13,  Kopy-x);  c'était  une 
bière  faite  avec  du  grain,  en  usage  même  en  Ibérie  et  en 
Bretagne;  gallois  moderne  cwriof,  bière  (en  vieux  gallois  on 
aurait  civrm-;  le  w  est  une  voyelle  irrationnelle  ou  eupho- 
nique. La  cerevisia  de  Pline,  XXXII,  25,  ne  peut  s'y 
rapporter  phonétiquement). 

Leuga  (Ammien  Marcellin,  XV,  11,  17,  où  l'on  voit  que  la  lieue 
était  la  mesure  itinéraire  de  la  Gaule  à  partir  de  Lyon;  cf. 
Table  de  Peutinger  :  Lugduno  caput  Galliarum  hucusque 
le[u]gas)  ;  français  lieue. 

Mavtâxov  (Polybe,  II,  31),  ornement  en  or  porté  par  les  Gaulois 
autour  du  poignet  ou  du  cou.  A  ce  mot  sont  apparentés  l'ir- 
landais muince,  et  le  vieux  gallois  minci,  collier. 

UsuTzéSovlx,  d'après  Dioscoride,  nom  gaulois  de  la  plante  que  les 
Grecs  appelaient  Trevrâyunov,  iveiinéSovlci,  à  cinq  feuilles  :  ttî^tts 
=  breton  pimp;  Soviet  est  apparenté  à  l'armoricain  dél,  des 
feuilles,  gall.  deil,  delen,  une  feuille  (Nord-Galles  dolen, 
proprement  feuille  de  papier). 

Petorritum  (Aulu-Gelle,  XV,  30;  Quintilien,  I,  5),  char  à 
quatie  floues.  Pour petoi^-  cf.  l'ombrien  pelur-;  cf.  les  com- 
posés gallois  en  pedr-  comme  pedrogl,  à  quatre  coins,  pedry- 
fan,  pedry-fal  où  y  joue  sans  doute  le  rôle  de  voyelle 
irrationnelle,  le  vannetais  perann,  quart,  mesure  pour  le  blé 
=  peir-rann  en  passant  par  pezr-rann  (1).  Le  sens  de 
ritum  paraît  certain,  mais  son  origine  est  obscure;   on  ne 

(1)  Palevarz,  quart,  vient  peut-être  aussi  d'un  vieux  breton  iietr-  ou  ^7«^r- 
■partli  en  passant  par  ^azr  varth,  mais  le  Cartulaire  de  Quimperlé  présente  une 
forme  ^are  fartli  qui  rend  cette  explication  difficile,  à  moins  qu'on  ne  suppose 
que  parc  est  une  erreur  du  scribe  pour  pazr.  Pour  a  au  lieu  d't',  cf.  le  vannetais 
padcr,  au  lieu  depeder,  quatre,  au  féminin. 


peut  phonétiquement  en  rapprocher  rod  qui  dans  les  dialectes 
bretons  signifie  roue  (=  *rota). 

Ratis  (Marcellus  de  Bordeaux,  25;  Diosc,  IV,  18),  fougère; 
gallois  rhedyn;  armor.  raden;  irl.  rait/i. 

Rêda  (Quintilien,  Inst.,  I,  5,  9,  rhcda;  Fortunat,  III,  20), 
char  gaulois  (voir  epo-redîas). 

Tpiuy.oyuGLK  désigne  un  élément  de  la  cavalerie  gauloise,  le  maître 
et  deux  serviteurs  à  cheval  (Pausanias,  X,  19),  composé  de 
tri-  (trois)  et  d'un  dérivé  de  marco-,  cheval  (uâcz«v,  cheval  de 
guerre  des  Gaulois,  d'après  le  même  auteur).  Cf.  callio- 
niarcus,  equi  ungula  (Marcellus  de  Bordeaux,  IG),  plante 
médicinale,  le  tussilage;  irl.  marc-,  breton  march. 

Vergobretus  (César,  I,  16),  magistrat  principal  des  Éduens, 
l'homme  au  jugement  efficace  ou  gui  exécute  le  jugeraenl; 
de  vergo-  =  vieux-gall.  guerg,  gl.  efficax,  et  de  breto-s, 
cf.  irl.  hreth,  jugement.  Le  gallois  bratcd ,  arm.  breut, 
irl.  brâth,  supposent  une  forme  gauloise  hxdu  {Braiu- 
spaniiumï). 

Oyéprpuyoï.  (Arrien,  Cijnég.,  3),  composé  d'un  préfixe  intensif 
ver,  breton  gv:or ,  gor,  gour,  et  d'un  dérivé  d'une  racine 
trag-  qui  a  donné  en  irlandais  iraig,  pied,  gall.  troed, 
arm.  troad,  troed.  Cf.  'r^s'/w- 

La  plupart  des  mots  donnés  comme  celtiques  par  Diez  dans  son 
Dictionnaire  étymologique  des  langues  romanes  ont  été 
empruntés  à  diverses  époques  par  les  langues  néo-celtiques. 
Ce  qui  ne  prouve  pas  d'iiilleurs  que  plusieurs  d'entre  eux  n'aient 
réellement  une  origine  celtique  :  ils  peuvent  avoir  été  légués  aux 
langues  romanes  par  le  celtique  continental  (1).  Les  mots 
gaulois  conservés  dans  un  manuscrit  du  IX*'  siècle  [Codd.  MSS. 
Bibl.  imlai.  Vindob.,  pars  I,  Vienne,  1836,  p.  199)  et  formant 
ce  qu'on    appelle   un   peu    pompeusement    le  glossaire   gaulois 

(1)  Nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  de  renvoyer  au  remarquable  travail  de 
M.  Thumeysen  :  Kcltorovianisches,  Halle,  Niemeyer,  1884* 


—  18  — 
d'Endlicher,  du  nom  de  celui  qui  l'a  découvert,  nous  ont  été 
transmis  avec   des  terminaisons  latines  (1),   les  mêmes  qu'on 
remarque  dans  Y  Itinéraire  des  Antonins. 

Lugduno,  desiderato  monte,  dîinum  enim  montem.  Dunum  a  le 
même  sens  que  le  grec  ùy.pônohç ;  irl.  dun,  gallois  dinas 
(arm.  Binmi'^.). 

Aremorici,  antemarini,  quia  armante;  cf.  arm.  mod.  arvor. 

Arevernus,  ante  obsta  ? 

Roth,  violentum,  Dan,  et  in  gallico  et  in  hebraîo  judicium,  ideo 
hrodanus,  judex  violentus.  Il  n'y  a  aucun  compte  à  tenir  d'une 
pareille  étymologie.  Il  n'est  d'ailleurs  pas  siir  que  Rodanus  soit 
un  nom  celtique. 

Brio,  ponte.  Cf.  hriva  dans  Samarobriva,  pont  sur  la  Samara. 

Lautro,  balneo? 

Nanto,  valle.  Trinanto,  très  valles;  cf.  gallois  nant  ;  dans 
certains  patois  français  on  a  conservé  le  mot  nanl  (un  nant, 
une  vallée)  avec  le  même  sens.  Nanto  est  une  forme  de  la 
basse  latinité  pour  na7itu  ;  cf.  Nantuates. 

Anam,  paludem?  Caio  breiolo  sive  bigardio?  Onno  flumen? 
Nate  fîli.  Il  est  fort  probable  que  le  commentateur  a  été 
influencé  par  le  latin  nati.  Si  le  terme  est  celtique,  il  faut  le 
rapprocher  &" Ate-gnati  (voir  l'inscription  de  Novare). 

Cambiare,  rem  pro  re  dare;  armor.  kenwia,  échanger. 

Avallo,  poma;  arm.  aval,  pomme,  gall.  afat  (/'gall.  =  v).  Le 
V  à" avallo  indique  une  forme  de  la  très  basse  latinité.  Cf. 
Aballo,  nom  ancien  de  la  ville  d'A vallon.  Pour  aval,  cf.  allem. 
apfel,  lith.  obolys. 

Doro,  ostio;  cf.  arm.  dor,  porte,  gall.  dor,  drics  (voir  Isar- 
nodori). 

Renne,  arborem  grandem?  treicle,  pede,  forme  altérée,  mais 
non  inventée,  à  comparer  à  l'irl.  t7\iig,  pied,  à  l'arm.  iroad, 
troed,  gall.  troed.  Les  mots  bretons  ont  perdu  le  g. 

(1)  Kulm,  Bcitrdgc  zur  vcrghichcndcri  Spraclifor/schiuui.  VI.  227  :  M.  Stokes 
prétend  que  ces  terminaisons  sont  gauloises. 


—  19  - 
Les  noms  propres  d'hommes  et  de  lieux  constituent  la  partie 
de  beaucoup  la  plus  importante  du  vocabulaire  gaulois.  Un  bon 
nombre  sont  explicables  par  les  langues  néo-celtiques,  Nous  nous 
bornons  à  énumérer  les  plus  intéressants  et  les  plus  transparents 
avec  une  courte  explication  à  l'appui  (1). 

Aballo  {Itin.  Ant.,  96);  aujourd'hui  Avallon  {voir  Avallo  plus 
haut). 

JEdui  (César,  de  Bello  gall.,  I,  10,  11,  etc.;  Desjardins, 
Géographie  de  la  Gaule,  203-204)  ;  cf.  Aed,  nom  d'un  roi 
irlandais,  irl.  mod.  aodh,  feu. 

Ambi-;  préposition  identique  pour  le  sens  et  la  forme  au  grec 
Kpiyt;  irl.  imb-,  im-,  gall.  am,  ijm,  arm.  am-,  etn.  Cette  pré- 
position entre  en  composition  d'un  grand  nombre  de  noms  de 
peuples  :  Amhivareti,  Ambilatri,  'Ap.€i5p«o'jo£,  ' k^^jUly.oi ,  etc. 

Anderoudus  [Corp.  Inscr.,  Y,  2911),  amande,  irl.  ind-, 
préfixe  indiquant  mouvement  vers  ou  mouvement  de,  et  de 
roudus,  iil.  riiad,  vieux  breton  nul,  rouge,  arm.  mod.  riiz, 
ru,  gall.  7'hudd  (2).  Pour  anc^e-,  cf.  Anderilurn,  Andema- 
tunnum,  etc. 

Arduenna  silva  (César,  V,  3;  VI,  29);  Arduin7ia  {Corp. 
Inscr.,  VI,  46;  au  datif  Arduiniiœ),  cf.  Ardbimiœ  avec 
b  =  V  (Brambach,  589);  dérivé  d'un  thème  ardit-,  élevé;  irl. 
ard,  élevé. 


(1)  Cf.  Dieffenbach,  Origines  europceœ,  1861.  —  Ad.  Pictet,  Nouvel  Essai 
sur  lus  Inscriptions  gauloises,  Paris,  1867.  —  Gliick,  die  hei  J.  Cœsar  vorTunn- 
menden  eigc?mamcn,  Munich,  1857.  —  Zeuss,  Grummatica  celtica,  2^  édit.  — 
Eoget  de  Bellaguet,  Glossaire  gaulois,  2"  édit.,  l'aris,  1872  (le  commentaire  est 
le  plus  souvent  défectueux).  —  Kuhn  et  Schleicher,  Beitr&ge  zur  vergleiclienden 
Sprachforschung  dcr  iudogermanischen  Spraclicn,  (passim).  —  Revue  celtique 
(passlm).  —  D'Arbois  de  Jubainville,  Etudes  grammaticales  sur  les  langues 
celtiques,  Paris,  Vieweg,  1881. 

(2)  Le  double  dd  gallois  a  le  son  du  tli  doux  anglais  et  la  même  origine  que 
les  z  armoricains  sortant  d'un  d  primitif.  Le  tli  a  le  son  du  th  dur  anglais  et 
sert  ordinairement  de  tt,  rt,  et  ou  zd.  11  a  pour  équivalent  le  vannetais  Ti,  c^li, 
le  léonard  trégorois  comique  z. 


—  ^20  - 
Aremoricus.  Voir  plus  haut.  Comme  composés  en  are,  cf.  Arc- 

brignus,  Arecomici,  Arclaie. 
Argantomagus  {Argantomago,  Table  de  Peut.;  Gèogr.  de  la 
Gaule,  p.  222).  Arganio  peut  être  ramené  à  une  racine  avgh-, 
grec  «pz^j  irl.  arg,  héros?  Vowv  magos,  cf.  irl.  ma,  gall.  ma, 
champ,  dérivé  gall.  et  arm.  maes  =  '^magesos.  Pour  argento, 
cf.  Arg  eut  07X111011  (Strasbourg),  Argeniovaria.  Les  composés 
en  mago-  sont  nombreux  sur  le  territoire  de  l'ancien  Empire 
gaulois  :   Augustomagus,   Bodincomagus,   Borbeiomagus . 
Brocomagus,  Bromagits,  Cœsaromagus,  Caranlom,agus, 
CatmngoTiiagus ,    Comillomagus ,   Diumomagus,    Eburo- 
magus,  Gabromagus,  Hebrom.agus,  Juliomagiis,  Marco - 
magus,  Noviomagus,  Ratomagus,  Rigomagus,  Salomagiis, 
Vernomagv.s.  Vindomagus,  Viromagus. 
Artobriga  (Ptolémée,  II,  12,  4,  édit.  Millier),  à'arto,  irl.  art, 
pierre,  et  de  hrlga,  colline,  gall.  bre,  identique  à  l'ail,  bwg 
{briga  =  '^'bhrgha),  cf.  Brigantes,  Brigantienses,  gens  de 
Briançon-sur-Durance  (Creuly,  Rev.  celt.,  III,  p.   161).  Les 
composés  gaulois  en  briga  sont  nombreux  :  Augustobriga, 
Baudobriga,   Cœsai^obriga,    Catohriga,   Eburobriga.   Ju- 
liobriga,    Lacobriga,    Latobriges ,    Langobriga,    Lilano- 
briga,  Mundobriga,  Nemelobriga.  11  ne  faut  pas  confondre 
la  racine  brig  avec  i  bref  avec  une  autre  par  i  :  irl.  brig, 
force,  vieux  breton  guo-bri{g),  important,  considérable  (gl. 
gravis),  non  plus  qu'avec  le  gallois  moderne  brig,  branches 
les   plus    élevées  d'un    arbre,    pointes    des    cheveux,    arm. 
moderne  brigen. 
Ateboduus  {Corp.  Inscr.,  111,  5386),  à'ale,  irl.  aith,  kZ  quand 
il  est  accentué,  ad  quand  il  est  atone,  breton  at,  et  confondu 
souvent  avec  ad,  prétîxe  ayant  le  sens  du  latin  re,  et  d'un 
dérivé  en  uo-  d'une  racine  qui  a   donné  le  gallois  boddaw, 
satisfaire,  bodd,  satisfaction  ;  cf.   Boduognalus,  arm.  Arth- 
bodu,  Tribodu,  Cartulaire  de  Redon. 
Atepomari  (Plutarque,  de  Fluviis,  6,  4,  édit.  Didot;  ibid.,  Y, 


-  21  - 

p.  85),  d'afe,  cVepo-,  cheval,  et  de  mâros,  grand,  vieux 
breton  mor,  arm,  mod.  meur  {meurbed,  Le  Meiir,  Ker- 
veiir,  Lozach-nieur,  Lanmeur  etc.),  gall.  mod.  maicr, 
grand,  ailleurs  qu'en  monosyllabes  mor.  Pour  epo,  voir 
Eporedias,  cf.  Ateporiœ.  Pour  7iuœos,  cf.  Vi7xlumarus, 
Briitomarus,  Cassimara,  Segomarus,  EgrUomarus,  Indu- 
iiomarus,  Asiatumarus ,  Dagomarus,  Dannomarus.  Dino- 
mogetimarus,  Excingomarus,  lantitmarus ,  Ibliomarus, 
Illiomarus,  Litumara,  Moectimarus,  Viromarus,  etc. 
(M.  d'Arbois  de  Jubainville  a  relevé  soixante-quatorze 
exemples  de  composés  dont  le  second  terme  est  mâros. 
Etudes  grammat.,  pp.  5  et  suiv.). 

Atrebates  (César,  II,  4;  IV,  21),  habitants ,  possesseurs'^: 
Y)'ad=^  latin  ad,  et  d'un  dérivé  d'une  racine  treh-,  d'où  le 
vieil  arm.  treh,  subdivision  d'une  peuplade,  aujourd'hui  trev, 
répondant  à  peu  près  à  la  frairie  française.  Ce  mot  trev  entre 
en  composition  d'un  grand  nombre  de  noms  de  lieux  en 
Arraorique  et  dans  le  pays  de  Galles. 

Augustodunum  (Ptolémée ,  II,  9,  12,  Autun) ,  la  citadelle 
dWiiguste;  irl.  dûn,  fort,  gall.  din-as,  arm.  Dinani  Les 
composés  en  -duniun  sont  nombreux  :  Cœsarodunum,  Cala- 
dunum ,  Camalodunimi ,  Cambodunum,  Carrodwmm, 
Ebrodunum,  Eburodunwn,  Ernodunum,  Gesodunum, 
Lugudunum  ou  Liigdunnm,  Lupodanum,  Margidunum, 
Mariduniim,  Melioduniun,  Minnodunum,  Muridunum, 
Neviodunwn,  Noviodunum,  Repayidunum,  Rigoduniim, 
Segedunum  et  Segodunum,  Singidunum,  Uxelloduniun, 
Vellaunodunum ,   Virodunum. 

Augustonemetum  (Ptolémée,  II,  7);  voir  plus  haut  l'inscrip- 
tion de  Vaison  ;  cf.  Nemetocenna,  Nemetobriga. 

Augustoritum  (Ptolémée,  II,  7,  9),  le  gué  d'Auguste;  vieux 
gall.  rit,  gall.  mod.  rhyd  {Rhyd-ycheïi^  Oxford),  identique 
au  germ.  furt,  tous  les  deux  supposant  une  forme,  ''prto-  et 
le  j^  initial  disparaissant  en  celtique. 


Bardomagus  (Gruter,  CCCCXXXIX,  5),  le  chawp  du  barde. 
Pour  hardus,  voir  plus  haut, 

Bellovesus  (Tite-Live,  V,  34,  35).  Pour  bello  ou  mieux  belo-, 
cf.  Belaiu,  [Corp.,  V,  6000),  Belatucndi^us  {Corp.,  VII), 
BelatuUa  (Corjo.,  III,  4949),  Belaiumara  [Corp. ,111,  5889); 
belo-  appartient  probablement  à  la  racine  contenue  dans  l'ir- 
landais epil=^*ate-heli,  il  tue.  Pour  vesiis,  on  y  a  vu  un  dérivé 
de  la  racine  veid-,  savoir;  il  vaut  peut-être  mieux  le  rapprocher 
de  l'irl,  fiu,  gall.  gioiio,  digne  de,  apte  à,  arm.  ancien,  loiio, 
dans  Uuiu-homarch,  Uuiucant,  Vuiuhamal,  Uuiu-tihern 
=  *rcsu-iigcrnos,  identique  comme  sens  au  gaulois  Visu-rix. 

Bibroci  (César,  V,  21),  dérivé  de  bibcr,  castor,  gaél.  beabhar, 
français  hièvre,  latin  fihcr,  cf.  Bib)-acfe  (César,  II,  6). 

Bituriges  (César,  VIII,  5,  8),  de  bitii-,  monde,  irl.  Ml  h,  arm. 
mod.  béd,  gall.  byd^  et  du  pluriel  de  rix,  roi. 

Boduognatus  (César,  II,  23,  4),  de  bodiio-  (voir  Atebodaiis)  et 
de  gnaios,  cf.  Ategnati,  Devognata,  etc.  Voir  inscription 
de  Novare. 

Boudica  [Corp.  Inscr.,  II,  455).  La  racine  bond-  signifie  p7^ofd, 
victoire,  gall.  budd,  profit,  huddngol,  victorieux,  arm.  anc. 
Budic  {='^ bondi cos).  Cf.  Boudins  (Gruter,  1137,  5),  Boiido- 
briga  [Itinéraire  d'Anto7iin]. 

Bratuspantium  (César,  II,  13),  de  braiu-,  jugement  (voir  plus 
bas  Vergobretus),  et  d'un  mot  d'origine  inconnue. 

Brocomagus  [Itin.  d'Ant.,  65).  Pour  broco,  ou  mieux  brocco-, 
cf.  Broho-magli  (Hùbner,  Inscript.  Brit.  christ.),  gallois 
Broch-niail,  plus  tard  Broch-vael,  cf.  ^rocan  pour  Brochan 
(Cartulaire  de  Redon).  Broch  a  plusieurs  sens  en  gallois, 
notamment  celui  de  blaireau;  arm.  broc  h,  blaireau.  Dans  le 
vocabulaire  comique  du  XIP  siècle,  il  est  traduit  par  taxo, 
melus. 

Cambodunum  [Itin.  d'Ant..  65),  de  cambo,  recourbé,  arm. 
et  gall.  camm^  courbe,  et  de  dunum,  cf.  Çambovicus, 
Moricambe. 


-  23  — 

Camulos-enus  (César,  VII,  57,  3),  de  camulo-,  surnom  du  dieu 
Mars,  et  dege7îo-,  né  de,  fils  (cf.  latin  genus.  grecy^voc).  Pour 
camulo-.  cf.  Camulodunum;  pour  genos,  les  composés  du 
Cartulaire  de  Redon  en  -gen  :  Urb-gen,  Festge7i  et  Feslien, 
Urbien  pour  TJyb-gen.  et  TJrbingen,  Bergen,  Cluigen, 
Anau-gen. 

Cantobenna  (lisez  Cantobenniim,  aujourd'hui  Chantoin  : 
Cantobenna  eût  donné  Chantoine  (Longnon,  Géogr.  de  la 
Gaideau  VF  siècle,  p.  497;  Grégoire  de  Tours,  Canlobennici 
montis,  II,  21,  éd.  Arndt,  1884,  t.  I,  p.  84;  ibid.,  Canla- 
bennensi  in  crypta,  I,  44,  .\rndt,  I,  p.  53);  de  canlo-,  blanc? 
bret.  cann.  et  de  benn-,  gall.  benii,  corne,  irl.  benn. 

Garantomagus  {Table  de  PeiiL.  61;  cf.  Desjardins,  Géogr. 
de  la  Gaule,  p.  212);  pour  caranto-,  cf.  arm.  kerenl,  parents, 
gall.  cerainl,  amis;  sing.  car,  irl.  cara-  (=  *caras,  pour 
carans),  vieil  arm.  Carant-car,  cf.  gaulois  Carantonus, 
Caranlillus. 

Caturiges  (César,  I,  10),  rois  du  combat;  de  calu-,  combat, 
gall.  cat,  arm,  anc.  Cat-uuallon  {=*Catuvellânos),  Catic, 
Catoc,  etc.,  irl.  calh,  et  de  riges,  cf.  Caturigœ {Itin.  d'Ant.), 
et  Calurigo7nagus  [Table  de  Peid.),  aujourd'hui  Clwrges. 

Catuslogi  (Pline;  voir  Zsuss,  Gramm.  celt.,  4),  de  catu-, 
combat  et  d'une  racine  slôg-.  irl.  sluag,  troupe,  gall.  lu 
=  *slôga  (cf.  nom  propre  ai-m,  Ker-luV). 

Cebenna  (César,  VIT.  8,  5(3).  Le  nom  ligure  est  Cemmenon 
(Strabon).  Les  Gaulois  lui  ont  substitué  un  mot  celtique, 
cebenna,  montagne,  dos;  gall.  cefn,  arm.  mod.  keiii-,  dos, 
croupe. 

Cintugnatus  [Corpus..  III,  6010,  62;  Cinlugnatus,  Schuer- 
mans,  Sigles  figulins,  I,  398  p.  87).  On  interprète  ordinai- 
rement ce  mot  par  premier-né,  de  cintu-,  premier,  cf.  gall. 
-cyntaf,  premier,  arm.  kenta  ou  kentan,  cyni ,  kent , 
avant,  et  de  gnâto-  qui  aurait  le  sens  du  latin  (g)?2atus,  fils. 
M.  d'Arbois  de  Jubainville  remarque  que  gnato-  n'a  d'autre 


._  24  - 
équivalent  phonétiquo  en  néo-cellique  que  l'irl.  gnâth,  gall. 
gnaiodd  {=*g7ity(o),  habituel  (cf.  Gramm.  cclL,  p.  856),  et 
voit  dans  Cintu-  un  nom  de  dieu? 

Clutamus  (Orelli,  4994),  superlatif  de  cluto-,  vieux  gall.  Clot-ri 
(=  Chdo-rix,  Iiiscr.  chrêt.  de  G r.- Bretagne,  Clutorigi), 
■Avt6?.  Cf.  Cloutius  {Corpus,  II,  640,  873,  2633  bis,  2781  ; 
III,  2016). 

Condate  (Ptolémée,  II,  8,  9;  llin.  d'Ant.,  etc.).  Il  y  a  en 
France  près  d'une  cinquantaine  de  Condate.  Condate  a  donné 
Condé.  Le  sens  du  mot  est  confinent,  mais  l'analyse  n'en  est 
pas  certaine. 

Chrixus  (Silius  Italicus,  IV,  248),  gallois  crych,  frisé,  crépu. 

Cunopennius  {Corpus,  V,  4216);  de  cuno-,  élevé,  gall.  cy7iu, 
er-chynu,  lever,  élever,  et  d'un  dérivé  de  j^e'nn-,  hveion penn, 
tête,  gaél.  ccnn  =:*qveno-.  Cuno-  se  retrouve  dans  un  grand 
nombre  de  noms  propres  armor.  et  gallois  :  Cuneglase, 
Maglocunus.  Cunomaglus,  Cunedag.  Cunatani,  Conatam, 
Cunan,  Conan,  etc. 

Dagovassus  (Brambach,  2692;  Orelli,  988),  de  dago-.  bon, 
gall.  ancien  dag  {Cunedag  =  Cunodagos),  gall.  mod.  da, 
conservé  dans  l'arm.  enta  =  ent  da,  bien,  donc;  et  de 
vassos,  serviteur,  gall.  et  arm.  gwas,  irl.  foss;  cf.  vassa 
(Gruter,  745,  11). 

Dexsiva  ou  Dexsivia  dea  (Orelli,  1988),  déesse  protectrice 
dans  le  sens  du  latin  dexter;  dexsica,  mot  à  mot  à  droite, 
arm.  dehou,  gall.  deheu. 

Dïvona  (Ausone,  Origines  7iobilium  Civitatum^  XIII,  v.  32  : 
«  Divona  Celtarum  fons  addite  divis  »),  dérivé  d'une  racine 
deiv-  ;  on  trouve  Aîioûovk  et  A/ioûov«  ;  cf.  Devognata,  Devicnata ; 
gall.  Duw,  arm.  Doué,  irl.  Dia,  Dieu  =  '^deivo-s. 

Druides  (César,  VI,  13,  3);  caste  sacerdotale  chez  les  Celtes; 
irl.,  nom.  sing.  drui,  gall.  dryir  pour  drui  (==  nom.  sing. 
*druis,  gén.  '^driiidos).  Le  gallois  derwydd  a  une  autre 
origine;  sa  forme  la  plus  ancienne  est  do)-guid  ou  dargiiid, 


-    '25  - 
qui  sait  d'avance,  composé  de  do-\-ro  (pro)  ou  àddo^arc  et 
d'un    dérivé  de  la  racine  veid,  vid,   savoir  (cf.   Fot^^ct,  latin 
vidro,  etc.).  L'origine  de  druides  est  obscure. 

Dubis  (Pline,  XVI,  95;  César,  I,  38),  le  Doubs;  vieux  gall. 
ddb,  noir  (Annales  Cambrùe),  arm,  et  gall.  mod.  du,  noir, 
avec  son  û  =  uv. 

Dubnotalus  [Bidletin  monumental,  t.  XVII,  p.  310),  de 
dubno-,  profond,  élevé,  gall.  dwfii,  arra.  doiin,  don,  et  de 
ialos,  breton  ial. 

Dubra  {Annales  Bavennœ,  IV,  24),  le  Tauber,  aflluent  du 
Main;  irl.  dobur,  eau,  gall.  mod.  dwfr,  arm.  dour[cî.  le  nom 
du  pays  de  Pou-douvre,  doyenné  de  l'ancien  évêcliéde  Saint- 
Malo). 

Dumnoveros  (A.  de  Barthélémy,  Monnaies  gauloises,  Rev-ue 
celtique,  I,  291  et  suiv.);  de  dumno  =  dubno  (voir  Dubno- 
talus], etderero^,  homme,  irl.  fer,  gall.  giar,  arm.  moy.goiir 
(=  '^vero-s).  Le  v  celtique  initial  devient  en  irlandais  f,  en 
breton  gio  au  IX^  siècle. 

Dumnorix  (César,  I,  3,  5)  ou  Dulmoreix  (A.  de  Barthélémy, 
Monnaies  gauloises,  Revue  celtique,  I,  291  et  suiv.); 
dumno  est  pour  dubno-,  élevé,  profond,  ou  a  le  sens  de 
l'irlandais  domun,  monde,  univers. 

Durnomagus  (//m.  d''Ant.,  254,  aujourd'hui  Dormagen). 
Le  sens  de  Durno-  est  obscur.  On  le  trouve  en  Bretagne  dans 
Duniovari ;  il  est  conservé  à  l'époque  saxonne  dans  Durn- 
gueis,  cité  par  Asser,  en  saxon  Thorn-sœta  (Dorset). 

Epona  (Pline,  XVIII,  3;  saint  Augustin,  de  Civ.Dei,  XXIV, 
34;  Mommsen,  Inscyipt.  Helv.,  219;  cf.  Preller,  Rôiiiisclte 
MijtltoL,  P"  éd.,  1858,  p.  594),  déesse  protectrice  des 
chevaux,  pourrait  être  tout  aussi  bien  une  déesse  ombrienne 
qu'une  déesse  gauloise.  Cf.  eporedias,  E poy^edirix . 

Eposognatus  (d'après  Pictet,  Revue  archéologique,  février 
1865),  bien  habitué  aux  chevaux;  d'epo-,  cheval,  so,  qui 
serait  pour  su,  ce  qui  ne  laisse  pas  que  de  soulever  des  doutes^ 


—  26  — 
irl.  su-,  préfixe  ayant  le  sens  de  bieti,  vieil  arm.  et  gall.  hu, 
ho,  arm.   raod.  he   [hegarat,  aimable,  dérivé  àliegar;  vieil 
arm.  hiicar,  hocar,  gaul.   su-carus),  gall.  mod.   hy,  et  de 
{jnnto-,  irl.  gnâth,  gall.  gnaiodd,  qui  est  habituel. 

Esunertus  (Orelli,  298);  (["esu-,  nom  d'un  dieu,  et  d'un  dérivé 
de  nert-,  f()rce  :  Esuncrtos  qui  a  la  force  d'Ésus  {Esus  n'a 
rien  à  faire,  comme  on  l'a  dit,  avt3c  l'armoricain  euzus, 
effraj-ant). 

Exobnus  (Brambach,  1572),  d'ejc  =  latin  ex-,  particule  priva- 
tive, en  gallois  devant  les  voyelles  eh-,  et  d'une  racine 
signifiant 2jr^u>%  irl.  oraun,  gall.  ofn,  arm.  aoun,  aon,  bas- 
vannetais  oioen,  aicen,  aon.  Exobnos  signifie  sans  peur  et 
est  identique  au  gallois  eh-ofn. 

Gabromagus  [Itin.  d'Ant.,  78),  ville  de  la  Norique;  gahro-, 
cf.  gall.  ga/r,  chèvre,  arm,  gao7%  gavr  {Gavr-hiis,  île  de  la 
Chèvre,  Morbihan),  cf.  Gabro-senium  (Bretagne),  Gabreta 
silva,  raêpriTa  û\n,  Strabon,  VII,  1,5;  Ptolémée,  II,  II,  3). 

Genava  (César,  I,  6,  7),  bouche,  embouchure;  arm.  genou, 
bouche,  gall.  genau. 

Gobannitio  (César,  VII,  4,  2),  dérivé  de  goban-;  irl.  nom. 
sing.  goba,  génit.  gobann,  gall.  gof=^goba,  plur.  gofaint, 
arm.  go  [Le  Goff,  Roscoff  pour  Ros-gof). 

Hercynia  silva  (César,  VI,  24;  Mêla,  III,  3,  3;  Pline,  Florus, 
Claudien,  etc.);  cf.  Hercuniates  (Pline;  Ptolémée),  peuple  de 
Pannonie;  d'un  préfixe  intensif  er,  ar  {=*pe7\  par)  et  d'un 
déri^é  d'un  thème  cn-no-  conservé  dans  les  langues  bre- 
tonnes; cf.  Cunopeyinius.  Pour  Hercynia,  cf.  gall.  er- 
chynu,  élever;  pour  ar-,  cf.  Ar-pen hio  deo  (Orelli,  1961). 

Jovincillus  (Muratori,  MCCCLIII,  6),  dérivé  de  *iovencos, 
jeune,  gall.  ieua^ic,  arm.  yaouank  :  cf.  \2iim  juvencus. 

Isarnodorum  (BolL,  I  janv.,  2,  Vita  sancti  Eugenii  :  «  Isarno- 
dorum  :  a  vico,  cui  vetusta  paganitas  Gallica  lingua  Ysar- 
nodori  i.  e.  ferrei  ostii  indidit  nomen  »).  M.  d'Arbois  de 
.lubainville  croit  peut-être  avec  raison  que  l'on  doit  lire  Isarno- 


-  27  ^ 
diiriim,  la  forteresse  à'Isnrn,  nom  propre  fréquent.  Quoi 
qu'il  en  soit,  l'interprétation  donnée  à  Isarnodorw7i  prouve 
qu'on  a  conservé  assez  longtemps  le  souvenir  d'un  mot  Isarno-, 
fer,  et  doro-,  porte.  Zsanzopour  eisarno  a  donné  en  irl.  régu- 
lièrement iarnn,  en  gall.  haearn,  en  vieil  arm.  hoiarn,  puis 
houarn,  et  en  composition,  dans  le  premier  terme  des  com- 
posés, harn-;  ex.  Hoiarn-scoet,  au  XP  siècle  Ilarscoet  pour 
Harnscoet ;  plebs  Hoiernin,  aujourd'hui  Plu-herhin  pour 
Plu-liernin.  Pour  dorum,  cf.  arm.  dor,  porte;  irl.  dorus, 
gall.  dor,  drivs. 

Labarus  (Silius  Italiens,  IV,  232),  nom  d'un  fleuve;  cf.  vieil 
arm.  dar-leberliaC],  qui  prédit  (gl.  pyihoyiicus)\  arm.  mo- 
derne lavaret ,  parler;  helavar,  qui  parle  bien;  gallois 
hijlafar,  irl.  su~lbair  =.*su-laharis. 

Leucetius,  surnom  de  Mars  (Brambach,  925;  cf.  Loucelio 
Marti,  Orelli,  5898)  ;  dérivé  d'une  racine  qui  signifie  lumière; 
arm.  et  gall.  liœhet,  éclairs  (Pour  eu,  ou  devenant  u,  voir  ce 
que  nous  avons  dit  du  vocalisme  gaulois). 

Litanobriga  {lim.  d'Ant.,  105),  foi^t  ou  colline  Im^ge;  cf.  Li- 
lana  sylva  (Tite-Live,  XXIII,  24);  de  litano-,  large;  gallois 
llydan,  arm.  ledan,  et  de  bi^iga  (voir  Arlobngn). 

Litavis  Mars  (Creuly,  Revue  celt.,  II,  299).  IJlavia  a  donné 

chez  les  Gallois  Llydaio,  qui  pour  eux  désigne  l'Armorique, 

^  et  a  sans  doute  eu  le  même  sens  litioralis,  qui  est  sur  les  bords 

de  la  mer;  cf.  Litaricos  (sur  une  monnaie),  Cœsav  Litavicus, 

gall.  ancien  letewic,  habitant  de  Lïlatia. 

Marcodurum  (Tacite,  Hist.,  IV,  28;  plus  tard  Duria,  aujour- 
d'hui Dllren,  sur  la  Ruhr),  le  fort  aux  chevaux;  de  marco-, 
cheval  (voir  rpi^apy.taiK'j  ,  et  d'un  mot  qui  paraît  signifier 
citadelle;  cf.  Marcomagus.  Les  composés  en  durmn  sont 
nombreux  :  Brivo-du7mm,  Auguslodurum,  Duro-brivœ, 
Durocassis,  I)urocalalau7ii,  Durocoivioviiun ,  Durocorto- 
7mm,  Duroicoregum,  Durolevum,  Dvj^olitum^  Durotriges, 
Burovermim,  etc. 


—  28  — 

Maritalus  (Inscript,  d'après  Pictet ,  Nouvel  Essai,  p.  42), 
composé  de  mari-,  grand  (voir  Atepomari],  et  d'un  dérivé 
d'une  racine  tal-,  front;  gall.  et  arm.  tal,  irl.  tul. 

Mediolanum  (Orelli,  1702,  5694),  de  medio,  qui  est  au  milieu 
=  lat.  médius,  grec  pifrc-o?  =  ^medjos,  dérivé  irl.  medon, 
gall.  meion;  et  de  lanum,  lieu  uni,  endroit  consacré;  vieux 
gallois  it-lann,  aire  (d'î7,  blé,  et  de  lami);  généralement 
la7i  en  gallois  et  en  armoricain  signifie  monastère;  lanna 
Pauli  (Lampaul)  est  traduit  dans  une  Vie  de  saint,  écrite 
au  IX*"  siècle,  par  monasterium  Pauli.  La  prononciation 
lann  semble  indiquer  que  Vn  a  été  suivi  d'un  autre  son 
(cf.  Medio-lanium] .  Le  germanique  land  est  probablement 
emprunté  au  celtique. 

Mœnicaptus  (Ïite-Live,  XXIV,  42),  esclave  du  dieuMœnos; 
captus  est  devenu  cactos  et  a  donné  en  irl.  cacht,  gall.  caeili, 
arm.  moyen  caez,  arm.  mod.  kez,  vann.  kèh. 

Nantuates  (Orelli,  209;  César,  III,  1,7),  dérive  de  miniu, 
gall.  nant,  vallée  :  habitants  des  vallées.  Voir  Tynnanto. 

Nemetomarus,  de  7iemeto-,  temple  (voir  l'inscription  de  Vaison) 
et  de  maros,  grand. 

Nertomarus  (Orelli,  6857  a),  voir  Esunertus,  et  pour  marus, 
voir  Atepomari. 

Noviodunum  (César,  VII,  12,  ?L\.\]owYà'\\\i\  Nouan-le-Fuzéliey^ ; 
César,  Vil,  55,  Noviodunum,  plus  tard  Nevirnum,  Ncvers; 
César,  II,  12,  Noviodunum,  plus  tard  Augusta  Suessonam, 
Soissons;  liin.  Ant.,  Novidunum  en 'Pn.wnome;  Itin.  Ant., 
226,  Noviodunum  en  Mésie),  le  nouveau  /o)-t;  nor/'o-. 
accentué  sur  le  suffixe  a  donné  en  vieil  arm.  novid,  gall. 
mod.  newydd,  arm.  niod.  nevez,  neve,  nouveau. 

Noviomagus  (Ptolémée,  II,  7,  8,  ville  des  Bituriges  Vivisci; 
Itin.  A7it.,  385,  ville  des  Lexovii;  Itin.  Ant.,  253,  355, 
ville  des  Nemetes;  Itin.  Ant.,  371,  ville  des  Trévires,  aujour- 
d'hui Neumagcn;  Itin.  Ant.,  362,  ville  des  Veromandui, 
aujourd'hui   Noijon;   Itin.    Ant.,   472,    ville  des   Regni  de 


-  29  — 
Bretagne),   de   novio-,    yow  Novioduniim ,   et   de   magus, 
voir  Augustomagus. 

Ogmios  (d'après  Lucien,  le  dieu  de  l'éloquence  chez  les  Celtes); 
Ogma  {=  ^ogmios)  est  chez  les  Irlandais  l'inventeur  de  l'écri- 
ture; à  la  même  racine  appartient  le  mot  oglia.m  d'où  on  a 
fait  oganiiqiie,  nom  sous  lequel  on  désigne  une  écriture  parti- 
culière dont  nous  dirons  un  mot  plus  bas  et  qu'on  ne  ti'ouve 
qu'en  Irlande  et  en  Grande-Bretagne. 

Pennovindos  (A.  de  Barthélémy,  Monnaies  gauloises,  Revue 
celt.,  I,  pp.  291  etsuiv.),  à  la  tête  blanche;  de  penn,  tête, 
voir  Cunopennius,  et  de  vindo-s,  blanc,  irl.  /Ind,  gall.  masc. 
gi/wnn.  fém.  gicen,  arm.  giuenn;  cf.  Vindobala,  Vindo- 
hona,  Vindogara,  Vindogladia,  Vindola7ia,  Vindomagiis, 
Vindomoym ,    Vindonissa . 

Rectugenus  {Co7^p.  Insar.,  Il,  2402,  2907,  2324);  de  7^eciu--, 
droit,  justice;  irl.  rechi  (=  reciii-);  gall.  rJiaith,  arm.  reù; 
vann.  rèc'h,  bien,  juste,  et  d'un  dérivé  de  gen-;  voir  Camu- 
logenus. 

Rëdones  (César,  II,  34;  VIII,  35);  dérivé  de  rêda,  char;  cf. 
Eporedias;  Ve  est  long  comme  le  montre  l'armor,  Roazon; 
en  arm.  du  X^  siècle  on  aurait  Roedon  (1). 

Rigomagus  (Aminien  Marcellin,  XVI,  2,  ville  des  Ubii,  aujour- 
d'hui Remagen)\  rigo  est  un  dérivé  de  rix,  roi,  chef;  cf. 
Rigodulum,  Rigodumim,  Caturigomagus. 

Samarobriva  (César,  V,  24,  45,  51),  pont  sur  la  Samara 
(Amiens);  pour  briva,  voir  l'inscription  de  Vieux-Poitiers; 
cf.  Bri'codurum. 

Segovellauni  (Pline,  III,  4);  de  sego-  ou  sigo-,  cf.  Sigovesiis; 
goth.  sigis,  victoire;  et  de  vellauni,  pluriel  d'un  dérivé  d'une 
racine  vel-;  gall.  et  arm.  comparatif  ^î^e^/,  mieux.  Cf.  Vel- 
lami,  Vellaunodunum,  Vercassivellaunus. 

Senones  (César,  \ ,  54,  56),  dérivé  de  se7i-,  vieux,  ancien;  irl. 

(1)  Xe  pas  confondre  avec  Redon  dont  la  forme  des  YIII«-X«  siècles  est  Raton. 


-  30  — 
se7i;  gall.  heii;  arm.    hena  ou  henan,  le  plus  vieux   {Le 
Hènaff).  La  Grammai7'e  celtique,  p.  771,  note  2,  propose 
de  rapprocher  Se^iones  du  second  terme  de  l'irl.  co-snam, 
combat. 

Sucarus  (Gruter,  742,  3);  de  su-,  voir  eposognatus,  et  d'un 
dérivé  de  car-;  vieil  arm.  Hucar,  Hocar,  dérivé  mod. 
hégarat,  affectueux,  aimable,  =  sucaros,  qui  aime  bien. 

Taranucno  deo  (Orelli,  2055,  2056,  etc.),  fils  de  Taranus. 
Taranus  est  le  dieu  du  tonnerre;  gall.  tartan,  tonnerre;  irl. 
iorand.  Le  mot  n'est  plus  en  usage  en  breton  armoricain.  Il 
s'est  conservé  en  haut  vannetais  dans  le  verbe  tarannein, 
faire  du  bruit.  Sur  ce  dieu,  voir  Gaidoz,  Études  de  mytho- 
logie gauloise,  Paris,  1886,  pp.  93  et  suiv. 

Teutates  (Lucain,  I,  444-445;  cf.  Marti  Toutati  [Corp.,  NU, 
84);  Marti  Lutobio  Harmogio  Toutati  {Corp.,  III,  5320); 
Flavius  Totatïgenliqs,  soldat  {Corp.,  VI,  2407).  L'étjmo- 
logie  du  nom  de  ce  dieu  est  obscure,  mais  il  n'est  certainement 
pas  composé,  comme  on  l'a  si  souvent  dit  et  écrit,  de  teuta, 
tut,  peuple,  et  de  tat-,  père;  cela  eût  donné  au  moins  Teuto- 
tates,  de  plus  Va  de  Teutates  est  long  et  celui  de  tat  bref. 

Teutomatus  (César,  VII,  31,  5);  de  teuto-,  touto-,  voir  l'ins- 
cription de  Novare;  et  d'un  adjectif  mato-s,  bon;  cf.  irl. 
maith  {=mati-s)\  breton  mad,  bon.  Cf.  ToutiotHx,  roi  du 
peuple,  surnom  d'Apollon  (Orelli,  2059). 

Uxellodunum  (César,  VIII,  32,  33);  uxello-,  gall.  uc/iel,  arm. 
îihel,  huel,  élevé,  irl.  uasal  élevé;  cf.  TJxama  ville  d'Espagne, 
aujourd'hui  Osma:  ce  serait  un  superlatif  :  gall.  itch,  uiuch, 
plus  élevé,  ucliaf,  très  élevé.  Nous  avons  probablement  le 
superlatif  gaulois  à'uocello-  dans  un  surnom  fréquemment 
donné  au  Jupiter  gaulois  Uœellimus  (Voir  Gaidoz,  Etudes 
de  mythologie  gaidoise,  pp.  105-106). 

Veragri  (César,  III,  1,  2),  de  ver,  préfixe  intensif,  breton  wor, 
gwor,  gor,  gour,  et  d'un  dérivé  d'agr-,  combat,  massacre  ; 
vieux  gall.  air-maou,  champs  de  bataille,  irl.  âr,  strages 


—  31  - 
[Gramm.  celt.,  2°  édit.,  17,    780)  =  '^agro-.  Cf.  les  noms 
armoricains  Aeridu,  Aeruuiu  (on  trouve  Haeruidu),  Aer- 
mitit  (Cartulaire  de  Redon). 

Vercingetorix  (César,  VII,  4,  1,  etc.),  Vercingetoriœs  sur  une 
monnaie  gauloise  (A.  de  Barthélémy,  Revue  cellique,  I,  291 
et  suiv.);  de  ver,  préfixe  intensif,  de  cingeto-,  irl.  nom.  cing, 
gén.  cingid ,  thème  cinget-,  guerrier,  et  de  Wj?,  chef;  cf. 
Cingetorix. 

Vergilius  (voir  Zeuss,  Gramm.  celt.,  2^  édit.,  p.  11,  en  note; 
cf.  vergiliœ  siellœ ,  Properce,  I,  8;  Ovspyàict,  ville  d'Espagne, 
Ptolémée,  II,  5),  dérivé  d'une  racine  verg- ,  efficace,  voir 
vergobretus ,  ou  à  rapprocher  de  l'irlandais  ferg-,  colère; 
Oùspyto'Jtoç  w/.£Kvd5,  Ptolémée,  irl.  fairggœ,  l'Océan. 

Vernodubrum  (Pline,  III,  4);  verno-  est  identique  à  l'irlandais 
fern,  bret.  givern,  aulne;  pour  Duhrum  voir  Duhra,  cf. 
Vernomagus;  Vemodubt^um  est  aujourd'hui  Verdouble. 

Viducasses  (Pline,  IV,  32,  1)  ;  vidu-  se  retrouve  dans  l'irlandais 
fid,  arbre,  gall.  mod.  givydd,  arm.  gwez,  qui  remontent  tous 
à  un  thème  vidu-.  Pour  casses,  sing.  cassi-s,  on  le  trouve 
assez  souvent  en  composition  :  Cassivellaunus,  Cassi-brâtius. 
Cassis  serait  pour  cad-tT-s  dérivé  en  -ii  d'une  racine  cad- 
qui  avec  le  sufiixe  -ro  a  donné  cad-r,  beau,  fort,  arm.  moyen 
cazr,  aujourd'hui  caer,  gall.  cadr,  fort  (nom  propre  Le  Cadre 
dans  le  Morbihan  français,  forme  figée  du  XI-XIP  siècle). 

Vindobona  (Ptolémée,  II,  14,  3),  Vienne  en  Autriche,  dievindo-, 
voir  Pennovindos,  et  d'un  terme  dont  le  sens  n'est  pas 
certain,  mais  qui  entre  en  composition  d'autres  noms  gaulois; 
cf.  Juliohona,  Lillebonne;  Augustobona. 

Virodunum  [Itin.  d\hii.,  98,  Verdun);  on  trouve  viro-  et 
vero-  comme  sigo-  et  sego-;  pour  viro-,  voir  Dumnoveros; 
cf.  Veroraandui ,  Viromagus,  Viroconium,  etc. 

Volcse  (César,  VI,  24);  de  sens  inconnu;  a  désigné  une  fraction 
importante  de  la  race  celtique,  celle  que  les  Germains 
paraissent  avoir  le  mieux  connue;  c'est  en  efi'et  sous  ce  nom 


-  32  - 

qu'ils  désignent  les  peuples  celtiques  latinisés  ou  qui  ont  été  sous 
la  domination  romaine;  cf.  haut  allem.  Walah,  dérivé  alleni. 
actuel  W('ilscli,  angl.  Welsh.  Les  autres  noms  ethniques  prin- 
cipaux des  Celtes  sont  Galli,  Celtœ,  Belgœ,  Galaiœ,  Bril- 
tones,  Goideli,  Pictil  Les  Brittones  et  les  Goideli  sont  les 
seuls  dont  la  langue  survive.  On  ne  connaît  l'étymologie 
d'aucun  de  ces  noms  avec  certitude,  à  moins  que  ce  ne  soit 
celle  de  Galatœ;  l'irl.  galdœ  brave,  suppose  en  effet  un  pri- 
mitif galatln-s  (1).  Nous  ne  citons  le  mot  Volca  que  pour 
avoir  une  occasion  de  mettre  en  garde  contre  les  étymologies 
diverses  qui  courent  sur  les  noms  ethniques  des  Celtes. 

II  —  Ile  de  Bretagne 

Le  celtique  de  l'île  de  Bretagne  présente  beaucoup  de  noms 
propres  d'hommes  et  de  lieux  identiques  ou  semblables  à  ceux  du 
continent,  et  autant  qu'on  en  peut  juger  d'après  des  matériaux 
insuffisants,  les  mêmes  caractères  phonétiques,  au  moins  pour  la 
même  époque.  Les  diphtongues  sont  toutes  devenues  des 
longues  (2);  ou  (=  ou  et  eu  primitifs),  sporadiquement  u  sur  le 
continent,  est  devenu  6,  puis  de  bonne  heure  û  dans  l'île  :  NOdenii 
(deo)  et  NudcrUe  (gall.  Nudd ,  irl.  Niiada  =*  nôdens  (3); 
Tuiianus,  Cartulaire  de  Redon,  Tudian,  plus  lard  Tujen  dans 
Lan-dujen  (4).  Pour  ei  on  ne  trouve  plus  que  è  [Dèvogncda)  et  l 
[Iserninus).  Ce  fait  peut  simplement  tenir  à  ce  que  ces  inscriptions 
sont  postérieures  à  celles  du  continent.  La  chute  de  1'^  intervo- 
calique  au  moins  dès  le  V''  siècle,  tandis  qu'on  le  trouve  conservé 
sur  le  continent,  ne  peut  pas  non  plus  être  invoquée  comme  une 

(1)  Voir  sur  les  noms  ethniques  des  Celtes  d'Arbois  de  Jubainville,  InirodiwtUni 
à  Vétude  de  la  littérature  celtique,  pp.  4  et  suiv. 

(2)  Les  formes  comme  Toutatcs,  Lovcetiits,  surnom  de  Mai-s,  qu'on  trouve  dans 
les  inscriptions  latines  de  Bretagne  ne  sont  guère  concluantes;  ce  sont  des  divi- 
nités importées  peut-être  du  continent  et  adorées  par  des  étrangers  ;  cep.  Boudicca. 

(3)  Le  Nodxnt  du  Cartulaire  de  Redon  doit  en  être  séparé  et  pour  la  racine  être 
rapproché  des  noms  comme  Nod-hail;  nod  =r  gall.  nundd,  protection,  refuge. 

(4)  Il  n'est  pas  impossible  que  ce  nom  soit  d'origine  latine. 


-  33  - 
différence  entre  le  gaulois  et  le  celtique  insulaire  ;  rien  ne  dit  que 
si  le  gaulois  eût  continué  à  être  parlé  jusqu'au  V^  siècle,  il  n'eût 
pas  présenté  le  même  phénomène. 

Les  inscriptions  oghamiques  dont  nous  dirons  un  mot  plus  bas 
offrent  des  traits  particuliers  fort  caractéristiques,  mais  ces  ins- 
criptions sont  en  général  considérées  comme  gaéliques.  Il  ne 
faut  pas  oublier  non  plus  qu'elles  sont  postérieures  à  la  domina- 
tion romaine  dans  l'île  et  s'en  autoriser  pour  conclure  à  une 
séparation  profonde  entre  le  groupe  breton  et  le  groupe  goidé- 
lique  et  former  un  groupe  gallo-breton. 

Si  les  noms  de  l'époque  latine  en  Bretagne  ne  présentent  pas 
de  traits  phonétiques  bien  tranchés,  ils  n'en  forment  pas  moins 
une  intéressante  contribution  à  l'étude  du  vieux  celtique. 

NOMS    DE    LIEUX    ET    DE    PEUPLES    (1). 

Abona  [Itin.rTAnt.,  486,  édition  Wesseling),  l'Aro^i  (Stratford- 
on-Avon),  arm.  aven  dans  Pont-aven. 

Amboglanna  [Notit.  Dign.,  XL,  44,  édition  Otto  Seeck), 
à'amho  (grec  «fAyco)  et  de  glanna,  gall.  glan,  arm.  glann 
(Cathnlicon),  rive  d'un  fleuve. 

Branodunum  {Notit.  Dign.,  XXVIII,  6,  16),  de  brano,  breton 
bran,  curbeau,  et  de  dunum  (Voir  les  noms  gaulois). 

Brigantes  (Ptolémée,  II,  3,  10).  Voir  Ariobriga  (Gaule). 

Brittia  (Procope,  de  Bello  gotli.,  IV,  20).  C'est  la  forme  la  plus 
ancienne  du  mot  qui,  en  Armorique,  indique  la  Bretagne  : 
Breiz,  vannet.  Brèh.  Les  deux  it,  suivant  la  règle,  donnent 
une  spirante,  d'abord  th  (dentale  spirante  dure,  identique  pour 
la  prononciaiion  au  th  dur  anglais),  puis  ;:  (spirante  dentale 
douce,  th  doux  anglais),  excepté  dans  le  vannetais  qui  change 


(1)  Comme  pour  le  gaulois,  nous  n'avons  nullement  la  prétention  de  donner 
ici  une  liste  complète.  Nous  voulons  montrer  l'intérêt  de  ces  études,  faire  con- 
naître les  résultats  les  plus  importants  auxquels  on  est  arrivé,  et  aider  à  l'étude 
kistorique  du  breton. 

3 


—  3i  - 
vers  le  XV^-XVP  siècle  le  z  écrit  pour  t/i  en  h,  cli.  Cf.  Brilla, 
surnom  donné  à  Philetius  (Helvète),  Creuly,  Revue  cell.,  III, 
p.  lOI. 

Brittones  (voir  Hùbner,  Inscr.  Brit.  lai.  ;  Nolil.  Bign. ,  VII,  73; 
Greg.  Tur.,  Hisl.,  passim),  nom  national  des  Bretons;  gallois 
BryUion,  arm.  hrezonec  (la  langue  bretonne),  vannet. 
brehonec.  Brelon,  brelonnet  sont  des  formes  empruntées  au 
français.  Le  sens  du  mot  est  obscur,  mais  il  ne  vient  point  de 
hrilh,  de  couleur  variée,  laloué  comme  on  l'a  dit  souvent, 

Camboduno  {Ilin.  d'Anl.,  voir  Gaule),  de  cambo,  recourbé, 
courbe,  bret.  camm,  et  de  dunum  (cf.  Campodono,  Bède, 
Hist.  eccl.  ge7ilis  AngL,  II,  14). 

Camborito  (Ilin.  d'Anl.,  Al 4:,  var.  Camborico)  de  cambo- 
et  de  7Hlii77î,  gué  (voir  Auguslorilum) . 

Camulodunum  (Ptolémée,  II,  3,  10).  Citadelle  de  Caraulos, 
nom  souvent  donné  à  Mars. 

Gatuvellauni  (Ptolémée,  II,  3,  11),  de  calu,  voir  Caluriges, 
et  d'un  dérivé  de  vel-,  racine  du  comparatif  gall.  et  arm. 
gwell,  mieux. 

Gilurno  {Nolit.  Bign.,  LX,  38),  Cilurnum,  hiscrip.  Bril.  lai., 
vieux    breton    cilurnn,    breton    moyen    quelorn,    baquet. 

Gondercum  templum  (Nolit.  Bign.,  XL,  35),  de  la  particule 
cou,  en  breton  moyen  cen,  et  d'une  racine  derc-,  conservée 
dans  la  glose  en  vieux  breton  erderh,  évident,  cf.  Berco 
(Muratori,  752,  7). 

Conovio  [Ilin.  d'Anl.,  482),  (Aber-Conway?),  nom  de  sens 
inconnu,  mais  intéressant  comme  forme  archaïque  du  nom  de 
la  ville  de  Comcay  (Nord-Galles)  ou  mieux  Cymcij. 

Durocornovio  [Ilin.  d'Ant.,  485),  (Cirencester),  de  dio^o,  cita- 
delle, et  de  Cornoviurn  (cf.  Tribunus  coliortis  /  primœ  /  Corno- 
viorum,  Nolil.  Bign.,  XL,  34);  Cornovia  a  donné  Kerneo  en 
moyen  breton,  aujourd'hui  Kerne,  vannetais  Kernêio,  gallois 
Cernyui  (Cornouailles  insulaire).  Le  gros  des  émigrés  bretons 


—  35  — 

du  milieu  du  Y"  à  la  fin  du  VI*  siècle  a  été  fourni  par  les  Cor- 

novii  et  les  Dumnonii. 
Derventione   {Iti7i.  cVAnt.,  466),   Derveniio,  Noiii.  I)ign., 

XL,  16,  31  ;  dérivé  de  clervos,  chêne,  gall.  deric,  arra.  mod., 

dero,  derv. 
Dubris  [liin.  d'Ant.,  474,  aujourd'hui  Douvres;  Noiit.  Dign., 

XXAIII,  4,  14).  Voir  Dubrœ,  le  gaulois  Duhra. 
Dumna  insula  (Ptolémée,  II,  3,  14).  Voir  Dubnotcdus. 
Durnovaria  [Itin.  d'Ant.,  483);  le  sens  de  varia  est  douteux, 

celui  de  durno  aussi,  mais  durno  est  conservé  dans  des  noms 

de    l'époque   saxonne  comme   Thorn-sœta  (Dorset),    breton 

Durngueis  (Asser). 
Gabrosenti  [Notit.  Dign.,  XL,  50);  de  gabro-,  voir  Gabro- 

7nagus,etàe  senium,  gall.  hgnt,  chemin,  voyage,  arm.  henf, 

irl.  sét  {=  sent)  :  Gabrosenti-,  chemin  de  chèvre.  Cf.  Ga- 

brantuici,  Ptolémée,  11,  3,  4. 
Gobannio  {Itin.   d'Ant. ,  484 ,   aujourd'hui  Aber-gavenny) , 

déiivé  du  thème  goban-,  dont  le  nominatif  a  donné  goff,  for- 
geron ;  cf.  Uuor-govan  (Cartulaire  de  Redon). 
Isca  (Ptolémée,  II,  3,  3;  var.  Isaca,  ibid.,  II,  3,  13);  ville  des 

Dumnonii;  gall.  moderne  ^yysc. 
Loxas  (Ptolémée,  II,  3,4);  cf.  gall.  Ihcch,  étang,  eau  stagnante; 

cf.  Luh  et  Loch  (Cartulaire  de  Redon). 
Luguvallio  {Itin.  d'Ant.,  474  ;  Ann.  Rav.  Lugubalum)  ;  se 

retrouve  dans  le  nom  de  Carlisle  {Caer-Luel). 
Mediolanium  (Ptolémée,  II,  3,  II).  Yoiy  Mediolammi. 
Moricambe  (Mojstzâ.ag/j   îitjyycn;,  Ptolémée,  II,  3,2);  dernori-, 

mer,  cf.  Are-morici,  et  de  carnbe,  féminin  grec  de  cambo-s, 

courbe,  arm.  et  gall.  camm. 
Natrum  (écrit  Naurum,  Ann.  Rav.,  V,  3;  Pétrie,  Mon.  hisi. 

brit.),  leNader;  cf.  vieux  breton  natrolion,  serpents  d'eau, 

gall.  neidr,  arm.  moy.  nazr,  écrit  azr,  Vu  ayant  été  pris  pour 

celui  de  l'article  {an  nazr),  aujourd'hui  aer  pour  naer,  plur. 

aeron;  natr  =  nalrô;  natron  =  'ncïtrones. 


—  3G  - 

Noviomagus  (jNotôpa^o;,  Ptolémée,  II,  3,  13).  Voir  jyoviomagKS 
(Gaule). 

Pennocrucio  {Uin.  crAni.,  470),  dej9(?n?2o,  lête,  et  d'an  dérivé 
d'une  racine  crue,  gall.  crug,  arni.  krugeU,  butte,  petite 
éminence;  gaélique  cniach,  cruacJtan,  petite  colline;  le  mot 
suppose  une  racine  goidélo-bretonne  [croc-  craiic-).  M.  Stokes 
rapproche  de  ce  mot  le  nom  de  l'idole  irlandaise  cenn-cruach, 
à  la  tête  sanglante  (cf.  d'Arbois  de  Jubainville,  Cycle  mythol. 
irl.,  pp.  105-113). 

Petuaria  {nsTovapia,  Ptolémée,  II,  3,  10);  dérivé  de  petioa7\ 
gall.  mod.  pedv:ar,  quatre,  arm.  pevar. 

Rigodunum  ('Pt^ô^ouvov,  Ptolémée,  III,  3,  10);  de  7igo-,  royal, 
dérivé  de  rig-  et  de  diiniim,  forme  latinisée  de  *chinos,  cita- 
delle. 

Sabrina  (Tache,  Ami. ,  II,  31),  le  Severn,  en  gall.  actuel 
Hafren. 

SelgovsB  (Ptolémée,  II,  3,  6,  nom  de  peuple),  litt.  les  chasseurs  ; 
irl.  selg,  chasse,  seiche  chasseur,  gall.  liela,  chasser,  arni. 
holc'h  dans  hem-olch. 

Tobios  nom  de  fleuve  (Ptolémée,  II,  3,  2)  :  actuellement  le  Tyioi. 

Trisanton  (T/Jtaâvrwvoç  Trorap.oO  cV.|So).«i,  Ptolémée,  II,  3,  3).  Le  nom 
de  ce  fleuve  se  retrouve  dans  le  Treanta  de  Bède  (cf.  le  nom 
d'homme  Tr canton  dans  le  Cartulaire  de  Redon,  charte  de 
859-865). 

Vergivios  {Oùepyiomoç  wxîKvôç;  édit.  Mùller  Ovîpylovoç) ,  répond  à 
l'irl.  fairggœ,  foirggœ,  océan.  On  a  voulu  faire  sortir  de  ce 
mot  le  gallois  werydd  dans  mor  y  werydd  désignant  la  mer 
d'Irlande;  il  nous  semble  que  mor  y  v^erydd  veut  simplement 
dire  la  mer  irlandaise  ;  on  doit  lire  ywerydd  en  un  seul  mot, 
ywerydd  suppose  un  vieux  celtique  *iverjo-.  Vy  a  été  pris 
pour  l'article,  par  une  méprise  de  la  langue  fréquente  en 
gallois,  exemple  :  Mor  y  Werddon,  la  mer  d'Irlande; 
ymenyn,  beurre,  est  devenu  ainsi  meny)i  dans  la  langue 
populaire,  etc. 


-   37  — 

Vernemetum  [Itin.  d'Ani.,  479).   Yoii-  Gaule,  inscription   de 

Yaison. 
Vindocladia,  plutôt  que  Vindogladia  {Itin.  d'Ant.    486)  ;  de 

vindo-,  blanc,  et  de  clôdia,  gall.  claicdd,  fossé  avec  talus, 

arm.  cleuz. 
Vindolana   {Not.    Dign.,  XL,   41).    Voir    Mediolanum;    cf. 

Vindohala. 
Vindomora  {Itin.  d'Ant.,  4(34);  mora  est  peut-être  le  pluriel 

neutre  de  mori-. 
Uxella  {oyçù'/.u;  cf.  o-j|£/),ov;  o':>ï-u</.  (ville)  Ptolémée,  II,  3,  13). 

Voir  Uœellodunum. 

NOMS     DE     PERSONNES 

(Ces  noms,  s'il  n'y  a  pas  de  référence,  sont  tirés  des  InacHjjfioncg  BritannifB 
latinœ  d'Hiibner.  Corjnis  Inscr.,  VII). 

Argentocoxos  (Dion-Cass.,  76,  16);  le  mot  arp'en^o- paraît  bien 
avoir  ici  un  sens  analogue  au  latin  argeniinn;  gall.  ariant, 
arm.  arc  haut,  indo-europ.  argnto;  voir  Argentomagus;  cf. 
les  noms  propres  arm.  Arganthael,  Arganilomien,  Argani- 
monoc,  Argantan  (Cartulaire  de  Redon)  ;  les  noms  gallois 
Talarian,  front,  Arianfagl,  Arianrhod,  Arianwen,  Arian- 
hell,  nom  de  rivière  (vieux  gall.  Ai'ganhell).  Voir  Rhj^s, 
Lectures,  p.  374.  Coxos  est  tiré  de  la  même  racine  que  le 
gallois  coes  =  *coœa,  jambe. 

Boduogenus.  Voir  Boduognatus  et  Camnlogenus.  Si  gnâ 
appartient  à  la  racine  gen-,  il  y  a  entre  eux  le  même  rapport 
qu'en  latin  entre  {g)natus  et  genitus  (voir  Thurneysen,  Kel- 
ioromanisches,  p.  46). 

Boudicca  (Tacite,  Ann.,  XIV,  31).  Voir  Boudus,  Gaule;  cf. 
Bôdicvs  nom  d'un  chef  armoricain,  dans  Grégoire  de  Tours, 
plus  tard  Budic  nom  d'un  comte  de  Cornouailles.  Pour  la 
même  racine,  cf.  Bud-uuoret  dans  le  Cartulaire  de  Redon, 
plus  tard  Buzoret. 


—  38  — 

Caleti  (génitif).  Voir  Caletes  (Gaule). 

Cambus.  Voir  Camha  (Gaule). 

Carantinus  (Cartulaire  de  Redon,  Kerentin).  Voir  Carantillus 
(Gaule). 

Caratâcus  (Tacite,  Ami.,  XII,  33).  Vieux  breton  Caraloc, 
aujourd'liui  Caradec,  dérivé  de  la  même  racine  que  Ca- 
rantillus, cf.  dans  les  Inscr.  Brit.  lat.  Carantus,  Caratilli, 
Caraiivs. 

Cassivellaunus  (César,  de  BellogalL,  V,  22);  cf.  gaulois  Ver- 
cassivellaunus,  gall.  Casicallo7i.  Pour  la  racine  vel-,  voir 
Catiivellauni  (Bretagne);  pour  Cassi-,  cf.  le  gaul.  Cassi- 
talos  :  cassi  =  cad-ti,  dérivé  d'une  racine  qui  a  donné  le 
vieux  breton  cad-r,  beau,  fort  (=  *cad-ro-s],  arra.  moy. 
cazr,  aujourd'hui  kaer. 

Catuci,  Catulus,  dérivés  de  catu- ,  combat,  cf.  vieux  breton 
Catoc  (de  Catâcos),  Catic,  etc. 

Cintugenus,  premier-né,  paraît  bien  l'équivalent  de  Cintu- 
gnaios  (Gaule). 

Coccus,  gall.  coch,  rouge. 

Gunobarrus,  qui  a  la  tète  élevée  ;  de  cuno-,  voir  Cuno- 
pcnnius  (Gaule),  et  d'un  mot  qui  a  donné  l'arm.  barr,  cime, 
sommet,  barr  an  penn,  le  sommet  de  la  tête  (Gatholicon) ; 
barr  vient  d'un  celtique  barsio-  (Thurneysen,  Keltorom., 
p.  44). 

Dagomarus,  de  dago-,  bon,  et  mâro-s,  grand.  Cf.  Dago-bilvs, 
Dago-dubnus  [Inscr.  Brit.  lat.)',  cf.  Bitvdaga  (Creuly, 
Revue  celt.,  III,  p.  160).  Voir  Dagcwassns  (Gaule). 

Dëvognata,  née  d'une  déesse.  Voir  Divona  et  Cintugnalus 
(Gaule). 

Dubnovellaunus,  sur  une  monnaie  de  Grande-Bretagne;  on  le 
trouve  également  sur  des  monnaies  attribuées  aux  rois.  Revue 
celt.,  I,  295;  Rhys,  Lectures,  p.  190.  Cf.  arm.  Dumno- 
iiuallon  et  Dum-unallon,  Cartulaire  de  Redon. 

Isarninus,  Isxarninus,  Ixarninus.  Voir  Isarnodori  (Gaule); 


-  39  — 
cf.   Hoiernin  dans  Plehs  Hoiernin,  plus  tard  Pliihemin, 
Pluherlin  (Morbihan);  cf.  Saint-Hernin  (Finistère). 

lunianus.  La  racine  iun-  se  trouve  dans  beaucoup  de  noms  du 
Cartulaire  de  Redon.  lunamts  est  Je  nom  d'un  saint  breton; 
c'est  le  patron  de  Saint-Aignan,  commune  de  l'arrondissement 
de  Pontivy  (Morbihan).  L'ignorance  l'a  changé,  nom  et  his- 
toire, en  Aignan;  le  peuple  prononce  Inan,  qui  représente 
exactement  lunan.  Le  biographe  de  la  vie  la  plus  ancienne 
de  Saint-Samson  traduit  lunan  (1)  par  lux  (cf.  lunna,  nom 
de  femme;  Bramb.,  1572). 

Matucus,  dérivé  peut-être  de  la  racine  7nat-,  gall.  et  arm. 
mad,  bon;  cf.  Maioc,  plus  tard  Madec,  gall.  Madoc  = 
*matâco-s.  Cependant  ni  l'irlandais,  ni  le  breton  n'ont  un 
thème  malu-.  Maiu-  se  retrouve  dans  l'irlandais  mat, 
porc. 

Ri[t]ogenus.  Voir  CamuJogenus  (Gaule).  Ritogenos  est  iden- 
tique à  Ritgen  et  Riiien,  Cartulaire  de  Redon.  Ritgen  est 
une  forme  plus  ancienne  que  Ritien.  Cf.  Roto-genus  {Inscr. 
Bril.  M.). 

Rottali  (génitif).  Il  faut  probablement  lire  Rotali,  de  ro,  préfixe 
intensif,  gall.  rhy-,  arm.  re-,  et  de  talo-s,  front. 

Tancorix  (nom  de  femme)  ;  pour  tanco-,  cf.  le  gallois  lange, 
paix.  Cf.  Tanconus,  Tancinus  [Inscr.  Bril.  lai.). 

Togodumnos  (Dion-Cassius,  LX,  19),  nom  d'un  chef  breton. 
Pour  logo-,  cf.  gall.  et  arm.  lo,  toit;  pour  Dwmios,  voir 
Dubnoriœ. 

Tutianus,  dérivé  de  la  même  racine  que  lou.ta,  peuple  (voir 
l'inscription  de  Novare,  Gaule);  arm.  Tudian  (Cartulaire  de 
Redon),  conservé  dans  le  nom  de  lieu  Lan-dujen  (2). 

Vallaunius  (Tadia),  nom  de  femme.  On  remarque  déjà  dans  ce 
nom  la  tendance  du  breton  à  modifier  en  a  Ye  bref  non  accentué 

(1)  Ou  lunlanix. 

(2)  Tvtianns  pourrait   être  latin,  mais  la  présence  de  Tutian  eu  Armorique 
fait  pencher  pour  une  origine  celtique. 


—  iO  — 

devant  les  liquides.  Le  même  phénomène  se   remarque  en  bas 

latin  (Schuchardt,  VocaUsmus,  I,  pp.  206  et  suiv.). 
Vepomulus,   cf.    Vepisones,    Vepus,     Vepo,    Veponia   (noms 

gaulois).    Le  premier  terme  vcpo-    pourrait   représenter   le 

gallois  giiiep-,  visage  (Wliitley  Stokes,   Celtic  declension, 

p.  50). 
Viducos.  V(^ir  Viducasses  {G2i\ûe). 

Vindomorucius,  habitant  de  Vindomoral  (voir  plus  haut). 
Uxopilli;  pour  uxo-,  cf.  gall.  uch,  plus  élevé,  au-dessus  de, 

arm.  us,  gall.  uchaf,  le  plus  élevé  (cf.  uxamd)\  dérivé  de  la 

même  racine  uxel.  Voir  Uœellodunum. 


PÉRIODE   DE   TRANSITION 
V<'-Vir   siècles 

Le  mouvement  qui  entraînait  peu  à  peu  les  langues  celtiques 
à  l'état  que  l'on  caractérise  par  le  ternie  de  néo-celtique  se  pré- 
cise, et  on  peut  le  dire,  s'accomplit  en  grande  partie  pendant  cette 
période.  Le  breton  y  prend  les  caractères  essentiels  qui  le  dis- 
tinguent à  l'époque  moderne.  Les  sépultures  chrétiennes  de  la 
Grande-Bretagne  nous  ont  conservé  bon  nombre  de  noms  bretons 
de  cette  époque,  malheureusement  les  terminaisons  en  sont  latines 
ou  latinisées.  Les  inscriptions  oghamiques  seules  présentent  avec 
certitude  des  cas  celtiques,  mais  les  plus  intéressantes  à  ce  point 
de  vue  doivent  être  regardées  comme  gaéliques.  On  n'a  trouvé  de 
monuments  de  l'écriture  oghamique  que  dans  les  Iles-Britanniques. 
C'est  une  écriture  sur  pierre,  dont  les  lettres  consistent  en  lignes 
droites,  tracées  partie  perpendiculairement,  partie  obliquement, 
partie  transversalement  à  la  ligne  formée  par  l'angle  de  la 
pierre  (I). 

(1)  Rhys,  Lectures  on  welsli  phonology,  2«  édition,  Londres.  Triibnei',  1870. 
pp.  260  et  suiv. 


41 


CARACTERES    OGPIAMIQUES    AVEC    LEURS    EQUIVALENTS 
EN    LETTRES    LATINES 


h  d     t     c       a  •  l^\ 

^  a  0     a     e      i       p  (1) 


llll  l!l 


!i  mil  _  /  //  ///  ////  /////   '  il  II!  llll  liill   y 

/  //  ///  ////  /////  i  II  m  llll  mil  A- 


Il    V     s      n  '"  0   ng    st        r 

Les  aspirées,  ou  plutôt  les  spirantes  ch  et  th  étant  représentées 
par  ce  et  tt,  M.  Whitley  Stokes  en  conclut  que  l'écriture 
oghamique  est  née  en  Bretagne.  C'est  en  Bretagne  en  effet 
et  non  en  Irlande  que  ce,  tt  deviennent  ch,  th.  Suivant 
M.  Rhys  (2),  les  inscriptions  oghamiques  ou  mieux  ogmiques 
montent  à  deux  douzaines  environ.  La  plupart  sont  du  Y^  et 
du  VP  siècle  (l'inscription  de  Llanarth  Cross  dans  le  Cardiganshire 
et  celle  de  Chapel  on  Caldy  Island  sont  du  IX^  siècle).  Presque 
toutes  sont  accompagnées  de  légendes  latines,  les  unes  rendant 
plus  ou  moins  exactement  le  sens  de  l'inscription  oghamique, 
les  autres  sans  relation  immédiate  avec  elle.  La  plupart  des 
inscriptions  oghamiques  en  territoire  breton  appartiennent  au 
sud  du  pays  de  Galles  ;  on  n'en  compte  qu'une  dans  le  nord 
du  pays  de  Galles,  deux  dans  le  paj's  de  Devon ,  et  une  en 
Cornwall. 

Nous  donnons  par  ordre  alphabétique,  la  plus  grande  partie 
des  noms  contenus  dans  les  inscriptions  chrétiennes  de  Grande- 
Bretagne,  en  y  joignant  un  court  commentaire  ou  des  rapproche- 
ments. Nous  reproduisons  en  renvoyant  à  Hùbner  [Inscriptiones 
Britanniœ  chrisiianœ,  Berolini,  1876)  les  lectures  de  M.  Rhys 
dont   nous    mettons    également    à    profit  le   commentaire  (3). 

(1)  Une  fois  lej;  est  représenté  par     /|\     placé  à  droite  de  la  ligne. 

(2)  Ehys,  Lectures,  p.  270. 

(3)  Lectures  on  n-elsh  phonologij,  2^  édit.,  appendice  etjmssim.  —  Nons  laissons 
de  côté  les  noms  qui  sont  manifestement  gaéliques  et  ceux  qui  sont  postérieurs 
au  VJIe  siècle. 


—  42  - 
Suivant  Hiibner,  les  inscriptions  vont  pour  la  plupart  du  VP 
au  VIP   siècle    inclusivement.    Quelques-unes    paraissent   être 
de  la  fin  du  V*  siècle. 

Adiune  (Rhys,  n°  41).  Peut-être  le  même  nom  que  le  nom  gallois 
moderne  Eiddin  (Myvyrian,  Archœology  of  Wales,  édit. 
Gee,  390-405,  Rhys). 

Aimilini  (Rhys,  22)  ;  aujourd'hui  gall.  ufel,  Jlamme,  chaleur, 
irl.  oibell,  si  du  moins  l'orthographe  ai  représente  l'ancienne 
diphtongue  oi. 

Anatemori  (Rhys,  15);  d^anate,  gall.  enaid,  âme,  et  de  mâro, 
grand  (Rhys),  Hiibner,  147. 

Andagelli  (Rhys,  55),  cf.  GeUan'i.  Lib.  Land.,  138,  146, 
Rhys. 

Earcuni  (Rhys,  54,  Hiibner,  88)  ;  cf.  le  nom  propre  irl.  Berchu, 
génit.  Berchon  (Rhys). 

Barrivendi  (Rhys,  56  ;  Hiibner,  88)  ;  composé  de  barr  = 
*barsto-,  soimnet,  armor.  et  gall.  bar  (nom  propre  Henbar, 
Cartulaire  de  Redon)  et  de  vendi ,  génitif  latin  de  vindo-, 
blanc.  Voir  Vindomagus  (c'est  le  nom  ^oWoh  Berwyn,  Rhy->). 

Boduoci  (Rhys,  47;  Hiibner,  71),  dérivé  en  oc-  {âco)  de  bodu-. 
Voir  Boduogenus.  Cf.  armor.  Tribodu,  Catbodu  (Cartulaire 
de  Redon),  le  gallois  Elbodugo,  Elbodu. 

Brocagni  (Rhys,  69);  cf.  le  nom  gall.  moderne  Brgchaii,  le 
le  vieil  arm.  Brochan  dans  Ranhivchan  (Cartulaire  de 
Redon). 

Brohomagli  (Rhys,  20,  15;  Hiibner,  158).  Brohomagli  est 
pour  un  plus  ancien  Brocco-magli,  gall.  ancien  Brochmael, 
plus  tard  Brochfael.  Le  second  terme7naglos,  irl.  mal,  prince, 
qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  l'irl.  tnâel,  gall.  )noel,  chauve, 
arm.  7noiiel  et  moal,  entre  en  composition  de  nombreux  noms. 
Cf.  Maglocunus  dans  Gildas,  gall.  moderne  Maelgwn,  arm. 
Conmael^=cunomaglus,  Maeltîetmet  Tiernmael,  etc.  (Car- 
tulaire de  Redon). 


—  43   - 
Camelorigi  (Kliys,  82;  Hubner,  95;  ailleurs  Camuloris,  Comu- 

lorigho^.  Rhvs,  7).  De  camitlo-,  voir  Catmdodunum,  et  de 

riœ,  roi. 
Cantiori  (Rhys,  17;  Hiibner,   135);  le  second  terme  est  riœ. 

Cf.  (Cartulaire  de  Redon)  Canihoe,  Canthoean. 
Carantorius  (Rhvs,  48;  Hiibner,  69);  dérivé  de  caranl-.  Voir 

Carantomagus  (Gaule). 
Catacus  (Hiibner,  35);   dérivé  de  la  racine  cat-,  cf.  calu-, 

combat.  Voir  les  composés  gaulois  en  cahi-  (voir  gall.  et  vieil 

arm.  Catoc,  plus  tard  Cadoc  :  Pleu-cadeuc,  plebs  Catoci). 
Catamanus  (Rhys,  6;  Hiibner,  149;  inscription  d'après  Hiibner 

de  l'an  664  à  679).  C'est  le  nom  gallois  Cadfcm  (Cartulaire  de 

Redon,  Boicatman,  pp.  45,   167,  173,  177),  de  cata  avec 

voyelle  affaiblie  de  catu-,  combat,  et  de  manos,  homme?  (Rhys) . 
Catiri  (Rhys,  44;  Hiibner,  56?) 
Catotigirni  (Rhys,  47;  Hiibner,  71).  Catotigirni  est  pour  Catii- 

tigerni,  roi,  chef  du  combat,   Tigernos,   dès  le  VIP  siècle 

tiern,  est  un  dérivé  de  te  g-,  maison,  famille,  ty  (vieux  breton 

tig  =  *tegos)  ;  arm.  machiiern,  titre  de  chefs  bretons,  Tiern- 

mael{=  Tigei-nomaglos)  ;  Uuiutihern^  *  Vèsutigernos,  etc. 
Caturugi  (Rhys,  60;  Hiibner,  231).  Le  second  terme  -rugi  n'est 

pas  clair. 
Caune  (Rhys,  20;  Hiibner,  158);  cf.  Caunus,  Lib,  Land.  ;  ce 

serait,  d'après  la  Vie  de  Gildas  écrite  à  Rhuys  au  XP  siècle, 

le  nom  du  père  du  saint,  nSiWî  à' Arechda. 
Clotuali  (Rhys,  99;  Hiibner,  230);  de  dot  pour  cluto-,  illustre, 

et  d'un  terme  valo-  qui  entre  en  composition  de  plusieurs  noms 

propres  :  Dunwal,  Tidwal,  etc.  Pour  Clotuali,  cf.  Cluluual 

dans  Ran  Clutuual  (Cartulaire  de  Redon). 
Clutorigi  (Rhys,  80;  Hiibner,  97,  roi  illustre?),  en  vieux  gallois 

Clotri,  cf.    arm.    Clut-gen  =  *Clutoge)iOS  (Cartulaire  de 

Redon). 
Cocci  (Rhys,  57),  surnom  de  Lunarchi,  le  rouge,  voir  coccus 

(Grande-Bretagne) . 


_..  u   - 
Conetôci  (Rliy?,  9G,  Hûbner,  12);  rien  de  certain  (cf.  le  gallois 

conedd  ou  coniant  dans  go-gonecld  ou  go-goniant,  gloire? 

Rhys?);  cf.  gaulois  Con  conneto-dumnus . 
Corbagni  (Rbys,  61),  gall.  mod.  carfan'k,  ensouple  de  tisserand, 

de  même  en  armoricain  ;  Llancarfan,  Nantcarfan  (Rhys), 

cf.  Corbalengi  [Inscr.  Brit.  christ.). 
Cunegni  (Rhys,  62;  Hùbner,  232;  probablement  un  génitif  de 

Cvnagnos,  devenu  en  arm.  Cunan,  Conan,  en  gallois  Cinan, 

Cynan. 
Cuniovende  (Rhys,  78);  pour  la  racine  et  le  sens,  de  cunio-, 

voir  Cimopennius  (Gaule)  ;    pour  vende-,  cf.    Vindomagus 

(Gaule). 
Cunoceni  et  Cunocenni  (Rhys,  40);  cf.  gallois  Cincenn,  arm. 

Conkin  (Gartulaire  de  Redon). 
Cunogussi  (Rhys,  5),  gallois  Cingusi  et  Cinust,  arm.   Uur- 

gost,  Uuorgost  (Gartulaire  de  Redon). 
Cunomori  (Rhys,  94;  Hiibner,  20),  de  cuno-,  voir  plus  haut,  et 

de  mor,  grand,  voir  Atepomari  (Gaule).  Cnnomor  est  aussi 

le  nom  d'un  chef  armoricain  mentionné  dans  Grégoire  de  Tours. 
Cunotami  (Rhys,  75).  C'est  peut-être  un  superlatif  de  cii-no, 

élevé,  cf.  Clutamus  (Gaule),  gallois  Condaf,  Cyndaf,  arm. 

Cunatam,  Conatmn,    Condam,    Cundamn   (Gartulaire   de 

Redon);  Va  est  probablement  une  voyelle  irrationnelle  (gall. 

Dunnagiial  pour  Dumnagual  =  *diimnovalos) ,  cependant 

cî.  Bîimalam'^.  Uuoratam  (Gartulaire  de  Redon). 
Gunovali   (Rhys,    103;    Hiibner,   2),  gall,  Cynioal,  Conuual 

(Gartulaire  de  Redon). 
Curcagni  (Rhys,  55),  cf.  Circan,  Lib    Land.,  p.  153. 
Dervaci  (Rhj's,  37;  Hùbner,  50),  dérivé  de  dervo-,  chêne  ;  gall. 

derio,  arm.  dey^v,  dero. 
Dobunni   (Rhys,  85;  Hùbner,  25),   cf.  le  nom  du  peuple  de 

Grande-Bretagne  Ao/Souwot  (Ptolémée). 
Drustagni  (Rhys,  64;  Hùbner,  20).  M.  Rhys  compare  le  nom 

picte  Droslan,  Drosten. 


-  45  - 

Dumnocenni  (Rhys,  105,  comté  de  Selkirk)  ;  ])0\iv  diinmo- ,  voir 
Diimnorix  (Gaule),  pour  ceni,  cf.  Cu7iocenni. 

Dunocati  (Rhys,  29;  Hûbner,  34),  de  duno-,  citadelle;  gall. 
dinas,  arm.  dinas,  plur.  dinastett  (Dictionn.  de  l'Armerye 
au  mot  palais),  etdecat-,  voir  plus  haut  Catacus  (cf.  Landine- 
galli  dans  Girald.  Cambr.  Rhys), 

Elmetiaco  (Rhys,  14;  Hùbner,  Seùnetiaco,  146),  surnom 
ôi^AUortu,  probablement  originaire  d'Elmel  [Yorkshire  ou 
Carmarthenshire,  Rhys). 

Enabarri  (Rhys,  85).  Le  second  terme  est  hœr,  voir  Barri- 
vendi. 

Ercagni  (Rhys,  85),  Erchan,  Lib.  Land.,  146;  gall.  ercli, 
erchyU,  terrible  (Rhys).  Ercilivi ,  Ercilinci  (Rhys,  97) 
sont  de  même  origine. 

Eterni  (Rhys,  11);  nom  de  lieu,  gallois  Llanedern;  nom  de 
lieu,  arm.  Lanedern  (Finistère).  Cf.  Ettey^ni  (Rhys,  71), 
Etcrnali  (Rhys,  47). 

Fanoni  (Rhys,  87;  Hùbner,  25);  cf.  F^mm^c/ (Rhys,  82). 

Jouenali  (Rhys,  11;  Hûbner,  139);  Jeuenali,  Lib.  Land., 
louanaul;  cf.  louuan,  Cartulaire  de  Redon, 

Litogeni  (Rhys,  81;  Hùbner,  98);  cf.  gaulois  Litugenms, 
voir  gall.  Utimaur,  frequens  (Rhys);  cf.  arm,  LitocX 
(Cartulaire  de  Redon);  cf.  Locu-liti,  nom  propre  d'une 
inscription  chrétienne  de  Grande-Bretagne  (Rhys,  13; 
Hùbner,  23). 

Lovernaci  (Rhys,  60);  Lovernii  (Rhys,  15;  Hùbner,  147); 
cf.  le  nom  du  chef  arverne  Aouiûvtoç  {Fragni.  hist.  grœc, 
édit.  Didot,  III,  p.  260);  comique  lovern ,  renard,  arm. 
louarn,  irl.  loarn  (anglicisé  en  Lomé);  plusieurs  noms 
de  lieux  dans  le  pays  de  Galles  sont  désignés  par  le  nom  de 
Llywernog;  cf.  Bot-louuernoc  (Cartulaire  de  Redon).  Selon 
M.  Rhys,  louern  serait  pour  un  vieux  celtique  lulp'j-erno- 
et  se  rattacherait  par  conséquent  au  latin  lupus'i 

Lunar[c]hi  (Rhys,  57  ;  Hùbner,  233). 


-  46  - 
Maglagni   (Rhys,   33;   Hùbner,    114);  dérivé   de    maglo-, 

conservé   dans  les  noms   de  lieux  gallois    :    Rhos   maelan, 

Garth  maelan;  Ran  melan  (Cartulaire  de  Redon), 
Mag[l]i  (Rhys,  19;  Hiibner,  135);  yow  Brohomagli. 
Meli  (Rhys,  8  ;  Hiibner,  142)  ;  nom  d'un  disciple  de  saint  Patrice  ; 

gall.  Melldeyrn  (Rhys);  cf.  melio-  dans  Uuinmelio  (Car- 
tulaire de  Redon)  ;  Plu-Meliau,  Plou-Miliau,  nom  de  lieux 

armoricains. 
Monedorigi   (Rhys,  27  ;  Hiibner,  128)  :  la  montagne  royale? 

de  rig-,  roi,  et  de   monedo-,  dérivé  de  raonid,  montagne, 

gall.    moderne    mynydd,    voir    arni.    monil,     Winmonid 

(Cartulaire  de  Redon),  arm.  moderne,  menez,  mené,  mine, 

mane. 
Nonnita  (Rhj's,  79;  Hiibner,   10);  cf.  le  nom  de  lieu  gallois 

Eglwys  Nynyd,  l'église  de   Nonnita  (Rhys)  ;  c'est  le  nom 

de  la  mère  de  saint  Dévy,  connue  en  Armorique  sous  le  nom 

de  Nonn. 
Ordous  (Rhys,  31;  Hiibner,  115);   surnom   de  Corhalengos  ; 

paraît  avoir  le  sens  à" originaire  du  pays  des  Ordovices. 
Orvite  (Rhys,  3)  ;  conservé  dans  le  nom  de  lieu  gall.  Ponlerwyd, 

transformé,   dit  M.    Rhys,   par    les  druidomanes  en  Pont- 

Derwydd,  le  pont  du  druide  ! 
Punpeius  (Rhys,  48;  Hiibner,  69);  nom  latin  qui   paraît  avoir 

été  familier  aux  Bretons;  Poupaia  est  le  nom  d'une  sainte 

vénérée  en  Armorique, 
Quenatauci  (Rhys,  102;  Hiibner,  3?);  paraît  gaélique, 
Rialobrani  (Rhys,  64  ;  Hiibner,  84).  Pour  brani,   voir  Bra- 

nodunum   (Grande-Bretagne).   Le  sens  de    rialo-  n'est   pas 

certain. 
Ricati  (Rhys,  97);  peut-être  pour  Riocati.  Voir  plus  bas  les 

noms  armoricains  du  YP  siècle. 
Sabini  (Rhys,  86);  paraît  être  le  latin  Sabinus,  conservé  dans 

le  nom  gallois  Hefyn  cité  par  I\I.  Rhys;  cf.  cependant  le  nom 

armoricain  Sabioc,  Cartulaire  de  Redon. 


Saliciduni  (Rhys,  39);  M.  Rhys,  non  sans  vraisemblance,  y  voit 
un  composé  de  salici-,  gallois  moderne  helig,  arm,  halec, 
saule  (latin  salix,  salicis),  et  de  duno-,  citadelle. 

S[u]belino  (Rhys,  22);  de  su  préfixe  ayant  le  sens  du  français 
bien-,  Cartulaire  de  Redon,  hu-,  ho-  [hucar  aujourd'hui 
hegar-),  et  probablement  de  helino-.  Voir  Cunobelinus. 

Senacus  (Rhys,  10);  dérivé  de  sen-,  vieux.  Voir  Senones 
(Gaule).  C'est  peut-être  le  nom  du  moine  Enoc  pour  Henoc 
de  la  vie  de  saint  Samson. 

Sen[ni]lus  (Rhys,  104  ;  Hiibner,  1)  ;  dérivé  de  sen-. 

Senomagli  (Rhys,  53;  Hiibner,  92);  Senemagli  (Rhys,  21; 
Hiibner,  159);  c'est  le  nom  gallois  Henfael  qui  a  passé 
d'abord  par  une  forme  Henmail. 

Talori(Rhys,  65;  Hiibner,  83);  composé  de  tal-.  Voir  Mari- 
talus  (Gaule),   et  de  ri  =  rix. 

Tegernâcus  (Rhys,  46;  Hiibner,  58);  arm.  Tiarnoc  (Cartulaire 
de  Redon). 

Tigernomali  (Rhys,  96;  Hiibner,  9);  c'est  aussi  le  nom  de 
l'évêque  auquel  est  dédiée  la  vie  de  saint  Samson.  Vieil  arm. 
Tiernmael  et  Maeltiern  (Cartulaire  de  Redon). 

Tuncetace  (Rhys,  77;  Hiibner,  101);  M.  Rhys  rapproche  ce 
mot  avec  vraisemblance  du  gallois  tynghed,  destinée,  qui 
pourrait  donner  un  adjectif  iynghedog;  arm.  ionquadur 
(Dictionnaire  vannetais  dit  de  l'Armerye,  au  mot  destin). 

Tovisâci  (Rhys,  22;  Hiibner,  159);  gall.  moderne  tyivysog, 
prince,  dérivé  en -c7co- d'un  thème  tovessu-  {=  *to-tœd-tu), 
guide,  conducteur  (Thurneysen,  Revue  celtique,  Yll,  p.  311). 

Trenacati  (Rhys,  33;  Hiibner,  114);  ce  mot  paraît  en  gallois 
moyen  sous  la  forme  Tringad,  composé  de  trin,  bataille,  et 
d'un  dérivé  de  la  même  racine  que  catu-,  combat. 

Ulcagni  (Rhys,  91  ;  Hiibner,  14);  on  en  retrouve  la  racine,  sui- 
vant M.  Rhys,  dans  les  noms  de  lieux  gallois  Llech-ylched  et 
Amm-îclc/i  =  amb-ulc. 

Valci  (Rhys,  88;   Hiibner,  30);   cf.   le  nom  gallois  bien  connu 


Gwalch-mei  et  le  nom  armoricain  Uiialc-moel,  l'épervier 
chauve  (Cartulaire  de  Redon). 

Vedomavi  (Rhys,  47;  Hùbiier,  71);  pour  le  second  terme  cf. 
gall.  maw,  serviteur,  et  les  dérivés  armoricains  maoues,  ser- 
vante, aujourd'hui  femme  mariée  (cf.  gioas,  serviteur,  aujour- 
d'hui homme  marié  en  armoricain),  mevel,  serviteur. 

Vendesetli  (Rhys,  12;  Vennisetli,  Rhys,  67);  c'est  le  nom 
gallois  Gwennoedyl.  Le  second  terme  sètlo-  a  donné  en  gallois 
lioedl,  vie,  âge,  arm.  moyen  hoazl,  arm.  moderne  hoal  (cf. 
Hoedl-monoc,  Cartulaire  de  Redon). 

Vendubarri  (Rhys,  45;  Hùbner,  88);  voir  Barrivendi. 

Vendumagli  (Rhys,  45;  Hùbner,  64;  Vinnemagli,  Rhys,  21; 
Hùbner,  157)  ;  cf.  le  nom  gallois  Gioenfael,  etc.,  et  le  nom  de 
lieu  armoricain  Loc-Guenuael  (année  1440,  Cartulaire  de 
l'abbaye  de  la  Joie  ;  archives  départementales  du  Morbihan). 

Veracius  (Rhys,  9).  Ce  nom  est  peut-être  le  même  que 
Weroc,  nom  du  chef  breton  qui  donna  son  nom  au  Vannetais 
occidental  Bro-ive)'oc,  plutôt  que  Broioaroc,  plus  tard 
Broerec. 

Victor  (Rhys,  71),  nom  latin,  mais  dont  un  cas  oblique  a  pu 
donner  le  nom  armoricain  Witltur. 

Vitalis  (Rhys,  76);  c'est  le  nom  gallois  Guitaul  (Rhys,  d'après 
Nennius). 

Vitaliani  (Rhys,  76);  cf.  le  nom  gallois  GuitoUaiin  (Rhys, 
d'après  Nennius). 

NOMS   PROPRES   DANS  GILDAS 

(Édition  Pétrie  dans  les  Monumenta.  litutorioa  hritannica). 

Guneglase,  nom  d'un  roi  breton,  au  vocatif,  d'après  Gildas  : 
Roma7ia  lingua  lanio  fulve,  cf.  Cunclas  dans  le  Cartulaire 
de  Redon  et  Conglas. 

Gonane  Aureli,  vocatif  du  nom  bien  connu  Ciman,  Conan. 

Mag-locune,  au  vocatif;  Cartulaire  de  Redon,  Cun-mail.  Voir 
BrohomagU. 


Vortipori,  vocatif;  nom  du  roi  des  Demetas  (Dyfed).  Four  po'ri, 
voir  plus  haut  Porius. 

Uurtigerno.  La  forme  donnée  par  les  éditions  est  Giirthrigerno, 
mais  le  nom  se  trouve  sous  sa  forme  réelle  dans  le  plus  ancien 
monument  de  Bède  :  Vurtigerno,  de  uur  =  gaulois  ver,  voir 
•  Vercingetoriœ,  et  de  tigernos,  voir  Tigernomalus.  Cf.  le 
nom  du  saint  armoricain  Giuiihiern,  à  corriger  probablement 
en  Cunthiern,  gall.  Conthigirn  =  *Cuno-tigernos,  ou  en 
Gurtlàern. 

NOMS  PROPRES  ARMORICAINS  [xf  SIÈCLe) 

Bodicus  (Greg.  Tur.,  Hist.,  V,  16);  cf.  BoiuUcca,  plus  tard 
Budic.  Ce  nom  est  intéressant  en  ce  qu'il  montre  que  Vou 
n'avait  pas  encore  passé  partout  à  il,  si  du  moins  Bodicus  est 
dérivé  de  Boud-. 

Canao  (Greg.  Tur.,  i:r/s^,  IV,  4).  Ce  nom  est  à  l'ablatif  Canaone, 
ce  qui  indiquerait  un  thème  en  n-;  par  une  coïncidence  remar- 
quable le  gallois  cenaio,  petit  de  chien,  catuliis,  a  le  pluriel 
en  -on  :  cenaicon  ==  ^canavones.  Cf.  Riceneu  (Cartulaire  de 
Redon). 

Gatihernus,  nom  d'un  prêtre  breton  armoricain  ;  se  trouve  dans 
une  lettre  écrite  vers  la  fin  du  règne  de  Clovis  par  trois  évêques 
gallo-romains  aux  prêtres  bretons  Catihernus  et  Louocatus, 
publiée  par  l'abbé  Dachesne  dans  la  Revue  de  Bretagne  et 
de  Vendée,  janvier  1885.  Ce  mot  contient  probablement  la 
racine  cat-,  d'où  catu-,  combat,  et  iherno  pour  iserno-,  fer. 
Iherno-  prouve  que  1'^  intervocalique  avait  déjà  disparu  chez 
les  Bretons  (Voir  plus  bas,  à  propos  des  spirantes). 

Conomorem  (nom  à  l'accusatif)  (Greg.  Tur.,  Hist.,  IV,  4). 
Voir  plus  haut  Cunoraori. 

Judicael  [Chron.  Fredeg.,  78,  Judacdile,  au  nominatif).  Nom 
très  commun  en  Armorique,  devenu  aujourd'hui  Jezequel. 

Lovocatus.  Voir  Catihernus.  Lovo-  paraît  être  de  la  même 

4 


—  50  — 
racine  que  le  gall.  leu-,  l'arra.  lou  dans  go-leu,  gou-lou, 
lumière.  M.  Ernault  explique  louo  par  lion;  on  eût  eu  dans 
ce  cas  probablement  levo;  cf.  Leuheniel,  semblable  à  un  lion 
(Cartulaire  de  Redon).  Catos  est  un  dérivé  de  la  même  racine 
que  catu-,  combat, 
Macliavus  (Greg.    Tur.,    Hist.,    IV,  4);  probablement  pour 

Magliaviis  (Voir  Maglagyii  plus  haut). 
Riocatus  (Sid.  Apollin.,  Ép.,  III,  9;  IX,  9);  cf.  Ricati.  Pour 

rio-,  cf.  Rigo-dunum  (Bretagne). 
Riothamus,  chef  des  Bretons   auxiliaires    de  l'empereur  An- 

thémius  dans  le  Berry  (Jordanes,  Gelica,  XL,  5). 
Warocus  (Greg.  Tur.,  Hisi.,  V,  16).  Nom  du  fondateur  du 
plus  puissant  des  États  bretons,  le  Vannetais  occidental  : 
i5ro-^{;eroc,  ^ro-er^c  de  nos  jours  (voir  Verâciiis). 
"Winnocus  britto;  Winnocus  le  Breton  (Greg.  Tur.,  Hist.,  V, 
22;  VIII,  34).  Nom  d'un  prêtre  breton  qui  édifia  d'abord  les 
Turones  par  sa  sainteté  et  ses  mortifications,  et  mourut  des 
suites  de  son  intempérance. 


PÉRIODE  iNÉO-CELTlQUK 
I  —   Son   caractère  —    Son  histoire 

Enjoignant  à  l'étude  des  trop  rares  monuments  du  vieux  cel- 
tique l'analyse  des  sous  du  breton  à  l'époque  des  textes  et  leur 
histoire,  on  arrive  à  la  conclusion  que  le  breton  avait  conservé  de 
son  héritage  indo-européen,  à  l'entrée  de  la  période  néo-celtique 
(V^  siècle),  les  sons  fondamentaux  suivants  : 

Sonores.  —  Voyelles.  —  Los  bi'èves  a  c  o  i  u  (ou  français) 
n'avaient  pas  subi  d'altération  sensible.  Parmi  les  longues  cor- 
respondantes â  devient  dans  le  cours  du  V  siècle  o.  L'ô  flottait 


entre  ô  et  ïi  (l'u  français),  \û  long  probablement  entre  il  et  i; 
\è  long  était  devenu  7  dès  l'époque  gauloise.  L'T  long  était 
intact. 

Les  diphtongues  étaient  arrivées  à  des  sons  simples  :  ai  à  è; 
ei  à  ë,  ï;  oi  à  ô,  û;  au,  ou  (comprenant  ou  primitif  et  eu)  ko,  û. 
Tout  se  réduit  donc  pour  les  longues  et  les  diphtongues  aux  sons 
0,  û,  è,  7,  au  moins  approximativement,  car  il  devait  y  avoir 
bien  des  nuances  dans  la  prononciation  de  sons  d'origine  si 
diverse. 

Le  vocalisme  du  breton  le  rattache  aux  langues  du  sud  de 
l'Europe,  à  l'italique  et  à  l'hellénique.  Il  maintient,  en  effet,  la 
distinction  primitive  des  trois  voyelles  cï,  ë,  ô,  comme  le  latin  et  le 
grec,  comme  le  gaulois  vraisemblablement  et  à  l'exemple  du  gaé- 
lique (1),  tandis  que  le  germanique  et  le  slave  confondent  a,  ô. 
C'est  ainsi  que  le  breton  n'a  jamais  transformé  Vô  des  thèmes 
en  0  en  a;  le  gallois  gwynn,  blanc,  au  masculin,  suppose 
=  *vindo-s,  le  féminin  est  gicenn  =  *vindâ.  Si  Vô  avait  été 
changé  en  a,  la  forme  du  masculin  serait  en  gallois  gicenn  : 
Va  bref  final,  qu'il  fût  sorti  d'r?  long  celtique  ou  emprunté,  avait 
en  effet  la  force  de  colorer  en  e  Vi  bref  et  en  o  Vu  bref  de  la  syl- 
.  labe  précédente,  cf.  boch,  joue,  emprunté  au  latin  buccd,  forch 
=  furcd,  etc.  Le  breton  maintient  cette  scrupuleuse  distinction 
de  Va  jusque  dans  le  traitement  des  diphtongues  :  ai  a  évolué 
en  ë,  oe,  mais  oi  en  ô,  il;  coet,  bois,  gothique  haithi,  latin  bu- 
cëtum;  Un,  un,  irl,  oin,  oen^='oinos,  goth.  ains.  Malgré  les 
variations  produites  par  l'accent  dans  la  quantité  et  la  couleur 
des  voyelles  et  les  nombreuses  formations  nouvelles  amenées  par 
l'analogie,  l'étude  des  variations  vocaliques  dans  les  mots  de 
même  racine,  le  prouve  surabondamment.  Ces  variations  exis- 
taient à  l'époque  de  l'unité  indo-européenne.  Elles  étaient  en 
rapport  avec  le  déplacement  de  l'accent.  La  série  de  Vë  ou  série 
des  variations  qu'éprouvent  les  mots  contenant  t?  dans  leur  racine 

(1)  H.  Zimmer,  Kcltkchc  Stitdkn,  Beilin,  1884,  II,  pp.  130  et  suiv. 


-  52  — 

ou  leur  suffixe  est  particulièrement  instructive  à  cet  égard.  En 
grec,  par  exemple,  cet  e^peut  disparaître  ou  faire  place  à  un  ô;  de 
là  pour  la  même  racine  trois  degrés  ^Jossibles  :  degré  faible  ou 
sans  é,  degré  moyen  avec  e,  degré  fort  avec  ô,  exemple  :  TrT-epôv, 
7r£T-o  w«t,  Tzor-â-oa«i;  'é-ltn-o-v,  Isîtv-m,  lé-lotiz-e',  Comparez  en  latin 
tego,  toga.  On  désigne  la  série  par  la  voyelle  que  contient  le  mot 
au  degré  moyen  ou  normal.  Le  degré  faible  était  dû  primitive- 
ment au  fait  que  l'accent  abandonnait  la  racine  à  l'état  normal  ou 
moyen  pour  se  porter  sur  une  syllabe  suivante.  Il  est  à  peine 
besoin  de  dire  qu'en  breton  l'ancien  état  de  choses  a  été  profon- 
dément troublé,  mais  on  en  trouve  encore  des  traces  profondes  et 
qu'il  est  d'autant  plus  important  de  remarquer  qu'on  est  souvent 
tenté  d'attribuer  à  ces  variations  vocaliques  des  causes  plus  mo- 
dernes et  à  confondre  des  phénomènes  très  anciens  avec  les  effets 
de  l'accent  actuel  dont  nous  aurons  plus  bas  à  exposer  la  nature 
et  les  lois.  Dans  la  série  de  Vé,  nous  trouvons  l'échange  e,  ô,  sans 
qu'on  puisse  le  considérer  autrement  que  comme  un  débris  de 
l'héritage  indo-européen  :  ty,  maison,  irl.  tech,  vieux  breton 
iig  =  *stegos;  to,  toit  =  *logo-  {\'e  de  tegos  a  été  modifié  par  le 
aspirant;  pour  to=  togo-,  cf.  /fo,  fuite,  en  gallois,  emprunté  au 
latin  fuga).  Ly  dans  gwe-ly,  gwele,  lit  =  ^s'^o?;  indo-européen 
*leghos  (1),  mais  lo,  tombe  =  *log-  cf.  gaulois  logan  (2) 
(=  *log-n1).  La  racine  indo-européenne  gvlien  donne  au  degré 
moyen  eev  dans  edw  (3),  au  degré  faible  yv  dans  s-Tre-ipv-o-v,  au  degré 
fort  yov-  dans  ^ôvo?.  Cette  même  racine  donne  régulièrement  en 
breton  ben,  degré  moyen,  dans  le  vieux  breton  du-beneticion, 
coupés,  dans  l'arraor.  dispenn  pour  dis-benn,  déchiqueter, 
mettre  en  pièces,  dans  kemener,  tailleur,  gall.  cymmynior, 
coupeur,  fendeur  de  ho\s,  ^=*com-hen-wr;  bon  est  un  reste  du 
degré  fort  dans  bon-clusl,  coup  sur  l'oreille,  soufflet,  en  gallois. 
A  7r£T-o-p«t,  penna  =  *pei-na  —  *pei-sna,  répond  le  vieux  breton 

(1)  Thurneysen,  Keltoromanisches,  p.  66. 

(2)  Whitley  Stokos,  Ccltic  deolension,  p.  44. 

(3)  Devant  e,  gvh  donne  en  grec  6,  devant  les  voyelles  oljscures  o,  r  :  ta. 


—  53  — 
etn  avec  la  perte  régulière  Ju  j^  indo-européeti  *[p)etnos, 
gallois  actuel  edn,  arin.  moyen  ezn,  arm.  actuel  evn,  em,  in; 
à  Tzt-spov  (degré  faible)  répond  probablement  le  vieux  breton 
aia)\  gallois  actuel  adar  —  *ptero-  (la  voyelle  très  réduite, 
réduite  en  quelque  sorte  à  sa  plus  simple  expression,  a  une 
tendance  marquée  à  se  colorer  en  a  en  breton  ;  de  même  pour 
ïe  atone  devant  les  liquides  /,  /•).  Le  sufïixe  ter,  qui  à  la 
forme  faible  est  tr-,  se  présente  au  degré  moyen  dans  le 
pluriel  gallois  brodyr,  frères,  arm.  breuder,  hreudeur  = 
*bràtér-es,  et  probablement  au  degré  faible  dans  le  vieux 
breton  motr-ep,  tante,  gall.  modnjb,  arm.  moy.  mozreh,  au- 
jourd'hui moereb  =  *motr-iqvâ.  A  mons,  raontis,  à  côté  de 
pro-min-ere,  e-minere,  répond  le  vieux  breton  monid  ■= 
*7nonjo,  gall.  actuel  mynydd,,  arm.  mod.  menez.  Le  degré 
faible  (1)  est  difiicileraent  reconnaissable  en  breton,  en  dehors 
des  liquides  et  nasales  sonantes.  Il  se  montre  d'une  façon  re- 
marquable dans  le  participe  passé  du  verbe  substantif  de  la 
racine  bheu  :  bet,  été  =  ov-ô;,  indo-européen  blw-to-s;  mais 
bout,  être  =  r^^j-ai-ç,  indo-européen  bhu-ti-s  (cf.  ffer  =  cov/jôv), 
forme  également  faible  de  la  racine,  mais  qui  a  l'accent. 

Dans  la  série  de  Yâ  [a,  à,  6)  nous  relevons  de  dans  l'irlandais 
aeher,  mais  ôc  [âc)  dans  le  vieux  breton  ar-ocrion,  acérés;  cf. 
latin  deus  et  dce,'.  L'armoricain  rua,  gall.  rhyn,  promontoire, 
tertre,  doit  être  rapproclié  du  Vàixw  prôiins,  grec  -poL-j-nt. 

Dans  la  série  de  \'c  {a,  ë,  ô)  nous  trouvons  pour  la  même 
racine  le  gallois  Uaicn,  pl,ein;  arm.  leun,  haut  vannetais  lein  = 
pianos,  cf.  latin  plèniis,  mais  aussi  llanic,  haut  vannetais  lan, 
arm.  lano,  pleine  mer;  gall.  llanv,  action  de  remplir;  le  degré è 
est  représenté  par  l'irlandais  linaim,  je  remplis.  Il  semble  donc 
qu'on  ait  en  celtique  une  série  a,  ï  {ë)  à. 

Dans  la  série  a,  6,  on  peut  citer  dof,  arm.  don,  même  racine 

(1)  Tliurne.ysen  en  cite  un  exemple  certain  :  cosp,  punition,  irl.  cosc.  qui  sup- 
posent tous  les  deus  co(_mysqv-.  racine  seqv  sous  sa  forme  moyenne  {seqvor). 
Renie  cclt.,  VI,  p.  315.  Il  y  en  a  d'autres,  d'ailleurs,  non  moins  caractéristiques. 


-  54  - 
et  même  sens  que  le  latin  dom-ï-tus ,  à  côté  peut-être  de  daiof, 
arni.  moyen  deuff,  gendre;  le  ^q\\o\^ gnaicd ,  habitué  à  =  gnâ- 
io-s,  et  ad-nâ-hod,  arm.  moyen  az-nd-vout,  contenant  la  racine 
sous  la  forme  gnd  (on  a  donc  ici  la  série  à,  à). 

Pour  la  série  6,  ô,  on  remarque  Mi,  vache,  bœuf  =  vieux 
celtique  lôs,  indo-européen  gvôus,  et  beu  dans  le  gallois  beu-dy 
(vieux  breton  bou-iig],  étable,  maison  à  bœufs  =  bôvo-  ou  bovi-. 

Les  liquides  L  r,  les  nasales  m,  n  pouvaient  être  en  indo- 
européen consonnes  ou  voyelles,  ou  mieux  consonantes  ou  so- 
nantes  au  même  titre  qui,  u.  Comme  sonantes,  elles  pouvaient 
former  syllabe  et  porter  l'accent.  Ces  liquides  et  nasales  sonantes 
ont  évolué  différemment  dans  les  différentes  langues.  En  breton 
n  sonant  a  doinié  an  après  avoir  été  enl  avec  son  de  Ve  différent 
de  IV'  l)ref  ordinaire  :  exemple,  indo-européen  cnto-m,  cent, 
grec  s-zKTov,  lat.  cenium,  breton  cant,  irl.  cet  =  vieux  celtique 
*cento-n;  gali.  ugain,  vingt,  arm.  uge7it,  vannetais  vigent  = 
lat.  viginti  pour  vicenii,  béotien  Fh.uzi  =  indo-européen  vicnti. 
L,  r  sonants  se  sont  développés  en  7n,  U,  re,  le,  dans  les 
racines  où  ils  étaient  suivis  d'un  suffixe  commençant  par  une 
consonne  (1).  Le  vieux  gallois  rit,  gaulois  ritum  dans  Augiislo- 
ritum,  est  identique  à  l'allemand  fu7't,  et  suppose  un  type^?r/o-,- 
rinfînitif  gallois  c^mr?/r/,  arm.  keineret,  arm.  moyen  qucmret 
et  quonjjret,  covapret,  supposent  com-br-ti-;  ce  mot  contient 
la  racine  ber  sous  sa  forme  réduite;  la  forme  moyenne  apparaît 
dans  aber,  embouchure;  vieux  breton  aper  (=  ad-ber-)\  cf. 
brëlo-  dans  Vergo-bretos,  et  brâtu,  gall.  brawd,  jugement  (cf. 
di-frit,  di-co-frit,  irl.  sreth  =  vieux  celtique  snta  =  indo- 
européen s7Ha,  latin  setnes,  grec  <j£tpû].  Si  le  latin  Imia  pour 
l'iâna,  à  côté  àe  vello  =  *vel-720,  \:>résente  une  liquide  sonante, 
il  faudrait  en  reconnaître  une  aussi  résolue  en  la  dans  le  gallois 
giolan,  arm.  gloan,  glati  =  *vlana.  On  aurait  là  dans  laïc, 

(1)  H.  Ziinraer,  Kuhn  Zcltxrhrift,  XXIV,  p.  123:  XXVII,  p.  450.  Suivant 
M.  Zimmer,  la  nasale  sonante  a  peut-être  donné  en  gaulois  et  en  breton  ait. 
am;  cf.  ainbi  =  ail.  um  ;  candetnm,  cf.  bret.  cant. 


main  =  (/y)/r7;/?rt  (cf.  latin  palma)\  blaicd,  ÎAv'me,  ^vm.  bleucl 
=  *mlâiô-,  à  côté  de  l'irlandais  melini,  je  mouds  (1). 

A  en  juger  par  le  gallois  et  certains  effets  que  les  liquides 
produisent  sur  les  consonnes  voisines,  précédentes  ou  suivantes, 
il  devait  y  avoir  plus  d'une  sorte  dV,  l;  r,  l  sourds  existent 
actuellement  en  gallois  sous  la  forme  dans  l'écriture  d'r/?,  Il  (2). 

Consonnes.  —  Explosives  sourdes,  ou  ténues,  ou  fortes  : 
p,  comme  en  gaulois,  représente  la  gutturale  vélaire  q  :  gallois 
ebol,  arm.  ebeul  =  *epal2S,  dérivé  de  *epo  =  eqvo,  cheval 
(latin  eqvos  =  îVjroç).  Les  autres  p  appartiennent  à  des  mots 
empruntés,  le  p  indo-européen,  initial  ou  intervocalique,  ayant 
disparu  dès  l'époque  du  vieux  celtique.  Pt  est  devenu  et,  irl. 
eaeht,  prisonnier,  esclave,  gallois  caeth,  arm.  moyen  caez, 
arm.  moderne  keaz,  hés,  kéh  =.  *cactos  (latin  captiis):  t  et 
c  sont  conservés. 

Explosives  sonores,  ou  moyennes,  ou  douces  :  b,  d,  g 
représentent  à  la  fois  les  explosives  sonores  primitives  b,  d,  g,  gv 
et  les  aspirées  moyennes  indo-européennes  bh,  dh,  gh,  gvh; 
b  représente  à  la  fois  le  b  indo-européen,  gv  et  gvh  ;  g  entre  deux 
voyelles  est  sans  doute  déjà  spirant. 

Pour  les  combinaisons  des  consonnes  entre  elles,  ténues  avec 
ténues,  spirantes  avec  ténues,  moyennes  avec  moyennes  ou 
spirantes  avec  moyennes,  etc.,  les  effets  en  sont  surtout  visibles 
à  la  période  néo-celtique. 

Spirantes.  —  L'^  initial  paraît  ferme  jusqu'au  Yll^  siècle. 
h's  intervocalique  paraît  de  bonne  heure  avoir  été  transformé 
en  z  ou  en  spirante  sonore,  ce  qui  a  amené  sa  disparition  avant 
celle  de  1'^  initial  ;  il  a  dû  disparaître  dans  le  cours  du  V^  siècle 
ou  avant  :  Sabrina  donne  en  anglo-saxon  Severn;  on  a  au 
contraire  Treanta  (Bède,  Hist.  eccl.,  111,  24)  pour  Trisanto, 

(1)  Pour  hlaii-d,  cf.  Thurneysen,  Kcltoromnnlsches,  p.  4(;. 

(2)  Cf.  gallois  rrys  =  h-njs  =  ah-rhyx,  armoricain  Priou  =  h  R'iou  =  ah 
Rioiil  Presel  (Cartulaire  de  Redon)  :=  Brrsel ;  trin  =rr  drhi,  et  Frydain  r= 
Brytain,  etc. 


—  56  - 

génitif  T/5ior«vTwvoç  (Ptolémée,  II,  3);  cf.  CaiiJiernus  pour 
Catisernus,  voir  plus  haut.  /  et  u  consonnes  paraissent  s'être 
confondus  avec  /  et  v  spirants. 

On  peut  ramener  à  deux  principales  les  causes  qui  ont  trans- 
formé le  système  2:>ho7îé tique  du  breton  et  ont  amené  la  langue 
dans  le  courant  du  VIP  siècle  après  J.-C.  à  peu  près  à  l'état 
où  elle  est  aujourd'hui  : 

1°  La  transformation  qui  s'est  opérée  dans  la  nature  et  la  place 
de  l'accent  ; 

2°  La  chute  des  syllabes  finales. 

Les  deux  causes  d'ailleurs  sont  arrivées  à  se  confondre.  Quoique 
l'efFacement  des  finales  ait  pu  avoir  lieu  en  dehors  de  l'accent,  il 
n'en  est  pas  moins  certain  que  son  action  s'y  est  fait  sentir  et 
qu'il  l'a  précipitée  et  complétée,  de  sorte  que  l'accent  reste  l'agent 
principal  de  l'évolution  du  breton. 

Grâce  aux  découvertes  de  MM.  Zimmer  (1)  et  Thurneysen  (2), 
les  lois  de  l'accent  en  irlandais  sont  aujourd'hui  bien  connues. 
L'accent  frappe  dans  ce  groupe  celtique  toujours  la  première 
syllabe  dans  le  nom  simple  ou  composé,  ainsi  que  dans  le  verbe 
simple;  il  est  au  contraire  sur  le  second  élément  dans  le  verbe 
composé,  excepté  à  l'impératif.  Cette  accentuation  a-t-elle  été 
commune  à  tout  le  groupe  celtique?  Thurneysen  se  prononce 
pour  l'affirmative  et  cite  quelques  exemples  qui  ne  sont  point  sans 
valeur  en  ce  qui  concerne  le  breton  ;  on  peut  les  corroborer  par 
d'autres.  Il  est  vraisemblable  qu'en  breton  comme  en  irlandais 
la  première  syllabe  dans  le  nom  et  le  verbe  simple  portait  l'accent 
principal,  l'aigu  (3).  La  façon  dont  certains  mots  latins  ont  été 
traités  semble,  à  cet  égard,  particulièrement  instructive.  Il  est 
impossible  de  s'expliquer  autrement  le  sort  à'episcopus.  Si  on 
n'admet  pas  que  la  première  syllabe  ait  porté  l'accent  en  breton 

(1)  H.  Zimmer,  A'elti.oche  Stndien,  II;  Berlin  1884. 

(2)  Thuruuysen,  Revne  celtique,  VI,  129  et  suiv.  ;  ibid..  HOO  et  suiv. 

(3)  L'économie  du  verbe,  quelque  troublée  qu'elle  soit,  permet  de  supposer 
que  dans  le  verbe  composé,  comme  en  irlandais,  l'accent  fi-appait  le  second 
élément. 


—  57  — 
et  cin'episcopus  ail  été  traité  comme  les  polys^yllabes  celtiques, 
on  ne  comprend  pas  que  la  syllabe  accentuée  en  latin,  c'est-à-dire 
l'antépénultième  [evesque  =  episcopus)  ait  disparu;  pour  ex- 
pliquer escop,  il  faut  supposer  l'accentuation  èpiscopiis,  c'est-à- 
dire  supposer  que  la  voix  s'est  élevée  sur  la  première  syllabe,  de 
façon  à  faire  de  la  syllabe  suivante  une  syllabe  atone,  pour  re- 
tomber sur  co-  ;  en  d'autres  termes,  l'aigu,  l'élévation  de  la  voix 
portait  sur  e,  et  le  principal  accent  secondaire  sur  co.  Le 
traitement  des  anciennes  pénultièmes  brèves  dans  les  trisyllabes, 
particulièrement  dans  les  trisyllabes  d'origine  latine,  s'explique 
facilement  dans  ce  système.  L'aigu  étant  sur  la  première  et  les 
finales  étant  en  général  les  syllabes  les  plus  atones  et  les  plus 
maltraitées  du  mot,  la  voix  retombait  sur  la  pénultième  brève  ou 
longue;  les  mots  latins  nous  paraissent  avoir  bénéficié  de  cette 
habitude  :  trinitas,  gall.  trinecl;  civitas,  gall.  ciwed  {civi- 
tatem  chodocl,  arm.  moyen  queaudet)',  veneris  gioener  dans 
dydd-gwener ,  digicener,  vendredi;  diaconus,  diagon;  opéra, 
ober;  calamus,  calaf;  asmiis,  esyn,  asen;  Redones,  Rennes, 
Roazon;  FeW^z,  Vannes,  Gicened;  Namneies,  l:^a.ntes,  Naoned 
pour  navned;  *voxero  =uche7^ ;  vespero-  =^  gousper, gosper  ; 
numerus  =  niver  (1),  etc.  On  pourrait  évidemment  formuler  ce 
phénomène  autrement  et  dire  que  la  posttonique  brève  non  finale 
est  conservée,  mais  ce  ne  serait  pas  une  explication.  Par  le  fait 
que  l'aigu  était  sur  la  première  et  que  la  voyelle  qui  la  suivait 
immédiatement  était  atone,  il  était  arrivé  en  breton  que  l'accent 
secondaire  principal  était  sur  la  pénultième.  Dans  les  trisyllabes, 
nous  venons  de  le  voir,  c'était  en  quelque  sorte  forcé.  De  même 
dans  les  mots  de  quatre  syllabes,  comme  episcojms  =  escop, 
p)rébitèro  pour  presbytero,  gall.  pryfder.  Dans  les  mots  de  plus 
de  quatre  syllabes,  après  s'être  élevée  sur  la  première  syllabe, 
la  voix  reposait  sur  la  longue  qui  suivait  l'atone  :  curacastïna 
=   corsenn   (en  passant   par    curacassina);    hiimilitatem  = 

(1)  Les  formes  comme  perigl,  cnrnigl  viennent  de  jjericlo-,  rornifla. 


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ufelldawd  (1).  L'accent  secondaire  étant  devenu  intensif  et 
ayant  concentré  dans  la  syllabe  qui  le  portait  l'élévation  et  le  poids 
de  la  voix,  la  pénultième  à  un  certain  moment  a  été  particuliè- 
rement privilégiée.  La  chute  des  syllabes  finales  a  eu  ensuite  pour 
résultat  un  déplacement  de  l'accent.  L'ancienne  pénultième  est 
devenue  la  finale,  aussi  peu  à  peu  l'accent  l'a-t-il  abandonnée. 
L'évolution  du  suffixe  àco-  est,  à  cet  égard,  particulièrement 
probante  (2).  Devenu  oc  en  vieux  breton,  il  se  diphtongue  en 
awc ,  en  gallois,  sous  l'influence  de  l'accent,  et  conserve  cette 
forme  jusqu'à  l'époque  moderne.  En  armoricain,  on  le  trouve 
dès  le  XP  siècle  écrit  uc,  puis  eue  [oc]\  dès  le  XIIP,  on  a  ec 
[e  muet  IVançais)  ;  au  XVP  siècle,  c'est  cette  orthographe  qui 
prévaut;  il  en  résulte  que  l'accent  abandonnant  le  suffixe,  l'o  sorti 
d'r7  s'est  peu  à  peu  obscurci,  puis  a  perdu  de  sa  quantité  jusqu'à 
devenir  une  voyelle  sourde  et  brève;  de  même  pour  le  suffixe 
tôt  =  int-,  etc.  Pour  l'armoricain,  cette  évolution  nouvelle  de 
l'accent  qui  a  consisté  à  abandonner  toutes  les  finales  modernes 
pour  les  pénultièmes  modernes  a  eu  lieu  du  XP  au  XVP  siècle. 
Le  dialecte  de  Vannes  y  a  en  partie  échappé. 

L'accentuation  ancienne  lutte  encore  contre  la  nouvelle 
à  l'époque  des  emprunts  latins.  Quelques-uns  suivent  l'ancienne, 
d'autres  portent  la  marque  de  la  nouvelle  ;  il  est  vrai  que  parmi 
ceux-ci  un  certain  nombre  sont  de  date  plus  récente  et  d'autres 
ont  été  refaits  sur  le  type  latin.  Paradisus  ou  mieux  paradèsus 
suit  une  évolution  à  peu  près  régulière  dans  le  vannetais 
paraouèss,  qui  a  passé  par  parazoes  ;  paradoes,  parados  est 
une  refonte  sur  paradèsus .  Le  seul  moyen  de  suivre  la  marché 
de  l'accent  nouveau,  intensif  et  uniforme,  c'est  d'étudier  les 
dégradations  des  voyelles. 

On  peut  ramener  les  phénomènes  qui  les  atteignent  à  sept  prin- 

(1)  Si  on  n'admet  pas  que  l'accent  principal  ait  été  sur  l'initiale,  on  est  forcé 
dans  tous  les  cas  d'admettre  pour  l'initiale  une  prononciation  particulière  et  un 
semi-accent. 

(2)  D'Arbois  de  Jubainville,  Études  rjraniinaticale.i,  pp.  15  et  suiv. 


—  59  — 

cipaiix  :  1°  conservation  de  la  voyelle  accentuée  ;  2°  disparition 
des  finales;  3''  disparition  de  la  prétonique  brève  et  abréviation 
de  la  longue,  si  elles  ne  sont  pas  initiales;  4°  conservation 
de  la  posttonique  brève  ou  longue,  non  en  syllabe  finale; 
5"  décoloration  de  toutes  les  voyelles  atones  non  disparues,  en 
exceptant  certaines  voyelles  en  position  ;  6°  allongement  de 
certaines  voyelles  brèves  accentuées;  7"  diphtongaison  des 
longues  accentuées. 

Depuis  le  V®  siècle  jusqu'à  nos  jours,  la  voyelle  accentuée 
n'a  pas  toujours  été  la  même.  Il  y  a  eu  une  époque  où  c'était 
généralement  la  pénultième  primitive.  En  Armorique  du  XP  siècle 
au  XVP  c'est  la  pénultième  moderne  qui  attire  l'accent.  En 
gallois,  la  marche  a  été  à  peu  près  la  même  :  le  nom  Cynan, 
arm.  Conan,  montre  les  trois  étapes  de  l'accent;  en  breton, 
à  l'époque  du  vieux  celtique,  il  a  l'aigu  sur  la  première  et  le 
principal  accent  secondaire  sur  la  pénultième,  Cûnàgnos;  il 
conserve  cette  accentuation  assez  longtemps  pour  que  la  chute 
du  g  ne  produise  aucun  effet  sur  la  valeur  de  l'a,  la  terminaison 
reste  brève;  l'accent  secondaire  l'emportant,  c'est  a  qui  est  ac- 
centué ;  cet  accent  étant  intensif,  Cunan  tombe  à  Cynan,  Vu 
s'affaiblit.  A  l'époque  moderne,  l'accent  est  sur  la  pénultième  : 
en  monosyllable  la  voyelle  assourdie  redevient  claire.  La  voyelle 
accentuée  aux  YIIP-X^  siècles  {Cinan,  T^nntaut),  finale  ou 
pénultième,  reste;  dans  les  mots  de  deux  syllabes,  ancienne- 
ment des  trisyllabes,  la  prétonique  étant  initiale  n'est  pas 
tombée,  mais  a  subi  cependant,  notamment  en  gallois,  comme 
on  le  voit  par  Cynan  et  bien  d'autres  mots,  un  certain  assour- 
dissement, de  sorte  que  c'est  encore  la  pénultième  ancienne, 
aujourd'hui  la  finale,  qui  a  le  mieux  résisté;  la  pénultième 
actuelle  représente  soit  l'ancienne  antépénultième  comme  dans 
Conan,  soit  une  autre  syllabe  :  trinded  =  trinitatern, 
ufélldod  =  humilitatem.  A  l'époque  moderne  la  finale  ne 
disparaît  pas,  quoiqu'elle  soit  atone,  mais  elle  est  atténuée  : 
triniot  est  aujourd'hui  en  armoricain  trindet. 


—  60  — 

Les  finales  consonnes  ou  voyelles  ont  toutes  disparu.  Le 
suffixe  io-  ia-  accentué,  disparaît  en  laissant  comme  trace 
une  spirante  dentale  douce  {th  doux  anglais)  exprimée  par  d  en 
vieux  breton  :  novjo  =  vieux  breton  novid,  gall.  moderne 
newydd,  arm.  moderne  nevez.  Non  accentué  dans  des  conditions 
qui  ne  sont  pas  encore  bien  déterminées,  il  semble  laisser  i. 
LV  final  reste,  mais  ia  voyelle  qui  le  précède  disparaît  (1)  : 
hreur,  frère,  arm.  moyen  hreuzr  =■  *br(ltir.  Le  gallois  hrawd 
a  perdu  l'r  parce  qu'il  ne  pouvait  supporter  deux  groupes 
consonantiques  formés  par  r  dans  la  même  syllabe  {brotr)  ; 
le  fait  analogue  se  produit  en  armoricain  dans  treusl,  poutre, 
gall.  irawst  =*trosb'',  du  latin  trâsirum  pour  iranstrum. 

La  prétonique  brève  disparaît,  si  elle  n'est  pas  initiale;  on  peut 
donner  comme  exemple  tous  les  composés  :  hencass,  plur.  hen- 
cassou,  antiquités,  documents  anciens  =  *  s  end- cas  ht-;  arm. 
trindet  =  trmïfatem,  etc.  La  longue  s'affaiblit  :  gall.  sdrhaet, 
outrage,  irl.  sârugud  ^=  *sâragéiu;  gall.  ffurf(7fe7i  =  firmà- 
7nentum;  vieux  breton  mdcoer  =  mâcéria;  vieux  breton 
mësùr  =z  mesura  pour  mensura;  si  Ve  n'eût  pas  été  abrégé 
on  aurait  eu  moesur  comme  on  a  eu  onocoer,  etc.  (2). 

La  posttonique  brève  est  conservée.  Nous  en  avons  cité  plus 
haut  beaucoup  d'exemples  ;  il  serait  facile  d'en  accroître  le  nombre. 
En  syllabe  finale  elle  disparaît  :  hreuzr  =  brâtir  [breuder  = 
br^atères)  ;  levr  =  liber  {lizer  =  litterœ),  etc. 

Les  atones  conservées  subissent  ou  une  certaine  décoloration, 
ou  un  affaiblissement  dans  leur  quantité.  Les  composés  Cunobc- 
linos  etMaglocimos  contiennent  le  même  terme  cwio.  Accentué, 
Vu  reste  intact  :  Maelgion;  non  accentué,  mais  conservé  par  sa 
situation,  il  descend  à  y  [e  muet  français)  :  Cy^ifelin.  Trindet, 
avec  accent  sur  la  première,  montre  le  suffixe  lot,  décoloré  et 

(1)  Cette  voyelle  semble  parfois  conservée;  en  réalité,  c'est  une  voyelle 
irrationnelle  :  carclmr  =  carcer. 

(2)  Lorsque  la  disparition  de  la  brève  amène  un  groupe  de  consonnes  anti- 
pathiques à  la  langue,  une  voyelle  qui  n'a  rien  d'étymologique  apparaît  -.postiléna 
adonné  en  vieux  breton  jiosto  la  in  pour  postloin. 


—  61   — 
affaibli.   Ce  phénomène  a  pris  une  grande  extension  en  breton 
moderne  où  un  e  peut  représenter  o,  û,  è,  î  et  même  f/ atones. 

L'allongement  des  syllabes  brèves  se  réduit  pour  le  gallois  et 
aussi  pour  l'armoricain,  au  moins  à  l'époque  du  vieux  breton,  à 
l'allongement  des  voyelles  brèves  dans  les  monosyllabes  non 
proclitiques  terminés  par  g,  ci,  b,  z  (gall.  dd,  spirante  dentale 
douce,  se  prononçant  comme  le  th  doux  anglais),  v  (gall.,  /"dans 
l'écriture),  n,  l,  quand  ils  n'étaient  pas  doubles  ou  accompagnés 
d'une  autre  consonne;  pa,r  les  spirantes  ch,  th  =  ^  en  armori- 
cain moyen,  z,  s  en  armoricain  moderne,  h,  ch  en  vannetais 
(en  syllabe  finale),  f  (gall.,  ff  dans  l'écriture),  5  (1)  :  tad,  père, 
avait  une  syllabe  brève;  sinon,  son  a  fût  devenu  o;  or,  on 
prononce  partout  tâd;  de  même  pour  bèd,  monde,  gall.  hyd 
=  *bïtu.  Si  une  syllabe  vient  se  joindre  au  monosyllabe,  la 
voyelle  du  monosyllabe  en  gallois  reprend  sa  quantité  :  bëdd, 
tombe,  mais  bcddau,  des  tombes;  tâd,  père,  mais  tddau.  La 
principale  différence  pour  l'accent  entre  l'armoricain  et  le  gallois 
à  l'époque  moderne,  c'est  que  l'accent  armoricain  allonge,  en 
général,  la  syllabe  qu'il  frappe;  d'où  une  seconde  série  de 
troubles  vocaliques  qui  n'amènent  pas  la  chute  de  la  voyelle,  mais 
la  décolorent  ou  la  renforcent. 

Parmi  les  syllabes  longues,  ê  représentant  soit  è  long  latin, 
^'S\iai,  ez  celtiques,  devient-  oe,  %oy,  icé,  loa  :  oed,  âge,  arm. 
oad  (vannet.  ivèd),  a  la  même  racine  que  le  latin  œias;  coei, 
arm.  koad  (vannet.  kwèd)  =  gothique  haitlii,  latin  cètum  dans 
bu-cètum ;  pœna  donne  gall.  poen,  arm.  poan  (vannet.  pivén]  ; 
cëra  donne  gall.  ctcyr,  arm.  koar  (pron.  kwar),  vannet. 
kicér,  etc.  L'7  long,  en  hiatus,  c'est-à-dire  suivi  d'une  autre 
voyelle  dans  une  autre  syllabe,  par  suite  de  la  chute  d'une 
consonne,  devient  en  gallois  ai,  en  armor.  oi,  puis  ou  :  haiarn, 
arm.  ancien  hoiam,  arm.  moà.evne  houarn=i*ïsarno-  (cf.  daiar 
douar,  claiar  douar,  gayaf  gouaff,  goanv).  En  dehors  de 

(1)  Rhys,  Lectures,  chap.  ii. 


—  &2  — 
ce  cas,  ï,  et  ii  long  sorti  à'ou,  eu,  ai,  ô  ne  subissent  pas  d'alté- 
ration sensible  dans  l'écriture;  à  long  ancien  n'est  diphtongue 
qu'en  gallois  :  sous  l'accent,  il  devient  aw.  En  armoricain, 
accentué,  après  avoir  été  o,  il  est  devenu  eiL  (ô).  Lorsqu'il  perd 
l'accent,  il  ton:ibe  à  e. 

Les  effets  de  l'accent  sur  le  système  vocalique  du  breton  ne 
sont  point  en  réalité  aussi  destructeurs  qu'on  serait  tenté  tout 
d'abord  de  le  croire,  si  on  réfléchit  qu'en  dehors  de  la  chute  d'une 
catégorie  de  voyelles  atones  et  de  l'abréviation  des  longues  non 
accentuées,  ils  se  réduisent  à  l'allongement  des  brèves  dans  une 
classe  de  monosyllabes  et  à  la  diphtongaison  de  certaines 
longues.  De  plus  l'abréviation  des  longues  atones  est  restreinte 
forcément  à  un  petit  nombre  de  cas;  elle  ne  peut  se  produire  que 
rarement  dans  les  monosyllabes  et  ne  peut  pas  non  plus  être  bien 
fréquente  dans  les  polysyllabes.  L'accent,  en  effet,  va  souvent 
à  la  longue,  de  sorte  que  l'abréviation  ne  peut  guère  se  produire 
que  s'il  y  a  une  longue  à  côté  d'une  autre  longue. 

La  chute  des  syllabes  finales  a  été  aussi  atténuée  par  le  fait 
que  certaines  voyelles  disparues  se  révèlent  encore  à  nous  par 
l'action  qu'elles  exercent  sur  les  voyelles  des  syllabes  précédentes. 
Ainsi  un  J  long  final,  quelle  que  soit  son  origine,  colore  en  e, 
un  a,  un  o  précédent  :  sanctus  donne  sant,  smicti  donne  sent, 
epiacopus  donne  escob,  episcopi  eskeh  (gall.  seint,  escyh). 
Un  a  final  colorera  en  e  un  l  bref,  en  o  un  ïi  bref:  gallois 
gicynn,  blanche  =  *vindos,  gwenn,  blanche  =  *vmda.  Ce 
dernier  phénomène  de  l'action  de  Va  final  n'est  plus  visible  géné- 
ralement en  armoricain,  parce  qu'il  a  transformé  de  bonne  heure 
î  bref  en  e,  et  le  plus  souvent  n  bref  en  ô. 

A  quelle  époque  l'accent  est-il  devenu  intensif  et  a-t-il 
commencé  à  produire  les  effets  que  nous  venons  de  décrire? 
Probablement  dès  le  Y^  siècle,  sinon  avant. 

Au  V  siècle  en  effet  Va  long  était  devenu  o;  or,  le  latin 
nâtâlicia  a  donné  nadolig  et  non  yiodolic,  ce  qui  montre  que  Va 
non  accentué  en  gallois  a  été  traité  comme  a  bref;  on  peut  faire 


—  «3  - 

des  remarques  analogues  pour  macoer,  mesur,  pregeih,  etc.  Un 
autre  indice,  c'est  que  l'affaiblissement  des  voyelles  brèves  ter- 
minant le  premier  terme  des  composés,  premier  pas  vers  leur 
disparition,  se  montre  dès  le  VP  siècle  :  Vendumagli,  Vinne- 
7nagli  ■pour  Vindomagli;  Catotigirni,  Catamanus,^o\iY  Catu- 
iigerni,  Catumamis,  dans  les  Inscriptions  chrétiennes  de 
Grande-Bretagne . 

A  la  même  époque  où  se  produit  la  réforme  du  système  vocalique, 
on  constate  aussi  l'évolution  du  système  des  consonnes. 

Réellement  initiales,  c'est-à-dire  si  elles  ne  sont  pas  précédées 
d'un  mot  avec  lequel  fasse  corps  le  mot  qu'elles  commencent,  les 
consonnes,  jusqu'à  nos  jours,  sont  intactes,  à  l'exception  des 
spirantes.  S  suivi  d'une  voyelle  donne  h  :  hen,  vieux,  irl.  sen 
(VP  siècle  Seno-magli)\  sp  donne  /f  =  ffer,  cheville  du  pied  = 
Tyuûôv;  sr  donne /r  .•  froud.,  courant,  ruisseau  (cf.  /oVtô-ç  à  côté 
dep-F-w=  o-pFw);  svdiOnne=^chw,  gall.  chwerw,  arm.  chouero, 
amère,  irl.  serh  (pron.  serv)  =  *svervos;  scio  donne  chiv  : 
gall.  chwedl,  conte,  histoire,  irl.  scêl  =  vieux  celtique  scwetlo. 
V  initial,  au  IX^  siècle,  devient  gic  :  Veneti  donne  Gicenet, 
vinurn  gicin,  etc.  La  fermeté  des  consonnes  initiales  s'explique 
tout  naturellement  par  le  fait  qu'elles  ne  sont  pas  soumises  aux 
mêmes  influences  d'assimilation  que  dans  le  corps  du  mot,  et  que 
l'expiration  est  particulièrement  énergique  dans  la  prononciation 
de  l'initiale.  Nous  avons  vu  d'ailleurs  qu'en  exceptant  le  verbe 
composé  la  syllabe  initiale  a  porté  l'aigu;  l,  r  initiale,  par  suite 
de  l'énergie  de  la  prononciation,  sont  devenues  en  gallois  des 
sourdes;  les  moyennes,  dans  certaines  parties  du  pays  de  Galles, 
aujourd'hui  encore,  font  souvent  l'effet  de  ténues  :  ce  sont  pro- 
bablement en  réalité  des  moyennes  sourdes. 

Doubles  ou  deux  à  deux,  les  ténues  deviennent  des  spirantes 
sourdes  :  ce,  tt,  -pp  deviennent  ch,  th  (spirante  dentale  dure, 
th  dur  anglais),  /'  .•  sacciis  =  sac  h;  catta  =  cath,  chat;  cippus 
=  gall.  cg/f,  arm.  keff;  et  donne  ith,  et  h  :  lacté  donne  gall. 
llaeih,  arm.  moyen  laez,  arm.  moderne  leaz,  lés,  lèh.  Précédées 


—  64  — 

d'une  liquide,  elles  ont  le  même  sort  :  mardi,  cheval  =*>;?« rco-; 
portus  donne  porth,  corpus  corf.  De  même  quand  elles  sont 
jointes  à  la  spirante  s  :  oc  [es  ou  sa)  donne  oh  :  uchel,  élevé  = 
*ouxello-;  ffer  =  (jfvpôv,  baich,  arm.  bec  h,  fardeau  =  *faseis 
=  *bliascis  (1).  L'écriture  note  le  phénomène  de  l'aspiration  des 
ténues  dès  le  VP-VIP  siècle  {Brohomagli  =  Broceo-7nagli, 
Lunarehi  pour  Lunarci,  mais  dans  la  même  inscription  à  côté 
de  Lunarehi,  cocci-).  Ct  a  évolué  en  iih  à  peu  près  à  la  même 
époque,  à  en  juger  par  le  nom  du  roi  picte  Nailon  (2)  (pour 
Naithon),  en  irlandais  Nechlan  (Bède,  Ilist.  eccL,  V,  21,  à 
l'année  710).  On  peut  en  conclure  que  la  spiration  des  ténues 
était  en  pleine  vigueur  au  VP-VIP  siècle,  en  vertu  du  principe 
que  les  mêmes  causes  produisent  les  mêmes  effets,  bien  entendu 
dans  le  même  groupe  linguistique  et  dans  les  mêmes  conditions. 
Si  dans  la  prononciation  c'était  un  fait  accompli,  la  spiration  des 
ténues  dans  l'écriture  se  traduisit  d'une  façon  fort  irrégulière. 
Dans  le  Cartulaire  de  Redon,  la  spirante  dentale  dure  est  écrite 
é,  cl,  th,  s  :  Aithlon,  Haillon,  Hethlonus,  enfin  Heslonus 
(an  1021).  Pour  eh  on  a  e  ou  h  :  menehi  Crocon  dans  une 
charte  de  842  et  dans  la  même  charte  villa  Crohon;  dans  une 
charte  de  867,  menehi  Grocon  et  villa  Groco. 

Le  Diclionnaire  topogymphique  du  Morbihan  de  Roseiizweig 
présente  de  nombreux  exemples  de  cette  irrésolution  de  l'écriture  : 
Treihilkel,  passage  sur  la  Vilaine  (XP  siècle),  est  écrit  en  1128 
Trehiguer,  au  XIP  siècle  Trehegel  ou  Treihilkel,  en  1281 
Treiselguer ;  cf.  Treslerian  pour  Traelhlerian,  port  sur  la 
Vilaine  (1128);  Trehlouen,  Trelowen  (IX^  siècle)  et  Tresloen 
(1063);  Uuorathoui  (846),  Uuorasou  (832-850),  Uuorasoe 
(859-865),  Uuarasouit  (860).  Dans  des  communes  d'où  le  breton 
a  disparu  dès  le  XP-XIP  siècle,  le  mot gicaz,  vannet.  givêh,  ruis- 
seau, est  écrit  gués  :  Gueslan  en  Carentoir,  Guévily  [gues-vily], 
ruisseau  en  Noyal-Muzillac,  etc.  Dans  les  gloses  (IX^-XP  siècle), 

(1)  Thurneysen,  Kcltoromanlsches,  p.  40. 

(2)  Cartulaire  de  Redon.  Naidan  locus. 


-  G5  — 
on  constate  la  même  hésitation  dans  l'écriture.  On  remarquera 
que  la  spiration  des  ténues  coïncide  avec  la  chute  des  syllabes 
finales  et  des  voyelles  atones  dans  les  conditions  que  nous  avons 
exposées  plus  haut;  si  l'on  réfléchit  que  la  première  condition  pour 
que  les  ténues  deviennent  spirantes,  c'est  qu'elles  soient  deux 
à  deux  dans  la  même  syllabe,  et  que  la  chute  d'une  voyelle  a  eu 
souvent  pour  effet  d'unir  dans  la  mémo  syllabe  deux  ténues  appar- 
tenant à  deux  syllabes  différentes,  on  sera  porté  à  supposer  que 
les  deux  phénomènes  sont  en  rapport  plus  intimes  qu'on  ne  le 
pensait;  hrocco  par  exemple,  par  l'affaiblissement  de  Vo,  a  dû 
être  resserré  en  brocc  pour  devenir  broc  h. 

Entre  deux  voyelles,  les  explosives  sourdes  ou  les  ténues  j9,  t,  k, 
ont  été  changées  en  explosives  sonores  h,  d,  g;  les  explosives 
sonores  ou  les  moyennes  h,  d,  la  labiale  m  ont  été  changées  en 
spirantes  v,  z  {th  doux  anglais,  gall.  actuel  dd),  v;  g  a  disparu 
après  avoir  été  spirant;  en  d'autres  termes,  les  moyennes,  de 
momentanées  sonores,  sont  devenues  comme  les  voyelles  qui  les 
flanquaient  des  continues  sonores.  Comme  l'a  dit  très  bien 
M.  Schuchardt  {Romania,  III,  p.  3),  «  l'influence  la  plus  natu- 
relle paraît  être  celle  qu'une  voyelle  exerce  sur  la  consonne  qui 
la  suit.  Une  voyelle  a  deux  qualités  essentielles,  la  sonorité  et  la 
durée;  elle  peut  donc  exercer  de  deux  façons  son  influence  assi- 
milatrice  :  elle  peut  changer  une  consonne  sourde  en  sonore,  ou 
une  consonne  explosive  en  continue  (1).  »  L'affaiblissement  des 
ténues  en  moyennes,  et  la  transformation  des  moyennes  en 
spirantes  étant  due  à  l'action  assimilatrice  des  voyelles,  la 
conclusion  qui  semble  s'imposer,  c'est  que  ces  phénomènes  ont 
eu  lieu  avant  la  disparition  de  l'une  quelconque  des  voyelles  qui 
flanquaient  la  consonne,  c'est-à-dire  à  l'époque  même  où  se 
produisait  l'évolution  des  ténues  en  spirantes  sourdes  ;  il  est 
certain  par  exemple  que  si  le  t  de  Cunotamos  n'avait  pas  été 
changé  en  d  avant  la  disparition  complète  de  Y 6,  on  aurait  eu  en 
gallois  non  pas  Cyndaf,  mais  Cijnhaf,  ut  donnant  nh.  Toute  la 

(1)  Cf.  Khys,  Lectures,  c.  i. 


—  06  — 
question  se  réduit  à  savoir  si  la  voyelle  très  réduite,  aussi  affaiblie 
que  possible,  pouvait  avoir  l'effet  assimilateur  de  la  voyelle 
à  l'état  normal.  Il  est  en  effet  certain,  comme  l'a  montré  M.  Rhys, 
que  dans  beaucoup  de  cas,  après  la  disparition  de  la  voyelle  dans 
l'écriture,  il  restait  dans  la  prononciation  une  sorte  de  souffle 
vocalique  capable  d'empêcher  le  choc  de  deux  consonnes.  Si  nous 
passons  de  la  théorie  aux  faits,  nous  trouvons  des  exemples 
d'affaiblissement  de  ténues  entre  deux  voyelles  dès  le  IX«  siècle  : 
Tudian  pour  Tutian  (814),  Caduotal  (82G)  pour  Catuuotal, 
Venedie  (834)  très  fréquent,  Uuodanau  (834),  Guoeduual 
(834),  Guicoetuual  (831),  Guodanau,  Guoscadoc  (837),  Ehetic 
pour  Epetic  (854),  Tuduual  pour  Tutuual  (857),  etc.;  il  n'y 
a  presque  pas  de  liste  un  peu  longue  où  on  n'en  trouve  quelque 
exemple.  Il  semble  d'autant  plus  difficile  de  songer  à  une  dis- 
traction du  copiste  qui  écrivait  au  XP  siècle,  que  les  mêmes  faits 
se  présentent  dans  les  gloses  (IX-X^  siècle)  ;  blinder  pour  blinter, 
dadl  pour  datl,  cornigl  pour  cornicl,  giànodroitou  pour  gui- 
notroitou,  modreped  pour  moirepet,  guhennid'^Qwv gupennid . 
Si  donc,  dans  l'écriture,  en  général  les  ténues  entre  deux  voyelles 
sont  fermes  jusqu'au  XP  siècle,  il  n'en  est  pas  de  même  dans 
la  prononciation  (1). 

Les  moyennes  ne  sont  peut-être  pas  toutes  devenues  spirantes 
à  la  même  époque.  G  semble  avoir  été  spirant  de  très  bonne 
heure.  Au  VP-VIP  siècle  déjà,  on  le  trouve  écrit  i,  dans  l'in- 
térieur du  mot  :  Mailoc  Britoniensis  ecclesiœ  episcopus 
(2^  concile  de  Braga  en  572)  (2).  Que  cet  i  ait  eu  souvent  la 
valeur  d'une  spirante,  c'est  ce  que  prouve  l'évolution  du  g  en 
syllabe  finale  actuelle  après  r,  l;  il  laisse  un  son  spirant  qui  se 
traduit  en  gallois  par  y,  a,  en  arm.  par  c'a  :  gallois  eùy,  eira, 
neige  (une  syllabe)  =  arm.  erc'h  [=*argja'^.);  gall.  gioyry  := 

(1)  Dans  l'introductiou  à  mon  vocabulaire  vieux-breton,  ouvrage  dont  je  ne 
me  dissimule  pas  les  défauts  et  que  je  songe  à  refondre,  préoccupé  de  faire 
servir  la  linguistique  bi'etonne  à  la  critique  des  textes,  je  n'ai  étudié  que 
l'écriture  et  n'ai  recherché  que  les  lois  de  la  langue  écrite,  ce  qui  m"a  valu  des 
critiques  en  grande  partie  fondées. 

(2)  Cf.  Tolistohoil  et  Tolistobogi,  Andecomlogius  (Gr.  cclt.,  II,  p.  48). 


-  67  - 
arm.  gwerch  de  virgo;  liela,  cha.^ser  =■  hem-olc' h  ;  daly,  tenir 
=  arra,  dalcli;  gwala,  abondance  =  gicalc'h;  caly,  pénis  = 
cale  h;  hera,  tas  =  arm.  hem  (racine  herg-)\  arra.  felcli  = 
latin  lien  —  *  splehen  —  * spleghen,  irl.  selg.  Quelquefois  le 
même  phénomène  se  produit  sans  qu'il  y  ait  r,  l,  devant  le  g  : 
gall.  Ile,  lieu  =  arm.  lec'h  (cf.  ^o,-),  gall.  doe,  hier  =  arm. 
déc'h  (=*  d/ioghei?).  Le  g  était  donc  devenu  spirante  /  (1)  ;  dans 
l'intérieur  du  mot,  il  a  laissé  finalement  assez  souvent  un  i;  à  la 
fin  du  mot,  il  s'est  durci,  en  armoricain,  en  c'h.  Ce  durcissement 
des  spirantes  en  syllabe  finale  a  été  observé  par  Ebel,  en  comique, 
pour  la  spirante  sonore  th  (2)  [th  doux  anglais).  Il  se  montre  en 
vannetais  dans  le  traitement  de  la  dentale  spirante  sourde  : 
finale,  elle  se  transforme  en  spirante  gutturale  sourde;  interne, 
elle  descend  probablement  d'abord  à  z  (spirante  dentale  douce) 
et  disparaît.  Par  un  phénomène  analogue,  on  a  dans  ce  dialecte 
gwerc''h  virgo,  mais  au  lieu  de  c'h,  hj  dans  guirhiess. 

Pour  le  b,  le  Cartulaire  de  Redon  marque  beaucoup  d'incerti- 
tude, mais  les  exemples  du  changement  de  b  en  v  entre  deux 
voyelles  sont  décisifs  ;  dès  834  Ratvili  écrit  Rahiili,  aujourd'hui 
Ravili  (3);  Matbidoea.  habituellement  la  forme  Maiuedoe  (pron. 
matvedoe)\  Uuorbili,  mais  Uiioriiili  àesl97;  Cobrantraoïioc, 
mais  le  plus  souvent  Cou7^antmonoc  (cf.  Couranigen);  Uurvidoe 
et  TJurbidoe  ;  Uuorgouan  (pron.  govan).  Dans  les  annales 
d'Hincmar,  à  l'année  874,  on  trouve  Rivilin  =  *Riobelmos.  La 
disparition  du  b  par  sa  fusion  préalable  avec  u  précédent  dans 
duglas  pour  duvglas,  diibglas,  duliu  pour  duvliu,  dans  luird, 
jardins  =  *lubo-gortl,  le  fait  que  le  b  est  manifestement  employé 

(1)  Le  j  spirant  sorti  d'i  consonne  n'évolue  pas  de  même  façon;  il  laisse  aussi 
comme  trace  une  spirante,  mais  une  spirante  dentale  :  monidd  z=  mon-jo-.  Dans 
Fferyllt  =  Ferglljos,  Vergilius  (Rhys,  Lectures),  le  ^  a  été  sans  doute  d'abord 
dd;  on  a  aussi  Fleryll.  Il  faut  peut-être  voir  l'influence  d'un  _;  spirant  dans 
le  comparatif  gallois  hajcs  à  côté  de  luiwdd,  aisé  ;  dans  Tarmoricain  creiz,  milieu; 
en  face  du  gallois  eraïdd. 

(2)  BheÇBeitrdffe,  V,  p.  145. 

(3)  On  peut  poser  en  principe  que  v  est  représenté  par  m  et  &  dans  le  Cartu- 
laire et  jv  par  nu.  Les  exceptions  sont  des  fautes  de  scribe  ou  des  erreurs  de 
lecture. 


—  68  — 
pour  V  dans  lagioso  })iap  di  lob,  le  fils  de  Jupiter  [Rw),  ont  aussi 
une  signification    toute   particulière  et  ne  peuvent   s'expliquer 
que  par  une  spiration  déjà  ancienne  du  h  entre  deux  voyelles. 

D  entre  deux  voyelles  ne  subit  guère  de  changement  dans 
récriture  avant  la  fin  du  XP  siècle;  on  comprend  du  reste  que 
les  Bretons  aient  dû  être  fort  embarrassés  pour  la  transcription 
de  sons  que  l'orthographe  latine  ne  leur  donnait  aucun  moyen  de 
traduire.  C'est  ainsi  que  Nennius  transcrit  souvent  par  d  les 
spirantes  dentales  anglo-saxonnes  (1).  Ainsi  s'explique  l'écriture 
d  pour  y  spirant;  on  ne  peut  guère  songer  à  soutenir  que  le  d 
sorti  de  jo  dans  novjo  n'ait  pas  d'abord  été  une  véritable  spirante 
dentale.  Il  y  a  d'ailleurs  un  exemple  à  peu  près  certain  dans  le 
Cartulaire  de  Redon,  dès  831,  d'une  dentale  spirante  douce  rem- 
plaçant un  d  primitif  :  luscar  [campo  luscar)  dans  une  charte 
de  831  est  fort  probablement  pour  ludcar  ijdl)  (2),  il  est  à  re- 
marquer que  la  charte  de  831  est  un  acte  de  vente  d'un  champ 
de  la  villa  Botcatman  conclu  entre  Gallo-Romains. 

Les  moyennes  deux  à  deux  sont  intactes  :  credi,  croire,  sup- 
pose un  vieux  breton  cretim,  qui  est  pour  cred-dim  (latin  crec?o 
=  *cret-dho);  aher,  embouchure  =  *abber  =  *ad-her-,  etc. 
La  moyenne  précédée  d'une  spirante,  au  contraire,  semble  devenir 
spirante  :  *nizdos,  latin  nîdus,  a  donné  en  gallois  nyth,  arm. 
moderne  neiz,  vannet.  néh,  ce  qui  suppose  à  une  certaine  époque 
en  vieux  breton  nitt  ou  mieux  nizz,  en  donnant  à  z  la  valeur 
d'une  spirante  dentale  douce;  les  deux  spirantes  sonores  au- 
raient donné  finalement  une  spirante  sourde. 

Les  exceptions  qui  semblent  se  produire  au  changement  des 
ténues  en  moyennes  ou  des  moyennes  en  spirantes,  entre  deux 
voyelles,  sont  dues  généralement  à  l'influence  de  l'accent  qui 
peut  assourdir  la  consonne  qui  le  précède  immédiatement  ou  con- 
trarier son   évolution;  il  développe  dans  l'écriture,   en  gallois 

(1)  Le  livre  noir  do  Caerm.arLlien  transcrit  la  spirantu  dentale  scjiirde  pai'  th. 
le  d  non  spirant  par  d  et  le  d  spirant  par  t. 

(2)  On  ne  peut  guère  supposer  lud-scar ;  Iitd.srar  aurait-i!  (Faillcurs  donné 
luscar  dès  cette  époque  ?  C'est  fort  douteux. 


-  G9  — 
souvent  et  en  armoricain  parfois,  une  h  entre  cette  consonne  et 
la  voyelJe  qu'il  frappe.  M.  Rhys  a  expliqué  ainsi  le  gallois  yedol 
tiré  du  latin  pedâlis ;  ou  eût  dû  avoir  pecldol,  l'accent,  selon  lui, 
aurait  élevé  le  d  à  t  ;  il  vaut  peut-être  mieux  supposer  que  l'ac- 
cent a  empêché  l'action  assimilatrice  des  voyelles  en  introduisant 
entre  d  et  la  voyelle  suivante  une  sorte  de  pause.  On  constate  des 
faits  analogues  devant  plusieurs  groupes  de  suffixes  :  en  gallois, 
devant  les  infinitifs  en  au,  en  armoricain,  devant  les  infinitifs  en 
aat,  at,  dans  les  deux  groupes  devant  le  suffixe  du  comparatif. 
La  spirante  sonore  v  devient  ainsi  f;  cof,  souvenir  [v  françaisj, 
mais  coffdu,  rappeler  =  covhau.  Cette  même  action  de  l'accent 
est  très  visible  sur  la  dentale  d  ;  si  l'accent  précède,  on  a,  en  ar- 
moricain comme  en  gallois,  assimilation  du  d  à  Vn  précédent, 
diskenn,  discynn  =  descendu;  iynnu  tenna  =  tendo;  ffonn 
—  funda,  etc.  Si  l'accent  suit,  on  a  en  armoricain  et  en  gallois 
un  assourdissement  qui  se  traduit  en  armoricain  par  t,  en  gallois 
par-  la  disparition  de  la  consonne  à  la  suite  de  plusieurs  dégrada- 
tions successives  :  candéla  donne  en  arm.  cantol  pour  cantoel, 
en  gall.  cannicyll  (en  passant  par  canthwyl,  canwyl,  et  avec  le 
report  de  l'accent  sur  la  pénultième  :  cannicyll;  cf.  d'après 
M.  Rhys,  iymJior  avec  accent  sur  la  dernière,  mais  tymmor 
avec  accent  sur  la  première).  Devant  l'accent  le  h  est  assourdi 
également  en  p  en  armoricain  :  co^^zp^'r,  confluent,  ^^onv  comber , 
suppose  l'accent  sur  bér  (gall.  cymmer,  qui  a  passé  par  cymher), 
compot  =  combot.  Si  le  b  n'est  pas  immédiatement  devant  l'ac- 
cent, il  y  a  assimilation  dans  les  deux  groupes  :  Kemeret,  arm. 
moyen  quenvret,  com-prei,  gall.  cymryd  =  comhrïti,  cf.  gall. 
cymmynicr,  arm.  Kemener  (1). 

En  résumé  on  peut  conclure  que  l'évolution  du  système 
consonantique  a  eu  lieu  à  la  même  époque  que  celle  du  système 
vocalique,  que  les  trois  grands  phénomènes  du  changement  des 
ténues   en  spirantes   sourdes,  des   ténues  en  moyennes  et  des 

(1)  Serait-ce  à  un  fait  ana!o;jne  qu'on  doit  serch,  amour,  de  *stc7-ffa.  et  mcrch, 
fille,  de  iiicrga,  taudis  qu'arc/cnto-  donne  -ariant? 


—  70  - 
moyennes  en  spiranles  douces  étaient  accomplis  au  VHP  siècle, 
qu'ils  avaient  dû  se  produire  dans  la  période  qui  va  du  V"^  à  la 
fin  du  VIP  siècle  ;  l'orthographe  des  chartes  du  IX''  siècle  est 
forcément  encore  indécise  particulièrement  dans  la  traduction 
des  spirantes. 

A  l'évolution  des  consonnes  dans  le  corps  du  mot,  simple  ou 
composé,  est  intiment  lié  le  phénomène  de  la  mutation  des  con- 
sonnes initiales. 

Dans  l'intérieur  de  chaque  phrase  ou  proposition,  il  y  a  des 
mots  qui  sont  unis  entre  eux  par  un  lien  particulièrement  étroit; 
le  substantif  et  son  épithète,  le  substantif  et  le  substantif  régime; 
le  groupe  le  plus  intime  est  formé  par  la  proclitique  (article, 
pronom,  préposition)  avec  le  mot  sur  lequel  elle  s'appuie;  elle 
perd  son  accent  propre  et  ne  fait  qu'un  avec  lui.  Dans  ce  cas, 
et  à  chaque  fois  que  deux  mots  sont  assez  intimement  unis  pour 
former  un  véritable  composé,  un  tout  phonétique,  la  consonne 
initiale  du  second  terme  devient  en  réalité  niédiale  et  par  con- 
séquent doit  être  soumise  aux  affections  que  nous  venons  de 
reconnaître  :  affaiblissement  des  ténues^,  t,  k  en  b,  d,  g,  aspi- 
ration des  moyennes  b  en  v,  d  en  z  [th  doux  anglais  jusqu'au 
XVIIP  siècle,  en  Armorique),  m  en  v,  dans  la  plus  grande  partie 
de  l'Armorique  s  en  ;:;  (g  disparaît)  entre  deux  voyelles  ; 
changement  des  ténues  en  spirantes  sourdes,  lorsqu'elles  sont 
deux  à  deux  dans  la  même  syllabe,  conservation  des  moj^ennes 
lorsqu'elles  sont  doubles.  En  général  la  proclitique  dont  la 
terminaison  n'est  pas  modifiée  par  des  questions  de  genre  et  qui 
provoque  l'affaiblissement  des  ténues  provoque  aussi  l'aspiration 
des  moyennes;  celle  qui  cnuse  l'aspiration  des  ténues  cause  au 
contraire  la  conservation  des  moyennes  ;  c'est  que  dans  le 
premier  cas  la  proclitique  était  terminée  par  une  voyelle,  dans 
le  second  cas  par  une  consonne,  auquel  cas  la  consonne  finale 
s'assimile  à  la  suivante  et  amène  son  redoublement  :  or,  la 
ténue  redoublée  s'aspire,  la  moyenne  redoublée  se  conserve.  La 
véritable  explication  de  ces  divers  phénomènes  a  été  donnée  par 


—  71   - 

M.  Schuchardt  {Romania,  II,  pp.  1  et  siiiv.)  (I).  Ils  se  retrouvent 
avec  la  plus  frappante  analogie  dans  le  dialecte  sarde  de  Logudoro. 
Schuchardt  les  résume  ainsi  :  l'initiale  est  en  position  faible 
(affaiblie)  après  les  voyelles;  l'initiale  est  en  position  forte 
(conservée  ou  redoublée)  :  1»  après  une  pause  oratoire  (dansée  cas 
pas  de  composition),  2°  après  des  consonnes  qui  se  prononcent 
réellement  ou  après  des  consonnes  qui  ne  se  prononcent  plus, 
mais  d'habitude  s'écrivent,  exemple  :  bénit  praestu  [venit 
prœsto),  prononcez  beniprestu;  heni  yrestu  {veni  py^esio], 
prononcez  heni  hrestu;  bénit  ipjse,  prononcez  henid  ijjse. 

MODIFICATION    DES  TENUES   INITIALES 


Position  forte 

(Consonne  originaire  conservée 

ou  renforcée). 


Position  faible 
(Consonne  originaire  affaiblie). 


Sas  cosas.  Una  g  osa. 

Sos  poveros.  Su  boveru. 

Sos  tempos.  Su  dempu. 

Sos  fizos.  Su  vizii  [fdius). 

Sos  boes.  Su  oe  [bove). 

Sos  giaos  (pour  ghiaos) .  Su  jau  [clavus] . 

(1)  Cf.  Ebel,  JBeitrage,\,  Coriiica;  J.  Ehys,  Lectures;  d"Arbois  de  Jabainville.  — 
M.  d'Arbois  de  Jubainville  a  exposé  dans  un  livre  des  plus  utiles  à  consulter 
pour  le  breton  moderne  (^Études  ijrainmaticales  sur  les  lanr/ues  celtiques)  un 
système  différent  sur  l'aspiration  des  consonnes  initiales.  Selon  lui,  une  loi  des 
langues  celtiques,  c"est  que  l'on  peut  remplacer  une  longue  par  une  brève,  quand 
on  double  la  consonne  qui  suit,  Britto  =  Br'ito.  comme  cuppa  ^  cûjja.  La  procli- 
tique primitivement  longue  est  devenue  brève  en  redoublant  la  consonne  initiale 
suivante  et  a  ainsi  provoqué  Taspiration.  Ce  système  soulève  plusieurs  objections. 
Tout  d'abord,  il  eût  fallu  prouver  que  cette  loi  existe  en  celtique  ;  le  fait  se  produit 
en  latin,  assurément,  mais  seulement  lorsque  l'accent  frappe  une  voyelle  longue  ; 
or.  tout  justement,  dans  le  cas  des  consonnes  initiales,  ce  sont  généralement  des 
mots  non  accentués  qui  précèdent.  De  plus,  dans  ce  système,  il  n'y  aurait  que 
des  longues  primitives  à  pouvoir  produire  l'aspiration  de  l'initiale,  ce  qui  est 
contredit  par  des  faits,  comme  athi,  et  toi,  en  gallois  pour  ucti.  Les  longues 
produisant  l'aspiration,  devraient  aussi  être  abrégées  dès  l'époque  du  redou- 
blement ;  or,  le  pronom  féminin  en  gallois  s'écrit  encore  diphtongue  :  ci  thad, 
son  père.  Une  autre  grosse  difficulté,  c'est  qu'on  est  obligé,  si  l'on  suit  M.  d'Arbois 
de  .Jubainville,  d'admettre  plusieurs  faits  d'analogie  dont  on  ne  voit  pas  la 
raison.  Sur  le  principe  de  la  mutation  des  initiales,  le  système  de  M.  d'Arbois 
est  naturellement  celui  de  tous  les  celtisants.  Sur  la  date  des  mutations,  M.  d'Ar- 
bois admet  l'écriture  comme  critérium. 


MODIFICATION    DES    MOYENNES 
(Consonne  renforcée). 


Sas  giannas  (pour  r////). 
Sos  ddepidos. 
Sos  mmu7'os. 
Sos  nnostros. 
Duos  rrcgnos. 


(Consonne  oripcinaire). 

Sa  janna  {janua). 
Sa  depida  [dehitum] 
Su  tniiru. 
Su  nnostru. 
Unu  regnu. 


La  seule  différence  qu'il  y  ait  entre  le  breton  et  le  dialecte 
sarde,  au  point  de  vue  des  initiales,  c'est  que  la  ténue  renforcée 
ou  redoublée  en  breton,  devient  spirante  sourde  et  que  la 
moyenne  entre  deux  voyelles  devient  spirante  sonore.  Prenons 
comme  exemple  le  pronon  possessif  féminin  he,  le  masculin  lie, 
tous  les  deux  proclitiques  et  faisant  corps  avec  le  substantif 
auquel  ils  se  rapportent.  Ces  deux  proclitiques  sont  d'anciens 
génitifs;  le  féminin  a  été  autrefois  terminé  par  un  ,s,  le  masculin 
par  une  voyelle. 


(En  parlant  d'une  femme). 

Hé  chein  (=  he  kkeiu). 
Hé  fenn  (=  he  ppenn) . 
Hé  zéod[ei  ihafod  en  galloi:- 
=  he  tteod). 


(En  parlant  d'un  homme). 

Hégnn{U)vme  rad.  kei)i) 
He  benn  {jienn). 
He  déod  [iédd). 


MOYENNES 


He  gar  (=  he  ggar). 
He  bréach  (=  he  bhréacli] . 
He  dourn  (=  he  ddourn). 
He  mipien  (=  he  7nm.ipien). 
He  gwélé  {=  he  ggvélé). 


He  haroii  char  (form .  rad .  ga)  •) 
Hevréac'h  (breach). 
He  zoiom  (dourn). 
He  vipien  [mipien). 
Hé  wé lé  {gwélé). 


-  7;},— 

On  le  voit,  hé  féminin  ancien  génilif  en  s  (1)  amène  le  redou- 
blement et  par  conséquent  l'aspiration  des  ténues,  le  redoublement 
et  par  conséquent  la  conservation  des  moyennes;  he  masculin 
ancien  génitif  terminé  par  une  voyelle,  mettant  par  conséquent 
l'initiale  du  mot  suivant  entre  deux  voyelles,  cause  également 
l'affaiblissement  des  ténues  et  celui  des  moyennes,  ou  plutôt 
la  transformation  des  moj^ennes  en  spirantes  sonores.  En  somme, 
tout  revient  à  Y  assimilation  :  assimilation  de  la  consonne 
finale  à  l'initiale,  et  comme  conséquence  redoublement  de  cette 
dernière;  assimilation  de  l'initiale  précédée  et  suivie  d'une 
voyelle  au  milieu  vocalique  dans  lequel  elle  se  trouve  placée. 
Il  peut  arriver,  comme  l'a  remarqué  Ebel,  que  par  la  chute 
d'une  voyelle  finale,  une  sourde  forme  actuellement  la  finale; 
cette  sourde  peut  agir  sur  la  moj^enne  initiale  suivante  et  la 
changer  en  ténue;  c'est  ce  qui  est  arrivé,  par  exemple,  en 
armoricain  pour  le  pronom  possessif  de  la  deuxième  personne 
du  pluriel,  Ito,  en  moyen  breton  hoz  ou  Jios ;  cette  consonne 
finale  provoque  actuellement  le  changement  de  b,  d,  g  en  p,  /,  k  : 
ho  py^eur,  votre  frère,  pour  ho  hreur.  On  peut  ranger  dans 
la  même  catégorie  de  phénomènes  l'accommodation  d'une 
consonne  finale  actuelle  à  la  consonne  initiale  suivante  :  lavaret 
cVin,  dites-moi,  se  prononce  lavarctin.  De  même,  suivant  Ebel, 
ce  n'est  pas  Ys  primitif  du  substantif  masculin  qui  conserve 
l'initiale  suivante,  mais  sa  terminaison  la  plupart  du  temps 
consonantique  après  la  chute  de  la  désinence.  Comme  le  fait 
remarquer  l'illustre  celtisant,  les  différentes  affections  de  la 
consonne  initiale  sont  causées  par  différents  facteurs  qui  ont 
exercé  leur  action  à  différentes  périodes  de  l'histoire  de  la  langue. 
Il  est  venu  un  moment  où  la  terminaison  actuelle  a  exercé 
son  action  comme  l'ancienne,  mais  naturellement  suivant  des 
lois   phonétiques    différentes;   quelquefois    les   deux    influences 


(1)  Whitlej  Stokes,  Celtlc  dcclcnnion.  p.  105  ;  le  fait  est  prouvé  pour  l'irlandais 
comme  pour  le  breton. 


se  croisent  (1).  Mais  en  dehors  de  ces  cas  faciles  à  reconnaître 
de  l'influence  de  la  terminaison  moderne  et  dont  la  provection 
des  moyennes  en  ténues  est  l'exemple  le  plus  caractéristique, 
les  mots  qui  provoquent  l'affaiblissement  des  ténues  et  des 
moyennes  étaient  primitivement  terminés  par  des  voyelles; 
ceux  qui  amènent  l'aspiration  des  ténues,  la  conservation  des 
moyennes,  étaient  terminés  par  une  consonne.  Une  condition 
essentielle  pour  que  les  ténues  soient  aspirées,  étant  non 
seulement  qu'elles  soient  deux  à  deux,  mais  encore  dans 
la  même  syllabe,  il  ne  faut  pas  s'étonner  de  rencontrer  pour 
la  même  particule  dans  les  différents  groupes  bretons  certaines 
divergences  ;  en  gallois  par  exemple,  ac,  et,  en  s'unissant  avec 
une  ténue,  l'aspire  :  a  ihi,  et  toi;  en  armoricain  on  a  a  ti  :  c'est 
qu'en  armoricain  l'union  d'ac  et  de  ti  n'a  pas  été  assez  intime 
pour  que  les  deux  mots  n'en  fassent  qu'un. 

Une  remarque  plus  importante  encore  à  faire,  c'est  que  si  le 
principe  est  le  même  pour  le  traitement  des  initiales  que  pour  le 
traitement  des  médiales,  et  les  lois  semblables,  le  résultat  n'est 
cependant  pas  entièrement  identique.  Dans  le  corps  du  mot,  par 
exemple  et  dans  acti  fût  devenu,  dans  tous  les  dialectes  bretons, 
ith,  eth  :  on  eût  eu  aithi,  aethi.  Cela  provient  de  ce  que  de  la 
flnale  à  l'initiale  le  lien  est  moins  étroit,  le  contact  plus  lâche, 
l'action  moins  immédiate  que  dans  l'intérieur  du  mot.  Cet 
exemple  nous  révèle  aussi  la  cause  réelle  de  l'aspiration  de  la 
ténue  initiale  :  athi  suppose  en  effet  comme  degré  antérieur, 
non  pas  acti,  ayji  qui  eût  donné  aethi,  mais  atti  (cf.  cath.  chat 
z=i*catta,  mais  laetli,  lait  =  lacté).  La  consonne  finale  tombait 
donc  en  renforçant,  redoublant  la  ténue  initiale. 


(1)  L'aspiration  du  h  initial  après  l'article  masculin  est  un  phénomène 
du  même  genre  que  ceux  que  nous  exposons  plus  bas  :  Talhouct,  Penlionet, 
pour  Tal-coet,  Pcn-coet.  Il  est  fort  probable  que  c'est  l'aspiration  de  l'initiale 
qui  a  produit  la  transformation  de  n  final  de  l'article  an  en  r.  La  prononciation 
de  cette  «  était  fort  diiiicile  devant  une  aspirée  ;  au  féminin  le  g  disparaissait 
aussi,  et  il  se  produit  encore,  dans  ce  cas,  une  véritable  spirante  sonore  ;  c'est 
peut-être  même  par  le  féminin  qu'a  commencé  le  changement  d'/i'en  r. 


A  quelle  époque  a  couitnoucé  l'évolution  des  consonnes  ini- 
tiales? Logiquement  elle  a  dû  avoir  lieu  en  mèn:ie  temps  que 
celle  des  consonnes  médiales,  à  moins  qu'on  ne  prétende  que  les 
proclitiques  sont  de  date  récente  en  breton,  théorie  qui  trouverait 
sans  doute  peu  de  partisans.  De  plus,  suivant  la  remarque  de 
Schuchardt,  en  ce  qui  concerne  les  ténues  renforcées,  ce  renfor- 
cement a  dû  être  contemporain  de  la  chute  de  la  consonne  finale; 
il  a  pu  même  lui  être  antérieur;  par  exemple,  dans  tri  fenn. 
trois  têtes,  qui  a  passé  par  bn  ppenji  =  Iris  penn-,  le  redouble- 
ment de  pp  a  dti  se  produire  ou  avant  la  chute  de  Vs  final,  ou  en 
même  temps,  mais  on  ne  concevrait  pas  qu'il  ait  pu  avoir  lieu 
après.  Or,  la  chute  de  1'*  final  a  dû  avoir  lieu,  au  plus  tard,  au 
VIP  siècle.  La  mutation  des  initiales  en  armoricain  ne  s'écrit 
régulièrement  que  depuis  le  milieu  du  XVIP  siècle;  tandis  que 
celle  des  médiales  se  transcrit  régulièrement  dès  le  XP.  Cette 
anomalie  n'a  rien  qui  doive  nous  surprendre.  L'initiale  n'est 
atteinte  que  momentanément;  la  plupart  du  temps  elle  recouvre 
sa  liberté,  et  par  conséquent  sa  valeur  propre,  son  état  primitif. 
Il  n'y  a  d'exception  que  pour  les  mots  qui  sont  habituellement  en 
composition  ;  pour  ceux-là  seuls  la  langue  pouvait  avoir  quelque 
hésitation.  Aussi  remarque-i-on  qu'en  moyen  breton  ces  mots 
sont  souvent  écrits  avec  ta  mutation  devenue  Vétat  habituel 
de  V initiale;  par  exemple,  le  verbe  é7re  de  la  racine  hlieu,  presque 
toujours  précédé  des  particules  ez  ou  a,  est  écrit  par  v  et  non 
par  b;  l'écriture  lioarais  pour  coarais  du  Catholicon  en  offre  un 
exemple  curieux.  Aujourd'hui  encore  vous  pourriez  demander 
vainement  à  bien  des  Bretons  quel  est  le  son  initial  de  ce  mot; 
la  raison  en  est  qu'il  ne  se  présente  guère  qu'accompagné  de 
l'article.  Par  une  coïncidence  singulière,  en  gallois  aussi  il  a 
perdu  son  état  primitif;  on  le  trouve  dans  les  dictionnaires  à  la 
lettre  g  :  y  garaicys;  il  était  féminin  et  changeait  par  con- 
séquent sa  ténue  initiale  en  moyenne.  Le  gallois  écrit  les  muta- 
tions dès  le  XP-XIP  siècle;  on  trouve,  à  ce  point  de  vue,  dans 
le  livre  noir  de  Gaermarthen,  la  langue  à  peu  près  dans  le  même 


-  76  — 
état  qu'aujourd'hui.   M.  Schuchardt  remarque  qu'à  Sassari  les 
initiales  sont  soumises  aux  mêmes  mutatio7is  qu'à  Logudoro, 
mais  qu'elles  ne  s'écrivent  point. 

En  dehors  de  l'analogie  et  de  la  logique,  nous  pouvons  relever 
dans  l'écriture  des  exemples  très  significatifs  de  mutation  initiale 
à  toutes  les  époques,  depuis  le  IX^  siècle.  On  n'a  qu'à  ouvrir  le 
Dictionnaire  topogro.phique  du  département  du  Morbihan, 
par  Rosenzweig,  pour  voir  que  les  noms  de  lieux  formant  des  com- 
posés syntactiques  dont  le  premier  terme  est  un  masculin  laissent 
intacte  l'initiale  de  l'adjectif  qui  le  qualifie  :  ty  bihan  [ty  est  un 
ancien  neutre  devenu  masculin).  Est-il  féminin,  l'affaiblissement 
se  produit  :  Guerveur  pour  Guermeur.  Dès  797,  nous  relevons 
un  exemple  indiscutable  de  cet  état  de  choses  :  ran  TJilian  en 
Carentoir,  ou  la  parcelle  de  Bilian;  ran  était  un  nom  commun 
employé  couramment  dans  le  sQns.àevilla;  le  même  ran  Vilian 
est  traduit  dans  trois  chartes  (826,  868-871)  par  villa  Bilian  : 
ran  était  féminin.  Les  noms  de  la  partie  du  Morbihan  qui  a  perdu 
le  breton  dès  le  XP-XIP  siècle  nous  conservent  des  traits  précieux 
de  la  phonétique  de  cette  époque,  particulièrement  ceux  pour 
lesquels  il  n'y  avait  pas  de  tradition  officielle  :  Trévillant  (lisez 
Tré-vihan)  en  Lizio,  Trevenalet  (lisez  Tre-venalec)  en  Guégon; 
Trégouet  en  Béganne,  Sérent;  Tregadoret  en  Loyat;  Trevras 
en  Billio;  Brenvyan  en  Muzillac  (charte  de  1278)  (1);  Kerue- 
nazleuc  (charte  de  Lestiala,  près  Pont-Labbé,  1389)  (2);  an  goez 
vihan,  1450,  anmaesmeur,  1439  (Lestiala).  Dans  le  plus  vieux 
texte  gallois  (IX"  siècle),  les  annotations  à  l'évangéliaire  de  saint 
Ceadda,  conservé  à  Lichfield  et  publié  en  appendice  au  Cartulaire 
de  Landaff,  on  trouve  di  bant  pour  dipant;  isem  hichet  [hi  cet); 
dans  les  gloses  d'Oxford  (IX^-X"  siècle)  o'r  garn,  medio,  pour 
o'r  carn.  Comme  nous  l'avons  fait  remarquer  plus  haut,  ce  n'est 

(1)  Chartes  de  l'abbaye  de  Priùrcs.  Archives  Rosenzweig  (copie  faite  en  1648 
et  1768,  par  dom  Guillaume  Gautier). 

(2)  Ces  chartes  sont  la  propriété  de  51,  A.  de  la  Borderic,  qui  nous  les  a  très 
obligeamment  communiquées. 


-  77  - 
pas  en  général  ïs  final  des  noms  masculins  qui  conserve  la 
consonne  initiale  du  nom  suivant;  c'est  la  terminaison  conso- 
nantique  actuelle;  mais  dans  de  vieux  composés  syntactiques, 
l'action  de  1'^  final  se  traduit  par  l'aspiration  de  la  consonne 
suivante;  au  lieu  de  Pou-caer  [pagus  castri)  on  a  dès  871 
Poucher  pour  Pou-caer^  (Cartulaire  de  Redon,  p.  199);  plus 
tard  Poher;  citons  encore  en  1282  Penhuel  pour  Penkoel; 
Talenhouet  1255  (1),  Quenhouet  1272,  1273  Kenquoijt  (2), 
Alain  de  Quenhouet  1272(3),  Talhouel  1274  (4),  etc. 

De  ces  faits  et  des  raisons  exposées  plus  haut,  il  faut  conclure 
que  le  phénomène  de  la  mutation  des  consonnes  initiales  est 
contemporain  de  l'évolution  des  consonnes  dans  l'intérieur  du 
mot;  or  cette  évolution  doit  avoir  eu  lieu  en  même  temps  que  la 
transformation  du  système  vocalique.  A  la  fin  du  VIP  siècle, 
ou  au  début  du  VHP,  la  langue  était  donc,  dans  ses  traits 
essentiels,  arrivée  à  l'état  que  l'on  caractérise  par  le  terme  de 
néo-celtique. 

II  —  Divisions 

On  distingue  dans  l'histoire  du  breton  armoricain,  à  l'époque 
néo-celtique,  trois  périodes  :  la  période  du  vieil  armoricain,  du 
VIP-VIIP  siècle  au  XP  siècle;  celle  du  moyen  armoricain,  du 
XP  au  XVIP  siècle;  celle  de  l'armoricain  moderne,  à  partir  du 
milieu  du  XVIP  siècle. 

Le  vieil  armoricain  n'offre  d'autres  documents  que  des  chartes 
et  un  certain  nombre  de  gloses.  Il  a  les  traits  essentiels  de  l'armo- 
ricain moderne,  mais  les  mutations  des  consonnes  médiales  ne 
s'écrivent  que  rarement;  à  plus  forte  raison,  l'écriture  ne 
transci'it-elJe  pas  celles  des  consonnes  initiales,  excepté  dans  des 

(1)  Chartes  de  Prières. 

(2)  Eosenzweig,  Dictionnaire  tojJograpMqne  (duclié  de  Rohan- Chabot). 

(3)  Archives  du  château  de  Kerguéhennec  (original), 
(i)  Ibid.  (original). 


—  78  - 
cas  particuliers  et  assez  rares.  Toutes  les  finales  sont  tombées. 
La  déclinaison  n'existe  donc  plus  en  réalité  (1).  La  linguistique 
retrouve  cependant  en  breton  la  plupart  des  radicaux  ou  thèmes 
que  nous  avons  signalés  en  gaulois.  Quant  aux  cas,  plusieurs 
peuvent  facilement  se  reconstituer  :  laer,  voleur,  arm.  moyen 
lazr=latro;  laeron,  arm.  moyen  lazron  =^latrones ;  aer  pour 
naer,  serpent,  arm.  moyen  nazr^  natrô,  naeron,  nazron^^ 
*natrones;  breur,  arm,  moyen  breuzr  ^  hrâtir ;  hreuder  =^ 
*brâtères;  nos,  nmt  =  nots  =*7iocis;  henoas,  vann.  henoah, 
gall.  henoeth,  supposent  un  cas  oblique  nocti;  ki,  chien,  irl., 
où,  mais  plur.  con,gall.  cwn  =  cûn-es;  gall.  lleng  =  legio;  lleoa 
dans  caer-lleon  =  legionum;  choed  =  civitas,  chvdod  = 
civïtatem  (arm.  queaudei).  Le  pluriel  en  ou-  remonte  à  une 
forme  en  ev-es,  ov-es,  et  représente  le  pluriel  de  la  déclinaison 
en  u-  (cf.  jSkti^écî  =  jS«(7£)iF£ç) .  Le  nominatif  pluriel  en  ï  se  trahit 
dans  des  formes  comme  sent,  des  ssiints  =  sancti,  à  côté  de  sant, 
un  saint  =  sanctus.  La  déclinaison  masculine  se  distingue  très 
nettement  de  la  féminine,  par  l'action  que  la  voyelle  longue  (2) 
de  cette  dernière  exerce  sur  les  substantifs  ou  les  adjectifs  sui- 
vants :  Uj  bihan  {ty  =  *siegos);  mais  ran  vihan  {r(m=^*ran7iû); 
den  bihan,  petit  homme;  maoues  vihan,  petite  femme.  C'est  le 
nominatif  qui,  généralement,  a  persisté  en  breton;  quelquefois 
il  semble  que  ce  soit  le  thème  lui-même;  par  exemple,  pour  mis, 
irl.  nom,  me  =  (thème  mèns-]\  ewin,  ongle,  irl.  nom.  i7iga,  etc. 
Il  faut  supposer  pour  ces  mots  un  ancien  nominatif  refait  sur  le 
thème  et  suivant  l'analogie  des  autres  cas,  comme  pour  le  latin 
mensis.  L'adjectif  en  gallois  porte  encore  aujourd'hui  l'empreinte 
de  l'époque  où  masculin  il  était  en  o-s,  féminin  en  â  :  gwynn  = 
*vindo-s;  gwemi=  vindd  (voir  plus  haut).  Le  vieil  irlandais, 


(1)  Les  gloses  ofErent  peut-être  encore  un  exemple  de  génitif  ou  de  datif 
dans  hit,  nourriture,  nom.  hoet.  Il  y  a  peut-être  aussi  une  trace  de  cas  dans  les 
notes  au  de  Mensnris  et  Ponderihvs  :  di  assa  i.  e.  aase  llrhan. 

(2)  Les  féminins  suivent  raiialogie.des  thèmes  en  -â,  de  beaucoup  d'ailleurs 
les  plus  nombreux. 


—  79  — 
plus  heureux  que  le  breton,   conserve  vivants  la  plupart  des 
anciens  cas;  il  a  encore  le  duel,  dont  on  ne  trouve  aucun  exemple 
bien  certain  en  breton. 

La  conjugaison  n'est  pas  moins  atteinte  que  la  déclinaison. 

Les  terminaisons  primaires  et  secondaires  (grec  primaire  yt, 
secondaire  v)  se  sont  confondues;  plusieurs  ont  disparu,  de 
nouvelles  se  sont  formées. 

Il  n'y  a  d'autres  nombres  que  le  singulier  et  le  pluriel. 

Le  moyen  passif  indo-européen  est  mort  également  ;  l'analyse 
phonétique  et  la  comparaison  peuvent  seules  faire  conclure  à  son 
existence  antérieui'e. 

Les  deux  grandes  conjugaisons  indo-européennes  se  sont 
confondues  (la  conjugaison  non  thématique  désignée  sous  le  nom 
de  conjugaison  en  p  en  grec,  caractérisée  primitivement  par  la 
mobilité  de  l'accent  qui  se  portait  au  singulier  sur  la  racine,  au 
pluriel  et  au  duel  sur  les  terminaisons  personnelles,  et  comme 
conséquence,  par  la  variation  vocalique  :  sl-p,  t-/^£v  pour  £-p;v  ; 
la  conjugaison  thématique  caractérisée  par  la  présence  de  la 
voyelle  terminant  le  thème  o,  e  (kyo-  hys-). 

Le  verbe  êtt^e  de  la  racine  ê  [ei],  en  gallois,  offre  encore  un 
type  assez  bien  conservé  de  la  conjugaison  non  thématique  : 

Wyf,  je  suis,  moyen  arm.,  ouf^=  ë-mi. 
Ym,  nous  sommes,  =  ï-més. 

On  retrouve,  en  breton,  plusieurs  des  formations  primitives  du 
présent;  des  autres  temps  il  reste  une  forme  en  s  qui  remonte 
à  un  ancien  aoriste  et  des  traces  de  l'ancien  parfait.  Le  futur 
sigmatique  a  disparu. 

Le  conjonctif  et  l'optatif  sont  encore  reconnaissables. 

Parmi  les  créations  nouvelles,  la  plus  significative  est  celle  d'un 
passif  en  r  qui  semble  bien  identique  au  passif  latin.  En  irlandais, 
ce  suffixe  r  se  montre  aux  mêmes  personnes  qu'en  latin  et  sert 


-  80  - 
à  former  des  passifs  et  des  déponents.   En  breton,   il  apparaît 
à  la  troisième  personne  du  singulier  (1). 

La  conjugaison  est  la  partie  où  le  breton  a  le  plus  innové. 
La  chute  des  finales  et  la  disparition  ou  l'effacement  de  certaines 
voyelles  et  consonnes  sur  lesquelles  reposait  l'idée  de  temps 
et  de  mode  ayant  amené  la  ruine  de  l'ancien  système  verbal, 
tous  les  efforts  de  la  langue  ont  eu  pour  but,  et  on  peut  le  dire, 
pour  résultat  d'exprimer  avec  clarté  l'idée  de  personne  et  avec 
précision  et  netteté  l'idée  .de  temps. 

Les  gloses  bretonnes  ne  nous  apprennent  sur  la  conjugaison 
rien  de  particulier.  En  armoricain  on  peut  signaler  l'existence 
d'un  participe  de  nécessité  en  -atoe,  -itoe  qui  n'existe  plus, 
ainsi  qu'un  emploi  plus  étendu  de  la  particule  verbale  7^0  (=  [;5]ro) 
avec  les  temps  passés  [ro,  aujourd'hui  ra,  re,  n'est  plus  employé 
que  dans  des  formules  optatives). 

Dans  le  vocabulaire,  les  emprunts  en  vieux  breton  sont 
ou  absolument  latins  faits  à  l'époque  de  l'unité  bretonne,  c'est- 
à-dire  à  l'époque  où  la  Grande-Bretagne  était  sous  la  domination 
romaine,  ou  romans,  c'est-à-dire  un  peu  postérieurs  aux 
premiers,  et  pouvant  avoir  eu  lieu  après  l'émigration  des  Bretons 
en  Armorique. 

MOYEN    ARMORICAIN 

L'armoricain  moyen  n'a  jusqu'au  XV®  siècle  d'autres  docu- 
ments que  des  chartes.  Les  premiers  textes  sont  :  la  Vie  de 
sainte  Nonn,  le  Calholicon,  vocabulaire  breton-français-latin 
de  la  fin  du  XV  siècle,  le  Grand  Mystère  de  Jésus,  quelques 
poèmes  pieux  publiés  par  M.  de  la  Villemarqué  sous  le  titre  de 
Poèmes  bretons  du  moyen  âge,  le  Mystère  de  Sainte-Barhe  ; 
les  Heures  en  moyen  breton  publiées  par  M.  Whitley  Stokes 
à  Calcutta;  ces  quatre  derniers  ouvrages  sont  du  XVP  siècle. 

(1)  Pour  les  déponents  autres  que  ceux  de  la  troisième  personne  du  singulier, 
voir  Kbys,  Revue  celtique,  VI,  pp,  40  et  suiv. 


—  81  — 
Signalons  encore  les  Colloques  de  Quiquier  de  Roscoff  qui  datent 
du  commencement  du  XVIP  siècle. 

Le  trait  caractéristique  du  moyen  armoricain,  c'est  qu'il  écrit 
régulièrement  les  mutations  des  consonnes  médiales,  les  muta- 
tions des  initiales  rarement,  excepté  dans  les  cas  que  nous  avons 
précisés  plus  haut. 

L'accent  se  fixe  de  plus  en  plus  sur  la  pénultième  et  abandonne 
la  dernière,  excepté  dans  le  dialecte  de  Vannes,  ce  qui  amène 
entre  ce  dialecte  et  les  autres,  vers  le  XVP  siècle,  une  divergence 
fort  prononcée.  Ce  ne  sont  plus  les  mêmes  voyelles  qui  sont 
atteintes  par  l'atonie  ou  renforcées  par  l'accent;  les  différences 
sont  encore  plus  sensibles  dans  la  prononciation  que  dans 
l'écriture  :  léonard  mèro'hèd,  vannetais  ^nerhiètt  (le  premier 
emuet),  bas-vannetais,  merhiett  (deux  e  muets);  cornouaillais 
breuder,  haut-vannetais  herdir  {e  muet)  ;  haut  cornouaillais 
bromên  (1),  léonard  bréman  (l'accent  est  moins  intense  qu'en 
Cornouailles)  ;  haut-vannetais,  herman  (e  muet),  etc. 

Le  vocabulaire  se  pénètre,  en  moyen  armoricain,  de  mots 
français.  Le  breton  n'étant  plus  dès  le  XI®-XIP  siècle  la  langue 
de  la  cour,  n'ayant  jamais  été  enseigné,  n'avait  pas  conservé  ou 
développé  les  mots  nécessaires  à  la  spéculation  intellectuelle  ou 
scientifique. 

L'armoricain  moderne  se  distingue  nettement  de  l'armoricain 
moyen  en  ce  qu'il  écrit  les  mutations  initiales  des  consonnes, 
cette  réforme  est  due  au  jésuite  Maunoir  et  a  été  mise  par  lui  en 
pratique  dans  son  Sacré  Collège  de  Jésus,  paru  vers  le  milieu 
du  XVIP  siècle. 

Le  z,  dentale  spirante  douce,  disparaît,  à  l'intérieur  du  mot  et 
à  la  fin,  des  dialectes  de  Vannes,  de  Cornouailles  et  de  Tréguier. 

(1)  Un  ë  muet  prenant  l'accent,  suivi  d'une  labiale,  se  colore  dans  certaines 
parties  de  l'Armorique  en  o  ;  haute  Cornouailles,  hruinan  =  breman;  pop,  chacun, 
z=2)ep.  I^e  komeret  (prenez)  du  trégorois,  est  un  phénomène  analogue  auquella 
prononciation  du  k  propre  à  ce  dialecte  n'est  pas  étrangère.  Le  même  phéno- 
mène existe  en  gallois  :  on  écrit  cynffon  et  on  prononce  dans  le  nord  cwnffon. 
Le  li  du  trégorrois  est  plutôt  vélaire  que  palatal. 

6 


—  82  — 
Dans  le  Léon,  il  est  conservé  avec  le  son  du  z  français.  Le  dialecte 
de  Vannes  transforme  en  gutturale  la  spirante  dentale  sourde 
{th  dur  anglais),  à  la  fin  des  mots  ;  les  autres  dialectes  la  changent 
en  5  ou  5  ;  vieux  breton  laeih  =  lacté,  arm.  moyen  laez,  arm. 
moderne  léonard  leaz,  corn,  lés,  vannet.  liah,  lèh.  Dans  l'in- 
térieur du  mot  le  z  sorti  de  th,  en  vannetais,  disparaît. 

La  littérature  de  l'armoricain  moderne  consiste  principalement 
en  livres  de  piété;  il  a  paru  aussi  dans  notre  siècle,  un  certain 
nombre  de  poèmes  qui  ne  sont  pas  sans  valeur.  Le  principal  titre 
littéraire  des  Armoricains,  ce  sont  leurs  chansons  populaires  et 
leurs  contes.  Les  Bretons  insulaires  ont  eu  une  riche  littérature 
depuis  le  XIP  siècle. 

L'orthographe  des  chartes  est  la  même  que  celle  des  chartes 
des  autres  parties  de  la  France  ;  l'orthographe  des  textes  est  l'or- 
thographe française  jusqu'à  la  réforme  de  Le  Gonidec,  qui  n'a 
pas  pénétré  partout  et  se  réduit  en  somme  à  peu  de  chose.  Nous 
aurons  soin,  pour  les  textes  des  différentes  époques,  de  signaler 
les  particularités  orthographiques  qui  les  distinguent.  Pour  sup- 
pléer à  l'absence  des  textes  jusqu'au  XV^  siècle,  nous  donnons 
(pour  le  vieil  armoricain),  avec  les  gloses,  la  plupart  des  noms 
contenus  dans  le  Cartulaire  de  Redon  et  dans  les  Vies  des  saints 
et  les  inscriptions;  puis,  pour  l'armoricain  moyen,  un  répertoire 
des  noms  les  plus  intéressants  pour  le  sens  ou  la  phonétique 
contenus  dans  les  chartes. 

VIEIL   ARMORICAIN   (VIII^-XI^   SIÈCLE) 

Comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  les  documents  du  vieil 
armoricain  se  réduisent  à  des  gloses  et  aux  nombreux  noms 
bretons  contenus  dans  les  chartes  et  dans  certaines  Vies  de 
saints.  Les  monnaies  et  les  inscriptions  pour  l'époque  du  vieil 
armoricain  sont  peu  nombreuses  et  sans  importance.  Une  seule 
monnaie  présente  quelque  intérêt  au  point  de  vue  de  la  linguis- 
tique :   c'est   une  monnaie  du  X*-XP  siècle  avec    l'exergue 


—  83  — 
ALAMNVS.REDONIS  (1).  Cet  Alamnus  désigne  Alain  Barbe- 
Torte,  si  la  monnaie  est  du  X«  siècle;  ou  Alain  III,  ou  Alain  IV. 
Plusieurs  monnaies  de  la  même  époque  portent  Alanus.  On 
peut  encore  signaler  une  monnaie  du  X^  siècle,  avec  les  mots  : 
Brittonnum  rex  (2).  Les  rares  monnaies  du  VIP  et  du 
VHP  siècle  qu'on  a  découvertes  jusqu'ici  ne  présentent  que 
des  noms  germaniques  ou  gallo-romains. 

Les  inscriptions,  moins  une,  sont  toutes  sur  pierre.  A  l'excep- 
tion de  celle  de  Locraarech,  elles  ont  toutes  été  publiées  par 
M.  Charles  de  Kéranfiech,  en  appendice,  dans  le  Bulletin 
archéologique  de  V Association  bretonne,  VI,  1858,  sous  le 
titre  :  «  Les  lechs  des  anciens  Bretons.  »  Ces  lechs  ou  piliers  de 
pierre  avec  leurs  ornements  sont  intéressants  pour  l'archéologue, 
mais  les  inscriptions  sont  sans  grand  intérêt  pour  le  linguiste. 
On  en  compte  une  dizaine,  en  comprenant  celle  de  Locmarech 
et  l'inscription  de  la  cloche  de  Stival. 

i°  Inscription  de  Locoal  {Morbiha^i). 

CROVXX 
PROSTLON 

Prostlon  est  le  nom  que  porte  la  femme  du  comte  Pascweten 
dans  le  Cartulaire  de  Redon  (charte  de  l'année  876). 

2°  Inscription  de  la  presqu'île  du  Plec  (Morbihan). 
lAGU 

L'inscription  est  du  IX*-X®  siècle. 

3o  Inscription  de  Plouagat-Chatelaudren  {Côtes-du-Nord). 
VORMUINI 

Les  caractères  accuseraient,  suivant  M.  de  Kéranflech,  une 
inscription  du  V'-VP  siècle.  Elle  nous  paraît  plus  récente. 

(1)  Bigot,  Essai  sur  les  monnaies  du  royaume  et  duché  de  Bretagne,  Paris, 
1857,  p.  38. 

(2)  Ibid.,  p.  33. 


—  84  — 

4»  Inscription  de  Plumergat  {Morbihan). 
RIMOETE 
L'inscription  paraît  être  du  IX^  siècle. 

5°  Inscription  de  Louanec,  près  Lannion  (Côtes-du-Nord). 

DISIDERI 

FIL[IUS]  BODOGNOUS 

M.  de  Kéranflech  se  tait  sur  la  date  de  cette  inscription  et  ne 
donne  pas  de  fac-siraile. 

6°  Inscription  de  Langonhrach,  en  Landaul  (Morbihan). 
Cette  inscription  est  tronquée.  M.  de  Kéranflech,  lit  : 

CROX  BRIT  .  .  . 
ET  MULIER  .  .  . 
.  .  RIL  EGO  .  . 
.  .  CONB  .  .  . 
CI  HOC  0  .  .  . 
ORUM  QUI  CUM 
QUE  LIGAV  :  RI 
T 

L'inscription  est  du  VlIP-IX®  siècle. 

7"  Inscription  de  Cracli  (Morbihan). 

LAPIDEM 
HERANNVEN 
FIL[IUS]  HERANAL 
AMIE.  .  RANHUBRIT 

M.  de  Kéranflech  voit  dans  her,  nous  ne  savons  pourquoi, 
une  préposition  bretonne  signifiant  de,  et  dans  an  l'article.  Son 
interprétation  est  insoutenable  (1). 

(1)  Il  est  possible  que  her  soit  simplement  une  abréviation  pour  hères.  On 
pourrait  songer  aussi  à  lire  filhe  pour  Jilics.  On  trouve  dans  les  Inscriptions 
chrétiennes  de  Grande-Bretagne  miilher  pour  imdicr. 


—  85  ~ 
8°  Inscription  de  Kervili  en  Languidic  (Morbihan). 
M.  de  Kéranflech  lit  : 

CRAX  HAR  EN  BILIIB  riL[IUS] 

HER  AN  HAL 

et  traduit  :  Croix  de  Bili,  fils  de  Hal. 

La  lecture  nous  paraît  suspecte,  mais  il  est  impossible  de  la 
contrôler  à  défaut  de  fac-similé.  Quant  à  l'interprétation,  elle 
est  inadmissible. 

9^  Inscription  de  Locmarech  près  Auray  {Morbïlian). 

Cette  inscription  a  été  publiée  par  jNI.  de  la  Villemarqué  dans 
le  Bulletin  archéologique  de  l'Association  bretonne  (1),  mais 
elle  lui  avait  été  communiquée  par  M.  de  Kéranflech,  à  qui  elle 
avait  été  signalée  par  M.  Galles.  L'inscription  est  gravée  au 
fond  d'un  sarcophage  en  granit  qui  se  trouve  dans  la  chapelle 
de  Saint-André,  au  village  de  Locmarech. 

M.  de  la  Villemarqué  lit  : 

IR  HA  EMA  >l<  IN  RI 

et  traduit  :  /;'  de,  ha  qui,  ema  est,  >l<  Jésus-Christ,  in  en, 
ri  roi;  interprétation  de  tout  point  insoutenable.  L'inscription 
est  en  capitales  rustiques  romaines.  M.  de  la  Villemarqué 
la  prétend  du  V^-VP  siècle.  Ce  qui  est  certain,  c'est  qu'elle 
paraît  incomplète  et  que  son  origine  bretonne  est  fort  douteuse. 

iO°  Inscription  de  Stival. 

Cette  inscription  est  gravée  sur  une  cloche  à  main,  de  forme 
quadrangulaire,  conservée  dans  l'église  de  Saint-Mériadec, 
à  Stival,  près  de  Pontivy  (Morbihan).  On  lit  très  distinctement  : 
Pirturficisii.  M.  de  la  Villemarqué  traduit  :    Tu  résonnes 

(1)  VI,  1857,  pp.  123-124. 


—  86  — 
doucement  (1),  identifiant  J^^r  au  gallois  ^er,  doux,  ce  qui 
ne  laisse  pas  que  d'être  déjà  très  hasardé.  Si  l'inscription  est 
bretonne  et  si  pir  forme  un  mot  séparé,  il  vaut  mieux  le  faire 
venir  du  latin  piirus.  Turficis  serait  une  2^  personne  d'un  verbe 
formé  sur  turv  (gallois  ticyncf,  tumulte).  M.  de  la  Villemarqué, 
si  nous  ne  nous  trompons,  a  depuis  modifié  son  interprétation 
et  proposé  de  lire  :  Pz'r  turfic  is  H,  «  que  doucement  tu  es 
sonnante.  »  En  résumé,  la  lecture  de  l'inscription  est  certaine, 
l'interprétation  incertaine.  L'écriture  est  une  sorte  de  cursive, 
et  ne  peut  guère  être  reportée  à  une  époque  plus  ancienne  que 
le  IX«-X«  siècle. 

GLOSES 

Les  gloses  bretonnes  qui  appartiennent  à  l'Armorique  sont 
tirées  de  sept  manuscrits  différents. 

L  —  Oxoniensis  prior.  Manuscrit  de  la  Bibliothèque  Bod- 
léienne  à  Oxford  portant  autrefois  la  marque  N  E.  D.  2.  19  et 
maintenant  Auct.  F.  4-32,  décrit  par  Wanley  :  Catal.  mss. 
anglo-saxon,  2,  63.  Une  partie  des  gloses  qu'on  y  remarque 
sont  armoricaines.  Elles  vont  de  la  page  2b  à  9a  dans  les 
segments  I,  II,  III  du  premier  livre  renfermant  une  partie  du 
de  Co7ijugatione  d'Eutychius  (cf.  Eutychius,  édit.  Lindemann, 
pp.  154-166).  Ces  gloses  ont  été  publiées  dans  la  Gramyn. 
celtica  par  Zeuss  (Voir  préface,  2^  édit.,  xxvii;  append., 
pp.  1052-1054)  et  revues  par  M.  Whitley  Stokes  [Kidin 
Beitrdge,  IV,  421-423). 

II.  —  Le  feuillet  de  Luxembourg.  Gloses  publiées  par  Mone  : 
Die gallische  Sprache,  Karlsruhe,  1851,  pp.  76-77,  reproduites 
par  Zeuss,  Gramm.  celtica,  2«  édit.,  append.,  pp.  1063-1065, 
revues  et  commentées  par  M.  John  Rhys,  dans  le  tome  P'"  de  la 
Revue  celtique,  pp.  346-375. 

(1)  Bulletin  archéologique  de  F  Association  bretonne,  VI,  1858,  p.  25, 


—  87  — 

III.  —  Manuscrit  de  Berne,  n»  167,  contenant  des  scholies 
à  Virgile  avec  cinquante-sept  gloses  armoricaines. 

IV.  —  Gloses  à  Anialarius,  de  divinis  0/ficiis.  Le  manuscrit 
est  actuellement  à  la  bibliothèque  du  Corpus  Christi  Collège, 
à  Cambridge,  192.  Il  aurait  été  écrit  à  Landevennec  vers  952  et 
aurait  passé  à  Canterbury. 

V.  —  Collatio  Canon um.  Bibliothèque  Nationale  de  Paris, 
12021.  Écrite  par  Arbedoc  avec  l'autorisation  de  l'abbé 
Haelhucar.  Passé  de  Corbie  à  Paris. 

VI.  —  Collatio  Canonum.  Passé  de  Glastonbury  à  Oxford, 
Bibl.  Bodl.,  mss.  Harl.,  42. 

VIL  —  Collatio  Canonum.  Passé  du  continent  à  Canterbury, 
maintenant  au  British  Muséum,  Cotton,  mss.  Otho,  E.  XIII. 

VIIL  —  Collatio  Canonum.  Paris,  Bibl.  Nat.,  3182. 

IX.  —  Collatio  Canonum.  Bibl.  d'Orléans,  n°  193. 

Les  gloses  de  Berne,  les  gloses  à  Amalarius,  celles  des  quatre 
premières  collections  de  Canons  ont  été  publiées  et  commentées 
par  M.  Whitley  Stokes  :  Old-breton  Glosses,  Calcutta,  1879. 
Les  gloses  d'Orléans  ont  été  publiées  à  part  par  le  même  celtisant  : 
The  breton  Glosses  at  Orléans,  Calcutta,  1880.  Les  gloses  de 
Berne  lui  ont  été  communiquées  par  M.  Hagen,  toutes  les  autres 
par  M.  Bradshaw.  Elles  vont  du  IX^  au  XI«  siècle.  Ces  gloses  et 
les  gloses  galloises  de  la  même  époque  ont  été  réunies  par  nous 
en  un  seul  volume  sous  le  titre  :  Vocabulaire  vieux  breton 
avec  commentaire  contenant  toutes  les  gloses  en  vieux 
breton  (gallois,  comique,  armoricain)  connues,  précédé 
d'une  introduction  sur  la  phonétique  du  vieux  breton  et 
sur  l'âge  et  la  provenance  des  gloses,  par  J.  Loth,  élève  de 
l'école  des  hautes  études,  Paris,  Vieweg,  1884.  On  y  trouvera 
en  appendice  une  série  de  huit  gloses  bretonnes  découvertes  par 
nous  dans  le  manuscrit  latin  11411  de  la  Bibliothèque  Nationale 
à  Paris  (feuillets  100,  101  et  102j.  Les  feuillets  glosés  sont 
du  IX^  siècle. 

Nous  avons  collationné  le  manuscrit  d'Orléans  et  les  deux 


—  88  — 
manuscrits  de  Paris.  Nous  donnons  avec  le  mot  breton  le  mot 
glosé,  et  s'il  y  a  doute,  la  phrase  contenant  ce  mot.  Nous 
adoptons  les  mêmes  abréviations  que  dans  notre  Vocabulaire. 
Nous  laissons  de  côté  les  mots  commencés  ou  trop  douteux 
comme  lecture  et  sens. 


Eutych.  —  Gloses  à  Eutychius  de  l'Oxoniensis  prior. 
Lux.  —  Gloses  de  Luxembourg. 
Am.  —  Gloses  à  Amalarius. 
Bern.  —  Gloses  de  Berne. 
C.  G.  I      \ 

G.  C.  II    i     GoUeclions   de  Canons  dont  les  gloses  ont   été 
C.  G.  III  ;         publiées  dans  :  Old-breton  Glosses  hy  W'hitley 
G.  G.  IV  \        Stokes,  Galcutta,  1879. 
G.  G.  V    ; 

c.  G.  VI —  G^sesd^Ovléans  :  The  breton  Glosses  at  Orléans, 
Cal  eu  lia,  1880. 


A,  préposition  marquant  l'abla- 
tif. Bern.;  G.  G.  I;  G.  C. 
II,  etc. 

A,  pronom  relatif  et  particule 
verbale.  Lux. 

Aceruission,  gl.  hirsutis.  G. 
G.  m. 

Acomloe,  |gl.  insolubile.  C. 
C.  V. 

Acupet,  gl.  occupât.  Lux. 

Ad,  particule  séparable  =  latin 
ad,  ou  confondue  avec  une 
particule  at-  =  gaulois  aie 
(Voir  Admet,  Admosoi). 

Admet,  gl.  passœ.  G.  C.  III. 

Admosoi,  gl.  inrogauerit  ma- 
culam.  G.  C.  V. 

Aior,  gl.  anchora.  C.  C.  V. 

Air,  gl.  slragem.  C.  C.  V. 


Airma,  ev  arima,  gl.  i?i  agone 

(lege  airma).  Lux. 
Airmaou,  gl.  machides.  Lux. 
Airolion,  gl.  uim.  Lux. 
Airou,  gl.  strages.  Lux. 
Altin,  gl.  ferula.  G.  G.  III. 
Am,   prép.   =  gaulois  ambi, 

grec  «pçt  (Voir  Amsauath). 
Amsauath,  gl.  uicarius.  Am. 
An,   article  défini  (Voir  Aii- 

naor). 
Ancou,    gl.    saino'!    (samo?) 

signifie  mort.  Lux. 
Anguoconam,  gl.  vigilo?  Eut. 
Annaor,  gl.   quandoquidem. 

Bern. 
Anscantocion ,    gl.    insqua- 

mosos,  mss.  in  scammossos. 

G.  G.  V. 


Arcogued  ou  Ancogued,  gl. 

niciuos.  Si  on  lit  Arcogued, 

il  faut  supposer  que  niciuos, 

est  pour  nociuos.  G.  G.  V. 
Arga[nt],  gl.  ohelos.  G.  G.  V. 
Arimrot    ou    Arimrat,  gl. 

functus  est.  G.  G.  V. 
Arocrion,  gl.  atrocia.  Lux. 
Arton,  gl.  lai  rare.  G.  G.  V. 
Aruanta,  parait   gloser  ultro 

amhit  ou   inopportunius  se 

ingerit.  G.  G.  IL 
Aruuoart,   gl.  fascinauit.  G. 

G.  L 
Ascorinol,  gl.  ossilem.  Lux. 
Atanocion,  gl.  alligeris.  Lux. 
Attal,  gl.  uicarium.  G.  G.  V. 
Attanoc,  gl.  uolitans.  Bern. 
Baranres,  gl.  linea.  Eut. 
Barcot,  gl.  caragios.  G.  G.  IV. 
Bat,  gl.  frenesim..  G.  G.  V. 
Beb  ou  Bed,  gl.  tumuli.  G.  G. 

V.  Beb  est  justifié  par  la  forme 

vannetaise  hev,  tombe. 
Bétel    ou    Becel,    gl.    huila 

(hulUo'>).  Eut. 


Bleoc,  gl.  criniti.  G.  G.  V. 
Bleocion,  gl.  pilosos.  G.  G.  V. 
Bleuou   dans   a   Bleuou,  gl. 

jubis.  Lux. 
Blinder,  gl.  segnitia.  Am. 
Blinion,  gl.  inertes.  Lux. 
Bocion,  gl.  putres.  Bern. 
Bodin,  gl.  manus.  Bern. 
Bodiniou,  gl.  phalangis.  Lux. 


Boestol,gl.  heluina  (cunnaret 
hoestol,   gl.  heluina  rabies). 

G.  G.  m. 

Boitolion,  gl.  escifcris.  Lux. 
Boutig,  gl.  stabulum.  Eut. 
Brientinlon,  gl.  ingenuis.  G. 

G.  V. 
Broolion,  gl.  patrias.  Bern. 
Brot,  gl.  zelotipix.  G.  G.  V. 
Bue,  gl.  putris.  Bern. 
Bud,  gl.  hradium  z=ibraviuml 

Lux. 
Buenion,  gl.  concitis.  Lux. 
BueSjgl.  hobxUoQegehovello]. 

G.  G.  V. 
Buortlî,  gl.  houello.  G.  G.  IV. 
Cadr,  gl.  décor eo.  Lux. 
Caiou,  gl.  munimenta .  Lux. 
Calât,  gl.  durili.  Lux. 
Camadas,  gl.  hahilis.  Am. 
Cannât,  gl.  vas.  Eut. 
Carr,  gl.  vehicuhnn.  Eut. 
Catol,  gl.  avelloso.  Lux. 
Caubal,  gl.  lemhum.  Bern. 
Cauell,  gl.  cofinus.  Bern. 
Celmed,  gl.  efficax.  Eut. 
Centet,   gl.   pênes  teniet.    G. 

G.  V. 
Ceple,  gl.  reprehensihiliter.  G. 

G.  V. 
Ce'prion,<7;\.  laquearihus  .Bern. 
Cerpit,  gl.  vehiculis.  G.  G.  V. 
Clehurin,  gl.  musca.  Bern. 
Clôt,  gl.  rumoris.  Lux. 
Clutam,  gl.  struo.  Eut. 
Clutgued,  gl.  slrues.  Eut. 
Cnoch,  gl.  tumuhis.  Bern. 


—  90 


Coarcholion,    gl.    canabina. 

Bern. 
Gocitou,  gl.  inliha.  Bern. 
Coel,  gl.  aruspicem.  C.  C.  V. 
Coguelt,  gl.   laniticium  (lege 

lanitium).  G.  C.  V. 
Coguenou,    gl.    indigena.   G. 

C.  V. 
Col,  gl.  nefariam  rem.  C.  G.  V. 
Colcet,  gl.  agipam.  G.  G.  V. 
Collot,   gl.    trihutatorio    (var. 

trihutario).  G.  G.  V. 
Comairde,  gl.  colligcon  {colle- 

gam). 
Comarde,  gl.    collighim.  G. 

C.V. 
Comelia[chou] ,    gl.    sodali- 

tates.  G.  G.  V. 
Commin,gl.an?îa/ibMs.G.G.V. 
Comnidder,   gl.  consuhrinis. 

G.  G.  V. 
Controliaht,    gl.    controner- 

siam.  C.  G.  III. 
Contulet,  gl.  coUigas.  G.  G.  V. 
Corcid,  gl.  ardea.  Bern. 
Corn,  gl.  scipho.  G.  C.  V. 
Cornigl,  gl.  cornix.  Bern. 
Cosmid,  gl.  sérum.  Bern. 
Coson,  gl.  canora.  G.  G.  V. 
Cospitiot,  gl.  tittihauerit.  G. 

G.  V. 
Couann,  gl.nochmm.G  G.  III. 
Couarcou,  gl.  serta.  Bern. 
Coucant    :    nahidei,    vel    in 

coucant  :   «  Nihilominus  in 

cseteris     operibus     quantum 

segregentur.  »  Semble  gloser 

nihilominus.  Am. 


Craseticion,  gl.  spicis.  Lux. 
Gredam,  gl.  vado.  Eut. 
Creithi,  gl.  ulcéra.  Lux. 
Crihot,  gl.  uihrat.  Lux. 
Crit,  gl.  frenesis.  G.  G.  V. 
Cron,  gl.  tornatili.  Lux. 
Cronion,  gl.  assiles.  Lux. 
Cronnemain  :  a  cronnemain, 

gl.  cylindro.  Bern. 
Crum,  gl.  cetmuo.  Eut. 
Culed,  gl.  macies.  Eut. 
Cunnaret,  gl.  rahies.  G.  G.  III. 
Cunrunt,  gl.  uerticem  montis. 

G.  G.  m. 
Cuntullet,    gl.    collegio;  cf. 

Contulet.  Lux. 
Dacrlon,  gl.  uidus(=uvidus). 

Eut. 
Dadl,  gl.  concio.  Eut. 
Dan,  gl.  sub.  G.  G.  V. 
Darcenneti[cion] ,  gl.  ariolis. 

G.  G.  V. 
Darleber[iat] ,  gl.  phitonicus 

(lege  pytJionicus).  G.  G.  V. 
Datolaham,  gl.  lego.  Eut. 
Daureth,  gl.  fœdam.  Bern. 
Decmint,  gl.  adecimabit.  G. 

G.  V. 
Dehlouetic,gl.  accommodata. 

G.  C.  I. 
Deleiou,  gl.  antemnarum  (= 

anteyinarum).  Bern. 
Demguescim,  gl.  conflictum? 

C.  G.  V. 
Dermorion,   gl.  inormia  (= 

enormia).  Lux. 


91 


Deurr,  gl.  acri.  Lux. 

Dicomit  :  in  dicomit  tegran  ; 
en  marge,  en  face  :  «  Si  quis 
episcopus,  sive  aliquis  edifî- 
caverit  ecclesiam  in  territorio 
alicujus  episcopi,  hujus  eccle- 
siae  consecratio  re?ervetur  ei, 
in  cujus  territorio  edificata 
est.  »  C.  C.  V  (cf.  In  dicom- 
hito,  cartulaire  de  Redon). 

Didanuud,  gl.  elicio.  Eut. 

Dieteguetic,  gl.  distitutus.  G. 
G.  V. 

Dihel,  gl.  deses.  Eut. 

Diliu,  gl.  fuscefur.  G.  C.  V. 

Dilucet,  gl.  anathema.  C. 
C.  V. 

Diprim,  gl.  essum.  Lux. 

Discou,  gl.  lances.  Bern. 

Dispriner,  gl.  depretiatur.  G. 
C.  V, 

Docondom-ni  ou  Docordom- 
ni,  gl.  arcemiis.  G.  G.  V. 

Dodimenu,  gl.  decrecit  (ou 
decreat  ?)  Lux. 

Dodocetic,  gl.  inlatam.  Lux. 

Doguohintiliat,  gl.  inceduus. 
Eut. 

Doguolouit,  sur  redigit,  dans 
«  sic  exorcista  redigit  in  sua 
diligentia  totius  regni  domini 
sécréta.  »  G.  G.  V. 

Doguorenniam,  gl .  perfundo. 
Lux. 

Dogurbonneu,  gl.  rogauerit. 
G.  G.  V. 

Domot,  gl.  ritum,  G.  G.  V. 


Dorguid    ou    Darguid,    gl. 

pithonicus.  G.  G.  V. 
Dorn  :   <  A  dorn,  »  gl.  triUi- 

rantis.  G.  G.  V. 
Doromantorion,    gl.   auspi- 

cibus,  id  est,  considerantihus. 

Bern. 
Douolouse,  gl.  depromis.  Lux. 
Douretit,  gl.  turpi.  G.  G.  L 
Drogn,  gl .  cetns  i^ccetus)  .Lux. 
Duliu  (mss.  daliu),  gl.  fiisciis. 

Bern. 
Duglas,  gl.  ceruleus.  Bern. 
Dutimen,  gl.  exquoquitur.  G. 

G.  V. 
Edemnetic,  gl.  desideratrix. 

G.  G.  V. 
Eidguin    (lege    eidnguin[ot~\), 

gl.  aucupio.  G.  G.  V. 
Elestr,  gl.  hibiscwn.  Bern. 
Eltroguen,   gl.    nouerca.   G. 

G.  V. 
En,  gl.  in,  dans  «  en  arima,  » 

in  agone.  Lux. 
Enbit,  gl.  dehilis.  G.  G.  V. 
Ender[ch],  gl.  evidentissimis 

G.  G.  V. 
Endlim,  gl.  feyms.  G.  G.  IL 
Enmetiam,  gl.  ifinuo.  Eut. 
Entic,  gl.  priscse.  Lux. 
Ep,  gl.  secus.  G.  G.  V. 
Ercentbidi  te,    gl.  notahis, 

id  est,  agnosces  vel  signahis. 

Bern. 
Ercolim  ou  Eriolim,  gl .  editui. 

G.  G.  V. 
Ercor,  gl.  ictnm.  G.  C.  V. 


~  92 


Erderh,  gl.  euidentis.  C.  C.  V. 
Erguinit,  gl.  tirannica  aucto- 

ritate  molirentur.  G.  C.  V. 
Esceilenn,  gl.  cortina.  Bern. 
Estid,  gl.  sedile.  Eut. 
Etbinam,  gl.  lanio.  Eut. 
Ethin,  gl.  rusci.  Bern. 
Etncoilhaam ,    gl.     aspicio , 

auspex.  Eut. 
Euonoc,  gl.  spumaticus.  Lux. 
Eunt,  gl.  scquus.  Eut. 
Fleriot,  g\.quœ  redolet.  C.C.\. 
Funiou,  gl.  rudentibus.  Mss. 

latin  11411,  f"  100,  Bib.  Nat. 

(le  Paris. 
Glanet,  gl.  palliditate.  G.  G.  V. 
Goerp,  gl.  stigmate.  G.  G.  V. 
Golbinoc,  gl.  rostratam.  Lux. 
Guanorion,  gl.  istriones.  G. 

G.  m. 

Guascotou,gl.  frigora.  Bern. 
Gudcoguod,     gl.     reprehen- 

dendi.  G.  G.  V. 
Guedom,  gl.  hiduhio.  G.  G.  V. 
Gueltiocion,  gl.  fenosa.  Lux. 
Gueltoguat,    gl.    fastigium. 

G.  G.  V. 
Guerg,  gl.  efficax.  Eut. 
Gufor[n],  gl.  clibani.  G.  G.  V. 
Guilannou,  gl.  fulicsa.  Bern. 
Guiliat,  gl.  tonsa.  G.  G.  V. 
Guilp,  gl.  madeficandum.  C. 

G.  V. 
Guiltiatou,  gl.  tonsuras.  Lux. 
Guinodroitou,  g\.plagœ.  Bern. 

uinuclou ,  gl 

trices.  Bern. 


Guirgiriam,gl.  hinnio.  Eut. 
Guirhter,  gL  austeritate.  G. 

C.V. 
Guirtitou,  gl.  funis.  Bern. 
Guis,  gl.  suilis.  G.  G.  V. 
Guohi,  gl.  fuscos.  Bern. 
Guoliat,  gl.  comata.  G.  G.  V. 
Guomone[t],    gl.    territorio. 

G.  G.  V. 
Guomonim,     gl.     pulliceri 

(—poUiceri).  G.  G.  V, 
Guorail,  gl.  supercilium.  Bern, 
Guorcerdorion ,  gl.    circum- 

cellionum.  G.  G.  V. 
Guotan,  gl.  nepta'!  Mss.  latin 

11411,  MOO  V",  Bibl.  Nat. 
Guoteguis,  gl.  conpiscuit.  G. 

G.  V. 
Guotric,  gl.  difer.  G.  G.  V. 
Guotroit,   gl.    demulgitis.  G. 

G.  V. 
Gupartolaid,    gl.  priuilegia. 

G.  G.  V. 
Gurclut,  gl.  evidentis.  G.  G.  V. 
Gurlimun,  gl.  dilinili.  G.G.  V. 
Gurprit,  gl.  superstiiiose.  G. 

G.  V. 
Gutric,   gl.  de  fer  (=  differ). 

G.  G.  m. 

Haloc,  gl.  luguhri.  G.  G.  V. 
Hantertoetic,  gl.  semigilatV! 

Lux. 
Helabar,  gl.  grœcus.  Eut. 
Hepcorim  :  Ihepcorim,  gl. 

cassum.  Bern. 
Hestr,   gl.   oslrea.  Mss.   latin 

11411,  f»  102,  Bibl.  Nat. 


—  93 


Hint,  gl.  per  avia'?  Lux. 
Holeu,  gl.  canori.  Lux. 
Hui,  gh  vos.  C.  C.  l. 
Huisicou,gl.  papidas.CO.W 
Huital,   gl.   yabulx,    id    est, 

papulœ  uel  uerrucse.  Berxi. 
lac,  gL  suspite.  C.  C.  V. 
lecol,  gl.  alienigena.  C.  C.  V. 
Imcobloent,  gl.  apocant.  Lux. 
Imcomarguid,    gl.   expertus 

sum.  C.  C.  V. 
Imguparton,  gl.  se...  ahdi- 

cant.  C.  C.  V. 
Inaatoe  :   Nit  inaatoe,  gl. 

non  ineundurn  est.  C.  C.  V. 
Inlenetic,  gl.  inlerlitam.C.\.C. 
Inmor,  gl.  mitllo,  dans  quarn- 

vis  multo  rarius.  C.  G.  V. 
lolent,  gl.  precenlur.  Lux. 
Ir,  gl,  quatenus.  C.  C.  V. 
Iscartholion,  gl.  stupea.  Bei  n. 
lul.-ctAiul,  ))gl.u/tro.  ce. IL 
Ladam,  gl.  caedo.  Eut. 
Lammam,  gl.  sala.  Eut. 
Laniou,  gl.  idrutis.  Mss.  latin 

114H,fM02,  Bibl.  Nat. 
Lat,  gl.  crapulam.  C.  C.  V. 
TjaMj^X.peciiisculum  et  armum 

dextrum.  C.  C.  V. 
Laur,  gl.  solum.  Eut. 
Lemenic,  gl.  salax.  Eut. 
Lemhaam,  gl.  arguo.  Eut. 
Lestnaued,   gl.   naues    (lege 

nauseam^j  Lux. 
Libiriou,  gl.  lapsus  vel  rolunda 

ligna.  Bern. 
Lien,gl.  manntergiwn .  C.C.V. 


Lim,  gl.  acummine.  C.  C.  V. 
Limn,  gl.  lentwn.  Bern. 
Limncollin,  gl.  tilia  antejngo 

levis.  Bern. 
Limncollou,  gl.   tilix.   Bern. 
Lin,  gl.  lacuna.  C.  G.  V. 
Linom,  gl.  litturam.  Lux. 
Liou,  gl.  neuum.  Lux. 
Lis,  gl.  sicatorium  (lege  sic- 

catorium).  G.  G.  V. 
Lisiu,  gl.  lixa.  Eut. 
Loed,  gl.  sordida.  G.  G.  V. 
Lois  ou  Loos,  gl.  latronihus. 

G.  G.  V. 
Loit,  gl.  cano.  G.  G.  V. 
Luscou,  gl.  oscilla.  Bern. 
Mabcauuelou,  gl.  cunabula. 

Bern. 
Maciat    (lege    Mociat),    gl. 

poractur  (lege  porcator?).  G. 

G.  V. 
Meic,  gl.  ratas.  C.  G.  V. 
Meid,  gl.  sérum.  Bern. 
Meir,  gl.  adores.  G.  C.  V. 
Melgabr,  gl.  ligustra.  Bern. 
Meplaom,  gl.  confitari  (lege 

confutari).  G.  G.  V. 
Mergidhaam ,  gl .  hehesco .  Eut . 
Milin,  gl.  prostilutam.  G.  G.  V, 
Milinou,  gl.  libosas"^  Lux. 
Milintric,  gl.  stupris,  G.  G.  V. 
Mogou,  gl.  comas.  Lux. 
Molin,  gl.  molam.  G.  G.  V. 
Montol,  gl.  trulina.  Eut. 
Morbran,  gl.  marges.  Eut. 
Muoed  :  «  Amuoed,  »  gl,  fasLii. 

G.  G.  L 


94  — 


Na,  Nac,  négations  dans  les 

phrases  relatives  ou  prohibi- 
tives. G.  G.  V. 
Natrolion,  g),  regulosis  {re- 

gulus,  serpent).  Lux. 
Ni,  négation.  C.  G.  V. 
Niguid,  g\.neophitum.C.C.Y. 
Nim,  gl.  seriem.  Lux. 
Ninou  :  «  A  ninou,  »  gl.  laquea- 

ribus.  Bern. 
Nit,  négation  :  «  Nit  inaatoe,  » 

gl.  non  ineundum  est.  G. C.V. 
Nith,  gl.  nepla.  G.  G.  IIL 
Nouitiou,  gl.  nundinœ.  Eut. 
Ocerou,  gl.  hirsutis.  G.  G.  V. 
Olguo,  gl.  indagationis,  G.G.V. 
Or[d],  gl.  maleus  (lege  mal- 

leus.  G.  G.  V. 
Orgiat,  gl.  cœsar  (lege  cœsor) . 

Eut. 
Orion,  gl.  oram.  G.  G.  V. 
Ousor,  gl.  opilio.  Bern. 
Poues,  gl.  quies.  Eut, 
Preteram,  gl.  perpendo.  Eut. 
Pritiri,  gl.  jactura'}  Bern. 
Racloriou,  gl.  proscenia.  Bern. 
Rannam,  gl.  partior.  Eut. 
RannoUjgl.  partimonia.  Lux. 
Rit,  gl.  vadum.  Eut. 
Rocredihat,    gl.    uigricatus 

{vihritatus'^).  Lux. 
Rod,  gl.  eruginem.  G.  G.  V. 
Rogulipias,  gl.  oliuauit.  Lux. 
Roiau,    gl.    soffosoria    (lege 

fossoria).  G.  G.  V. 
Roluncas,  gl.   giUuricait[it]. 

Lux. 


Roricse[n]ti,  gl.  sidcauissent. 

Lux. 
Saltrocion,   gl.    graciles.   G. 

G.  IV. 
Satron,  gl.  fucos.  Bern. 
Seal,  gl.  carduum.  G.  G.  V. 
Scarat,  gl.  diiudicari.  G.  G.  V. 
Scobarnocion ,    gl.    auritos. 

Bern. 
Siel,  gl.  signaculum.  C.  G.  V. 
Silim,  gl.  tuitionem.  G.  G.  V. 
Soeul,  gl.  fiscum.  G.  G.  V. 
Soudan,  gl.   hehetudinem   (i 

Soudan,    in    hehetudinem). 

G.  G.  V. 
Stloitprenou,  gl.  lapsus  sine 

rotunda  ligna.  Bern. 
Straul  ou  Straal,  gl.  cala- 
midis  (chlamydis).  G.  G.  V. 
Strocat,  gl.  tractus  est.C.  G.  V. 
Strouis,  gl.  straui.  Lux. 
Taguelguiliat,  gl.  silicer- 

nium.  Eut. 
Tal,  gl.  soluit.  G.  G.  V. 
Tan,  gl.  focus.  Eut. 
Tanol,  gl.  accihoneuw,.  Mss. 

latin  11411,  ^  102  v%  Bibl. 

Nat. 
Tar,  gl.  uentrem.  Bern. 
Tegran.  Voir  Dicomit. 
Temperam,  gl.  condio.  Eut. 
Testoner,gl.inet'/<abi/i.  G.G.V. 
Testou,  gl.  stipulationes'^  G. 

G.  V. 
Tigom,  gl.  neui.  Lux. 
Tiguotroulou  ou  Tiguotrou- 

la,u,  g].  supellectilem.C. C.Y. 


-  95 


Tinsot  ou  Tinsit,  gl.  sparsit. 

G.  G.  V. 
Tirolion,  gl.  agrica.  Lux. 
Toos,  gl.  taxam.  G.  G.  V. 
Toreusit,  gl.  atriuit.  G.  G.  V. 
Torleberieti ,    gl.    phitonis- 

tarum  {\ege  pytlwnistarum). 

G.  G.  I. 
Tracl  lege  Trascl,  gl.  larum. 

G.  G.  III. 
Trebou,  gl.  turmœ.  Lux. 


Treorgam,gl.  per/'oro.  Lux. 
Tromden, gl.peruolauit.C.C.V . 
Truch,  gl.  ohtusi.  Bern. 
Ueruencou,gl.i;er6enas.Bern. 
Uileou,  gl.  uiolas.  Bern. 
Unblot,  gl.  simila  quœ  (lege 

similago).    G.    G.    V.;    ib., 

unblot,   gl.    slmilaginem. 
Utgurthconetic,  gl.  ohnixus, 

id    est,   perduram,   id    est, 

contra  nisus.  Bern. 


NOMS  BRETONS  CONTENUS  DANS  LES  VIES  DES  SAINTS  ET  LES  CHARTES 
I  —  Vies  des  saints 


Les  Vies  des  saints  que  nous  mettons  ici  à  contribution  sont 
celles  de  : 

Saint  Samson,  évêque  de  Dol,  écrite  dans  le  courant  du 
VIP  siècle  (Mabillon,  Acta  Sanctorum  ordinis  sancli  Bene- 
clictî,  sseculura  I,  pp.  165-186); 

Saint  Paul  Aurélien,  premier  évêque  de  Léon,  écrite  au 
IX'  siècle  à  Landevennec  par  le  moine  Uurmonoc  (publiée  par 
M.  Cuissard  dans  la  Revue  celtique,  V,  p.  413;  cette  Vie 
repose  sur  un  manuscrit  du  X*  siècle  (bibliothèque  d'Orléans), 
à  l'exception  de  la  préface  et  des  vers  de  la  fin,  tirés  d'un  excel- 
lent manuscrit  du  XIP  siècle  (Bibl.  Nat.,  fonds  latin,  16942)  ; 

Saint  Winwaloe,  écrite  également  au  IX^  siècle,  à  Landevennec 
par  Wrdisten,  maître  de  Wrmonoc.  Grâce  à  l'obligeance  de 
M.  Arthur  de  la  Borderie,  nous  avons  pu  mettre  à  profit  les 
trois  principales  sources  de  cette  Vie  :  le  manuscrit  latin  de  la 
Bibl.  Nat.,  5610  A,  XIP  siècle;  le  Cartulaire  de  Landevennec; 
le  manuscrit  latin  9746,  Bibl.  Nat.,  XVP  siècle  (C'est  le  ma- 
nuscrit 5610  A  qui  conserve  le  mieux  pour  les  noms  bretons 
l'orthographe  du  IX*  siècle)  ; 


-  96  — 

Sainte  Ninnoc,  d'après  une  copie  du  Cartulaire  de  Quimperlé 
faite  par  M.  Maître  en  1881  et  déposée  par  lui  aux  archives 
du  Finistère; 

Saint  Gildas,  écrite  au  XP  siècle  par  un  moine  de  Rhuys  qui 
avait  évidemment  sous  les  yeux  des  documents  plus  anciens 
{Acta  Sanctorum  ordinis  sancti  Benedicti,  sseculum  I, 
p.  139)  ; 

Saint  Brieuc,  d  après  dom  Lobineau,  Vies  des  Saints  de 
Bretagne,  pp.  11  et  suiv.  (Dom  Lobineau  s'est  appuyé  sur  un 
fragment  du  manuscrit  de  l'abbaye  de  Saint-Serge  d'Angers  et 
sur  un  ancien  bréviaire  de  Saint-Brieuc). 

Plusieurs  autres  Vies  sont  intéressantes  au  point  de  vue 
historique,  mais,  en  général,  ou  elles  ne  fournissent  que  peu  de 
noms  bretons  ou  elles  ne  reposent  que  sur  des  documents  par 
trop  postérieurs  à  l'époque  du  vieil  armoricain  (1). 

Achm,  port  en  Armorique,  Vie  de  saint  Brieuc,  p.  11;  Achmensis 

pagus,  Vie  de  Paul  Aurélien,  c.  12  (2). 
Amachdu  rupem,  Paul  Aurélien,  12  (3). 
Ampnis,  fluvius  ingens  proprio  nomine  AYïfpnis,  Winwaloe,  II,  3; 

Cartulaire  de  Landevennec  Hamn,  l'Aulne  (Finistère)  (4). 
Arecluta  regio  :  vocabulum  sumpsit  a  quodam  flumine  quod  dut 

nuncupatur,  Vie  de  Gildas,  préface  (le  pays  sur  les  bords  de  la 

Clyde,  le  royaume  breton  de  Strat-Clyde)  (5). 
Aroedma  :  loco  cui  modo  signaculum  nomen  est,  Paul  Aurél.,  23; 

d'aroed,  signe,  gallois  arivydd,  armoricain  avouez,  et  de  ma,  lieu. 


(1)  Voir  J.  Loth,  r Émigration  bretonne  en  Armorique,  appendice. 

(2)  JM.  Cuissard  lit  à  tort  Agnietisis.  U Achmciisis  pagus  comprenait  l'ancien 
archidiaconé  à'Ach  {Achm)  dans  le  diocèse  de  Léon.  On  peut,  avec  quelque 
apparence  de  raison,  rapprocher  de  ce  nom  celui  des  Ossismil  ou  Oxismii. 

(3)  Si  le  ch,  comme  cela  n'est  pas  rare  au  IX«  siècle  et  même  au  XI",  ne  désigne 
pas  ici  1^  spirante  gutturale  sourde,  on  peut  rapprocher  le  gallois  afagddu, 
extrême  obscurité,  enfer  ?  C'est  aussi  un  nom  propre  gallois. 

(4)  Amn  est  la  forme  faible  de  la  même  racine  qu'on  trouve  dans  le  gallois 
avon,  rivière,  armoricain  aveJi. 

(5)  Voir  J.  Loth,  VEmigration  bretonne,  pp.  lii  et  suiv 


—  97  — 
Battha  insula,  Paul  Aurél.,  16,  l'île  de  Batz  sur  les  côtes  du  pays 

de  Léon  —  Bathguerran,  Vie  de  Niyinoc,  p.  64,  Balz  près  Gué- 

rande. 
Brehant-Dincat  glosé  par  guUur  receptaculi  pugnte,  Paul  Aurél., 

I;  d.  gallois  breuant,  gorge,  trachée-artère;  Di?icat  est  composé 

de  din,  citadelle,  et  de  cat,  combat  (1). 
Bretowenus,    nom   de   l'un    des    compagnons   de    Paul   Aurél., 

c.  II  (2). 
Briocus  ou  Briomaglus,  Saint-Brieuc,  Vie  de  saint  Brieuc,  p.  11. 
Brisiaci  silva,  "Win^valoe,  II,  c.  12;  plus  anciennement  Brithiacum, 

Briec  (Finistère). 
Brochana  pars,  Paul  Aurél.,  15;  Brochanus  rex,  Vie  de  Ninnoc, 

p.  59    (Cf.  le    gallois   Brycheiniawg,  le    pays   de   Brochan,   le 

Brecknockshire). 
Budocum  cognomine  Arduum,  Winwaloe,  I,  4  (Cf.  le  nom  actuel 

de  Beuzec). 
Caer    Bannhed,    Paul    Aurél.,    8,    manuscrit    de    Paris;    villa 

Bannedos,  manuscrit  d'Orléans. 
Gatmaelus,  nom  d'homme,  AYinwaloe,  II,  23  (Ms.  5610  A)  — 

Catmaglus ,  Gart.   de  Land.  (Voir  plus  haut  Brohomagli ,  Ins- 
criptions chrétiennes  de  Bretagne,  et  Caturiges,  Noms  gaulois). 
Catouii  régis  consobrinus  Fracan,  Winwaloe,  I,  2. 
Cetomerin,  Paul  Aurél.,  22,  compagnon  du  sainl. 
Creirvia  puella,  sœur  de  AVinwaloe,  Vie  de  Winicaloe,  I,  14  (Ma- 
nuscrit du  XVIe  siècle)  ;  Chreirhia  dans  les  autres  (3). 
Coetlann    :    quod    sonat    interpretatum    monasterium    nemoris, 

Gilclas,   27.    Le  texte   porte    Coetlahem,    ce  qui   est  une  faute 

évidente. 
Combronensi    regione,  Ninnoc,  Gart.  Quimp.,   p,  57;  Combro- 

nensium  régis  filia,  ibid.,  p.  62;  dérivé  de  '^Combrox,  Combrogis, 


(1)  Blncat  (ms.  dlcat)  a  été  transformé  par  il.  Cuissard  en  dicat,  ce  qui  est 
une  erreur  évidente  par  le  contexte  même.  Pour  Blncat  cf.  Biinocati  (^Inscrip- 
tions chrétiennes).  Il  y  a  un  Dingad  dans  le  Brecknockshire. 

(2)  11  faut  probablement  lire  Bretton-emis  ;  c'est  probablement  saint  Breiven, 
le  patron  de  Berné  (canton  du  Faouet,  Morbihan),  supplanté  aujourd'hui  par 
le  saint  saxon  Brévin. 

(3)  Il  est  difncile  de  ne  pas  rapprocher  ce  nom  du  gallois  creirn-tj.  joyau, 
perle,  épithète  pour  une  jolie  femme,  et  aussi  nom  propre. 


—  98  — 

compatriote;  *Com-broges,  les  Cymry,\e  nom  national  des  Gallois 

qui  a  tant  fait  divaguer  historiens  et  anthropologistes. 
Gonomaglus  :  Maglus  Conomagli  filius,Winwaloe,  1,18  (Voir  plus 

haut  Noms  gaulois  et  bretons  et  plus  bas  Conmail,  Chartes). 
Conomorus,  nom  d'homme,   Gildas,  20  (Voir  plus  haut,  Noms 

armoricains  du  VI°  siècle). 
Coriticiana    regio,    Brieuc,    p.    11,    en    gallois,    Ceredigiaivn, 

Cardigan. 
Demetia,  saint  Samson,  I,  le  pays  de  Dyfed,  sud  du  pays  de  Galles; 

Demelarum  patria,  Paul  Aurél.,  2. 
Domnonia,  Samson,  p.  59;  Domnonensis  patria,  Paul  Aurél.,  22, 

division  importante  de  la  Bretagne  armoricaine  septentrionale  (1). 
Elegium  fluvium,  Winwal.,  II,  12,  l'Ellé  qui  séparait  sur  la  grande 

partie  de  son  cours  les  deux  anciens  évêchés  de  Vannes  et  de 

Cornouailles  (2). 
Eltutus,  Samson,  8-9,  nom  d'un  saint  qui  a  donné  son  nom  à  Lan- 

lldut,  dans  l'ancien  diocèse  de  Léon,  et  à  d'autres  lieux  en  Bretagne 

et  dans  le  pays  de  Galles. 
Fracanus,  Winwal.,  I,  2,  Breton  insulaire  qui  a  donné  son  nom 

à  Ploii-fragan,  près  Saint-Brieuc. 
Gellocus,    nom  d'homme,    Paul    Aurél.,    11    (Cf.    armoricain    et 

gallois  gell,  brun,  châtain-foncé?). 
Golban  :  vadi  cui  vocahulum  Golban,  Paul  Aurél.,  17  (Cf.   gol- 

hinoc,  Gloses). 
Guennargant,  uxor  Gurkejitelu,   Vie  de  Nvinoc,  Cart.  Quimp., 

p.  59  (Voir  plus  bas.  Chartes,  au  nom  Argant). 
Gurgentelu,   qui  vocabatur  llfm,  Vie  de  Ninnoc,  Cart.  Quimp., 

p.  59;  plus  bas  Gurkenteluo  à  l'ablatif  (Cf.  Chartes,  Condelu^). 
Gyldan,  accusatif  du  nom  de  Gyldas,  Paul  Aurél.,  3, 


(1)  Ce  nom  a  été  apporté  en  Armorique  par  les  Bretons  Dumnonii  dont  le 
nom  se  retrouve  dans  celui  de  Devon,  comté  du  sud  de  l'Angleterre.  La 
Domnonée  comprenait  au  IX«  siècle  la  vaste  région  située  entre  le  Couesnon 
et  la  rade  de  Brest,  c'est-à-dire  les  anciens  évêchés  de  Dol,  Saint- Malo,  Saint- 
Brieuc,  Tréguier,  Léon. 

(2)  Cf.  le  nom  de  la  rivière  Elel,  aujourd'hui  Ehj  dans  le  Glamorgan  (Car- 
tulaire  de  Laudaiï,  pp.  27,  OC). 


-  99  — 
Hinuuoret,  le  personnage  auquel  est  dédiée  la  Vie  de  Paul  Âurélien 

(Voir  Chartes,  à  Hin). 
Hirglas,    glose    longi-fulva,  nom   de   la   cloche   de   Saint-Paul, 

Paul  Aurél.,  17. 
Hoiata  insula,  Gildas,  28;  l'île  de  Houat  sur  les  côtes  du  Morbihan, 

très  probablement  l'insula  Sîata  de  l'époque  gauloise. 
ludwalus,  nom  d'un  prince  breton,  Paul  Aurél.,  22  (1). 
luniavus,  qui  et  ipse  britannica  lingua  cwn  illis  lux  vocitabatur, 

saint  Samson,  46  (2). 
Kemenet-Heboueu,  Vie  de  Ninnoc,  Cart.  Quimp.,  ancien  doyenné 

dont  le  siège  était  à  Guidel,  près  Lorient  (Morbihan)  (3). 
Lann  monastère;  Lanna  Pauli,  aujourd'hui  Lainpaul  (Finistère), 

Paul  Aurél.,  13;  Lanna  Hilduti,  le  monastère  d'Iltut,  Gildas,  5; 

Lann  Ninnoc  en  Pleumeur  (Morbihan),   Vie   de  Ninnoc,  Cart. 

Quimp.,  p.  65. 
Letavia,   Gildas,  16;  in  armoricam  quondam  Gallise  regionem, 

timc  autern  a  Britannis  a  quibus  possidebalur  Laetavia  dicebalur; 

Letavie  portus,  Vie  de  Ninnoc,  Cart.  Quimp.,  p.  60;  Letavia,  en 

gallois  moderne  Llydaw,  était  le  nom  breton  de  l'Armorique  et 

avait  probablement  le  même  sens  qu'Aremorica,  c'est-à-dire  de 

région  maritime. 
Locmenech  :  locus  monaclwrum,  Gildas,  33,  aujourd'hui  Locminé 

(Morbihan),  en  breton  vannetais  Loguneh. 
Lowenanus,  Paul  Aurél.,  11,  nom  d'un  compagnon  du  saint  (Voir 

Chartes,  à  Louuen). 
Maglus,  Conomagli  tllius,  Winwaloe,  1, 18  (Voir  Conomaglus). 


(1")  Ce  nom  se  retrouve  dans  le  pays  de  Galles  :  Lynn  Idival  ou  le  lac  de 
ludnal  (Carnarvonshire). 

(2)  Ce  nom  se  retrouve  dans  celui  du  patron  d'une  chapelle  de  Saint- Aignan 
(canton  de  Clégnerec,  Morbihan),  transformé  en  Saint- Ignace  ;  on  prononce 
Sant-Iniaw.  Si  on  Ut  Innianns,  c'est  le  nom  de  SaUit-Innan,  transformé  lui 
aussi  en  Saint-Aignan. 

(3)  Kemenet  a  été  un  nom  commun,  indiquant  le  siège  d'une  division  terri- 
toriale assez  étendue.  Le  nom  étant  féminin,  on  a  eu  de  bonne  heure  la  forme 
ar  Gemcne  (Guémeué-Penfao,  Guémené-sur-Scoi-ff).  La  dentale  finale  a  disparu, 
ce  qui  suppose  que  le  f  a  représenté  une  aspirante  dentale  douce.  Les  paysans 
bretons  disent,  dans  le  Vannetais  :  Er  Gemene.  Pour  Heboneii,  voir  Hebgoen, 
Chartes. 


—  100  — 

Mailocus,  Gild.,  '■1,  nom  d'homrno,  dérivé  de  la  même  racine  que 
Maglus. 

Mediona  insula,  Paul  Aurél.,  H,  parait  être  une  des  Molènes, 
entre  Ouessant  et  le  continent. 

Meinin,  Paul  Aurél.,  14,  glose  lapideam  dans  Plebem  lapideam 
(mal  lu  par  Cuissard). 

Ninnoca,  Cart.  Quimp.,  57;  a  donné  son  nom  à  Lan-Nenec  et 
Sainl-Nenec  (Morbihan) . 

Ossam  insulam,  Paul  Aurél.,  11,  l'île  d'Ouessant  (1). 

Pull-Ilfin  le  marais,  la  mare  d'Ilfin,  Vie  de  Ninnoc,  Cart.  Quimp., 
p.  G2  Ci). 

Pennohen,  caput  boum,  la  tête  des  bœufs,  nom  de  lieu,  Paul 
Aurél.,  I. 

Plomorcat  ecclesiam,  Gild.,  40;  Plumergat,  près  Auray  (Mor- 
bihan). 

Plueu-mur,  la  grande  peuplade,  Vie  de  Ninnoc,  Cart.  Quimp., 
p.  02  :  Pleumeur  (Morbihan). 

Quonocus,  Paul  Aurél.,  11,  voir  Toquonocum. 

Quonomorium ,  surnom  du  roi  Marc,  Paul  Aurél.,  8  (Voir  Noms 
armoricains  du  VI"  siècle). 

Telmedovia  plebs,  Paul  Aurél.,  11;  aujourd'hui  Ploudalmézeau 
(Finistère). 

Thopepigia,  Winwaloe,  II,  3;  on  trouve  aussi  Thopopegia,  aujour- 
d'hui Tibidy  (Finistère). 

Tigernomaglus,  Paul  Aurél.,  22,  compagnon  du  saint;  c'est  aussi 
le  nom  du  personnage  auquel  est  adressée  la  Vie  de  saint  Samson 
(Tigernomalus);  cf.  Tiarmailus ,  Vie  de  saint  Turiaviis  (Boll., 
juillet,  IV,  p.  614). 

Toquonocum  :   Quonoco  quem  alii  sub  additamento  more  gentis 


(1)  Ossam  est  bien  la  forme,  en  vieil  armoricain,  d'où  dérive  le  nom  actuel 
Eussa.  On  trouve  encore  Ossa  dans  un  pouillé  du  diocèse  de  Léon  du  XV1«  siècle 
(De  Coui-son,  Cartulaire  de  Redon).  Le  gallois  Vc  liant  est  une  fonne  savante 
forgée  sur  Uxantis. 

(2)  Ce  nom  à.'lljin  est  curieux.  Il  se  retrouve  peut-être  dans  IfEendic  (commune 
d'IUe-et- Vilaine),  anciennement  llfintie;  cf.  le  nom  gallois  Eljjhin,  du  gaélique 
Aljnn, 


—  101  — 

transmarinae  Toquonocum  vocant  (Cf.  Saint-Connec,  aujourd'hui 
Saint-Connet,  en  Lignol,  Morbihan  ;  et  Saint-Thégonnec,  Finistère), 

Paul  Aurél.,  11. 
Towoedocus,  surnom  de  Woednovius,  compagnon  de  Paul,  Paul 

Aurél.,   11   (Cf.  Saint-Touézec,  patron   d'une   chapelle   près   de 

Saint-Brieuc). 
Trechmorum,  à  l'accusatif,  Gild.,  25,  saint  Tremeur,  fils  de  sainte 

Triphine. 
Uueithnoc,   Winwaloe,   5610  A;    Guethenoc,   Cart.   de   Land. , 

aujourd'hui   Gnezennec;  de  iveith,  combat  (Cf.    Uiieitnoc,  Cart. 

de  Redon,  IX^  siècle). 
Werocus,  Gild.,  20;  nom  du  célèbre   fondateur  du   plus   belli- 
queux des  États  bretons,  Bro-weroc,  aujourd'hui  Bro-erec   ou 

Vannetais  occidental  (Cf.  plus  haut  Verâcius,  Inscriptions  chré- 
tiennes). 
"Winwaloeus,  5610  A,  préface;  Guhigualoeus,  Cart.  de  Land.; 

Winwaloeiis,  Paul  Aurél.,  préface. 
Withur,  comte  de  Léon,  Paul  Aurél.,  15;  nom  emprunté  à  un  cas 

oblique  du  latin  victor  (1)  ? 
"Woedmonus,  nom  d'homme,  Winwaloe,  I,  16,  5610  A;  Guoed- 

monus,  Cart.  de  Land. 
Woednovius,  compagnon  du  saint,  Paul  Aurél.,  11;  Goueznou, 

Finis  tèi-e. 
Wormawi  villa,  Paul  Aurél.,  14  (Pour  mawi,  cf.  le  gallois  maiu, 

serviteur;  de  la  même  racine  que  l'armoricain  maoues,  femme, 

mevel,  serviteur). 
Wrdisten,   auteur   de   la    Vie   de   Wimualoe,  préface,  .5610  A; 

Gurdes/in,  Cart.  de  Land.;   Wrdisten,  Vie   de   Paul   Aurélien, 

préface  (Cf.  le  gallois  distein.^  sorte  d'intendant  dans  les  demeures 

des  chefs  gallois). 
Wrmonoc,  l'auteur  de  la  Vie  de  Paul  Aurélien,  préface. 


(1)  Il  est  à  noter  que  le  génitif  latinisé  de  ce  nom  dans  la  Vie  du  saint  est 
Withiiris: 


-  102 


II  —  Chartes 


Les  noms  bretons  qui  suivent  sont  tirés  du  Cartulaire  de  Redon 
et  du  Cartulaire  de  Landevennec,  à  l'exception  d'un  petit  nombre 
que  nous  avons  jugés  particulièrement  instructifs,  extraits  d'une 
charte  originale  du  XP  siècle,  conservée  dans  les  archives  du 
département  d'Ille-et- Vilaine  (fonds  de  l'abbaye  de  Saint-Sulpice 
de  Rennes,  liasse  89),  et  publiée  par  M.  Arthur  de  la  Borderie 
dans  les  Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et- 
Vilaine,  t.  XVII,  1885,  pp.  17-19  (1).  Le  Cartulaire  de  Redon, 
si  on  excepte  les  quinze  ou  vingt  dernières  chartes,  a  été  écrit  au 
XP  siècle,  mais  un  très  grand  nombre  de  chartes  sont  du  IX«  ; 
trois  sont  du  VHP  ;  un  certain  nombre  appartiennent  au  X®.  Ces 
chartes  offrent  toutes  les  garanties  possibles  d'authenticité.  Le 
scribe  les  a  reproduites  avec  autant  de  fidélité  que  son  ignorance 
le  lui  a  permis.  Il  a  commis  bon  nombre  d'erreurs  de  lecture  et  il 
est  parfaitement  clair  qu'il  a  eu  devant  les  yeux  une  écriture  du 
IX^  siècle  qu'il  n'a  pas  toujours  su  déchiffrer.  Il  a  confondu 
le  c  et  le  t,  Vh  et  le  b,  cl,  ch  et  d,  etc.  Il  nous  paraît  même  résulter 
de  certaines  fautes  qu'il  ne  savait  pas  le  breton.  On  a  attribué  les 
différences  d'orthographe  pour  plusieurs  noms  bretons  à  l'in- 
fluence de  la  prononciation  du  XP  siècle.  Une  étude  attentive  du 
manuscrit  nous  a  amené  à  la  conclusion  que  les  variations  dans 
l'orthographe  ne  sont  pas  le  fait  du  scribe,  qu'elles  existaient 
réellement  dans  l'original.  L'orthographe  est  particulièrement 
flottante  en  ce  qui  concerne  la  transcription  des  spirantes  den- 
tales, gutturales  et  labiales.  La  spirante  dentale  sourde  [th  dur 
anglais,  th  gallois)  est  écrite  t,  th,  d,  même  s  (Voir  Brith).  La 
spirante  dentale  sonore,  dd  du  gallois  moderne,  ;::  armoricain 


(1)  Cette  charte  fait  partie  d'une  série  de  documents  publiés  par  M.  Arthur 
de  la  Borderie,  avec  un  commentaire  intéressant,  dans  le  t.  XVII,  des  Mémoires 
de  la  Société  archéologique  WlUe-et-  Vilaine,  sous  le  titre  de  :  Recueil  d'actes 
inédits  des  ducs  et  princes  de  Bretagne  (XI<^,  XII*  et  XIII'=  siècles). 


—  103  — 
moyen,  th  doux  anglais)  est  écrite  t,  th,  plus  souvent  cl.  Le  i/i 
représente  assez  souvent  une  simple  explosive  sourde  t,  quel- 
quefois même  l'explosive  sonore  d.  Le  ch  n'a  pas  non  plus 
toujours  la  valeur  d'une  spirante  gutturale;  il  indique  parfois  une 
simple  explosive  sourde,  ou  forte  c.  Enfin,  les  spirantes  sont  sou- 
vent représentées  par  des  ténues  ou  fortes.  Le  b  alterne  à  chaque 
instant  avec  le  u=:v,  même  dans  des  mots  latins  {nohembrio, 
p.  57,  pour  novembrio).  Le  g  est  souvent  spirant  entre  deux 
voyelles;  aussi  alterne-t-il  souvent  avec  i  {i  spirant).  Pour  les 
voyelles,  ae  représente  souvent,  même  dans  les  mots  latins,  un 
son  e  (probablement  è  ouvert  français).  L'/  sorti  d'?"  bref 
alterne  aussi  souvent  avec  e  en  attendant  qu'il  passe  com- 
plètement k   e.    U  représente   les  sons    u  et  ou  français. 

Le  Cartulaire  de  Redon  a  été  publié  par  M.  Aurélien  de 
Courson  dans  la  collection  des  Docuinents  inédits  sur  Vhistoire 
de  France,  Paris,  1865.  Nous  avons  collationné  l'original  qui 
se  trouve  aujourd'hui  dans  la  bibliothèque  du  grand  séminaire 
de  Rennes,  et  nous  avons  pu  opérer,  au  point  de  vue  de  la 
langue,  un  certain  nombre  de  corrections  importantes,  que  nous 
signalons,  lorsqu'il  y  a  lieu.  Un  point  important  à  noter,  c'est 
que  l'index  souvent  n'est  pas  conforme  aux  chartes  (1).  Les 
noms  qui  dans  notre  publication,  ne  sont  pas  suivis  d'une  date, 
appartiennent  à  des  chartes  du  IX^  siècle.  Pour  les  noms  du 
IX^  siècle,  nous  ne  donnons  la  date  qu'au  cas  où  il  y  a  doute 
sur  la  forme  réelle  du  nom  ou  lorsqu'un  changement  ou  un 
flottement  dans  l'orthographe  peut  intéresser  la  phonétique  et 
l'histoire  de  la  langue. 

Le  Cartulaire  de  Landevennec  est  dans  son  ensemble  du 
XP  siècle.  Les  actes  qui  y  sont  donnés  comme  antérieurs  à  ce 
siècle  peuvent  être  considérés  comme  apocryphes  en  très  grande 
partie  ou  arrangés  :  ils  n'ont  de  valeur  au  point  de  vue  de  la 


(1)  Au  point  de  vue  de  la  linguistique  bretonne,  la  publication  de  M.  de 
Courson  est  très  défectueuse.  C'est  un  travail  à  refaire. 


-  104  — 
langue  que  comme  documents  de  l'époque  de  la  rédaction  du 
Cartulaire.  Les  actes  du  Cartulaire  de  Landevennec  ont  été 
publiés  dans  la  collection  des  Dociitnents  inédits  sur  Vhistoire 
de  France,  mélanges  historiques,  t.  V,  Paris,  1886.  La  copie  en 
avait  été  préparée  par  M.  Le  Men  ;  les  épreuves  ont  été  corrigées 
et  l'index  rédigé  par  M.  Emile  Ernault.  En  tête  se  trouve  une 
préface  de  M,  d'Arbois  de  Jubainville  traitant  de  la  description 
du  manuscrit,  de  la  langue  des  noms  bretons,  et  d'une  chrono- 
logie du  Cartulaire  de  Landevennec.  Les  noms  bretons  que 
nous  extrayons  du  Cartulaire  de  Landevennec  sont  suivis  de 
l'abréviation  C.  L.  Nous  réservons  pour  la  période  du  moyen 
armoricain  les  noms  du  Cartulaire  de  Quimperlé  dont  les  actes 
ont  été  pour  la  plupart  rédigés  au  XIP  siècle. 

Les  actes  du  Cartulaire  de  Redon  forment  en  réalité,  avec  les 
gloses,  le  seul  document  véritablement  important  où  on  puisse 
étudier  le  vieil  armoricain,  le  XP  siècle  étant  déjà  une  époque 
de  transition  et  pouvant  être  considéré  comme  ouvrant  la  période 
du  moyen  armoricain.  Il  y  a  dans  le  manuscrit  deux  lacunes 
principales,  l'une  du  folio  8  verso  au  folio  51  recto;  l'autre  au 
folio  78  où  on  passe  de  la  charte  124  à  la  charte  233.  La  perte 
totale  peut  s'évaluer  à  115  chartes,  dont  quelques  rares  extraits 
nous  ont  été  conservés  par  les  Bénédictins,  Ces  fragments  et 
d'autres  documents  empruntés  à  la  collection  des  Blancs- 
Manteaux  ou  détachés  d'un  second  Cartulaire  de  Redon  dont  on 
a  recueilli  quelques  feuillets  ont  été  donnés  en  appendice  par 
M.  de  Courson. 

Les  noms  qui  ne  sont  pas  suivis  de  l'indication  nom  de  lieu 
sont  des  noms  d'homme  : 

Ab;    l'abréviation   usuelle  pour  inap,  fils?  dans  Ab-hrit,  857  — 

Ah-gar,  865  (Voir  Beuuin). 
Abbattabbé,  C.  L.,  50. 

Achebui  844  (Achebui,  Achiboe,  Akeboe  874-876). 
Ad,  préfixe,  identique  au  latin  ad,  souvent  confondu  avec  le  suffixe 


-  -105  - 

vieux  celtique  ate,  qui  a  à  peu  près  le  sens  du  latin  re  :  Adgan, 

Adgant. 
Ael   sourcil,   dans    Uiirm-haelon ,    aux   sourcils    bruns   (1)   (Voir 

Uurmhnelon) . 
Aer  carnage,  combat  :  Aer-mitit  —  Aer-nonne  —  Aer-uiu  857, 

Haerviu  860,  appendice,  Herueu  869;   Haerueu,  C.    L.,   47  — 

Haer-ui  868,  Hervi  1051-1060  —  Haer-uuiu  879  —  Her-leuuinus, 

C.  L.,  24,  Her-pritt  (tribus),  C.  L.,  85  (Voir  7/aer). 
Aeth  (Cf.  gallois  aeth,  pointe,  piquant,  au  figuré  douleur?  ou  aidd, 

zèle,  chaleur)  :  Aelh-lon,  avant  797  (Ait-Ion  844  -  Aithlon  891-898 

—  Elhlon  832  —  Haethlon  848  —  Heslonus  1051   —  Helhlon 

1100)  —  Helhrneren,  Edmeren,  C.  L.,  24,  18. 
Aethurec  Rethcar,  nom  de  lieu,  C.  L.,  30  —  Aethuric  Freoc,  Cart. 

de  Red.,  875  —  Aethuric  Milcondoes  875  (Cf.  aeth)  (2). 
Afroc,  seul,  et  dans  Ran-afroc  866. 
Al  autre'}  :   Alii  villa  (3)  —  Alliou  (C.  L.,  52?)  —  peut-être  dans 

Al-nou  797  —  Alnodet  857  —  Aluuoret  853-864  —  Alui  1026  — 

Alueus  846,  Albeu  859.  Dans  plusieurs  de  ces  noms,  sinon  dans 

tous,  al  est  pour  ait  (Voir  ait). 
Alan,  nom  propre  très  commun  aujourd'hui  encore  (Voir  Alamnus 

à   l'article   Monnaies)   —   Halanau   (4),   aujourd'hui   Alano   ou 

Alanou,  en  parait  un  dérivé. 
Alt  (Cf.  gallois  allt,   falaise,  escarpement,  armoricain  aod,  rivage, 

Pen-ann-aiU,   C.    L.,    XIII«   siècle)   :    Alt-frid  852,  Alfrit  871 

(Albril  850  —  Alurit  879)  -  Alfret  et  Altfred  868  —  Aulfret, 

C.  L.,  54  -  Alt-roen  797,  Aldroen  1052-1060  (5). 
Alvar-pren,  lieu  en  Crozon,  C.  L.,  8.  Le  manuscrit  du  XVJe  siècle 

donne  aval-pren,  pommier. 
Alunoc  832-860.  Alun  se  retrouve  dans  plusieurs  noms  du  pays  de 

Galles. 


(1)  Wnii  ael,  est  un  surnom  que  le  poète  Dafydd  ab  Gwilym  donne,  à  une  de 
ses  amies. 

(2)  Aethurec,  toujoui's  accompagné  d'un  nom  propre  est  peut-être  un  nom 
commun  :  le  lieu  aux  ajoncs  ?  gallois  eithin,  ajoncs, 

(8)  Titre  170,    le  manuscrit  donne  villa  aUi  et  non  aUi. 

(4)  Halanau  a  été  transformé  par  M.  de  Courson  eu  Balandii,  titre  241,  p.  192. 

(5)  Sur  Allt  voir  Rhys,  Lectures,  p.  416;  ù'tiod  est  dérivé  Tarmoricain  autenn, 
rasoir;  pour  le  rapport  des  sens,  cf.  le  grec  pny^iç,  falaise,  et  p'rjyvupi,  je  brise. 


—  10(5  — 
Am,  préfixe  et  préposition,  en  gaulois  amhi,  autour  de  :  Am-hedr, 

G.  L.,  25  —  Amrith,  lieu,  841. 
An,   article  dans  an  Cloedou,   G.  L.,  29  —  an  Laedti,  G.   L., 

14,  etc. 
An,  particule  intensive  dans  An-budiat  et  An-uudiat  868  —  Anga- 

bolo  —  Anuuanoc. 
Anau  inspiration  musicale,  génie  poétique,  clianteur;  Anau,  nom 

d'homme  832  —  Anauan,  Anauhi,  Anauhic,  Anauuen. 

NOMS   COMPOSÉS    : 


Anau-britou. 

Anau-hoiant. 

Anauuanoc. 

-bud. 

-hoiarn. 

Anauuedoe. 

-car. 

-hoiat. 

Anauueten. 

-gen. 

-ki. 

Anauuian. 

-haillon. 

-lechan. 

Anauuili. 

-hiart  1041. 

-monoc. 

Anauuolou. 

-hird,  hitr. 

-ran. 

Anauuoret. 

-hocar. 

Doithanau   (1)  814-825,  Doidanau  826  —  Dreanau  et  Drianau  — 
Gloisanau —  Ritanau —  Uuinanau. 

Angabolo  saisie,  reprise,  charte  XI,  p.  12  (Portitoe  et  Gonuual 
font  donation  pleine  et  entière  aux  moines  de  Redon  de  certaines 
terres;  la  charte  se  termine  par  ces  mots  :  «  Et  ha3c  donatio  stipu- 
latione  subnixa  inlibata  permaneat,  sine  angabolo  (2).  » 

Anoetoc  (Gf.  gallois  anwydog,  d'anwyd,  nature,  tempérament,  ou 
d'amcyd,  armoricain  anoued,  froid?). 

Anton  :  Uuor-anton,  Guranton,  Treanton  ou  Trehanton. 

Antrcar  :  Bronantrcar  850-866,  nom  de  lieu  —  Antracar  832-866 
(Cf.  Antrauual  826-8  iO  —  Antruual  832-840). 

Anu  nom  :  Doithanu  856. 

Aostic  rossignol,  nom  d'homme,  864-870. 

Aour  or^  :  Aourkenou  Ourken,  femme  du  machtiern  làrnhitin  872. 


(1)  L'index  donne  à  tort  Doitanav. 

(2)  Cf.  irl.  gaibim,  je  prends,  gall.  gafael,  action  de  saisir,  de  tenir. 


—  107  - 
Ar,   généralement  représente  la  particule  du  vieux  celtique  are 
(Cependant  voir  arth  et  lioiarn). 

Ar-bidan.  Ar-blant. 

-biuan  et  Arbeuuan  85î>.  -chenalt  1041. 

-bidoe  875  —  Aruidoe  878. 

Ar-chol  et  Arcol  aujourd'hui  Argol  (Finistère),  C.  L.,  7. 

Ardian  (Tref),  C.  L.,  18. 

Ardon,  Crue  Ardon,  Ardon  Rowis  878,  appendice  {Arzon  près 
Sarzeau,  Morbihan). 

Argant  argent,  brillant  (Voir  le  gaulois  argento-)  :  Argantan, 
femme  de  Tethuuiu  —  Argant,  fils  de  Gustentin  —  Argant- hael, 
femme  de  Nomenoe  —  Argant-ken,  nom  de  femme  —  Argant- 
louuen  —  Argant-phitur  —  Argant-monoc  —  lunargant,  C.  L.,42 
—  Guennargant,  G.  L.,  dans  Run  Guennargant  (Note  du  XllI^ 
siècle)  (1). 

Arth  ours  :  Arthanael  —  Arth-biu  8t26-8i9,  Arthueu  834,  Arthuiu 
834  —  Arlh-lon  —  Arth-mael  840,  Armail  897,  Armael  1052, 
Armel  1144,  Arsmel  1112— Arth-nou  882  —  Arl-uuiu  —  Arth- 
uuolou;  Artwolau  832-833,  appendice  —  Arrthel  834  (la  lecture 
est  douteuse)  —  Arhuual  848  (pour  Arthuual?). 

Arthur,  nom  d'homme  qui  se  retrouve  six  fois  dans  le  Carlulaire 
de  Redon. 

Aruuistl  gage  (2),  in  aruuistl  en  gage,  849;  cf.  gallois  arwystl, 
gage,  armoricain  gwestl. 

Asoeu,  Asoe,  Asoui,  Asou,  dans  Ri-assoe  —  lun-asoe  —  Asoiu- 
car? —  Uuorasoe  859-865,  Uorasou  832,  Guorasou  833,  Uuorhasoui 


(1)  Pour  les  noms  gallois  composés  à.' argant,  voir  J.  Rhys,  Lectures,  p.  374; 
pour  Guennargant  cf.  le  gallois  Arian-nen. 

(2)  M.  de  Coui-son  en  a  fait  un  nom  de  lieu  en  Mellac,  ce  que  dément  le 
contexte.  Il  s'agit  entre  les  contractants  d'un  prêt  sur  gage,  sur  terre,  fait 
à  Catmoet  par  Alurit  :  «  Notitia  in  quorum  presentia  de  illa  parte  terra  campum 
juris  mei  Eanbuduuere,  ego.  Catmoet,  constat  me  tibi  Alurit  dedi&se  illam  rem 
proprietatis  mes  hi  arnnistl  propter  solides  VI,  quod  miM  bene  complacuit 
usque  in  caput  VII  annos  in  ascensione  Domini  Pascha  rogationis,  et  si 
invenitur  in  ipsa  die  in  Pascha  rogationis  sol.  ad  Alurit,  reddatur  terra  ad 
suum  heredem,  sin  perflrmata  erit  ad  Alurit  et  generationes  suas  in  sine  fine.  » 


--  -108  — 

826-834,  Uuorhasoeu  840,  Uuorasoui  850,  846  (1),  Wrhasoui  848, 

appendice. 
Atoeu,  Atoi,  Atoui,  Hatoeu,  Hatoui,  dans  Uuoedatoeu  819  ou  820, 

Uuoetatoe  867  —  Uuorhatoeu  855,  Uuorhatoi  854,  Uuorhatohoui 

834   (2)  —  larnhatoeu  826-834,  larnhatoe  848-849,  larnhathoui 

892  (3)  (Voir  Haithoui). 
Atoire,  Atoere,  Atore  (4). 
Atr  flumen,  affluent  de  l'Ult,  aujourd'hui  l'Artz  {Vit,   aujourd'hui 

rOuU;  voir  Ult). 
Avaellon,  lieu  en  Kaer  851-856  (peut-être  pour  mielon;   pour 

ae  =  e,  cf.  aecclesia  pour  ecclesia,  dans  le  Cartulaire;  avelon  serait 

alors  un  dérivé  d'avel,  vent). 
Bacb  :  medietatem  Bach  Houuori  (Lisez  hach  ou  baili)  (5). 
Baf,  le  bourg  de  Batz,  près  Guérande;  Baf  853-859-864,  866;  854 

et  855,  appendice;  salinas  Uas  864,  p.  64,  mais  dans  la  même 

charte  Baf;  le  titre  de  cette  dernière  charte  porte  Bhat.  Il  faut 

lire  Bath  (Voir  plus  haut  Battha,  Vies  des  Saints)  (6). 
Bal,  dans  Balrit,  nom  de  lieu  (Cf.  gallois  bal,  pic  d'une  montagne?). 


(1)  Le  manuscrit  porte  Uiioi'lmsoui  et  nou  fJuorhathoni  comme  l'écrit 
M.  de  Courson,  p.  io. 

(2)  M.  de  Courson  donne  Uuorhathoui,  p.  89. 

(3)  Il  est  peu  probable  que  les  formes  en  asocii,  «.v(i«7,  etc.,  et  les  formes 
en  atocn,  atoui,  hathoui,  soient  identiques.  LV  représenterait  la  spirante  dentale 
sourde  th;  il  y  a  des  exemples  certains  de  cet  emploi  d.e  1'*  (Voir  Brith).  Les 
noms  de  femme  comme  Azon  ou  Hazou,  semblent  bien  remonter  à  une  forme 
Hatlwul  (Voir  Haithoui).  Nous  avons  en  vain  essayé  d'identifier  ces  noms  eu 
asoe  avec  des  noms  en  Jiatoc,  hathoev. 

(4)  Cf.  le  nom  comique  Adoyrc  (Whitley  Stokes,  Maiminùsionson  the  Bodmin 
Gospel,  Revue  celtique,  I,  p.  332). 

(.5)  Le  scribe  avait  devant  lui  des  chartes  du  IX^  siècle.  Or,  à  cette  époque, 
Vh  et  le  h  peuvent  facilement  se  confondre  :  voir  Léopold  Delisle,  Caiinet  des 
3Ia>iuscrits,  planche  28,  n"  5  (Cf.  Cart.,  Bovem  pour  Houuen,  p.  23).  Le  c  et  le  t, 
dans  le  Manuscrit  d'Orléans  contenant  des  gloses  hretonnes,  manuscrit  du 
X<=  siècle,  et  présentant  des  traits  qui  le  rapprochent  de  l'écriture  saxonne, 
sont  également  parfois  difficiles  à  distinguer  (Ce  manuscrit  a  été  écrit  en 
Bretagne).  Le  scribe  confond  également  ch,  th  et  d  :  Uninmoduat  pour  Uuin- 
mochiat,  Uiiarrodvœ  pour  JJuarrochiœ,  Badoutien  pour  Ratlonuen. 

(6)  Il  est  peu  probable  que  la  charte  authentique  portât  Baf.  Le  scribe  a  dû 
avoir  sous  les  yeux  un  caractère  qu'il  n'a  pas  su  lire,  un  s  particulier  ou  le  signe 
anglo-saxon  pour  la  spirante  dentale.  Si  la  charte  authentique  portait  Baf,  cela 
montre,  avec  l'écriture  Bas,  l'embarras  des  scribes  pour  transcrire  la  spirante 
dentale  sourde. 


—  109  — 

Balilakel,  nom  de  lieu,  841,  appendice,  pars  Balacel  841 ,  appendice. 

Barb,  dans  Barh-difeith  861-867  (barbe  inculte).  Barb  se  retrouve 
dans  Ran  henharh  854-865  (deux  fois),  et  non  Henhar,  comme 
Ta  écrit  M.  de  Courson;  il  faut  probablement  lire  Hen-hartJi  (Voir 
la  note  pour  Bach). 

Bastart,  surnom  de  Telent,  hâtard. 

Bath  Uuenran,  C.  L.,  25;  voir  Baf. 

Bedoe,  voir  Bidoe. 

Beduu  bouleau,  830  (Dans  la  même  charte,  villa  Abeduu  doit 
être  corrigé  en  villa  ad  Beduu  ou  villa  Beduu)  —  Lis-vedu  836 
(Lisbedu  814-825). 

Belstomnus  ou  Belstonnus?  866  :  Salomon  dux  in  Brilannia  et 
Pascuuethen  belstôno. 

Benitoe  833  (Bentoe  821). 

Benigaud  814-821. 

Berth  :  Bertblec  (1)  —  Berth-uualt,  Bertuualt;  Berduualt,  C.  L., 
15  —  Berth-uuor;  Bratberth,  C.  L.,  34  {Braspartz,  arron- 
dissement de  Cbàteaulin). 

Bet  pour  bed,  tombe;  dans  Bet furie,  nom  de  lieu. 

Beuuin  dans  Bot  Beuuin. 

Bicham  dans  Uuin-bicham,  superlatif  de  bich ,  petit?  (Voir 
Bihan). 

Bidet  :  Matbidet  833,  Matuidet  836  (L'index  porte  faussement 
Maiuuidet);  cf.  \<  s  noms  en  hidoe. 

Bidoe  :  Gleu-bidoe  —  Hael -bidoe  —  Hetr-uedoi,  Hird-bidoe  (2) 
866,  Hiruidoe  868  —  larn-bidoe  845,  Tarnuidoe  837  (3)  —  Loies- 
bidoe  848,  Loiesuidoe  846  (4)  —  Mat-uedoe  913,  Mat-bidoe  895 
—  Bis-uidoe  —  Tanet-bidoe  —  Uueten-bidoe  —  Uuas-bidoe. 

'Biha.n  petit  :  uadum  bihan  1041. 

(1)  Berthlec  se  trouve  au  miKeu  de  noms  germaniques;  il  est  fort  possible  que 
ce  soit  un  nom  germanique,  comme  Bertuualt  d'ailleurs;  cf.  cependant  le  gallois 
hertJiaivg  riche,  et  le  composé  j}ryd-fe?-th  beau;  Gur-ierth,  Cartulaire  de  LandafE, 
p.  140  ;  pour  lec,  cf.  Trilec,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  190. 

(2)  M.  de  Courson  donne  Hir-hidoe.  p.  50.  titre  62. 

(3)  L'index  porte  larmiidoe.  la  charte  (p.  13,  titre  13)  larnuuldoe,  ce  qui  est 
également  faux;  le  manuscrit  donne  laruuidoe.  faute  évddente  du  copiste  pour 
larn-uidoe. 

(•i)  L'index  porte  à  tort  Loiemuidoe,  la  charte  et  le  manuscrit  ont  Loiesuidoe. 
Pour  bidoe,  cf.  les  formes  aim.  e:;  bez-,  gai!,  li/dd,  du  verbe  être. 


—  110  — 

Bili,  nom  propre  très  fréquent,  seul  ou  en  composition  (Cf.  gallois 
Beli;  voir  Bilin)  : 

Anau-uili  —  Con-uili  —  Gleu-uili  —  Guor-uili,  Uuoruili , 
Uuruili  —  Hael-uili  —  Maen-bili,  Maenuili  —  Rat-uili  843, 
Rabili  (même  charte). 

Bilian  villa,  826  —  Ran  Uilian,  avant  797. 

Bilin  dans  Ri-vilin  868  (Cf.  Cunohelinus,  Noms  propres  de  Grande- 
Bretagne). 
Biscam,  de  his,  doigt,  et  cam,  recourbé. 
Biscan  et  Bescan?  (cf.  arm.  besk,  écourtél). 
Bit   inonde,   et  aussi   peut-être    hit    pour   hilh,   gallois   hyth   en 

composition  dans  le  sens  de  toujours,  éternellement  :  Bit-comin, 

Bit-monoc. 
Biu  et  Beu  vivant,  Arth-biu,  Aer-uiu  (Voir  Arth,  aer,  hael,  tanet, 

hoiarn,  uueten,  etc.). 
Blaen  sommet  :  Blein-rin  857,  appendice  —  Bien-lin  —  Blen-liuet 

(Blenluet  1108),  Blen-liuuet;  Blen-liuet,  C.  L.,  25  —  Treu-blen, 

lieu,  1066-1082. 
Blauued,  fleuve,  le  Blavet  (1). 
Bledic  841,  appendice,  dérivé  de  hleid  loup. 
Blehuc  chevelu,  C.  L.,  31  (Surnom  de  Pistient). 
Bleidbara,  de  hleid  loup,  et  hara  pain  (2). 
Bod  volotité,  bon  plaisir  (gallois  hodd),  dans  Bodan,  peut-être  dans 

Boduuoret  844,  Bouuoret  840-847  —  Bohoiarnus,  1081-1083. 
Boduu  et  bodu  qui  se  plaît  à  :  Euboduu,  Tribodu,  Cat-uodu  (3). 
Boe  (gaulois  hogio-  ?),  dans  Dosarboe,  Erispoe?  Riskiboe  814. 
Bot  résidence,  houquet,  touffe  d" arbres,  de  plantes,  hameau;  entre 

en  composition  de  beaucoup  de  noms  de  lieux,  aujourd'hui  comme 

à  l'époque  du  Cartulaire  de  Redon. 


(1)  En  breton  de  Vannes  Blawec'h,  ce  qui  suppose  en  vieil  armoricain 
Blaweth  =  *Blavetto-. 

(2)  On  appelle  encore  Meibara  dans  le  pays  de  Vannes  et  en  Cornouailles, 
ailleurs  aussi  probablement,  les  gens  d'un  appétit  inquiétant. 

(3)  Le  manuscrit,  comme  le  texte  imprimé,  porte  Cat-uuodu  qu'il  faut 
corriger  en  Cat-nodxi.  Dans  certains  cas  hodv  pourrait  bien  être  une  forme  faible 
de  l)oud,  victoire  {Jbodu  =  *budrM). 


—  111  — 

Bothlenus  816  (Boslenus  819  —  Botlenus  833  (1)  :  c'est  le  même 
personnage). 

Bran  corbeau;  nom  de  sept  ou  huit  personnes  dans  le  Cartulaire; 
dérivés  :  Branoc,  Branon;  composé  :  Bran-hucar  (pour  bran 
=  bren  colline,  voir  bren). 

Bras  grand,  dans  Tret-bras,  860  ou  866. 

Bratberth,  C.  L.,  34  (Braspartz,  Finistère). 

Brech  bras,  dans  Brech-uualt,  843. 

Bren  colline,  dans  les  noms  de  lieux  :  Bren-medno  {Société  ar- 
chéologique d'IUe-et-V Haine,  XVII,  p.  19)  —  Bren-Helmelin 
375,  appendice;  apparaît  sous  la  forme  bran  dans  Bran-quassec 
1123  (2),  et  peut-être  dans  Bran-secan  (3),  797-814. 

Bre  colline,  élévation,  dans  le  dérivé  :  villa  Breoc. 

Bresel  guerre  ;  Presel,  surnom  de  Guennedat,  1063-1076  ;  Breselan, 
Breseloc  :  —  Bresel-conan  —  Bresel-coucant  —  Bresel-marchoc 
—  Bresel-ueu  —  Bresel-uuobri  —  Preselan,  Presel-gar  913  — 
Presel-guoret,  897. 

Bri  dignité,  élévation  :  Bri-uual,  Bri-uualt —  Uuobri  (4);  dérivés  : 
Brian,  Uuobrian;  Brioc;  Brient  (5)  (Voir  Guic-bri). 

Brit  (Cf.  gall.  brijd  pensée,  intention?);  Altfrit,  Albrit  —  Sulbrit, 
Conbrit  —  Brithael  —  Britoei,  Britou'^  (6),  Loies-brittou,  p.  127, 
titre  162,  et  non  Loies-brifou,  comme  l'écrit  M.  de  Gourson. 

Brith  tacheté,  bigarré,  Uuenbrit,  femme  du  roi  Salomon,  866-869, 
nom  écrit  Uuenbris  dans  une  charte  de  864,  p.  45,  et  Guenuureth 
(lisez  Guen-Vreth),  869. 

Bro  pays,  dans  Bro-uueroc;  Broguerec,  C.  L.,  40  (le  Vannetais 
breton). 

(1)  Comme  il  n'y  a  dans  les  chartes  où  apparaît  Bothlenus  que  des  noms 
germaniques,  il  est  peu  probable  que  ce  nom  soit  breton.  L'orthographe  du  nom 
est  instructive  et  nous  a  paru  devoir  être  relevée. 

(2)  De  Courson  :  Bran-quasset. 

(3)  De  Coui-son  :  Bran-scean. 

(4)  Dans  les  gloses  gvoiriacli,  comparatif  de  miohri  glose  sapientior  ;  guoiri, 
glose  gravis. 

(5)  Voir  dans  les  gloses  Brientinion. 

(6)  Il  est  difficile  de  dire  si  Brithael,  Britoei  et  Britou  se  rapportent  à  brit 
ou  à  brith.  Il  faudrait  pour  trancher  la  difficulté,  trouver  ces  noms  sous  une 
forme  plus  moderne.  Pour  Uuen-brit,  il  n'est  pas  douteux  que  le  t  ne  représente 
la  dentale  spirante  sourde.  Cf.  Gidbi'it  et  Gulfrit,  p.  257;  Sul-urit,2&l;  Albrit, 
p.  206  :  Cartulaire  de  Landaff. 


—  115  — 

Brochan,  dans  Ran  Brochan  (Voir  plus  haut  Vies  des  saints). 

Broen  ou  Broin,  nom  d'homme;  Broinantrcar,  nom  de  heu, 
850-866,  mais  Bronantrear,  846  et  833  (Voir  hron).  Cf.  Conbroin, 
Cartulaire  de  Landaff,  p.    135    (irlandais  Briaiil  ou    dérivé  de 

•     *hrox,  *hrogis^). 

Bron  colline  arrondie,  mamelle,  a  conservé  ces  deux  sens  dans  le 
pays  de  Galles;  Bron  Arill  854  :  le  même  lieu  dans  un  charte  de 
-854,  p.  369,  appendice,  est  appelé  deux  fois  monte  Arill. 


Bron-budnou, app. 
-boiat. 
-budan  (1). 
-budgen  (2). 
-concar. 
-din,  app. 
-harch  (3). 


Bron-hitin.  Bron-euuor. 

-kirifm,  app.  -ritiern. 

-iuduuocon.  -sican. 

-mael.  -siuuan. 

-malin,  app.  -tro. 

-menion.  -uuinoc. 


Broniou  campus,  se  rattache  à  hron  ou  est  un  pluriel  de  hroin  (le 

champ  aux  joncs?). 
Bu  hœuf,  dans  buorth,  C.  L.,  18. 
Bud  victoire,  gain,  dans  Budic,  Budoc,  Budican,  Ran-Camp-i?i<dan, 

nom  de  lieu;  Cat-uud,  Hoiarn-uud,  larnbud. 


Bud-comin. 

-hemel  {Butheael,  G.  L. , 
30,  note  du  Xllle  siècle), 
-hoiarn. 
-ien. 
-monoc. 

-nou  (Bron  Budnou),  app. 
-rith. 


Bud-uuere. 
-uueten  (4). 
-uuolou. 
But-gual  1038  (Tref  Budgual, 
G.  L.,  14). 
-uuoreth  871  ,  Budguoret 
909  (5). 


(1)  M.  de  Courson  donne  à  tort  Broti-hndian  (p.  143,  titre  184). 

(2)  Lïndex  donne  Gran-'budgen  (p.  (în,  titre  77)  ;  le  manuscrit  porte  Bron 
hitdgcn,  avec  Gran  sur  hron.  Gran  seml)le  être  un  autre  nom  du  même  lieu; 
il  y  a  en  effet,  écrit  en  marge  :  de  Gran  et  de  Caentuen. 

(3)  Il  faut  peut-être  corriger  en  Bronharth  —  Cf.  Penhav:.  près  Quimper 
(Finistère). 

(4)  P.  25,  charte  31  —  M.  de  Courson  donne  But-vneten;  le  manuscrit 
porte  Bnd-mieten. 

(5)  il  est  certain  que  le  d  ou  t  de  hud.  représente  une  dentale  spirante 
sonore;  Butgvoret  ou  Biid-ininrct,  est  un  nom  qui  a  survécu  et  se  trouve  dans 
des  chartes  plus  récentes,  sous  la  forme  Buzorct. 


—  143  — 

Budinit,  Budinet,  de  hud  ou  de  hudin  troupe;  Budin,  nom 
d'homme. 

Buhedoc  892,  de  hiihed  vie. 

Buorht  et  Buort,  pour  Buorth,  étable  à  bœufs,  C.  L.,  18  (note  du 
XII''  siècle),  aujourd'hui  Buhors,  commune  de  Lolhey,  canton  de 
Pleyben  (Finistère). 

Cad.  Voir  cat. 

Caer  forteresse,  lieu  retranché,  aujourd'hui  village;  C.  L.,  -45  :  Caer 
Bullauc;  Plebs  Chaer  ou  Kaer  (Loc-maria-ker,  Morbihan);  Cher- 
mar  {Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et- Vilaine, 
XVII,  p.  18)  —  Cher-caualloc ,  ihid.  —  Cher-loscheit,  ibid.  — 
Gher-cheresuc,  ibid. 

Kain  dans  Uueten-Kain,  Keinnic'! 

Kalanhedre,  de  kalan  du  latin  calendœ,  et  de  hedre,  octobre. 

Kaledan  (Kaledanus)  1066-1082,  de  calet  dur. 

Galon  cœur  ;  Uuin-calon,  Guin-calon  833,  Guen-calon  1066-1082. 

Gallon.  Voir  Cat-lon. 

Cam  courbe,  boiteux  :  salina  Cham  ;  Riuualt  Cham  ou  Riuualt  le 
boiteux  (M.  de  Courson  en  a  fait  deux  personnes,  pp.  246,  275). 

Kamoe  :  Treb  Uuo-kamoe,  lieu  (de  cam  ?) 

Gamp  champ  :  Camp-caubal-hint — Camp-coet  —  Gamp-hinccoet(l) 
—  Camp-latr  (Voir  latr)  —  Gamp-roth. 

Gancell  locus,  appendice  (Gf.  gall.  canghell,  sanctuaire). 

Ganham  (Gf.  cann'>)  dans  Gredcanham,  Ricanam,  Gritcanam. 

Canhiarh,  G.  L.,  14,  surnom  d'Alan;  Cainard,  Gart.  de  Quimperlé, 
p.  11  \°,  traduit  par  bellator  foriis,  dans  la  charte  de  Saint-Sulpice 
de  Rennes  {Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et- 
Vilaine,  XVII,  p.  18);  cf.  l'armoricain  actuel  kann  combat; 
pour  hiart  cf.  Anauhiart. 

Gann  (Tref),  blanc  ou  combat,  G.  L.,  14. 

Gap,  cap  ou  tête,  pointe  :  pagus  Gap-caval  (2);  Buduc-cap-caval, 
C.  L.,  17,  19  (aujourd'hui  Beuzec-cap-caval,  Finistère)  —  Budoc- 
cap-sidum  (Beuzec-cap-sizun),  Mémoires  de  la  Société  archéolo- 
gique d'ille- et- Vilaine,  XVII,  p.  18. 


(1)  Il  faut  probablement  corriger  en  Camp  hintcoet. 

(2)  Caial  était,  d'après  Nennius,  Hist.  Bv'it.,  79,  le  nom  du  chien  d'Arthur. 


—  414  — 
Gant  (i)  :  Canthoe,  Cantoean,  Cant-uueten 


Cou-cant,  Bresel-coucant. 


lud-cant. 


Eu  -  cant.  Loies- 

Hael-  Maen- 

Hin-cant     jusqu'en  (2)  Mor- 
865;Hin-gant909.  Ors- 

larn-cant.  Ris-cant. 


Rit- 

Uuin- 
Uuiu- 

Uuor-cantoe. 
Uuoret-cant. 


Car  voiture,  chariot  :  Pen  Carhent,  G.  L.,  18. 
Car  ami,  qui  aime,  parent;  Car-munoc: 


Anau-car. 

larn-car. 

Reth-car,  ( 

Garant-car. 

led- 

Sul- 

Gomalt-car. 

lud- 

Tanet- 

Con-car,  G.  L.,  54. 

lun- 

Uueten- 

Hael-car. 

Loies- 

Uuin- 

Hird- 

Mael- 

Uuoret-car. 

Ho-  (Voir  Ho -car). 

Maen- 

G.  L.,  30. 


Carant-  qui  aime,  parent,  Garanton,  dans  Ran-Caranlon;  Ke- 

rentin  —  Garant-car  —  Garant-nou. 
Karadoc  aimable,  1029-1037. 

Carn  :  Rodoed  carn,  id  est,  vadum  corneum,  G.  L.,  38. 
Caroc  :  Ros-caroc  et  Ros-caroch. 

Caroth  plebs,  aujourd'hui  Caro,  canton  de  Malestroit,  Morbihan. 
Carrée  rocher;  sylva  Garrec,  G.  L.,  45. 
Caruan  tribus,  G.  L.,  4  —  Trégarvan,  arrondissement  de  Ghàteauhn, 

Finistère.  Gf.  Lan-carvan,  pays  de  Galles;  Ran  Garuuan,  Gartulaire 

de  Redon,  peut-être  différent  du  premier. 
Carui  :  Ran  Garui  (de  caru,  cerf?). 
Castel  château,  plebs  Gastell.  Voir  Ploi. 


(1)  Cant  peut  avoir  plusieurs  sens  ;  dans  la  plupart  des  noms,  il  a  probablement 
le  sens  de  Manc ;  dans  quelques-uns,  le  sens  de  centt  ou  c'est  la  préposition 
cant  avec  =  xarâ.  Il  a  aussi  le  sens  de  cercle. 

(2)  Aujourd'hui  Morgan  ou  Morgant,  nom  fort  commun  dans  le  pays  de  Galles 
et  en  Armorique. 


—  115  — 
Cat  combat;  Catoc,  Catic,   Catin  (plebs),  Catoe,  Cate  —   Ran- 
Catoien;  Eucat  —  Maelcal  —  Sulcat  : 


Cat-bud. 

-cubrat. 
Kat-cU  913. 
Cat-hoiant. 

-hoiarn  (1).  Voir 
Hoiam  et  Hoi- 
arn. 
-loiant  ou  luiant. 
-loen  ou  logen. 
-Ion,   Gallon, 
-louuen  et  Cad- 

louuen. 
-moet. 


Cat-monoc. 
-nemet. 
-man  (Bot). 
Catu-sloiant?  (2). 
Cat-uuethen. 
-uu. 
-uualart  et  Cad- 

uualart. 
-uuallon.    Voir 

Uuallon. 
-uud  (=  Calbud) 
-uuobri. 
-uuodu  (=  Cat- 
bodu).V.  Bodu 


Cat- 


uuocon. 

uuolet. 

uuolon. 

uuoret,  jusqu'en 
878;  Cadoret 
1124-1125. 

uuotal,  jusqu'en 
872;  Caduudal 
840-847;  Ga- 
dodal  1060. 

•uuoton. 

■uur. 


Cathno  renard,  si  ce  nom  n'est  pas  une  faute  pour  Cat-noUy  an  1052. 
Caubal   barque;  Camp-caubal-hint,  le  champ  du   chemin  aux 

barques  (3). 
Caval   cheval,   dans  pagus  Cap-caval,  G.  L.,  1;  Cher-Caualloc 

{Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et- Vilaine,  XVII, 

p.  18). 
Ked,  dans  Kedgost  (Gf.  gallois  cyd,  armoricain  moyen  quei,  préfixe 

ayant  le  sens  du  latin  con-). 
Celli  bocage,  &osgMef;Lis-celli,  Kelli-uuenham  (Gf.  Pencelliguenhuc, 

Gartulaire  de  LandafF,  p.  43). 
Cembre,  G.  L.,  54;  Diles  Heirguor  Chebre  (4),  comte  de  Gor- 


(1)  Voir  plus  haut,  parmi  les  noms  armoricains  du  ¥!<=  siècle,  Catihernus, 
aujourd'hui  Cadouarn. 

(2)  Le  manuscrit  porte  Cat  loiant,  mais  le  t  de  cat  est  suivi  de  l'abréviation 
en  usage  pour  vs. 

(3)  «  . .  .Petiolam  terrœ  qute  vocatur  Campcaubalhint  qui  est  in  plèbe  Rannac, 
svi)er  ripam  Carnun,  »  p.  160.  charte  de  866  ;  canbal  est  emprunté  au  latin  eau- 
pilus,  caupnlus;  caubal  dans  les  gloses  de  Berne  glose  lembvs. 

(4)  Le  Gartulaire  de  Quimperlé  portant  Cembre,OTi  a  le  droit  de  supposer  que 
le  scribe  de  Laudeveunec  aura  oublié  le  signe  abréviatif  sur  l'e  de  cke  (Cf.  Non 
mamvi  Xembre  dans  Giraldus  Cambrensis). 


—  116  — 

nouailles;    Cemhre   est   probablement    la   forme   bretonnisée   de 

Cambria. 
[Cjemer  arpent,  G.  L.,  28;  glose  arepennum  (Note  du  XII^  siècle). 
Keminet  :  Plucgaduc  in  Keminel  1066-1082.  Voir  plus  haut,  Vies 

des  saints,  Kemenet  Heboeu. 
Kemper  confluent,  dans  Kemperele  (Quimperlé)  1081-1082  (Cf.  les 

noms  de  lieux  actuels,  Camper,  Quimpero,  dans  le  Morbihan  bre- 

tonnant,  Comper  dans  la  zone  française  où  le  breton  s'est  éteint  au 

XIc-XII«  siècle). 
Ken  beau;  Aourken;  Argant-ken  1130-1140,  appendice. 
Chen,  Kent.  Voir  Cint. 

Cenetl  race,  nation  :  Cenetlor,  Cenetlur,  Kenetlor. 
Ceneu  :  Ri-ceneu  (Voir  plus  haut  Canao,  Noms  armoricains  du 

VJe  siècle);  Ricenou,  Gartulaire  de  LandafF,  p.  162. 
Cheroenoc,    surnom  de  Concar,  C.   L.,  54  (Cf.  le  vieux  gallois 

Ceroenhou,  glosant  dolia  tonneaux,  cuves. 
Cheuric. 

Ki  chien  :  Anau-ki  —  Gur-ki  —  Maen-ki  —  Pyr-ki  —  Tan-ki. 
Kint  avant,  premier  ;  Kin,  Cent,  Cen  : 

Kint-uuallon.  Ken-guethen  909. 

-uuant;  Kent-uuanl  (avant  -marroc  866;    Kenmarhuc 

797).  1062-1070. 

-uuocon;  Kent-uuocon,863.  -niiscet. 

Kin-crit  878.  Chen-woret  860,  appendice. 

-uuoret  892.  Kent-laman  857,  appendice  (en 

Cen-bud  913.  note);    Kendalaman    1051- 

-huuant.  1083. 
-monoc. 

Clat  (1)  :  Clatuuin  903,  appendice  (en  note). 

Cleker,  villa  in    Rufiac;  Clecher   (tribus),  C.  L.,  7,  aujourd'hui 
Cleguer  (Finistère). 


(1)  Clat  pour  cladl  Cf.  gallois,   claddu,  enfouir,  enterrer;  cladd,  tranchée 
(Voir  plus  haut,  Noms  de  lieux  en  Grande-Bretagne,  Vindo-cladia), 


—  117  — 
Clegeruc  (1),  871,  aujourd'hui  Cleguerec,  arrondissement  de  Pontivy 

(Morbihan). 
Cleroc  femina. 

Cleu,  probablement  pour  Gleu  (2).  Voir  Gleu. 
Cloed  claie,  barrière  à  claire-voie  :  Ros  meuur  (sic)  an  Cloedou 

Caer  Cunan,  G.  L.,  29. 
Clofion   et  Clohion  (3)    :   Ran  clofio7i  et  dans  la  même  charte 

Ran  clohion,  838  ou  839,  p.  113,  titre  198;  le  même  lieu  porte  le 

nom  de  Ran-dofhion  dans  la  charte  196,  p.  112,  an  821  (M.  de 

Courson  a  écrit  dans  tous  les  cas  Randofion). 
Cloicerian,  locus  in  Rufiac. 
Clot.  Voir  dut. 
Clut  renommée,  illustre  :  Clut-gen  —  Clut-woion,  appendice  — 

Ran  Clut-uual  —  Clot-uuious  (4)  —  Clot-uuoiam  —  Clot-uuoion. 


(1)  Écrit  à  tort  Clegneruc  dans  l'index. 

Ç2)  On  trouve  trois  noms  en  Cleu  :  Cleu-comin,  Cleu-louuen,  Cleu-marcoc. 
Clexi  est  très  probablement  pour  Gleu  dans  Cleu-comin  :  on  trouve  un  Cleti- 
comin  diacre  dans  une  charte  de  868  et  un  Gleu-comin  prêtre  en  868-871.  Les 
signataires  des  deux  chartes  sont  en  grande  partie  les  mêmes,  Cleu-loxmen 
apparaît  en  8-12,  Gleu-lonuen  en  83i  :  dans  les  deux  chartes,  il  s'agit  de  Gillac. 
Pour  Cleu-marcoc,  l'index  renvoie  à  Gleu-marcoc  :  or,  aucune  des  chartes 
auxquelles  on  renvoie,  ne  donne  Cleu-marcoc.  Cleu  pour  Gleu  est  intéressant  : 
il  montre  que  devant  l.  comme  devant  r  (Voir  Bresel),  les  sonores  avaient 
une  tendance  à  s'assourdir.  Si  on  admet  Cleu,  il  faut  le  rapprocher  du  gallois 
clijw,  sens  de  l'onïe  ;  arm.  clevet,  entendre. 

(3)  Voici  le  texte  exact  dans  les  deux  chartes,  d'après  le  manuscrit,  charte  196, 
p.  112,  an  821  :  il  s'agit  dans  les  deux  chartes  de  la  propriété  de  Riantcar 
(Ran  Riantcar)  :  «  A  fine  Eann  melan.  don  roch.  dofosmatuuor  cohiton  fos  do 
imhoir  ultra  imhoir  pcr  lannam.  do  fois,  finran.  dofhion.  do  finran.  hael- 
morin.  cohiton.  hi  fosan  do  rudfos.  Coihiton.  Rudfos.  (passé  par  de 
Courson).  per  lannam  do  finran  Loudinoc.  pont,  imhoir.  »  —  Charte  198, 
p.  113,  an  838  ou  839  :  «  A  fine  Ean  melan  ad  rocham,  a  roca  ad  fossatam  Ma- 
tuuor,  a  fossata  ad  rispam.  a  ripa  per  landam  ad  finem  Ean  clofion  (et  non 
dation),  secundum  finem  Ran  clohion  (et  non  dohion)  et  ortis  {sic)  Su- 
luuoion  usque  finem  Eanhaelmorin ,  per  finem  fossatellam  usque  ad  rubeam 
fossatam,  per  rubeam  fossatam  usque  ad  pontum  {sic)  Loutinoc.  »  Le  scribe 
a  encore  eu  ici  sous  les  yeux,  dans  dofion,  clofion,  clohion,  un  mot  qu'il 
n'a  pas  su  lire.  Nous  serions  tenté  de  supposer  un  mot  clodion,  tranchées, 
talus,  avec  le  signe  anglo-saxon  pour  la  spir^nte  dentale  ou  simplement  th  : 
clothionl  Pour  d  et  cl,  ils  sont  souvent  très  difficiles  à  distinguer  au  IX«  siècle, 
par  exemple  dans  le  manuscrit  à  gloses  bretonnes  d'Orléans  ;  dans  le  manuscrit 
du  Cartulaire.  on  hésite  aussi  à  chaque  instant  entre  l'une  et  l'autre  lecture  (Voir 
imhoir).  A  relever  encore   Coihiton  (Voir  Cohiton)  passé  par  M.  de  Courson. 

(4)  De  Courson  a  lu  :  Clotuuions ;  le  manuscrit  porte  Clot-uniovs, 


-  118  - 

Gnech  tertre,  sommet  d'une  colline,  Cnech  crasuc,  C.  L.,  14  — 
Chei  chnech  Samsun,  CL.,  26  —  Cheneciurnur  (Mémoires  de  la 
Société  archéologique  d'Ille-et-Vilaine,  XVII,  p.  18)  (1). 

Cnoch  villa  (2). 

Co-,  préfixe,  gallois  cy-,  arm.  ke,  ayant  le  sens  du  latin  con,  com 
(Voir  cum,  con)  : 

Co-uualcar  (3).  Co-uuedhic,  Co-uuelhic  (4). 

-uualhobrit.  -uuellic. 

-uuallon-.  -uuiran. 

Ke-uuirgar. 

Cob  mémoire,  souvenir,  gallois  cof,  ou  gaélique  cohh,  victoire  (5)  : 
Cob-lon. 

Cobrant  (prononcez  Covrant)  :  Kobrantgen,  857,  appendice,  écrit  le 
plus  souvent  Courantgen  —  Cobrantmonoc  et  Courantmonoc 
dans  la  même  charte  — Chourentinus  (6)  dérivé  de  Covrant, G.  L., 
24;  —  Haelcobrant  et  Haelcourant;  Courantdreh. 


(1)  Catholicon  :  «  Qyetiech,sns,  en  hault  ;  Qnenechenn,  tertre,  coUis.  »  Voir  dans 
Rosenzweig,  Dictionnaire  topographique  du  Morbihan,  les  noms  en  Quene-, 
au  XV«-XVI''  siècle  Quenech.  Cnech  est  devenu  Krcc'h  dans  la  plus  giande 
partie  de  la  Bretagne. 

(2)  La  charte  de  Saint-Sulpice  de  Kennes,  dont  nous  avons  extrait  un  certain 
nombre  de  noms  {Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et- Vilaine,  XVII, 
p.  18),  donne  Chnchi  pour  un  nom  de  colline  située  au-dessus  de  la  ville  de 
Quimper  et  qui  s'est  écrit  plus  tard  Crughi.  Il  est  impossible  d'expliquer  le 
passage  de  Chuchi  à  Crughi;  si  on  suppose  Cnuchi,  tout  s'explique.  Ce  qui 
complique  le  problème,  c'est  que  cette  colline  porte  aujourd'hui  le  nom  de  mont 
Frugi,  nom  probablement  altéré  :  il  faudrait  savoir  comment  les  paysans 
quimpérois  prononcent.  Si  on  suppose  cniuihi,  Vu  qui  paraît  représenter  le  sou 
n  français  devient  encore  une  difficulté,  à  moins  qu'on  ne  suppose  une  forme 
forte  ayant  eu  la  diphtongue  ou  :  Cnoch  serait  la  forme  faible  /  (=  *CnD.cca'!). 

(3)  Co-uvalcar  est  peut-être  une  faute  du  scribe  pour  Conalcar  qui  serait  lui- 
même  pour  Comalt-car  (Cf.  Marc-coval  850).  Cependant  on  trouve  ^^ar*  Cugual- 
inonoo,  891-898. 

(4)  Pour  Couuethie,  cf.  le  comique  conyth,  sodalis,  le  gallois  cyncithas, 
compagnie  ;  à  la  page  55  du  Cartulaire,  on  lit  Couuetic  :  le  manuscrit  a  Couudic 
qu'il  faut  corriger  en  Couuetic,  c'est  une  faute  de  lecture  du  scribe  ;  on  trouve 
dans  l'index  et  la  charte  123,  p.  93,  CoHuenvan  :  le  manuscrit  porte  Con-uuenran. 

(5)  Cf.  le  gaulois  Coblauno  ;  Zeuss,  Gramm.  ccltica,  32,  128. 

(6)  Courentin,  écrit  aujourd'hui  Coreutin  se  prononce  Caonrentin.  On  appelle 
même  habituellement  en  bas  vannetais  Caourant  {=Covrant),  les  gens  qui 
portent  le  nom  de  Corentin  ;  Covrenti  pour  Courentin  se  trouve  dans  le 
Cartulaire  de  Redon,  p.  21,  titre  25. 


—  119  — 
Coet  bois,  écrit  aussi  Coit  :  Goet-bot  —  Goet-haeloc  —  Goith-bihan 

(Mémoires  de  la  Société  archéologique  d'Ille-et-Vilaine,  XVII, 

p.  18)  —  Coit-louh,  lieu  —  Coidan,  lieu,  1066-1082  —  Pen-Coett, 

G.  L.,  42  —  Penkoit,  lieu,  916  —  Penhoet,   nom  d'homme,  857 

appendice  (D'après  dom  Lobineau,  Histoire  de  la  Bretagne,  II, 

col.  58-59,  et  Blancs-Manteaux,  n»  46,   p.   416);  Trehoit  1051, 

appendice. 
Gofînoc. 

Cofrit.  Voir  Dicofrit. 
Cohiton    le   long   de,  jusqu'à  (Voir  plus   haut   Clofion);    Coi- 

hiton  (1). 
Col    coudrier    (gallois   coli)   :    Lis   Golroet,    aula    Colruit  ;   villa 

Goluuoretan.  Lan-Golvett,  villa,  G.  L.,  37. 
Coletoc  910  —  Goledoc  869. 
Com  (2)  préfixe  (gall.  cyf,  arm.  moyen  quef)  :  Gomaltcar;  Gomhael 

et  Gumael;  Gomhoiarnt;  Comuual;  Gom-minan  (3);  Gumdeloc?; 

Cum-delu;   Gumhacnan,   appendice;  Gometoc  (Pour  etoc  cf.  Ri- 

ethoc?). 
Cornait  uni,  ami  :  Gomaltcar  —  Roen-comal  —  Marc-coual  850. 
Comarch  :  Hael-comarch,  Hael-gomarh  910 —  lun-gomarc  833(4). 
Cotnnit  :  Gomnit-car,  Gomnetcar  (5)  —  Riscomnit  —  Gomnit-hael, 

appendice. 
Compot,    division  territoriale   (6)  :   Gompot  Roen-hoiarn;  Gompot 

Bachin;  Gompot  Uiiincampt;  Gompot  Gatlon;  Gompot  Ruunet. 


(1)  Coihiton  pourrait  bien  renfermer  le  pronom  possessif  infixe  de  la  ti'oisième 
personne,  i. 

(2)  Com  dissimule  assez  souvent  la  préposition  ou  le  mot  con  :  à  côté  de 
Comalton,  on  trouve  ran  Conmalton;  à  côté  de  Chimin,  Cunmin. 

(3)  Aux  titres  61,  88,  le  manuscrit  porte  Côminam  et  non  Comminan  ;  titre  74 
on  lit  Comminan. 

{\)IIaelgomnrch  existe  aujourd'hui  dans  le  nom  assez  commun  de  Helle- 
gouarch  ;  luncomarc  est  le  nom  francisé  de  Ginyomar.  Comarch  se  retrouve 
encore  dans  le  nom  de  la  commune  de  Guiligomar,  prononcé  Gvelegouarch, 
près  d'Arzano,  Finistère  (avant  la  Révolution  dans  l'évêché  de  Vannes).  Pour 
comarch  cf.  gallois  cyfarch,  salutation  ;  arch,  demande,  requête. 

(5)  M.  de  Courson  a  imprimé  Connetcar.  Le  manuscrit  porte  le  signe  abré- 
viatif  sur  cô  ;  il  faut  très  probablement  lire  Com-netcar, 

(6)  Le  compot  armoricain  est  loin  d'avoir  l'étendue  du  cymmn-d  gallois.  Le 
compot  désigne  probablement  une  simple  réunion  de  maisons,  un  hameau;  il  est 
composé  de  com-\-hot  :  voir  iot ;  cf.  gallois  cymmydog  (==  * Com-hodoc),  voisin. 


—  120  — 
Con,  préfixe.  Voir  com. 
Gon  ou  cun  haut,  élevé  (Voir  plus  haut  les  noms  gaulois  et  bretons 

en  cuno-}  :  Conan  ou  Gunan,  Conin,  monasterium  Gonoch,  Gonoit, 

Ran  Conon;  sanctus  Gonocanus,  G.  L.,  41  : 

Gon-brit.  Gon-hael.  Gon-uili. 


-car  (bron). 

-hoiarn. 

-uual. 

-deleu. 

-iubot,  nom  de  lieu. 

-uuoion. 

-deloc. 

-kin. 

Gunauualt. 

-deluoc. 

-lai. 

Gun-min. 

-gen. 

-mael,   Gunmailus. 

-uuas  (Ran), 

-glas,Gunclas, 

-marc  (1),  Gonmarch. 

Gunglas. 

Cun-diern  {Mémoires  de  la  Société  archéologique  ofl  lie- et -Vi- 
laine, XVII  p.  18)  —  Gonatam,  p.  87,  titre  118,  Gunatan, 
p.  225,  titre  278,  Gonadam  841,  appendice  (2). 

Conan  ou  Gunan,  seul  ou  en  composition  :  Rresel-Gonan,  VVeten- 
cunan,  appendice  (Gf.  Gunegni  parmi  les  noms  tirés  des  Inscrip- 
tions chrétiennes  de  Grande-Bretagne). 

Conc  angle,  coin;  Gonc  Hinoc,  terre  en  Siz;  campum  nuncupantem 
Unconc  (en  Rufiac). 

Cor  :  Gor-uueten;  Uuethen-cor  (3). 

Goret  barrage  de  rivière,  écluse,  gallois  cored  :  Coretloencras, 
écluse  en  Avezac.  Gf.  Guy  cann  i  choretou,  la  Wye  avec  ses  bar- 
rages, Gartulaire  de  Landaff,  p.  157. 

Coric,  dérivé  de  cor,  nain. 


(1)  A  la  page  6  une  charte  porte  ConnmrcTi  ;  le  manuscrit  donne  Conmarc. 

(2)  Quelques-uns  de  ces  noms  renferment  peut-être  la  préposition  con  au  lieu 
du  mot  cuno:  Pour  Cunatam,  il  est  difficile  de  dire  si  Va  est  une  sorte  de  voyelle 
irrationnelle,  comme  M.  Rhys  l'a  constaté  en  gallois.  Cela  paraît  certain  pour 
Cunauualt.  11  y  a  d'autres  noms  avec  la  même  terminaison  que  Cunatam  :  Riatam 
(cf.  Riothamus?),  Utioratam,  Rvmatam  :  titre  63,  le  manuscrit  porte  Rumatâ  \ 
villa  Cnndamti  de  M.  de  Courson,  est  écrit  Cimdân. 

(3)  Page  2,  titre  II,  M.  de  Coui-son  écrit  Uucthen-car ;  le  manuscrit  porte 
Uuethen-cor.  On  trouve  Gvethen-car  parmi  les  signatures.  On  trouve  les  deux 
noms  TJueten-cor  et  Uneten-car  parmi  les  signatures  de  la  charte  235,  p.  183. 
Pour  cor,  cf.  gall.  Cynghor,  conseil  ?  ;  cf.  Bangor. 


—  121  — 
Gornic,    surnom    de    Maenhoiarn,    dérivé    de    corn,    emprunté 

au   latin   cornu;    Ran-cornuc,  p.   284,  XI*"  siècle  —  Ran-cornou 

895. 
Corran,  nom  d'un  moulin,  C.  L.,  43. 
Goucant,  nom  d'homme;  cf.  gallois  ceugant,  armoricain  moyen 

cogant  ou  cougant,  certain  :  Bresel-coucant,  G.  L.,  37. 
Coulut,  rivière  de  Morlaix,  le  Kefleut. 
Cran  :  Castell-cran,  villa  près  Gnescan  (Quenecan,  près  Pontivy, 

Morbihan)  —  villa  Cran  1037  —  Cran  en  Beganne,  X^  siècle  — 

villas  Crannam  et  Tinsedio  1066-1082  —  Crannes,  nom  d'homme, 

864  —  Gran-Kendic,  propriété  en  Plebe-lan  (Plélan)  —  Cran-uui- 

kant,  Cranquarima  837  (1). 
Gras  desséché,  raccorni.  Coret-loencras  :  V.  Corel  et  loeyi;  Chnech 

crasuc,  C.  L.,  14. 
Grauthon  plebs,  Grauton,  G.  L.,  8,  aujourd'hui  Grozon  (Finistère). 
Grenarth,  terre  près  Quénécan  (2). 


(1)  Rien  ne  prouve  que  ci'a»,  signifie  bois.  Dans  le  numéro  de  la  Hevve  cel- 
tique (vol.  VII,  3),  en  rendant  compte  du  Celtic  Britain  de  M.  Ehys,  M.  d'Arbois 
de  Jubaiuville  citait  ponr  le  prouver  la  charte  XIII.  p.  13  :  (f  Xotum  sit  omnibus 
quod  dédit  Portitoe  et  Conuual  Cranuuikant  et  Cranquarima,  et  quicquid  po- 
tuissent  eradicare  de  silva.  »  —  Il  ne  résulte  pas  de  ce  passage  que  la  forêt  portât 
les  noms  de  Cran-Kendic  et  Cranquarima  ;  c'est  le  contraire  qui  est  vrai.  Portitoe 
et  Conuual  donnent  en  efEet  Cran-Kendic  et  Cranquarima  aux  moines  de  Redon 
en  toute  propriété,  ^j??;.?  tout  ce  qu'ils  pourraient  déraciner  de  la  forêt;  si 
Cran-Kendic  et  Cranquarima  formaient  la  forêt,  c'était  une  clause  incompréhen- 
sible, puisque  ces  deux  teiTes  allaient  appartenir  aux  moines.  Cette  question  a  une 
certaine  importance.  Si  cran,  en  effet,  signifie  iois,  c'est  une  foime  gaélique,  la 
forme  bretonne  étant  pren.  Aussi  M.  d'Arbois  de  Jubainville  a-t-il  attribué 
Cranquarima  et  Cran-Kendic  à  des  Gaëls  mêlés  aux  Dumnonii,  émigrés  en  Ar- 
morique.  Or,  Cran-Kendic  et  Cranquarima  sont  en  Pleucadeuc,  pays  de  Broweroc 
et  non  sur  le  territoire  des  Dumnonii.  De  plus,  il  y  a  un  grand  nombre  de  noms 
de  lieux  en  cran  dans  le  Morbihan  et  le  Finistère  ;  il  serait  de  la  dernière  incon- 
séquence de  les  attribuer  à  des  Gaëls  et  surtout  à  des  Dumnonii.  Il  n'est  pas, 
d'ailleurs,  bien  certain  que  ce  terme  soit  breton,  peut-être  est-ce  un  reste  gallo- 
romain.  M.  Le  Men  avait,  lui  aussi,  cité  Cran-Kendic  et  Cranquarima,  pour 
prouver  que  cran  signifie  bois.  Son  travail  est  un  chef-d'œuvre  d'imagination, 
mais  non  de  linguistique  (^Société  archéologique  du  Finistère,  1878-79,  p.  61). 

(2)  Les  noms  de  lieux  en  cren  sont  assez  nombreux  en  Bretagne.  Le  sens  de 
ce  mot  dans  les  noms  de  lieux  n'est  pas  clair.  Krenn  a  plusieurs  sens  :  rond; 
a-grenn.  absolument,  assurément;  Krenard  ou  Krenn-haotr  signifie  adolescent 
(Cf.  gallois  cryn)  ;  Cren  avec  é  prononcé  long  a  le  sens  de  tremblement. 


-  122  - 

Crialeis,  id  est,  Enes  manac  (1),  l'Ile-aux-Moines  dans  le  golfe  du 
Morbihan. 

Cristian,  du  latin  Christianus. 

Crit  :  Kincrit,  Gritkin,  Critcanam,  villa  Gritoc  (2). 

Croch,  gallois  croch,  violent;  Rimeren  croch  {Mémoires  de  la  So- 
ciété archéologique  d'Ille-et- Vilaine,  XII,  p.  19). 

Cron  rond  :  salin  cron  en  Wenran  (Guérande). 

Crue  :  ad  acervum,  id  est  crue  (crue  au-dessus  d'acerviim,  mais  de 
la  même  main  que  la  charte),  p.  198,  titre  247,  an  871  —  Grue 
Ardon,  appendice. 

Cuach  dans  Bot-cuach. 

Cubrat?  Catcuhrat. 

Gum  doux,  affable  :  Riscum,  Maenkum;  Gum-car,  appendice; 
Guman;  Gleu-cuu,G.  L.,  30  (note  du  XIII"  siècle)  (3). 

Cun.  Voir  Con. 

Custentin,  du  latin  Constantinus,  869. 

Cuth  vieux  :  Goit  cuth  (p.  285,  Xle  siècle). 

Cuton  pigeon  ramier,  en  gallois  et  armoricain;  Botcuton,  nom  de 
lieu,  appendice. 

Da  bon  :  Dalitoc  (4);  Damarcoc  et  non  Glamarcoc  (5). 


(1)  Voici  le  texte  avec  la  ponctuation  du  manuscrit  :  «  Hsec  carta  indicat  atque 
conservât  qualiter  dédit  Erispoe  illam  plebem  que  vocatur  Chaer,  cum  massis  et 
manentibus  et  pertinentibus,  id  est,  Avaellon  et  Clides  et  Vilata,  cum  vineis  et 
pratis  et  insulam  que  vocatur  Crialeis  id  est  Enesmanac.  ad  fabas  monacMs 
sancti  Salvatoris  in  elemosiua  pro  anima  sua  et  pro  regno  Dei.  »  II  y  a  un  point 
après  Enesmanac,  il  n'y  a  pas  de  signe  de  ponctuation  après  fabas.  M.  de 
Courson  a  supprimé  le  point  après  Enesmanac  et  a  introduit  une  virgule  après 
fabas.  Il  ne  résulte  pas  du  texte  que  Crialeis  soit  interprété  par  Enesmanac  et 
sm'tout  Enesmanac  ad  fabas.  Cette  île  portait  deux  noms,  comme  ce  n'est  pas 
rare  pour  certains  lieux  dans  le  Cartulaire  (Titre  LXX.  p.  55,  an  851  et  85fi).  Ad 
fabas  signifie  très  probablement  ^^o»/'  les  fèces  :  Erispoe  donne  l'île  de  Crialeis 
aux  moines  pour  leurs  fèves. 

(2)  Cf.  gall.  cnjd,  tremblement? 

(3)  Le  nom  de  Cnnff  est  encore  aujourd'hui  fort  commun,  ainsi  que  celui  de 
Goitrcuff,  Kerdunciiff. 

(4)  Voir  Litoc  ;  cf.  Ker-dalidec,  en  Locmaria  (Morbihan) '(Rosenzweig,  Dic- 
tionnaire tojpograjjhiqne). 

(5)  Le  manuscrit  porte  bien  Clamarcoc,  p.  01,  titre  78,  an  863,  mais  il  n'est 
pas  douteux  qu'il  ne  faille  corriger  en  Damarcoc.  Clamarcoc  n'offre  pas  de  sens 
satisfaisant;  pour  Damarcoc  c'est  le  contraire;  d'ailleurs,  le  nom  existe  :  on  le 
trouve  dans  une  charte  du  XII*  siècle  concernant  Fougères,  publiée  dans  les 
Mémoires  de  V Association  bretonne,  II,  p.  197  :  Damarhoc,  Le  scribe  confond 
continuellement  cl  et  d. 


—  123  — 
Dabat  brebis?  :  Caer  Dabat,  C.  L.,  45. 
Dalam. 

Dant  dent  :  Dant-enes,  C.  L.,  30;  Maeluc  Dant-hir,  G.  L.,  30. 
Datl  discussion,  controverse  :  Datlin  (1). 
Degol,  surnom  de  luthel,  an  1100. 
Delehedoc  (,2). 
Delu  image,  statue,  viole:  Con-delu  (3);  Condeluoc;  Uuor-condelu; 

Cumdelu;  Lan  Gurdeluu,  C.  L.,  41. 
Demett  vicarium,  G.  L.,  45  (4). 
Der,  préfixe  intensif  :  Der-munuc  868;  Dergen  (5). 
Derch  clair,  évident  :  Trederh  867  (Voir  drich). 
Dereic,G.  L.,  24. 

Deroc  (6|  :  Deroch,  p.  143,  titre  184,  IX^  siècle;  Deroc  1037. 
Detuuid  heureux  (7)  :  Detuuidhael   —  Haeldetuuid;  Haeldeduid, 

p.  43,  titre  53,  an  846  —  larndetuuid,  larnnetuuid  (8)  —  Ride- 

tuuet,  G.  L.,  24  —  Uuordetuuid ;  Gurdetgued,  p.  223,  titre  274, 

an  963. 
Deur  vaillant  :  Deuroc  —  Deurhoiarn. 

Di,  préfixe  séparatif  et  négatif  (Voir  dicofrit,  dtfosot,  dicomhit). 
Dicofrit  sans  contribution  :  ...sine  censu,  sine  tributo  et  sine  cofrito 

ulli  homini  (p.  29,  titre  35)  —  ...  In  alode  comparato,  dicofrito  et 

sine  uUa  renda  (p.  69,  titre  91)  (9). 

(1)  Cf.  Dation,  Cartulaire  de  Landaff  {Liber  Landacensis,  avec  traduction 
anglaise  et  notes,  par  W.  J.  Rees,  Llandovery,  1840),  p.  150  ;  armoricain  moderne, 
dael. 

(2)  Cf.  le  gallois  dyly  avoir  droit  à. 

(3)  P.  125,  titre  16.  le  manuscrit  porte  Cûdelu  que  M.  de  Com'son  transcrit  par 
Cundelu  ;  p.  146,  titre  188,  le  manuscrit  donne  Condelo  decano,  et  non  Cum-delo, 
comme  l'écrit  de  Courson. 

(4)  Il  est  évident,  quoique  les  éditeiirs  du  Cartulaire  n'en  disent  rien,  qu'il 
s'agit  de  Plozevet,  près  Quimper  ;  le  pouillé  de  Cornouailles  de  1368  (Cartulaire 
de  Redon,  p.  530)  donne  la  forme  intermédiaire  Ploe-demet. 

(5)  Il  est  possible  que  Dergen  soit  le  même  personnage  que  Dorgen.  Dtirgeii 
BBt  presbyter  da.nB  une  charte  de  913,  p.  222.  De  même  Dergen,  p.  46,  titre  62, 
an  864.  On  trouve  un  dwconns  du  nom  de  Dorien  en  879,  p.  157,  titre  201. 

(6)  Cf.  gallois  derog  obstiné? 

(7)  Cf.  gallois  dedn-ydd  heureux  ;  p.  112,  titre  146,  le  manuscrit  porte  Hael- 
dettuud  et  non  Haeldetund. 

(8)  P.  37,  titre  45,  M.  de  Courson  écrit  larnetnnid;  le  manuscrit  porte  larn- 
netuuid,  forme  de  transition  qui  explique  larnetvuid  qu'on  rencontre  quelquefois. 

(9)  Di  joue  ici  en  réalité  le  rôle  de  préposition  plutôt  que  de  préfixe. 


—  124  — 
Dicombit  sans  participation  (Voir  dicomit  dans  les  gloses)  ;  dans 

le  Cartulaire  de  Redon,  la  formule  habituelle  est  :  in  dicomhito, 

accompagnée  souvent  de  :  in  alode  {discumbitio  et  dicumbiiio, 

G.  L.,  pp.  10,  23). 
Difosot  (de  di  et  fosot  =  fossata?). 
Digrinn  :  Uurdigrinn  (1). 
Dihudgar  913;  Diudgar  910. 
Dilec  (2)  :  Gur-dilec  910. 
Dilis  sûr,  certain  (Voir  dilisid}. 
Dilisid  (3)  garant,  caution  :  a  le  même  sens  que  fidejiissor;  on 

trouve  une  fois  adlisidos  :  et  alligo  vobis  fidejussores  vel  adlisidos 

in  securitate  ipsius  terrœ,  p.  170,  titre  220,  an  843. 
Diloid. 

Din  forteresse  :  Bron-din?  851-857. 
Dinan,  dérivé  de  din  :  Dinan  en  Crauthon,  aujourd'hui  Crozon 

(Finistère),  C.  L.,  2. 
Dinaerou. 
Diost  (4)  :  in  alode  comparato,  diost,  dicofrit,  diuuohart,  et  sine 

ulla  re  ulli  homini  sub  cœlo  nisi  Maenuuobrio  (p.  132,  titre  171, 

an  840). 
Diri  chênes  (5)  :  Diri  muur,  C.  L.,  26. 
Discebiat  :  ran  mab  Discebiat  857-858,  appendice. 
Distin  :  Uur-distin  (6)  (Voir  Vies  des  Saints). 


(1)  De  Courson  Uurdigrin.  Si  digrinn  est  pour  di  crin,  le  sens  est  celui  de 
sans  peur,  sans  tremhlement. 

(2)  Cf.  Cartulaire  de  Landaff  :  Gurdilic,  p.  137;  cf.  Mamimissions  on  the 
Bodmin  Gospel,  Whitley  Stokes,  Revvc  celtique,  I,  p.  332;  le  texte  est  suivi  d'un 
glossaire-index  des  noms  propres  :  Wr-dylic  (Cf.  sur  les  mêmes  noms  du  Bodmin 
Gospel,  Haddan  and  Stubbs,  Conncils  and  ecclesiastical  Documents  relating  to 
Ireland  and  Grcat-Britain,  I,  appendice);  cf.  Cyn-ddilie,  lolo  Manvsci-ipts, 
p.  108. 

(3)  Cf.  gallois  ddysydd  garant.  Dilisid  se  présente  généralement  dans  le 
manuscrit  avec  une  terminaison  latine  ;  on  le  trouve  cependant  sous  la  forme 
bretonne,  p.  152,  titre  196  :  Uuolethec  dilisid  et  non  ddisidus.  lunetuuant 
dilisid. 

(4)  Diost  est  décomposé  par  M.  de  Courson  en  di  privatif  et  ost  armée .' 

(5)  Cf.  Cartulaire  de  Landaff,  p.  127,  Deri  Emreis ;  le  singulier  est  dar. 
(ti)  De  Courson,  Uurdisten,  p.  72,  titre  96. 


—  4'25  — 

Diurth  (1)  préposition  composée  de  di+urth  et  indiquant  mouve- 
ment pour  s'éloigner  de  :  ...  in  rivulo  qui  venit  quasi  diurth 
Gnescâ,  p.  198,  titre  247. 

Diuadoc  (2). 

Diuuoharth  sans  empêchement  (3)  (p.  1-13,  titre  148),  et 
diuuohart. 

Do  (4),  préposition  marquant  mouvement  vers,  attribution  à  :  do-n 
roch  à  la  roche  (Voir  Clofion). 

Dobr  eau  ?  :  Dobroc  —  villa  Dobrogen  ?  —  Ran  Dobrocar  (Voir 
duiir). 

Doeth  sage,  habile  :  Doet-car  —  Doet-gen  —  Doet-uual  —  Doitha- 
nau  —  Doithanu. 

Doithal  (5)  :  Uuordoetal,  Uuordoital,  Uuordoutal,  Uurdoital, 
Uurdotal  —  Heu-dotal  (6). 

Don  (Voir  dumn). 

Dor,  préfixe  composé  de  do,  et  de  ro  =  latin  pro. 

Dorgen  (7)  et  Dorien  (Même  personnage,  même  charte,  pp.  23-24, 
an  832-868). 

Dosarboi,  p.  84;  Dosarboe,  p.  83;  Desarui,  p.  225,  titre  278, 
an  909. 

Dre,  dri  (8),  probablement  pour  tre,  tri  :  même  sens  que  le  latin 
per  :  à  travers,  tout  à  fait  (Voir  tri  et  drich)  :  Dreanau,  Drehanau 
—  Drehanthon,  895,  p.  217,  Treanton,  859-865,  p.  58  —  Drebodu, 
appendice,  p.  358,   an  839-844    (Voir    Tribodu)  —   Drehoiarn; 


(1)  Gallois  diwrtk,  vannetais  dioc'h,  ailleurs  diouz  et  dioc'h. 

(2)  De  Courson,  Dluuadoc,  p.  Q8,  titre  102,  an  867. 

(3)  Cf.  gallois  diwahardd  ;  même  sens. 

(4)  Aujourd'hui  dans  le  Vannetais,  le  Trégorrois  et  la  plus  grande  partie  de  la 
Cornouailles  de,  ailleurs  da  (Cartulaire  de  Quimperlé  da). 

(5)  Le  Uuordotal  de  la  page  107  est  le  même  personnage  qu'on  retrouve  sous 
les  noms  de  Unordoutal,  Uuordoital;  cf.  le  nom  comique  Ourduythal  {Bodmin 
Gospel,  Whitley  Stokes,  Revue  celtique,  I,  p.  332). 

(6)  De  Courson,  Eudotal,  p.  208,  titre  258,  an  865). 

(7)  Dorgen,  p.  206,  an  866,  est  suivi  des  mots  fili  Anan.  M.  de  Courson  a  lu 
Dorgen.  FUI.  Anan. 

(8)  La  variation  pour  le  même  personnage  entre  e  et  /  montre  que  Vï  est  bref 
(Voir  Gramm.  celt.,  p.  867). 


—  126  — 
Trehoiarn  (1),  Trihoiarn  —  Drelouuen,  Drilouuen  —  Dreuuallon, 
Driuuallon  —  Drihuualoe,  p.  136,  titre  177,  Drehuualoe,  p.  138, 
titre  178,  Driuualoe,  p.  139,  titre  179  (2)  —  Dreuueten,  Driuueten, 
Trihuueten  (3)  —  Dre-uuobri,  Dri-uuobri,  Dri-huuobri  (4)  — 
Dre-uuoret,  Tre-uuoret,  Trehoret  (5)  —  Drihuualt,  p.  156,  titre  200, 
p.  92,  titre  122  —  Driuin  —  Driuinet  (6),  Dri-huinet  —  Dri-monoc 
—  Dre-uuoion  —  Dri-uuolou. 

Drecon  :  cf.  drich. 

Drehoc,  Drihoc  (Voir  drich). 

Drem  regard,  visage  :  Daniel  Drem-rudd  (au  visage  rouge),  C.  L., 
54;  cf.  Rhun  Dremrudd  (lolo  Manuscripts,  p.  121). 

Dreon. 

Drian. 

Drich  (7),  drih,  dreh  :  Drich-glur,  Drihglur,  Dreglur  (8)  — 
Drihlouuen,  Trehlouuen  (9)  —  Drichguoret,  p.  227,  titre  280, 
an  904. 


(1)  Trehoiarn,  p.  202,  titre  241,  paraît  bien  être  le  même  personnage  que  le 
Drenhoiarn  de  la  page  202,  titre  240,  an  820  :  tous  les  deux  signent  dans  des 
chartes  concernant  MoUac.  DreuJwiarn  est  le  même  personnage  assurément  que 
J)re1u)iarn,  p.  202,  titre  242,  an  827.  Drevhoiarn  est  une  faute  du  scribe  ou  une 
graphie  particulière  dont  on  trouve  d'autres  exemples  ;  cf.  Ker-drehouarn  eu 
Gourin,  Ker-dreovarn  en  Kervignac  (Morbihan). 

(2)  Drivualve  est  le  même  pei-sonnage  que  Drehuualoe. 

(.3)  Pp.  85,  172,  173,  Dre-mieten;  pp.  5,  73,  174,  Driuueten  :  Drimieten  p.  174, 
et  probablement  p.  73,  est  le  même  que  Dreuueten  des  pages  85,  172,  173. 
Pour  Trihuueten,  p.  149,  titre  193,  an  856,  on  ne  peut  l'identifier  avec  Dreuueten 
ou  Driuueten.  Il  est  possible  que  tri  ait  là  un  sens  différent  de  celui  que  nous 
lui  avons  attribué. 

(4)  Le  même  personnage  signe  Dre-vuobri,  p.  170,  titre  220;  Dri-huuobri, 
p.  105,  titre  138;  Dri-uuobri,  p.  108,  titre  141. 

(5)  Treuuoret,  p.  85,  an  895  ;  Trehoret,  p.  272,  an  1075  ;  à  la  page  126  on  lit 
Duiu-uuoret  que  l'index  a  transformé  en  Dri-uuoret. 

(6)  Pp.  5,  14,  16,  86,  92,  129,  147,  153,  Driuinet;  p.  70,  titre  91,  la  charte  porte 
Druunet  ;  on  peut  lire  dans  le  manuscrit  Driuiuet  ;  p.  99,  titre  131,  la  charte 
et  probablement  le  manuscrit  portent  Drihiunet  :  il  faut  lire  Drihuinet, 

(7)  Drich  paraît  être  la  forme  faible  de  la  racine  dont  la  forme  forte  est 
dereh  (grec  Ssjox-o-ptat,  s-Spanov). 

(8)  Le  nom  du  même  personnage  apparaît  dans  la  charte  46,  p.  37,  sous  ces 
trois  formes.  Au  lieu  de  Drohglur  qu'a  lu  M.  de  Courson,  le  manuscrit  porte 
Drihglur.  On  trouve  Glur  seul. 

(9)  Drihlouven,  p.  93,  titre  123,  an  833,  est  le  même  personnage  que  Trehlouuen, 
p.  6,  titre  5,  an  833  ;  le  sens  de  Drih  ici  n'est  donc  pas  sûr.  Si  la  forme  radicale 
était  treh,  trich,  cf.  le  gallois  et  l'armoricain  treeh  supérieur  à,  plus  fort  que. 


—  127  — 

Drid  (1)  :    Driduuallon  —    Driduuoret  —  Drid-uualt  (Cf.  Trid- 

boud). 
Drihic  :  Drihican  (Voir  drich). 
Driken  :  cf.  drich. 
Drioc. 

Dronuualoe  895;  Drongualoe  1038-1041,  Droaloi  1050  (2). 
Du  noir  :  Galdu  913;  Gabdub  (Galdubo,  à  l'ablatif),  an  1084. 
Duil. 

Duiu  Dieu?  :  Duiu-uuoret  (3),  p.  126,  titre  162,  an  854. 
Dumn   profond,   élevé  (4)   :   Dumnouuallon,    p.    74,    IX^   siècle, 

Dumuuallon  844,  Donuuallon  1105  —  Dumuual  846,  Donuual  (5) 

1066-1082  —  Dum-uualart  —  Dumuuorel  (6). 
Dur,    préfixe    identique    à    dor^    :     Durgen    (Voir    Dorgen    et 

Dergen). 
Dur  (7)  :  Duroc  —  Durui. 


(1)  Srid-unoret,  p.  86,  titre  113,  an  SU,  paraît  être  le  même  personnage  que 
le  Bre-iiuoret  de  la  charte  111,  p.  85,  an  843.  Driduuallon  ne  fait  probablement 
qu'un  aussi  avec  Dreuuallon,  p.  81,  titre  107.  Il  est  fort  possible  que  le  scribe 
ait  lu  drid  pour  drick  :  cf.  TJuarroduae  pour  Uuarrochiae.  Uuinmoduat  pour 
UuinmocMat.  Si  on  n'avait  pas  la  forme  Tridboud,  p.  88  (l'index  ne  donne  que 
Triboiid),  il  serait  plus  simple  de  supposer  que  le  scribe  a  lu  Brldmtoret  au  lieu 
de  Bri-huvoret,  Driduuallon  au  lieu  de  Dri-huualloti  :  Imu  se  trouve  souvent 
au  lieu  de  uu  pour  exprimer  le  v  initial  du  second  terme  des  composés  (Voir 
Tridhoud). 

(2)  Cf.  drogn  glosant  cetus  pour  cœtus  réunion,  troupe  (Gloses  de  Luxem- 
bourg) ;  irlandais  drony.  Droaloi,  p.  341,  titre  38.5,  est  qualifié  de  filivs  Fredoris 
Migueronis  castri  et  par  conséquent  le  même  que  Drongualoius  de  Migron, 
p.  256,  titre  304. 

(3)  Pour  les  composés  en  Duiu,  cf.  Doenerth,  Cartulaire  de  Quimper,  Bibl. 
Nat.,  fonds  latin  9890,  fol.  7,  charte  de  1250  ;  Due-nerth,  Cartulaire  de  Quim- 
perlé,  p.  40. 

(4)  Voir  les  noms  gaulois  en  Duhno-. 

(5)  Cf.  Dunnagnal,  Annales  Cambriœ,  à  l'année  760  (apud  Pétrie,  Monvmenta 
historica  britannica).  Il  faut  peut-être  lire  Dnmnagual ,  comme  l'indique  la 
variante  Dumn-arth  à  côté  de  Dumgarth  (=  Dtunn-garth).  Cf.  Dyfnwal,  lolo 
Manuscripts,  p,  106. 

(6)  Au  lieu  de  Dum-uual,  Dum-uuallon ,  Dum-mtalart ,  Dum-uuoret  il  est 
à  peu  près  certain  que  le  scribe  avait  sous  les  yeux  Dumnuual  ou  Dumnual, 
Dumnuuallon  ou  Dumnuallon,  etc.,  ou  tout  au  moins  Dunnuual,  etc.  On  ne 
peut  s'expliquer  autrement  le  passage  à  Donuual,  Donuuallon,  formes  aux- 
quelles ne  pourraient  mener  Dum-uual,  Dumuuallon. 

(7)  On  ne  peut  traduire  dur  par  acier;  c'est  une  forme  galloise;  la  forme 
armoricaine  est  dir.  Cf.  le  gallois  duryn  bec,  pointe .' 


—  128  - 

Duran  :  Rin-duran  (1). 

Durm?  appendice,  p.  380,  an  1051. 

Duur  eau  :  Duurti,  C.  L.,  43. 

Ebol  poulain  :  Maenhoiarn,  qui  et  Ebolbain  (c'est-à-dire  le  poulain 
de  Bain;  Maenhoiarn  était  de  Bain,  p.  91,  titre  121,  an  846) 
(Voir  Epetic  —  Marchébol). 

Edern  vicarium,  Plebs  Edern,  C.  L.,  46  {Edern,  canton  de  Châ- 
teaulin,  Finistère)  (Voir  Eterni,  Inscriptions  chrétiennes  de 
Grande-Bretagne). 

Edmeren,  G.  L.,  35  (Voir  plus  haut  Aeth). 

Ehoarn,  C.  L.,  52  (Voir  Eu). 

Eleoc  :  Ran  Eleoc  ;  Eleuc,  G.  L.,  1. 

Eluri  :  Lan  Eluri,  G.  L.,  27. 

En,  article  défini  :  pagus  En-Fou,  le  Faou,  canton  de  l'arrondis- 
sement de  Ghâteaulin,  Finistère  (Voir  do). 

En,  préfixe  (Voir  in). 

Enep  visage  :  Enep-uuert,  mot  à  mot,  vente  du  visage;  don  com- 
pensatif  fait  par  le  mari  à  sa  femme  à  l'occasion  et  sans  doute 
primitivement  après  la  consommation  du  mariage  (2). 

Enes  ile  :  Enes-manach,  l'Ile-aux-Moines,  golfe  du  Morbihan  (Voir 
Crialeis);  Enes  mur,  la  grande  île,  an  931  (en  Lanmeur,  Fi- 
nistère); Dant  Enes,  G.  L.,  30;  Eneshir,  près  Grozon  (Finistère), 
C.  L.,10. 

Eneuuor  (3)  :  Plueu  Eneuur,  C.  L.,  43,  plebs  sancti  Eneguorii, 
G.  L.,  1  (Plonéour,  arrondissement  de  Quimper). 

Enoc. 

Epetic  849,  Ebetic  858  (Dérivé  de  ep,  cheval  ?). 

Er,  préfixe  intensif  :  Ermor. 


(1)  Ce  nom  se  retrouve  parmi  les  noms  comiques  de  Bodmin  {Manwtmsions 
on  the  Bodmin  Gospel;  Whitley  Stokes,  Revue  celtique,  I,  p.  332). 

(2)  Enep-gverfk,  C.  L.,  44,  glose  ditatione  que  les  auteurs  ont  vraisemblablement 
raison  de  vouloir  corriger  en  dotatione.  Le  mot  a  survécu  dans  encbarz  douaire. 
Dans  les  lois  galloises,  le  mot  gn;yneh-werth  a  un  sens  plus  étendu  (Voir  Aneurin 
Owen,  Anciefit  Laivs  and  InstiUdes  of  Wales,  II,  p.  206). 

(3)  Ce  nom  doit  être  rapproché  de  Eneulri  que  porte,  d'après  M.  Ehys, 
Lectitres,  p.  401,  une  inscription  dont  il  ne  donne  pas  la  date,  mais  bien  posté- 
rieure au  VI«  siècle,  conservée  dans  une  chapelle  à  Goodrich  Court. 


—  129  — 
Ergentet,  nom  de  lieu. 
Erispoe,  roi  de  Bretagne,  fils  de  Nomenoé. 
Ermeliac  plebs,  C.  L.,  29  (Aujourd'hui  Irvillac,  arrondissement  de 

Brest,  Finistère). 
Erthiau  840. 
Et,    préfixe  (Voir  gaulois   ate)  :   Ran  Etcar  —  Treb  Etuual   — 

Uuoetuual  ? 
Eu  (1)  : 

Eu-boduu.  Eu-monoc. 

-cat,  C.  L.,  27.  -sorchit    860-866,    Eusorgit 

-doethal,  Heudotal.  829-830,  p.  117,  litre  152; 

-hocar.  Eusurgit. 

-hoiarn,  Heuhoiam,  Euhuarn,        -tanet. 
C.L.,46,Ehoarn,C.L.,52. 

Eudon  (2). 

Euuen  (3). 

Fabr  :  Tigran  Fabr. 

Fau,  fou  hêtres  :  Fau  villa  —  Fau-bleid,  Foubleth,  lieu  —  Fau- 

moetcar,  lieu  —    Fau-mouron,   lieu  —  pagus  En  Fou,  C.  L, 

(Voir  En). 
Fest  (4)  :   Fest-gen  851,  Festien  859  —   Fest-uuoret  —  Fest- 

uuore. 
Fidlon  (5)  loyal,  sûr. 
Fingar  (6)  :  Treffingar  990-992. 


(1)  Cf.  gaulois  avi-  dans  Avi-cantm;  Orelli,  2033  (=  Eucant  ?).  Le  sens  d'avi 
est  douteux. 

(2)  P.  70,  titre  91,  M.  de  Courson  a  transformé  Eudon  en  Ludon.  C'est  à  ce 
nom  q  ae  remonte  le  nom  armoricain  moderne  usité  en  Léon  et  transcrit  en  fran- 
çais par  Yves  :  Eozen. 

(3)  Cf.  le  nom  gallois  Owen  qu'on  trouve  dans  le  Cartulaire  de  Landaff  sous 
les  formes  Luguen,  Ignein,  Yvein. 

(4;  Emprunté  probablement  au  latin  Festus. 

(5)  Mot  à  mot  jjlem  de  foi  :  de  Jid,  avec  la  spirante  dentale  sonore,  du  latin 
Jides,  et  de  Ion  plein,  servant  de  suffixe  :  gallois  jfyddlon,  même  sens. 

(ô)  Fingai-  est  le  nom  d'un  saint  irlandais  qu'on  suppose  avoir  vécu  vers  460, 
et  dont  le  nom  est  devenu  en  Cornouailles  insulaire  Givincar.  lia  donné  son  nom 
à  Plvvigner,  arrondissement  de  Lorient,  Morbihan  (en  1327,  Flea-vingner, 
Rosenzweig,  Dictionnaire  tojwgrajMqiie  du  Jfo?'bika7i). 

9 


—  130  - 
Finit  (1)  :  Finius,  Finoes,  Finitan,  Finithic,  Finilit. 

Finit-ger  (pars).  Hael-finit. 

-hoiarn.  Jarn- 

-uueten.  Loges- 

-uuoret.       ■  Main- 

Firinan  (2),  appendice,  p.  357,  an  838. 

Flam,  du  latin  flamma  (3),  surnom  d'un  comte  Gradlon  de  Cor- 

nouailles,  G.  L.,  54. 
Fonus  (4),  Fomus,  Fumus. 
Fos  fossé,  tranchée  :  do  fos  matuuor,  au  fossé  de  Matuuor;  rudfoss 

le  fossé  rouge;  do  fois  (5)  à  la  fosse  (Voir  Clofion). 
Fosan  le  'petit  fossé  :  traduit  dans  la  charte  suivante  par  fossatellam 

(Voir  Clofion). 
Fosot,  emprunté  au  latin  fossata,  dans  di-fosot'^ 
Fracant,  appendice,  an  850;  Fracan,  p.  6,  titre  5,  an  833  (Cf.  Plou- 

fragan,  près  Saint-Brieuc). 
Fradleoc,  surnom  du  comte  de  Cornouailles  Fragual. 
Framuual  833-840,  Fraugal  834,  Fraual  1092,  Fragual,  G.  L., 

54  (6). 
Freoc  (7). 


(1)  Ce  nom  a  été  aussi  regardé  comme  gaélique  :  son  sens  est  aussi  obscur  que 
son  origine. 

(2)  S'il  n'y  a  pas  erreur  du  scribe,  comme  c'est  à  craindre,  nous  sommes  cette 
fois  en  présence  d'un  nom  gaélique,  dérivé  de  _^r  vrai  =  breton  gn'ir.  Il  est 
porté  par  un  manant  cédé  avec  la  terre  de  Lisin  aux  moines  de  Eedon,  par 
Rithgen. 

(3)  Flamm  est  employé  aujourd'hui  pour  renforcer  particulièrement  les  adjectifs 
nevez,  iaonank  :  nevvz  flamm  tout  neuf,  iaouank  flamm  tout  jeune. 

(4)  P.  30,  titre  36,  on  lit  Fonvs  et  non  Fomun;  ailleurs  Fomus  et  même  Fumns. 
Il  est  à  craindre  qu'on  ne  soit  encore  ici  en  présence  d'une  erreur  du  scribe. 

(5)  Il  est  probable  que  le  scribe  a  lu  fois  pour  foss;  dans  un  autre  passage, 
il  a  écrit /o,?c  linni  (p.  107,  titre  141)  pour  foss  linni.  D'ailleurs,  dans  la  charte 
qui  nous  occupe,  on  a  deux  autres  fois  do  fos  et  non  do  fois.  Il  ne  faut  donc  pas 
songer  à  y  voir  une  trace  de  cas.  Tout  au  plus  pourrait-on  songer  à  y  voir  l'indice 
d'une  prononciation  particulière.  Dans  une  partie  du  nord  du  pays  de  Galles,  on 
prononce  à  peu  prèsfl'ues  avec  accent  fortement  marqué  sur  o  pour  Jfôs. 

(6)  Nom  propre  d'homme  encore  fréquent  sous  la  forme  Fracal  :  cf.  Kev 
fraval  (Rosenzweig,  Dictionnaire  topographique  du  Moriihan). 

(7)  Friocl  Cartulaire  de  LandafE,  p.  140. 


—  131  — 

Freudor  (1),  859,  Freodor  1084,  Fredur  1047,  Fredor  1100. 

Frut,  Frot  ruisseau,  courant  :  ...  do  fin  Loeniou  cohiton  frut 
usque  ad  Ult  :  à  la  limite  de  Loeniou  (ou  des  buissons,  voir  Loin) 
le  long  du  ruisseau  jusqu'à  l'Ult  (p.  163,  litre  212,  an  814-821) 

—  Frot-Eginoc,  ruisseau,  845-860  —  pons  Frot-guiuuan  846  — 
Frodic?  nom  d'homme  (Cf.  monasterium  Kamfruth,  Vita  Turiavi, 
Boll.,jul.,III,  p.  614). 

Fuenant  pagus,  C.  L.,  43  (Aujourd'hui  Fouesnant,  avec  un  s  de 

trop,  près  Quimper). 
Funton  fontaine  :  Funton  maen  la  fontaine  de  pierre,  p.  284, 

Xle  siècle. 
Furie  (2)  :  Bet-Furic. 
Gablahplebs  (3). 
Gabol  (Voir  angabol). 
Gai  force,  puissance  :  Gal-budic  et  Galuudic  871  (même  personne) 

—  Gal-con  —  Gal-du;  Galdubo  (ablatif)  1084  —  Galuiu  832- 
868,  Galveu,  C.  L.,  39  —  Gal-uuoreth  {Société  archéologique 
d'ille-et- Vilaine,  XVII,  p.  18)  —  Rosgal  (4)  814-825. 

Ganet  né  :  Mat-ganet. 

Ganoe  (dérivé  de  la  même  racine)  :  Madganoe  —  larn-ganoe  — 

—  Ganoean  (5). 

Garth,  haie  ou  plutôt  talus  élevé  garni  de  buissons  ou  d'arbustes  (6)  : 

Bot-garth  —  Hirgard    (Tref),  C.    L.,  11  (Aujourd'hui   Hirgarz 

commune  de  Crozon). 
Gauale   :    Stergauale,   ruisseau,   affluent   de   la  Vilaine,  p.    284, 

Xle  siècle;  plebs  Gauele  super  Visnoniœ  flumen,  p.  259,  an  1008- 

1031. 
Gauan?  :  Uuorgauan  1^7). 

(1)  M.  de  Coui-son  a  mal  lu  Frendor  (p.  57,  titre  72)  ;  cf.  Freudnr,  Cartulaire 
de  LandafE,  p.  186.  et  Frendubur,  p.  115.  Pour /re?/,  cf.  gallois  ffreu,  ffrau 
courant,  torrent  ;  la  forme  faible  de  cette  racine  se  présente  dans/r«^  ^  *srûto-. 

(2)  Cf.  l'armoricain /«/•  habile,  sage,  du  latin  fur. 

(3)  Titre  2tiO.  p.  210,  et  non  250  comme  le  porte  l'index. 

(4)  Dans  Ro.sgal,  gai  a  probablement  le  sens  de  ennemi.  En  armoricain,  il  a 
un  sens  plus  restreint  qu'en  gallois  et  en  gaélique,  il  ne  désigne  que  les  Français. 

(5)  Titre  281,  p.  227.  et  non  226. 

(6)  L'auteur  du  Dictionnaire  dit  de  V  Armerye  dit  qu'on  désigne  par^ar/t  un 
talus  de  7  à  8  pieds,  mais  que  quelques-uns  réservent  ce  mot  pour  un  talus 
recouvert  d'arbrisseaux  (Voir  au  mot  haye). 

(7)  Et  non  Uuirgmian,  p.  37,  titre  46. 


—  132  — 

Gellan  (1)  (Tref),  C.  L.,  35;  villa  Gelloc,  Cartulaire  de  Redon, 
p.  105. 

Gen,  gent  (Dérivé  de  la  même  racine  que  le  latin  ^enris,  grec  yévoç)  : 
Anau-gen  —  Bud-ien  —  Con-gen  —  Fest-gen  851-856,  Festien, 
857  —  Hoiarn-gen  858,  Hoiarnien  895  —  Indel-gent  —  Moet- 
gen  859,  Moetien  857  —  Pritient  869  (2)  —  Rid-gen  840, 
Ridien  833,  Ritgen  850,  Ritien  878  —  Torith-gen  et  Torithien 
(Voir  To-)  —  Urb-ien  —  Urbm-gen,  Urumgen  (Voir  urh)  —  Uur- 
gint  (3). 

Gennai. 

Glan  rivage  ou  glaneur  ;  portus  Glan-ret  1101. 

Glas  azuré,  vert,  pâle  :  Cunglas,  Cunclas  (Voir  Cuneglase,  noms 
tirés  de  Gildas). 

Gleu  vaillant  (4)  :  Gleuan  ; 

Gleu-bidoe  859-865,  Gleuuidoe    Gleu-hel. 

875,  Greubidoe  (5)  874-  -hocar,  Gleuhucar. 

876.  -hoiarn    924,     Glehoiarn 
-cornai.  1037. 

-comin.  -louuen. 

-courant.  -marcoc    859,    Glemarhoc 

-dain  851-857,  Gleudaen  1084,   Glemarroc  (X^- 

916,  Gleuden  1101,  Gle-  XII^  .siècle). 

dennus  1089  (6).  -monoc  (7)  895,  Glemonoc 

-dalan.  1055. 


(1)  Cf.  Gellan,  Cartulaire  de  Landaff,  pp.  138,  14*i,  etc. 

(2)  Dans  la  même  charte,  pp.  192-194,  titre  242,  on  trouve  les  formes  Pritient, 
Priaient,  Prigent.  Pricicnt  s'explique  par  le  fait  que  le  c  et  le  ^  ont  souvent 
été  confondus  par  le  scribe.  Le  Cartulaire  de  Landevennec  ne  présente  que 
Pritient,  pp.  25,  30,  31,  32.  Reste  Prigent  qu'il  faut  probablement  corriger  eu 
Pritgent. 

(3)  Cf.  le  nom  gallois  ancien  Bled-gint.  M.  Rhys,  Lectures^,  p.  405,  rapproche 
ingénieusement  ^i/t!'  de  l'allemand  k\nd  enfant,  qui  a  la  même  origine. 

(4)  Cf.  gallois  glem  vaillant. 

(5)  On  trouve  Greubidoe,  non  à  la  p.  213,  comme  le  porte  l'index,  mais  à  la 
p.  211,  titre  261.  Greubidoe,  envoyé  de  Paseuuethen,  signe,  dans  la  même  charte, 
p.  212,  sous  le  nom  de  Gleiàdoe  (lég.  Gleu-vidue). 

(6)  Ou  trouve  Glecn,  p.  295,  an  1080.  Si  c'est  le  même  nom  que  Gleden,  il  faut 
y  voir  un  fait  de  phonétique  française.  Gleen  est  de  Marzac  (Loire-Inférieure); 
le  breton  y  aura  disparu  dans  le  courant  du  XI»  siècle. 

(7)  P.  205,  an  826,  on  trouve  ijartem  Glemonoc;  à  cette  date,  on  peut  regarder 
Glemonoc  comme  une  erreur  de  scribe  pour  Gleumonoc. 


—  133  — 
Gleu-uueten(l)  888,  Gleu-         Gleu-cuu,  G.  L.,  30  (Note  du 
guethen  1038-1041.  XIII«  siècle), 

-uili.  -louen,  G.  L.,  18  (Note  du 

Gleuuoret  (pour  Gleu-uuoret).  XIII^  siècle). 

Gloes,  glois,  beait,  pur  {'2)  :  Gloes-anau,  Glois-anau. 

Gloeu,  gloui  brillant,  limpide  (3)  :  Uueten-gloeu  848-849,  Weten- 

gloui  842,  appendice. 
Glur  :  seul  et  dans  Drichglur. 
Gnauet  connu  (Voir  gnou). 
Gnit  (4)  :  predium  Vurgnit. 
Gnou,   nou,  connu,  notoire  ou  qui  connaît  (5)  :   Gnuou-mael, 

appendice,  p.  377  (note),  vers  903  —  Arth-nou  —  Bud-nou  (Bron) 

—  Carant-nou  —  Gur-gnou  —  Hael-nou  —  Uuant-nou. 

Gof   forgeron    :   Rangof  (6)   832-868  —    Ri-uuorgou  837  — 

Uuorgouan  860. 
Goel  :  Uuorgoel. 

Golbin  bec  :  Randremes  Golbin  (Voir  Golbinoc,  Gloses). 
Gorth  (Voir  Buorth). 
Gost  (7)  :  Uuorgost,  Uurgost. 
Gouidnet  oies?  :  Pull  Gouidnet  la  mare  aux  oies. 
Grad  degré,  rangl  :  Gral,  nom  de  lieu  (8);  Ran  Gradou  —  Tangrad 

—  Grad-lon  (9)  840-846,  Gratlon  904,  Gradelonus  Crosleboc  1062- 
1080,  terra  Graalendi  presbyteri  1124-1125. 


(1)  P.  201,  titre  249,  on  lit  Glemtethen,  faute  de  scribe  pour  Glen-nuetheii. 

(2)  Cf.  gallois  gln'ys. 

(3)  Cf.  gallois  gloyw. 

(4)  Cf.  le  vieux  gallois  gnl-m  œuvre,  tâche  (poème  du  IX«  siècle,  chez  Skene, 
Four  ancient  Books  of  Wales,  II,  p.  2)  ;  cf.  irl.  ro-gniith,  gl.  factum  est,  Gramm. 
celt.,  477. 

(5)  Catholicon  :  gnoti  uide  in  haznat,  cest  tout  ung  (aujourd'hui  hanat  connu)  ; 
gneuiff  apparoir. 

(6)  L'index  donne  faussement  Rangob;  la  charte  porte  correctement  Rangof, 

(7)  Gost  est  identique  au  latin  gvstns;  cf.  les  noms  gallois  Guorgust,  Gurgust, 
Cingust,  Ungust  (Voir  Rhys,  Lectures,  p.  394). 

(8)  M.  de  Courson  a  lu  à  tort  Groit,  p.  142,  titre  183;  cf.  Gradd,  Mo 
Manuscrijyts,  p.  126  ;  cf.  Pierre  de  Grazou,  charte  de  1258,  abbaye  de  Lanvaux, 
archives  du  Morbihan. 

(9)  Cf.  Grathnin.  Cartulaire  de  Landaff,  p.  244;  dans  les  chartes  du  XII«- 
XlV^e  siècle,  en  Armorique,  en  pays  bretonnant,  on  trouve  Grazlon  et  Grallon 
(Voir  plus  bas,  armoricain  moyen,  Chartes). 


—  134  — 


Gred  :  Gretan  —  Grettanet. 

Gred-canham. 
-uuobri. 


Gred-uuocon. 
-uuoret. 


Grocon  :  Menehi  Grocon,  villa  Grohon  (même  charte,  p.  107, 

litre  141,  an  842);  villa  Grocon,  titre  142. 
Groecon. 

Groikin  797-814,  Groekin  865-866,  Grokin  859-864. 
Gron  :  Groniar  —  Gronuhel  1063. 
Gu-  :  pour  tous  les  mots  commençant  par  gii  =  v  vieux  celtique, 

voir  uu,  à  l'exception  toutefois  de  ceux  qui  ne   se  trouvent  que 

sous  la  forme  gu-, 
Guic,  du  latin  vicus  :  Guic-hri  (Voir  bn),  aujourd'hui  Guipry 

(lUe-et-Vilaine). 
Guolch,  action  de  laver  :  Guolchti  lavoir,  G.  L.,  p.  30. 
Gulugan,  p.  2,  titre  2,  an  834  (cf.  le  nom  gallois  Gwelwgan). 
Hael,  hail  généreux  :  Haelican,  Haelin,  Treb  Haelan  (1),  Ran 
Haelon. 


Hael-bidoe,  Hael-uidoe  (2). 
-cant. 
-car. 
-cobrant,  Hailcobrant,  Hael- 

courant. 
-comarch,  Helgomarc  1063. 
-cornes, 
-detuuid. 

-difoes,  Haellifoes. 
-finit, 
-hobrit. 
-hocar. 
-hoiarn. 
-homeit. 
-houuen. 


Hael-min. 

-moeni. 

-monoc,  Helmonoc  1062- 
1080. 

-morin. 

-nou  (Tigran). 
Haelouuri. 
Hael-rit. 

-tiern. 

-uili. 

-uualart. 

-uuallon. 

-uualoe,  Hailuualoe. 

-uuicon. 

-uuobri. 


(1)  Cf.  Haligan,  village  en  Concoret;  Ker-helegan  en  Langoelan  (Morbihan); 
la  ville- Helaii  en  Brehan-Loudéac  (Morbihan). 

(2)  De  Courson  a  tort,  Hael-uiddoe,  p.  218,  titre  269. 


—  135  — 

Hael-uuocon,  Helogon  1100.  Heu-hael. 

-uuoret.  ledec-hael,  ludicaei. 

-uuorint.  lud- 

Hail-gugur.  lun- 

-guntius  (1)  913.  Merthin- 

Hel-marc  1063.  Nod-hail. 
-melin  (Bren)  app.,  an  888.        Pasc-hael. 

Helorius  (2)  1066-1082.  Sul- 

Arthan  (3)  -hael.  Tutahel  (4). 

Con-  Uuin-hael. 

Cum-  Uuoret-hael. 
Detuuid- 

Haeloc  (5),  dérivé  de  hael  :  Haeloc;  Heloc,  appendice,  an  1051 

—  Sulhaeloc. 
Haer  (6)  (Voir  aer). 
Haithoui  (7)  :  larn-hailhoui  834,  larnhaitou  833,  larnhaethou  821, 

larnhatoe  848-849,  larnhatoeu  833  —  Uuorhatoeu,  Uuorhatohoui. 
Ham  (8)  été'?  :  Hamuc,  G.  L.,  26,  aujourd'hui  Hanvec  —  Ham- 

car  —  Hamoion. 

(1)  Pour  Hael-cnn. 

(2)  Eelori,  nom  qui  existe  encore  aujourd'hui,  serait  au  IX'  siècle  Eael-uuori. 

(3)  Cf.  Arthan.  Mo  Manuscrijjts,  p.  108. 

(4)  Écrit  à  tort  Tiitael  dans  l'index,  charte  271,  p.  220,  an  892. 

(5)  Aujourd'hui  Helec,  Hellcc  {Heleuc,  Helleux  en  pays  non  bretonnant 
depuis  le  XI«  siècle). 

(6)  Certains  noms  en  haer  ont  peut-être  une  autre  origine  que  aer  et  se 
rattachent  au  gallois  liacru  affirmer. 

(7)  Haitoni,  haethou,  hatoeu,  hatoe,  ne  sont  que  des  variantes  d'une  même 
foime.  L'index  pour  ces  noms  est  très  fautif.  Au  lieu  de  larnhaetou,  larn- 
haitoiil,  pp.  3,  8,  lil,  155,  220,  il  faut  mettre  :  larnhaithoui,  p.  3,  larnhaitou, 
p.  8,  larnhathoui,  p.  220,  larnhatoeu,  p.  lil,  tit.  181,  182,  larnhaethou,  p.  99. 
larnhatoeu  est  de  Bain;  or,  à  la  page  220,  larnhathoui  est  donné  comme  un 
prêtre  attaché  à  l'église  de  Bain;  il  est  vrai  qu'il  signe  en  892  et  larnhatoeu 
en  833.  Plusieurs  des  cosignataires  de  larnhaethou  et  de  larnhaitou  signent  aussi 
en  compagnie  de  larnhatoeu.  Il  est  fort  probable  que  ces  noms  désignent  le 
même  personnage.  On  trouve  des  variations  analogues  dans  l'orthographe  d'un 
nom  comique  du  Budmin  Gospel  :  Morhaythu,  Morhauo,  avec  le  caractère 
anglo-saxon  pour  la  spirante  dentale,  Morhaeththo,  Morhaedo  (Whitley  Stokes, 
Revue  celtique,  I,  p.  332;  cf.  Haddan  et  iStubbs,  Councils  and  ecclesiastical  Doevy 
nient.<!  rclatln'i  to  Ircknid  and  Grmt-Britain,  I,  appendice). 

(8)  Se  retrouve  peut-être  encore  dans  Tanttham,  Uurinham,  à  moins  que  ce 
ne  soient  des  superlatifs. 


—  136  — 
Hamal  semblable  (1)  :  Uurhamal  (2)  —  Uuiuhamal. 
Hamn,  C.  L.,  2,  la  rivière  de  Ghàteaulin,  l'Aulne  (Voir  plus  haut, 

Vies  des  Saints). 
Hamoi  (Cf.  ham)  :  RanUurhamoi. 
Karn  (Voir  hoiarn). 
Harth  :  Penharth,  lieu. 
Harthoc    :    Tref  Harthoc,  C.   L.,  13,  aujourd'hui   Landrevarzec 

(Finistère). 
Hasoeu,  hasoui  (Voir  asoeu,  asoui). 
Hebet  (3)  :  Hebetan  —  Roenhebel. 
Hedr  (Voir  hitr) . 

Heirguor  :  Diles  Heirguor  Che[m]bre,  C.  L.  (Voir  Chembre). 
Hemel  semblable  à  :  Bud-hemel;  But-heuel,  C.  L.,  30  (Note  du 

Xllle  siècle)  —  Leuhemel  —  Uuoret-hemel. 
Hen  vieux  :  Hen-car  —  Hen-lis,  lieu  —  Henbont  (Hugolinus  de) 

1037. 
Hent  (Voir  hint). 
Hep  :  Heb-goeu  (4);  Hebuuou,  C.  L.,  24,  Heguoeu,  C.  L.,  18 

(Note  du  XlIIe  siècle). 
Heth  (Voir  aeth). 
Heu  (Voir  eu). 

Hidinuc  (5)  :  Ploe-hidinuc  1037. 
Hidr,  hedr,  hitr,  hird,  herd  audacieux,  vaillant  (6)  :  Hirdan, 

(1)  On  serait  tenté  de  rattacher  à  hamal,  Riaual  sans  la  forme  Riagual, 
p.  226,  an  910.  Cf.  Keriaval  pour  Ker-riaval,  village  en  Locmariaquer  (Morbihan). 

(2)  Cf.  Gurhm-al,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  137. 

(3)  Pour  Hepetani  cf.  vieux  gallois  hepp,  gl.  inqnit;  à  moins  qu'on  ne  préfère 
rattacher  ces  mots  à  la  racine  *.<ieqv  suivre.  Cf.  Gurthebet,  Cartulaire  de  Quim- 
perlé,  p.  11  v°  (copie  Maître). 

(4)  Le  sens  de  hep  ici  est  incertain.  L'index  donne  Hebgoen,  la  charte  porte 
correctement  Hebgoeu,  p.  74,  titre  97.  Ce  nom  a  été  fort  maltraité  par  les  histo- 
riens et  les  scribes  dans  les  chartes  concernant  le  Kemenet  dont  le  siège  était 
à  Guidel  (Morbihan)  :  Kemenet-Heboe,  D.  Morice,  Preuves,  I,  874,  an  1037; 
Kemenet- Hebgoen  1160  (i6t<^.,  p.  638);  Kemené-Theloe  1265  {ibid.,  I,  p.  996); 
Guémenè-Theboij  1301  {ibid.,  I,  p.  1176);  enfin  le  doyenné  des  bois! 

(5)  Pp.  327-328,  Cartulaire  de  Quimperlé,  Plebs  Ithinuc ;  Ploezinec  (abbaye 
de  la  Joie  1283,  Archives  du  Morbihan);  Ploeijzinei(c.  1320,  D.  Morice,  I,  p.  1297; 
aujourd'hui  Plouhinec,  canton  de  Port-Louis  (Morbihan).  Il  faut  noter  que  dans 
la  charte  des  pp.  327-328,  on  trouve  un  David  de  Ploihinee.  Hitin  doit  être 
séparé  de  hidinuc  (Voir  hitin). 

(6)  Armoricain  moyen  hezr,  hardi  (  Catholicoii)  ;  gallois  hydr. 


—  137  — 
Hidran,  Hidric,  Hedroc  1062  —  Hird-bidoe  (1),  Hird-uidoe,  Helr- 
uedoi  909  —  Hird-car  —  Hird-hoiarn,  Hirt-hoiarn,  Hetruiarn  869 

—  Hird-marcoc,  Hirt-marcoch,  Hedremarhoc  910  —  Hird-uuallon 

—  Hird-uueten,  Hirt-uueten  (2)  —  Hird-uuoion,  Hedr-guoion 
913,  Hetruuoion  909,  Hederguion  910  —  Hird-uuoret  —  Herd- 
monoc,  appendice,  an  860,  Hedromonoc  1051-1060. 

Hil  race,  semence  dans  Hilian. 
Hlmhoir  (Voir  Imhoir). 
Hin  (3)  :  Treb-Hinoi;  Hinoc. 

Hin-cant,  Hingant  (4)  909.  Hin-uual  (Ran). 

"Clialt.  -uualart. 

-cunan.  -uuallon 

-hoiarn,  Hinuarn  (Soit),  -uueten. 

C.  L,,  11.  -uuoret, 

-moi. 

Hint,   Hent  chemin  :  Camp  Caubal-hint  (Voir  Caiibal),  Ponit 

Caupal-hint,  appendice,  p.  358,  titre  11,  an  839-844  —  Car-hent, 

CL. 
Hir  long  :  Eneshir,  C.  L.  —  Maeluc  Dant-hir,  C.  L.  —  Hirgard,  C. 

L.  —  Hir-huueten,  p.  58,  titre  74. 
Hirlan  :  Kaer  Gleu-hirian,  1037. 
Hitin  :  Hitin,  Heden  (5)  —  Villa  Bron-hitin  —  larn-hitin;  larnhi- 

thin  866,  849;  larnhiten  837  —  Gur-heten  (6),  p.  225,  titre  278, 

(1)  L'index  et  les  chartes  sont  ici  également  défectueux  :  p.  50,  titre  62, 
an  866,  au  lieu  de  Hirbidoe,  lisez  Hlrd-bidoe ;  p.  188,  titre  240,  an  868,  au  lieu 
de  Hirvidoe,  lisez  Hird-uidoe;  p.  87,  titre  113,  lisez  Hird-uidoe  ;  p.  102,  titre  134  ; 
p.  124,  titre  160;  p.  52,  titre  65,  Hird-bidoe. 

(2)  P.  92,  titre  122,  an  834,  Hirt-uneten ;  p.  124,  titre  160,  an  846,  Hird-uueten; 
p.  58,  titre  74,  an  859-865,  on  trouve  un  Hir-huueten;  hir  ici  est  probablement 
exact  et  signifie  long. 

(3)  Cf.  gallois  hin  température,  Mnon  beau  temps  ?  Armoricain  moyen  hijnon 
clair  (CathoL). 

(4)  Hingant  est  encore  aujourd'hui  un  nom  fort  répandu  en  Armorique. 

(5)  M.  de  Courson  a  écrit  à  tort  Eden,  p.  18  ;  cf.  Hedyn  (Bodmin  Goapel, 
Haddan  et  Stubbs,  Couneils,  I,  appendice,  33)  ;  cf.  Hedennec,  moulin  en  Ingui- 
niel.  Morbihan  (Kosenzweig.  Dictionnaire  toj)ograj)hique). 

(6)  Gur-heten  suppose  au  IX<i  siècle  une  forme  Uuor-hitin.  Ce  nom  a  donné 
aujourd'hui  Gonrden.  Coat-gourden.  Le  t  représente  donc  l'explosive  dentale 
sourde  ou  ténue  dentale  t,  et  hitin  ne  doit  pas  être  confondu  avec  hidinuc, 
Ithinuc. 


—  138  — 
an  909;  Guorheden,  p.  302,  titre  350,  an  1128;  Guorreden,  p.  280, 
titre  328,  an  1063-1076;  Gureden,  p.  259,  titre  306,  an  1063. 
Ho,  hu,  préfixe  ayant  le  sens  de  bien  : 

larn-ho-bri,  larnobri  864-870.  Ho-urantes. 

larn-ho-brit.  -uuel  (Voir  Houuel). 

Ho-car,  Hogar  1120.  -uuen. 

Ho-cunan,  Hucunnan  909.  Hugunnan  -uuis. 

913,Hogonanus  1029-1037.  -uuoret. 

-dric  1084.  -uuori. 

-ledrus  931 .  Hu-dreth  866. 

Hocar  (1)  qui  aime  bien,  aimable  (Voir  Ho-)  —  Anau-hocar   — 

Hael-hocar  (Ran)  —  lud-hocar  —  Mael-hogar  834  —  Uuor-hocar. 
Hochic  :  Uuod-hochic  (Cf.  Guodm.ochus,  C.  L.,  14). 
Hoedigen. 
Hoedl  (2)  âge,  existence,  durée  de  la  vie  :  Hoidlan  —  Villa  Hoethlor 

—  Hoedl-monoc  —  Lan  Hoitlleian?  C.  L.,  14. 
Hoel  (3),  hoil  :  Hoil-uualart,  857-858;  Hoel-uualarlh,  868,  Holuua- 

lart  (4)  858  —  Hoel-uuallon,  app.  —  larnhoel  —  Sulhoel  (Ran). 
Hoiam  (5)  :  Hael-hoiam  —  larn-hoiam  —  Posidhoiafm]  —  Roen- 

hoiam  —  Uuiuhoiam. 


(1)  Cf.  gallois  Hygar,  armoricain  Hegarad. 

(2)  Cf.  le  nom  gallois  Gn-ynn-hoedl  :=  Vende-sëtli  et  Venrii-setli,  Inscrip- 
tions chrétiennes  de  Grande-Bretagne  (J.  Rhys,  Lectures,  p.  212).  Pour  hoedl, 
cf.  armoricain  moyen  hoazl  :  Catholicon.  hir-hoazhts  âgé,  armoricain  moderne 
hoal  âge. 

(3)  Il  est  invraisemblable  que  nous  ayons  affaire  ici  à  Ho-uuel  qui  voit  bien. 
Cf.  plutôt  le  gallois  hwyl  élan,  course,  voyage. 

(4)  Hoel-intalarth,  Hoihtnalart,  Hol-uualurt  paraissent  désigner  le  même  per- 
sonnage, un  notable  de  la  suite  de  Salomou. 

(5)  L'index  et  les  chartes  sont  encore  ici  également  défectueux.  Pp.  113,  114, 
titre  148,  on  lit  Hael-hoiam  et  non  Haelhoiarn  :  la  même  femme  est  nommée 
p.  115,  titre  150,  et,  cette  fois,  M.  de  Courson  écrit  avec  raison  Hael-hoiam  — 
M.  de  Courson  a.  suivant  son  habitude,  confondu  et  mêlé  les  personnages  divers 
portant  les  noms  de  Rotnhoiarn  et  Roenlwiam.  On  trouve  Ruenhoiarn,  p.  28, 
titre  34;  p.  lui,  titre  134  (Compot  Roeuhoiarn).  Le  Roenhoiarn  de  la  p.  86, 
titre  112,  est  différent  du  Roenhoiarn  preshyter  de  la  p.  167,  titre  217,  et  du 
Roenlwiarn  colonns  de  la  p.  214,  titre  263.  On  trouve  Roenhoiarn  p.  6  et  non  5, 
titre  5;  p.  7,  titre  6  (et  non  Roenhoiarn);  p.  121,  titre  152  :  c'est  le  même  person- 
nage (le  nom  est  écrit  Roianhoian,  p.  37).  La  pereistance  dans  l'écriture  hoiam 
pour  le  même  personnage,  le  nom  de  larn-hoiam,  la  forme  Posidhoia  pour 
laquelle  le  scribe  a  probablement  oublié  le  signe  abrévialif  de  Vm  sur  â 
{Posidhoia),  ne  permettent  pas  de  supposer  une  erreur  du  scribe  pour  hoiarn  fer. 


—  139  — 

Hoiant(l). 

Hoiarn  fer  :  Hoiarn,  Haiarn  1037  (2). 

Anau-hoiarn.  Pasc-hoiarn 

Cat- 

Con- 

Deui- 

Dre- 

Eu-hoiarn,      Heuhoiarn     843, 

Heoiarn    (3)    1101,    Eu- 

huarn  (4),  C.  L.  (Voir  Eu). 
Finit- 

Gleu-hoiarn,  Glehoiarn  1037. 
Guisc-hoiarn  (Kaer)  1037. 
Hin- 
Lat- 
Loies- 
Mael- 
Maen- 

Merthin-hoiarn,  Mertinhiarn  (5). 
Mor-huarn  11'28. 


Ran- 
Ral- 
Rit- 

Roen-hoiarn. 

Saus-hoiarn  8  iO,  Sausoiarn  1026, 

Sausoyarn  1055. 
Sul- 

Tan- hoiarn,  Tanoarn  1060. 
Tri-hoiarn  834,  Tre- hoiarn  849. 
Uueten- 
Uuin- 
Uuiu- 
Uuo- 
Uuoel- 
Uuor- 
Uuoret- 
Uur- 


Hoiarn-comhal  —  Hoiarn-gen  (6)  858,  Hoiarnien  895,  Hiarn-gen 
859  —  Hoiarn-min  —  Hoiarn-scoet  (7)  851-856,  Hoiarscoet 


(1)  Probablement  pour  hoiarn  ou  hoiarnt,  Anau-hoiant  presbyter  paraît  être 
le  même  personnage  que  Anau-Juiiar/t  presbyter  de  la  p.  23.  Cathoiant,  p.  37, 
paraît  ne  faire  qu'un  avec  C/if  hoiarn,  p.  122,  titre  152.  Cathoiant  est  probablement 
Catluiant,  nom  très  fréquent.  De  même,  Bcnhoian,  p.  93,  titre  123,  est  le  même 
personnage  que  Roenhoiam,  p.  6,  titre  ô,  même  année  833,  même  lieu. 

(2)  De  Courson,  Hoiarn,  p.  329. 

(3)  Le  manuscrit  porte  Èeoiar. 

(4)  On  trouve  aussi  Ilehoiarn  dans  le  Cartulaire  de  Landévennec,  51.  Il  est 
certain  que  en-  et  heu-  sont  des  variantes  d'une  môme  forme  :  le  même  person- 
nage signe  Heu-hniarn,  p.  139.  titre  179,  et  JEti-hoiarn,  p.  140,  titre  180. 

(5)  P.  101,  titre  33,  le  manuscrit  porte  Jlertinhoiarn  et  non  Merthinhoiarn ; 
p.  28,  le  manuscrit  porte  Merthinhoiarn,  Mertinhiarn  et  non  3Ierthinhoiarn,  et 
aussi  Mertinoharnus. 

(6)  Cf.  Cartulaire  de  Landaff,  Haern-gen,  p.  197. 

(7)  L'index  donne  pour  la  p.  82,  Hoiarn-scoet  ;  le  manuscrit  et  la  charte 
Hoiarscoet;  à  la  p.  55,  titre  70,  index  et  charte  portent  Hoiarn-scet,  le  manus- 
crit paraît  donner  Hoiaruscoet  :  dans  les  deux  cas  il  faut  corriger  en  Hoiarnscoet. 
En  eiïer,  appendice,  p.  378,  titre  43,  on  voit  figurer  parmi  les  témoins  d'Eiispoë, 
un  Hoiarn-scoet  ;  or,  p.  55,  c'est  aussi  Erispoë  qui  est  le  donateur. 


-  140  - 
847-854,  Harscoit  1038-1041,  Harscuid  1050,  Arscoet  1145, 
Arscuit  (1)  vers  1000  —  Hoiarn-uueten,   Huar-uuethen,  C. 
L.,  24. 

Hoiernin  (2)  plebs  860-866;  Huiernim  (sic)  833. 

Houuel  qui  voit  bien,  de  ho+uuel  (Voir  uuel)  :  Houuel,  G.  L.,  25; 

Hoel,  dans  le  Cartulaire  de  Redon  dès  1062. 
Houuen  (3)  :  Houuen  —  Hael-houuen  —  Hun-houuen  —  larn- 

houuen  —  lud-houuen  —  Ri-houuen  —  Roen-houuen  —  Uuor- 

houuen. 
Hu  (Voir  ho). 
Huel  élevé,  haut,  pour  uchel,  uhel  (Voir  uhel)  :  Huelin  1084  — 

Huel-ueu  (4)  868. 
Hud  (Voir  Dihudgar). 
Hun  sommeil  :  Hun-houuen  —  Hun-frid?  —  Lan  Huncat,  C.  L.,  18 

(XlIJe  siècle). 
lacu  (5),  du  latin  lacobus;  lagu  dès  833. 
lahan  (Voir  lohann). 
larn  (6)  fer  :   larna  865,  nom  de  femme;   larnn,   larnt;    Ran 

larnoc;    larnican;    Ran    larnedam    (plutôt    que    larnetlam?); 

Hiarn-cren. 


(1)  L'orthographe  Arscoet  indique  déjà  une  prononciation  française.  Ce  nom 
existe  encore  aujourd'hui.  Dans  les  pays  bretonnants,  on  prononce  nettement 
Harscoet. 

(2)  La  charte  et  le  manuscrit,  p.  8,  titre  7,  donnent  Huiernim  et  non  Huernim, 
comme  le  porte  l'index.  Plebs  hoiernin  est  aujourd'hui  Pluherlin,  canton  de 
Kochefort-en-Terre  (^Morbihan).  On  trouve,  dès  1387,  la  forme  Ploeherlin 
(Rosenzweig,  Dictionnaire  topor/raphicpie  du  Morbihan). 

(3)  Ce  nom  apparaît  huit  fois  seul  dans  le  Cartulaire  avec  la  même  ortho- 
graphe :  cf.  le  gallois  hy-wên  qui  rit  volontiers  .' 

(4)  P.  188,  titre  2i0,  Huel-ueu  se  trouve  répété  deux  fois  dans  la  même  charte. 
Pour  le  second  Huel-ueu,  M.  de  Courson  a  écrit  Hueluncnt.  L'index  signale  aussi 
un  Huellifoes,  p.  107  ;  la  charte  porte  HaelUdifoes. 

(5)  M.  de  Courson  a  mis  arbitrairement  sous  les  lettres  i  etj  des  noms  écrits 
invariablement  /  dans  le  Cartulaire. 

(6)  Il  est  très  remarquable  que  larn  n'apparaît  jamais  comme  second 
terme,  et  que  d'autre  part,  il  n^ entre  jamais  en  composition  avec  hoiarn  : 
il  est  donc  sûr  que  iarn  diffère  ici  pour  des  raisons  d'accentuation 
de  hoiarn,  mais  a  le  même  sens;  à  remarquer  l'orthographe  hiarn  dans 
Hiarngen. 


—  141  — 

larn-finit.  larnnomen? 

-ganoe.  larn-tanet. 

-grinn.  -uualart. 

-hailhoui    (Voir  -uuallon  (2). 

haithoui).  -uualt. 

-hebet.  -uuahaunt. 

-hirt.  -uucant. 

-hitin.  -uuere. 

-hobri.  -uueten. 

-hobrit.  -uuiscid. 

-hoel.  -uuocan. 

-hoiam.  -uuocon,  larnogon 

-houuen.  1062. 

larniuuin.  -uuoret. 
larn-kenet. 

lar  pour  larn  dans  :  lardet  833-834  —  lardrion  820  —  larlios  860- 
866  —  villa  larmanac?  826-834  —  lartiern  842. 

latoc  (3). 

lau  :  Gulet  lau,  G.  L.,  26  (Voir  lou). 

Ibiau,  nom  de  femme. 

led  (Voir  iud). 

lestin  (Voir  lostin). 

Iglur  :  Sent  Iglur,  G.  L.,  22  (Gf.  gallois  eglur  clair?). 

Ilisoch,  de  ilis  église?  {Société  archéologique  d'Ille- et -Vilaine, 

XVII,  p.  19). 
Illoc  913. 
Imhoir  (4)  =  latin  emporium  (Zeuss,  Gramm.  celt.,  2«  édition, 

p.  113  :  imhoir  =  emmoir  =  empoir). 


larn-bidoe  845,  larn- 

uidoe (1) avant 

797. 
-bud  814,  larn- 

uud  avant 797. 
-budic. 
-cant. 
-colin   et    larn- 

coglin     832 

(même  charte), 
-con  814,  larcun 

846. 
-conan. 
-detuuid     (Voir 

detuuid). 


(1)  P.  13,  titre  13,  le  manuscrit  porte  larmàdoe  ou  laruuidoc,  et  non 
larnnuidoc ;  il  faut  lire  larnnidoe  :  le  scribe  a  pris  l'a  pour  un  v. 

(2)  Cf.  larnwallun.  Bodmin  Gospel,  45  (Haddan  et  Stubbs). 

(3)  Cf.  gallois  iad  le  devant  de  la  tête,  le  crâne? 

(4)  P.  12,  titre  12,  .an  834  :  de  uno  latere  flumine  {sic)  quod  vocatur  Itmtuor; 
p.  113,  titre  146,  an  821  :  do  imhoir...,  ultra  imhoir...,  pont  Imlwir  (p.  114, 
titre  147,  an  838-839.  la  traduction  latine  répond  à  imhoir  par  ripam.  Voir 
Cohiton).  P.  119,  titre  155,  an  830,  super  ripam  Hemlwir ;  p.  120,  titre  156, 
an  834,  de  uno  latere  flumen  {sic)  quod  vocatur  Himboir.  La  forme  imhoir, 
emhoir  est  garantie  p.ir  la  forme  actuelle;  on  trouve  encore  en  Ruffiac,  dans 
le  Morbihan  de  langue  française,  le  pont  à' Emoi. 


—  142  — 
In,  préfixe  :  In-conmarc  —  Indelgent  —  Ennoguent,  femme,  1052. 
Inis  (1)  île  :  Ran  Inis-louuen  —  Inisan  (Voir  Eues). 
Init  (2)  :  Init-car. 
lodica  villa  (Voir  iud). 
lohan,  du  latin  lohannes;  lahan  (3)  838-848. 
lona. 

lostin,  du  latin  lustinus;  lostin  868;  leslin  1063  (4). 
Iscummarc,  fils  d'un  certain  Nominoe  1047;  Excomarcus  1072; 

Escomar  1060. 
Istomid,  id  est  trifocaliuml  (5). 
lou  (6|  :  louuan  —  lou-monoc  —  louuelet  —  louuoion. 
Iud  combat  :  ludon. 

lud-cant  (7).  lud-lin;  Iulin.  lud-rih,  lud-reih. 

-car  864-870;  lus-  Id-loen,dansZeridfoe»i,  -rid;  ludrith. 

car  (8)  837.                  lieu,  1066-1082.  -uual. 

-condoes.  lud-louuen.  -uuallon. 

-cum.                            -min.  -uueten. 

-her.                              -morin.  -uuocon. 

-hocar.                           -nimet.  -uuoret. 

-houuen.                      -re  (9).  led-car  (10)  862. 


(1)  L'index  donne,  pour  la  p.  163,  une  insulaia  iSi».  Or,  p.  163,  titre  212,  on  lit  ; 
ad  insnlam  que  est  in  sin  uillœ  ecclesiœ.  Il  faut  lire  :  que  est  in  xinv  illœ  ecclesiœ. 

(2)  Cf.  gallois  Ynyd  commencement  ;  ynyd  y  Gran-ys  initium  quadragesimae  ; 
mawrthynyd  mardi  gras  ;  armoricain  enet  le  mardi  gras  et  les  deux  jours  pré- 
cédents :  dlsul  énet  le  dimanche  gras. 

(3)  P.  146,  titre  186. 

(4)  Cf.  lestln,  cartulaire  de  Landaff,  p.  202;  Ker-isthi,  en  Marzau  (Morbihan), 

(5)  Appendice,  p.  354,  titre  4,  an  833,  d'après  dom  Lobineau,  Histoire  de 
Bretagne,  II,  col.  68,  et  Blancs-Manteaux,  p.  398  :  Conwoion  monachus  scripsit 
istam  carticulam  per  commeatum  et  voluntatem  Alvriti  Mactierni,  sedente  super 
trifocaliuni,  id  est,  istomid,  in  fronte  ecclesine,  stante  Rethvroret  in  dextera  eius. 
On  ne  connaît  pas  mieux  le  sens  de  trifocalhim  que  celui  de  istomid. 

(6)  Probablement  de  lov  emprunté  au  latin  lovis,  à  moins  qu'on  ne  le  rap- 
proche du  gallois  ien  plus  jeune,  armoricain  inonhcr  le  plus  jeune  des  fils. 

(7)  Cf.  KQY-iezcant,  1447,  aujourd'hui  Kericant,  en  Grandchamp  (Morbihan), 

(8)  Il  est  fort  possible  que  Ivd-car  et  luscar  soient  composés  différemment. 

(9)  L'index  est  ici  encore  très  défectueux  et  confond  des  noms  différents, 
pp.  24,  26,  56,  92,  127,  167,  181.  Indre  (p.  92,  luddre);  p.  58,  liulrih  et  non 
ludrich;  p.  144,  Indreih;  p.  160,  Indrih;  p.  38,  ludrld;  p.  43,  Indârith  et  ludrith; 
p.  47,  Ivdrieh  (lege  ludrith).  Indre.  Ivdrili,  ludrith,  sont  des  formes  différentes 
désignant  des  personnages  différents. 

(10)  Cf.  Eericar,  village  en  Crach  (Morbihan);  a  passé  par  lez-car  comme 
Kericant  par  lezcant  (Voir  la  note  à  Ind-cant).  * 


—  143  — 

ludhael  (1),  de  ivd  et  hael. 

ludic  (dérivé  de  lud)  :  ïudicar  851-857,  lodicar  821  ;  villa  lodica 
864-870  :  ledec-uueten  —  ledec-hael  (2)  869;  ledicael  875, 
ledecael  866,  ludicael  1080  (pendant  le  XP  siècle  ludicaelus  ou 
ludicalis). 

ludicael  (3)  (Voir  ludic). 

lun  (4)  :  luna  —  lunam. 


!un-anau. 

lun-hael. 

I 

un-uuallon. 

-asoi. 

lunham. 

-uueten. 

-car. 
[unedoe. 

lun-monoc. 
-nimet. 

-uuocon. 
-uuoret. 

[uneprit. 

-tiern. 

[un-keneu 

(5). 

-uual. 

net  (6)  (d 

érivé 

de  lun)  :  lunet  —  lunet- 

•monoc 

—  lunet-hui 

lunet-uuant  —  Uur-iunet. 
lustin  (Voir  lostin). 

Laedti  (8)  laiterie^  de  laed  pour  laeth  lait,  et  de  ii  maison,  C.  L.,  39. 
Lai  :  Conlai  —  Killai,  1108;  Kyllai. 
Laian  (9),  C.  L.,  Treb-laian  —  Tnou  Laian,  C.  L.,  43. 
Lalocan. 


(1)  ludliael  859;  ladahel  820;  luthail  915;  ludaeC  1069;  luthel  1100;  luhel 
9.31.  Ce  nom  existe  encore  aujourd'hui  sous  les  deux  formes  Jutcl  et  Juhel. 

(2)  Cf.  le  nom  comique  Gy<ticcael  (^Bodmin  Gospel,  Revue  celtique,  I,  p.  332). 

(3)  ludicael,  au  XP  siècle  et  bien  plus  tard,  représente  la  tradition  officielle  : 
ce  nom  avait  été  porté,  depuis  le  YV  siècle,  par  des  princes  et  des  personnages 
très  importants.  L'évolution  naturelle  du  nom  se  retrouve  dans  ledecael  qui 
existe  aujourd'hui  sous  la  forme  Gicqitel  et  la  forme  lezeqiiel  que  j'ai  entendu 
prononcer  Izikcl;  cf.  Bod-iqnel^Gn'^ojaX-VowtxYj  (Morbihan).  Pour /«<? donnant 
■iz,  cf.  Coet-lzec  (=  Coet-ludoc),  village  en  Inguiniel  (pron.  Coet-Iec'). 

(4)  Cf.  Vie  de  saint  Samson,  40  ':  Imiiavns  qui  et  ipse  britannica  lingua  cum 
illis  Inx  vocitabatur  (Voir  plus  haut.  Vies  des  Saints). 

(5)  liniJicneii,  1029-1037;  linikueneit,  1026;  lungenen,  1040;  lunguenex,  1061- 
1075.  Ce  nom  se  retrouve  dans  le  nom  actuel  de  Ginguené. 

(6)  Cf.  Innet,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  140. 

(7)  P. 205,  titre  215.  Iitnet-hutiant etnou  lunetmiaiit ;  demême,  p.  160,  titre208. 

(8)  Cf.  Laithty  Teliaii.  Cartulaire  de  Landaff,  p.  119. 

(9)  Cf.  gallois  leian  religieuse,  armoricain  leanes,  vannetais  lianes,  cor- 
nouaillais  laines;  ou  laian  âdelis,  dislaian  infidelis  (Vocabulaire  comique, 
Gravim.  celt..  p.  823).  Ce  nom  se  retrouve  dans  celui  de  la  commune  de 
Treflean.  au  XVP  siècl  •  Trevleyan,  canton  d'Elven  (Jlorbihan).  Le  Treb-laian 
du  Cartulaire  désigne,  il  est  vrai,  un  autre  lieu,  probablement  en  Kufiac. 


—  144  — 
Laman  (1)  :  Kentlaman  —  Raclaman. 
Lan  monastère,  lieu  consacré  :  Ploi-lan  (Plélan,  Ille-et-Vilaine)  — 

Pen-lan  —  Lan  Bertuualt,  C.  L.,  151. 
Laoc  campus. 

Lath  vergffi?  :  Lat-hoiarn;  Lathoyarn  —  Lat-moet. 
Latr  voleur  :  Gamp-latr. 
Lebrant  :  Uuiu-lebrant. 
Lechan?  (2)  :  Anaulechan. 
Leiham  le  moindre,  le  plus  petit,  superlatif  de  lei,  gallois  liai  : 

Salina  leiham  (3). 
Leisou  (4). 
Len  (Voir  lin). 
Lergen,  appendice,  p.  367,  an  852.  Cf.  Lerian ,  Treslerian  portus 

(Voir  Treith}. 
Les  (Voir  Lis). 

Let  demi  :  Lettigran  demi  Tigran  (Voir  Tigran). 
Let  (5)  :  Lel-monoc. 
Lethoc  (6)  :  Clolethoc  pour  Glot-lethoc? 
Leu  lion  :  Leuhemel  semblable  à  un  lion. 
Leuuer  (7)  lumière. 

Libr  (8)  :  Librcoot,  lieu,  846  (Probablement  pour  Libr-coet). 
Lillan,  appendice,  p.  377. 
Lilloc. 

Lim  aigu,  pénétrant  :  Lim-uuas. 
Lin  étang  :  Run-lin,  lieu  —  villa  Lenguennoc  837. 
Lin  :  Lin-woret,  appendice,  p.  374. 

(1)  Kendlava7i  (Cartulaire  de  Quimperlé,  p.  82,  XIII«  siècle)  ;  cf.  le  gallois 
llafanad  faculté,  intelligence? 

(2)  A  corriger  peut-être  en  lethan  large  :  Anau-lethan  ;  cf.  Clo-lethoc. 

(3)  Les  salines  sont  souvent  désignées  autrement  que  par  des  noms  propres  : 
salinam  maorrem  —  salinam  permet  —  salinam  medianam. 

(4)  Cf.  gallois  liais  voix  /  Cf.  le  nom  comique  Sul-leisoc  [Revue  celtique,  1  p.  332, 
Glossarial  index). 

(5)  A  rapprocher  probablement  du  suffixe  gallois  lyt  ayant  idée  d'abondance, 
et  de  litan  large. 

(())  Dérivé  probablement  de  lit  comme  litan. 

il)  Cf.  gallois  llevfer. 

(8)  Cf.  gallois  llyfr  qui  sert  à  traîner,  dans  llyfr  car  partie  du  traîneau  qui  est 
sur  le  sol  ;  vieil  armoricain  lihirion  vel  stloltprenou ,  glosant  :  lajjsussive  rotnnda 
ligna  qiiœ  rôtis  s7ipponnntur  (Gloses  de  Berne). 


;-coet. 

Lis-nouuid(3)844,Les- 

-colroet. 

neuueth  826. 

-fau  834,  Les-fau- 

-penfau. 

832. 

-prat. 

-fauin. 

-rannac. 

-iarnuuocon. 

-ros. 

Ran-lis. 

—  145  — 
Lios  (1)  fréquent,  nombreux  :  Liosic  ;  Liosoc  —  Lios-hoiarn  —  Iar[n]- 

lios  —  Pritient  Liusuc,  C.  L.,  30. 
Lis  cour,  dans  les  noms  de  lieu  : 
Lis-bedu,  Lis-uedu. 
-bidioc. 

-bison,  app.,  an 
846,  Lis-uisonn 
(2)  834. 
-broniuin. 
-celli. 

Liuer  (4)  dans  Liuerin  —  Caer  Liuer,  C.  L.,  26. 

L.iuuet  coloré {b)  :  Liuuet-lon —  Blenliuuet(6);  Blenliuuet,  C.  L.,25; 

Blenliuguet,  G.  L. ,  46  —  Morliuuet  (Cf.  Blinluet,  hameau  en  Peillac, 

Morbihan  français). 
Loc  (7)  cellule,  monastère,  lieu  consacré  :  Loc  lunguoret,  C.  L.,  \9 

—  Locus  sancti  Wingualoei,  C.  L.,  19  (Cf.  Locunolé,  Finistère). 
Loch,  traduit  par  pastus  (8)  (Voir  luh). 

Logen,  Loen  :  Cat-logen  839-844,  Cat-loen  869  —  Loen-gil  876. 
Loen  (Voir  loin). 
Loes  (Voir  loies). 
Loiant  :  Cat-ioiant  833;  Cat-luiant  913;  Catusloiant  (9);  Catloant 

1052-1060. 

(1)  Cf.  gallois  lliajvs,  armoricain  moderne  lies, 

(2)  P.  92,  titre  122,  et  non  Lli-uxinson,  comme  l'écrit  M.  de  Courson.  P.  61, 
titre  79,  on  remarque  im  lieu  appelé  Bessonn. 

(3)  P.  133,  titre  177,  aulam  Xouuid. 

(4)  L'écriture  avec  un  seul  w  =  v  ne  permet  guère  de  rattacher  ces  formes 
à  lia  couleur.  Cf.  gallois  llif,  llifer  flot,  inondation?  ou,  peut-être  dans  Liuerin; 
le  gallois  llif  scie! 

(5)  Cf.  le  vieux  gallois  liii,  glosant  gratia  (Gloses  à  Juvencus). 

(6)  P.  10,  Blenliuet;  pp.  77,  9,S,2\&,2\%  Blen-liuuet;  y>.'^'22  BUnUuet  {\\0\); 
p.  329  Blenliuet  (1037^;  p.  333  Blenliiet  (U08). 

(7)  Cf.  Monach-logeu  monastères  {lolo  Mannscripts,  p.  114). 

(8)  P.  40,  titre  50  ;  p.  60,  titre  78  ;  on  trouve  la  fonnnle  :  sine  censu,  sine 
tributo,  et  sine  jtastii  caballis  ulli  liomini  sub  cœlo  nisi...  ;  p.  195,  titre  242  :  Ipse 
Pritient  opus  et  angarium  et  pastum  canum  vel  caballorum  querebat  ;  p.  95, 
titre  126,  sine  pastu  caballi  vel  canum:  p.  217,  titre  278,  sine  loch;  p.  365, 
titre  29,  appendice  :  sine  loch  caballis. 

(9)  P.  133,  titre  172,  Catloiant.  mais  avec  l'abréviation  ordinaire  pour  us 
accompagnant  le  t  de  cat.  Le  scribe  aura  eu  devant  les  yeux  CatusUda7it.  mais 
aura  pris  xts  pour  la  terminaison  latine  du  premier  terme. 

10 


—  146  — 

Loies,  loes  :  Loieshic,  Loiesic  —  Loiesoc;  Loiesou. 

Loies-auual.  Loies-louuen. 
Loies-bidoe,  Loies-uidoe  846.  -min. 

-britou.  -uuallon,  Luiesguallon  909. 

-budic.  -uuaroei  (Voir  WMrtroe). 

-cant.  -uuelen,  Loes-uuethen  833. 

-car.  -uuotal. 

-hird,  Loieshitr  (1);  app.,  -uuotan. 

p.  377.  -uur. 

-hoiarn,  Luieshuarn  910.  Uuorloies. 

Loin  buisso7t  :  villa  Loin  (2)  —  villa  Loin-prostan  —  Ran  Loin-piket 

—  do  fin  loeniou  cohiton  frut  usque  ad  Ult  (Voir  frut). 
Loit  :  Ran  Loitan. 

Lon  (3)  'plein,  sert  aussi  de  suffixe  indiquant  plénitude  (Voir 
Fidlon)  :  Aeth-lon  (4)  —  Cat-lon  et  Gallon  (5)  867-871,  p.  160, 
titre  208  —  Fid-lon  —  Grad-lon  (Voir  Gradlon)  —  Haeth-lon 

—  Urb-lon. 

Loscan  (cf.  loschelt)  :  Tonou-loscan,  lieu. 

Loscheit  brûlé  :  Cher-loscheit   (Société  archéologique  d'Ille-et- 

Vilaine,  XVII,  p.  18). 
Lou  lumière  1  :  Lou-morin  —  Uuo-louan. 
Loutinoc  :  pont  Loutinoc  —  Ran  Loudinoc  (6). 


(1)  P.  50,  titre  62,  M.  de  Courson  a  écrit  Logesirc ;  le  manuscrit  porte  Logexic 
avec  un  r  sur  le  c.  Le  c  étant  souvent  confondu  avec  le  t,  il  est  probable  qu'il 
faut  lire  Logeshitr. 

(2)  P.  122,  titre  159,  nous  trouvons  une  villa  Luencetnocli  ;  il  faut  lire  Loen 
et  Onocli.  Voici  le  texte  :  Hirdhoiarn  donne  :  Ran  que  vocatur  Bothgellet  sitam 
in  plèbe  Rufiac  et  aliam  mllam  que  nmicupantiir  Loencetcnoeh,  Il  faut  corriger  : 
et  alias  villas  que. . .  comme  le  montre  la  charte  111,  titre  145  :  Nominoe  fils 
de  Noli,  donne  :  duas  villas  que  uuncupantur  Loin  et  Cnoch. 

(3)  Gallois  llawn,  armoricain  moderne  leun. 

(4)  P.  75,  titre  99,  le  manuscrit  porte  Aithlon  et  non  Arthlon. 

(5)  Callon  dès  avant  797.  Le  scribe  aura  peut-être  lu  Callori  dans  plusieurs 
chartes  portant  Cation.  On  trouve  Cation  jusqu'en  897.  11  aura  peut-être  été 
influencé  aussi  par  le  mot  calon  cœur. 

(6)  Aujourd'hui  Lodinevx,  village  en  Ruffiac.  Lodineux  a  passé  par  la  forme 
Lodineuc.  Beaucoup  de  noms  en  oc,  figés  sous  la  forme  eue,  prononcés  eu  en 
français,  ont  été  écrits  eux  en  zone  française  ou  euf  (Rotheneuc  écrit  Rothcnenf. 
lUe-et-Vilaiue). 


—  Ul  — 
Louor,  surnom  d'Even,  p.  333,  titre  376,  an  1108  (1). 
Loutoc,  ruisseau. 
LtOuuen  joyeux  :  Louuenan  (2)  —  Louuen-car  —  Louuen-hoiarn. 


Argant 

-louuen. 

lud-louuen. 

Uuiu-l 

Cat- 

Loies- 

Uuor- 

Dre- 

Rat-louuen  (3). 

Uur- 

Drih- 

Tanet- 

Gleu- 

Uuuen- 

Louuern  renard  :  Bot-louuernoc  (Voir  Lovernaci^  Inscr.  chrét.  Gr.- 

Bret.)  —  Ker-loern  1066-1082). 
Louuinid  (4)  joie  :  Rann-louuinid. 
Ludre  (5)  sirfic,  lieu,  C.  L.,  14. 
Luh  étang,  pour  luch  :  Luh-guiuuan  :  per  Frot-guiuuian  ad  Luh- 

guiuuan(6)  —  Coit-louh?  (Aujourd'hui  Goet-leu,  en  Saint-Congard, 

Morbihan  français). 
Luh  (7)  :  in  luh  (in  luth,  p.  155,  titre  199),  expression  accompagnant 

les  actes  de  donation  pleine  et  entière. 


(1)  M.  de  Courson  a  fait  d'Evenns  et  de  lotior  deux  personnages  différents. 
Pour  louor  (=  lovr  .'),  cf.  le  vieux  gallois  lohtir  glos.  anhela  (glos.  à  Juvencus), 
gallois  moderne  Ibvfr,  féminin  llofr,  timide,  lâche. 

(2)  Cf.  Lowenan  {Bodmin  Go-ipd,  Revue  celtique,  I,  p.  332).  Laouenan  a, 
dans  plusieurs  parties  de  l'Armorique,  le  sens  de  roitelet.  Par  une  singulière 
coïncidence,  le  roitelet  porte  dans  le  pays  de  Galles  le  nom  de  dryw,  qui  paraît 
bien  être  le  même  mot  que  l'armoricain  drev,  joyeux,  vif. 

(3)  On  trouve  dans  la  même  charte  Katlouuen  et  Radouuen.  Dans  ce  dernier 
cas,  le  scribe  a  confondu  tl  et  d. 

(4)  Cf.  gallois  moderne  llawenydd,  armoricain  lèveriez,  vannetais  lehniné. 

(5)  Ludre,  saline,  étang  et  moulin  à  eau  sur  le  Morbihan,  en  Saint-Armel  : 
Luzré  1474  (Eosenzweig,  Dictîmmaire  topographique  du  MorbiJiari). 

((3)  P.  123  et  non  120,  titre  150. 

(7)  M.  de  Courson  a  confondu  Inh,  loch  (Voix  loch).  P.  69,  titre  91  :  Tradi- 
dimus...  in  luh,  in  dicombito,  in  alode  comparato,  dicofrito  et  sine  uUa  renda 
ulli  homini  sub  cœlo...  —  P.  113,  titre  148...  In  hih,  in  alode  dicombito, 
sine  redemptionem  {de)  unquam  dicofiit,  difosot,  diuuoharth,  et  sine  ulla  re 
ulli  homini  sub  cœlo. . .  —  P.  123,  titre  160. . .  Sine  censu  et  sine  tributo  et  sine 
opère  et  sine  ulla  re  ulli  homini  sub  cœlo...  in  luh,  et  alode  comparato,  sine 
redemptione  unquam...  —  P.  132,  titre  171...  In  luh,  in  dicombito,  in  alode 
comparato,  diost,  dicofrit,  diuuohart,  et  sine  ulla  re  ulli  homini  sub  cœlo...  — 
P.  155,  titre  199...  In  alode  comparato  in  luth,  jure  proprio,  sine  censu,  sine 
tributo  ulli  homini  sub  coelo...  —  P.  156,  titre  200...  ilaneat  (la  donation) 
inconvulsa. . .  in  luh,  in  dicombito. . . 


—  148  — 
Luhet  (1)  :  Luhet-hoiarn  888;  Luet-hoiarn  878  —  Luhedoc  (2). 
Lun  (3)  image,  effigie,  reproduction  d'une  figure  :  pars  Lunen  910 

—  Lun-monoc. 

Ma  (4)  champ,  lieu  :  villa  Cranquarima. 

Mab  fils  :  Ran  mab  Encar;  mab  Discebiat;  mab  Achibui;  Ran  mab 

Omni  (appendice,  p.  372). 
Maban,  diminutif  de  mab. 
Mabon  (5). 

Mach  caution  :  Bot-machlon  —  Machtiern. 
Machtiern  chef,  prince  (6). 
Macoer  (7)   mur,   muraille  :  Macoer  alio   nomine  valium   (leg. 

vallum)  Medon,  in  plèbe  Coms  (8),  p.  41  —  Ran  Macoer  Aurilian 

—  villariae  Macoer  —  Moguaerou,  C.  L. 

Mael  (9)  prince,  chef  :  Mael  —  Maelon,  Mailon  —  Maeloc,  Maelhoc 
Maelocan  —  Ker  Melennan?  1066-1082  —  Ran-Melan  (10)? 

Mael-car.  Mael-uueten,  Maeluuethen(ll). 
-cat  (plebs).  -uuorelh. 

-hogar.  Maelucun,G.  L.  (=*MHel-uuocon). 

-hoiarn.  Mel-chi  859. 


(1)  Cf.  armoricain  luhet  éclairs,  gallois  llnched. 

(2)  P.  126.  titre  162,  plutôt  que  Lnhetloe  adopté  par  de  Courson. 

(3)  Gallois  Ihm. 

(4)  Voir  les  noms  gaulois  en  Ma  g  us. 

(5)  Cf.  le  nom  gallois  Mabon,  Inlo  Mami.^cripU,  p.  116,  et  le  nom  de  lieu  Llan- 
fabon;  le  nom  propre  armoricain  actuel  d'homme  et  de  lieu  Ker-mabon  (Voir 
Rosenzweig,  Dictionnaire  tojjograpMque  du  Morbihan). 

(6)  Voir  J.  Loth,  V Émigration  bretonne,  pp.  218-221  ;  le  mot  est  composé  de 
mach  caution  et  de  tiern  chef.  On  trouve  pour  la  dernière  fois  le  mot  Machtierti 
en  1066,  p.  311,  titre  350  :  Daniel  filius  Eudoni  Matthierni  (sic). 

(7)  Du  latin  macêries ;  gallois  inagwyr;  vannetais  magoer  et  inangoer, 
ailleurs  onoger. 

(8)  Transformé  en  Bourg-des-Comptes  !  (lUe-et- Vilaine). 

(9)  Irlandais  mal;  ne  pas  confondre  avec  lïrlandais  mael,  maol  tonsuré, 
serviteur,  qui  a  pour  équivalent  en  breton  moal  chauve,  vannetais  moél,  gallois 
muel  (Voir  Maglo,  Inscriptions  chrétiennes  de  Grande-Bretagne). 

(10)  Pour  Melan,ci.  Maglagni,  Inscriptions  chrétiennes  de  Grande-Bretagne, 
conservé  dans  Rhos-maelan  (J.  Rhys,  Lectures,  p.  380)  ;  cf.  Saint-3Ielan,  en 
Guern  (Morbihan),  confondu,  je  crois,  avec  Saint-Melaine.  Pour  Maeloc,  cf. 
Coet-Melec,  en  Ploërdut  (Morbihan),  et  en  zone  fi-ançaise  le  nom  Saint-Meleuc. 
Pour  Maelocan,  cf.  Pont-Melegan,  en  Ploërdut  (Morbihan),  et  le  nom  propre 
£er-  Velegan. 

(11)  Et  non  Maenmiethen,  p.  207,  titre  256. 


—  149  — 

Mel-houuen  (Rann)  846.  lud-mael. 

-ran  parochia  1124,  1125.  Tanet- 

Con-mael  854,  Cummail  (1),  Tud-uael  (Ran)  861. 

IXe  siècle.  Uuin-mael. 
Ri-mael. 

Maen  (2)  pierre  :  Maen. 

Maen-baud.  Main-monoc  827. 

-bili,MaenuilietMenuili(3).  Maen-uuallon,Mainuuallon,892, 

-cant.  Menuuallon  866. 

-car,  -uuedet. 

-chi  (4).  -uueten,  Men-uueten  859- 

-clu.  864. 

-comin.  -uuocon. 

-coual  (5)  874-876.  -uuolou. 

-cum,  -uuoret. 

Main-finit,  Menfînit  859.  -uuoron. 

Maen-hoiarn. 

Maes  champ  :  Ran  Maes,  G.  L. 

Maginsin,  uxor  Arthuuiu, 

Maioc  :  décima  sancti  Maioci  1101  (Cf.  Les-mayec  1416,  aujourd'hui 

Lesmaec  (prononcez  Lesvec)  en  Locmalo  (Morbihan). 
Mair  (6)  préposé  à  :  Houuori  mair  in  plèbe  Catoc  814,  825. 
Mairos  (7)  presbyter. 


(1)  Conmael  =  *  Cunomaglos,  ou  a  pour  premier  terme  le  préfixe  con,  comme 
semble  l'indiquer  ici  Ciinimail  et  comme  c'est  le  cas  dans  Commet  conservé 
dans  le  nom  de  lieu  Saint-Caradec  Tre-gomel,  canton  de  Guéméné-sur-Scorflf 
(Morbihan). 

(2)  Il  est  douteux  que  dans  tous  ces  composés  maen  représente  le  mot  maen 
pierre. 

(3)  P.  112,  titre  146,  an  821  ;  l'index  porte  faussement  Men-indU. 

(4)  Maengi  868,  Maenki  1026,  Maengui  1066-1082,  actuellement  Menguy. 

(5)  La  même  charte,  pp.  211-212,  titre  261,  donne  pour  le  même  nom  les 
formes  Jlaet-coital  et  Maen-coval. 

(6)  L'index  confond  sous  Tuair  les  formes  latines  et  bretonnes  de  ce  mot. 

(7)  Faut-il  lire  Mair  rosi  cf.  Jilethros  (^Manumiss'wns  on  the  Hodmin 
Gospel.  Rcvve  celtique,  p.  332,  glossaire).  Il  est  difficile  de  voir  dans  ce  nom 
le  suffixe  diminutif  gallois  os  qui  ne  s'ajoute  guère  qu'à  des  pluriels  et  des 
collectifs. 


—  150  — 

Man  homme  :  Bot  Catman  (Voir  Catamanus,  Inscriptions  chré- 
tiennes de  Grande-Bretagne)  —  Morman,  Morvan. 

Manach  moine. 

Manton  (Voir  Rumanton). 

Maocan  904,  cf.  Maioc  (Cf.  Ker-mec  pour  Ker-maec.  Rosenzweig, 
Dictionnaire  topographiqiie  du  Morbihan). 

March  cheval  : 

March-ebol.  Con-march. 

Marchoiarn.  Hel-marc  1063. 

March-uili,  Marhuili  909.  Uuiu-homarch. 
Marcoual  (1)  850. 

Marchât  marché  :  in  loco  Marchato  Rannaco  (p.  43,  litre  53). 
Marchoc  chevalier  :  Marcoc,  Marroc  1144. 

Marcoc-uueten.  Ken-marcoc. 

Gleu-marcoc.  Primarchoc. 

Hird-  Tanet-marcoc,  Tanet-marhoc  826. 

Margit-hoiarn  (2),  soror  Omnis. 
Marthou  (3)  :  Riuelen  Mur-marthou,  C.  L. 
Martinan,  dérivé  de  Martin. 
Mat  bon  : 

Mat-bidet,  Mat-uidet.  Mat-ganoe,  Madganoe. 

-bidoe,  Mad-uedoi  (4).  -uueten,  Matguethen  913. 

-fred.  -uuor  (lieu), 

-ganet.  -uuoret  (5). 

Matic,  Mathic  —  Matoc,  Mathoc;  Madoc  1081-1082. 
Medon  (6)  milieu  :  Macoer  medon  (Voir  macoer). 


(1)  P.  200,  titre  249,  le  manuscrit  a  lUarcoual  et  non  Marccoual,  qui  serait, 
il  est  vrai,  la  forme  correcte. 

(2)  Cf.  le  nom  vieux  gallois  Marget-iud,  Margeteud,  plus  tard  Mcredudd, 
Meredydd. 

(3)  Cf.  gallois  marth  prodige,  armoricain  marz. 

(4)  Aujourd'hui  Madezo,  Madczou;  cf.  Menez-Madczou  1430,  Menez-Madczny 
1434,  écrit  aujourd'hui  Médè-Madé  en  Priziac,  canton  du  Faouët  (Morbihan), 
dialecte  de  Vannes;  cf.  Ker-Madekoy  en  Pleumeur  (Morbihan). 

(5)  Aujourd'hui  Madoret  :  Ker-Vadoret  en  Locoal-Mendon  (Morbihan). 

(6)  Cf.  gallois  moderne  mewri. 


—  151  — 
Meinion,   plus  souvent  Menion   (Menion  797-814),  Harn-meini, 

C.  L.,  33. 
Meliau  (1),   appendice,   p.  370,   an   853;   Uuin-melio  (Cf.    Meli, 

Inscriptions  chrétiennes  de  Grande-Bretagne). 
Melin  moulin  :  Tnou  melin  (2),  C.  L. 
Menehi,  Minihi,  du  latin  monachia  :  lieu  de  refuge  ou  zone  de 

franchise  d'un  monastère  ou  d'un  ermitage. 
Merchion  (3),  Merkion  1060,  Merhon  1072. 
Merchrit  840-846. 

Meren  :  Ed-meren,  C.  L.,  36;  Lan-meren,  C.  L.,  26. 
Merion  (4). 

Mern  :  Tnou  mern  (5),  C.  L.,  10. 

Merthin  (6)  :  Mertinan  —  Merthin-hael  —  Merthin-hoiarn. 
Mesan  :  Ran  Mesan. 
Meset  913. 
Meuuin  (7)  :  Ran  Meuuin  —  cf.  ludicaelis  abbas  Sancti  Meguenni 

1052  (Saint-Méen,  Ille-et- Vilaine). 
Mil  animal  (8)  :  Gur-mil  —  Milcondoes. 
Milier,  du  latin  milliarium  :  Ran  Miller. 
Milis  (9)  don,x'>  :  Uuiumilis. 
Min  (10)  :  Minan. 


Gun-min  895. 

lud-min. 

Sul-min. 

Hael- 

Loies- 

Min-uuelen. 

Hoiarn- 

(1)  Cf.  Plu-melian,  canton  de  Baud  (Morbihan). 

(2)  Cf.  Tnou- an- melin  1416,  en  Locmalo,  canton  de  Guémené  -  sur  -  Scorff 
(Morbihan)  (mal  écrit,  Tuon-an-melin,  par  Kosenzweig),  aujourd'hui  Tromelin 
(prononcez  Traon-vilin)  (Voir  tnou). 

(3)  Cf.  gallois  Merckiawn  ou  MeircMon,  probablement  du  latin  Marciânus 
(Rhys,  Lectvres,  p.  118). 

(4)  Cf.  gallois  Meirion,  lolo  Manvscripts,  p.  1108. 

(5)  Cf.  Tro-mern  (écrit  Tromerne),  en  Ploerdut,  canton  de  Guémené-sur-ScorfE 
(Morbihan). 

(6)  Paraît  être  le  nom  latin  Mart'mus, 

(7)  Probablement  dérivé  de  mam  (Voir  Wor-mawi,  Vies  des  Saints). 

(8)  Gallois  mil;  cf.  Mil-cenoc  QBodmin  Gospel,  Revue  celtique,  I,  p.  .332). 

(9)  Cf.  irlandais  milis,  gallois  melys, 

(10)  Cf.  gallois  miji  le  tranchant,  par  extension,  le  bord  :  Min  y  mor  le  bord 
de  la  mer  (Voir  ait);  peut  être  faut-il  voir  dans  certains  composés  minn  diadème 
royal  (Gloses  à  Mart.  Capella). 


—  152  — 
Mitit  (1)  :  Aer-mitit. 
Mochiat  gardien  de  pourceaux  :  Uuin-mochiat  (2)  —  Mocius  867 

—  Guod-mochus,  C.  L.,  14. 
Modrot  (3). 
Moedan  (4). 
Moei,  174,  Moi. 

Moel  chauve  :  Uualc-moel  (5)  —  Ker-moil  1066-1082. 
Moen  généreux  :  Moeni  (6)  —  Hael-moeni  et  Hael-moini  —  Moen- 

ken. 
Moet  (7)  :  Moet-gen,  Moetien,  Moietgen  895  —  Moet-nou  —  Alar- 

moet  —  Uuor-moet,  Uurmoet  —  Mormoet,  Mormohet,  appendice, 

pp.  367,  370. 
Mon  :  Nin-mon  ;    Nin-uon   {Société  archéologique  d'Ille-et-Vi- 

laine,  XVII,  p.  19);   cf.  Guoedmon  (Voir  plus  haut,   Vies  des 

Saints). 
Monid  montagne  :  Winmonid  (8)  plebs,  appendice,  p.  367,  an  852, 

d'après  Blancs -Manteaux,   n»  46,  p.  404.  —  Caer   menedoch, 

C.  L.,  38. 
Monoc  :  Monoch  —  Monocan  (9). 


(1)  Cf.  gallois  et  armoricain  medi  moissonner? 

(2)  Le  scribe,  p.  4,  a  écrit  ce  nom  Uiùnmodnat,  de  même  qu'il  a  écrit  Unar- 
rodnae  pour  Uuarrochiae,  pays  de  Waroc.  M.  de  Courson  a  naturellement  reproduit 
cette  erreur,  sans  la  signaler,  et  cependant,  p.  4,  il  sagit  du  même  personnage 
que  p.  37,  où  cette  fois  on  lit  la  forme  correcte  Uuinmochiat. 

(3)  Cf.  le  nom  comique  Modret  {Bodmbi  Gospel,  Revue  celtifpie,  I,  p.  332, 
glossaire). 

(4)  Plutôt  que  Moetlan. 

(5)  Uualtmoe  de  la  p.  76,  titre  100,  est  le  même  personnage  que  Uualc-moel 
de  la  p.  60,  titre  77  ;  les  signatures  sont  les  mêmes  et  se  suivent  dans  le  même 
ordre  ;  il  s'agit  du  même  lieu  et  du  même  donateur.  On  a  également  Uualc-moel, 
p.  25,  titre  30.  La  forme  vraie  parait  donc  être  Uualc-moel.  On  pourrait  aussi 
supposer  une  mauvaise  lecture  du  scribe  pour  Uualc-vioei,  Uiialc-vioe.et  comparer 
le  célèbre  nom  gallois  Gtvalchmai. 

(6)  Cf.  gallois  mn-yyi.  P.  36,  titre  44,  on  lit  Meeni  et  non  Moeni. 

(7)  Cf.  le  vieil  armoricain  mnoed  glosant  fastus  (Voir  Gloses)  ;  cf.  Con-voet, 
Cartulaire  de  Landaff,  p.  142  ;  Argajit-vwet  (Bodmin  Gospel,  Revue  celtique,  I, 
p.  332,  glossaire). 

(8)  Dans  un  acte  de  Louis-le-Gros,  on  lit  Wen-mened,  id  est  montcm  candidum 
(Dom  Morice,  Preuves,  I,  p.  548,  cité  par  de  Courson). 

(9)  Cf.  Mynogan,  lolo  Manitscripts,  p.  126.  Pour  le  sens,  cf.  le  gallois  mynaivg, 
mynog  courtois?  Cf.  le  nom  comique  Conmonuc  {Revue  celtique,  I,  p.  337;  ce 
nom  ne  se  trouve  pas  dans  le  glossaire  qui  suit,  p.  338). 


—    lOÔ 

— 

Anau-monoc. 

Hael-monoc 

Roiant-monoc. 

Bud- 

Hoedl- 

Sul- 

Kar- 

lun- 

Tanet-monoc,  Tanet- 

Gat- 

Main- 

munoc  895. 

Cen- 

Reth- 

Uuor-monoc. 

Courant- 

Ri- 

Uur-monoc,    Uur- 

Dri- 

Rid- 

munoc  854-865. 

Eu- 

Ris-monoc  5 

B61-867, 

Gleu- 

Resmunuc  834. 

Mor  grand  :  Er-mor  - 

—  Enes-mur 

931  —  Lanmur-meler  931  — 

Treb-mor,  lieu  —  Ran-Timor  846  ■ 

—  Gradlon  mur,  G.  L.,  54. 

Mor  (1)  mer  : 

Mor-alt. 

Mor-liuuet. 

-annuit. 

-man,  Moruan  1062-1080. 

-bret,  G.  L.,  39 

-moet,  appendice,  852;  Mor- 

-cant. 

mohet,  appendice  855. 

-cat  (2),  G.  L., 

10. 

-uuan  869. 

-condelu. 

-uuet. 

-gen-munuc. 

-uuelhen,    Moruueten    (3); 

-ham. 

Morguethen  1062-1070. 

-huarn  H28. 

Morcobris  (4). 

Mordan  villa. 

Morin  :  Ran  Haelmorin  —  ludmorin  —  Uuinmoiin. 

Morenoc  (Ran)  878. 

Morionoc  (5)  villa  913 

(1)  Dans  plusieurs  de  ces  composés,  il  est  fort  possible  que  /«or  ait  le  sens  de 

(2)  Aujourd'hui  Morgat  en  Crozou,  comme  le  font  remarquer  les  éditeurs  du 
Cartulaire. 

(3)  P.  242,  titre  293,  Moniethen  et  non  Morinicthen;  p.  198,  titre  247,  Monieten 
et  MoruHcten  :  il  faut  corriger  partout  31or-iniethen. 

(4)  P.  212,  Morcobris;  p.  157,  Morcoris.  Ce  nom  est  aussi  gallois  :  Cartulaire 
de  LandafiE,  p.  195,  Morcunris,  variante  Morcimris ;  p.  198,  31orcn7ihrix,  variante 
Morcimhrh.  Il  résulte  de  ces  variantes  que  la  forme  a  dû  être  à  une  certaine 
époque  Mor-comris  et  Morcovris.  Morcomris  a  du  être  écrit  avec  le  signe  abré- 
viatif  de  Vm  sur  corn.  Pour  covris,  cf.  gallois  cyfrysedd  lutte,  querelle  / 

(5)  Cf.  gallois  imjrion  fourmis  ;  armoricain  merien. 


~  15i  =- 
Moroc  (1). 

Mouric  (2),  du  latin  Mauricius. 
Muthon  (3)  plebs  :  Muthon  1066-1082;  Moton  872. 
N,  article  suffixe  dans  :  do-n  roch  à  la  roche. 
Naitan,  Naidan  (4)  846  (lege  Naithan). 
Nannesuc  1188. 
Nant  gorge,  ruisseau  :  secundum  unnant,  p.  108,  an  842  —  Nant 

Dai,  appendice,  p.  302,  an  847  —  Nanton  locus  —  luthael  de 

Hudnant  (5). 
Neboc  (6). 
Nehan  portus  1136. 
Nennan  (7). 
Nethic. 
Nimet  (8)  :  Cat--nimet,  Cat-nemed,  Canemet  909;  Kaneved  1086- 

1091  —  ludnimet  —  lunnimet. 
Nin  :  Ninmon  868;  Ninuon  (Voir  mon)  —  Ninan  —  Ninoc  —  Nino- 

can  —  Ninoi  —  Ninian  —  Nin  (9)  mons,  C.  L.,  2. 


(1)  Peut-être  pour  morocli,  morhoch  mareouin,  dauphin.  Ce  nom  est  fort 
commun  aujourd'hui  encore  ;  on  l'écrit  souvent  Maroc ,  on  prononce  Moroc' k 
{morhoch,  delj)hin>(S,  Vocabulaire  comique,  Gramm.  celt.,  appendice).  Si  le  t.- 
ne  représente  pas  la  spirante  gutturale  sourde,  c'est  un  dérivé  de  mor, 

(2)  Nom  très  commun  chez  les  Bretons  insulaires. 

(3)  Vicaria  Mochon  (XI'^  siècle,  dom  Morice,  I,  p.  362)  —  Mohum  1131  — 
Mohon  1221,  aujourd'hui  Mohon,  canton  de  la  Trinité-Porhoet  (Morbihan)  — 
(Kosenzweig,  Dictionnaire  topographique  du  Morbihan). 

(4)  Cf.  Naiton,  nom  d'un  roi  picte  (irlandais  Nechtan),  chez  Bède. 

(5)  La  charte  où  se  trouve  le  nom  de  luthael  de  Hudnant  a  été  omise  par 
M.  de  Courson.  C'est  la  dernière  du  Cartulaire  (fol.  185  v°).  Elle  est  de  1048. 
On  y  remarqué  les  signatures  suivantes  :  Gurdeuen.  Enoc.  Guegant.  Euen. 
lunkeneu.  ludicael  filius  luthael  de  Hudnant.  Maenkiou  fil.  Guethenuc.  Rodait. 
Haerueu  filius  Fredgor.  Cariou  magister  Conani  comitis.  Le  scribe  de  la  charte 
donne  son  nom  :  David. 

(6)  De  neb  ou  neni  ciel  ;  gallois  nef,  armoricain  moderne  nenv,  écrit  eiiv,  par 
une  méprise  de  la  langue  qui  a  rattaché  à  l'article  Vn  initial  du  substantif  :  an 
eno  pour  an  nenv. 

(7)  Cf.  Nynniaw,  lolo  Manuscripts,  p.  108. 

(8)  Voir  le  gaulois  Nemeton,  inscription  de  Vaison,  et  Nemeto-marus  ;  le  gaulois 
Nemeton  signifiait  temple,  lieu  consacré;  cf.  Eid-niret,  Cartulaire  de  Landafl:, 
p.  263  ;  Ednyfed,  lolo  Manuscripts,  p.  113. 

(9)  Il  résulte  du  passage,  quoique  les  auteurs  n'en  disent  rien,  qu'il  s'agit  ici 
de  Châteaulin  (  Castellin  pour  Castel-nin).  L'i  est  long  comme  le  montre  la  pro- 
nonciation actuelle.  On  ne  peut  donc  rapprocher  nin  de  nen  qui  a  le  sens  de 
voûte  en  gallois. 


—  155  — 

Nod  (1)  protection,  refuge  :  Nod-hail  —  Nod-hoiarn  —  Nod-uinet 
—  Nod-uuoret. 

Nodent  (2)  (Cf.  nod}. 

Nominoe  (3),  Numinoe;  Nuuenoe,  C.  L.,  25. 

Nonn,  flumen. 

Notolic  (4),  du  lalin  natalicius. 

Nouuid  nouveau,  neuf  :  aula  Nouuid  8.51;  Lis-nouuid  826;  Les- 
neuueth  826  —  Treb-nouuid  (.5)  863-864;  Tref-neuued,  C.  L., 
40  —  Scamnouuid  salina  866  —  Plueu-neugued,  C.  L.,  40 
(Plounevez-du-Faou,  canton  de  Châteauneuf-du-Faou,  Finis- 
tère) . 

Oenuit  (6)  875. 

Olin  :  Olin-wicon,  lieu,  appendice,  p.  358. 

Omguen  (7),  nom  de  femme,  appendice,  p.  379,  an  1051. 

Oravia,  nom  de  femme,  1136. 

Oreguen  1050,  Oregun  1047;  Oregon  1095. 

Orhant  1136. 

Orscant. 

Oruic  (8). 

Our  or  :  Ourken,  Aourken  (9),  femme  du  machtiern  larnhitin. 


(1)  Cf.  gallois  nandd. 

(2)  Ce  nom  n'a  rien  à  faire  avec  celui  du  dieu  Nôdens  (^Nodenti,  Inscriptions 
latines  de  Grayide-Bretogne).  Le  nom  du  Nodent-  a  pour  équivalent  en  gallois 
le  nom  du  héros  Niidd  (cf.  Nui  1  Cartulaire  de  Landévennec). 

(3)  Le  nom  de  ce  grand  roi  se  lit  de  quarante  à  cinquante  fois  dans  le  Car- 
tulaii-e,  sous  la  forme  Nominoe,  excepté  pp.  132,  141,  74,  où  on  trouve  Numinoe. 
Cf.  le  nom  gallois  Ninnin,  Cod.  Lichfeld.  VIII-IX«  siècle,  appendice  au  livre  ae 
Landaff,  p.  272. 

(4)  Cf.  gallois  nadolig,  armoricain  moderne  nedelec. 

(5)  P.  115,  titre  150,  an  867,  Treb-nouid,  dans  le  manuscrit. 

(6)  Peut-être  le  même  personnage  que  Hoinhit,  p.  194,  an  869. 

(7)  Il  faut  très  probablement  corriger On?igve}i  :  cf.  les  nomscomiqaesOnnn'en, 
On-cenedl,  Onn-cum  {Revue  celtique,  I,  p.  332,  voir  glossaire).  M.  Stokes  voit  dans 
onn  le  gallois  et  le  breton  onn  frènel 

(8)  Peut-être  à  corriger  en  omit  (Cf.  Orvite,  Inscrijytions  chrétiennes  de 
Grande-Bretagne). 

(9)  Cf.  Eurgen,  Eurgain,  femme  du  roi  Caradoc  de  Morganwg,  lolo  Manus- 
cripts,  p.  149.  Oregen  en  est  peut-être  une  forme  plus  récente  et  plus  francisée. 


—  156  — 
Padrun  (1)  :  usque  ad  petram  quse  dicitur /jadrwn  sancti  Uuingualue, 

CL.,  26. 
Pasc  (2)  :  Paschic  —  Pascaham  (3)  —  Pasc-hael  —  Pasc-hoiarn  — 

Pasc-uuethen  (4)  —  Pasc-uuoret. 
Peisuuentoc,  locus  848-849  (Cf.  gallois  pais,  tunique,  jupe). 
Pen  tête  :  Penoch  —  Penot  —  Pennoe. 

Pen~fau  (Lis).  Pen-lan  (salina). 
-gan  (5).  -pont  (Ran). 

-koit,  Penhoet,append.,  -ret  (landa)  (6). 

an  857.  -uuas  (7). 

-iar  (Ran)-  -uuernet  (salina). 

Permet  (8)  qui  est  au  milieu  :  salina  permet  862. 

Pert  (9)  :  Pert-uuocon. 

Petran  (10)  :  Tribus  Petrani,  C.  L.,  6;  tribus  Pedrani,  C.  L.,  6. 

Piket  (11)  :  Ran  Loin-piket. 

Pilau:  CaerPilau,  C.  L.,  43. 

Pirinou  poiriers  :  arbores  pirinou,  p.  15. 

Pitur  :  Pitur-wore,  app.,  360  —  Argan-phitur  (12),  app.,  p.  362. 

(1)  Du  latin  petronein,  qui  a  donné  en  français  j'7e?wn- ;  en  vieux  français 
rocher  et  aussi  espèce  de  palier,  de  repos  :  les  suzerains  s'y  tenaient  pour  recevoir 
leurs  vassaux  (Voir  Chanson  de  Roland,  vers  12,  édit,  Gautier  ;  voir  Littré,  au 
mot  perroyi). 

(2)  Du  latin  pasclia  probablement. 

(3)  P.  209,  titre  259,  le  manuscrit  porte  pascahâ;  M.  de  Courson  a  écrit 
Pascalian,  ce  qui  est  démenti  par  le  Patseaham  de  la  page  116.  Il  faut  proba- 
blement décomposer  Pasc-eaham  (Cf.  Riscaham). 

(4)  Cf.  Ker-Basquehen,  en  Arzal  (Morbihan). 

(5)  P.  333,  titre  377,  il  faut  lire  Killai  jjengan  (Killai  à  tête  blanche),  et  non 
diviser,  comme  l'a  fait  M.  de  Courson,  Killai;  Pengan. 

(6)  Aujourd'hui  Perret,  canton  de  Gouarec  (Côtes-du-Nord). 

(7)  L'index  mentionne  pour  la  p.  207  un  prœdium  Pennua.  Or,  p.  207, 
titre  256,  nous  lisons  que  larndeUund  vend  des  terres  au  prêtre  Pennnas.  La 
même  charte  porte  plus  loin  ces  mots  :  Postea  ostendit  larnctuuid  finem  Botsor- 
phin  ad  Penuua  de  parcella  Uuocon.  Il  paraît  certain  que  Penuna  est  bien 
l'acheteur  Pennuas. 

(8)  Ga\\oi&  jyerfedd,  du  latin  permedius. 

(9)  Cf.  armoricain  perz  dans  l'expression  a  herz,  vannetais  a  herh  de  la  part 
de.  On  ne  peut  guère  songer  au  giûlois  perth  buisson,  haie. 

(10)  Cf.  Loc-pczvan  1423.  Lopcran  11-46,  aujourd'hui  Port-Louis,  près  Lorient 
(Morbihan)  (Rosenzweig.  Dictionnaire  tojwgraphirpie  du  Jlorbihanj. 

(11)  Loinpiket  le  buisson  aux  pies? 

(12)  Il  faut  probablement  corriger  en  Argan-pithur,  à  en  juger  par  Pitnrn-ore 
(d'un  cas  oblique  du  laXm  pictorl)  ou  en  Arga7i-phithnr . 


—  157  — 

Pluiu,  ploi,  ploe,  du  latin  plehs  :  Pluiu-catoc  (dans  :  coram  Pluiu- 
catochensibus) ,  Ploi-caloc,  Ploicadoc,  Plucgaduc  (1),  Ploi-castel- 
lum  (2)  —  Ploi-lan  (3),  Ploelan,  Plelan  1144  —  Plueu-neugued, 
C.  L.,  48  —  Plueneuor,  C.  L.,  54  —  Pluhuduc  1066-1082  — 
Plumiuc  1066-1082  —  Ploehidinuc  1037  (Voir  hidin)  —  Plohinoc, 
XJe  siècle;  David  de  Ploihinocl037. 

Poeth  cuit,  chaud  :  Caer  Poeth,  C.  L.,  18. 

Ponit?  :  Ponit  caupal-hint  (4),  appendice,  358. 

Font  pont  :  Ran  Penpont  —  Henbont  1037. 

Forth  cour  devant  la  maison,  dans  :  an  Porth,  C.  L.,  18  (Note  du 
XlIIe  siècle). 

Posiat. 

Posidhoia  (Voir  hoiam) . 

Pou,  du  latin  pagus  :  Pou-caer,  Poucar,  Poucher  871,  PoherllOS  (5) 
—  Pou-trocoet;  Porroit  dans  :  Gaufrido  et  Alano  Porroitensibus 
1127  (6)  —  Pou-belz  (Guethenocus  de)  1037  (7). 

Preden(Lan),  C.  L.,  19. 

Frim  premier  :  Primait? —  Primarchoc. 


(1)  P.  88,  titre  115,  an  848  :  coram  Pluiii-  catochensibns ;  p.  205,  an  826,  de 
Ploi-cadoc;  p.  217.  an  814-825,  in  ylelc  Catoc ;  p.  284,  XP  siècle,  Ploicaduc; 
p.  242,  an  1066-1082,  Plucgaduc. 

(2)  P.  194,  an  875,  dimidia  plebis  Castel;  p.  25,  an  1052,  Ploncastellum  ;  p,289, 
1086,  in  plèbe  Ploicastel. 

(3)  L'index  est  encore  ici  inexact  :  pp.  41,  60,  61.  71,  78,  172,  226,  227,  in 
pleie  Lan  (en  marge  assez  souvent  de  Plvilan);  p.  192,  in  jJlebe  Laan;  p.  64, 
in  Ploelan;  p.  227,  in  monasterio  Plebilan,  an  904;  p.  346,  an  1144,  in  Plelan 
(aujourd'hui  Plelan,  Ille-et-Vilaine). 

(4)  In  loco  nuncupante  Ponit  cavpal-hint  (Voir  Caubal,  ponit  ]poixT  ponf!). 

(5)  P.  81,  titre  107.  an  839,  Pou-caer;  p.  217,  titre  267,  an  895,  Poucar;  p.  199, 
titre  247,  an  871,  ledecael  princeps  Poucher;  p.  382,  titre  377,  an  1108,  Tangicus 
Ticechomes  de  Poker.  Pour  l'étendue  du  Pou-caer,  voir  Arthur  de  la  Borderie, 
Annuaire  historique  et  archéologique  de  Bretagne,  1861,  p.  152. 

(6)  Pp.  20,  titre  24;  31,  titre  37;  61,  titre  77;  218,  titre  269,  Poutro-coct;  p.  6, 
titre  5,  Poutrecoet ;  p.  61,  titre  78,  Potrocoet ;  p.  89,  titre  116,  in  pago  Trocoet; 
p.  189,  titre  240;  p.  192,  titre  241,  pago  trans  silvam.  Pour  les  limites  du  Poutro- 
coet,  voir  Ai'thur  de  la  Borderie,  Annuaire  historique  et  archéologique  de  Bre- 
tagne, 1861,  pp.  154-1585;  cf.  J.  Loth,  VÉinigration  bretonne,  pp.  65-66. 

(7)  Poubelz  est  devenu  dans  les  archives  du  Chapitre  de  Vannes,  1422, 
Ponhelz,  et  depuis  on  n'a  plus  désigné  autrement  le  doyenné  qui  en  a 
été  formé  (Belz,  arrondissement  de  Lorient,  Morbihan).  L'ancien  Chapitre  de 
Vannes  s'est  distingué  d'ailleurs  entre  tous  par  ses  fantaisies  étymologiques 
(Voir  Ulf). 


—  158  — 
Prit  (1)  :  Pritient  (2). 
Prost  (3)  :  Ran  Prostian  —  Loin  Prostan  —  Prost-lon  —  Prost- 

uuoret. 
Pul  mare  : 

Pul-bili.  Pul-crauthon  (TreO,  C.  L.,  10. 

-gouidnet.  -dengel  (Tref),  C.  L.,  11. 

-lupin.  -machoer  Budmael,  C.  L.,  41. 

-carvan,  C.  L.,  3. 

Pumurit  (4),  C.  L.,  143. 

Pyr  (5)  dans  Pyr-Ki. 

Quassec  :  Bran-quassec  (6). 

Quurduithal,  913  (Voir  Uurdoithal). 

Rac  devant,  avant  (préposition  et  préfixe)  :  Rac-laman  —  Racwant, 
appendice,  p.  373  —  Rachenes,  C.  L.,  10  (Raguenes,  sur  la  baie 
de  Douarnenez  en  face  de  Morgat;  note  des  éditeurs). 

Ran  ou  Rann  {!)  parcelle,  a  le  sens  de  villa. 

Randremes,  traduit  p.  223  par  :  partem  trernissam  (que  vocatur 
Buiac)  :  indique  une  propriété  étendue  (8). 

Rat  (9)  faveur,  grâce  :  Rat-frid  —  Rat-hoiarn  —  Rat-louuen  — 

(1)  Prit  paraissant  avoir  ?  long,  cf.  gallois  p)'ld  prix,  valeur. 

(2)  Dans  la  même  charte  Pritient,  Pricient,  Prigent,  pp.  192-194,  titre  242, 
an  869  {Pricient  est 'une  faute  de  lecture  évidente  pour  Pritient;  le  scribe 
confond  souvent  c  et  t;  Prigent,  à  cette  date,  doit  aussi  probablement  être 
con-igé  en  Prit-gent). 

(3)  Cf.  Pran-st,  Rhy-braicst,  Eur-hranst,  femmes  de  Brychan  Bryeheiniog, 
lolo  Manvscripts,  p.  111  ;  cf.  lud-prost  {Bodmin  Gosi)el,  Revue  celtique,  I,  p.  332  ; 
voir  le  glossaire  p.  338). 

(4)  Aujourd'hui  Peumerit,  arrondissement  de  Quimper,  suivant  la  remarque 
des  éditeurs  (On  prononce,  si  nous  ne  nous  trompons,  Peurit).  Voir  armoricain 
moyen.  Chartes. 

(.5)  A  rapprocher  du  nom  gallois  Pir  dans  Manaur  Pir,  Cartulaire  de  Landaff, 
p.  117  (Pir  ==  Porius,  d'après  J.  Rhjs,  Lectures,  p.  376). 

(6)  P.  297,  titre  346,  an  1123,  et  non  Branquasset.  Si  qtc  =  c,  cf.  cazec  jument, 
gallois  casec. 

(7)  Le  ran  avait  à  peu  près  la  valeur  du  bonnier  qui  s'ensemençait  avec 
quatre  muids  de  blé  (Voir  J.  Loth,  V Emigration  bretonne  en  Armoriqne, 
pp.  229-230).  Nous  avons  donné  par  ordre  alphabétique  les  noms  qui  précédaient 
Ean  et  que  l'index  de  M.  de  Conrson  met  sous  Ran. 

(8)  Pp.  24,  CO,  92,  197,  367  Randremes  (p.  82  aussi  duas  Bandremessas). 
L'étymologie  du  mot  n'est  pas  certaine  (Voir  J.  Loth,  V Emigration  bretonne, 
p.  231). 

(9)  Cf.  vieux  gallois  rat  glosant  gratia  (Gloses  d"OxforJ). 


—  159  — 

Ratuili  et  Rabili  (1)  —  Rat-uuan  —  Rat-uueten,  Rad-uueten  — 

Uuiu-rat. 
Rattenuc,  de  rati7i  fougère  :  Les  Rattenuc,  C.  L.,  10. 
Reith  droit,  justice  :  lahan  Reith,  G.  L.,  54—  Reit-uualart 840-847, 

891-898;  Reilh-gualart  909;  Reth-uualart  (2)  —  Reth-uuobri  — 

Reth-uuocon  (Pour  Reth-uualt,  Reth-uuoret,  Reth-uueten,  voir 

Rit-). 
Ren  (Voir  Roen). 
Res  (Voir  Ris). 
Ret  (Voir  Rit). 

Restue  1081-1083;  Restoi  1100  —  Caer  Restou  (3),  C.  L.  31. 
Ri  roi,  chef  {d.  gaulois  Rix)  —  Rian  —  Rioc  —  Riocan. 


Ri-anau. 

-aual  (4)  897,  Riauual  833, 

Riagual  910. 
-atham  (5). 
-canam. 

-coglin,  Ricolin. 
-cun. 

-detuuet,  G.  L.,  '24. 
-hoel  (Ran). 
-houuen. 
-etan. 


Ri-ginet. 
-giiodus  (6). 
-hael. 
-keneu  (7). 
-mael,  Rimahel  (8). 
-monoc. 

-tiern  (Rron),  app.,  p.  372. 
-uilin  867,  Riuelen  863  (9), 

Riuilen  868. 
-uualart,  Riuualard. 
-uualt. 


(1)  P.  85,  titre  111,  en  843. 

(2)  Pp.  7,  13,  21,  30,  37,  92,  105,  106,  121,  136,  138,  150,  159  Rethwtalart ; 
Redmialart  p.  30,  est  le  même  personnage  que  l'évêque  Rethuualart ;  pp.  122, 
135,  Ret-unalart.  La  persistance  de  l'écriture  reth  ne  permet  guère  de  douter 
que  nous  ne  soyons  en  présence  de  retk,  7'eith  droit,  justice.  P.  44  et  non  43, 
titre  55,  le  manuscrit  porte  RetMudlart  et  non  Resrmalart  comme  l'écrit 
M.  de  Courson.  Pour  retJi  =  reith,  cf.  Gueithnoc  et  Guothenoe. 

(3)  Beaucoup  de  villages  portent  encore  le  nom  de  Restou,  Resta. 

(4)  Cf.  Cartulaire  de  Landaff,  p.  202,  Riaval  (Voir  kamal);  Keriaval  en 
Locmariaquer  (Morbihan). 

(5)  Cf.  Riothavms  (Sidon.  Apoll.,  Epistol.,  lib.  III,  9). 

(6)  Ri-gnod  (Cf.  gallois  gnand)  semble  breton,  mais  paraît  dans  une  charte  où 
presque  tous  les  noms  sont  germaniques  (P.  34,  titre  42). 

(7)  Cf.  Cartulaire  de  Landaff,  p.  162,  Ricenou. 

(8)  P.  205,  titre  215.  et  non  Rimhael. 

(9)  P.  207,  RiuuiUn,  à  corriger  en  Riiiilin;  p.  198,  titre  247,  le  manuscrit  porte 
Riuelen  et  non  Rinvelen  :  cf.  Kerivilen,  en  Ploemel,  Morbihan  (écrit  Kerivilaine). 


—  160 
Ri-uuallon;    Riguallon  1040, 
Riuallon  (1)  1062-1072. 
-uualoe  (Bot), 
-uuaroi;  Tribus  Lan-riworoe, 

G.  L.,  39. 
-uueten. 
-uuere. 


Ri-uuocon  et  Riguocon,  p.  143, 
titre  184,  IXe  siècle. 

-uuoret  (2). 

-uuorgou. 

-uur. 
Ho-uuori. 


Riant  parent  (père  ou  mère)  (3)  :  Ran  Riant-car. 

Rie  :  Ricuiu  (4). 

Riethoc  nohle,  généreux  (5)  :  Riethoc,  p.  141;  Riedoc,  p.  202; 

cf.  Rietan. 
Rin  secret,  sagesse  (6)  :  Rinan  —  Riniod;  Rinod  —  Rin-duran  — 

Rin-uiu. 
Ris  (7)  :  Risan  —  Risican  —  Risoc;  Resuc,  XI^  siècle. 


Ris-anau, 

Ris-ien. 

-caham. 

-monoc  861-867,  Resmunuc834. 

-cant,  Riscandus  1108- 

-tait. 

1133. 

-tanet  878,  Restanet  814-821 . 

-chiboe  866, 

Riskiboe 

-tenait. 

864,  Riskipoe 

834. 

-uidoe. 

-comnit. 

-uueten. 

-conan. 

-uuion. 

-cum. 

-uuocon. 

-cun. 

-uuoret  892,  Resuuoret  814-821. 

-hoiarn. 

-uuotal. 

(1)  p.  199,  an  871,  on  lit  Riuallon,  faute  du  scribe  pour  RUiuallon,  qu'on 
trouve  pp.  39.  188,  192  (même  personnage)  :  cf.  Kerlvalan,  en  Malguénac 
(Morbihan),  en  1315  Kner-rlguallen  (Rosenzweig,  Dictionnaire  topograjjJdque)  ; 
cf.  Rinallaun,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  138. 

(2)  P.  201,  titre  250,  Rimret  dans  le  manuscrit;  Riumret  serait  la  forme 
exacte. 

(3)  Gallois  rhiaiiit  parents  ;  cf.  Riantec,  commune  du  Morbihan. 

(4)  C'est  le  seul  exemple  de  rie  dans  le  Cartulaire  (P.  21,  titre  20,  an  857); 
aussi  peut-on  craindre  une  erreur  du  scribe  pour  rit,  sinon,  cf.  le  vieil  armoricain 
rec  sillon  (Voir  Gloses). 

(5)  Cf.  le  gallois  rhieddog  et  le  nom  propre  Galgu  Rieddawo,  lolo  Manmcri^ts, 
p.  128. 

(6)  Cf.  gallois  Rhin,  irlandais  rûn. 

(7)  Cf.  le  nom  gallois  Ehys,  encore  fort  commun  aujourd'hui. 


—  161  — 
Rit  (1)  :  Ty  Ritoch,  G.  L.,  50;  Redoc  1021  —  Lan  Ritian,  C. 
L.,  16. 

Rit-cant,  Ritcand.  Rit-uuant  845,  Riduuant  826- 

-gen,  Ridgent  (2).  840. 

-hoiarn.  -iiueten  868,  Riduueten  (4) 

-uualart.  826-840. 

-uuald,  Riduualt,  Reth-  -uuoret  852,  Reduuoret  846, 

uualt  (3).  Redoret  1101  (5). 

Hael-rit  —  Bud-rith  —  Bal-rit,  lieu  —  Uueten-rit. 

Roch  rocher,  du  latin  rocca  :  do-n  roch  à  la  roche  (Voir  Clofion). 
Ro  (6),  préfixe  intensif  :  Ro-hoiarn,  p.  250,  XI^  siècle  —  Romhail 

844,  Romael  —  Romel  872  —  Romin  —  R.umanton  (7). 
Roalt  (8)  1144,  p.  348;  Roaut  1144,  p.  287. 
Rodait  (9)  834,  de  rod,  gallois  rhodd   don,   présent,  et  de  ait 

(Voir  ail). 


(1)  Cf.  gallois  rhyd  gué,  courant  (Voir  parmi  les  noms  gaulois  Angtistoritum). 
L'évolution  de  Rit-uuoret  à  l'époque  moderne,  en  Redoret.  montre  bien  que  le 
t  ne  cache  pas  une  spirante  dentale.  Il  est  impossible  de  l'affirmer  pour  tous  ces 
composés  en  rit.  Dans  quelques-uns  le  t  représente  peut-être  la  spirante  dentale 
douce  ;  dans  ce  cas,  rit  serait  identique  au  gallois  rhydd  libre,  qui  sert  d'ailleurs 
à  former  aussi  en  gallois  des  noms  propres  composés. 

(2)  Ritgen  S.50,  Ridgen  X«  siècle,  Ritien  878,  Ridien  833. 

(3)  Rltuuald  S91-89S,  Riduualt  SM, RetJiuualt  852.  Rethuualt,p.  97,  titre  127, 
paraît  être  le  même  personnage  que  Riduualt,  p.  92,  titre  122.  L'index  donne  un 
Riduualt  pour  la  p.  92  et  renvoie  à  Riuualt.  Ce  n'est  pas  le  même  personnage  : 
il  y  a  dans  la  charte  122,  p.  92,  outre  le  donateur  Riuualt,  un  témoin  du  nom 
de  Riduualt. 

(4)  P.  319,  titre  366,  le  manuscrit  donne  Retuueten  et  non  Rethuueten. 

(5)  Rethuuoret,  p.  92,  titre  198,  est  le  même  personnage  que  Rituuoret,  p.  22. 

(6)  Cf.  gallois  moderne  rhy,  armoricain  re  trop, 

(7)  Cf.  le  vieil  armoricain  do-romuiiturion  glosant  mispicibus  id  est  conside' 
rantibus  :  qui  prévoient  (Gloses  de  Berne). 

(8)  On  peut  se  demander  si  Roalt  n'est  pas  le  même  nom  que  Rodait  avec  la 
chute  du  d.  ce  qui  serait,  à  cette  époque,  très  probablement  un  fait  de  phonétique 
française.  On  remarque,  en  effet,  qu'un  Roaut,  p.  287,  titre  336.  an  1144,  est  fils 
de  Karadoc  de  Moya  ;  or,  ce  même  Karadoc  est  fils  lui-même  de  Rodaldus  de 
Moya,  p.  304,  titre  3.52,  an  1 104. 

(9)  Rodait  834,  878,  1046;  Rotdalt  1050;  Rotaldus  1089-1128;  Ct  Rodavd, 
Cartulaire  de  Quimper,  Bibl.  Nat.,  9890,  fol.  7,  an  1250.  Rozaud,  Cartulaire  de 
Quimper.  Bibl.  Xat.,  9892.  fol.  37  v»,  an  1339;  cf.  Ker-rmzanlt  en  Plumergat 
XI V^  siècle,  aujourd'hui  Keraude. 

11 


-  162  — 
Roderch  (1)  4051-1080. 
Rodoed    (2)    gué   :    Rodoed   carn,   id   est   vadum    carneum,  C. 

L.,  38. 
Roed  (3)  facile,  libre  :  Ran  Roedlon  —  Roidoc  —  Roet-anau. 
Roiant,  roeant,  roent,  roen  :  royal  (4). 

Roiant-dreh,  Roiantdrec,  Ruan-  Roiant-uualt. 

trec  (5),  C.  L.,  24.  -uuoion. 

-dreon.  Roent-uuoret  863,  Roen-uuoret 
-hebet  859-869,  Roenhe-  863. 

bet  844  (même   per-  Roen-brit. 

sonne).  -cornai, 

-kent    875,    Roiant-ken  -hoiam  (6). 

863,  Roeant-ken  858.  -hoiarn  826. 

-monoc.  -houuen  866;  Ronhouuen 

-uuallon  866,  Roen-uual-  864-870. 

Ion  863.  -uualart. 


(1)  Conservé  dans  Coct-rozerh  1-1:16,  Coethrouel  1544;  Coetruel  1641,  en 
Sulniac  (Morbihan)  (Rosenzvveig,  Dictionnaire  topographique  du  Mor'bihan'), 
La  persistance  de  Vo  prouve  que  nous  n'avons  pas  affaire  ici  au  préfixe  ro.  On 
trouve  Roerc  dans  une  charte  de  1124-1131  du  prieuré  de  Saint-Martin  de 
Josselin  (Archives  du  Morbihan),  mais  cette  charte  concerne  un  pays  déjà 
de  langue  française  aa  XP-XII'^  siècle;  de  même,  dans  des  chartes  du  même 
prieuré,  Roald  1128,  Tvalen  1133  (Tutwallon),  Cawaladre,  etc. 

(2)  Cf.  Rodoed-gnllec  1160,  Roudocz-g allée  1521,  aujourd'hui  Rondouallec, 
canton  de  Gourin,  arrondissement  de  Pontivy  (Morbihan  —  Rosenzweig,  Bio- 
tionnaire  topographique  du  31orhihan).  Il  existe  encore  treize  ou  quatorze 
noms  de  lieux  en  Rodoné  dans  le  Morbihan,  indiquant  des  ponts  ou  passages 
sur  des  ruisseaux.  Le  gallois  rhodwydd  a  été  mal  traduit  par  Owen  Pughe  dans 
son  dictionnaire  :  Ar  rodwydd  Forlais  y  gwiliaf  (lilywarcth  hen),  on  tlie  course 
of  31orlais  i  will  match.  Il  fallait  traduire  :  Sur  le  gué  de  Mariais  je  veillerai. 

(3)  Cf.  gallois  rhnnjdd. 

(4)  Roiant,  plus  tard  ruant  ;  rouant  est  conservé  dans  Rouantelez,  royauté, 
substantif  dérivé  d'un  adjectif  vieux  breton  *roiantol. 

(5)  11  faut  sans  doute  corriger  en  Ruandrcc  le  nom  comique  du  Bodmin 
Gospel,  que  M.  Whitley  Stokes  a  lu  Fuandrec  (Voir  Revue  celtique,  I,  p.  332  ; 
voir  le  glossaire). 

(6)  Renhoian  de  la  p.  93,  titre  123,  doit  être  corrigé  en  Roenhoiam  :  c'est 
d'ailleurs  la  même  personne  que  le  Roenhoiam  de  la  p.  6,  titre  5.  Quant 
à  Renhenlis,  c'est  encore  une  erreur  de  M.  de  Courson.  On  lit  dans  le  manuscrit, 
p.  43,  titre  53  :  In  demedium  campi  Crucis  et  villa  rê  henlis  totum  atque 
integrum,  et  dimidium  parte  que  sub  ipso  villare  est.  Il  est  clair  qu'il  faut  lire 
villarem  Henlis. 


—  163  — 
Roen-uuallon ,    Ronuuallon,         Uuen-ruant,    C.    L.,   36    (Cf. 
Roinuuallon  (1).  Ruantdrec). 

-uuolon. 

Roin,  Ron,  Run  (2)  :  Roinoc  —  Roinsil  —  Ronin  —  Ron-hoiarn 

(partem)  850,    Runhoiarn    et    Ronhoiarn,    p.   203,   titre  252, 

an  827. 
Ros  tertre,  en  général  recouvert  de  bruyère,  villa  Ros  —  Lis-ros  — 

Ros-caroc,  Roscaroch  —  Ros-gal. 
Roth  :  Camp-roth  (cf.  l'armoricain  rod  roue,  galloi.s  rhod). 
Roton  (3),  aujourd'hui  Redon  (lUe-et-Vilaine). 
Rumanton  (Voir  ro-) . 
Rumatam  (4). 
Rud  rouge  :  Rudfoss  le  fossé  rouge  (Voir  Clop.on).  —  Rud-heder, 

C.  L.,  34  —  Daniel  Drem-rud  (Voir  drem),  C.  L.,  54. 
Rum  (5),  dans  Rume  1047  —  Rum-uual  849,  Rumgual  vers  897. 
Run  (6),   nom  d'homme  :   Run,   p.   16;  Win-runoc,  appendice, 

p.  370. 
Run,  colline,  promontoire  :  Run-lin,  lieu. 
Sabioc  (7). 
Salamun  (8),  aujourd'hui  Salaun. 


(1)  Roinuuallon,  p.  1,  titre  1,  an  832,  paraît  être  le  même  personnage  que 
Roiantuuallon,  p.  4,  titre  4,  an  834.  Rohmuallon,  p.  202,  titre  250,  an  820,  est  le 
même  personnage  que  Ronuuallon,  p.  204,  titre  252,  an  827.  Ronuuallon  abbas, 
p.  192,  titre  242,  an  8(i9,  est  évidemment  aussi  le  même  personnage  que  Roenuuallon 
abbas,  p.  213,  titre  262.  an  875.  Il  est  donc  infiniment  probable  que  nous  devons 
ranger  sous  roiant,  roeant,  roent,  les  noms  commençant  en  roen. 

(2)  Les  formes  comme  Roinoc  ne  peuvent  se  ramener  à  Roiant,  Eoent,  Roeant. 

(3)  On  lit  p.  XXVII  de  la  préface  au  Cartulaire  de  Redon  la  note  suivante 
de  M.  de  Courson  :  «  Le  mot  Ruton  signifie  gué  dans  tous  les  dialectes  bretons. 
Ce  mot  n'a  rien  de  commun  avec  celui  de  Redon  qu'on  lui  a  substitué  à  une 
époque  relativement  moderne.  »  Redon  est  au  contraire  le  représentant  très 
fidèle  à  l'époque  moderne  de  Roton. 

(4)  P.  51,  titre  64,  Rnmatâ  que  M.  de  Courson  a  transcrit  par  Rumatan. 
P.  215,  titre  265,  Ruinatâ  transcrit  cette  fois  par  Rumatam.  P.  92,  le  manuscrit 
donne  Rumatam  en  toutes  lettres. 

(5)  Cf.  l'armoricain  rumad  bande,  troupe. 

(6)  Cf.  le  nom  gallois  Rhvn,  que  M.  Rhys  rapproche  d'un  nom  d'une 
inscription  chrétienne  Rugnia-"o  (lege  Rngniaiito,  Rugniavio,  Rugniavo)  ; 
Rhys,  Lectures,  pp.  210-381. 

(7)  Cf.  Ker-sahiec,  nom  actuel  d'homme  et  de  lieu. 

(8)  D'un  cas  oblique  de  Salomo,  Salomônis. 


—  164  — 
Santan  (1)  :  Ran  Santan. 
Sarphin,  dérivé  de  sarph  serpent,  du  latin  serpens,  dans  :  Bot- 

sarphin  (2),  lieu. 
Saturnan,  dérivé  de  Saturn  (3),  du  latin  Saturnus. 
Saus   (4),   Saxon,   Anglais"!  :  Sauso  1050   —   Saushoiarn   840; 

Sausoiarn  1026,  Sausoyarn  1055,  Sausoarn  1052. 
Scaelan. 
Scamam  ?  :  Ran  Scamam  baith  ;  Ran  scam  ambith ,  Ranscaman 

baih  (5). 
Scamn  (6)  :  salina  Scamnouuid  pour  Scamn-nouuid. 
Scathr,  C.  L.,  22,  aujourd'hui  Scaer,  arrondissement  de  Quimperlé 

(Finistère). 
Scauuen  sureau,  dans  Caer  Scauuen,  C.  L.,  41. 
Schiriou,  lieu. 
Scoet   (7)   hoiicliei'    :    Hoiarn-scoet,   aujourd'hui    Harscouet   (Voir 

Hoiarn). 
Scoeu  :  Caer  scoeu,  G.  L.,  43. 
Scuban,  an  875. 
Seder  (Voir  Sither). 
Segneu,  C.  L.,  1  (8). 

Seidhun  insula,  C.  L.,  5  (l'île  de  Sein)  :  cf.  Sidum. 
Sent,  saint  ou  saints  :  Ran  Sint  —  Tigran  Sent,  appendice,  p.  358 
—  Sent  Ducocan  monasteriolum  —  Sent  Thoui,  appendice,  p.  369; 


(1)  L'index  porte  à  tort  Ranmntam.  On  ne  trouve  Santam  qu'à  la  p.  30. 
Partout  ailleurs,  p.  133,  titre  172,  titre  173;  p.  134,  titre  174.  Ran  santan.  A  la 
p.  282,  il  n'y  a  rien,  malgré  le  renvoi  de  l'index.  Santan  dérive  d'une  forme 
*Sanctagnos,  irlandais  Santan.  L'inscription  chrétienne  de  Tyddyn  HoUand  près 
Llandudno  (Nord-Galles)  portait  ce  nom,  mais  il  n'en  reste  que  Sanet. . .  (Voir 
J.  Rhys,  Lectures,  p.  370). 

(2)  P.  207  Botsorphin. 

(3)  Cf.  gallois  dydd-sadwrn  samedi,  armoricain  dlsadorn. 

(4)  Ce  nom  est  conservé  en  Bretagne  avec  une  orthographe  bizarre  :  Le  Sauce, 
Le  pluriel  Saozon  se  retrouve  dans  Sauzon  en  Belle- Ile,  et  des  noms  comme 
Kersauzon. 

(5)  P.  51,  an  848,  Ran  scaman  baih;  p.  58,  an  860-866,  Ranscamamhith;  p.  155, 
an  860,  Ran  scû  ambaith.  On  est  ici  encore  en  présence  de  mauvaises  lectures 
du  scribe. 

(6)  Du  latin  scamnitm,  aujourd'hui  skaon  1 

(7)  Cf.  Con-scuit,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  189. 

(8)  Cf.  le  nom  gallois  Siffnou,  Codex  Lichf.,  p.  273,  appendice  au  livre  de 
Landaff. 


—  165  — 

Sint  Toui,  appendice,  p.  371  —  Sent  Iglur,  C.  L.,  22  — SentRioc, 

G.  L.,  11  —  Sent  Uurguestl,  G.  L.,  10. 
Serchan  (1),  dérivé  de  serch  amour. 
Serho   (2)  1095,  Serro  1095,  p.  340  (même  personnage)  :   cf. 

Serchan. 
Sider868;  Sether,  Siter,  p.  197,  an  871;  Seder,  p.  184;  Sidert? 

p.  192,  an  869. 
Sidol. 
Sidum  dans   Budoc-cap-Sidum  {Société  archéologique  (TlUe-et- 

Vilaine,  XVII,  p.  18),  aujourd'hui  Beuzec-cap-Sizun  :  cf.  Seidhun. 
Sirfic,    dérivé  de  sarph   (Voir  Sarphin),  dans  Ludre  sirfic,  lieu 

(Voir  Ludre). 
Sloiant  (Voir  loiant). 

Soit  (3)  :  Soit  Hinuarn,  G.  L.,  11  —  Soit  Gneuer,  G.  L.,  14. 
Ster  rivière  :  an  Staer,  G.  L.,  18  —  fluvium  Ster-gauale,  p.  284, 

XP  siècle  :  cf.  plebs  Gauele,  p.  259. 
Stlinan  (4). 

Stodken,  appendice,  p.  354,  an  833. 
Stouuillan. 
Sul,  du  latin  soi  :  Sulan  —  Sulon  —  Suloc. 


Sul-brit(5). 

Sul-connan. 

Sul-mael. 

-car. 

-gubri,  vers 

897. 

-monoc. 

-cat  (villa   Tnou 

-hael. 

-tiern. 

Sul-cat),  C.  L., 

-haeloc. 

-uuoion. 

36. 

-hoel. 

-uuoret. 

-comin. 

-hoiarn. 

Tahauc  :  Bot  Tahauc,  G.  L.,  14. 
Tal  front  :  Talan. 


(1)  Le  manuscrit  p.  163,  titre  212,  a  porté  primitivement  Sercham;  le  dernier 
trait  de  Vm  a  été  effacé,  mais  se  remarque  encore. 

(2)  Conservé  dans  le  nom  vannetais  Ker-serho. 

(3)  Cf.  Soult-Alavun  (Cartulaire  de  Quimperlé),  aujourd'hui  l5a^;^^J.te?v/«,.'  en 
Guiscriff,  arrondissement  de  Pontivy  (Morbihan).  Soit  de  solidum,  comme  le 
gallois  S7vllt  I 

(4)  Cf.  le  vieux  gallois  (ilan-gtlinim  glose  famine  sancto ;  i-stlinnit  glose 
profatur. 

(5)  Cf.  Snl-urit,  Cartulaire  de  LandaflE. 


—  166  — 
Tal  (1)  payement,  valeur  (Voir  Uuotal). 
Talar  (2)  :  Talar  Rett. 
Tarn  :  Uuen-tamau  (3),  femme;  peut-être  dans  Cunatam,  Riatham 

Rumatam,  Uuoratam. 
Tan  feu  : 

Tan-alt910(Ristenalt871). 
-chi  859-865,    Tanki  870, 

Tangi  1086,  Tanghi  1050, 

Tangui  1092-1105. 
-grad, Tancrad. 


Tan-hoiar[n];  Tanoarn  1060. 

-uoion  (4)  (lege  Tan-uuoion). 

-uoud,  G.  L.,  16. 
Tanui  etTanuel095. 


Tanet  enflammé  :  Tanet  —  Tanethic,  Tanetic  —  Tanecan  (pour 
Tanetan  probablement)  —  Tanetui. 

Tanet-bidoe. 

-biu. 

-car. 

-guion  913. 
Tanetham. 

Tanet-hirt ,    Tanetherht     869 , 
Tanethert  869. 

-louuen. 

-mael. 

-marcoc,  Tanetmarhoc  826. 

Taruu  taureau  :  Ran  taruu. 
Taital,  Taetal  (6). 


Tanel-uuallon. 

-uueten. 

-uuiu  (5). 

-uuoion. 

-uuolou. 

-uuotal. 
Eutanet. 
larn- 
Ris-tanet,  Restanet. 


(1)  Cf.  gallois  tal;  armoricain  talvoud  ou  talvézvud  valoir,  coûter;  tal-voudck 
avantageux. 

(2)  D'après  Le  Pelletier,  le  premier  sillon  d'un  champ  ;  d'après  Le  Gonidec, 
sillon  en  travers,  aux  deux  bouts  du  champ  ;  de  même  en  gallois. 

(3)  Cf.  le  gallois  Givyn-daf,  Le  sens  de  taf  =  taiii  n'est  pas  clair,  quoiqu'on 
le  retrouve  dans  le  nom  de  plusieurs  rivières  {_T(if)  et  dans  des  noms  comme 
Eudaf,  Cawrdaf,  Matldaf  (J.  Rhys,  Lectures,  p.  396). 

(4)  P.  206,  titre  255,  Tan-uoion  et  non  Tan-uvoion. 

(5)  Le  même  personnage  s'appelle  Tanetniu,  p.  7,  an  833,  et  Tanet-nuiu,  p.  93, 
au  833;  un  autre  personnage  s'appelle  Tanctuiu,  p.  21,  et  Tanct-uiiUi,  p.  159. 
Pp.  129  et  136,  deux  personnages  différents  portent  le  nom  de  Tanet- uuiu.  Lorsqu'il 
y  a  flottement,  on  doit  probablement  lire  Tanet-viu  z=  Tanet-bin. 

(6)  Pp.  14,  16,  85,  114,  Taetal;  pp.  87,  180,  214,  Taital;  p.  70,  Tatel;  p.  101, 
Tateael;  pp.  86,  129,  Tatal  :  c'est  le  même  personnage. 


-  167  - 

Teg  (Voir  tig). 

Telent  (1). 

Telerimelsi  (2). 

Telchruc  plebs,  C.  L.,  7  (Aujourd'hui  Telgruc,  arrondissement  de 

Châteaulin,  Finistère) . 
Temet  :  Uurtemet  —  Temetan. 

Terenes,  C.  L.,  30  (Ile  dans  la  rivière  de  Châteaulin). 
Teth    :  Tethion   (3)  —  Tethguithel  et  Tetguithel   1051-1060   — 

Tethuuid  —  Tethuuiu  821,  Tehuuiu  (4)  —  Tehlei  857. 
Tig,  ti  maisoji  :  Tegran,  tigran,  propriété  plus  étendue  que  le  ran; 

Let-tigron  demi-tigran  (5)  —  Ran  Ti-mor  —  Laedli  Guolchti, 

C.  L.,  30;  an  Laedti,  C.  L.,  14;  Laedti  superior,  C.  L,,  38;  Laedti 

inferior,  C.  L.,  38  (Voir  Laed). 
Tiern  chef,  dérivé  de  teg  :  Tiarnan;  Tiarnoc;  Tiarn  —  Tiern- 

mael  (Voir  Tigerno-maglus,  Vies  des  Saints)  —  Machtiern  (Voir 

Machtiern)  —  Bron  Ri-tiern  —  Uuiu-tihern. 
Tnou  (6)  has-fond,  vallée  :  Bal-tnou  (7)  —  Tnou  Barroc,  C.  L.,  31 

(Note  du  XIII«  siècle)  —  Tnou  Laian,  C.  L.,  3  —  Tnou  melin  (8), 

C.  L.,  26  —  Tnou  Mern  (9),  C.  L.,  16. 


(1)  Cf.  Telent,  Bodmin  Gospel  {Revue  celtique,  I,  p.  332.  Voir  glossaire). 

(2)  Teleri  est  peut-être  le  pluriel  de  talar.  et  melsi  serait  le  nom  du  propriétaire 
(pour  JJelci  ?)  :  per  lapides  fixos  ad  caput  Telerimelsi  ad  lapides  fixos  deinde  ad 
Cloicerian,  ad  perarium.  P.  108,  titre  141,  an  842. 

(8)  Cf.  Tethion,  Bodmin  Gospel;  Teithfallt,  Mo  Mamiscrijjts,  p.  108.  Pour 
le  sens,  cf.  le  gallois  taith  voyage. 

(4)  P.  152,  titre  196.  Tethuniu  et  non  Tetxmiu;  p.  112  Tethuuiu;  p.  120  Tetuiu; 
Tehuuiu,  quatre  fois  p.  116,  an  820. 

(5)  Pp.  24,  38  (propter  suam  Tegrannam),  46,  93,  97,  168,  197.  Tegran ;  pp.  4, 
6,  15,  17,  41,  60.  82  (excepto  une  tigrano),  94,  135,  203  (de  tigramio). . .),  204 
(partem  Tigranis^  :  tigran;  p.  49,  Let-tigran;  p.  82  :  excepto  dimidio  tegran. . . 
excepto  dimidium  tegran.  Voir  J.  Loth,  V Émigration  Iretonne,  p.  230. 

(6)  Les  noms  en  tnov,  gallois  tyno,  sont  très  fréquents  aujourd'hui  sous  la 
forme  moderne  traou,  tro  (Voir  Eosenzweig.  Dictionnaire  topographique  du 
Morbihan,  à  tro;  il  a  partout  mal  lu  tuou  pour  tnou^. 

(7)  Trebaltnou,  p.  225.  titre  278,  an  909  (En  marge  :  de  Baltnou). 

(8)  Cf.  Tnou-an-vielin  1416,  aujourd'hui  Tromelin,  en  Locmalo,  canton  de 
Gnéméné-sur-Scoi-fE  (Morbihan). 

(9)  Cf.  Tromerue  ?  {=  Hnou  mern),  en  Ploerdut.  canton  de  Guéméné-sur-Scoi-fE 
(Morbihan),  et  Tro-verne  (prononcez  Trovern),  en  Guidel,  arrondissement  de 
Lorient  (Morbihan). 


—  168  - 
To  (1)  préfixe  :  To-rilhgen  et  Torithien  832-868,  Terilhien  (2)  869, 

à  côté  de  Ritgen,  Rithien  —  Lan  Teguennoc,  G.  L.  (Landévennec). 
Tolmaen  (Tref),  G.  L.,  53. 
Tonam  (Ran). 

Tonou,  dans  :  Tonou-loscan,  lieu  (Voir  tnou)  (3). 
Tre  (Gf.  armoricain  tre,  ayant  le  sens  du  latin  per  :  voir  dre)  : 

Treanton  859-865  —  Trederh  867  —  Trelowen,  appendice,  841 

—  Tregar  909. 
Tre?  :  Trehoit,  appendice,  p.  380,  an  1051. 
Treb  habitation,  subdivision  de  la  plehs  : 

Treb-alloian.  Treb-etuual. 

-anaoc.  -haelan  (4). 

-arail.  -hinoi. 

-codic,  app.,  an  -laian. 

834.  -maenbaud. 

-coet,  app.,  854.  -moetcar. 

-dobrogen.  -mor. 

-dreoc,     app.,  -nouuid. 

846.  -querman. 


Treb-uuiniau. 

-uuocamoe. 
Trebudhiarn. 
Treffingar  (5)  990-992. 
Trefloc  1037. 
Treu-munbl  904  (lege 

mumhl^). 
Treu-blen  1066-1082. 


(1)  L'existence  de  ce  préfixe  devant  les  noms  propres  bretons  a  été  signalée 
pour  la  première  fois  par  nous  dans  les  Mémoires  de  la  Société  de  linguistique 
de  Paris.  M.  Whitley  Stokes  en  a  donné  dans  VAeademy  du  27  février  1886, 
pp.  151-152,  une  explication  fort  plausible.  L'habitude  chez  les  Gaëls  était  de 
préfixer  le  pronom  possessif  de  la  V^  personne  ou  de  la  2«  personne  du  singulier  : 
ex.  Conna  ou  Mo-chonna,  Do-chonna.  La  même  coutume  aurait  existe  chez 
les  Bretons.  On  peut  objecter,  en  ce  qui  concerne  les  Bretons,  qu'on  ne  trouve 
pas,  au  moins  à  notre  connaissance,  de  nom  de  saint  breton  avec  le  pronom  de 
la  l''"  personne  préfixé  ;  en  second  lieu  que  si  to  représente  le  pronom  possessif 
de  la  2"  personne,  il  aurait  dû,  comme  ce  pronom,  évoluer  en  do,  de,  tandis  qu'il 
est  resté  avec  l'explosive  sourde  t  :  Thegonncc  =.  Toconoc.  On  peut  donc  se 
demander  si,  dans  ces  noms  bretons,  on  ne  serait  pas  simplement  en  présence  du 
préfixe  tu ,  to  conservé  dans  les  noms  avec  le  t  primitif,  grâce  à  l'accent,  comme 
dans  le  gallois  tywysoc,  tandis  qu'il  est  devenu  do,  de  dans  les  verbes. 

(2)  Cf.  Tcrithian  {Bodmin  Gospel,  Bévue  celtiqiœ,  I,  pp.  332  et  suivantes), 
cf.  Ty-frydawg,  lolo  Mannscripts,  p.  105  (Voir  To-quonocns,  plus  haut,  Vies  des 
Saints),  et  Tefridec,  Defridec  dans  sent  Defridec  {Saint-Bvarzec,  Finistère). 

(3)  Dans  une  partie  de  l'Armorique  tnou  a  dû  se  prononcer  comme  le  gallois 
tyno;  cf.  aujourd'hui  Tenetix,  en  Guillac  (Morbihan);  Tenitel,  en  Baud  (Mor- 
bihan), Temm  Evel,  en  1296,  la  vallée  de  VEvel. 

(4)  Cf.  le  nom  de  village  la  Ville-Helan,  en  Brehan-Loudéac  (Morbihan  de 
langue  française). 

(5)  Trctfuerethuc,  p.  285,  XI^  siècle,  est  probablement  une  faute  du  scribe  ;  on 
trouve,  en  effet,  p.  311,  an  1037,  Trcfuuereduc,  et  p.  201,  titre  250,  an  820,  herc- 
ditûte  UuoretJwc. 


—  169  — 
Treith,  treth  passage. 
Treithgen  897,  Treithian  et  Trethian  913  —  Trethilkel  (1), 
XI^  siècle  —  Kaer  en  Treth  1037  —  Trez  :  justa  semitam 
eunctibus  {sic)  Trez  en  Treheguer  1089-1128  (Voir  Trehilkel) 
—  Treshoret  1050  —  Tresmes,  lieu,  1066-1082  —  Tresloen 
1063. 

Treh  (Voir  dreh)  :  Treh-louuen  833. 

Tret  (Cf.  treth,  treith"!)  :  Tret-hras  860-866  —  Tret-candus  1101 

—  Tret-gruuc,  p.  285,  XI^  siècle. 
Tri  (2)  : 

Tri-bodu,  Tribudu.  Tri-huueten. 
-duith  878.  -tut. 

-glur  834.  -uuoet. 

-hoiarn. 

Trid  (3)  :  Tridboud  848;  Triboud  857  (Voir  Drid). 

Tro  à  travers  :  Pou-trocoet  (Voir  pou). 

Tro  tour'!  :  Bron-tro. 

Trob  :  Ran  Trob. 

Troiedh  et  Truedh,  lieu,  p.  143,  IX^  siècle. 

Troin  :  Troinliirt,  IX^  siècle. 

Tron  (Voir  dron). 

Turch  porc  :  Turch  plebs,  C.  L.,  22,  aujourd'hui  Tourc'h,  canton 

de  Rosporden  (Finistère);  Tourch,  roche  sur  l'Océan,  en  Sarzeau 

(Morbihan). 
Tut  peuple  :  Tute;  Tutian;  Tudian;  Lan  Tutocan,  C.  L.,  19;  Tref 

Tudoc,  C.  L.,  48. 


(1)  P.  284:,  XP  siècle  :  in  honore  sanctas  Marias  tedificata  (ecclesia)  nomine 
Trethilkel  (sur  Marie,  Trehegel  dune  main  contemporaine;  sur  Trethilkel, 
Treheguer  d'une  main  du  XVI<=  siècle);  p.  293,  an  1120,  Trehegner,  en  marge; 
p.  297.  an  1124,  de  Treheguer  sur  Lansolarnus  (lege  Sausoiarnus).  En  1281, 
Treiselguer,  aujourd'hui  Trehiguier,  village  et  rade  sur  la  Vilaine,  en  Penestin 
(Morbihan). 

(2)  Cf.  tri  trois;  voir  cependant  pour  le  préfixe  tri-,  Zenss,  Gramm. 
celt.,  p.  867.  Cf.  les  noms  gallois  Trilhmi  (Rhys,  Lectures,  p.  381)  ;  Trillaw, 
lolo  Manuscript.^,  p.  133. 

(3)  Trid  =  *trîto-1  ou  est  peut-être  formé  sur  tri,  comme  le  grec  TftTO-{? 
(Voir  la  note  à  dri). 


—  170  - 

Tutamau.  Tut-uualart,  app.,  X*  siècle. 
Tut-hael  (1).  -uuallon. 

-houuen,  -uuocon. 

-huiu .  -uuoret  892,  Tuduuoret  868. 

-uual,  Tutgual  924,  Tri-tut. 
Tuduual  (2)  867. 

Tuhte  853-864. 

Uhel  élevé  :  Gron-uhel  1063  (Voir  huel). 

Ult,  rivière,  affluent  de  la  Vilaine,  aujourd'hui  VOust  (3). 

Un,  préfixe  et  adjectif  numéral  :  Campus  nnconc  (Voir  conc)  — 
Undan  —  Daniel  imua,  C.  L.,  54. 

Urb  (4)  :  Urbon  —  Urbien  874-876;  Urbien  et  Urien ,  p.  194, 
an  869;  Urbian,  909  —  Urbmgen  (5)  867,  Urumgen  846  —  Urb- 
hoiarn  —  Urb-lon  (6)  836-842,  Uru-lon,  app. ,  p.  356,  an  834- 
835—  Urmoet  (7)   868-871,  Uruodius  1081-1113,  Uruuoit  1055. 

(1)  Cf.  Saint-Tiitel,  en  Mauron  (Morbihan  de  langue  française). 

(2)  Tuai  en  1145  est  vraisemblablement  un  fait  de  phonétique  française.  Dans 
le  Morbihan  bretonnant,  l'ut  uual  a  conservé  la  dentale;  on  prononce  Tudal  ; 
de  même  Tudoret  =  Tut-uuorct;  Cadoret  ■=.  Cat  uuoret  ;  Cadoudal.  Cadodal^^ 
Catuotal;  Redoret  =  Rituunvet;  Madorct  :=  Matunoret,  etc.  Dans  d'autres 
parties  de  la  Bretagne,  on  est  arrivé  pour  Tutuual  à  Tuai  en  passant  par  Tuzoal; 
de  même  on  trouve  Caznevet  =^  Cat u émet  ;  Cazuallon  =  Catuuallon  ;  cf.  armo- 
ricain moyen  banazl  =  gallois  banadl;  leziv,  hezo  bouleau  =  gallois  ledn;  etc. 
La  langue  pour  les  dentales  suivies  de  la  spirante  nu  semble  donc  avoir  suivi 
ime  double  voie  :  dans  certaines  parties  de  la  Bretagne,  la  spirante  disparaît, 
se  réduit  à  o  (  Cadoret,  Madoret)  ;  dans  d'autres  parties,  la  spirante  persistant, 
la  dentale  devient  elle-même  spirante  et  finit  par  disparaître  :  Tuzoal,  Tuivall 
Tuai  (de  même  sans  doute  pour  J  consonne  :  cf.  Tutjan  devenu  Tujen  {j  français) 
en  passant  par  Tuzlaii  ?  (Voir  armoricain  moyen,  Chartes). 

(3)  An  834,  Ult,  alias  Ulto,  fluvius  —  859  Ultuni  —  Huit  XI^  siècle  —  Out 
1255  —  Aougst  1417  —  Aomt  1433  —  Augusta  ripparia  1454! 

(4)  Urh-gen  est  rapproché  dans  la  Gramm.  celt.,  p.  136,  du  Verbigenus 
pagus  des  Helvètes,  mais  le  rapprochement  n'est  sûr  que  pour  le  second  terme 
(Cf.  Gliick,  die  bel  J.  Cces.  vork.  Kelt.  Namen)  ;  cf.  Urb-gen,  Annales  Cambriœ, 
à  l'année  626;  cf.  Ludhurb,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  141. 

(5)  P.  109,  titre  142,  Urbmgen  et  non  Urbingen;  Urbmgen  est  d'ailleui-s 
confirmé  par  Urumgen,  p.  43,  titre  53.  Urvjen  a  fini  par  aboutir  à  Urien.  Il  ne 
faut  pas  confondre  Urb-gen  avec  Uurm-gen  (Voir  Uurm). 

(6)  P.  159,  titre  206,  on  trouve  Uurblon;  p.  25,  titre  31,  p.  89,  titre  117,  Urlon. 

(7)  P.  173,  titre  224,  Urmoet;  p.  240,  titre  291,  p.  265,  titre  313,  Uruodius; 
p.  283,  titre  333,  Uruodius  et  Urvoidus  ;  p.  246,  titre  296,  Huruodins  et  non 
Hurmodius.  Il  faut  distinguer  ce  nom  de  Uurmoet,  Uuormoet,  Urmoet  est 
aujourd'hui  représenté  par  Urroy  et  a  passé  par  Urvoez  (Charte  de  1263,  abbaye 
de  Prières,  d'après  copie  du  XVI !«  siècle). 


—  171  — 

Urs  :  Ursan  —  Urscant;  (1)  Orscant  871  -  Ursuualt. 

Utian. 

Uual  (2)  : 


But-gual  1038-1041.        Et-uual  (Treb). 
Clut-uual  (Ran).               Fram- 
Con-                                  larn- 
Drid-                                 lud- 
Dum-                                 lun- 

Sul-uual. 

Tut- 

Uueten-uual  (pars). 

Uuoetuual. 

Uur-uual. 

Uualatr,  Uualart  (3)  chef,  souverain  : 

Cat-uualart  (4),  Cad-    Hoel-uualart. 

uualart,    Caduua-    larn- 

larth  878.                  Reit-uualart  (Voir 
Hael-uualart.                    Reith). 
Hin-                            Res- 

Rit-uualarl. 
Ri-uualart  (5). 
Roen- 

Tut-uualart,  appendice, 
p.  377  (noie). 

Uualc  épervier,  faucon  :  Uualc-moel  (6). 
Uuallon  (7)  :  Uuallon;  Uuallonic. 

Cat-uuallon,  Catguallon  909,          Dumnouuallon  ,    Dumuuallon 
Cauallon,  1026.                                (Voir    dumn);    Donuallon 
Dre-uuallon.                                        1066-1082. 
£)n_                                                Hael-uuallon. 

Drid-                                               Hin- 

(1)  Pp.  19,  39,  42,  80,  Urscant;  p.  81,  titre  107,  Uiirscant. 

(2)  M.  Rhys  a  supposé  fort  ingéuieusement  que  n-al  dans  les  noms  composés 
bretons  =  le  gothique  wnlfs,  anglais  et  allemand  n-olf  loup  {Unal  —  vieux 
celtique  *vali}o,  *veljwl).  A  Cnt-gual,  Gur-gual,  Butgual,  Tntgnal,  correspon- 
draient les  noms  germains  Ilathonmlf,  Waraulf,  Botvlf,  Thendidf  {Rhys,  Lectures, 
pp.  379,  406).  Ces  rapprochements  restent  incertains  ;  le  vocalisme  primitif  de 
wal  en 'vieux  celtique  n'étant  pas  connu.  Wal  appartient  peut-être  à  la  même 
racine  que  Uuallon,  Uualoe. 

(3)  Cf.  gallois  moyen  gwaladr. 

(4)  Cf.  Annales  Camiriœ ,  an  682  :  Catgualart  (apud  Pétrie,  Monumenta 
Mstorica  britannica). 

(5)  Cf.  Kericaladre,  village  en  Plumelec  (Morbihan)  (forme  archaïque). 

(6)  Cf.  le  nom  gallois  Gwalchmai  (Voir  Moel). 

(7)  Répond,  au  moins  pour  la  racine,  au  gaulois  relUtuno,  dans  Vcllauno- 
dunum.  Cassicellannns,  etc.  Voir  Vallannius  {Inscriptions  latines  de  Bretagne). 
Pour  la  racine,  Gluck  la  rapproche  du  comparatif  breton  gmell  meilleur,  mieux 
{Die  bei  J.  Cœsar  cork.  Kelt.  Nam.,  au  mot  Vellavii). 


—  172  - 

Hird-uuallon.  March-uuallon. 

larn-  Ri-uuallon  (1),   Riguallon  1040, 
lud-  Riuallon  1048. 

lun-  Roiant-uuallon  (Voir  roiant). 

Kint-  Roen-uuallon. 

Loies-  Tanet- 
Maen- 

Uualoe  (Cf.  Uual,  Uuallon)  :  Drihuualoe  —  Dron-uualoe  —  Hoel- 
uualoe  —  Riuualoe  (Bot)  —  Uuinuualoe,  G.  L.,  20,  40  (Saint- 
Guénolé;  cf.  Locunolé,  Finistère  :  locus  sancti  Uuinuualoei). 

Uualt  (2)  :  Uualt  —  Uualtmoe. 

Cunaualt  (3).  Ri-uualt. 

Dri-uualt.  Roiant- 

larn-  Uuoet- 

Reth-  Guin-gualtuc  (Caer),  G.  L.,  38. 

Rit-uuald,  Rid-uualt. 

Uuanoc  :  An-uuanoc,  Anguanuc  —  Anauuanoc. 
Uuant  (4)  :  Uuant-nou  (pars). 

Kint-uuant,  Genhuuant.  Racwant. 

larn-  Uuor-uuant. 

lunethuuant. 

Ouaroe  :  Loies-uuaroei  (5)  —  Riuuaroi,  Riuuaroie  —  Lan  Riworoe 

(Tribus),  G.  L.,  39  (Aujourd'hui  Lan-Rivoare). 
Uuas  serviteur  :  Uuasbidoe  —  Uuas-uediu  859  (lege  Uuas-uedui?) 

—  Gun-uuas  (Ran)  —  Pen-uuas. 


(1)  Cf.  Rinallann,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  138. 

(2)  Peut-être  dérivé  de  unal.  Dans  quelqu'un  de  ces  noms,  on  a  peut-être  le 
gallois  grvallt  chevelure. 

(3)  Cnnaualt,  p.  152,  titre  196,  de  Courson  Cunauuult. 

(4)  Cf.  le  gallois  gn-anu  frapper,  traverser. 

(5)  De  Courson  donne  à  tort  Zoips-uuoroei,  p.  206,  titre  256  ;  cf.  Conguare, 
Cartulaire  de  LandafE,  p.  133,  Gur-guarid,  ibid.,  p.  loi,  Guai-oe,  ibid.,  p.  153. 
Pour  Viiaroe,  cf.  le  gallois  g>var  aimable,  doux,  conservé  en  vannetais  dans 
certains  idiotismes  comme  :  Kerliet  ar  o  kyvar  allez  doucement;  moned  e  ran 
ar  mengmar  je  vais  doucement,  lentement,  à  mon  aise  ;  de  même  dans  certaines 
parties  de  la  Cornouailles  et  sans  doute  ailleurs. 


—  173  — 

Uueith  (1)  combat  :  Uueitnoc  879,  Uuednoc  834  (2),  Uuethenoc  (3), 

Uuetenoc;  Lan-uuethnoc,  C.  L.,  33;  Guethenoc  833  et  866  (ne 

se  trouve  généralement  qu'au  X^-XI^  siècle);  Guehenoc  1120, 

1136  —  Uueidien  (4),  charte  128,  an  834,  Uuethien,  charte  219, 

an  834  (même  personnage)  (Voir  Uuethen). 
Uuel  (5)  :  Ho-uuel  —  Uuor-uuelet  et  Uur-uuelet  814-825;  monas- 

terium  Gur-guelet  837. 
Uuen  (Voir  uuin). 

Uuen  sourire"}  dans  Ho-uuen  (Voir  Houuen). 
Uuener  (6)  :  Uuener-monoc. 
Uuere  :   Ran   Bud-uuere   (manuscrit  Buduere)  —  Ri-uuere   — 

Sul-weri,  appendice  p.  852. 
Uuern  (7)  aulnes  et  aussi  marais  :  Pul-uuerno  —  Pen-uuernet, 

lieu  —  Guern-uidel  plebicula  1029-1037;  Guern-uuital  monas- 

terium  913. 
Uueroc  :  provincia  Weroc,  appendice,  an  852  (Vannetais  breton; 

Voir  Vies  des  Saints,  Uueroc)  ;  Bro-uueroc  (8),  Brouueroch. 
Uuerth  (9)  valeur,  vente  :  Enep-uuert  875  (Voir  enep)  ;  Enep-guerth, 

C.  L.,  44. 
Uuethen,  dérivé  de  uueith  :  Gueten,  IX^  siècle;  Uuetenan;  Uuete- 

nic;  Uuetenoc  (Voir  Uueith). 


(1)  Cf.  Gueith  CamlaTi,  la  bataille  de  Camlan,  Annales  Cambriœ  à  Tannée  537  ; 
cf.  Gueth  Eonan,  nom  par  lequel  les  Comouaillais  désignèrent  une  victoire 
remportée  dans  la  forêt  de  Nemet,  aujourd'hui  JVevet,  par  Alain  Canlart  sur 
le  duc  Alain  (Dom  Morice,  Preuves,  I,  pp.  367,  368). 

(2)  Uuednoc,  p.  169,  titre  219,  est  le  même  personnage  que  Uuetcnuc,  p.  98, 
titre  128. 

(3)  Une  seule  fois  Uuethenoc,  p.  199  ;  ailleurs  Uuetenoc,  une  trentaine  de  fois 
(p.  182,  Uuetcnhoc). 

(4)  Cf.  Gueithgen,  Cartulaire  de  LandafE,  p.  136. 

(5)  Cf.  gallois  et  armoricain  gweled  voir. 

(6;  D'un  cas  oblique  du  latin  Venus,  Veneris;  cf.  Guener-biu,  Cartulaire  de 
LandafE,  p.  235. 

(7)  Cf.  le  gaulois  Verno-dubrum. 

(8)  Comme  toujours,  il  faut  se  défier  de  l'index  :  Bro-uueroc  pp.  47,  133, 
213;  Bromuroch,  pp.  69,  107.  119.  155,  157,  170,  208;  Bro-uueroec,  p.  105; 
provincia  miarrochiae.  p.  183  ;  patria  Gueroc,  p.  225,  an  909;  Bro-uuerec,  p.  284, 
XI«  siècle  (p.  159,  titre  155,  Broueroch). 

(9)  Cf.  Wur-ivœrthlon  {Bodmin  Gospel,  Bévue  celtique,  I,  p.  332). 


-  174  - 


Uueten-bidoe. 

-cain. 
Guethen-car. 
Uueten-cor. 

-cunan,  app.,  855  (en 
note). 

-gloeu. 

-hoiarn. 

-monoc. 

-rit. 

-uual. 

-uuoion. 

-uuoret. 
Anauueten. 
Bud-uueten. 
Cat-uueten ,    Gatuuethen  ,   Cat- 

guethen  (1)  1051-1060. 
Dre-uueten. 
Finit- 
Gleuuelhen,    Gleuueten,    Gleu- 

guethen  1038-1041. 
Hael-uuelen,  Hael-uuethen. 
Hin- 


Hoiarn-uueten,  Hoiarn-uuethen. 

larn- 

ledec- 

lud- 

lun- 

Loies-uuethen,  Loes-uuethen. 

Mael-uueten. 

Maen- 

Marcoc-uueten  (2). 

Mat-uueten,  Matguethen  913. 

Mor-uueten,   Moruueten,  Mor- 

guethen  1062-1070. 
Pasc-uueten,  Pascuuethen. 
Rat- 
Reth- 

Ris-uueten,  Risguethen  913. 
Rit- 
Ri- 

Tanet- 
Trihuueten. 
Uuin-uueten. 
Uuor- 
Uur- 


Uuicant  :  Uuicant  (Voir  uuid);  Guicant  826;  Gueguant  1087;  Gue- 
guent  1120  —  Uuicantoe  —  Ran  Uuicanton;  partem  Uuicanton,  et 
aussi  Quicanton  867. 

Uuicon  (3)  :  Uuecon,  Guegon  913,  1062-1080  (Voir  uuid)  —  Hael- 
uuicon. 


(1)  Cf.  Catgiteithen,  Aimales  Cambriœ,  862;  Catgueithen,  Cartulaire  de 
Landaff,  p.  174,  Omgueithen,  ibid.,  p.  179;  Cantgueithen  et  Cantgnedcn 
{Bodmin  Gospel,  Revue  celtique,  I,  p.  332). 

(2)  Cf.  Poul  March-guezen  1430,  aujourd'hui  Poiilmarrezen  (prononcez 
Poul-marven),  en  Ploerdut,  canton  de  Guéméné-sur-Scorff  (Morbihan). 

(3)  On  trouve  encore  Uuicon,  pp.  39,42,  69,  207,  188,  199,  mais  là  le  vrai  nom 
paraît  être  Uuincon ,  comme  le  prouve  pour  les  mêmes  personnages  l'écriture 
Uuincon,  p.  18,  titre  21  :  le  scribe  aura  négligé  le  signe  abréviatif  sur  um.  Dans 
d'autres  cas  Uuicon  est  pour  Unidcon  (Voir  la  note  suivante). 


—  175  — 
Uuid(l)  :  Guid-gual  909;  Guidual  913  —  Uuit-cant  (Caer),  G.  L., 

44  —  Hael-detuuid  (Voir  detuiiid). 
Uuin,  Uuen,  guin,  guen  :  blanc,  heureux  :  Uuinan;  Uuinhic; 
Uuinnoc,  Uuinoc;  Uuinou  (2);  Uuiniau  (Treb). 

Uuin-anau.  Uuin-mael,  Uuenmael  867. 

-bicham.  -melio. 

-calon,     Guincalon  833,            -mochiat  (4). 

Guencalon  833.  -monid  (plebs),  appendice, 

-campt    (compot),    Guen-  an  852  (Voir  iV/onid) . 

gamp,  1148.  -monoc. 

-cant.  -morin, 

-car.  -runoc,  appendice,  an  855 

-cimalo.  (en  note), 

-con  (3).  -uualoe. 

-hael,  Guenhael  866,  Guin-  -uueten. 

hael  833.  -uuoret. 

-haeloc.  Uuen-bril,   femme,    Uuenbris, 

-hamal.  Guenureth  (Voir  brith). 

-hoiarn.  -ran  (5),  Guerran  1114. 

(1)  Uuid  dans  ces  composés  est  identique  au  gallois  gwydd  ce  qui  est  en  vue, 
et  appartient  à  la  racine  indo-européenne,  qui  est  sous  sa  forme  forte  veid,  sous 
sa  forme  faible  vid  voir,  savoir  :  cf.  gallois  yn  dy  n-ydd  en  ta  présence,  à  ta 
vue,  armoricain  moyen  agoez.  traduit  dans  le  Catholicon  par  jjalam;  afn-ydd,a.v- 
moricain  avouez  signe  (Voir  Aroedma  Vies  des  Saints).  'SJl.  en  effet,  est  bref,  comme 
le  montre  son  évolution  en  e  en  armoricain,  et  le  t  ou  d  représente  la  spirante 
dentale  sonore  :  exemple  Guezcon  en  1283,  aujourd'hui  Guégon,  commune  de 
l'arrondissement  de  Ploërmel  (Morbihan)  (Rosenzweig,  Dictionnaire  topogra- 
phiqne^.  Cf.  Guitcun,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  155  ;  G^àdgol,  ihid.,  p.  60  ;  Gvidgar, 
Annales  Camhriœ  à  l'année  630  ;  Gwyddlew,  lolo  Manvscrijits,  p.  30  ;  Gwydd- 
farcfi,  ibid,  p.  104.  Giddgval  a  donné  son  nom  à  Locoal-Mendon  (Morbihan)  (en 
1037,  locus  sancti  Guituali,  ile,  aujourd'hui  presqu'île  en  Locoal-Mendon  ;  sanctus 
Gudualus  1387):  avec  la  chute  de  la  spirante  dentale  sonore,  on  a  eu  Lnc-Gnal, 
Locoal.  On  retrouve  probablement  nuid  au  VI^  siècle,  dans  le  nom  du  chef  breton 
Vidimaclus  pour  Vidi-ntaglus,  Greg.  Tur.,  Hist.  Franc,  V,  32.  Ce  serait  au 
IX«  siècle  Uuid-mael.  Dans  quelques-uns  des  composés  en  uuid,  on  est  peut-être 
en  présence  de  *vidu-  bois  (Cf.  Viducasses). 

(2)  Uuinou  doit  peut-être  être  séparé  de  uuin  blanc,  et  rapproché  du  gallois 
gwineu,  bai,  brun  :  cf.  Gn-ineu,  lolo  Manuscripts,  p.  121. 

(3)  Cf.  Guincon,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  174. 

(4)  P.  4,  Uuininoduat,  faute  du  scribe  :  Uuinmochiat,  p.  37  (même  personnage)  ; 
cf.  Uuarroduœ  pour  Uuarrochiœ. 

(5)  Pp.  21,  72,  78,  13U,  131,  182,  Uuenran  (p.  182,  Uuenrann);  p.  65,  Uuerran; 
p.  209,  Uueran;  Con-uuenran,  p.  93,  titre  123,  et  non  Couuenran. 


—  176  — 

Uuen-tamau  (1),  femme.  Uuen-uuoial  (2),  femme. 

-uuocon,  femme.  -uuorgou. 

Guenno,  femme  4062-1070;  Guenno  (3)  Bolomer  1120  —  Presel 
Guennedat  (miles)  1063-1098. 

Uuir  (4)  vrai  :  Co-uuiran  —  Keuuirgar. 
Uuiscid  ué(u  :  Hoiarn-uuiscid;  Caer  Guisc-hoiarn. 
Uuithur  (5)  (Voir  Vies  des  Saints)  :  Guitur  868. 
Uuiu  digne  de  : 

Uuiu-cant.  Uuiu-louuen. 
-hamal.  -milis. 

-hoiarn  (6).  -rat. 

-homarch,Guihomarcl021,  -ror  (Ran). 

Guihomar    1144,    Guio-  -tihern. 

mar  (7)  1052-1060.  -uuoret. 

-lebrant.  Aer-uuiu. 

Uuo,  guo  (8),  préposition  et  préfixe  : 

Uuo-brian  (9).  Uuo-doetal  (11).  Uuo-lotic  (lieu), 

-comel.  -hoiarn.  -louan. 

-con  (10).  -Kamoe  (menehi).        -taiin. 

-condelu.  -letec  (12).  -tolan. 

(1)  Cf.  gallois  G n-yndaf  (Y oix  tam). 

(2)  Probablement  à  corriger  en  Unen-imotal. 
(3)'  Cf.  Gwynno,  lolo  ManmcripU,  p.  146. 

(4)  P.  37,  titre  46,  le  manuscrit  porte  Uuorgauan  et  non  UuirgaiMn. 

(5)  P.  50,  titre  03,  Uuithur;  p.  42,  titre  52,  Uuitur,  p.  188,  titre  240,  Guitur 
(Voir  Vies  des  Saints). 

(6)  P.  87,  titre  113,  on  lit  Uuiuhoiarn  et  non  Vulnhoiarn;  au  début  de  la 
charte,  M.  de  Courson  a  correctement  lu  Uuiulioiarn. 

(7)  Aujourd'hui  prononcé  généralement  Guyonvarc'h,  mais  le  plus  souvent 
écrit  Guyomar. 

(8)  Comme  préposition  uuo  a  eu  le  sens  de  sous.  Guo  ne  se  trouve  guère  que 
comme  préfixe.  Go  dans  les  composés  gallois  modernes  a  le  sens  de  passablement, 
assez.  Uuo  =  irlandais/o,  vieux  celtique  vo. 

(9)  Plus  tard  Golrien, 

(10)  Cf.  gall.  Guoccaniti,  Annales  Cambriœ,  an  871  ;  aun  indique  un  â  long 
vieux  celtique.  Les  noms  en  con-  ne  peuvent  donc  tous  se  rapporter  à  la  racine 
contenue  dans  le  gallois  er-chynu  élever  ;  cynu  se  rapporte  au  vieux  celtique  cûno. 

(11)  P.  110,  titre  144,  et  non  Uuordoital. 

(12)  P.  135,  Uuolccec  ;  p.  99,  Uuolectec  ;  pp.  6,  7,  180,  Uuoletec ;  p.  153,  Uuo- 
lethec;  pp.  9,  14,  Guoletec.  Il  est  clair  que  Uuolccec  doit  se  corriger  en  Uuoletec 
et  Uuolectec  en  Uuolethec  ou  Umtoledec. 


—  177  — 
Uuobri  élevé  en  dignité,  sage  (Voir  hri)  : 

Bresel-uuobri  —  Cat-uuobri  —  Dri-uuobri  —  Gred-uuobri  —  Hael- 
uuobri  —  Heuuobri  —  larnobri  ;  larnhobri  —  Maen-uuobri  — 
Relh-uuobri  — Uuehuuobri. 
Uuocon  (1)  glorieux,  illustre  : 

Cat-uuocon  (2),  lun-uuocon.  Ri-uuocon. 

Gred-  Kint-  Roen- 

Hael-uuocon  (3),   He-  Loies-  Tut- 

logon  1066-1082.  Maen-  Uuen- 

larn-uuocon,  larnogon  March-  Uuor- 

1062.  Relh- 

lud-  Ris- 

Uuod  (4)  :  Uuod-hochic  —  Uuot-uuoiam  (5)  —  Guod-mochus,  G.  L. 
Uuoion  : 

Con-uuoion  (6).  Roiant-uuoion.  Tanet-uuoion. 

Clôt-  Sul-  Uueten- 

Hird-  Tan-  Uuor- 

Uuoet;  Uuoit;  Uuod  (7)  :  Uuoedadoeu,  Uuoetatoe  —  Uuoedanau, 
Guodanau  —  Uuoet-hoiarn,  Guod-hoiarn;  Uuoit-hoiarn  —  Uuoet- 
uual,  Guoeduual;  Goiduual  —  Uuoeder:  Uuoider. 


(1)  Cf.  gallois  Guocoan^n,  Annales  Camhriee  à  l'an  871,  plus  tard  Gwgamn. 
11  ne  faut  pas  confondre  Vo  de  uuocon  avec  celui  des  composés  en  con  =  cûno-, 
Uuocon  doit  être  rapproché  du  gallois  gogonedd  gloire. 

(2)  Cf.  Cat-gucann,  Cartulaire  de  LandaS,  p.  126. 

(3)  P.  214,  titre  265,  Haeluuecon  et  non  Haeluuocon. 

(4)  Peut-être  préfixe  composé  =:  irlandais  fodl  (Voir  Zeuss.  Gramm.  celt., 
p.  885).  Voir  Uuoet. 

(5)  P.  207,  titre  257,  Vuotmwià  et  non  Clot-ituoiam. 

(6)  Cf.  Conueon,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  133;  Uuoion  se  retrouve  dans  le 
nom  actuel  de  Goyon. 

(7)  L'identité  de  Uuoet,  Uuoit,  Uuod  est  certaine  dans  les  noms  qui  suivent  : 
Guodanau,  p.  13,  est  le  même  personnage  que  Uuoedanau,  p.  11  ;  Guod-hoiarn, 
p.  87,  ne  fait  qu'un  avec  Uuoet-hoiarn.  Pour  Uuoet-hoiai'n,  cf.  Guoid-Jtearn, 
Cartulaire  de  Landaff,  p.  153  ;  cf.  Goueznou,  nom  encore  existant  =:  Woednovius 
(Voir  Wohednovius,  Vies  des  Saints).  Le  t  ne  représente  pas  une  spirante  dentale 
sourde  à  en  juger  par  l'exemple  du  Cartulaire  de  Landaff  et  les  habitudes 
orthographiques  du  scribe  qui  l'a  rédigé.  Il  est  possible  que  dans  certains 
composés  Uuoet  représente  le  double  suffixe  *vo+ate.  Pour  Uuoid,  Uuoed,  le  sens 
en  est  incertain. 


—  178  - 
Uuoletec   (i)    prince,  chef  de  nation'!  (Voir  sous  uuo  pour   les 

différentes  formes  de  ce  mot). 
Uuolou  lumière  :  Uuolouan  830. 


Anauuolou. 

Maen-uuolou 

Arth-uuolou,  Arlwolau,  app. 

Roen- 

Bud- 

Tanet- 

Cat-uuolou  (2). 

Uuor,  guor,  uur,  guur,  gur  (3). 

Uuor-anau. 

-andor. 

-anton,Uuranton,  Guranton 
1048. 

-asoe,  Uuorasou,  Guorasou 
833. 
Uuoratam  (4). 
Uuor-athoui  (V.  athoui,  haithoui). 

-bili,    Uurbili,    Uur-uili, 
Guoruili,  Guruili. 

-bri,  Uurbri. 

-cantoe. 

-comet,  Uurcomet. 

-comin,  Uurcomin. 

-condelu,  Uurcondelu. 


Uuor-detuuid,  Gurdetgued(Voir 

detuuid). 
-doethal,   Uurdoital   (Voir 

doithal). 
-gen,    Uurgen,    Uuorien, 

Uurien  (5). 
Guor-gomed  (6)  833. 
Uuor-gost  (7),Uurgost,  Gurgost 

(Voir  gostj. 
-gouan,  Uurgouan. 
-hasoeu. 

-haitoui  (Voir  haithoui). 
-  hocar ,    U  urhocar ,    Gur  - 

hugar    834,     Uuorocar 

832-840. 


(1)  Cf.  le  gallois  gnletic,  dérivé  de  gtdat  pays  et  primitivement  puissance, 
pouvoir  :  mlat  =  irlandais ^a /Y A;  cf.  armoricain  moyen  glad  biens,  richesses? 

(2)  P.  80,  titre  100,  et  non  Catiiitolon. 

(3)  Il  est  difficile  de  dire  si,  dans  ces  noms  on  a  toujours  affaire  au  préfixe 
intensif  vieux  celtique  ver  ou  à  vero-  homme.  Nous  mettons  sous  uur  les  noms  qui 
ne  se  présentent  qu'avec  cette  forme  et  dans  lesquels  uur  n'alterne  pas  avec  uuor. 
Là  même,  il  est  possible  qu'on  soit  en  présence  de  ver.  Le  traitement  de  la 
consonne  qui  suit  uuo7%  uur,  n'est  pas  toujours  un  argument  décisif  en  faveur 
de  l'une  ou  l'autre  hypothèse  :  l'analogie  a  joué  dans  ces  composés  un  rôle 
important. 

(4)  Cf.  Gurdaf,  lolu  Mannscripts,  p.  103. 

(5)  Xe  pas  confondre  avec  Urien,  Urbgen, 

(6)  Peut-être  différent  de  TJuor-comet ;  peut-être  pour  Uuor-guomed  :  cf. 
gallois  goviedd  refuser  {Cat-giiomed  dans  Nennius). 

(7)  P.  200,  titre  249,  on  pourrait  lire  Uuirgontum. 


—  171 
Uuor-hoiarn,  Uurhoiarn,  Gur- 
hoiarn  834. 
-houuen  (1). 
-huuant,  Uuruuant. 
-loies,  Gurloies  820. 
-louuen,  Uurlouuen. 
-moet  (2),  Uurmoet. 
-monoc,  Uurmonoc. 
-talin. 
-ternie. 

-uuelet,  Uuruuelel,    Gur- 
guelet  837. 


Uuor-uueten,  Uuruuethen,  Guor- 

uueten. 
-uuinet. 

-uuocon,  Uuruuocon. 
-uuoer. 
-uuoion,    Uurgoion   857- 

868. 
-uuoret,  Uur-uuoret. 
-uuouan  (3). 
Guor-heten    909,     Guorreden 

1063-1076  (Voir  hiti7i). 


Uuoret  (4)  :  Uuoret 
tate). 

Uuoret-cant. 

-car. 

-hael. 

-hemel. 

-hoiarn. 

-mebin. 
Anauuoret. 
Bud-uuoret. 
Cat-uuoret,  Gadoret 

(Voir  cat). 
Dre- 

Drich-guoret. 
Dum-uuoret. 
Finit- 


—  Uuoretic  —  Uuoretin  —  Uuoretlioc  (lieredi- 


Gleuuoret. 
Gred-uuoret. 
Hael-uuoret,  Hel- 

uuoret. 
Hird- 
larn- 
lud- 
lun- 
Kin- 
Loies- 

Mael-uuoreth. 
Maen- 
Mat  -  uuoret    (  Voir 

mat). 


Nod-uuoret. 

Pasc- 

Prost- 

Reth- 

Ris-uuoret,  Resuuoret. 

Rit-uuoret ,    Ritguoret 

852 ,     Redoret    vers 

1104. 
Ri-uuoret  (5). 
Roent-uuoret,     Roen- 

uuoret. 
Run- 
Sul- 
Tre- 


(1)  P.  10,  titre  10,  Gmrmhomien  et  non  Gtwriwuuen. 

(2)  Différent  de  Urmoct,  Uvvoid  (Voir  Url)  :  Uuormoet,  p.  73,  titre  96,  an  867; 
p.  104,  titre  136,  an  842;  Uurmoet  terra,  p.  152,  titre  196,  an  830;  p.  201,  titre  250, 
an  820;  p.  203,  titre  252,  an  827;  p.  41,  titre  51,  an  839-861. 

(3)  P.  50,  titre  63,  Uuor-uuouan  et  non  Uuoruuohuan. 

(4)  Cf.  le  nom  gaulois  Voretovirius  (Inscription  de  Beaumont  près  Vaison) 
(Stokes,  Celtic  Declension,  p.  64).  Voreto-  paraît  composé  du  préfixe  vo  et  de 
ret,  et  composé  d'une  façon  analogue  au  gallois  latin  snccitrrere;  cf.  irlandais 
foirithim  je  secours  ;  cf.  le  gallois  gnaredicr  qui  secourt. 

(5)  P.  201,  titre  250,  le  manuscrit  porte  Riuoret. 


-  480  - 

Tut-uuoret  (1). 

Uuin-uuoret. 

Uuor-uuoret 

Uueten-uuoret. 

Uuiuuoret. 

Uur- 

Uuorm  (Voir  Uurm). 

Uuorocan  (Ran). 

Uuoron,  dans  Maen-uuoron  (huit  fois). 

Uuotal  (2)  :  Uuotalin, 

Godalen  916. 

Cat-uuotal,  Cat-uuodal,  Cadodal. 

Ris-uuota 

Loies- 

Tanel- 

Uur  (3)  : 

Uur-budic. 

Uur-uual  (6),  Uurgual. 

-condeluc. 

-uidoe. 

-digrinn. 

Gat-uur  (7). 

-distin. 

Ri-uur. 

-gint. 

Gur-dilec  (8). 

-gitan,    Gurgitan,    p.   3'i 

^             -gar  (9)  {Société  archéolo- 

IXe siècle. 

gique    d' nie- et -\  Haine 

-gnit  (lieu). 

XVII,  p.  18). 

-hamal  (4). 

-gauel  (10)  990-992. 

-hen,  Gurhen  913. 

-gnou  913  (Cf.  Uurnau). 

-liuuet. 

-ki(l1). 

-nau. 

-mil  (12). 

-temet  (5). 

-tiernlieO,  Gurdiern  871. 

Uurth  contre,  dans  di-urth  (Voir  diurth);  dans  Uurdrigon'. 


(1)  Eer-dvdoret  1484,  en  Saint- Avé  (  Morbihan).  Ce  village  s'appelle  aujourd'hui 
Keridoret,  ce  qui  ne  saurait  s'expliquer  par  Kerdudoret  =  *  Caer-Tutmioret. 

(2)  Voir  tal. 

(3)  Voir  la  note  à  l/nor. 

(4)  Cf.  Gvrhaval,  Cartulaire  de  Landafif,  p.  137. 

(5)  Cf.  Uuorteinic. 

(6)  P.  170,  titre  220,  Uur-uval  et  non  Ur-uual. 

(7)  Cf.  Cadrvr,  lolo  Manmcripts,  p.  138. 

(8)  Cf.  Wrdylic  {Bodmin  Gosjiel,  Revue  celtique,  I,  p.  332);  GnrdUic,  Cartu- 
laire de  Landafif,  p.  137. 

(9)  Cf.  Gmrgar,  lolo  Manuscripts,  p.  104. 

(10)  P.  309,  titre  Sô7,Gnrgauel  et  non  Gurganel;  cf.  Gur-gavaél,  Cartulaire  de 
Quimperlé,  p.  46  y". 

(11)  Cf.  Gnrci,  Cartulaire  de  Landaff,  p.  lC>ô;G)vrffi,  lolo  Manvscrtpts,  p.  103. 

(12)  Cf.  La  y\\\e-Goiirmll,  village  en  Guillac  (Morbihan  français). 


—  181  — 
Uurm  brun  (Voir  ael)  :  Uurm-haelon,  Uuoimhaelon,  Gurmhailon, 
Guormelon  (1)  —  Uurmhouuen,  Guormhouuen  (2)  —  Uurmgen, 
Uurrnien  (3)  —  Uurmham  —  Uurmon  (4)? 

MOYEN   ARMORICAIN    (xi®-XVII®   SIECLES) 
Chartes 

Jusqu'au  XV®  siècle,  l'armoricain  moyen  n'a  d'autres  docu- 
ments que  des  chartes.  Pour  ses  traits  caractéristiques,  nous 
renvoyons  le  lecteur  à  notre  introduction  (Période  néo-cel- 
tique, I)  (5). 

Les  principaux  recueils  de  chartes  dont  nous  nous  sommes 
servi  sont  : 

1°  Le  Cartulaire  de  Quimperlé,  dont  les  chartes  ont  été  ré- 
digées au  XIP  et  au  XIIP  siècle,  d'après  une  copie  de  M.  Léon 
Maître,  archiviste  de  la  Loire-Inférieure,  déposée  aux  archives 
départementales  du  Finistère,  à  Quimper.  Elle  a  été  faite  sur 
l'original,  acheté  par  un  Anglais,  M.  Stapleton,  aujourd'hui  la 
propriété  de  lord  Beaumont. 

2°  Les  trois  Cartulaires  de  l'église  de  Quimper,  conservés  à 


(1)  Uurmhaelloji,  p.  58,  titre  74,  p.  23,  titre  28;  Uurmhaelon,  p.  181;  Uuorm- 
haelon,  p.  50.  titre  63;  Gurmhailon,  p.  224,  titre  277,  an  913;  GurmaMlon 
p.  226,  titre  279.  an  910;  Guormelon,  p.  277  et  non  276,  titre  325,  an  1084,  et 
non  Guermelon  (Aujourd'hui  Gourmelon,  Gourinelen), 

(2)  Uurmhouuen,  p.  S,  titre  7,  an  833;  Guuormhouuen,  p.  10,  titre  10,  an  833, 
et  non  Guorhouuen. 

(3)  P.  58,  titre  74,  an  859-865,  Uurmgen;  p.  155,  titre  187,  an  826-834, 
Uuniiien.  Uurmgen  et  Uurrnien  ne  doivent  pas  être  confondus  avec  Urb-geii, 
Uritm-gen;  Urm-gent,  p.  152,  titre  195  (Voir  Urb). 

(4)  L'index  signale  une  terre  Uurmo  qu'il  faut  lire  Uurmoet  et  une  terre 
Uurmon,  appelé  une  fois  Uurmonoc.  P.  200,  titre  245,  an  850  :  De  uno  latere  et 
de  fronts  f ossatam  Runnet  ;  de  alia  parte  Uurmo  et  de  alia  parte  Uurmonoc  in 
plèbe  mullaco.  P.  201.  titre  250,  an  820  ...  Et  de  alia  fronte  f  ossatam  Ruunet  et 
de  alia  parte  Uurmoet  et  de  alio  latere  uno  fossata  partem  Uurmon.  P.  203,  titre  252, 
an  827  ...  De  uno  latere  et  fronte  fossatam  Euunet  et  de  alia  in  partem  Uurmoet 
et  de  latere  partem  Uurmon  in  plèbe  Mulnaco. 

(5)  On  trouvera,  en  appendice,  à  la  fin  de  cette  Chrestomatliie.  d'importantes 
modifications  à  la  théorie  que  nous  avons  exposée  sur  la  nature  et  la  place  de 
l'accent  en  vieux  breton. 


—  482  — 
la  Bibliothèque  Nationale  :' 9890,  ms.  lat.,  XIIP  et  XIV«  siècles, 
66  fol.  ;  9891,  XIV*'  siècle,  66  fol.,  plus  2  fol.  supplémentaires 
(ce  Cartulaire  est  à  peu  près  en  entier  une  copie  du  précédent)  ; 
9892,  95  fol.,  XIV«  siècle. 

3°  Le  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Prières  (monastère  détruit 
situé  dans  la  commune  de  Billiers,  Morbihan),  d'après  une  copie 
fidèle  faite  en  1648  par  dom  Guillaume  Gautier,  et  complétée 
en  1768;  l'original  a  été  brûlé.  Les  chartes  de  ce  Cartulaire 
partent  du  milieu  du  XIIP  siècle.  Nous  devons  la  communication 
de  ce  Cartulaire  à  la  veuve  de  l'éminent  archiviste  du  Morbihan, 
M.  Rosenzweig,  dont  la  Bretagne  ne  saurait  trop  déplorer  la 
mort  prématurée. 

4"  Les  monuments  originaux  de  l'histoire  de  saint  Yves, 
publiés  pour  la  première  fois  par  MM.  A.  de  la  Borderie,  abbé 
J.  Daniel,  R.  P.  Perquis  et  D.  Tempier;  Saint-Brieuc,  Pru- 
d'homme, 1887.  Les  actes  sont  du  XIV®  siècle. 

5"  Les  chartes  du  château  de  Lestiala,  près  Pont-Labbé,  ar- 
rondissement de  Quimper;  chartes  du  XIV®  et  du  XV®  siècle, 
aujourd'hui  la  propriété  de  M.  Arthur  de  la  Borderie  (1). 

6"  Les  actes  de  la  canonisation  de  saint  Vincent  Ferrier, 
extraits  d'un  manuscrit  authentique  de  la  cathédrale  de  Vannes, 
par  M.  l'abbé  Chauffier,  qui  nous  les  a  très  obligeamment  com- 
muniqués. Ces  actes  sont  du  milieu  du  XV*  siècle  et  sont  parti- 
culièrement intéressants  pour  le  breton  de  Vannes. 

1°  Des  chartes  du  prieuré  de  Saint-Martin-de-Josselin,  de 
l'abbaye  de  Lanvaux  (2),  des  archives  du  château  de  Kergué- 
hennec  en  Bignan,  de  Kerfily  en  Elven,  des  forges  de  Lanouée, 
de  l'abbaye  de  la  Joie  d'Hennebont,  etc.,  d'après  des  copies  sur 
chartes  originales,  faites  par  M.  Rosenzweig,  et  que  M"®  Ro- 
senzweig a  bien  voulu  mettre  à  notre  disposition. 

(1)  M.  Arthur  de  la  Borderie  a  poussé  l'obligeance  jusqu'à  nous  remettre  une 
copie  de  plusieurs  de  ces  chartes.  Nous  en  devons  une  copie  complète  à  l'émi- 
nent bibliothécaire  de  la  ville  de  Rennes,  M.  Vétaut. 

(2)  Les  chartes  de  Saint-Martin  de  Josselin,  de  l'abbaye  de  Lanvaux,  de 
l'abbaye  de  la  Joie,  sont  aux  archives  du  Morbihan. 


-  183  — 

8°  Le  Dictionnaire  topographique  du  département  du 
Morbihan,  par  M.  Rosenzweig,  1870.  Les  formes  des  noms  de 
lieux  (1)  y  sont  données,  en  général,  d'après  des  documents 
authentiques  et  revus  par  M.  Rosenzweig  lui-même.  Nous 
avons  laissé  de  côté  toutes  les  formes  douteuses. 

Nous  avons  fait  quelques  emprunts  aux  chartes  de  l'abbaye  de 
Beauport,  publiées  par  MM.  Geslin  de  Bourgogne  et  A.  de 
Barthélémy  dans  le  tome  IV  de  leur  ouvrage  :  Anciens 
Évêchés  de  Bretagne,  revues  par  M.  d'Arbois  de  Jubainville; 
la  Revue  celtique  en  a  publié  les  mots  bretons  par  ordre  alpha- 
bétique (2). 

L'orthographe  de  nos  chartes  est  celle  des  chartes  françaises 
et  des  textes  français  de  la  même  époque. 

Pour  les  voyelles,  il  faut  remarquer  que  le  Cartulaire  de 
Quimperlé  rend  le  son  français  eu  (o)  par  o,  u,  et  même  par 
ue;  ou  par  u;  u  par  u  et  très  rarement  par  eu.  A  partir  du 
XIIP  siècle,  en  général  ou  est  écrit  ou,  et  parfois  o  (3)  ;  eu  est 
écrit  0,  eu,  e  =  ô,  ue  et  même  oe  (l'orthographe  eu  l'emporte  au 
XIV^-XV®  siècle).  Ae  ne  désigne  pas  toujours  une  diphtongue 
au  XIV^-XV®  siècle;  souvent  ae  n'exprime  qu'un  son  simple, 
généralement  è  français;  ?/  a  la  valeur  d'un  î,  excepté  dans 
le  mot  poyll,   aujourd'hui  poell. 

Les  principales  particularités  pour  les  consonnes,  se  re- 
marquent dans  la  transcription  des  spirantes  dentales  et  guttu- 
rales. La  spirante  dentale  sourde  [th  gallois,  voir  Introduction) 
est  exprimée  dans  le  Cartulaire  de  Quimperlé  assez  souvent  par 
th  et  aussi  par  s,  rarement  par  z;  la  spirante  dentale  sonore 


(1)  Nous  avons  multiplié  à  dessein  les  noms  des  lieux,  de  façon  à  mettre  nos 
lecteurs  au  courant  de  la  toponomastique  bretonne  et  à  les  tenir  en  garde  contre 
la  pseudo-science  qui  a  gâté  et  gâte  encore  l'histoire  et  l'archéologie  gauloise, 
et  tout  particulièrement  la  géographie  historique  de  la  péninsule  armoricaine  à 
toutes  les  époques. 

(2)  Mots  bretons  dans  les  chartes  de  Beauport  (Côtes-du-Nord),  par  d'Arbois 
de  Jubainville,  t.  III,  pp.  395-418  —  Mots  bretons  dans  les  chartes  de  Beauport, 
Revue  celtique,  t.  VII,  pp.  52-65,  pp.  200-209,  t.  VIII,  pp.  65-76,  par  G,  Dottin. 

(3)  Final,  il  est  écrit  parfois  w. 


-  -18/1  — 
[dd  gallois,  à  peu  près  th  doux  anglais)  est  rendue  par  d, 
quelquefois  par  z.  A  partir  de  la  deuxième  moitié  du  XIIP  siècle, 
les  deux  spirantes  sont  exprimées  à  peu  près  de  même  façon, 
par  d  (première  moitié  du  XIIP  siècle),  plus  souvent  par  z 
(régulièrement  depuis  la  fin  du  XIU®  siècle). 

La  spirante  gutturale  sourde  est  généralement  exprimée  par  ch. 

L'explosive  gutturale  sourde  ou  forte  ou  ténue  c  se  traduit 
devant  i  ou  e  par  k  ou  qu,  quelquefois  ch  (1)  ;  l'explosive  gutturale 
sonore,  dès  le  XIIP  siècle,  devant  i  et  e  par  gu. 

Le  son  spirant  et  de  bonne  heure  nasal,  quand  la  syllabe  est 
accentuée,  sorti  de  m  ou  &  vieil  armoricain,  est  rendu  par  f,  ff, 
et  même  dès  1250  par  w/'(Guihonfarch). 

Un  certain  nombre  de  particularités  doivent  être  attribuées  à 
des  influences  dialectales,  par  exemple  :  da  =  vieil  armoricain  do, 
oa  =  oe  dans  Croas-ti,  Cartulaire  de  Quimperlé,  quoique  l'écri- 
ture oa  ne  soit  guère  commune  avant  la  fin  du  XV*  siècle;  la 
terminaison  ien  pour  ion  dès  1350;  byen  =  bihan,  petit; 
archant  dans  Jun-harchant.  Ce  ne  sont  pas  là  des  fantaisies 
orthographiques,  mais  des  indices  d'une  évolution  propre  à  la 
Cornouailles  et  en  partie  au  dialecte  de  Léon.  Parmi  les  traits 
vannetais,  on  peut  signaler  b^mn  pour  bren  colline,  ian  pour  ion 
dans  Ker  an  heleterian  1432,  trait  caractéristique  du  bas 
vannetais,  la  forme  er  de  l'article  dès  1406  pour  en,  les  formes 
cazdr,  Pezdron,  spéciales  à  une  zone  du  haut  vannetais,  etc. 

Pour  l'intelligence  des  phénomènes  que  présentent  les  nom- 
breux noms  composés  d'hommes  et  de  lieux  que  nous  citons,  il 
est  nécessaire  de  faire  remarquer  qu'ils  appartiennent  à  des 
époques  différentes.  On  peut  les  diviser  en  deux  groupes,  les 
vieux  composés  et  les  nouveaux.  Les  vieux  composés,  remontant 
à  l'époque  du  vieux  celtique,  avaient  le  premier  terme  terminé 
par  une  voyelle;  la  consonne  initiale  du  second  terme  se  trouvant 
entre  deux  voyelles  s'assimilait  à  son  milieu  :  p,  t,  k  devenaient 

(1)  Nous  mettons,  pour  plus  de  commodité,  sous  c  les  mots  écrits  par  k,  qu, 
ch=  c. 


—  185  — 
&,  d,  g;  h,  cl,  g  devenaient  spirantes  {b  se  changeait  en  \\  cl  en 
spiran te  dentale  douce,  g  en  /  spirant  ou  disparaissait);  m  deve- 
nait 'c;  s  h.  une  certaine  époque  a  disparu  :  Tiern-vael  ■=  Ti- 
gerno-maglos  ;  Rit-gen  et  Ritien  =  Rito-genos  ;  Reth-ien  = 
Rectu-genos.  On  peut  assimiler  aux  composés  anciens  ceux 
dont  le  premier  terme  est  un  adjectif  et  ceux  dont  le  premier 
terme  est  régi  par  le  second  :  Toul-goet  le  bois  percé?  Dour-dy 
(=*Dubro-tegos),  Dour-gi,  etc.  Pour  les  composés  nouveaux 
dont  les  deux  termes  sont  unis  par  la  syntaxe  et  dans 
lesquels  le  second  terme  dépend  du  premier  (substantif  dé- 
pendant d'un  substantif,  adjectif  qualifiant  un  substantif  pré- 
cédent), le  sort  de  la  consonne  initiale  du  second  terme  dépend 
du  genre  du  premier  terme;  si  le  premier  terme  est  féminin,  la 
consonne  initiale  du  second  terme  subit  les  mutations  que  nous 
avons  constatées  dans  les  composés  anciens  :  Kaer-goz  pour 
Kaer-coz  ville  vieille,  parce  que  Kaer  est  féminin  ;  ty  coz, 
parce  que  ty  est  un  ancien  neutre,  confondu  avec  les  masculins. 

Parmi  ces  composés  nouveaux,  il  y  en  a  dont  les  deux  termes 
ont  été  assez  tôt  en  présence  pour  que  la  consonne  finale  du 
premier  terme,  aujourd'hui  depuis  longtemps  disparue,  ait 
exercé  son  influence  sur  la  consonne  du  second  :  pâgus 
castri  a  donné  en  breton  Pocher  en  passant  par  pou  ccaer 
{s  s'est  assimilé  au  c  suivant) ,  Pouchaer,  Pochaer.  Pour 
Pen-hoet  =  penn-koet,  Quen-houet  =  Kent-coet,  c'est  la  den- 
tale suivant  n  qui  s'est  assimilée  probablement  à  la  consonne 
initiale  suivante,  d'où  la  spiration,  deux  ténues,  en  breton, 
donnant  une  spirante  (1). 

Voici  les  principales  abréviations  dont  nous  nous  servons  (2)  : 

Cart.  Kempereleg.    :  Cartularium   Kemperelegense,   Cartulaire  de 
Quimpejlé. 


(1)  Le  gallois  nous  fait  assister,  à  l'époque  historique,  à  un  phénomène  sem- 
blable :  athi  et  toi  m  acti,  atti. 

(2)  L'année  de  la  rédaction  de  la  charte  suit  l'indication  du  cartulaire  et  du 
folio  ou  de  la  page. 


—  186  — 
Cart.  Coris.  :  Cartularium  Corisopitense,  Cartulaire  de  Quimper. 
Cart  de  Prières  :  Cartulaire  de  Prières. 

Can.  saint  Yves  :  Monuments  originaux  de  l'histoire  de  saint  Yves. 
Char  t.  Lestia'a  :  Chartes  de  Lestiala. 
Can.  saint  Vinc.  Ferr.  :  Les  actes  de  la  canonisation  de  saint  Vincent 

Ferrier. 
Rosenziv.,  Dict.  top.  :  Rosenzweig,  Dictionnaire  topographique  du 
département  du  Morbihan. 

Ab  (1)  :  Ab-guan  terra  in  Scazre  (Scaër,  Finistère),  Cart.  Coris., 

9891,  fol.  40  v»,  XlVe  siècle  —  Abavin,  Cart.  de  Prières,  1366. 
Abrantuc  (2)  qui  a  de  forts  sourcils  :  Jungomarch  Abrantuc,  Cart. 

Kempereleg.,  p.  48,  1126. 
Ad,  préposition  et  préfixe  (3)  :  Ad-gan,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25  — 

Ploe-adgat,  chart.  de  Beauport,  p.  12, 1198;  Ploagat,  ihid.,  p.  63, 

1297,  aujourd'hui  Plouagat  (Côtes-du-Nord). 
Adoere  (4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  28. 
Adreff   (5)    derrière,  en  arrière  :   u  champ    nommé   adreff  an 

lijorzou,  chart.  Lestiala,  1447. 
Aduid,  nom  de  femme,  archives  d'IUe-et- Vilaine,  fonds  Saint-Sulpice 

de  Rennes,  liasse  89,  1152. 
Ael  sourcil  :  Gurmaelon,  Cart.  Kempereleg.,  p.  39;  Gourmaelon, 

chart.  Lestiala,  1387. 
Ahes  (6)  :  Caer-ahes,  Cart.  Kempereleg.,  p.  39;  P.  de  Kerahes, 

Cart.  Coris.,   9892,  fol.  42  v»,  1348,  auj.   Carhaix   (Finistère); 


(1)  Voir  ab,  plus  haut,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Abrantec  qui  a  de  gros  sourcils  (le  Catholicon  de  Jehan  Lagadeuc,  d'après 
l'édition  d'Auflfi-et  de  Quetqueveran  de  1499,  publié  par  Le  Men,  Lorient, 
Corfmat). 

(3)  Voir  ad,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Voir  atoire,  vieil  armoricain,  chartes. 

(.5)  Composé  de  ad  vers,  et  de  tref  habitation,  gallois  adref  à  la  maison. 

(6)  Cf.  gallois  aes  bouclier,  targe,  ae.s-fa  place  de  refuge?  On  a  établi  une 
relation  entre  le  nom  ahes  et  celui  des  voies  romaines  qui.  en  effet,  en  Bretagne 
bretonne,  en  certains  endroits,  portent  le  nom  de  Jifud-aliês  ou  aé-?.  Or,  le  pre- 
mier sens  donné  par  le  dictionnaire  gallois  de  Silvan  Evans  pour  aes  est  celui 
de  terrain  uni,  plan.  Il  se  pourrait  donc  que  ce  nom  n'eût  rien  de  mystérieux  : 
hent  aés  =  via  strata?  Quant  à  la  légende  de  la  vieille  Ahés,  ou  plutôt  du  vieil 
Ohès,  voir  le  Boman  dWquin,  édit.  Jouon^dcs  Longrais,  Nantes,  1880,  p.  174. 


-  187  — 

cf.  Carahais  en  Pleucadeuc,  Carhaix  (Carahais  1533)  en  Trédion, 
Carhaix  en  Brehan-Loudéac  (Morbihan). 

Aeth  (1),  aes  :  Caer  Aelhlon  en  Cozon,  près  Quimper,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  8  vo,  1249;  Rioc  de  Kerazlon,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  79  v»,  1344;  Rioc  de  Kerazlen,  Cart.  Coris.,  ihid.,  fol.  3  r", 
1384  —  Aes  cleres?  terra  in  Scazre,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  40  v, 
XlVe  siècle. 

Agueth,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  38  v,  1348;  en 
titre,  même  charte  :  Agues  Conc,  videlicet  Lupagues. 

Al  produit,  race,  nation  :  Ker-Al-gar,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  13  r», 
1346;  Aloret  (Voir  archives  d'IUe-et-Vilaine,  fonds  Saint-Sulpice 
de  Rennes,  liasse  89,  1152)  —  Al-veu?  (Voir  heu). 

Alaez,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  1  v,  1348. 

Alanic  (2),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38,  XIV"  siècle. 

Alarun,  nom  de  femme,  archives  d'Ille-et-Vi!aine,  fonds  Saint- 
Sulpice  de  Rennes,  liasse  89,  1152  —  Soult-Alarun,  Cart.  Kem- 
pereleg.,  auj.  Sant-Alarin  (3)  en  Guiscritï  (Morbihan). 

Aid,  ait  (4)  :  AIdroen,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  33  v»,  1262;  Audroen, 
chart.  de  Beauport,  p.  134,  1251  —  Altfred,  Cart.  Kempereleg., 
p.  32. 

Alrae,  1069;  Elraium  castrum  1242;  Auray  1178;  Auraye  1282; 
Alray  1383  (5)  —  Plo-elre,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  30  v»,  1329 
(Ploaré,  près  Douarnenez,  Finistère). 

Alveu  (6),  Cart.  Kempereleg.,  p.  55. 

Alvoez  (saint)  1420  —  saint  Algouez  1461,  auj.  Saint-Aloué  en 
Lignol  (Morbihan). 

(1)  Voir  aetk,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Diminutif  à' Alan  :  c'est  le  surnom  habituel  du  renard.  Pour  Alan,  le 
Cartulaire  de  Quimperlé  donne  la  forme  curieuse  Halanus  Halamanni  filius, 
p.  34.  Pour  Halamanni,  cf.  Alamnus,  vieil  armoricain,  monnaies.  Il  est  fort 
possible  que  Daniel  Dremrud,  5®  comte  de  Cornouailles  d'après  le  Cartulaire  de 
Landevennec,  ait  dû  son  titre  de  roi  des  Allemands  (Alamannis  rex  fuit)  au  fait 
que  dans  quelque  document  il  ait  été  mentionné  comme  fils  à' Alamnus  ou 
Alamannns  (par  exemple  :  Daniel  Drem-rud  Alamni.rex). 

(3)  Sant-Alarin  ne  fait  qu'un  dans  l'esprit  des  habitants  de  GuiscrifE  (pro- 
noncez Guiscriw)  avec  Sant-Talar,  patron  des  chevaux  et  ancien  maréchal- 
ferrant  :  il  coupait  les  pieds  des  chevaux  pour  les  ferrer,  et  le  fer  posé,  il  recollait 
les  pieds  plus  solidement  que  jamais. 

(4)  Voir  ait,  vieil  armoricain,  chartes. 

(.5)  Aiijourd'hui,  en  breton,  on  dit  exclusivement  Alré. 

(6)  Cf.  Alveiis  et  Albeu,  vieil  armoricain,  chartes,  au  mot  al. 


—  188  — 

Am  (1)  :  Amhedr,  Cart.  Kempereleg.,  p.  32;  Hamherd,  ihid.,  p.  73, 

1167. 
An,   article   défini  :    Guegen   an  Goet,   Cart.   Kempereleg.,  p.  26, 

XlIIe  siècle;  an  Gall,  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  8  r»,  XIII^  siècle 

(Voir  en,  er). 
Anau  (2)  :  Anaguethen,  Cart.  Kempereleg.,  p.  37;  Anahuarn,  ibid.^ 

p.  72;  Anavian,  ihid.,  p.  79. 
Anaurot,  nom  ancien  de  Quimperlé  (3). 
Anchuant    (4),    nom    de    femme,    Gart.    Kempereleg.,   p.    33; 

Annchuant,  ihid.,  p.  81. 
Andolf  (5)  (Caer-),  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  3  v°,  1245;  village  en 

Treguenc;  Caer-andelf,  Cart.  Goris.,  9891,  fol.  43  r»,  XIV^  siècle; 

Kerandufle,  Gart.  Goris.,  9892,  fol.  81  vo,  1331. 
Angues  :  Loeshuarn  angues,  Cart.  Kempei-eleg.,  p.  34. 
Ar,  er,  pour  aer?  (Voir  Ar-vezen,  Kr-vezen  à  Guethen). 
Ar  sur,  auprès  de  (Voir  Armor). 
Argant  (6)  :  Argant,  Cart.  Kempereleg.,  p.  35.  —  Argantken,  nom 

de  femme,  ihid.,  p.  47,  Jun-harchant,  can.  saint  Yves,  p.  290. 
Argoestl  (7)  :    Saint-Algoestle  1280,   Saint-Aloestre  1406,   aiij. 

Saint- Alouestre,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.  du  départ,  du 

Morbihan). 
Armennat  (8)  :  redevance  ainsi  nommée,  Cart.  Kempereleg.,  p.  46. 

(1)  Voir  vieil  armoricain,  chartes,  à  am. 

(2)  Voir  vieil  armoricain,  chartes,  à  anav. 

(3)  Villam  Kemperelegium,  quam  antiquitns  Anaurut  coloni  nominavere. 
Oart.  Kempereleg.,  p.  22. 

(4)  n  n'est  pas  sûj-  le  moins  du  monde  que  dans  Anchuant  clivant  doive  être 
identifié  à  l'armoricain  moderne  c'iwant,  gallois  chwant  désir.  Le  eh  de  chvant 
n'indique  probablement  que  la  prononciation  spirante  de  Vu  de  iniant  :  cf.  Gur- 
guand.  Gurvand  et  Gurchuaut  (y oix  gur). 

(5)  Mot  à  mot  le  fort  d'Andolf.  Andolf,  Andulf  est  le  nom  du  général  franc 
qui  commandait  les  troupes  de  Charlemagne  dans  la  grande  expédition  en 
Bretagne  de  78(j  (dom  Bouquet,  V,  p.  21).  Le  Cartulaire  9891  mentionne  égale- 
ment un  Ker-lamberz.  Or,  Lambert  est  le  nom  du  général  franc  qui  étouiïa 
l'insurrection  de  Wihomarch  (Wiu-homarch)  vers  82.5  (Eginh.,  Ann.,  à  l'année 
825). 

(6)  Voir  Argant,  vieil  armoricain,  chartes,  et  Argento-,  vieux  celtique,  noms 
gaulois. 

(7)  Voir  arunlstl,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  On  a  pensé  pour  viennat  au  gallois  men  chariot,  menaid  charretée.  Il  vaut 
mieux  probablement  rapprocher  ce  mot  du  vannetais  menad  mesure  de  capa- 
cité, dont  l'équivalent  dans  le  Morbihan  français  est  le  ^errèc,  dont  la  conte- 
nance varie  de  un  à  plusieurs  boisseaux. 


—   189  - 
Armor  qui  est  sur  les  bords  de  la  mer  :  Larmor  près  Guérande  (1), 

1206;    Locmaria   ann-arvor    1430,  Locmaiia  Larmor   1477,  auj. 

Larmor    en    Pleumeur,    Morbihan    (Rosenzw.,    Dict.    top.)    — 

Ploetheuet  in  armorico,  Cart.  Coris.,  9890,  foL  6  r",  1210,  auj. 

Plozévet,  près  Audierne. 
Arthmael,   Arzvael   :   Erge-Arthmael,  Cart.   Coris.,  9890,   foL 

11  ro,  1244;  Erge-Arzmael ,  ibid.,  foL  24  r",  1296,  auj.  Ergué- 

Arrnel,  près  Quimper  —  Arzuael  (2),  nécrologe  de   Quimperlé, 

acte  du  XIIP  siècle. 
Arueduc  (3)  Cart.  Kempereleg.,  p.  43. 
Arz  (4)  île  du  golfe  du  Morbihan  :  Art  1031 ,  Arz  1387,  Ars  1553 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Arzenou  (5)  1350,  archives  de  la  Loire-Inférieure,  auj.  Arzano, 

arrondissement  de  Quimperlé,  autrefois  dans  révèché  de  Vannes. 
Baellec,  Belec  prêtre  :  Kaer  en  Baellec  1406,  auj.  Kerbellec,  en 

Noyal-Pontivy,  Morbihan,  Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Kaer  en  belec 

1302,  en  Theix,  archives  de  la  fabrique  Saint-Patern  de  Vannes. 
Ban  éminence,  saillie,  hauteur  :  Banenberen  1398,  auj.  Manen- 

beren  (6),  village  en  Languidic,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Banadloc  (7)  genétaie,  abondant  en  genêts  :  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  2  v,  1220;  Banazloc,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v^,  1296; 

(1)  Ce  nom  de  lieu  nexiiste  plus  aujourd'hui.  Il  est  tiré  d'une  charte  originale 
sur  parchemin,  provenant  des  anciens  titres  du  château  de  Yitré,  et  appartenant 
à  M.  Arthur  de  la  Borderie,  qui  nous  l'a  communiquée.  Il  semble  ressortir  du 
conteste  que  Larmor  ou  plutôt  V Armor  désigTie  une  bande  de  terrain  près  de 
la  mer  plutôt  qu'un  point  déterminé.  C'est  d'ailleurs  le  cas  également  pour 
Ploethevet. 

(2)  D'après  dom  Placide  Le  Duc,  Histoire  de  l'ahhaye  de  Sainte- Croix  de 
Quimperlé,  p.  289,  publiée  par  Le  ilen.  Clairet,  Quimperlé,  1863.  Ce  nécrologe 
n'existe  plus. 

(3)  C'est  le  même  nom  que  Arbedoc,  nom  du  scribe  qui  a  écrit  le  manuscrit 
latin  12021  de  la  Bibliothèque  Nationale,  fonds  latin,  contenant  des  gloses  bre- 
tonnes ;  cf.  Aruidoe  et  Arbedoe,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  On  prononce  Arh. 

Ip)  On  prononce  Arhenoiv, 

(6)  Le  changement  du  b  initial  en  v  est  dû  ici  à  une  confusion  avec  viane 
montagne  (Voir  menez"),  et  aussi  à  un  fait  de  dissimilation,  le  second  terme 
commençant  par  h.  La  confusion  est  assez  fréquente  d'ailleurs  pour  les  noms 
féminins  commençant  par  b  on  m,  ces  noms  devant  l'article  ayant  v  pour  con- 
sonne initiale.  Pour  ban,  cf.  Ban-ével  en  Baud  ;  Ban-erlane  en  Cléguerec  ;  Ban- 
gavre.  falaise  en  Riantec.  Morbihan  (Rosenzvr..  Dict.  fop.). 

ij)  Cf.  gallois  hanadlog.  même  sens. 


—  190  — 
Banazlec,  ihid.,  fol.  25  r»,  1270,  auj.  Bannalec  près  Quimperlé  — 
Ploe-banazlleuc,  Cart.  Coris.,  9898,  fol.  50  r°,  1368,  auj.  Plo- 
bannalec,  arrondissement  de  Quimper  —  Ker-vanazleuc,  village 
près  Pont-Labbé,  chart.  Lestiala,  1389. 

Banel  (1)  venelle,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  60  r»,  1323. 

Barach  (2),  rente  ainsi  nommée  en  Malguénac,  1461,  archives  des 
forges  de  Lanouée  (Morbihan). 

Barazoes  (3)  paradis,  1464,  auj.  le  Paradis  en  Langoelan,  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Bard,  barz  harde,  poète,  ménétrier  :  Rivallonus  filius  an  Bard, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  35  —  Barz  (Barza),  nom  de  femme,  Cart. 
de  Redon,  p.  350,  1113-1139. 

Bedguet  villa,  Cart.  Kempereleg,,  p.  24,  manoir  de  Besuoet,  1426, 
en  Mellac,  près  Quimper  (Dom  Placide  Le  Duc,  Hist.  de  Quim- 
perlé, p.  62). 

Bedoe,  bidoe  (Voir  Madezoe,  Hedr-uedoe). 

Berth  (4)  berz  :  Berth-gualt,  Cart.  Kempereleg.,  p.  30  —  Berth-ret, 
ihid.,  p.  28  —  Berthues,  ïbid.,  p.  43,  Berhues,  ihid.,  p.  44  — 
Rivallon  Berthou,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v^,  XlVe  siècle  (Voir 
Brasperz  à  Bras  =  Brat) . 

Beryan,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Berrien  (Finistère). 

Besch  (5)  écourté  :  Guegen  an  Besch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  76. 

Beu  (6)  vivant  (Voir  Al-veu,  Colveu). 

Beuzec  (Voir  Bodoc). 

Bez  tomhe^^  :  Bezbot  1270,  village  en  Noyal-Pontivy,  archives  du 
château  de  Kerguéhennec,  en  Bignan  (Morbihan)  —  Bezver  :  la 


(1)  Bayiellam  ducentem  de  Poliet  an  mur  ad  vicum  Demer  (en  Quimper)  ; 
du  français  venelle.  Le  v  initial  français  a  pour  équivalent  en  armoricain  b  : 
cf.  bisaj  ^=  visage;  bilen  =  vilain;  be.^cont  =  visconte,  vicomte,  etc. 

(2)  Ne  doit  pas  être  confondu  avec  iara  pain.  Barach  est  aussi  un  nom  de 
lieu  en  Ploërdut  (Morbihan).  C'est  peut-être  l'équivalent  du  léonard  laraz  cuve, 
baquet? 

(3)  On  prononce  dans  le  pays  baradoes.  Barazoes  est  une  forme  du  haut 
vannetais  qui  a  abouti  à  la  forme  actuelle  baraouess,  baraouiss. 

(4)  Voir  vieil  armoricain  berth. 

(.5)  Employé  seul,  bcsk  s'entend  aujourd'hui  des  animaux  qui  ont  perdu  la 
queue;  en  composition,  il  peut  indiquer  d'autres  mutilations  :  besliorn  sans 
cornes,  etc. 

(6)  Voir  biti,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  191  — 

Trinité  de  Bezver,  XVI«  siècle,  auj.  la  Trinité-Langonnet ,  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Bihan,  bien  petit  :  Run-bihan  villa,  Cart.  Coris  ,  9892,  fol.  13  r», 

1346  —  Byen-he-pen  (1),  nom  d'homme,  Cart.    Coris.,  9892, 

fol.  8  r»,  1336. 
Bili  (2)  :  Coet-byli,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  \o,  1249  (3)  —(Voir 

Queneclibilii ,  Lan  Con-uili,  Gleuili). 
Blavet  (4),  rivière  du  Morbihan  :  Blavet  871,  Blaved  1125,  Blavez 

1184,  Blaouez  140G. 
Bleguiran  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  71. 
Blein  (6)  :  Blein-chuant,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  43  r»,  XIV^  siècle 

—  Le  Bien,  nom  d'homme,  Cart.  de  Prières,  1275  —  champ  an 

Blean,  1594-1599,  chart.  Lestiala  —  Blenluet,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  30  V»,  XIIP  siècle. 
Bleiz  (7)  :  Bot-bleiz  1475,  Bobleis  1561. 
Bleuhoc  chevelu  :  Ker  an  bleuhoc  (8),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  79  v^ 

ibid.,  fol.  80  r»,  Ker  an  Bleuhec. 
Blezguenn  (9),  nom  de  femme,  Can.  saint  Yves,  p.  278;  Blezvenn, 

ibid.,  p.  196. 
Bloez  année;  nom  d'homme,  Cari.  Coris.,  9891,  fol.  49  r»,  1401. 
Bluchic  (10)  terra  :  Cart.  Kempereleg.,  p.  36;  Bluchiou,  ibid.,  p.  66. 
Bochiou  (11),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  4  r»,  1348. 
Bodoc  :  Bodoc-cap-Sidun  (12),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2  v»,  1220; 

Bozoc-cap-Sizun,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v»,  1296;  Buezeuc  et 


(1)  Mot  à  mot  :  petite  .w  tête,  à  la  petite  tête. 

(2)  Dans  des  noms  de  lieux,  comme  Coet-hyli,  Qvenech-hily,  Mil  peut  avoir 
le  ?ens  de  cailloux.  Quant  au  nom  d'homme  Bili,  voir  Bili,  vieil  armoricain, 
chartes.  Bili  ea  vannetais,  béli  ailleurs,  a  ou  a  eu  le  sens  àe  jjouvoii: 

(3)  Aujourd'hui  Coat-bili  en  Kerfeunteun,  près  Quimper. 

(4)  On  prononce  en  vannetais  Blan-ecli. 

(5)  Cf.  le  nom  gallois  Blcgjjivnjt;  peut-être  faut-il  lire  Blegiwan. 

(6)  Voir  Maen,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Aujourd'hui  Boblaije  (prononcez  Bohleï)  en  Sulniac,  Morbihan  {Boblaye 
dès  le  XVIIe  siècle;  voir  Rosenzw.,  Dict.  top.). 

(8)  Aujourd'hui  Ker  an  blevec,  en  Pouldergat,  près  Douamenez. 

(9)  Parait  identique  au  nom  de  femme  gallois  Blodiven  Blanchefleur;  il  se 
peut  que  ce  soit  aussi  simplement  le  moyen  armoricain  Bleuzuenn  fleur. 

(10)  Cf.  armoricain  moderne  blouc'h  sans  poil,  sans  barbe? 

(11)  De  boch  joue  (du  latin  bucca),  gallois  bock. 

(12)  Aujourd'hui  Beiizec-cap-Sizuii,  arrondissement  de  Quimper. 


—  19'2  — 

Buezec,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  56  r»,  1333;  Buezec-cap-Suzun, 

Cart.  Coris.,  9892,  fol.  56  r«>,  1331;  Beuzec-Conc  (1),  Cart.  Coris., 

9892,  fol.  7  r°,  1325;  Buzez-cap-Cavall  (2),  Cart.  Coris.,  9891, 

fol.  26  v»,  1283. 
Borest  (Guidomarus  de  Boresta),  probablement  Brest,  Cart.  Coris., 

9891,  fol.  52  r",  1287. 
Boseuc  (3)  (an),  Cart.  Coris.,  fol.  39  r»,  XIV^  siècle. 
Bot  (4)  :  Bot-bleiz,  Bott-cadoan  (voir  bleiz,  cadoaiï)  —  Bot-derff  (5) 

1456  —  Bot-laeoc  en  Scazre,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  30,  XIIl^  siècle 

—  M.  de  Botnezgat,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  30  v»,  1329;  Bonnezgat 

1458,  chart.  Lestiala. 
Boz  (6)  :  Portz-Bozguen  1445,  Porz  Bozen  1490,  Portz-Bozven  1521, 

en  Gourin  (Rosenzw.,  Dict.  top.) —  Boznevel  1459,  auj.  Bonevel 

en  Priziac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Bouch  (G.  dictus)  houe;  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  49  r»,  XIV^  siècle. 
Bouet,  boet  nourriture  :  Bouet  bestout,  debvoir  de  manger,  payable 

le  lendemain  de  Noël  à  Radenac,  1416, 1450,  archives  des  forges  de 

Lanouée  —  Boet  mardi,  devoir  ou  redevance,  1519,  archives  des 

forges  de  Lanouée  —  Gueguen  LeBouedieuc,  1442,  chart.  Lestiala. 
Bouzar   sourd  :  Ker  en  Bouzar  1461 ,  aujourd'hui   Kerbouar   en 

Mousloirac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Bran  corbeau  :  Jedecael  bec-bran,  Cart.  Kempereleg.,  p.  33. 
Bran  colline  (Voir  bren). 

Bras  grand  :  Peliou-bras,  lieu,  chartes  de  Beauport,  p.  90,  1231. 
Bras,   en  vieil  armoricain  brat,  dans  Bras-perz,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  50,  XlVe  siècle,  auj.  Brasparz,  Finistère  {yo\v  Brat-berth, 

vieil  armoricain,  chartes). 
Bre  (7),  colline,  éminence  :  Bre-levenez  1370,  auj.  Merlevenez, 

près  Hennebont,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Bremagonet 


(1)  Aujourd'hui  Bevzec-Conq,  près  Concarneau  (Finistère). 

(2)  Benzec-cap-Caval,  arrondissement  de  Quimper. 

(3)  Aujourd'hui  Le  Bozec,  en  zone  vannetaise. 

(4)  Voir  hot,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Aujourd'hui  Boterff,  village  en  Pontscoi-fE  (Rosenzw.,  Dict.  toj).). 

(6)  Voir  hod,  vieil  armoricain,  chartes.  Dans  Boznevel,  hoz  représente  probable- 
ment hot  ;  pour  t  devenant  z  devant  les  spirantes,  liquides,  nasales,  et  généra- 
lement les  sonores,  voir  cat. 

(7)  Voir  hre,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  493  — 
1448,  auj.  Bermagouet  en  Missiriac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict. 
top.). 

Bren,  bran  {\)colline  :  Pen-bren, village  en  Treguenc,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  30  v,  XlIIe  siècle  —  Brangilli  4228,  Branguilly  1270, 
auj.  Branguilly  en  Guellas,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  — 
Brengolou  en  Fouenant,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  36  r^,  XIII^  siècle, 
Brangolu,  chart.  de  Prières,  1276  —  Brenhaffec  (G.  de),  1459- 
1475,  chart.  Lestiala  —  Brandevy  1447,  auj.  Brandivy,  en 
Grand-Champ,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Branhuydez 
1482,  aujourd'hui  Berhuider  en  Grand-Champ;  Branlagadec  1461, 
auj.  Barlagadec  en  Ploerdut  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Brentguent  en  Briziac  (Briee),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  v,  1249. 

Bresel  guerre,  Harscouët  Bresel  1431,  chart.  Lestiala. 

Bret  (2)  :  Alltfred;  Guenvred  (Voir  guen). 

Bri  (3)  dignité,  grandeur,  élévation  :  Saint -Govry  (4)  1422, 
auj.  Sainl-Gouvry,  près  Rohan,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Brient  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  75. 

Brithiac  (6),  auj.  Briec,  près  Quimper,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r", 
XlIIe  siècle  —  Briziac,  ihid.,  fol.  2  V,  1220. 

Briz  (7)  tacheté  :  Poul  an  Briz,  village  en  Guidel,  XV!"  siècle,  auj. 
Poulbrient  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  — Le  Briz,  1443,  chart.  Lestiala. 

Broch  blaireau  :  Rivallon  an  Broch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  46. 

Bro  pays  :  Broerec  (8),  Cart.  Kempereleg.,  p.  45,  XlIIe  siècle; 

•  Brouerec,  Cart.  Coris., 9890,  fol.  8  r",  XIIl^  siècle;  Broherec,1262, 
archives  abbaye  de  Lanvaux  (archives  du  Morbihan)  —  Bro- 
hoearn  (9),  1415,  auj.  Broheac  en  Pluherlin,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.). 

(1)  Bren,  plus  anciennement  brîn,  gallois  moderne  ir>/n,  ne  devient  guère 
bran  qu'en  zone  vannetaise. 

(2)  Voii'  b7'it,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Voir  h'i,  vieil  armoricain,  chartes, 
(-t)  Identique  au  vieil  armoricain  Uuo-lri. 

(5)  Voir  hri,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  J3érivé  gallo-romain  de  Brittius  ou  Brictius. 

(7)  Voir  brith,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  Voir  Ueroc,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Broheac  s'explique  par  une  fausse  étymologie.  Ce  village  est  dans  un  pays 
de  langue  française.  Lorsque  le  breton  s'y  est  éteint,  on  a  dû  prononcer  brohoar 
ou  broliea.  On  aura  identifié  ce  nom  pour  la  terminaison  aux  noms  en  ac,  qui 
dans  cette  zone  se  prononcent  a.  La  même  méprise  a  eu  lieu  pour  Saint-Siilian, 
transformé  en  Saint-Suliac,  parce  qu'on  prononce  Saint-Sulia,  etc. 

13 


—  VM  — 

Bud,  Buz  victoire,  profit  :  Les-Budgar,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r'>, 
1245,  Les  buzgar,  ibid.,  fol.  29  v,  fin  XIII^  siècle,  village  en 
Beuzec-cap-sizun  —  Budoere  (1),  Cart.  Kempereleg.,p.  44  —  Bud- 
guoret,  Cart.  Kempereleg.,  p.  33,  Buzoret,  Cart.  de  Prières,  1284, 
Cart.  Coris.,  9892,  fol.  6  vo,  1325  —  Caer-Kenvuz  (Voir  Kenvuz) 
—  Gal-vudic  (Voir  Gai)  —  Buzic,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  43  ro, 
XlVe  siècle. 

Buechc  vache  ;  Guih.  an  vuechc>  Cart.  Kempereleg.,  p.  47. 

Caeou  pluriel  de  cae  haie,  enclos  :  Yvo  de  Quoet-Kaeou,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  33  ro,  1346. 

Caer  (2),  Ker  fort,  remparts  et  village  :  Caerahes,  Cart.  Kempe- 
releg., p.  39;  Kerahes  (P.  de),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  42  v,  1348, 
auj.  Carhaix,Finist.  (Cf.  Carahais  en  Pleucadeuc,  Carhaix(Carahais, 
1533)  en  Trédion,  Carhaix  en  Brehan-Loudéac)  —  Kerneuguel, 
Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50, 1368,  auj.  Kernével  (Finistère).  Ploe- 
Kaerneuguell,zbîd.,  auj.  Plouguernevel  (Côtes-du-Nord)  —  Keryan, 
ibid.,  auj.  Kerrien  (Finistère)  —  Caernoet  (Mauricius  de),  Cart. 
Coris.,  9890,  fol.  5  r°,  1239,  ailleurs  Carnoet  —  Kaergoet,  villa 
en  Plounevez-du-Fou,  ibid.,  fol.  30,  XIII^  siècle  —  Keralgar 
(Voir  al). 

Gaffec  :  H.  de  Kergaffec,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  5  r",  1348,  H.  de 
Kergavec,  ibid.,  fol.  6  vo,  1348. 

Callastruc  (3)  :  Kallastruc,  village  en  Briziac,  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  30  v,  XlIIe  siècle. 

Callouch  (4)  (an),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  1  v»;  en  Calloch,  ibid., 
70  v°,  XlVe  siècle. 

Calmez,  Galvez  :  Y.  de  Kaer-calmez  (5),  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  83  vo,  1337  —  Yvo  Calvez,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  337. 


(1)  Nom  d'homme;  aujourd'hui  JBvzoré  et  Buzaré. 

(2)  Caer,  primitivement  n'indique  qu'un  fort  ou  un  lieu  fortifié,  aussi  au 
IX«  siècle  les  caer  sont-ils  rares  dans  le  Cartulaire  de  Redon.  Dès  le  XP-XII«  siècle 
ils  deviennent  fréquents  et  ont  sans  doute  à  peu  près  la  même  signification 
qu'aujourd'hui. 

(3)  Cf.  gallois  callestrog  silex,  pierre  à  feu,  armoricain  mean-kallastr  (pro- 
noncez kayastr), 

(4)  Kallouc'h  entier,  en  parlant  des  chevaux;  cf.  armoricain  calcli  pénis, 
gallois  caly. 

(5)  XercMcalvez,  près  Concai'neau. 


—  195  — 

Cam  courbe  :  mais  cam,  1245,  chart.  de  Beauport,  p.  121  — 
Goez-Kam  (Voir  goeth). 

Cant  (1),  voir  Fergant;  Loescant. 

Car  (2)  :  Ker-algar,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  13  r°,  1346;  Les  bud- 
gar  (Voir  hud)  —  Garadoc,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  13  v»,  1319  — 
Tref  Karentuc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  45. 

Carnoet,  voir  po. 

Caru  cerf  :  Ker-caru,  village,  1526-1586,  chart.  Lestiala. 

Caruenat  ou  Garnenat?  (3),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  6  v°,  1227. 

Castreuc  (4),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  v",  XIV°  siècle. 

Catheneuc  :  Katheneuc  1448,  auj.  Cateneuf  (5)  en  Carentoir 
(Rosenzw^.,  Dict.  top.). 

Cat,  cad,  caz-  combat  :  Cat-gloui,  chartes  abbaye  de  Lanvaux,  1221 
—  Catguallon,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r",  Xim  siècle;  Ca- 
doualain,  charte  de  Beauport,  p.  98,  1233  —  Cadoret,  Cart. 
Coris.,  9891,  fol.  39  r»,  XlVe  siècle  —  Cadoudal  (Joh.  de),  Can. 
saint  Vinc.  Ferr.,  p.  328  —  Cadvezen,  charte  de  Beauport,  p.  184, 
1269  —  Kadnemet,  Cart.  Kempereleg.,  p.  32;  Cadneved  et  Caneued, 
Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  v%  1249;  Caznemed  et  Cazneved,  Cart. 
Coris.,  9892,  fol.  25  r»,  1333;  Canevet,  chart.  de  Prières,  1275  — 
Ker-gaznou  1440,  auj.  Kergano  en  Persquen,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.)  —  Cadioc,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  r",  1236  —  D.  de 
Lesguen-gat  (6),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  7  v%  1326  (Voir  Mor-cat)  — 
Cazlan  (7),  1387,  Calan  en  Pleray. 


(1)  Voir  cant,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Voir  car,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Très  autem  caruenat  ou  carncnat  frumenti  que  solebant  reddi  episcopo 
singulis  annis  de  Terguisiaeth  —  ïb'id.,  fol.  2  r",  on  lit  taruuenatas  frumenti 
ou  tarnnenatas  :  les  traits  qui  suivent  tar  sont  impossibles  à  déterminer  exacte- 
ment (de  même  dans  la  copie  du  manuscrit  9891,  fol.  1  v°  et  fol.  12  v").  Peut- 
être  car-venat  est-il  pour  car-menad  charretée? 

(i)  Cf.  gallois  castr  pénis  equinus. 

(5)  Beaucoup  de  noms  bretons  en  -oc,  eue  =  âco  sont  restés  figés  sous  cette  forme 
dansv  une  zone  considérable,  qui  a  perdu  le  breton  vers  le  XP  siècle  ;  ils  sont 
prononcés  en;  on  en  a  fait  en  plusieurs  endroits  des  noms  en  enf  :  exemple, 
Rotheneiif  (lUe-et- Vilaine)  pour  Ruteneuc,  que  des  étymologistes  transcendants 
ont  fait  venir  de  rota  nova, 

(6)  Guyngat  ab  Kaw,  Mab.,  p.  107  ;  Guengat,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368, 
aujourd'hui  Guengat,  arrondissement  de  Quimper. 

(7)  Cf.  gallois  cadlan  champ  de  bataille. 


—  lOG  — 
Gadoan  (1)  :  Bott-Gadoan,  Cari.  Kempereleg.,  auj.  Bosquedaouen 

en  Roudouallec  (Morbihan). 
Cautper  :  Lein-cautpter  1412,  Leinhaulper  1417,  auj.  Linhoper  en 

Plumergat,  Morbihan  (Rosenwz.,  Dict.  top.). 
Cazr  (2)  beau  :  Cazre,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.  ;  Yvo  Le  Cazdre  (3), 

Cart.   de  Prières,  1498;  Ker-cazdre,  lieu,  archives  Hôtel-Dieu 

de  Vannes,  1509. 
Cehedeull  (4)  :  an  Kehedeull,  nom  d'une  maison  en  Quimper,  Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  5  r»,  1329;  domum  dictam  an  Queedell,  ihid., 

fol.  66  v. 
Ceinmerch  :  Keynmerch  (ecclesia  de),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2  r°, 

1220;  Keinmerh,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  r^,  1296;  Keymerch 

Cart,  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Quimerc'h,  arrondissement 

de  Châteaulin. 
Celenn  houx  :  Kelen,  Cart.  Kempereleg.,  p.  33  —  Pen-quelennec, 

Cart.  Coris.,  9891,  fol.  45  v,  1379. 
Celionen   mouche   :  Kadoret  an   Keleonenn,   Cart.   Kempereleg., 

p.  55  —  Ker-bocquelion  (pour  Bot-kelion),  1520,  auj.  Kerboclion 

en  Loyat,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Celuaiz  :  Keluaiz  1274,  Quelvoez  1406,  auj.  Quelloué  en  Noyal- 

Pontivy  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Cemenet    (5)    :    Quemenet-Guegant    1283,    archives,    charte    de 

Kerguéhennec;  Guemene-Guingant  (6)  1280,  archives  de  Nantes, 

Trésor    de    Bretagne    —    Kemenet-maen,    Cart.    Coris.,    9891, 

fol.  34  r°,  1267;  Kemenemaen,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  r^,  1296; 

Kemenet-vaen,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  3  r»,  1384;  Kaemenet-vaen, 

(1)  Cf.  gallois  cadivan  troupeau? 

(2)  Voir  cadr,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Cf.  plus  loin  Pezdron  pour  Pezron.  On  ne  peut  voir  là  une  pure  fantaisie 
orthographique.  Le  nom  actuel  Pedron  existe  à  l'est  de  Vannes.  Il  semble  bien 
qu'il  se  soit  développé  un  d  entre  la  dentale  spirante  douce  et  r,  qui  aura  amené 
la  disparition  du  z  spirant.  Ainsi  s'eri^lique  le  fait  que  Luzre  en  1474  soit  au- 
jourd'hui Liidre  en  Sarzeau.  Ce  phénomène  parait  avoir  été  restreint  à  une 
petite  zone  du  haut  vannetais. 

(4)  Cf.  Quehidell  équinoxe  (CathoUeon),  dérivé  de  kehed,  keit,  gallois  cyhyd 
aussi  long  que. 

(5)  Kemenet  est  traduit  dans  les  chartes  latines  par  commendatio,  et  paraît 
bien  avoir  le  sens  de  ce  mot  à  l'époque  féodale.  Il  ne  dérive  pas  de  commendatio 
directement,  mais  il  est  formé  vraisemblablement  sur  hcinenn  du  latin  commendo. 

(0)  Aujourd'hui  Guémené-sur-ScorfE  (Morbihan). 


-  197  — 

ihid.,   fol.  3  r",    1384  —  (Pour  le  Kemenet-heboeu,  Voir  vieil 

armoricain  chartes  à  liep). 
Cemesc  mélange  :  Kaer-gemesc,  charte  de  Beauport^  p.  193,  1271. 
Cemper    (1)    confluent    :    Kempercorentin ,    Cart.    Coris. ,    9890, 

fol.  7  v»,  1250. 
Gemrod  (2),  redevance,  Cart.  Kempereleg.,  p.  51;  Keurod,  ibicL, 

p.  48. 
Cen  peau  :  Argant-ken,  Gloegen. 
Cenech  tertre;  sommet  d'une  colline  —  Kenec-crasuc  en  Briziac, 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  v,  1249  —  Kenec-euzen  en  Quimper, 

Cart.   Coris.,  9891,  fol.  49  r«,  1401  (Parochia  décolle  Eudonis, 

Cart.  Coris.,  9892,  fol.  27  v",  1336)  (3). 
Cen  pour  cent,   cint  (Voir  cint,  ^^eil  armoricain,  chartes)  :  Ken- 

march,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25  —  Kenmaroc,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  11  vo,  1240,  Kenvaroc,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  10  v»,  1311  — 

Alain  de  Quenhouet,  Cart.  de  Prières,  1272  —  Kaer  Ken-vuz  (4)? 

Cart.   Coris.,   9890,  fol.  31  ro,  XIII^  siècle  —  Kentlaman,  Cart. 

Kempereleg.,  p.  28;  Chendlavan,  ibid.,  p.  82,  XIII^  siècle. 
Cenkis  maison  de  plaisance,  plessis  :  Quenquis-Gourhezré  1411, 

auj.    Canquisouré   en    Lignol   (Morbihan);    Quanquiseren   1411, 

Quinquisellen  1429,  auj.  Canquisern  en  Lignol  (P>.osenzw.,  Dict. 

top.). 
Centreuc  (5)  :  Le  Quentreuc,  Cart.  de  Prières,  1468. 
Cerch  avoine  :  Tri  hanter  minot  kerch  trois  demï-mi7iots  d'avoine, 

Cart.  Kempereleg.,  p.  27. 
Cere  cordonnier  :  Gradlon  Kere,  Cart.  Kempereleg.,  p.  48, 1126  — 

Caer  Chereon  (6),  Cart.  Kempereleg.,  74. 


(1)  Cf.  gallois  cymmer;  Comper,  misseau  en  Concoret,  Morbihan  français; 
Çuivijjero  en  Hennebont;  Quimper- Ghiezenriec  (Côtes-du-^^ovd);  Quimperlé  an 
confluent  de  l'Izole  et  de  l'EUé. 

(2)  Peut-être  de  cem,  cef=.  cnm  a\e2,  et  de  rod,  gallois  rlwdd  don? 

(3)  Aujourd'hui  en  vannetais.  Cnech  est  devenu  généralement,  en  composition, 
Kene-  :  Quenech-bili  1441.  Quenepily  148S,  aujourd'hui  Quinipily,  près  Baud 
(Morbihan);  Quenech-golohet  1430.  aujourd'hui  Quenecolet,  en  Ploërdut  (Mor- 
bihan); Quenebeusan  1391.  aujourd'hui  Quenepozan.  en  Ploërdut.  Presque  partout 
Knecli  est  devenu  Krech.  léonard  Kréac'h.  et  aussi  nec'h. 

(4)  Identique  à  Ken-hud,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Dérivé  de  Tientr  éperon. 

(6)  Dans  le  Cartulaire  de  Quimper  il  est  fréquemment  question  du  viens  su- 
torum,  aujourd'hui  rue  Kereon. 


—  198  — 
Ceudet  cité  (1)  :  Coz-queudet,  archives  de  l'Hôtel -Dieu  de  Morlaix, 

fol.  34,  1497  :  Le  Coz-yaudet  près  Lannion  (Gôtes-du-Nord). 
Cevranoc  (2)  :  qui  participe  à,  qui  partage  :  Kevranoc,  Gan.  saint 

Yves,  p.  148. 
Cic  viande  :  Daniel  dictus  Kichouchlart  (3),  Gart.  Goris.,  9892, 

fol.  79  v»,  1339. 
Cil,  cel  (4)  :  Quilmezien  1459,  auj.  QuilvienenPriziac;  Quilvesquell 

1413,    auj.    Kervesquell   en   Ploërdut;    Quilguennec   1423,   auj. 

Quelfenec  en  Lignol  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Cilli  (5) .  Quillicaduc  en  Elgent  (Eiliant  arrondissement  de  Quimper), 

Gart.  Kempereleg.,  p.  49  —  dimidium  Chillian  (6),  Gart.  Kem- 

pereleg.,  p.  71. 
Cletguen    :    Cletguen-cap-sizun,    Gart.    Goris.,    9890,  fol.    50, 

XI Ve  siècle,  auj.  Gleden-cap-sizun,  arrondissement  de  Quimper 

(Finistère)  —  Cletguen-Pocher,  ihid.j  auj.  Cleden-Poher,  près 

Carhaix. 
Cloez  :  Gloez-en-goueli,  alias  Glezoeli,  Glezoeri,  1461,  auj.  Clehury 

en  Bignan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Clod,  cloz  tranchée,  fossé  avec  talus  :  Glud-Gurlhiern  (7),  Gart. 

Kempereleg.,  plus  tard  Gleuz-Gouziern  —  Gloziou  1390,  Gleuziou 

1442,  auj.  Le  Clézio  en  Plumergat  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Poul 

an  Gleuz,  chart.  Lestiala,  1594-1595. 
Cluthgual  (8),  Cloezguall  :  Gluthgual-Garnuet,  Gart.  Kempereleg., 

p.  42;  Grozguall-Garnoet,  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle. 


(1)  Du  latin  civitate,  gallois  ciwdod. 

(2)  GsXloi^ cyfranog ;  aTmoficam qveffrann,  que frannec  Tp&rticcYts  [Catholicon). 

(3)  Mot  à  mot  mande  de  cochon  gras. 

(4)  Cf.  gallois  cil  coin,  retraite  ;  a  formé  des  noms  de  lieu. 

(5)  Cf.  cclU  bocage,  vieil  armoricain,  chartes.  Il  y  a  dans  toute  la  Bretagne 
des  noms  de  village  en  Qnilli-, 

(6)  Deux  villages  de  Quillian  dans  le  Dictionn.  toppgrajiliiqne  de  Rosenzw. 

(7)  Clôture  et  fossé  du  minihi  de  Saint-Gurthiern,  comprenant  Saint- Colomban, 
Saint-Michel  et  Trélivalaire  en  Lothéa,  près  Quimperlé  (Dom  Placide  Le  Duc, 
Histoire  de  Quimperlé,  p.  61  ;  il  faut  se  défier  des  notes  philologiques  et  histo- 
riques de  Le  Mcn,  très  souvent  erronées). 

(8)  Il  est  probable  que  l'orthographe  cloez  équivaut  à  clenz.  Uo  actuel  s'ex- 
plique par  la  disparition  de  la  spirante  dentale  douce  et  la  fusion  de  la  voyelle 
qui  le  précédait  avec  ival.  Le  flottement  dans  Z,  r  est  dû  à  la  présence  d'un  l 
dans  la  seconde  syllabe.  Si  o  représente  réellement  u  voir  clnt  illustre,  vieil 
armoricain,  chartes. 


—  199  — 
auj.  Clohars-Carnoet  près  Quimperlé  —  Cloezguall,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  31  1-0,  XlIIe  siècle;  Crozgual-Fuenant,  ihid.,  fol.  50, 
1368;  Grozoal-Fouenant  1540  (archives  des  Côtes-du-Nord),  auj. 
Clohars-Fouesnant,  arrondissement  de  Quimper  —  Guillelmus 
Croezguall  et  Crozguall,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  4  v»,  1348,  1349. 

Goant,  coent  (1)  joli  :  Rivallon  en  Coent,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  39  ro,  XlVe  siècle;  G.  an  Quoant,  Cart.  Coris.,  ihid.,k\.  39  ro, 
XI Ve  siècle. 

Coarch  (2)  chanvre  :  coopertoriurn  de  quarc,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  34  ro,  1327. 

Coet  hois  :  Coet-byli  (Voir  bili)  —  G.  de  Kergoet  et  de  Kerquoet, 
Cart.  Coris. ,  9892,  fol.  27  r«,  1337  —  G.  de  Penquel,  Cart.  de  Prières, 
1277;  feodo  de  Penhuet,  ibid.,  1282  —  Talenhuel,  terre,  ihid. y 
1255;  Oliverius  Talhoit,  archives  de  Kerguéhennec ,  1296  — 
Porhoet  (Voir  Pou,  vieil  armoricain,  chartes)  —  Quenhouet 
(Voir  Cen). 

Coledoc  (3),  Cart.  Kempereleg.,  p.  34;  Colezoc,  Cart.  Kempereleg., 
p.  77,  1218;  Collezeuc,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v",  XIV-  siècle. 

Collit  :  ecclesia  de  santo  CoUito,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v»,  1296, 
auj.  Saint-Coulitz  près  Châteaulin. 

ColofS  chaume  :  Caergoloff  en  Briziac,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  r», 
1249. 

Colveu,  Cart.  Kempereleg.,  79. 

Comarch  (4)  (V.  Giiiii,  Hael)  :  Guele-coumarho,  arch.  Bizeul, 
Nantes,  1323,  auj.  Guiligomar  (5),  arrondissement  de  Quimperlé. 

Con,  préfixe  :  Sainl-Caradec-Tregoumel  1387,  Tregomael  1428, 
auj.  Saint-Caradec-Tregomel,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.) 
—  Comelen  pour  Conmelen  dans  Ploegomelen  1387,  auj.  Plou- 
goumelen  (6)  près  Vannes  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 


(1)  Emprunté  au  vieux  français  cointe. 

(2)  Presque  partout,  excepté  en  vannetais,  remplacé  par  canab;  gallois 
cyivarch. 

(3)  Nom  d'un  saint  breton  ;  c'est  le  même  nom  que  celui  du  saint  gallois 
Coledclawc  ;  cf.  gallois  moderne  coleddog  chéri  de,  choyé. 

(4)  Voir  vieil  annoricain  comarc'h,  chartes. 

(5)  On  prononce  G^ielegmarcli. 

(6)  Différent  de  Plougonvelin,  près  Brest,  composé  non  de  con,  préfixe,  mais 
de  con^*cnno-  (con-velin=  *cuno-beUiios1  si  VI  est  long,  comme  l'orthographe 
semble  l'indiquer;  peut-être  mcUn  est-il  aussi  un  dérivé  de  mael). 


—  200  — 

Con  (1)  cun  :  Galgon  (Voir  Gai);  Con-uili  (Lan)  en  Plounevez-du- 
Faou,  Gart.  Coris.,9891,  fol.  29  r";  Ker-gonan,  Gart.  Coris.,  9892, 
fol.  7  vo,  1315  _  Ploeconeuc,  Gart.  Goris.,  9892,  fol.  73  r%  1346; 
Ploegonec,  Cart.  Goris.,  9892,  fol.  14  r»,  1311  —  Saint-Conguar 

1367,  auj.  Saint -Gongar,  près  Rochefort,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.)  —  Gaer  Gonhouarn,  Gart.  Kempereleg.,  p.  53  v»,  en 
Pleumeur  (Morbihan). 

Cor  :  Gorguethen,  Gart.  Kempereleg.,  p.  28;  Coruezen,  Cart.  Goris., 

9891,  fol.  42,  XlVe  siècle. 
Coroe  (2)  :  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  3  r»,  1228;  Goray,  ibid.,  fol.  50, 

1368,  aujourd'hui  Goray,  arrondissement  de  Ghàteaulin. 

Cors  joncs  ;  champ  dyeuch  an  cors,  chart.  Lestiala,  1450,  maes  en 

corps,  ibid.,  1475. 
Coth,  coz  vieux  :  Goth-caer,  Gart.  Kempereleg.,  p.  49,  le  Gosquer 

en  Tregunc;  G.  an  Gozkaerou,  Gart.  Goris.,  9892,  fol.  16  v»,  1327 

—  GozcrofT  1449,  le  Gozcro  (3)  en  Lignol  (Morbihan)  ;  Gozlouedic 
1582,  le  Gohludic  en  Baud  —  Gozdrouc,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  39  r»,  XIV«  siècle  —  Riuallon  chous,  Cart.  Goris.,  9892, 
fol.  37,  1339  —  Kaer-goz  en  Treguenc  (Tregunc),  Cart.  Coris., 
9891,  fol.  42  v.XlV  siècle. 

Courant  (4)  :  Gart.  Coris.,  9891,  fol.  40,  XIV''  siècle. 

Craothon  (ecclesia  de),  Gart.  Coris.,  9890,  fol.  10  r",  XIII"  siècle; 
Graozon,  ibid.,  fol.  8  r",  XIII^  siècle. 

Craz  (=  *crath)  1233,  Crach  près  Auray  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Creis  milieu  :  Greis  Beuzec,  village,  1460,  chart.  Lestiala. 

Cvïhet  peigné  :  Kariou  cribet,  Gart.  Kempereleg.,  p.  56. 

Croes,  croix,  ce  qui  se  croise  :  Caer  an  croes,  Cart.  Kempereleg., 
p.  53;  G.  filius  Croesoges?  Cart.  Goris.,  9891,  fol.  42  v% 
XIV^  siècle  —  Croesti  en  1387,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.) 

—  Croasti  in  Priziac,  Gart.  Kempereleg.,  p.  27  (Le  Croesti, 
Morbihan). 

(1)  Voir  con,  cun,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Un  grand  nombre  de  lieux  en  cor  en  France  sont  situés  sur  des  cours 
d'eau  (pour  plusieurs  la  forme  ancienne  est  coro-).  Il  en  est  de  même  de  plu- 
sieurs noms  de  lieux  celtiques  en  corio,  curio-  :  Coriosopitum,  Ourio-solites 
(Corseult),  etc. 

(3)  Prononcez  er  liocrav. 

(4)  Voir  cobrant,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  201  — 
Croeshent  carrefour,  intersection  de  routes  :  Croeshent  Kergour- 

guy  en  Plumergat,  1427  (Rosenzw,,  Dict.  top.). 
Guelen  (1)  :   Kercuelen  XII®  siècle;  auj.  Kerguelen  en  Pleumeur 

(Rosenzw,,  Dicf.  top.). 
Cuf,   cum  doux  :  Gorcuf,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.   12  r",  1281; 

Gourcuff,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  48  v«>,  1379;  Guen-cuf,  chart. 

de  Beauport,  p.  188, 1271  ;  Gurcum,  Cart.  Kempereleg.  ;  Haelcum, 

ibid.,  p.  47  —  Kerercunff,  1406,  auj.  Kericunff  en  Noyal-Pontivy 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Cuthon,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  6  r°,  1227;  Cozon,  ihid.,  fol.  2  v, 

1228,  auj.  Cozon,  près  Quimper. 
Cuuan  de  cun  (Voir  cum)  :  Ploe-cuuan  et  Plae-guuan,  Cart.  Coris., 

9890,  fol.  10  \°,  1220,  auj.  Pluguffan,  près  Quimper. 
Da  (2),  préposition  indiquant  mouvement  vers  :  da  Caerdall;  da  Caer 

couledenn;  da  funtun  guenn,  Cart.  Kempereleg.,  p.  24. 
Daliduc  (3),  Cart.  Kempereleg.,  p.  44;  Dalidec,  Cart.  Coris., 9892, 

fol.  20  r",  1340. 
Derch  (Voir  Guiel-derch). 
Derguezec,  dérivé  de  derw  chêne  (4),  forêt  en  Châteaulin,  Cart.  de 

Prières,   1395   —   Dervoedou  nemus,   en   Noyal-Pontivy,   1270 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Desaruoe  (5),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  31  r°,  Xïlh  siècle;  Deseruoe, 

Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v»,  XIV«  siècle. 
Deuff  (an)  gendre,  heau-fils,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  4  v»,  1348; 

Le  Def,  chart.  de  Reauport,  p.  209,  1287. 
Deulogou  (Joh.),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  40  v»,  XIV^  siècle. 
Devy,  nom  d'un  saint  insulaire  :  Loc-Deugui,  XII^  siècle;  Lotivy 

en  Quiberon  (Rosenzw.,  Dict.  top.);  Rran-devi,  1447,  Brandivy  en 

Grand-Champ  (Rosenzw.,  Dict.  top.}  (6). 


(1)  Cuelyn,  nom  d'un  roi  fabuleux  de  Grande-Bretagne.  Y  Cymmrodor, 
vol.  VIII,  p.  90. 

(2)  Voir  do,  vieil  armoricain,  chartes. 
(S)  Voir  da,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Cf.  Coet  annervoet  1456,  en  Phimergat  (Morbihan)  {Le  Lervoyt  en  1390 
pour  Le  Nervoyt),  aujourd'hui  Le  Nevhouet, 

(5)  Voir  Dosarhoi,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Le  pairon  de  Pontivy  est  saint  Ivi  et  non  Devy,  comme  le  montre  la 
prononciation  bretonne,  Pondivy,  Pondi.  Si  le  mot  était  composé  àQ  2}ont  +  Devi, 
on  dirait  en  breton  Pontivy,  Ponti. 


—  'JO'i  — 

Diargarth  (1),  Cart.  Kempereleg.,  1075. 

Dieuch  (2),  écrit  dyeiich  :  u  champ  nommé  dyeuch  an  cors,  chart. 
Lesliala,  1450. 

Diffeth,  diffez  (3)  :  Kaer  diffeth,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  13  r°,i1il, 
en  Plounevez-du-Faou;  Ker-difed,  ibid.,  fol.  3  v»,  1249,  enBriziac 
(Briec)  —  Ker-diffez  ysella,  chart.  Lesliala,  1394-1599. 

Diguezat  qui  est  en  retard,  chartes  de  Beauport,  p.  138,  1253. 

Disaethou  (4)  (caer),  Cart.  Kempereleg.,  p.  74,  1161. 

Doe(5)  :  Ploe-zoe,  1281,  Plozoe,  1308,  auj.  Plouay  (Rosenzw.,  Dict. 
top.)—Doe\ann,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  32  r»,  1262,  Doelan  près 
Quimperlé  —  Doenerth,  Cart.  Kempereleg.,  p.  40;  Doenerd, 
Cart.  Coris.,  9890,  fol.  11  v»,  1263;  Donerz,  Cart.  Coris., 9892,  fol. 
10  v»,  1311  (Y oir  Guasdoe). 

Doere  (6)  :  A.  de  Lesandoere,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  13  r»,  1346. 

Dogan  (7)  :  Al.  dictus  Dogan,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  62, 1310. 

Dogoreth  (8),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  41  r»,  XIV^  siècle. 

Don  (Voir  vieil  armoricain  dumn)  :  Don-wallon,  Cart.  Kempereleg., 
p.  12;  Don-guallon,  ibid.,  p.  55;  Donguallen,  chart.  Lestiala,  1434 
—  Dunguall,  Cart.  Kempereleg.,  p.  30,  Donoal  (9),  prieuré  Saint- 
Martin-de-Josselin,  1116  —  Donoret,  chart.  Lestiala,  1443. 

Dour  (10)  eau  :  u  courtill  nommé  an  Dour-dy,  chart.  Lesliala,  1447. 

Draenen  ronce  :  Ros-draenen,  Cast.  Coris.,  9891,  fol.  24  v^,  1270; 
Rostrenen,  ihid.,  fol.  24  v»,  1296;  Rostreinen,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  38  r°,  1335,  auj.  Rostrenen,  Côtes- du -Nord  (prononcez 
Rostren). 

(1)  De  di,  privatif,  et  de  argarth  haine,  horreur,  vannetais  argarh  dans  l'ex- 
pression m'en  argarh  horreur  !  Mot  à  mot  :  je  le  repousse,  je  le  déteste  ;  léonard 
argarz. 

(2)  Identique  au  vieil  armoricain  dhtrth,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Cf.  diffi'ith,  vieil  armoricain,  chartes,  à  Bari-dlffeith. 

(4)  Cf.  le  nom  gallois  Dissaith,  Cartulaire  de  LandafE.  p.  474. 

(5)  Cf.  duUi-1  vieil  armoricain,  chartes  (Cf.  le  gallois  JDn-g  dans  Dijfr-divy, 
au  XII«  siècle  Dever-doeu  ;  Doeu,  Dwy  =  Deva,  la  Dee). 

(6)  Armoricain  mo  lerne  doaré,  vannetais  duéré^  façon,  apparence  ;  cf.  gallois 
dwyre]  apparaître,  s'élever. 

(7)  Armoricain  moyen  dogan  cocu  (Catholico)i'). 

(8)  Peut-être  pour  Do-woret  :  cf.  Duoret,  Cart.  Kempereleg.,  p.  38;  cepen- 
dant pour  dog,  doc,  cf.  le  nom  de  saint  gallois  Dogfael. 

(9)  Nom  encore  as  -ez  commun  sous  la  forme  Dénouai. 

(10)  Voir  d%ibr,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  ^203  — 
Droniou  (1),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  M  r",  XlVe  siècle;  Druniou, 

Gart.  Kempereleg.,  p.  82,  1088. 
Duetmat   (2),   nom   de   femme,    Gart.    Goris.,   9891,   fol.   39   v», 

XIVc  siècle;  Deuzmat,  chart.  Lestiala,  1447. 
Ehuarn  (3),  Gart.  Kempereleg.,  p.  42. 
Eleau  (Voir  Teleu). 
Elyent,  Cart.  Goris.,  9892,  fol.  45  r«,  1349;  Elgent,  Cart.  Coris., 

9890,  fol.  6  r%  XIIP  siècle;  auj.  EUiant  (4)  près  Quimper. 

En,  er,  article  défini  :  en  Galloch,  Gart.  Goris.,  9892,  fol.  70  vo, 
XlVe  siècle;  Petrus  en  Novezic,  Gan.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  326 
(Voir  an);  Ker-er-fagon  1436,  auj.  Kerfagot  en  Saint- Gildas-de- 
Rhuys  (Morbihan);  Kerercunff  1406,  auj.  Kericunff  (Voir  cuf) 
(Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Enes  île  :  Enesmaen  (5),  Gart.  Kempereleg.,  p.  33. 

Ennogent,  Gart.  Coris.,  9890,  fol.  29  v»,  1330;  Ennoguent,  Cart. 
Coris.,  9892,  fol.  35  r",  1325. 

Eru  (6)  sillon  :  Cart.  Goris.,  9892,  fol.  53  r»,  1333;  ihid.,  fol.  10  v», 
\3li  ;ibid.,  fol.  56  vo,  1301. 

Eschem  échange  :  terra  an  clesguentis  in  escliem,  Gart.  Kempe- 
releg., p.  76. 

Escop  évêque  :  maes  escop,  Gart.  Kempereleg.,  p.  29  —  Esquebyon, 

9891,  fol.  44  r°,  1368;  Esquebien,  pluriel  d'escop,  Gart.  Coris., 

9892,  fol.  85  V,  1350,  auj.  Esquibien,  commune  près  d'Audierne 
(Finistère). 

Estic  (7)  rossignol  :  Kermaria  en  estic,  chart.  de  Beauport,  p.  177, 
1216. 


(1)  Voir  vieil  armoricain,  chartes,  à  Dromialoe. 

(2)  Composé  peut-être  d'une  façon  analogue  au  français  Bien-venu. 

(3)  Voir  vieil  armoricain,  chartes,  à  eu-, 

(4)  Cf.  Lan-elian,  dans  le  Denbighshire?  Il  est  remarquable  qu'on  trouve 
encore  dans  le  même  comté  Llangollen  et  une  rivière  Twi'ch',  tandis  qu'on  trouve 
réunies,  près  de  Quimper,  les  trois  communes  d'EIliant,  LangoUen  et  Tourc'h. 

(5)  Aujourd'hui  Nenes  en  Redené,  près  Quimperlé. 

(6)  Se  trouve  toujours  dans  le  Cartulaire  de  Quimper  sous  la  forme  latine  et 
féminine  erna.  Le  mot  est  féminin  en  gallois.  Il  est  donné  comme  masculin 
dans  le  dictionnaire  de  Le  Gonidec,  mais  ce  dictionnaire  n'est  pas  toujours  un 
guide  sûr,  en  particulier  pour  les  genres.  Ero  est  féminin  dans  plusieurs  endroits 
encore  (Voir  rann). 

(7)  Voir  Aostic,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  204  — 
Euzen,  forme  bretonne  d'Eudon  (1),  Kenech-Euzen  (Voir  Cenech); 

Bot  Euzen-Andu  1285,  village  en  Bubry,  Morbihan  (Rosenzw., 

Dict.  top.). 
Ezeou  :  Loch-ezeou,  village  en  Ploegonnec,  Cart.  Coris.,  9892,  fol. 

27  r",  1337. 
Ezn  oiseau  :  Kerannezne  1415,  auj.  Kernen  en  Languidic;  Guern- 

ezne,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  131;  Roch-enneznet  1461,  auj. 

Roneneltes  en  Saint- Jean-Brevelay,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict. 

top.). 
Faeledan  (Henricus  de)?  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  41  \°,  Xl\<'  siècle. 
Felestreuc,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  49  v»,  1379. 
Fergant  (2)  :  Alanus  Fergant,  duc  de  Bretagne,  Cart.  Kempereleg., 

p.  38. 
Felan  (saint)  (3),  1251;  Saint-Fezglan  1421,  Saint-Fezlan  1454, 

auj.  Saint-Felan  en  Silfiac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Foeonen  (4),  fleur  de  troène,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  9  r",  1249. 
Follaethou  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  26,  1031. 
Folled  (an),  Anciens  Èvêchés  de  Bretagne,  par  G.  de  Bourgogne  et 

A.  de  Barthélémy,  YI,  p.  128,  1100,  acte  rédigé  au  XIIT^  siècle, 

auj.  la  Feuillée,  arrondissement  de  Châteaulin. 
Fredur  (6),  Cart.  Kempereleg.,  p.  43. 
Frieuc  (G.  dictus),  dérivé  de  fri,  nez,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  r", 

XIY<^  siècle. 
Frut,  frot,  frout  ruisseau,  courant  :  rivulum  nomine  Frut-mur 

en  Yuliac,  près  Quimperlé,  Cart.  Kempereleg.,  p.  24  —  Frot- 

mer,   ruisseau,  1280;   Frout-mer  1426,  ruisseau   appelé   auj. 

le  Rohan,  affluent  du  Liziec,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  — 

(1)  Voir  Exidon,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Peut-être  composé  àefer,  gall.ffer  cheville  du  pied,  et  de  eant,  voir  cant, 
vieil  armoricain,  chartes.  On  trouve  le  nom  d'Alan  Ffergan  (écrit  par  le  scribe 
ar  lan  Ffergan)  dans  les  Triades,  imprimées  à  la  suite  des  Mabinogion  {Old 

Welsh  Texts,  I,  Oxford  1887,  p.  305)  :  On  y  dit  que  sa  tribu  l'abandonna  lors- 
qu'il la  conduisait  à  la  bataille  de  Camlan. 

(3)  Felan  est-il  une  faute  de  dom  Morice  (^Preuves,  I,  p.  50)  ou  Fezglan  (foi 
pure  ?)  est-il  dû  à  une  fausse  étymologie .' 

(4)  Foeonen  ligustrum  {CathoUcon). 

(5)  Nom  de  personne  aujourd'hui  assez  commun  sous  la  forme  Follézou. 
(G)  Voir-  Freudur,  vieil  armoricain,  chartes. 


-  205  — 
Frot-questell  rivulum ,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  55  r",  1336  — 
aquam  an  Frout  en  Quenech-Euzen  (en  Quimper),  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  55  v°,  1383;  rivulum  frout  in  vico  de  Rachaer 
(en  Quimper),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  53  r»,  1333  —  Galfrot  (1), 
1273,  auj.  Galvrout  en  Remungol,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Funtun,  fonton,  fenten  fontaine  :  da  funtun  guenn,  Cart. 
Kempereleg.,  p.  24  —  Kaerfonton,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  6  r", 
1227,  Kaerfenten,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  48  r»,  1379,  auj.  Ker- 
feunteun,  près  Quimper. 

Gsiv  jambe  :  Gargam,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  81  r",  1336. 

Garz  (2)  :  Uhel-garz,  village  en  Coroe  (Coray),  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  31  r»,  XIII«  siècle,  auj.  Huel-gars  —  Garzpenboeth  1461,  auj. 
Caspenboih  en  Bignan,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Gavr  chèvre  :  Goez  an  gavre  1411,  village  en  Ploërdut  (Morbihan), 
Goez  an  gaffre  1463;  Goez  an  avre  1433,  auj.  Goes-er-gave  (3) 
—  pluriel  Gevr  :  mein  an  guevre  1371,  auj.  la  place  Main-Lièvre! 
à  Vannes  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Glanpwr  (Voir  Felan);  Glan-uon,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  39  vo,  XlVc  siècle  —  Le  Clan,  1422,  Cart.  de  Prières. 

Glast,  Cart.  Kempereleg.,  p.  34. 

Gleu,  gle  vaillant  :  Gleu  (4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  25;  Cart.  Coris., 
9890, fol. 31  ro,XIIIe  siècle  —  Gleuili, Cart.  Kempereleg. ,  p.  44;  Gleu- 
cunnan,  Cart.  Kempereleg.,  p.  72;  Gleudanet,  Cart.  Kempereleg., 
p.  36;  Gleudanet,  ihid.,  p.  35;  Gleuhedr,  ibid.,  p.  66;  Gleuherd, 
ibid.,  p.  43;  Glemarchuc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  72;  Gleumaroc, 
chart.  de  Beauport,  p.  133,  1251;  Glemaroc,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  24  V»,  1296;  Glevaroc,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  6  v»,  1321; 
Glemarhec,  chart.  Lestiala,  1475;  Glemeren,  Cart.  Kempereleg., 
p.  36;  Gleuethen,  Cart.  Kempereleg.,  p.  28;  Gleuian,  Cart.  Coris., 
fol.  42  vo,  XlVe  siècle. 


(1)  Cf.  aujourd'hui  Fremeur,  ruisseau  affluent  de  l'Evel;  Fretii  (Frut-du) 
affluent  de  la  Sarre  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

(2)  Voir  garth,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  On  prononce  Goeh-er-aor. 

(4)  Beaucoup  de  noms  composés  en  gleu  sont  conservés  dans  des  noms  de 
lieux  :  Ker-lehouarn  pour  Kergle-hoarn  (cf.  glen-Tioiarn,  vieil  armoricain)  ; 
Kev-levarec  pour  Kur-glevarvc.  etc. 


—  '206  — 

Gloaes  (Kaer)  (1),  1426;  Kerloes  1433,  auj.  Kerloix  en  Lignol, 
Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Gloe  (2):  Gloegun,  nom  de  femme,  Cart.  Kempereleg.,  p.  79; 
Gloeguen,  fille  de  Levenez,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  10  v%  1311; 
campus  Gloegen,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v",  1296,  auj.  la 
rue  Mescloaguen,  à  Quimper  —  Kergloeguenic,  1449,  auj.  Ker- 
leguenic  (prononcez  Kerltgenic)  en  Lignol,  Morbihan  (Pvosenzw., 
Dict.  top.). 

Glomael  (ecclesia  de),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  32  v»,  XlIIe  siècle, 
auj.  Glomel  (Côles-du-Nord). 

Glouher  (Joh.  Le)  charbonnier  :  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  212. 

Gluidic  (Jehan  an),  chart.  Lestiala,  1431,  Le  Gluzec,  ihid.,  1447, 
Riou  Le  Gluic,  ibid.,  1447. 

Goeff  (Le)  (3)  :  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  266. 

Goestl  (Voir  Argoestl). 

Goeth,  goez,  goaz  (4)  ruisseau  :  Guoeth  an  navallen,  Cart.  Kempe- 
releg.,  en  Redené;  Goelh  Telent,  ihid.,  p.  28,  Xlll^  siècle; 
Goetheloc,  Cart.  Coris.,  9898,  fol.  4  v,  1249;  Goez  kam,  alio 
nomine  an  goez  maen,  Cart.  Coris.,  9892,  fol,  55  v",  1339,  en 
Kerfeunteun;  Goez  an  gavr  (Voir  gavr);  u  champ  nommé  an  goez 
vihan,  chart.  Lestiala,  1450 —  Goaz  an  golchen  1497,  fol.  26, 
archives  de  l'Hôtel-Dieu  à  Morlaix. 

GofF,  gov  forgeron:  Ker  en  gov,  chart.  Lestiala,  1389;  Le  Goff, 
ibid.,  1431;  Ker  an  Goffîc  1535,  auj.  Kergouic  en  Cléguer,  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Ploegoff,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50, 
XlVe  siècle,  auj.  Plogoff,  arrondissement  de  Quimper. 

Goilou,  chartes  de  Beauport,  1184-1189;  Goilo,  ibid. ,1206,  le  pays 
de  Goello  (5)  —  Laz  en  Goelau,  1406,  auj.  le  Goelo  (6),  ruisseau 
en  Noyal-Pontivy,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

(1)  Yo\v  gloes,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Voir  gloeii,  gluid.  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Nom  encore  commun  près  de  Vannes  ;  cf.  gallois  gwayw  lance,  armoricain 
moyen  goaff. 

(4)  Identique  au  gallois  gn-ytJt  canal,  conduit,  veine  {gwythigwaed  les  conduits 
du  sang),  gwgthlen  veine,  armoricain  gmnzlen,  vannetais  goehienn. 

(5)  Un  des  deux  archidiaconés  formant  l'ancien  évêché  de  Saint-Brieuc ;  l'ar- 
chidiaconé  n'avait  pas  les  mêmes  limites  que  la  seigneurie  du  même  nom. 

(6)  Cf.  le  nom  du  fleuve  Guilou'i  Asser,  de  Rébus  gestis  Jilfred'i,  édition 
Pétrie,  Mon.  hlst.  brit.,  p.  477  :  Fluminis  Guilou  de  quo  tlumine  tota  iUa;paga 
nominat'ur ;  aujourd'hui  le  Willy  dans  le  Wilfshire. 


—  ^207  — 
Golohet  couvert  :  Quenech-golohet  (Voir  cnech). 
Golou  lumière  :  Brengolu  (Voir  hren)  —  Alan,  dictus  an  Golouen, 

Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38,  XIV»^  siècle. 
Gonidoc  (1)  cultivateur,  qui  gagne,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  30  v", 

1335. 
Gor  (Voir  gur). 

Goriat  (2),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  10  v. 
Gorien  (3),  chart.  de  Beauport,  p.  166,  1263. 
Govri  (saint)  (4),  1422,  auj.   Saint-Gouvry,  près  R.ohan,  Morbihan 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Goumenech,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle,  auj.  Gouesnac'h 

{Vs  est  de  trop)  près  Quimper. 
Gour  (Voir  gur). 
Gouziern  (Voir  Gurthiern). 

Gouzoguec  (Le)  (5),  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  136. 
Gradlon,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  3,1240;  Grazlon,  Cart.  Coris., 

9892,  fol.  8  ro,  1316;  Grallon,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  14  r",  1311  ; 

Gralon,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  43  r%  XIV^  siècle  —  P.  de  Grazou, 

abbaye  de  Lanvaux,  1258. 
Groegon  (6),  Cart.  Kempereleg.,  p.  33. 
Gual  (7)  (Voir  Donguall,  Tutual,  etc.). 
Gualadr  (8)   :   Catgualadr  (Voir   cat)  ;    Ri-uallazr  (ecclesia   sancti 

Riuallazri),  Cart.   Coris.,  9890,  loi.  33  v",  1262,   auj.  Tre-liva- 

laire  (9),  commune  de  Quimperlé. 
Gualch  (10),  Cart.  Kempereleg.,  p.  44. 
Guallon  (11)  (Voir  Catguallon,  Riuallon);  Ker-goallen  1402;  Ker- 


(1)  Le  CathvUcon  tmdmt  Gouuidec  pav  cultiveui'.  agricola ;  ci.  gaW.  gwetnidog 
serviteur. 

(2)  Cf.  le  nom  gallois  Gwriat  ab  Gwryan,  Mabin.,  p.  308,  édition  nhys-Evans. 

(3)  Cf.   TJuor-gen.  Unorien,  vieil  annoricain,  chartes. 

(4)  Vieil  annoricain  Unobri,  voir  chartes. 

(5)  Aujourd'hui  Le  Gouguec,  nom  assez  commun  dans  le  Vannetais. 

(6)  Voir  Groecon,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  TJual.  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  Uualatr,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Cf.  Loc-irevalaire,  au  XVI^  siècle  Loc-brevalazre  (l'e  final  est  dû  à  l'or- 
thographe française  et  n'existe  pas  en  réalité),  dans  l'évêché  de  Léon  ;  cf.  Saint- 
Broladre,  dans  l'ancien  évêché  de  Dol  ;  Saint- Brelade,  en  Jersey. 

(10)  Voir  Uualc,  vieil  armoricain,  chartes. 
(11;  Voir  l'imllon.  vieil  armoricain,  chartes, 


—  208  — 
goallan  1405,  auj.  Keroualan  en  Lignol,  Morbihan  (Pvosenzw., 
Dict.  top.). 

Guas  (1)  1348  :  Guasdoe,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  v»,  XIV^  siècle; 
Caer  Guaslae,  Cart.  Kempereleg.,  p.  74,  1161. 

Guastell  gâteau,  Cart.  Kempereleg.,  p.  27. 

Guedel  (2)  (insula)  1026,  Guezel  1146,  Guezel,  can.  saint  Vinc. 
Ferr.,  p.  248. 

Guedian  (3),  Cart.  Kempereleg.,  p.  23;  Goezian,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  38v%XIVe  siècle. 

Guedgual(4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  3. 

Guegan  :  Ker  Guegan  an  meur  1452,  auj.  Kerganemeur  en  Locmalo, 
Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Guegant  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  28. 

Guegon  (6),  Guéguen  :  Guegon,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25  — 
Guezgon  1283,  auj.  Guegon,  commune  du  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.);  Guegenou,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  36  r°,  1326; 
Gueguen,  chart.   Lestiala,  1445. 

Guel  (7)  :  Houel;  Ker-Guelhezre  (Voir  hezr). 

Guele  famille,  tribu,  lit  :  Guele-coumarho  1323,  archives  Bizeul, 
Nantes,  auj.  Guilligomarc'h,  arrondissement  de  Quiraperlé  (Fi- 
nistère) (Voir  comarch). 

Guellodoe  (Voir  Guenn). 

Gueltas  (sant)  1270,  Sanctus-Gildasius  1264,  auj.  Gueltas,  arron- 
dissement de  Pontivy,  Morbihan  (Piosenzw.,  Dict.  top  ). 

Guenn  (8)  :  da  funtun  guenn,  Cart.  Kempereleg.,  p.  24  —  Guen- 
cuf,  chart.  de  Beauport,  1271  —  Guen-hael,  Cart.  Kempereleg., 
p.  3  —  Guen-lodoe,  nom  de  femme,  Cart.  Kempereleg.,  p.  75; 
Guellodoe,   Cart.  Coris.,   9892,  fol.   43  v»,   1351;   Guillozoe   et 


(1)  Voir  Uvas,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Ce  nom  n'a  rien  à  faire  avec  celui  de   Guidel,  commune  du  Morbihan, 
avec  lequel  on  l'identifie  habituellement  (XII«  siècle  Guidul  =  *vitol). 

(3)  A  séparer  du  vieux  breton  Uueithien;  à  rapprocher  peut-être  du  gallois 
ffweddi  prière,  supplication,  gweddiant. 

(4)  Voir  Uuid,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  Uuicant,  vieil  armoricain,  chartes, 
(fi)  Voir  Uuicon,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Voir  Uuel,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  U^dn.  Uiicn,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  209  — 
Guellozae,  ihid.,  fol.  43  v<»,  1251  (Cf.  Or-lodoe,  femme,  Cart. 
Kempereleg.,  p.  53)  —  Guen-ment,  nom  de  femme,  chart.  Lesliala, 
1431  —  Saint  Guenmoloc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  3  —  Caer-Guen- 
munuc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  53,  auj.  Kervehenec  en  Pleumeur 
(Morbihan)  —  Guen-serch,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  49  \°,  XlVe  siècle  —  Guen-vred  (1),  nom  de  femme,  Cart. 
Coris.,  9891,  fol.  38  r»,  XlVe  siècle  —  Eudo  Guennuc,  Cart. 
Kempereleg.,  p.  47  —  Noyal-guen  (2)  (saint)  1373;  Noyal-guen 
1387,  Sainte-Noyale  1478,  auj.  Sainte-Noyale  en  Noyal-Pontivy. 

Guern  (3)  aidnaie,  marais  :  P.  de  Guern-gorle,  1274,  archives 
du  château  de  Kerguehennec  —  Guern-perennes  1433,  auj.  Guer- 
bernèze  en  Ploërdut,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Guer- 
naudren  1391,  Keraudrèn  1433,  auj.  Keraudrain  en  Ploërdut, 
Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Guern-grom  1411,  auj.  Guer- 
grom  en  Lignol,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Pen-an 
gouern  1471,  auj.  Penhuern  en  Saint-Nolff,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.). 

Gueroch,  Cart.  Kempereleg.  (Voir  Bro  et  uueroc,  vieil  armoricain, 
chartes). 

Gueth  (4)  combat  :  quam  victoriam  usque  hodie  Cornubienses 
Gueth-Ronan  dicunt,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25. 

Guethen  (5)  (Voir  Anagnethen,  Cat-guezen,  Cor  uezen)  —  Gue- 
then-gar,  Cart.  Kempereleg.,  p.  33;  Guezen-gar,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  42  vo,  XlVe  siècle. 

Guethenuc,  Guezenoc  (6j  :  Guethenuc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  72; 
Guedhenoc,  abbaye  de  Lanvaux,  archives  du  Morbihan,  1182-1202; 
Guezenoc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  76,  abbaye  de  Lanvaux,  1224, 


(1)  Cette  forme  montre  bien  que  dans  (rmien-nreth  (vieil  armoricain,  chartes)  le 
th  représente  un  t  vieux  celtique  et  non  une  spirante  dentale  sourde,  et  que  par 
conséquent  il  y  a  eu  confusion,  lorsqu'on  a  donné  à  la  même  personne  les  noms 
de  Wen-hris  (=Wen-brîth)  et  de  Guuen-vret,  iret  supposant  une  ïovvaQ*brtta-. 

(2)  Ici  gueii  a  manifestement  le  sens  de  bienheureux  :  voir  Uuin,  vieil  armo- 
ricain, chartes  (Plu  Wy7i  noal.  manuscrit  l'oaZa,  dans  le  drame  comique  Beunans 
3Ieriasi'k,  vers  2202,  édition  Stokes). 

(3)  Guern  dans  un  certain  nombre  de  noms  de  lieux  a  été  confondu  avec  kcr, 
après  être  arrivé  à  guer-  :  Kergorlay  pour  Guergorlay  (:=  Guern-gorle),  etc. 

(4)  Voir  Uiteith,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  Uuethen,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Voir  Uuethenoc,  vieil  armoricain,  chartes. 

U 


—  ^210  — 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  3  r°,  XIII^  siècle;   Guezeneq,  abbaye  de 

Lanvaux,  1260,  Guezenec,  charl.  Lestialal43l  ;  Guehenoc,  chartes 

de  Beauport,  p.  121,  1245. 
Guezou  veuf,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  161. 
Gui  pour  guiu  =  vieil  armoricain  wiw  (Voir  uuiu,  vieil  armoricain, 

chartes)  :  Guihomarch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25;  Guihonfarch, 

Cart.  Coris.,  9850,  fol.  8  r»,  XIII"  siècle;  Guihomarchou,  archives 

d'IUe-et-Vilaine,  fonds  Robien,  1385  —  Guymarch  (1),  Hôtel-Dieu 

de  Morlaix,  1497. 
Guic  (2)  :  Guyscry?  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Guiscriff 

(Morbihan). 
Guielder[ch],  nom  de   femme,  Cart.  Kempereleg.,  p.  75;  Guiel- 

derch,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  9  r»,  1338;  Guyelderch,  ihid.,  fol. 

1  vo,  1348,  Guelderch,  chart.  Lestiala  1461. 
Guinhezr  chasseur,  archives  Hôtel-Dieu  de  Morlaix,  fol.  17,1497; 

an  Guynerre,  ihid.,  fol.  16. 
Guinith  froment  :  hanter  minot  Guinith,  Cart.  Kempereleg.,  p.  36; 

Gueniht  nom  de  femme,  ibid.,  p.  46. 
Gulguenn  (3),  nom  d'homme,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25;  Gulchuenn, 

ihid.,  p.  38. 
Guoret  (4)  :  Bud-guoret,  Aloret,  Cadoret,  Tudoret,  etc. 
Guori,  guri  (5)  :  Hel-guri,  Helory  (Voir  liueL). 
Gur,  gour,  gor  (6)  :  Gurchuant,  Cart.  Kempereleg.,  p.  48;  Gur- 

(1)  Peut-être  différent  de  Guihomarch  :  Guimarch  =  Wiw-march?  tandis  que 
Guihomarch  =  Wiw-homarch. 

(2)  Voir  G  nie,  vieil  armoricain,  chartes.  Guic,  du  latin  viens,  a  de  bonne 
heure  désigné  le  bourg,  le  chef-lieu  de  la  commune,  du  plocv  (jflëbe-),  ce  qui 
explique  qu'en  Léon,  on  remplace  fréquemment,  dans  le  langage  courant,  jjloe 
par  guie,  gui  ;  Guitalmezeau  pour  Ploudalmezeau  ;  Guikerneau  pour  Plouguer- 
neau.  Anciennement  Guikerneau  n'indiquait  que  le  bourg,  et  Plouguerneau 
comprenait  toute  la  commune. 

(3)  La  forme  la  plus  ancienne  de  ce  nom  est  Vulvinnus  (Martyrologe  de 
Castellanus).  Goulven  (=  Wiilvvïn)  est  le  nom  d'un  évêque  de  Léon,  le  quatrième 
environ  après  Paul  Aurélien.  Son  nom  est  conservé  dans  le  nom  de  la  commune 
actuelle  de  Goulven.  La  forme  Gulchuenn  à  côté  de  Gulgucnn  permet  d'iden- 
tifier ce  nom  avec  celui  de  la  commune  actuelle  de  Goulien,  Cart.  de  Quimper  : 
Golchuenn,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  7,  XI V'  siècle;  Goulchen,  ibid.,  fol.  50,  1368. 
Pour  Gulwen,  Gulchuen,  cf.  Gurwand,  Gurchuant. 

(4)  Voir  Uuoret,  vieil  annoricain,  chartes. 

(5)  Voir  Uuori  à  7'i,  vieil  armoricain,  chartes. 
{('<)  Voir  wwr,  vitr,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  211  — 
guand,  ibid.,  p.  70;  Gurvand,  ihid.,  p.  3-i  (1)  —  Gurcum  terra, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  35;  Gor-cuf,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  12  r", 
1281;  Gourcuuff  ou  Gourcunf,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  22  r»,  1328 

—  villa  Gorreden  (2),  12G0,  la  Ville-Gourden,  en  Guéhenno,  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Gurgar,  Cart.  Kempereleg.,  p.  36; 
Gorgar,  ibid.,  p.  71  —  Gurgavael,  Cart.  Kempereleg.,  p.  44, 1069 

—  Gourgi  :  Croeshent  Kergourguy  1427,  en  Plumergat,  Morbihan 
(Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Caer  Gorguen  (3),  abbaye  de  Lanvaux, 
1224  —  Gurgoret,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25  —  Gurguethen,  Cart. 
Kempereleg.,  p.  72  —  Gurhedr,  Cart.  Kempereleg.,  p.  26;  Gorezre, 
villa  en  Plomodiern,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  12  r»,  1281  —  Gurloen, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  73,  Gourlouuen,  Cart.  Coris,,  9891,  fol.  41 
r°,  XIV^  siècle  —  Gurloes,  Cart.  Kempereleg.,  p.  29  —  Gurmaelon, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  39;  Gormaelon,  ibid.,  p.  47;  Gourmaelon, 
1389,  chart.  Lestiala  —  terra  Gurmoet,  Cart.  Kempereleg.,  p.  27 

—  Gurserch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  71,  Gorserch,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  53  ro,  1333  —  Gur-uret  (4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  48 

—  Gorurein,  Cart.  Kempereleg.,  p.  75;  Gourvrein,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  9  \'o,  1338,  auj.  Gourin  (Morbihan). 

Gurthiern  (Saint)  :  Loc-Guthiern,  Cart.  Kempereleg.,  auj.  Locmaria 
dans  l'île  de  Groix,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.);  Loc-gouziern 
1490,  auj.  Locoyarn  en  Kervignac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Gvrenhaes  :  in  illa  parte  parochiœ  que  Sont  (5)  We^ihaes  vulgariter 
nuncupatur  (en  Kerfeunteun,  près  Quimper),  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  35  r»,  1228. 

Hadou  (6),  Can.  saint  Yves,  p.  251  ;  Hadho,  chart.  de  Beauport, 
p.  104,  1237;  Hazou,  ibid.,  p.  190,  1271. 

Hael,  hel  généreux  :  Hael-cum,  Cart.  Kempereleg.,  p.  47  — 


(1)  Voir  Unor-nnant  à  Uuaiit,  vieil  armoricara,  chartes. 

(2)  Identique  au  vieil  armoricain  Gur-heten,  plus  anciennement  *Uuor-liitin, 
voir  hitin,  vieil  armoricain,  chartes  ;  cf.  Ker-ourden,  village  en  Persquen  (Mor- 
bihan). 

{?<)  D'où  Eer-orguen,  nom  de  plusieurs  villages  du  Morbihan. 

(4)  Pour  vret  =  bret,  voir  brit,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  On  ne  peut  lire  que  sont  :  il  faut  probablement  lire  sont.  Voir  soit,  vieil 
armoricain,  chartes. 

(6)  Voir  haithoul,  vieil  armoricain,  chartes;  ajouter  le  nom  gallois  Kan- 
kaethoe  {Y Cymmrodor.  vol.  VIII.  p.  SG,  1S87). 


-  212  — 
Haelgomarch  (1),  Gart.  Kempereleg.,  p.  36,  Cari.  Cori?., 
fol.  8  r",  XIII^  siècle  —  Haelgorel,  Cart.  Kempereleg.,  p.  49; 
Halguoret,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r",  XIII^  siècle;  Heluored, 
Cart.  Coris.,  9892,  fol.  30  v»,  1335  —  Hael-gueed,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  11  v",  1240  —  Haelguezen,  villa  en  Plounevez-du-Fou, 
Cart.  Coris.,  9890,  fol.  30  r»,  fin  XIII«  siècle  —  Helgour  (2),  Cart. 
Coris.,  9891,  fol.  40  v,  XIV^  siècle  —  Helmarc,  Cart.  Kempere- 
leg., p.  44  —  Halogan,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  33  v»,  1262  — 
Haelogon  (3),  Cart.  Kempereleg.,  p.  25  —  Hael-guri,  Cart.  Kem- 
pereleg., p.  28;  Helori,  Cart.  de  Prières,  1282  —  Helouarn  (4)  — 
Caer-haeliou  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  53  —  Poul-haelec,  1398  (6), 
en  Saint- Gilles-Hennebont,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Haer  (7)  :  Haerchomar[chJ,  Cart.  Kempereleg.,  p.  70  —  Haermael, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  71  —  Haerveu,  ihid.,  p.  26. 

Haffec  (8)  :  Brenhaffec  (Voir  hreji)  —  Cros-havec  1387,  Quoeshanvec 
1422,  Croixanvec,  près  Pontivy,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.) 
—  HanfFuec,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV*  siècle,  auj.  Hanvec, 
Finistère  (Voir  Hamuc^  vieil  armoricain,  chartes). 

Haiarn,  Cart.  Kempereleg.,  p.  30  (Voir  houarn). 

Halegen  de  halec  saule  :  Kaer  an  halegen,  abbaye  de  Lanvaux, 
1263,  auj.  Kernaleguen,  en  Remungol  (Morbihan). 

Hanafat  (9),  mesure  de  capacité  :  unam  mensuram  mellis  quam 
vulgo  Hanafat  nuncupant,  Cart.  Kempereleg.,  p.  34. 

Hanter  demi,  moitié  (Voir  kerch  et  guinith). 


(1)  Aujourd'hui  Hellegouarch,  V Hellegouavcli. 

(2)  Serait  Hael-uur  en  vieil  armoricain. 

(3)  Vieil  armoricain  Hael-nuocon  ;  voir  chartes. 

(4)  Hael-hoiarn,  vieil  armoricain,  chartes. 

(.5)  Aujourd'hui  Kerhelio  en  Pleumeur.  La  copie  Maître  porte  à  tort  Caer- 
tmelion. 

(6)  Le  nom  de  Haeloc  se  retrouve  aujourd'hui  dans  un  grand  nombre  de  noms 
de  village  sous  la  forme  Helee,  Hellec. 

(7)  Peat-être  pour  aer  combat;  sinon,  il  faut  comparer  le  gallois  haeru 
affirmer. 

(8)  Voir  Jiain,  hamuc,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Dans  son  Histoire  de  V abbaye  de  Sainte- Croix  de  Quimperlé,  dom  Placide 
Le  Duc  cite,  p.  89,  le  passage  suivant  :  Duos  ciathos  mellis  vel  duo  sextaria 
frumenti.  D'après  Le  Pelletier,  annf  signifie  coupe,  mais  dans  le  bas  Léon  anap 
serait  une  petite  mesure  pour  les  graines  (Quatuor  Jianapos  mellis,  Cart.  Saint- 
Georges  de  Rennes,  p.  114,  lOGO). 


—  2V3  — 
Harn  (Voir  houavn). 
He,  e  pronon  possessif  :  son,  sa  :  domo  dicti  Byen-he-pen,  Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  81  r»,  1336;  Puch-e-huezle,  ibid.,  fol.  82  v, 

1331;  Puchuezle,  ihid.,  fol.  34  r",  1331. 
Heden  (1)  (Voir  Gorreden  Hameden). 
Hedr,  hezr  hardi,  vaillant  :  Amhedr  (Voir  am)  —  Hytherguent, 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r»,  XlIIe  siècle  —  Hedr-marchuc,  Cart. 

Kempereleg.,  p.  27  —  Hedr-munuc,  Cart.  Kempereleg.,  p.  79, 

XlIIe  siècle  —  Hedr-ual,  ihid.,  p.  26  —  Hedr-uedoe,  ibid.,  p.  48 

—  Li  Hezre  (Riuallon),  chart.  de  Beauport,  p.  145,  1256  — 
Kaerguelhezre  1408,  Kaerguallezre  1416,  Kergoaledre  1417,  auj. 
KergoUaire  (prononcez  Kergoler)  en  Languidic,  Morbihan  (Ro- 
senzw.,  Dict.  top.)  —  Gurhedr,  Gorhezre  (Voir  giir). 

Hedre  (2)  :  Ouenquis-Gourhezre  1411,  auj.  Canquisouré  en  Lignol, 
(Morbihan);  Kaer-vernhezre  1418,  auj.  Kerverné  en  Lignol  (Mor- 
bihan). 

Heidic  et  Hezic,  île  de  l'Océan,  sur  les  côtes  du  Morbihan, 
archives  du  château  de  Ker-fily,  en  Elven,  auj.  Hœdic. 

Uenvieux  :  Go-hen,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  42  v°,  XIV^  siècle 

—  Hengoet,  Can.  saint  Yves,  p.  193,  auj.  Hengoat,  commune  des 
Côtes-du-Nord  —  Le  Henanff,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  12  r",  1362. 

Hernin  (3)  :  Les-ernin  1411,  Treffleshernin  1436,  auj.  Saint- 
Germain  en  Séglien,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Houarn,  harn  (4)  fer  :  Harn-eden  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  55  — 
Harnguethen  (6),  ibid.,  p.  11  —  Harnmael  ibid.,  p.  42  —  Harn- 
maelon,  ibid.,  p.  33  —  Harscuet  (7),  ibid.,  p.  34;  Harscoet,  Can. 
de  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  316  —  Harnou,  ibid.,  p.  32  —  Anahuarn, 


(1)  Voir  Hltin,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Dérivé  de  hedr,  hezr,  ou  à  comparer  à  hezreff  {Catholicon)  octobre,  au- 
jourd'hui hérè,  gallois  hydref  octobre,  l'automne. 

(3)  Voir  Hoiernin,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Voir  hoiarn,  iarn,  vieil  armoricain,  chartes;  dans  les  composés,  si  ce  mot 
forme  le  premier  terme,  on  a  harn,  s'il  est  le  second,  houarn,  hoarn.  L'accent  a 
été  longtemps  sur  le  second  terme. 

(5)  Cf.  larn-hitin,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Identique  à  Hoiarn-iiiieten,  Ruar-unethen,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Voir  Hoiarn-scoet,  Hoiarscoet,  Harscait  bouclier  de  fer,  à  hoiarn,  vieil 
armoricain,  chartes. 


—  '214  — 

Conhouara,  Helouarn,  loharn,  Loesoarn  (Voir  aux  premiers  termes 

de  ces  composés)  —  Haiarn,  Gart.  Kempereleg.,  p.  30. 
Houel  (1),   Cart.  Kempereleg.,  p.  44;  Hoel,  Gart.  Goris.,  9890, 

fol.  30  r°,  XIII«  siècle. 
Houch  (2),  hoch  porc  :  Willelm.  Pen-hoch,  Cart.  Goris.,  9890, 

fol.  10  r»,  XlIIe  siècle;  Daniel  dictus  kic-houch-lart,  Cart.  Goris., 

9892,  fol.  79  v'o,  1339. 
Huel,  uhel  élevé,  haut  :  Uhel-garz  (Voir  garz)  —  Huelen,  Gart. 

Kempereleg.,  p.  43  —  Huel-fau  1477,  auj.   Helfaut,  village  en 

Elven,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Kaer-huelin  (3)  1286 

en  Plumeliau,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Huezl  (4)  :  Ivonem  dict.  Puch  e  huezle,  Gart.  Goris.,  9892,  fol.  82  r°, 

1331  (Voir  he). 
Hu  (5)  :  Hugar,  Gart.  Kempereleg.;  Hugunnan,  ibid.,  p.  25. 
Hydron  :  Lan-hydron,  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  10  r«,  1218;  Lann- 

izron,  Gart.  Goris.,  9891,  fol.  37  r»,  1300,  auj.  Laniron  (6)  près 

de  Loc-maria,  Quimper. 
Hyraes  (7)  (Joh.),  Gan.  saint  Yves,  p.  240. 
lagu  (8),  Gart.  Kempereleg.,  p.  63. 

larn  (Voir  houarn)  :  Jarnogon(9),  Gart.  Kempereleg.,  p.  28. 
Idol,   Gart.  Kempereleg.,  p.  3,  auj.  l'Izole  qui  se  réunit  à  l'Ellé 

à  Quimperlé  (Voir  Cemper). 
Ihesou,  Gart.  Goris.,  9890,  fol.  8  r°,  XlIIe  siècle. 

(1)  Voir  Ho-nuel  et  ho,  Tin,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Singulier  en  armoricain,  féminin  en  gallois.  Anciennement,  il  a  été  des 
deux  genres. 

(3)  Le  même  village  que  Kerimelin,  orthographe  fondée  sur  une  fausse  éty- 
mologie.  On  prononce  sans  doute  Kei'ilmelin. 

(4)  Voir  Jioedl,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  ho,  hu,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Une  des  erreurs  les  plus  chères  aux  archéologues  de  Bretagne,  et  en  parti- 
culier  à  ceux  du  Finistère,  c'est  de  voir  dans  ce  nom  de  Laniron  la  confirmation 
de  l'existence  d'une  civitas  Aquilonia  à  Locmaria  :  h-on  serait  un  pluriel  et 
signifierait  aigles.  La  forme  ancienne  étant  hidron,  la  fausseté  d'une  pareille 
étymologie  saute  aux  yeux.  Si  un  nom  de  lieu  rappelle  Vaigle,  c'est  le  collls  herr 
en  Kerfeunteun,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  34  r",  1267  :  cf.  gallois  eryr,  armoricain 
moyen  cr.  Le  sens  de  herr  (pour  err?)  n'est  d'ailleurs  pas  certain. 

(7)  Cf.  armoricain  hirrtz,  vannetais  hirèc'h  désir  impatient,  gallois  hlraeth 
regret. 

(8)  Voir  lacu,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  larn-uuocon,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  215  — 

Inisian,  Cart.  Kempereleg.,  p.  67,  dérivé  d'inis  île. 

Innan  (Saint)  :  ecclesia  santi  Innani  ou  lunani  (1)  (et  non  Inuani, 
comme  l'écrit  Rosenzweig) ,  1184  (Rosenzw.,  DicL  top.). 

loharn  (2)  :  abbaye  de  Saint-Sulpice  de  Rennes,  archives  d'Ille-et- 
Vilaine,  liasse  89,  1152. 

Irispoe,  Cari.  Kempereleg.,  p.  54—  Ylispoe,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  10  V",  1311,  Ylisploe  (3),  ihid.,  fol.  9  r»,  1330. 

Is  plus  bas  :  is  liorz  an  Roue,  chart.  Lestiala,  1451  ;  is  ty  Colvaca, 
ibid.,  1451  —  Kerdiffez  ysella  (superlatif),  chart.  Lestiala,  1594- 
1599;  Rusquec  ihuellan,  Rusquec  izellan,  1539,  auj.  le  haut  et 
bas  Ruchec,  en  Saint- Caradec-Trégomel,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.). 

lud  (4),  iud,  ied,  iez  :  lud-huarn,  Cart.  Kempereleg,,  p.  77, 
XIII''  siècle  —  lud-luant,  ibid.,  p.  41  —  lud-louen,  ibid.,  p.  44  — 
ledecael  (5),  Cart.  Kempereleg.,  p.  28,  ledecaelou,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  73  ro,  1336,  Geziquael  (Quaer),  chart.  de  Beauport, 
1256;  Gedegou  (6),  abbaye  de  Lanvaux,  1182-1202  —  luthael  (7), 
Cart.  Kempereleg.,  p.  34;  ludel,  ibid.,  p.  50;  luzel,  abbaye  de 
Lanvaux,  1435  —  luzon  (8)  :  Lan-iuzon,  XII^  siècle,  auj. 
Lannuon  en  Gourin,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Lann- 
izgat,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle,  auj.  Lanniscat 
(Côtes-du-Nord)  —  Ker-iezcant  (9),  1447,  Kerican,  village  en 
Grand-Champ  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

lun  :  lunargant  (10),  nom  de  femme,  Cart.  Kempereleg.,  p.  37; 
lun-harchant,  nom  de  femme,  Can.  saint  Yves,  p.  290  —  lun- 


(1)  Transformé  en  Saint-Aignan,  canton  de  Cleguerec  (Morbihan).  Dans  la 
même  commune,  on  trouve  un  sant-Ignaiv  ou  Imam  qui  reproduit  exactement 
le  luniavns  de  la  vie  de  saint  Samson  :  on  en  a  fait  Saint-Ignace  ! 

(2)  Serait  probablement  en  vieil  armoricain  lou-hoiarn, 

(3)  Cette  forme  dénonce  une  tentative  de  fausse  étymologie.  Ylisjjloe  est  le 
même  personnage  qu'Ylispoe  et  Irispoe.  Voir  Erisjjoe,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Voir  iud,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  ludlcael,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  D'où  Jegou,  Jego,  nom  d'homme  aujourd'hui  fort  commun  ;  il  n'a  rien  à 
faire  avec  Jagu. 

(7)  Aujourd'hui  en  vannetais  breton  Jutél  ou  Juhel. 

(8)  Indoii,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Voir  argant,  vieil  armoricain,  chartes. 

(10)  lud-cant,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  t2i6  — 
goraarch,   Cart.    Kempereleg.,  p.  29   —  Lan-iunen,   village    en 
Beuzec-cap-sizun,  Cart.   Coris.,  9890,  fol.  7  r",   1249  —  Saint- 
lunan,  1473,  auj.  Saint-Zunan!  en  Riantec,  Morbihan  (Rosenzw., 
Diet.  top.)  —  lunou,  Cart.  Kempereleg.,  p.  44. 

Lagad  œil  :  Caer-lagad  (1),  Cart.  Kempereleg.,  p.  33  —  Lagadoc, 
Cart.  Coris.,  9891,  fol.  42  v»,  XIV^  siècle;  terra  an  Lagadeuc, 
ibid.,  fol.  40  v»,  XIV^  siècle  —  G.  dictus  Lagad-ley,  Cart.  de 
Prières,  1274. 

Laharou  (Run-),  village  en  Briziac,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  \o, 
1249,  auj.  Rulazarou. 

Lamberz  (Ker),  forme  bretonne  de  Lambert,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  1  \o,  1348  (Voir  la  note  à  Andolf). 

Lan  (2)  :  Lan-deguennoc,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  ro,  1236,  auj. 
Landevennec  —  Landuygan  (Voir  Tujan),  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  50,  1368  —  Lan-dudec  (Voir  Tutj  —  Lan-baban,  Cart.  Coris., 

9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Lababan,  en  Pouldreuzic,  arrondissement 
de  Quimper  —  Lann-edern,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368, 
auj.  Lannedern,  arrondissement  de  Châteaulin  —  Lan-guezenoc, 
près  Quimper,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  v°,  1249  —  Langonet, 
ibid.,  auj.  Langonnet  (Morbihan)  —  Lanros  (Yv.  de),  Cart.  Coris., 

9891,  fol.  48  v»,  1379  —  Lan-rieuc,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50, 
1368,  auj.  Lan-riec,  près  Concarneau  —  Lanhydron  (Voir  hydron) 

—  Ploe-lan  (Voir  ploe)  —  Cazlan  {=  Catlan),  1387,  auj.  Calan, 
près  Plouay,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Laz  (3)  :  Eon  Lascoet  1321,  arch.  Bizeul,bibl.  municip.  de  Nantes 

—  Filius  dicti  Lasbleys,  Cart.  de  Prières,  1277. 

Lazr  (4)  voleur  :  Ker  en  lazre  1441,  en  Baud,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.)  —  Latdrun,  XIP  siècle,  auj.  Ster-Laer  ou  Ster-Laeron, 
ruisseau,   affluent   de   l'Ellé,   plus   connu   sous  le  nom  d'Inam 


(1)  Aujourd'hui  probablement  Kerlagad,  en  Moelan,  près  Qaimperlé. 

(2)  Voir  lan,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Cï.  lathl  vieil  armoricain,  chartes;  lazarazr  manche  de  charrue  {Cathol.). 
Dans  las  bleys,  las  est  sans  doute  identique  au  gallois  lladd  tuer,  armoricain 
laza  :  las  bleys  le  tueur  de  loup.  Pour  Lascoet,  cf.  Lathoiarn,  vieil  armoricain, 
chartes. 

(4)  Voir  latr,  vieil  armoricain,  chartes;  cf.  Ladron  dans  l'ile  d'Ilur,  golfe  du 
Morbihan.  Pour  dr,  voir  Cazdre,  Pezdron. 


—  1\1  — 

(Rosenzw.,  Dict.  top.)  — Poul-Lazron  (1)  (crucem),  en  Guérande, 

Cart.  de  Prières,  1422. 
Lein  le  haut,  le  sommet  :  villa  Lein  (2),  en  Scazr  (Scaer),  Cart. 

Coris.,  9891,  fol.  40  v,  XIV^  siècle. 
Lem,  chart.  de  Beauport,  p.  123,  1246;  Laem,  p.  201,  1277;  Levé, 

Can.  saint  Yves,  p.  160,  auj.  le  Leiî,  affluent  du  Trieux  (Gôtes- 

du-Nord). 
Len  lac,  étang  :  Len-moloc,  village  en  Briziac,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.    4   v»,   1249  —  Len-bily  1413,   auj.   Lambily,  en   Taupont, 

Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Les   (3)  :   Les-Cleruc,  villa,  Cart.  Kempereleg.,  p.  81   —   R.  de 

Lesgran,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  34  r",  1327. 
Letbran  (4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  'Ï2. 
Levenez  (5),  nom  de  femme  :  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  10  v%  1331; 

Leguenez,  ibid.,  fol.  30  v^,  1335  (Voir  Bre-levenez). 
Leyan  (6)  :  Trev-leyan  1387,  Treffléan,  près  Vannes  (Rosenzw., 

Dict.  top.). 
Liorz  (7)  jardi7i  :  an  Lyorz  coz,  chart.   Lestiala,  1431  (Voir  is); 

an  iyorzou,  ibid.,  1447;  Parc  an  luorz,  Morlaix,  archives  Hôtel- 
Dieu,  fol.  12,  1497. 
Liosuc  (8)  :  Cart.  Kempereleg.,  p.  29  v^. 
Loc  (9)  :  Loc  Deugui  (Voir  Devy   melaer),  Locmellec  1455,  auj. 

Nomelec  en  Surzur,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Loch  marais,  étang  :  Loch-ezeou,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  27  r°, 

1337. 
Lodnic  (10)  (Caer),  en  Briziac,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  v",  1249. 
Loei  veau  :  1  juvencam  et  1  loeis,  chart.  de  Beauport,  p.  118, 1247. 


(1)  D  y  a  aujourd'hui  encore  trois  ou  quatre  villages  dont  le  premier  terme 
est  lein  en  Scaer  (Lein  et  nein  dans  Le  Pelletier). 

(2)  Voir  lin,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Voir  lis,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Voir  let,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  louuinid,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Voir  laian,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Pour  le  second  terme  ^o?'r  de  liorz,  voir  buorth,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  Voir  lios,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Voir  Loc,  vieil  armoricain,  chartes. 

(10)  Cf.  gallois  llnàn,  armoricain  moderne  loen  animal,  armoricain  moyen  lozn. 


—  t218  - 
Loes  (1)  :  Gur-loes  (Voir  Gur)  —  Loescant,  Cart.   Kempereleg., 

p.  72,  1082  —  Loescum,  ibid.,  p.  36  —  Loes-huarn  ihid.,  p.  25; 

Loshouarn,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v°, XIV"  siècle,  Losoarn  (2), 

ibid.,  fol.  42  vo,  XIV"  siècle  —  Loesed,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  41 

r",  XlVe  siècle. 
Lon,  len  (3)  (Voir  Aethlon,  Gradlon,  Kergoallen,  Riuallon). 
Lor  :  Louenan  Lor,  Cart  Coris.,  9891,  fol.  41  r»,  XIV^  siècle. 
Louarn  (an)  (4),  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  279. 
Loudour  (an)  (5),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v»,  XIV^  siècle;  an 

Lodor,  ibid.,  fol.  43  r»,  XIV^  siècle. 
Louenan  (G),   Cart.,  Kempereleg.,  p.  48;  Louenan,  Cart.  Coris., 

9890,  fol.  10  r»,  1246;   Loguenan,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  20  r», 

4340. 
Lussuzguen  (G.  de),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  25  r°,  1333. 
Luuet  (Caer-)  (7),  Cart.  Kempereleg.,  auj.  Kerlud  en  Locmariaquer 

(Rosenzw.,  Dict.  top.) —  Luet-huarn,  Cart.  Kempereleg.,  p.  91. 
Mael,  mel  prince,  chef  :  Mael-scuet,  Cart.  Kempereleg.,  p.  44  — 

Maelogon,  ibid.,  p.   25  —  Mel-veu,  chart.  de  Beauport,  p.  51, 

1202  —  Melguen,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Melguen 

—  Arth-mael,  Menez  a  mael  (Voir  ar^amael,  menez). 
Maen,  men  pierre  :  Maen,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9892.  fol. 

.58  r",  1.321  —  Kemenet-maen  (Voir  cemenet)  —  Maen-gi,  Cart. 

Kempereleg.,    p.   36   —    Maen-fmit    (8),   ibid.,   p.   67    —  villa 

Maenhir,  1270,  villa  Menhir  1252,  Cart.  de  Prières  —  Maes  maen- 

guen,  chart.  Lestiala,  1447,  maes  menguen,  ibid.,  1436,  maes 

mynguen  et  meinguen,  ibid.,  1389. 
Maeoc  (9):   Santus   Maeocus,  Cart.   Coris.,  9890,  fol.  50,  1368, 

auj.  Saint-Mayeux  (Gôtes-du-Nord)  —  Treff-maeheuc,  ibid.,  auj. 

(1)  Voir  loifs,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Existe  aujourd'hui  sous  la  forme  LuufJioiiarn,  dans  le  pays  de  Quimpcr  et 
ailleurs  {ch  français). 

(3)  Voir  lon,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Voir  loKnern,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Cf.  armoricain  moderne  loudovr  malpropre. 

(6)  Voir  lonnen,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Cf.  liuuet,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  Écrit  maenfimt  par  M.   Maître.  Le  nom  énigmatique  de  Finit  existe 
encore  dans  un  nom  de  lieu  :  Ker-anjinit  en  EUiant. 

(9)  Voir  Jlaloc,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  219  — 

Tremeoc,  arrondissement  de  Quimper  —  Les-mayec  1416,  auj. 

Lesmaec  (prononcez  Lesvec)  en  Locmalo,  Morbihan  (Rosenzw., 

Did.  top.). 
Maer,  du  latin  major  :  Manez   an  maer  1416,  auj.  Manermaire 

(prononcez   Manermer)  en  Locmalo,  Morbihan  (Rosenzw.,   Dict. 

top.). 
Maes,  mes,  meas  champ  :  Caermaes,  Cart.  Kempereleg.,  p.  24 

—  Maes-myniqui,  Cart.,  9892,  fol.  81  r°,  1336,  la  lue  Mesminihy 
en  Quimper  —  Mes  kernilis.  Mes  kerdavid  (champs),  chart, 
Lesliala,  1478-1495;  Meas  an  Rohio,  Morlaix,  archives  Hôtel-Dieu, 
fol.  28, 1497;  an  meas  hyr,  an  Meas  liou,  chart.  Lestiala,  1594-1599. 

Magoaerou  (1)  murailles:  Le  Magoaerou  1416,  auj.  Magoro  en 
Priziac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Caer  mogaer  en 
Cozon,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2  v»,  1228  —  Moguer  an  princi- 
pater,  chart.  Lestiala,  1480-1509. 

Maguer  (E.  dict  us  an)  qui  nourrit,  Cart.  Coris.,  9891 ,  fol.  39  v», 
XIYe  siècle. 

Manach  moine  :  an  manacdy,  le  monastère,  Cart.  Kempereleg., 
auj.  Pont-manety  en  Guiscriff  (Morbihan)  —  Rivallon  dict.  Monach, 
Cart.  Coris.,  9891  fol.  39  r»,  XIV^  siècle  —  Loch-menech  1008, 
Locmine  1273  (Locus  monachorum  1387),  Lomenech  1406,  auj. 
Locminé  (2),  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

March  cheval  :  March-guethen,  Cart.  Kempereleg.,  p.  27;  Poul- 
Marchguezen  1430,  en  PloerJut,  auj.  Poulmarvezen  (3)  (Rosenzw., 
Dict.  top.)  —  Marhec,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  15  v»,  1362  (Voir 
Ken-maroc,  Guymarch,  Guyhomarch). 

Marzin,  du  français  Martin  ou  d'un  bas-latin  mârtinus,  Cart. 
Coris.,9892,  fol.42ro,  1348. 

Mat,  mad  bon  :  Mades,  femme,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  58  v»,  1323 

—  Materran?  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  13  v»,  1319;  Maderan, 
Morlaix,  archives  Hôtel-Dieu,  1497  —  Matret,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  41  r»,  XIY«  siècle  —  Menez-madezou  (4)  1430,  Menez  madezoy 


(1)  Voir  3lacoer,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  On  prononce  Logunèc'h  ou  Lognnic'h. 

(3)  On  prononce  Potilmarveti.  Rosenzweig  a  écrit  à  tort  Ponlmarzeven. 

(4)  Voir  Mat-nedoe  et  Mat-bidoe,  vieil  armoricain,  chartes;  cf.  Kermadehoy, 
en  Pleumeur  (Morbihan) 


—  t220  — 

1434,  Menemade  en  Priziac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.);  Joh. 

Ker-madeze,  Morlaix,  archives  Hôtel-Dieu,  fol.  56, 1497. 
Mathalon,  Évêchés  de  Bretagne,  par  G.  de  Bourgogne  et  A.  de 

Barthélémy,  VI,  p.  128,  1100,  acte  rédigé  au  XIII"  siècle;  Mazalon, 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Mahalon,  arrondissement  de 

Quimper. 
Mau  (1),  Kaer  an  Mau,  1315,  auj.   Kermaux   en  Saint-Thuriau  ; 

Kaermavyc     1282,    auj.     Kermavic     en     Languidic,     Morbihan 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Maucazre,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  13  —  Mauchuff,  Cart.  Coris., 

9891,  fol.  38. 
Maut  bélier  .-  G.  an  maul,  Cart.  Coris.,  9892..  fol.  55  r»,  1336;  fol. 

50  vo,  1314  (G.  arietis). 
Melaer  (Loc),  XII«  siècle,  auj.  Locmener,  dans  l'île  de  Croix  (Ro- 
senzw., Dict.  top.). 
Mellionuc  villa,  Cart.   Kempereleg.,  p.  77,  XIII''  siècle,  auj.  Er 

Velionec  en  Belz  (Morbihan). 
Menez  (2)  montagne  :  Menez  a  mael  1391,  auj.  Manermaire  en 

Ploërdut  (Morbihan);  manez  an  maer  1416,  Manermair  en  Loc- 

rnalo;   Menezanbec,  XVl'^    siècle,  auj.    Manerbec    en   Persquen; 

Menez-tirec  1403,  Mane-Tiret  enBranderion  (Rosenzw.,  Dict.  top.); 

Manez  Haelou  1401,  près  Auray,  archives  d'Ille-et- Vilaine,  prieuré 

deLocoal,  fonds  Saint-Sauveur-de-Redon. 
Ment  quantité,  grandeur  :  Guen-ment,  nom  de  femme,  chart.  Les- 

tiala  1431. 
Merzer  martyr,  1337,  Le  Merzer,  archives  Loire-Inférieure,  trésor 

des  chartes  —   Les-merzer  1422,  Lismerzel  1454,  auj.   Limerzel, 

Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Metlan  ou  Mezlan  1282,  auj.  Meslan  (3),  Morbihan  (Rosenzw., 

Dict.  top.)  -  Mezle,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle,  auj. 

Mael-Carhaix  (Côtes- du-Nord). 
Mezard,  Médard  :  pons  Mezardi,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  6  v, 

1348. 


(1)  Armoricain  moyen   mat/  agile,  armoricain  moderne  mao  enjoué,  actif, 
gallois  maw  aimable,  simple  (Owen  Pughe),  ou  *mau  serviteiu',  d'où  meveU 

(2)  Voir  monid,  vieil  armoricain,  chartes. 
(3;  On  prononce  mèlan  ou  melon. 


O'il  

Meur  (1),  muer,  mer  grand  (Voir  Frut,  Pen);  an  maes  meur, 
chai  t.  Lestiala,  1431  —  Ploe-muer,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50, 
XlVe  siècle,  auj.  Plomeur,  arrondissement  de  Quimper. 

Meurzin  (2)  (Ker),  en  Kerfeunleun,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  48  r", 
1379,  auj.  encore  Ker-Meurzin. 

Milbeu  (3)  :  terra  an  milbeu  en  Scazre,  Cart.  Coris.,  9891 ,  fol.  40  v, 
XlVe  siècle. 

Minihi  refuge,  asile  :  Cart.  Kempereleg.,  p.  27;  miniki,  ibid., 
p.  32. 

Moalch  merle  :  villa  Moaic  1282,  auj.  Keroualch  en  Meslan;  Les 
moualli  1367,  Les  ouffalch  1411,  Les  moalch  1432,  auj.  Lezevarch 
en  Merlevenez,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Moann  (4)  mince,  Cart.  Kempereleg.,  p.  41. 

Moeiic  dérivé  de  moel  (5),  moal  chauve  :  Moaellic,  Can.  saint  Vinc. 
Ferr.,  p.  183;  Alain  Le  Moeiic,  chart.  Lestiala,  1458. 

Mohoiarn  (6),  fonds  du  prieuré  de  Malestroit,  archives  du  Morbihan 
vers  1130  —  Cf.  Tremehouarn  1426,  auj.  Tremoar  en  Berric 
(Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Molff  (7)  (Saint)  1421,  auj.  Saint-Nolff,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict. 
top.);  Cf.  Saint-Molvan  en  Claguerec. 

Monezheiden,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  81  vo,  1336. 

Mor  mer  (Voir  armor};  Lanmor,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  11  v°, 
1246 —  Plo-morcat,  vie  de  saint  Gildas  de  Rhuys  (Voir  vieil  armo- 
ricain, Vies  des  saints),  auj.  Plumergat  (Morbihan)  —  Ker-morgat 
en  Plougaznou  (Finistère),  Morlaix,  archives  Hôtel-Dieu,  fol.  26, 
1497  —  Morgant  (Lan),  Cart.   Kempereleg.,  p.  42  —  Mor-gaz, 

(1)  Voir  mor,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Dérivé  probablement  de  ?neyrz  =  latin  mârti-.  H  est  peu  probable  que  Veu 
représente  un  son  e  sourd  bref,  auquel  cas  on  aurait  pu  songer  à  la  ville  galloise 
de  Caer-f}Tddin  {myrddln  ^  mari-dunnm),  Carmarthen. 

(3)  Cf.  gallois  milfyw  la  petite  chélidoine. 

(4)  Vannetais  moen. 

(.5)  Voir  mvel,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Il  se  pourrait  que  ce  nom  fût  composé  d'hoiarn  et  du  pronom  possessif 
mo,  vannetais  ?iie,  léonard  ra;  voir  la  note  à  to,  vieil  armoricain,  chartes.  Ce 
serait,  en  Armorique,  un  exemple  tout  à  fait  isolé  de  cette  formation. 

(7)  Le  chapitre  de  Yunnes,  en  1374,  l'a  transformé  en  sanctits  Majoltis,  et  on 
y  honore  actuellement  saint  Maveul  1  Pour  le  sens  de  molff,  cf.  irlandais  moderne 
molmha  (prononcez  molra)  loué,  vanté,  dérivé  de  la  racine  qui  a  donné  en  ar- 
moricain Diciill  et  en  gallois  moli  louer. 


—  22'2  — 

Cart.  Coris.,  9892,  fol.  34  ro,  1327  —  Morpennec  (Riuallon),  Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  12  r",  1337  —  Morvan,  Cart.  Coris.,  9892,  fol. 

39  \o. 
Motreff,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle,  auj.  Motreff  près 

Carhaix. 
Moustaer.  moustoer,  du  français  moustier,  monastère  :  Moustaer- 

Ryaval   1315,   Le  Moustoir   eu  Malguénac  (Morbihan);  Kaer  en 

Mostoer  1037,  Le  Moustoer  en  Plouhinec  (Morbihan)  ;  Moustoer- 

Babae  1426,  auj.  Moustoir-Babu  en  Ploërdut,  Morbihan  (Rosenzw., 

Dict.  top.). 
Nan,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  v,  XlVe  siècle. 
Nazrez  serpents  (1)  :  Kernazrez,  chart.  Lesliala,  1447. 
Nedelec  (2)  Noël,  chart.  de  Beauport,  p.  172,  1266. 
Neguell  (3)  (Voir  Kerneuguell  et  Ploekaerneguell). 
Neguezell,   dans   Ploeneguezell,    Cart.    Coris.,   9890,   fol.   43  v°, 

XIV"  siècle,  auj.  Plounevezel,  arrondissement  de  Châteaulin. 
Negueth,  Nevez  (4)  :   ecclesia  de  Negueth,  Cart.   Coris.,  9890, 

fol.  10  vo,  1240;  Nevez  vicaria,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v»,  1296, 

auj.  Nevez,  arrondissement  de  Quimperlé  —  Ploe-neuuez  en  Fou, 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  29  v",  XIIP  siècle,  auj.  Plounevez-du-Faou 

arrondissement  de  Châteaulin. 
Neidin  1253;  Neizin  1254,  aujourd'hui  Naizin,  Morbihan  (Rosenzw., 

Dici.  top.)  (on  prononce  Nain). 
Nemet,    Neved    :   Nemet   silva   (5),   Cart.    Kempereleg.,   p.    25; 

Caznemed,  Cazneved  (Voir  Cat). 
Nerth,  Nerz  force  (Voir  Doenerth). 
Nevenoe  (Voir  Numenoe). 
Nez  nid  :  Mabilia  de  Bot-Nezgat,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  30  v»,  1329, 

auj.    Bonnescat    en    Plogonnec,    arrondissement    de    Quimper; 


(1)  Cf.  le  substantif  gallois  nadredd  ou  l'adjectif  neidraidd  comme  un  ser- 
pent; l'armoricaiu  actuel  aer,  èr,  èl,  est  pour  naer  ^=  nazr,  nadr;  c'est  Vti  final 
de  l'article  annazr  qui  a  amené  cette  méprise  de  la  langue. 

(2)  Voir  notolie,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Probablement  de  la  même  racine  que  nevez  (nen-cU  =  *novillos  ou  *no- 
vellos). 

(4)  Voir  nouuid,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Forêt  qui  existe  encore  en  partie  en  Plogonnec,  canton  de  Douamenez 
(Finistère).  Voir  Nimet,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  '■lis  — 

Bonnezgat  (J.),  chart.  Lestiala,  1458  —  Adeline  de  Neizbran,  Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  7  r»,  1325  —  Neyzbran  1283,  auj.  Névran  en 

Silfiac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Ninmon,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  31  r",  XIII^  siècle;  Kaer  nynuon, 

ibid.,  fol.  6  r»,  1227. 
Noec  :  Castel-Noec  (1)  1066,  Castrum  Noicum  1125,  Castrum  Noyec, 

1387,  auj.  Castennec  en  Bieuzy,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Noezr  :  Riuallon  an  Noezr,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  31  r»,  1337. 
Numenoe  villa,  Cart.   Kempereleg.,  p.  54;  Neuenoe  (P.),    Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  30  r",  1335. 
Nuz  (2)  ;  Yv.  Ker-nuz,  chart.  Lestiala,  1459. 
Odeth,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2  r»,  1228,  l'Odet,  rivière  qui  se  joint 

au  Teyr,  auj.  Sler  à  Quimper  (Voir  Cemper). 
Onuen  (3),  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  31  r^,  XIII^  siècle, 

Onguen,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  68  v%  1315. 
Orven,  nom  de  femme,  Cart.  de  Prières,  1266;  Orguen,  chart.  de 

Beauport,  p.  188, 1271,  1068-1085. 
Ouregon  (4),  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  9  r»,  1249; 

Ouregann,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  v",  XIV^  siècle;  Oureguen, 

ibid.,  fol.  39  v,  XIV'^  siècle;  Oreguen,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  8  r", 

1336. 
Paen  (5)  (Kar),  1270,  la  Ville-Pain  en  Saint-Gonnery,  Morbihan 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Parefarth,    perefarth   (6)   quart,   Cart.  Kempereleg.,   p.  27   : 

hanter  minol  kerch  et  parefarth,  ibid.,   perefart  (p.  28,  hanter 

qiiarturun  frumenti),  auj.  palevarz,  vannetais  palevarh. 
Pasquezen  (7),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  58  v°,  1323, 
Pauthouat,  nom  de  femme,  Cart.  Coris,,  9892,  fol,  75  r",  1348; 

Paothoat,  Paotoat,  ibid.,  fol.  58  v°,  1323. 


(1)  Sur  l'emplacement  de  la  station  romaine  de  Siilis. 

(2)  Gallois  Kudd,  irlandais  Ntiada  =  nôdens.  Voir  la  note  à  nodent,  vieil  ar- 
moricain, chartes. 

{?>)  Voir  la  note  à  Omgnenn,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Oreguen  et  Our-ken,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  En  1265  villa  Pagani.  La  forme  bretonne  a  été  probablement  empruntée 
au  français  et  non  directement  au  latin. 

(6)  Voir  Petorritum,  vieux  celtique,  noms  gaulois  tirés  des  écrirains  anciens. 

(7)  Voir  Pasc-nueten,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  2i>4  — 

Peleterien  pelletiers  :  Ker  an  peleterien  4413,  Ker  an  belelerian  1432, 
auj.  Kerbeterien  ou  Kerbeterian  en  Ploërdut,  Morbihan  (Rosenzw., 
Dict.  top.). 

Pemdez  chaque  jour  :  Yvo  dictus  Pemdez,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  41  v°,  1348. 

Pen  tête,  bout,  extrémité  :  Pen-bezu,  lieu,  en  Noyal-Pontivy,  1267 
(Rosenzw.,  Df et.  top.)  —  Alanus  dictus  Pennharz, Cart.  Coris., 9890, 
fol.  33  v  —  Pengam  (E.  dictus),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  v°, 
XlVe  siècle  —  Penhuet,  Cart.  de  Prières,  1282;  G.  Penquet,  ibid., 
\111;  Penquoet  en  Ploegoneuc,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  19  r»,  1325, 
auj.  Penhoat  en  Plogonnec  près  Douarnenez  —  Penkaer-Lesquoet 
1429,  auj  Penher-losquet  en  Pluvigner,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict. 
top.)  —  Penoroall,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  59  r°,  1323  —  Pen- 
styffyen,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle,  auj.  Pestivien 
(Côtes-du-Nord)  —  Pen-ret,  auj.  Perret,  voir  pen,  vieil  armoricain, 
chartes. 

Penguenn  (1)  :  deux  penguemies  de  terre  ou  champ  nommé 
an  dachen  leiz,  chart.  Lestiala,  1463-1475;  troys  penguens,  ibid., 
1539-1587;  deux  penguens,  ibid.,  1436-1447. 

Pezran  (Loc),  1423,  Loperan  1446,  auj.  Port-Louis,  Morbihan 
(Rosenzw.,  Dict.  top.);  Tribus  Petrani  (2),  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  4ro,  1236. 

Pezron  :  Poul-pezron,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  56  v»,  1301  — 
Ker-pezron  1363,  Kerbezron  1391,  auj.  Kerberon  en  Plumergat, 
Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Pezdron  (3),  Cart.  de  Prières, 
1484,  Can.  saint  Vinc.  Ferr.,  p.  247. 

Permet  milieu  (4),  Cart.  Kempereleg.,  p.  39. 

Perz  (5)  :  Perzquen  1387,  auj.  Persquen,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict. 
top.),  prononcez  Perhken  ou  Perken. 

(1)  Pour  pengenn.  Le  dictionnaire  de  Le  Gonidec  le  traduit  par  .nllon,  ou 
planche,  petit  espace  de  ten-e  plus  long  que  large  où  l'on  fait  venir  des  légumes, 
herbages,  etc.,  et  aussi  par  arj)e7it  ou.  journal  :  c'est  ce  dernier  sens  qu'il  paraît 
avoir  ici. 

(2)  Voir  Petran,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Pour  ;;/•.  dr,  donnant  sporadiquement  zr,  zdr,  voir  cazr.  Pezdron  est  au- 
jourd'hui Pedron,  nom  assez  commun  à  l'est  de  Vannes. 

(-1)  Yoii  2fermet,  vieil  armoricain,  chartes. 
(.^)  Voir  Pert,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  225  — 

Pinuizic  riche  :  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  48  rû,  XIV-^  siècle. 

Pleizben:  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  4  r»,  12G7,  auj.  Pleyben  (Finis- 
tère). 

Ploeu,  ploe  (1)  :  Ploe-mur,  Cart.  Kempereleg. ,  p,  53  (Pleumeur, 
Morbihan)  —  Ploeu-sulian,  Cart.  Kempereleg.,  p.  73,  XIII^  siècle 
(Plusulien)  —  Ploecuuan  (Voir  cuuan)  —  Ploedrosic,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  10  r°,  auj.  Pouldreuzic,  arrondissement  de  Quimper  — 
Ploegofi;  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  49  v",  1379,  auj.  Plogoff,  arrondisse- 
ment de  Quimper  —  Ploemadiern,  Cart.  Coris. ,  9890,  fol.  7  v«,  1223, 
auj.  Plomodiern,  arrondissement  de  Quimper  —  Ploeneiz,  Cart. 
Coris.,  9891,  fol.  49  vo,  1379  —  Ploeneor  (2),  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  29  v,  XIIP  siècle,  auj.  Ploneour,  arrondissement  de  Quimper 

—  Ploetheuet,  Cart.  Coris.,  9898,  fol.  2  v»,  1220,  Ploezeuet,  Cart. 
Coris.,  9891,  fol.  24  v",  1296,  auj.  Plozevet,  arrondissement  de 
Quimper  —  Ploezinet  (3),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  36  r",  1300,  auj. 
Plouhinec,  arrondissement  de  Quimper  —  Ploi-adgat  (Voir  adgat) 

—  Ploe-lan,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Poullan  près 
Douarnenez  —  Ploeozvan,  ibid.,  auj.  Plovan,  arrondissement  de 
Quimper—  PloebanazUeuc,  ihid.^  auj.  Plobannalec,  arrondissement 
de  Quimper  —  Ploemeryn,  ïbid.,  auj.  Plomelin,  arrondissement  de 
Quimper  —  Ploekaerneguell,  manuscrit  Ploekaerguenell,  ibid., 
auj.  Plouguernével  (Côtes-du-Nord) —  Ploezestcaelleuc,  ïbid.,  auj. 
Plusquellec  (Côtes-du-Nord)  —  Pleguin,  ibid.,  auj.  Plevin,  près 
Carhaix  —  Ploegrauch,  auj.  Plourac'h  (Côtes-du-Nord)  —  Ploe- 
longuen,  ïbid.^  auj.  Poullaouen,  arrondissement  de  Châteaulin  — 
Ploeye,  ibid.,  auj.  Plouyé,  arrondissement  de  Châteaulin  — 
Ploemeguen,  ïbid.,  auj.  Ploeven,  arrondissement  de  Châteaulin 

—  Ploegastell,  ibid.,  auj.  Plougastel-Saint-Germain,  près  Quimper 

—  Ploeneguezell  (Voir  Neguezell)  —  Ploe-rimael,  Cart.  Coris., 
9891,  fol.  44  r»,  1368;  9890,  fol.  50,  1368,  auj.  Plonivel,  arrondis- 
sement de  Quimper  (Ploenyvel  dès  1540,  archives  des  Côtes-du- 


(1)  YoÎT pluiv,  vieil  armoricain,  chartes;  en  premier  terme,  ce  mot  devient 
une  sorte  de  proclitique  qui  subit  d'assez  nombreuses  altérations  (plo,  jJ^oii,  pieu, 
plu)  dépendant  en  grande  partie  de  la  voyelle  de  la  syllabe  qui  suit  (Pleu-meur, 
Plu-f ur,  Pluvigner).  Accentué  et  indépendant,  ce  mot  a  la  forme  ploxié. 

(2)  Voir  Eneguor,  vieil  armoricain,  chartes. 

(3)  Cf.  hidinuol  vieil  armoricain,  chartes  (Ploe-hidinuc,  Plouhinec,  Morbihan). 

15 


—  226  — 
Nord  —  Pen-en-ploe  1442,  Pen-er-bloué,  XYII"  siècle,  auj.  Sainte- 
Barbe-en-Plouharnel,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Po,  pou  (1),  du  latin  pâgus  :  Po-kaer  (pagus  castri)  (2),  Cart.  Kempe- 
releg.,  p.  45;  Pochaer,  ïbid.,  p.  39;  Pochaer,  Cart,  Coris.,  9890, 
fol.  6  r°,  1216;  Pocchaer,  ihid.,  4  \o,  1236;  Poher,  Archives  d'Ille- 
et-Vilaine,  fonds  Saint-Sulpice,  liasse  89,  1152  —  Carnoet-Pohaer, 
Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v°,  1296,  auj.  Carnoet  (Côtes-du-Nord), 
dans  l'ancien  pagus  de  Caer  (Pohaer),  chef-lieu  Carhaix  —  Poe  (3) 
Carnoet,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  6  r»,  1216  (Banadloc  in  poe 
carnoet)  —  Pomorit  (Will.  de),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r",  1244; 
Pemerit  (4),  ihid.,  fol.  50,  XIV^  siècle  —  Pumurit,  Évêchés  de 
Bretagne,  p.  128,  1160  (rédaction  du  XlIIe  siècle);  Pomoroit,  Po- 
morit (5),  chart.  de  Beauport  p.  198,  1273  —  Pou-bels  (6)  1037 
(pagus  qui  dicitur  Beels  1029),  chef-lieu  Belz,  arrondissement  de 
Lorient,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Poez  (7)  cuit,  chaud  :  Garzpenboez  1461,  village  en  Bignan,  auj. 
Caspenboih  (R^osenzw.,  Dict.  top.). 

Porth,  port  port,  cour  à  l'entrée  d'une  maison  :  Portangoaraguer, 
XV«  siècle,  auj.  Borgrouaguer  en  Palais,  Belle -île,  Morbihan 
(Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Porz-piz  1406,  auj.  Porpic  en  Saint- 
Gonnery,  Morbihan  de  langue  française  (Rosenzw.,  Dict.  top.) 
—  Portzbriendo,  XYII^  siècle,  auj .  Propriando  en  Ploeren,  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Porthoed  (8)  (plèbe  nova  in),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2  v»,  1242, 
auj.  Plounevez-Porzay,  arrondissement  de  Châteaulin  (Finistère); 
pagus  Porzoed,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  30  v%  X1II«  siècle; 
Porzoez,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  34  r»,  1267. 


(1  )  Voir  2}oii,  vieil  armoricain,  chartes.  Accentué  et  indépendant,  ce  mot  se 
trouve  encore  aujourd'hvxi  sous  la  forme  ^om  .•  Le  Pou,  en  Lignol  (Morbihan), 
prononcez  er  2^on:  Proclitique,  il  devient  7^0,  peu,  pe, 

(2)  Pour  rétendue  de  ce  pagns  dont  le  chef-lieu  était  Carhaix,  voir  A.  de  la 
Borderie,  Anniiaire  historiqve  et  archéologique  de  Bretagne,  1861,  p.  152. 

(3)  Poe  indique  ici  probablement  une  prononciation  jjen. 

(4)  Aujourd'hui  Pcumerit,  arrondissement  de  Quimper. 

(5)  Pommerit-le- Vicomte  ou  Pommerit-Jaudy  (Côtes-du-Nord). 

(6)  L'étonnant  chapitre  de  Vannes  en  a  fait  Pvnt-Bels  dès  1422,  d'où  l'archi- 
diaconé  de  Pont-Belz. 

(7)  Y oir  poeth,  vieil  armoricain,  chartes. 

(8)  Paraît  être  un  pluriel  en  oez  (gallois  oedd)  de  portJi. 


—  227  — 
Posteuc(l),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  40  r»,  XIV«  siècle;  Postuec, 

ibid.,  fol.  38,  XlVe  siècle. 
Poul  mare  :  Poul-cofîov,  lieu  près  Quimper,  Cart.  Coris.,  9892, 

fol.  9  ro,  1338. 
Poyll  (2),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  40  v»,  XIV«  siècle. 
Pritgual  (3),  Cart.  Kempereleg.,  p.  34. 
Prigent  (4)  (Even),  Cart.  Kempereleg.,  p.  42. 
Puch  (5)  :  luo  Puchuezle,  Puch  e  huezle  (Voir  he). 
Pyllae  (6)  (Pùuallon  dictus),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  v,  XIV^  siècle. 
Rac  devant,  avant,  préfixe  et  préposition  :  Rachaer,  Cart.  Coris., 

9892,  fol.  26  ro,  1333;  an  Rakaer,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  5  v°, 

1314,  faubourg  de  Quimper. 
Radenec,  de  raden  fougère  :  Mouster  en  Radenec  1182-1202, 

abbaye  de  Lanvaux,  Mouster-Radennac  en  1387,  dont  on  a  fait 

Moustoirac  (Morbihan). 
Ran  (7)  part,  parcelle,  division  :  Ran-cornuc,  XII«  siècle,  auj. 

Ran-gornet  en  Marzan,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Rat  :    Rat-frid,   Cart.    Kempereleg.,    p.   39;   Ratguethen,  ibid., 

p.  36. 
Ret  (8)  ;  Rethcand,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  7  v»,  1223;  Redgand, 

ihid.,  fol.  8  r°,  1228  —  Redoret,  prieuré  de  Saint-Martin-de-Jos- 

selin,  1116  —  Matret,  Berth-ret  (Voir  wat,  berth). 
Res  (9)  :  Resguethen,  Cart.  Kempereleg.,  p.  79,  XIII*^  siècle  — 

Resou,  ibid.,  p.  38. 


(]  )  Gallois  et  armoricain  post  pilier,  et  au  figuré  soutien,  colonne, 

(2)  Cf.  armoTlcaJyn  j)oell  raison,  réflexion,  gallois 2)mjll. 

(3)  Yoirjjrit,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Vieil  armoricain  Frit-gcnt,  Prlt-ient. 

(.5)  Puch,  Tpent-êtve  VarmoTicain  2>evc'h,  peoc'h  paix. 

(6)  Cf.  gallois  pilai  phalène,  papillon  de  nuit.  L'y  a  ici  la  valeur  d'un  i,  comme 
presque  toujours  d'ailleurs  dans  nos  chartes. 

(7)  Donné  comme  masculin  dans  le  dictionnaire  de  Le  Gonidec,  mais  féminin 
en  gallois  et  aussi  en  armoricain,  jusqu'à  une  époque  tout  à  fait  moderne, 
comme  le  prouve  le  traitement  des  consonnes  initiales  des  mots  qui  suivent  raji 
en  composition.  Il  est  même  permis  de  douter  qu'il  soit  aiijourd'hui  masculin; 
au  moins  ne  l'est-il  que  sporadiquement.  Grégoire  de  Eostrenen  le  donne  comme 
féminin  :  Cahout  ar  rann  vras  avoir  le  gros  lot;  voir  Dictionnaire  français- 
breton,  au  mot  lot.  Dom  Le  Pelletier  également  :  diou  rann  deux  parts. 

(8)  Voir  rit,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Voir  Ris,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  228  — 

Rest  (1)  (Voir  tezael). 

Reth  (2)  :  Rethian,  Cart.  Kempereleg.,  p.  37. 

Ri  roi,  chef  :  Riarthou,  Cart.  Kempereleg.,  p.  37  —  Moustaer 
Ryaval  (Voir  Moustaer)  —  Treu  Ridiern,  Cart.  Kempereleg.,  p.  45 
—  Ploe-rimael  ecclesia,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  U,  1368  — 
Rimelen,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  80  v%  1321;  Riuelen,  Cart. 
Coris.,  9890,  fol.  8  r»,  XIII^  siècle  —  Riuallazr  (saint)  (Voir 
gualatr)  —  Riuallon,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  r",  XIV<=  siècle; 
Kaer-riguallen,  alias  Kerrualen  et  Coetrivalen  1315,  auj.  Kerivalen. 
en  Malguenac,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Rivallonus, 
gallice  Riallen,  Cart.  de  Prières,  1275  —  Ker-riven  1397,  Ker- 
riguen  1445,  auj.  Keriven  en  Saint-Caradec-Tregomel,  Morbihan 
(Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Kaer-Riolae,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  30 
r",  en  Plounevez-du-Fou  —  Riuallonou,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  39  ro,  XlVe  siècle  —  Rivait  an  Crue,  Cart.  Kempereleg., 
p.    72. 

Roant,  roiant  (Voir  rouant). 

Rodald,  Rozaud  :  Rodald,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  5  v»,  1240  — 
Rodaud,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  5  v»,  1247;  Rozaud,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  37  v»,  1339;  Rouzaud  (3),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  38  \o, 
XIV«  siècle. 

Roderch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  50  —  Coet-Rozerh  141G;  Coethrouel 
1544,  auj.  Kertrual  en  Sulniac  (Morbihan);  Raer-rozerch  1397, 
auj.  Keroset  en  Saint- Avé,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Roen  (4)  (Voir  Aldroen)  —  Roengual,  Cart.  Kempereleg.,  p.  43; 
Roenguallon,  Cart.  Kempereleg.,  p.  36  —  Roenhuarn,  Cart. 
Kempereleg.,  p.  72  —  Mes  Roeniant,  Cart.  Kempereleg.,  p.  28, 
XlIIe  siècle. 


(1)  Entre  en  composition  de  beaucoup  de  noms  de  villages.  Le  sens  de  ce  mot 
est  incertain.  Serait-ce  un  emprunt  germanique?  (Vieux  haut  allemand  7'esti 
repos).  Il  ne  faut  pas  oublier  que  des  troupes  franques  ont  été  cantonnées  à 
Vannes  jusqu'au  milieu  du  IX^  siècle.  Ainsi  s'explique  l'emprunt  de  hanaf  et 
d'autres  mots.  Signalons  restU  dans  Ducange  dans  le  sens  de  mesure  itinéraire  : 
Octoginta  restes  leucam  faciunt. 

(2)  Voir  vieil  armoricain  reith  :  Rethian  pour  Rethien  (Festian  pour  Festien) 
dérive  d'une  forme  vieux  celtique  Rectugenos. 

(3)  Aujourd'hui  souvent  devenu  Roaut  et  Rouatid, 

(4)  Voir  roiant,  roin,  avec  les  notes,  vieil  armoricain,  chartes. 


-  229  — 
Roez   (1)    :   Roezfau   1296,    le    Rufaux  en    Melrand,    Morbihan 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Ros  tertre  en  général  couvert  de  bruyères,  G.   de  Penros,  Cart. 

Coris.,  9892,  fol.  18   ro,  132   (Voir  Rostrenen   à   draenen)  — 

Azanor  de  Prat-an-Rous,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  3  r",  1304  — 

Rosquoet  nemus,  1270  (2),  auj.  le  Rongoet,  en  Pontivy;   Roz- 

quoedou  1296,  auj.  le  Rongoedo  en  Melrand,  Morbihan  (Rosenzw., 

Dict.  top.)  —  Roslochen,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  50,  XI V«  siècle, 

auj.  Rosnoen,  près  Chàteaulin. 
Rot  :  Anaurot  (Voir  Cemper). 
Rouant  (3)  :  Kaer-rouant  (P.  de),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  69  v", 

1338  —  Roantelin,  archives  d'Ille-et-Vilaine,  fonds  Saint-Sulpice, 

liasse  89,  1152;  Jehan  Dolcques  (ou  Doloques)  autrement  Rou- 

andelin  (4),  chart.  Lestiala,  1460. 
Run  (5)  :  Alan  Runbran,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  49  v°,  1379;  villa 

Rungant  1233,   abbaye  de  Lanvaux,  archives  du  Morbihan  — 

Michel  Le  Run,  chart.  Lestiala,  1460. 
Ruz  (6)  rouge  :  Even  Rus,  Cart.  Kempereleg.,  p.  73;  Glemarchuc 

Rus,  ihid.,  p.  72  —  terra  Ruz-radenec  al.  Kikradenec,  Cart.  de 

Prières,  1252. 
Sach  sacciis  :  terra  Sach-radul,  Cart.  Kempereleg.,  p.  79,  XIII^  siècle 

(Sarraoul  1490,  Sachraoul  1537,  auj.  Le  Sach,  partie  en  Etel, 

partie  en  Belz,  Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Salamun  Salomon  :  Salamun  sapiens,  Cart.  Kempereleg.,  p.  80; 

Salaguun,  Cart.  Coris,,  9890,  fol.  8  r%  XIII«  siècle,  auj.  Salaûn  (7). 


(1)  Pour  oe  donnant  u  en  vannetais  moderne,  cf.  haut  vannetais  riideu  les 
filets,  ailleurs  roncjou,  gallois  rhwydau  (du  latin  rëte).  Roez  aujourd'hui  rouez 
n'a  que  le  sens  de  rare,  clairsemé,  gallois  rhuydd  facile,  libre  ;  voir  roed,  vieil 
armoricain,  chartes. 

(2)  Le  manuscrit  porte  Roez  (juoedon,  mais  la  prononciation  actuelle  rongoed 
ne  peut  s'expliquer  que  par  ros  :  on  prononce  dans  une  partie  du  Vannetais  à 
peu  près  comme  ronz  (cf.  vous). 

(3)  Voir  roiant,  vieil  armoricain,  chartes. 

(4)  Cf.  Arijant-eilin  {Mamimùsions  on  the  Bodinin  Gospel,  Revue  celtique,  I, 
p.  338)  ;  elin  coude. 

(5)  Voir  run,  nom  de  lieu,  et  Run,  nom  d'homme,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Voir  rud,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Dans  le  vannetais  Selaven  :  Ker-selaven  en  Plumeiin  ;  Sant-selaven,  en 
Guern,  écrit  Saint-Salomou  ;  cf.  gallois  seli/f  =  Salomô. 


—  230  — 
Santeuc  :  Yvo  Kaer-santeuc,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  48  v'%  1379, 
Sar,  rivière,  affluent  du  Blavet  (Voir  Brensar). 
Scadr,   scazr,  auj.  Scaer  (Finistère);  Scadr,  Cart.  Coris.,  9890, 

fol.  2  vo,  1220;  Scazre,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  25  r»,  1270. 
Scahunec  (1)  (Alanus  dictus),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  57  r°,  1384. 
Scamou  (R.  dictus),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  38,  1339. 
Scoet  bouclier  (Voir  Harscoet  à  houarn  et  Mael-scuet). 
Scolan  (2)  (Yv.),  Can.  saint  Yves,  p.  202. 
Sculcher  (3)  (an),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  40  v,  XIV^  siècle. 
Sent  (4)  saint  :  Sent  Defridec  (Voir  Tefridec). 
Serch  amour  (Voir  Guen-serch,  Gurserch). 
Sidun  (Voir  Bodoc-cap-sidun);  insula  Sizunt,  Cart.  Coris.,  9891, 

fol.  43  ro,  XlVe  siècle. 
Soult  (5),  Soult-Alarun,  Cart.  Kempereleg.,  p.  44,  auj.  Sant-Alarun 

en  Guiscriff,  Morbihan  (Voir  Givenhaes) . 
Spethot,  Spezot,  auj.  Spezet  (Finistère)  :  Spethut,  in  Pochaer, 

Cart.  Coris.,  9890,  fol.  6  r",  1216;  Spethot,  ihid.,  fol.  2  v",  1220; 

Spezot,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  24  v%  1296. 
Spontaill  (6)  terra,  Cart.  Kempereleg.,  p.  37. 
Stellan,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  49  v»,  1379. 
Strat  (7)  :  Caer-slrat,  Cart.  Kempereleg.,  p.  32,  Caer-strat,  in  plèbe 

Neuez  Porzoed,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  31  r»,  XIII«  siècle. 
Sul  (8)  :  Sulguen,  nom  de  femme,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  10  v»,  1311  ; 

Suluen,  chart.  Lestiala,  1461-1475  —  Ros  Sulchezre  1416,  auj.  R^o- 


(1)  Ce  mot  a-t-il  quelque  chose  à  faire  avec  cahvni,  cafnni  (Le  Pelletier) 
couvrir  le  feu  (et  aussi  couvrir  quelqu'un  avec  soin  dans  son  lit,  Le  Gonidec,  à 
cafnni)  ? 

(2)  Cf.  Eer-scovlan,  en  Plouay  (Morbihan). 

(3)  Cf.  armoricain  moderne  skulla  ou  shiilla  répandre,  verser. 

(4)  En  armoricain  et  en  gallois  la  prononciation  est  sant.  Saint  paraît  emprunté 
au  vieux  français  ou  influencé  par  lui.  On  prononce  er  zént  pour  la  commune 
du  Saint,  canton  de  Gourin  (Morbihan),  mais  il  est  probable  qu'il  s'agit  en 
réalité  d'un  pluriel.  Voir  sent,  vieil  armoricain,  chartes. 

(5)  Voir  soit,  vieil  armoricain,  chartes. 

(6)  Épouvantail,  emprunté  au  français. 

(7)  Strad,  dans  Le  Gonidec,  est  traduit  par  le  fond,  le  crenx;  en  gallois 
ystrad,  qui  a  la  même  origine,  indique  généralement  une  vallée  et  un  endroit 
uni.  Les  Ker-strat  sont  nombreux  en  Armorique,  surtout,  assure-t-on,  dans  le 
voisinage  des  voies  romaines. 

(8)  Voir  sul,  vieil  armoricain,  chartes. 


—  '231  — 
zulair   (prononcez   Rosulér   ou  Rozulér)  en  Locmalo,  Morljihan 
(Rosenzw.,  D'ici,  top.). 

Suluniac  (1)1160,  Siilunyacl387,  Suillinizac  1387,  Sullunyac  1415, 
auj.  Sulniac  (Morbihan). 

Tadou,  Cart.  Kempereleg.,  p.  38;  Tadioc,  Cart.  Coris.,  9891, 
fol.  1220  (dérivés  de  tat  père). 

Tal  front,  qui  est  sur  le  front  de,  près  de  :  Talguen  (an) ,  Cart.  Coris. , 
989'2,  fol.  31  r°,  1337  —  Saint- Dalouarn,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  30  r»,  1335;  ihid.,  fol.  27  r°,  1328  (pour  Talhouarn;  gallois 
Talhearn)  —  Talenhuet  en  Elven,  Cart.  de  Prières,  1255  ;  Oliv. 
Talhoit  (2),  archives  du  château  de  Kerguéhennec,  1290  — 
Talenquait  1274,  auj.  Talcoet-Noyal  en  Pontivy,  Morbihan  (Ro- 
senzw.,  Dict.  top.). 

Taliesin  (P.  dictus),  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  23  v%  1325;  Petrus 
Yvonis  Talyesini  (3),  fol.  24  r°,  1331;  Talgesin,  ibid.,  fol.  79  r», 
1314. 

Tan  feu  :  Tan-ki,  Cart.  Kempereleg.,  p.  33;  Tangi,  ihid.,  p.  71; 
Tangui,  ibid.,  p.  77,  1218;  Tan-guethen  insulal037,  dom  Morice, 
Preuves,  I,  p.  373,  auj.  Saint-Michel  (4),  dans  la  rade  de  Lorient  — 
Tan-reed,  Cart.  Kempereleg.,  p.  36  —  Quoet  Tanezre,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  5  vo,  1348;  Tanheder,  Cart.  Kempereleg.,  p.  54,  Tanirz, 
ihid.,  p.  75  —  Gleudanet,  Cart.  Kempereleg.,  p.  54. 

Tayac  :  ecclesia  sancti  Tayaci,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  33  v",  1262, 
auj.  Lothea  en  Quimperlé. 

Te  (5)  :  Terethian  (6)  terra,  Cart.  Kempereleg.,  p.  35;  Tiridian,  Cart. 
Coris.,  9890,  fol.  8  r°,  XIII«  siècle;  cf.  Te-fridec. 


(1)  Sulniac  est  un  nom  de  Tépoque  gallo-romaine.  C'est  un  nom  de  propriété 
formé  sur  Sulinus  ou  Sidifiiiis.  Le  nom  de  Sulinus  se  retrouve  en  Grande- 
Bretagne  à  .Sulis,  aujourd'hui  Bath  :  Sulevi^  Sidinus  scultor,  Bruceti  f(ilius), 
sacrum  f(ecit)  l(ibens)  m(erito)  (Hiibner,  Inscript,  brit.  lat.,  37).  Comme  le 
fait  remarquer  Hiibner,  Sulinus  tire  son  nom  de  la  déesse  Sulis.  On  sait  que 
Sulis  est  aussi  l'ancien  nom  de  Castennec  en  Bieuzy'( Morbihan). 

(2)  On  compte  dans  le  Morbihan  seul  une  cinquantaine  de  villages  de  Talhouet. 

(3)  Il  en  résulte  que  le  nom  du  fameux  barde  gallois  était  un  nom  de  famille 
en  Armorique. 

(4)  Ce  nom  de  Tan-guethen  ''qui  combat  avec  le  feu)  est  très  significatif,  si 
l'on  songe  qu'il  a  été  remplacé  par  celui  de  saint  Michel. 

(.5)  Voir  to,  vieil  armoricain,  chartes. 
(6)  Torithgen.  vieil  armoricain,  chartes. 


—  232  — 
Tefridec  (1)  :  Sent-Defridec,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  r^,  XIP  siècle, 

auj.  Saint-Evarzec,  arrondissement  de  Quimper  —  Saint-Teffredeuc 

ou  Saint  Effredeuc,  9890,  fol.  50,  XI V«  siècle. 
Teg  beau"?  :  villa  Dech,  1296,  auj.  Ker-dec  (2)  en  Baud,  Morbihan 

(Rosenzw.,  Dict.  top.). 
Teleu  (3)  (Saint)  :  Ecclesia  sancti  Deleui,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  2vo, 

1220;  Landeloi  (vicariam  de),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  24  v»,  1296; 

Lan-teleau,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  51  r^,  1368,   auj.  Lan-deleau, 

arrondissement  de  Chùteaulin  (Finistère). 
Telgruc,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  4  v",  1236  (Thelgruc),  auj.  Telgruc, 

arrondissement  de  Chàteaulin. 
Temer  (4)  obscur  :  vicus  Themer,  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  11  r°, 

1219;  Demer,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  29  v»,  1330. 
Terguisiaeth,  rente  ainsi  nommée,  Cart.   Kempereleg.,  pp.  48, 

50  (5);  Terguisiaed   (6),  Cart.    Coris.,  9890,  fol.  2  v%    1228; 

Terguisiaeth, 'ibid.,  9890,  fol.  6  r»,  1227;  Treguisiez  en  Mal- 

guénac    (Morbihan),   archives  des  forges   de    Lanouée,    1461; 

Teruysiez  (7),  chart.  Lestiala,  1389;  Tervisiez  (8),  ibid.,  UAl. 
Tezael  (9)  :  Kerdezael,  1406,  auj.  Kerdehel  en  Baud,  Morbihan 

(Rosenzw., Dici.  iop.)  —  Rest-dezaelbeu,1422;  auj.  Restaloué (10) 

en  Lignol  (Morbihan). 
Teyr,  rivière  dont  le  confluent  avec  l'Odeta  donné  son  nom  à  la  ville 


(1)  Voir  to,  vieil  armoricain,  chartes. 

(2)  Deux  autres  Ker-dec,  l'un  en  Lanvaudan,  l'autre  en  Naizin  (Morbihan) , 

(3)  C'est  le  nom  du  saint  gallois  bien  connu  Tellau. 

(4)  Traduit  dans  le  Cartulaire  par  obscurvs. 

(.5)  Septem  hanafat  mellis  hoc  est  redditio,  videlicet  décime  et  terguùiactli. 

(6)  Nostrum  terguisiaed,  id  est  sex  caruuenatas  (Voir  caruenat)  frumenti 
annis  singulis  persolvendas.  —  Nomine  dicti  terguisiaed  solvent  très  denarios 
annuales.  —  Si  autem  ante  dictum  terguisiaed  supra  dicte  termine  non  sol- 
vetur. . .  —  Sœpedicti  terguysiaed  debitores  (trois  bannies  :  cf.  gallois  gngs 
sommation). 

(7)  Une  petite  écuellée  de  fourment  à  la  mesure  que  l'on  doit  rendre  le 
teruysiez  —  1519,  archives  des  forges  de  Lanouée  :  devoir  de  Trevisien  [sic]  : 
doivent  et  sont  tenus  aller  en  la  compagnie  des  receveurs  et  chastelain  dudit 
vicomte  et  emporter  le  blé  de  rente  au  grenier  du  dit  vicomte. 

(8)  Nos  tervisiez  de  Ploemeur  seront  banis  et  paies  (teir-gwisiaeth  trois 
bannies  1). 

(9)  Voir  TetJi,  vieil  armoricain,  chartes. 

(10)  Ce  nom  est  différent  du  premier  et  l'a  remplacé,  mais  n'en  vient  pas  ; 
Restaluez  dès  1477.  Pour  alwez,  voir  alvoez. 


—  233  - 
de  Quimper  (Voir  Cemper),  auj.  le  Steyr  (1);  Teyr,  Cart.  Coris., 
9890,  fol.  11  V",  1263;  Lesteyr,  \illage,  ihid.,  fol.  6  r»,  1227. 

Ti  maison  :  an  Dour-dy  (2)  (Voir  dour),  manacdy  (Voir  manach); 
Le  Tieuc,  chart.  Lestiala,  1447;  Thiec,  Cart.  de  Prières,  1358. 

Tigorent,  nom  commun  de  sens  obscur,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  36 
ro,  1338  (3),  ihid.  (4),  fol.  61  v°,  1326,  ihid.  (5),  fol.  13  r», 
1346,  ihid.  (6),  fol.  15  v»,  1329;  Thiorent(7),  ihid.,  M.  36  r",  1338. 

Tnou  (8),  trou,  has-fond,  fond  d'une  vallée  :  Caer  Tnou-monokan, 
Cart.  Kempereleg.,  p.  29  —  Tnou-heyr,  en  marge,  et  dans  la 
charte  Trouheir,  Cart.  Coris.,  9892, fol.  5  v^,  1349;  J.  de  Tnouheir, 
ihid.,  fol.  6  r»,  1348;  Trouheir  et  Thuouzeir,  ihid.,  fol.  23  v°,  1325 
—  Tenou-Evel  (vallée  de  FEvel),  1296,  auj.  Tenuel  (9)  en  Baud, 
Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.). 

Torth  (10)  tourte,  grand  pain  rond;  torth  panis,  Cart.  Kempereleg., 
p.  32. 

(1)  On  écrit  stej/r  par  une  fausse  identification  avec  ster  rivière,  rendue  peut- 
être  plus  facile  par  le  nom  de  Lesteyr. 

(2)  Les  composés  anciens  avec  premier  terme  régi  par  le  second  paraissent 
avoir  été  communs  avec  ti.  Outre  Dourdy,  Manachty,  Tigran,  on  trouve  dans 
les  noms  de  lieux  Clan-dy,  maladrerie,  hôpital,  Lety  (Cf.  gallois  Lletty  hôtel, 
logement). 

(3)  Desuper  tigorento  ipsius  sito  apud  Keruezgar. 

(4)  Super  dicto  tigorento  seu  manerio  suo...  et  immédiatement  après  :  de 
super  dictis  tigorento  et  manerio. 

(5)  Desuper  tigorentJio. 

(6)  Super  tigorenthnm  sunm  vocatum  et  situm  apud  Caer  an  biget. 

(7)  Desuper  thiorento  ipsivs  sito  apud  Keruezgar. 

(8)  Voir  tnou,  vieil  armoricain,  chartes. 

(9)  Cf.  Thnouneven  1432.  aujourd'hui  Troneven  ;  Tnou  an  melin  1416,  aujour- 
d'hui Tromelin  en  Locmalo  (Morbihan);  Tnou  an  avallen  1436,  aujourd'hui 
Tronavallen  en  Priziac  (Morbihan)  ;  Tnou  callen  1417,  aujourd'hui  Trogallen  en 
Seglien  (Morbihan);  Tnou-scorff  1433,  aujourd'hui  TronscorfE  (Morbihan); 
Tnoubizian  1398,  Tnoubizien  1429,  aujourd'hui  Trebihan  en  Languidic  (Mor- 
bihan) ;  Tnousulan  1412,  aujourd'hui  Toulsallo  en  Ploërdut  (Morbihan);  Loc- 
meltnou  1435,  aujourd'hui  Lomeltro  en  Guern  (Morbihan).  RosenzAveig  a  géné- 
ralement écrit  ces  noms  tuou.  Ils  sont  en  effet  assez  souvent  écrits  ainsi  dans 
les  manuscrits.  C'est  une  erreur  des  scribes,  qui  n'ont  pas  su  lire  un  mot  qui  se 
prononçaient  déjà  trou  de  leur  temps.  D'après  Le  Pelletier,  dans  le  Léon  on 
prononçait  encore  de  son  temps  tnaoun  vallon,  lieu  bas.  Dans  le  Morbihan,  en 
pays  aujourd'hui  de  langue  française,  on  trouve  des  Teneux  qui  reflètent  l'an- 
cienne prononciation.  Treoultre  nabat,  arrondissement  de  Quimper,  a  aussi 
probablement  pour  premier  terme  tnou  :  Tuortrenabat,  Cart.  Coris.,  9892, 
fol.  47vo.  1349.  Trouortreffnabat,  chart.  Lestiala,  1389,  Trouoltrenabat,  ibid.,  1431, 
Treoultrenabbat.  ibid.,  1443. 

(10)  Gallois  torth,  armoricain  moderne  torz,  vannetais  torh  (du  latin  torta). 


—  234  - 

Toul  trou  :  Toulgoet  (1)  en  Ploemadiern,  Cart.  Goris.,  9891, 
fol.  41  r°,  XI Ve  siècle. 

Traez  (2)  sable  marin,  plage  :  villa  Pentraez,  Cart.  Goris.,  9890, 
fol.  30  v°,  XIIP  siècle,  auj.  Pentrez,  en  Saint-Nic,  près  Ghâ- 
teaulin. 

Trech  (3)  :  Trech-guoret,  Gart.  Kempereleg.,  p.  72  v. 

Tre  (4)  :  Trehanton,  Gart.  Kempereleg.,  p.  32;  Trehuarn  (5),  ihid., 
p.  72. 

Tref  (6)  habitation,  subdivision  du  ploe  :  G.  de  Pendrefi",  9892, 
fol.  3  \">,  1351  —  Trefguenc  et  Les-trefguenc  (Trégunc,  Finistère), 
Gart.  Goris.;  9891,  fol.  38  r»,  XIV^  siècle  —  Trèfles  en  Briziac, 
Gart.  Goris.,  9890,  fol.  4  v°,  1249  —  Prier  de  Treuezver,  Gart. 
Goris.,  9891,  fol.  43  r°,  XIV^  siècle;  Treffuezger,  Gart.  Goris., 
9890,  fol.   51    ro,   1368    (7)   —  Tremehouarn   (Voir   mohoiarn) 

—  Tregarantec  1316,  Tregaranteuc  1474,  auj.  Tregranteur  en 
Guégon,   Morbihan,   de   langue  française  (Rosenzw.,  Dict.  top.) 

—  Trefgaennec,  Gart.  Goris.,  9891,  fol.  44,  XlVe  siècle,  auj. 
Treguennec,  arrondissement  de  Quimper  —  Treffuortre ,  ibid., 
auj.  Treoultre-Penmarch  (Voir  tnou)  —  TrefTriagat,  Gart.  Goris., 
9860,  fol.  50,  XIV«  siècle;  Treffriagat  en  1540  (archives  des  Gôtes- 
du-Nord),  auj.  Treffiagat,  arrondissement  de  Quimper  — 
Treffmaeheue ,  Gart.  Goris.,  9860,  fol.  50,  auj.  Tremeoc,  arron- 
dissement de  Quimper  —  Treffbrivan,  9890,  fol.  50,  XIV^  siècle, 
auj.  Trebrivan  (Gôtes-du-Nord)  —  Trefuozgat,  Gart.  Goris.,  9892, 
fol.  46  r»,  1348,  auj.  Treogat,  arrondissement  de  Quimper. 


(1)  Toul  est  masculin.  Toulgoet  signifie  donc  non  le  trou  du  bois,  mais  le  bois 
troué,  ou  encore  le  bois  du  trou.  Toulhoet,  nom  de  village  assez  commun,  équi- 
vaut au  contraire  à  toul  en  hoet,  Toid  er  hoet  le  trou  du  bois. 

(2)  Léonard  treaz,  gallois  traeth.  Nous  séparons  ce  mot  de  treiz  passage,  avec 
lequel  on.  l'a  souvent  confondu. 

(3)  Voir  drich. 

(4)  Voir  dre,  dri. 

(5)  Les  noms  de  lieux  comme  Ker-drehouarn,  Ker-drehanton,  suffisent  à 
montrer  que  la  consonne  initiale  est  réellement  tre,  tri,  ce  dont  on  pouvait 
douter,  à  ne  considérer  que  certains  noms  du  Cartulaire  de  Eedon. 

(6)  Voir  treb,  vieil  armoricain,  chartes. 

(7)  Ce  prieuré,  nous  apprend  M.  A.  de  la  Borderie,  dépendait  de  l'abbaye  de 
Saint-Michel  et  était  en  EUiant.  Le  patronage  de  Saint-Michel  lui  fit  donner 
le  nom  de  Moustoir-Lomiquel  ;  le  nom  de  Moustoir  seul  a  survécu. 


—  235  — 

Trestan  (1)  :  insula  Trestanni,  Cart.  Goris.,  9890,  fol.  51  r°,  1368, 
rile-Tristan,  dans  la  baie  de  Douarnenez. 

Treth  (2),  treiz  passage  sur  une  rivière  ou  un  bras  de  mer  :  Kaer 
en  treth  1237,  auj.  le  Vieux-Passage,  entre  Belz  et  Plouhinec 
(Morbihan);  Kerantreiz  1572,  auj.  Kerantrec'h,  sur  le  Scorff,  aux 
portes  de  Lorient;  Treisfaven  1218,  auj.  Trefaven,  moulin  sur  le 
Scorff  en  Pleumeur,  Morbihan  (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Saluden 
an  Trethur  (le  passeur),  Cart.  Kempereleg.,  p.  80. 

Treus  qui  est  de  travers  :  vicus  Treus  en  Quimper,  Cart.  Coris., 
9892,  fol.  12  ro,  1337. 

Treut  (3)  (an)  maigre,  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  39  r",  XlVe  siècle. 

Tri  trois  :  Tri  hanter  minot  kerch,  Cart.  Kempereleg.,  p.  27. 

Tut,  tud  (4)  :  Tutgual,  Cart.  Kempereleg.,  p.  25;  Cart.  Coris.,  9890, 
fol.  33  v»,  1262;  Saint-Tudale  1285,  auj.  Saint-Tugdual  (5),  Mor- 
bihan (Rosenzw.,  Dict.  top.)  —  Loc-Tudguenne  1282,  abbaye  de  la 
Joie,  archives  du  Morbihan,  auj.  Loctuen  en  Kervignac  (Morbihan) 
—  Tudguoret  (6),  Cart.  Coris.,  9890,  fol.  8  v»,  1249  —  Tutuarn  : 
insula  Tutuarni  (7),  Cart.  Coris.,  9891,  fol.  43  r»  —  Tudoc  :  G.  de 
Landudoc,  Cart.  Coris.,  9892,  fol.  49  r",  1313  — Teutliael  (8),  Cart. 

(1)  Paraît  devoir  être  identifié  avec  le  nom  du  héros  gallois  Drystan  (Mabin., 
édition  Rhys-Evans,  pp.  159,  180,  221-223,  231,  240-242).  Une  inscription  chré- 
tienne de  Grande-Bretagne  nous  donne  une  forme  du  VI**  siècle  de  ce  nom  : 
Brustagni  (Voir  J.  Ehys,  Lectures,  p.  403).  C'est  ce  Drystan,  Trystan  =  Trestan 
qui  est  devenu  le  Tristan  des  romans  de  la  Table-Konde.  Le  français  triste  a 
sans  doute  contribué  à  le  fixer  sous  cette  forme. 

(2)  Ce  mot,  comme  forme  et  sens,  paraît  différent  de  traez.  Il  semble  identique 
au  gallois  treth  taxe,  impôt  :  treth  n'a  dîl  signifier  d'abord  que  ])éage,  droit  de 
passage.  En  moyen  armoricain,  traez  signifie  sahle,  plage  ;  pour  passage,  on  a 
treiz  {Bnhez  Nomi,  8,  18).  Zeuss,  Gramm.  celt.,  2«  édition,  p.  156,  rapproche  ces 
deux  mots,  non  sans  hésiter  d'ailleurs. 

(3)  Cf.  gallois  tlawd  pauvre. 

(4)  Voir  tut,  vieil  armoricain,  chartes,  et  les  noms  gaulois  en  touto-. 

(5)  Tugdual  est  une  mauvaise  lecture  pour  Tudgual.  Dans  le  pays,  on  prononce 
Tudal  :  cf.  Kerdudal-Conaour  en  Gourin  (Morbihan).  Les  formes  pour  le  nom 
de  lieu  Saint-Tutgual  sont  variées  :  Saint-Tuzual  1393,  Saint-Tutgual  1428. 
Saint-Tudual  1432,  Saint-Tutgoal  1453,  Saint-Tugoal  1460.  Tuzual,  Tugoal  repré- 
sentent peut-être  des  variations  dialectales  (voir  caznemed')  étrangères  en  tout 
cas  au  pays  même  de  Saint-Tudal. 

(6)  Conservé  dans  des  noms  de  villages  des  environs  de  Quimper  :  Ker-dudoret. 

(7)  Prieuré  qui  avait  des  terres  sur  le  continent,  à  l'endroit  où  s'élève  au- 
jourd'hui Douarnenez  (l'île  Tutuarn  ne  fait  qu'un  avec  l'île  Trestan). 

(8)  Il  ne  faut  pas  songer  naturellement  à  un  retour  à  l'ancienne  diphtongue 
du  vieux  celtique  eu,  ou.  L'eu  indique  peut-être  une  prononciation  entre  eu  (o) 
et  u  français  ou  est  une  façon  de  distinguer  n  =z  u  français,  de  u  :=  ov. 


—  236  — 

Kempereleg.,  pp.  33,  71,  72;  cf.  Thudoreth,  cliart.  de  Beauport, 

p.  51, 1202,  et  Theudoret,  ibid.,  p.  57,  1202. 
Tujan  :  Lan-duian  (1),  Cart.  Goris.,  9890,  fol.  32  r",  4202. 
Turch    (2)    verrat,  porc    mâle,   Cart.    Goris.,   9890,   fol.  3   r», 

XIII"^  siècle. 
Uch  au-dessus  de,  plus  haut  quel  :  ou  champ  nomé  Auch  an  prat 

bihan,  chart.  Lestiala,  1450. 
Uhel  élevé  (voir  huel)  :  Kaer-uhel  en  Kemmenet,  Gart.  Goris.,  9892, 

fol.  31  r\  fin  du  XIII^  siècle  —  Uhel-veu,  Gart.  Kempereleg.,  p.  92. 
Urs  ours  :  Gaer  urs  en  Cluthgual,  Gart.  Kempereleg.,  p.  42,  auj. 

Kernous  (Kernours  en  1549)  en  Glohars-Garnoet. 
Urvoed(3),  Gart.  Kempereleg.,  pp.  27,  72;  Urvoez,  Gart.  de  Prières, 

1263. 
Uvel  (4)  humble,  bas  :  Kaer-uvel,  Gart.  Kempereleg.,  p.  32. 
Yllut  (Saint)  1449,  auj.  Saint-Idult  (5)   en  Ploerdut,  Morbihan 

(Rosenzw.,  Did.  top.).  —  Rafredus  filius  lluti,  prieuré  Saint- 

Martin-de-Josselin,  1128. 
Yssubres,  nom  d'homme,  Cart.  Goris.,  9892,  fol.  60  v»,  1307; 

Usebres,  même  charte. 

II.  —  Textes. 

On  n'a  de  texte  breton  armoricain  suivi  qu'à  partir  de  la  fin 
du  XV*  siècle.  Il  faut  en  chercher  les  raisons  dans  l'histoire  de 
Bretagne.  Si  la  Bretagne  a  formé  un  tout  politique,  parfai- 
tement fondu  et  défini,  s'il  y  a  eu  une  nationalité  bretonne  aussi 


(1)  Landugen,  en  Callac  (Côtes-du-Nord).  Il  y  a  aussi  un  Landujen,  en  Pi'i- 
melin,  arrondissement  de  Quimper  (Voir  Tutian,  vieil  armoricain,  chartes).  Pour 
ti,  tj  donnant  _;"  français,  cf.  La-rajen  en  Coray,  plus  anciennement  Lan-Eatjan  ; 
Saint- Kigeau  (Saint-Kigavus,  Cart.  Kempereleg.),  sancte  Citawe  (Kitiavus) 
dans  les  Litanies  de  Grande-Bretagne,  publiées  par  Mabillon,  litanies  du 
VIII"  siècle  {Vetera  Analccto,  II,  1'»  édit.);  Prijent  =  Pritjcnt. 

(2)  Cf.  gallois  tm'c'h  porc,  sanglier.  Cf.  le  no'm  de  la  paroisse  de  Tcuro'h, 
Finistère  (Voir  la  note  à  Elient). 

(3)  Voir  Urmoet,  vieil  armoricain,  chartes.  Ce  nom  est  fort  commun  aujour- 
d'hui sous  la  forme  Urvoy,  Hurcoy. 

(4)  Cf.  gallois  nfyll,  du  latin  linniUis. 

(5)  On  prononce  Sand-Ilut  ou  Sand-Ulud;  c'est  le  nom  du  célèbre  saint 
gallois  lltut. 


—  237  - 

chère  aux  habitants  de  Rennes  qu'à  ceux  de  Vannes  ou  de 
Quimper,  et  défendue  par  tous  ses  membres  avec  un  égal 
dévouement  et  une  égale  vaillance,  il  n'y  a  eu  jamais,  au  point 
de  vue  de  la  langue,  de  fusion  ni  d'unité. 

Conquis  définitivement  au  IX^  siècle  par  les  Bretons,  les  pays 
de  Rennes  et  de  Nantes  apportent  dans  la  constitution  de  la 
nationalité  bretonne  un  élément  français  important.  La  langue 
française  s'étend  considérablement  à  la  suite  de  la  grande 
invasion  normande  du  X®  siècle  qui  amène  la  disparition  ou  le 
déplacement  d'une  fraction  de  la  population  bretonne  sur  une 
surface  considérable  du  sol  bretonisé  et  affaiblit  assez  l'élément 
breton  pour  permettre  au  français,  qui  sommeillait  probablement 
dans  cette  zone  et  n'en  avait  jamais  complètement  disparu, 
de  reprendre  une  vie  nouvelle  et  d'étouffer  le  breton  encore 
imparfaitement  d'ailleurs  acclimaté.  Après  avoir  envahi  toutes 
les  côtes  de  la  péninsule  armoricaine  depuis  le  Couesnon  jusqu'à 
la  Loire,  après  avoir  dominé  dans  les  anciens  évêchés  de 
Dol,  Saint-Malo,  Saint-Brieuc,  Tréguier,  Léon,  Cornouailles, 
Vannes,  sur  la  côte  nantaise,  et,  à  l'intérieur,  commencé 
à  franchir  dès  le  VIIP-IX®  siècle  la  Vilaine  même  aux 
environs  de  Redon,  le  breton  se  trouve,  dès  le  XP-XIP  siècle, 
brusquement  rejeté  vers  l'Ouest  et  occupe,  dès  cette  époque, 
à  peu  près  les  mêmes  positions  qu'aujourd'hui.  Les  alliances  des 
chefs  bretons  avec  des  familles  françaises  soit  de  la  Bretagne 
française,  soit  de  la  France  même  ou  de  la  zone  anglo-normande, 
ne  tardent  pas  à  faire  du  français  la  langue  de  l'aristocratie  et 
l'instrument  de  la  culture  intellectuelle,  même  en  zone  bre- 
tonnante.  Les  textes  les  plus  anciens  en  armoricain  moyen  en 
témoignent  :  ce  sont,  presque  tous,  des  traductions  ou  des 
imitations  du  français;  ils  sont  tout  pénétrés  de  mots  français. 

La  langue  des  conquérants,  le  breton,  se  trouve  de  bonne 
heure,  reléguée  au  second  plan.  Il  ne  faudrait  cependant  pas 
conclure  de  l'absence  de  textes  bretons  antérieurs  au  XV®  siècle, 
qu'il  n'y  a  pas  eu,  en  pays  breton,  de  culture  ni  de  littérature 


—  238  — 
bretonne.  On  ne  saurait  s'expliquer  la  conservation  jusqu'au 
XVP  siècle  du  système  si  compliqué  de  la  versification  bretonne, 
système  dont  les  traits  essentiels  se  retrouvent  dans  la  poésie  du 
pays  de  Galles  et  de  la  Cornouailles  anglaise  (1),  sans  une 
école  de  bardes  ou  de  trouvères  bretons.  La  disparition  de  leurs 
œuvres  s'explique  facilement,  en  dehors  des  accidents  qui 
atteignent  les  manuscrits,  si  l'on  songe  que  la  production 
littéraire  savante  était  forcément  restreinte  et  que  la  trans- 
mission des  poèmes  devait  la  plupart  du  temps  se  faire  oralement. 
Si  nous  ne  possédons  aucune  grammaire  du  moyen  armoricain 
proprement  dit,  il  en  existe  du  moins  un  vocabulaire  précieux, 
quoique  fort  incomplet,  désigné  généralement  sous  le  nom  de 
Catholicon  de  Lagadeuc.  Le  manuscrit  le  plus  ancien  de  ce 
vocabulaire  (Bibl.  Nat.,  ms.  lat.  7656)  est  de  1464.  Le  principal 
auteur  est  Auffret  de  Quoatqueveran  ;  c'est  lui  qui  en  a  eu  l'idée, 
a  donné  le  plan  et  dressé  la  liste  des  mots  bretons.  Lagadeuc 
a  mis  sur  chaque  mot  breton,  le  mot  français  et  le  mot 
latin  correspondants.  Leur  œuvre  s'arrête  au  mot  près.  Roperz 
la  termina.  Le  tout  fut  imprimé  à  Tréguier  en  1499  par 
Jehan  Calvez.  M.  Le  Men,  archiviste  du  Finistère,  en  a  donné 
en  1867  une  édition  abrégée  (2)  (Le  Catholicon  de  Jehan 
Lagadeuc  publié  par  R.  F.  Le  Men,  d'après  l'édition  imprimée 
à  Tréguier  en  M.  CCCC.  XCIX.  Lorient,  Ed.  Corfraat,  sans  date 
[1867],  in-8°).  On  peut  consulter  aussi  avec  fruit,  pour  l'intel- 
ligence du  moyen  armoricain,  les  Colloques  de  Quiquier  de 
Roscoff  suivi  d'un  vocabulaire  (1626),  le  dictionnaire  inséré  par 
le  Père  Maunoir  dans  son  Sacré  Collège  de  Jésus  (1659),  le 
dictionnaire  breton -français  de  dom  Le  Pelletier  qui  a  eu  sous 
les  yeux  des  textes  en  moyen  armoricain  aujourd'hui  disparus 
(1732),  le  dictionnaire  breton-français  du  dialecte  de  Vannes 
publié  sous  le  nom  de  Pierre  de  Châlons  (1723),  le  dictionnaire 


(1)  Voir  Zeuss,  Gramm.  celt.,  2°  édit.,  pp.  962  et  suir. 

(2)  Cf.  V Imjjrimerie  en  Bretagne  au  XF«  siècle,  publiée  par  la  Société 
Bibliophiles  bretons.  Nantes,  Société  des  Bibliophiles  bretons,  in-S",  1878, 


—  239  — 
français-breton  du  même  dialecte,  connu  sous  le  nom  de 
Dictionnaire  de  l'Armerije,  œuvre  de  l'abbé  Cillart  (1744); 
le  dictionnaire  français-breton  de  Grégoire  de  Rostrenen  (1732). 
Nous  donnons  des  extraits  de  tous  les  ouvrages  en  moyen 
armoricain  connus,  en  laissant  seulement  de  côté  deux  fragments 
par  trop  mutilés  et  altérés  :  le  court  morceau  breton  qui  se 
trouve  dans  la  farce  de  maistre  Pathelin  (1),  une  vingtaine  de 
vers  tous  mutilés,  très  probablement  en  breton  de  Vannes,  de 
la  fin  du  XV"  siècle,  publiés  par  nous  dans  la  Revue  celtique, 
VIII,  p.  161  (2). 

LA  VIE  DE  SAINTE  NONN 

Le  mystère  de  sainte  Nonn  a  été  publié  en  1837  par  l'abbé 
Sionnet  avec  une  traduction  de  Le  Gonidec  et  un  fac-similé 
de  la  p.  9  du  manuscrit.  Le  texte  est  assez  souvent  défectueux  : 
l'auteur  n'a  même  pas  compris  la  valeur  du  signe  abréviatif 
ordinaire  de  n  ou  m.  La  traduction  est  encore  plus  mauvaise. 
Aussi  M.  E.  Ernault  fait-il  une  œuvre  vraiment  utile  en  publiant 
à  nouveau  le  texte  accompagné  d'une  traduction  dans  la  Revue 
celtique,  VIII,  3,  pp.  230  et  suivantes.  Le  texte  nous  paraît  défi- 
nitivement établi,  et  la  traduction  en  général  exacte.  L'abbé 
Sionnet  avait  omis  le  texte  des  feuillets  2,  3,  4  du  manuscrit, 
en  se  contentant  d'en  donner  ce  qu'il  appelle  une  traduction 
«  libre  et  abrégée.  »  M.  Ernault  l'a  publié.  Ces  feuillets  sont 
d'une  écriture  un  peu  plus  récente  que  le  reste  et  la  lecture 
en  est  souvent  pénible,  quelquefois  douteuse  :  le  scribe,  suivant 
la  remarque   de   M.   Ernault,    ne   paraît  pas   toujours    avoir 


(1)  Voir  J.  Loth,  le  Breton  danx  maistre  Pathelin,  Revue  celtique,  IV,  p.  451  ; 
iMd.,  V,  p.  225. 

(2)  Pour  être  complet,  nous  devons  signaler  aussi  un  calendrier  français- 
breton  xylographique  dont  on  connaît  trois  éditions  :  l'une  au  Musée  britannique 
(Sloane  966),  un  feuillet  in-folio  ;  l'autre  chez  le  duc  d'Aumale,  12  feuillets 
(XVI«  siècle);  la  troisième  (de  1458.  paraît-il)  chez  lord  Spencer,  à  Althorp. 
Celle  du  British  Muséum  a  été  gravée  par  G.  Brouscon,  du  Conquet.  Ces  calen- 
driers ne  renferment,  dit-on,  que  quelques  mots  bretons. 


-  240  - 
compris  l'exemplaire  qu'il  avait  sous  les  yeux.  L'unique 
source  (1)  connue  du  mystère  de  sainte  Nonn  est  le  ma- 
nuscrit de  la  Bibliothèque  Nationale,  fonds  celtique,  n°  5. 
Dans  une  longue  introduction,  l'abbé  Sionnet  a  essayé  d'établir 
que  la  composition  du  mystère  remontait  au  moins  au  XIP 
siècle,  et  que  c'était  une  œuvre  originale.  L'écriture  est 
bien  cependant  de  la  fin  du  XV®  siècle;  la  langue  est,  à  peu 
de  chose  près  celle  du  Catholicon.  On  peut  encore  faire 
remarquer,  avec  R.  Perrot  dans  Y Archœologia  camirensis, 
3^  série,  IV,  1858,  que  le  premier  exemple  certain  du 
terme  pardon  employé  par  saint  Gildas  est  de  1340,  le  grand 
jubilé  ayant  été  à  cette  époque  appelé  le  grand  pardon, 
de  plus,  détail  plus  caractéristique  encore,  que  l'introduction 
en  France  de  VAve  Maria,  que  Gildas  récite  avec  son 
peuple,  date  d'environ  1475. 

Le  mystère  de  sainte  Nonn  n'est  guère  qu'une  paraphrase 
de  la  vie  latine  de  la  sainte,  publiée  par  les  BoUandistes 
d'après  un  manuscrit  d'Utrecht,  mars,  I,  pp.  38  et  suiv.  (2). 
La  marche  du  drame  est  celle  de  la  vie  latine.  Il  y  a  des 
passages  qui  en  sont  littéralement  traduits,  par  exemple,  le 
miracle  des  pierres  qui  se  fendent  sous  la  main  de  Nonn.  Un 
autre  passage  de  la  vie  latine,  mal  compris,  a  amené  l'auteur 
breton  à  appeler  Rosina  (3)  l'Irlande,  tandis  que  la  vallée 
Rosina  est  en  Démétie,  et  que  le  nom  gallois  de  ce  lieu  est 
Hodnant  (4),  suivant  Ricemarch.  L'auteur  breton  a  simplement 
agrémenté  le  tissu  de  la  vie  latine  de  quelques  épisodes  et  essayé 

(1)  M.  Luzel  a  en  sa  possession  un  manuscrit  d'un  mystère  de  sainte  Nonn 
du  XVIII*  siècle.  Il  n'a  d'autre  trait  commun  avec  le  mystère  ancien  que  la 
marche  du  drame  qui  est  à  peu  près  la  même. 

(2)  Voir  cette  Vie  en  latin  par  Ricemarchus,  pp.  116-11:4,  et  en  gallois,  pp.  102- 
116,  dans  W.  J.  Eees,  Lires  of  the  cambro-hritish  saints,  Llandovery,  1853, 
Nous  avons  remarqué  au  British  Muséum  un  manuscrit  de  cette  Vie  :  Cott.  Vesp., 
A.  XIV,  f.  GO-69,  XII*  siècle.  Cette  Vie  a  été  aussi  abrégée  par  Capgrave,  Noca 
legenda  Angliœ. 

(3)  M.  Ernault  semble  supposer  que  Itoslna  est  une  erreur  du  scribe  pour 
liosma,  qui  ferait,  en  efEet,  mieux  le  vers.  Rosina  est  bien  la  forme  réelle. 

(4)  Cf.  Hudnant,  Cartulaire  de  Redon. 


—  t>41  — 
de  localiser  par  quelques  traits  la  légende  en  Bretagne  armo- 
ricaine :  rien  de  plus  curieux,  à  cet  égard,  que  l'épisode  de 
l'enterrement  de  la  sainte  à  Dirinon  (1).  Néanmoins  la  plupart 
des  noms  de  lieux  sont  gallois  et  n'ont  même  pas  été  breton- 
nisés  (2),  par  exemple,  celui  d'Yverdon,  nom  gallois  de 
l'Irlande  :  c'est  l'orthographe  du  gallois  moyen,  le  cl  repré- 
sentant ici  la  dentale  spirante  douce  ;  la  forme  armoricaine 
eût  été  Iverzon. 

Nous  reproduisons  le  texte  publié  par  M.  Ernault  et  ses 
notes  critiques.  Nous  ne  nous  servons  de  la  collation  que  nous 
avions  faite  sur  l'original  des  extraits  que  nous  comptions 
publier,  que  pour  l'épisode  du  baptême  de  saint  Devy  que 
M.  Ernault  n'a  pas  encore  fait  paraître  :  sa  publication  s'arrête 
au  moment  où  nous  écrivons  ces  lignes,  à  la  p.  49  du 
manuscrit  (3). 

L'orthographe  des  textes  en  moyen  armoricain  est  l'ortho- 
graphe française  de  la  même  époque.  Il  n'y  a  d'autre  son 
particulier  au  breton  que  la  spirante  gutturale  sourde,  qu'on 
exprime  par  ch,  aujourd'hui  ch,  et  la  spirante  dentale  sonore 
rendue  généralement  par  z.  Certains  signes  sont  employés 
à  rendre  des  sons  différents  :  u  final  équivaut  parfois  à  te;  eu 
vaut  ô  [eu  français)  et  ew;  ae  est  parfois  diphtongue,  parfois 
son  simple;  dans  ce  dernier  cas,  il  a  le  son  de  é  français  ou  plus 
souvent  de  è;  ce  final  ou  cz,  a  le  son  de  s,  ainsi  que  c  devant  e 
ou  i;  l'explosive  gutturale  sourde  est  rendue  par  qu.  Gu  a  une 
double  valeur,  ou  celle  de  gu,  ou  celle  d'une  explosive  gutturale 
sonore  devant  e  ou  i.   Fv  ou   ff,  a  la  valeur  de  v  accom- 


(1)  Voir  dans  Archœol.  cambr..  1857,  3"^  série,  p.  249,  un  article  sur  la  tombe 
de  sainte  Nonn  à  Dirinon,  par  E.  Ferrot,  et  sur  la  légende  peinte  de  la  sainte 
à  Saint-Divy -la-Forêt,  près  Landerneau  ;  les  peintures  sont  de  1676. 

(2)  Voir  dans  Archœol.  cambr.,  V,  3«  série,  1859,  un  article  de  Basil  Jones  sur 
les  noms  de  la  légende  de  sainte  Nonn.  L'auteur  fait  la  remarque  que  cette 
légende  était  connue  aussi  dans  la  Comouailles  anglaise. 

(3)  M.  Ernault  a  ajouté  à  l'original  quelque  ponctuation.  Xous  ajoutons 
quelquefois  à  la  sienne,  pour  plus  de  facilité  i)our  le  lecteur.  Nous  procédons 
de  même  avec  les  autres  textes. 

16 


—  242  — 

pagné  sans  doute  déjà  en  maint  endroit  d'un  son  nasal  "  ou 
tout  au  moins  d'un  allongement  de  la  voyelle  précédente  dans  la 
prononciation. 

(Manuscrit  p.  3,  Aman  Gz  desraou  buez  saiiftesl  (1)  Nonn  hac 

Revve    celt. ,  ^,  ,  ^  ,         ^   ^ 

p.  230).  e  (2)  map  Deuy  dre  ry[m],  euel  ma  'z  eo 

hoarueset  (3)  en  (4)  go[elet]  Breiz. 

DEUS   PATER. 

ÇP.^;Revue  A.el  mat,  quae  en  stat  man  a  breman  voar  an  bet 

celtique,  ,     tx       •   . 

p.  240).     Bede  Patricms  :  loaeus  gra  escus  net 

Mont  voar  tech  a  'n  (5)  lech  hont;  dezaffgra  pront  contet 

Querzet  certen  dre'n  bro  :  eno  ne  chomo  quet. 

Lauar  dezaff  parfet,  diuset  ez  aedi 
Gant  doe  iust  ha  leal  real  dre  e  aly  : 
Da  pen  tregont  bloaz  eo,  ez  duy  beo  sant  Devy 
Aman  da  bout  ganet  :  proficiet  edy. 

ANGELUS  (ad  Patricium). 

Cleo  Patricius  diuset, 
Les  an  place  man,  na  ehan  quet; 
Eux  ahanen  da  em  tenn  net  : 
Gant  Doe  so  cren  gourhemennet 
Da  tregont  blizien,  ma  entent, 
Ez  duy  aman  vnan  a  'n  sent, 
[Hanujet  Deuy,  leun  a  squient. 

(1)  Les  lettres  entre  crochets  ne  sont  plus  visibles  sur  le  manuscrit  et  ont  été 
rétablies  par  M.  Ernault. 

(2)  Manuscrit  ez. 

(3)  On  attendrait  plutôt  niaz  vez  Jioariet  a  comme  elle  est  jouée  d'habitude  » 
suivant  la  remarque  de  M.  Ernault,  qui  a  traduit  d'après  cette  conjecture.  Il 
est  possible  cependant  que  l'auteur  du  prologue  ait  voulu  réellement  dire  : 
comme  elle  est  arrivée. 

(4)  Manuscrit  ez. 

(5)  Nous  séparons,  pour  plus  de  clarté,  l'article  des  mots  auxquels  il  est 
agglutiné  dans  le  manuscrit  ;  de  même  pour  la  particule  z  =  ez,  et  en  général 
pour  les  pronoms  suffixes,  là  même  où  étjmologiquement  cela  pourrait  paraître 
hasardé. 


243 


PATRICIUS. 


(P.  10).  [Me]  so  nonparail  maruaillet, 

[H]a  gant  da  moez  ez  off  soezet, 
Oz  songaff  bepret  an  fetou, 
E  'm  calon  don  ez  estonaff; 
Ne  gonn  en  noar  pez  a  grafF; 
Sebezaff  a  graff  gant  caffou. 

Frustet  eo  crenn  ma  pedennou 
Collet  en  bot  man  ma  poaniou, 
(^e^Y^^celt,      Coezet  off  e  gou  ha  souzan. 

Ouziff  bout  digracc  discascun, 
A  soingis  deia  dre  ma  hun, 
Ma  cacc  voar  jun  euitvnan 

Na  duy  hoaz  an  tregont  bloaz  man, 
Ne  vezo  ganet,  credet  glan, 
Ha  monet  hep  span  ahanenn, 
Monet  voar  mar  e  bro  arall 
Ha  bout  penn  ysel  euel  dall  ! 
Euez  caffout  goal  a  gallenn. 

Petra  eo  da  Doe  guir  roe  'n  glen? 
Euel  goas  lig  en  seruichen, 
Guellaf  ma  'z  gallen,  ne  gren  quen. 
Pan  eux  cusul  dam  exuly, 
[E]ux  an  bro  man  ma  forbany, 
[Nen]  se[ru]  ichi  muy  bizuiquen. 

(P.  11).  Me  yelo  breman  voar  an  glenn 

Ma  hunan  breman  ahanenn  ; 
Den  da  perchen  ne  'm  goulenno  : 
Palamour  sascun  da  vnan 
Na  duy  hoaz  an  tregont  bloaz  man, 
Me  a  ia  breman  dre  an  bro. 


—  244 


DEUS  PATER. 


Ael  flam,  dinam,  entent  aman  : 
Quae  rac  da  drem  lem  a  breman 
Bed  patrie  glan  so  souzanet  ; 
Cornps  flam  familiaramant  (1) 
Sal  delcher  flam  (ma)  mandamant  (2), 
Ez  vezo  presant  contantet. 

ANGELUS. 

Cleo,  Patrici,  na  difi  quet  e  Doe  roe  'n  bet  :  rac  an  fet  glan, 
Te  vezo  apostol  ha  penn  d  'o  quelenn  en  enesen  man. 
Ezuez  (3)  pep  tro  te  vezo  poan,  palamour  glan  da  roe  an  bet; 
Hoguen  Doe,  roe  'n  tir,  a  miro  dit  tra  hedro  na  noaso  quet. 

{Revue  cdt.,  E  'm  (4)  calon  reson  pan  soingafl", 

Ha  bout  inspiret  a  credafl', 

Gracou  a  rentaff"  quentaff"  prêt, 
(P.  12).  Rac  me  preder  lem  a  breman 

Dre  credancc  an  contranancc  man 

Gant  an  speret  glan  elanvet. 

Me  a  laeso  spacc  vng  place  net 
Gant  an  mab  man  so  diouganet; 
Monet  apret  me  a  preder, 
Tremen  gant  enor  an  mor  sali, 
Monet  hep  mar  e  bro  arall, 
Na  viziff  nep  goal  tamallet  (5). 


(1)  Manuscrit/a7«?7i(Zrawe?jf. 

(2)  Les  lettres  entre  parenthèses  sont  des  conjectures  de  M.  Emault. 

(3)  M.  Ernault  corrige  avec  raison,  sans  doute,  au  point  de  vue  étymologique 
en  evez. 

(4)  Une  main  plus  récente  a  ajouté  un  troisième  jambage  à  ce  mot  en,  ce  qui 
donne  une  meilleure  leçon. 

(5)  Tamallet  est  satisfaisant  pour  le  sens,  mais  non  pour  la  rime  comme  le 
fait  remarquer  M.  Ernault. 


—  245  — 
Prêt  eo  vn  lest  e  ampresti, 
Euez  yscuit  merdeydi 
D  'on  conduy  en  Hybernia, 
Ha  ma  'z  iff  deia  eux  a  Breiz 
Euit  prezec  breman  an  feiz, 
Hac  vn  locman  reiz  d  'on  treiza. 


Ambrosius  Merlinus  (apparaissant  après  le  viol  de  Nonn  par 
le  roi  Kereticus,  et  prédisant  les  hautes  destinées  de  Devy). 


(P.  29  ;  Bei-iie      Me  eo  Merlin  am  eux  vaticinet 
"  Vn  mab  bihan  a  duy  da  bout  ganet 
Santel  meurbet  (1)  e  bro  breton, 
Den  leun  a  grâce  dre  spacc  e  prelacj  ; 
Bara  ha  dour  eguit  e  saouij, 
Ne  vezo  muy  e  hol  réfection. 

Eue!  ma  'z  duy  d'  an  prédication 
Eno  e  mam  dinam  (2)  gant  estlam  don, 
(P.  30).         Ne  gallo  son  randon  an  sarmoner, 
Paiamour  rez  d'  an  buhez  anezaff 
A  vezo  hael  pep  quentel  santelhaff, 
Ma  'z  comso  scaf  :  «  Ne  guallaf  rentaf  guer  (3).  » 

Goude  certes  courtes  ez  espresser 

Buiiez  ha  stat  an  mab  mat  hep  atfer, 

Pan  duy  sider  e  bro  Bretonery 

{Revue  celt.,  Da  pep  christen  bizuiquen  ha  tensor, 
p.  272). 

Ha  cals  a  joa  déjà  dre  e  fauor 

Ha  cals  enor  da  cosquor  Armory. 

(1)  Il  manque  ici  deux  syllabes. 

(2)  Manuscrit  dinan. 

(3)  M.  Ernault  ne  met  pas  de  signe  de  ponctuation  après  scaf  ei  traduit  avec 
hésitation  par  :  k  II  parlera  si  bien  que  je  ne  puis  l'exprimer?  »  En  mettant  ces 
mots  716  guallaf  rentaf  guer  dans  la  bouche  de  Gildas,  on  obtient  un  sens  satis- 
faisant et  conforme  au  contexte. 


—  246  — 

Rector,  rex  atque  alii  (Gildas,  au  milieu  d'un  sermon,  est 
resté  court  :  c'est  l'effet,  suivant  la  prédiction  de  Merlin,  de  la 
présence,  dans  l'église,  de  Nonnita,  enceinte,  et  qui  va  devenir 
mère  de  saint  Devy;  Nonnita  sortie,  il  a  repris  ses  sens  :  le 
recteur,  le  roi  et  le  peuple  lui  demandent  l'explication  de  son 
trouble). 


(P.  41  ;  Hevue 
celt,  p.  286). 


(Mevue  celt., 
p.  288). 


Mestr  reuerand  en  pep  andret  (1), 
Petra  neuez  so  hoarueset 
Na  galses  de  quet  eguetou 
Sarmon  na  (2)  prezec  dre  requet, 
Ma  'z  oas  dre  burzut  symudet? 
A  den  suspect  so  en  metou? 


Lauar  deomp  an  fault,  guir  autrou, 
Meslr  Gildas  lauar  da  gloasou 
A  'n  misterou  :  ni  'z  sezlouo, 
Voar  pan,  hep  mar,  un  guez  arall 
An  ira  se  rac  na  hoarfe  goal!  ; 
Mar  deux  den  fall  ni  'n  tamallo. 


Nobl  ha  tut  gentil  hac  ylis, 
Christenyen  mat  a  guir  atis, 
Comp(s)  deoch  fournis  a  abaissafî 
Pénaux  voa  'n  ampech  (3)  a  'm  mecher 
Na  compsenn  na  lauarenn  guer; 
Me  menn  an  mecher  discleryaf. 


(P.  42). 


Un  leanes,  pan  expresaf, 
A  ioa  aman  oz  ehanaff. 


(1)  En  pep  andret  pour  le  pebez  andret  du  manuscrit  est  une  conjecture  de 
M.  Krnault. 

(2)  Manuscrit  nac. 

(3)  Manuscrit  voan  nampech. 


-  247  - 
Brases  aessaff  a  'n  guellaf  den, 
A  vn  mab  vaillant  so  ganty, 
Brassoch  a  pep  tu  a  study 
Eguetoff,  hep  si,  bizuiquen. 

GILDAS  (ad  fabric(um). 

Gret  dezi  a  randon  donet 
Aman  euel  gruec  (1),  e  'm  requet, 
Ma  'z  vezo  aeset  an  bedis, 
Ma  'z  compsifî  exprès  a  presant 
Dirac  an  tut  he  bout  prudant 
Incontinant  he  vaillantis. 

FABRICUS  (ad  Nonitam) . 

Leanes  courtes  onestet,  duet  e  'm  requet,  na  tardet  muy, 
Pep  stat  bede  'n  predicator,  bede  'n  cador  d'e  enori. 

NONITA. 

Pan  em  requel  da  monet  d'y,  me  yel  gueneoch-uy  continant  : 
Prezec  courtes  dre  cals  mese  oz  e  maieste  am  be  hoant. 

NONITA  (ad  Gildam). 

Au  trou  courtes,  bed  hoz  presant,  salud  vaillant  ha  plesantaf  ; 
Hoant  am  oa  vuel  d'  oz  guelet  :  [deoch  bepret]  em  em  erbedaff. 


(P.  43).  Duet  mat  ra  vizi,  Nonila, 

Leanes  certen  laouenhaf  ; 
Carguet  eo  a  ioa  ma  calon, 
Da  mab  glan  pan  vezo  ganet 
So  aeurus  ha  diuset 
Da  renaff  net  e  bro  breton  (2). 


(1)  Manuscrit  gruech. 

(2)  Manuscrit  bretonet. 


—  248  — 

GILDAS  (ad  plebem). 

Huy  oz  oa  goulennet  apret  don 
An  ampeig  hep  mar  a  'm  sarmon  ; 
Setu  'n  reson  ha  'n  guirionez  : 
An  merch  man,  ha  hy  leanes, 
A  roy  (1)  mab  bihan  voar  an  maes  : 
An  test  exprès  en  em  descuez. 

Setu  an  reson,  autrounez  : 
Muy  eguidofî  a  pep  rouez 
Vezo  an  buhez  anezaff; 
Rac  se  quelenn  ne  gallenn  quet 
En  e  presant  dre  nep  andret  ; 
Rac  se  ez  oa  ret  arretaff. 

A(n)  grâce  a(n)  gallout,  hep  douetaf, 
■  Hac  an  guir  ordren  da  renaff 
So  roet  dezaf  an  quentaf  prêt 
Gant  Doe  roet  dre  contredy 
Ha  priuilaig  ha  monarchy 
E  Rretoneri  rahet. 

(P.  44;  Remc      D  'an  mab  man  (2)  voe  diouganet, 
cfK.,  p.  291).    ^  .  ^   '  o  > 

Dre  grâce  diuni  predestinet, 

Quent  comancc  an  bet,  credet  sur, 

E  nation  an  Bretonet 

Da  (3)  caffout  stat  an  preladet  ; 

Prellat  meurbet  (4)  da  compret  cur. 


(1)  Le  manuscrit  porte  royf,  et  M.  Ernault  a  adopté  cette  lecture.  Ce  serait 
le  seul  exemple  d'une  troisième  personne  du  singulier  du  futur  en  /;  aussi 
croyons-nous  ici  à  une  erreur  du  scribe.  Ces  erreurs  ne  sont  pas  rares  en  ce  qui 
concerne  Vff  finale  (jui  déjà,  en  plusieurs  endroits,  avait  une  tendance  à  ne  plus 
se  prononcer  ou  à  se  nasaliser.  Il  nous  semble  impossible,  d'après  un  exemple 
unique,  de  songer  à  rapprocher  royf  des  futurs  gallois  modernes,  troisième  per- 
sonne du  singulier,  en  ff  comme  eiff,  il  ira. 

(2)  Manuscrit  maz. 

(3)  Manuscrit  dat. 

(4)  Manuscrit  meiirher. 


249 


Adieu,  tut  mat  a  pep  statur, 
Me  hoz  laes  breman  didan  cur 
An  guir  croeadur  so  furmet  ; 
Aman,  nep  tenn,  ne  chomenn  muy. 
Joa  ha  peuch  a  pedaf  deoch  huy, 
An  heny  so  sanctifiât. 

Hoz  recommandaf  a  graff  net 
D  'an  mab  man,  pan  vezo  ganet, 
Ha  da  roe  'n  bet,  hep  arretalï, 
So  instituet,  credet  glan, 
D  'oz  quelenn  en  enesenn  man. 
Me  ya  breman  hep  ehanaff . 

NONITA. 

Jésus  hegar,  oz  trugarez  :  lamet  eo  an  mez  an  guez  man 
Dre  grâce  roe  'n  sent,  e  pep  quentel,  pan  eo  santel  ma  buguel  glan. 
Mir  oz  sourcy  ma  mab  bihan  (P.  45)  pan  dui  aman  da  bout  ganet, 
Ma  'z  viziff  cuit,  me  Nonita,  guerches  Maria,  me  az  pet. 

RECTOR   MIRANDO. 

Setu  breman  a  gouez  an  bet 
Gant  an  den  santel  reuelet 
A  proficiet,  credet  sur, 
Ny  guelo  an  fin  continant, 
An  doctor  Gildas  en  assaut  (1), 
Bezout  vaillant  e  auantur. 

REX  TRISINUS. 

(Revue  celt.,         Me  SO  maruaillet,  credet  sur, 
Rac  Gildas  so,  a  certen,  den  fur, 

(1)  Manuscrit  asxur. 


—  250  — 
Dilesell  an  cur  apuret 
Ha  techet  rac  drem  a  breman, 
Heb  ober  goab,  gant  an  mab  man, 
Hac  eff  aman  na  deu  ganet. 

Mar  deu  gant  (an)  el  reuelet  (2), 
Vn  tra  so  ret  hoaruezet  scier  : 
Hep  ober  excès  nac  estlam, 
Hac  eff  den  din  ha  den  dinam, 
Hon  lesel  flam  e  berr  amser  ! 


Baptême  de  saint  Devy  (édition  Sionnet,  p.  100). 

PRESBYTER. 

Dcz  mat,  golou  knech  (d)  tnou  louen 
D  'an  mab  beniguet,  cazret  den! 
An  mab  man  certen  a  reno 
Hac  a  bezo  cuff  hac  vuel 
Ha  den  vaillant,  prudant,  santel 
E  Breiz  ysel,  huy  a  guelo. 

Ma  caffet  dour,  ni  'n  recoure. 
Heruez  an  fez  en  badezo, 
En  benigo,  pan  vezo  prêt. 
Aman  ne  deux  ran  na  bannech 
Na  tnou  na  knech,  ma  'z  omp  nechet. 

(Miraculo  fons  nascitur). 

Setu  vn  feunteun  eyennet 
An  caezraf  na  'n  netaf  caffet, 


C2)  M.  Ernault  fait  remarquer  qu'il  manque  ici  un  vers  en  et. 
(1)  La  barre  sur  le  K  a  trompé  l'abbé  Sionnet;  il  a  transcrit  Kcrnech.  ^pour 
À'  est  la  règle  dans  ce  manuscrit  ;  p.  18  I/^aer. 


-  251  - 
A  neuez  savet,  credet  sur. 
Ni  'n  gray  badezet,  caezret  stat, 
Gant  an  dour  man  so  glan  haznat, 
Gant  an  heur  mat  an  croeadur. 

{Benedictio  aquse  haptismatis  seu  fontis). 

Guir  dour  fourmal  principalhaff 
Ha  feunteun  mat  hegarataff, 
Da  benigaf  a  mennaff  sur, 
En  hanu  an  tat  an  mab  queffret 
Hac  an  speret  glan  elanvet 
Ma  'z  vizi  bepret  caffet  pur, 

Duet  gant  stat  gant  an  croeadur 
Da  bout  badezet,  golchet  sur, 
Duet  dre  aeur  voar  an  eur  yen. 
Ha  te,  den  dall  az  eux  gallout 
Ha  crocq  apret,  na  'z  vezet  douet  (1), 
Heruez  da  gallout  da  souten. 

A  te  cret  en  roe  Doe  ha  den 
A  voue  scuiz  stanc  gant  cals  anquen 
Bede  'n  maru  yen  oz  da  prenafT, 
Ha  goude  ez  duy  en  diuez 
Da  barn  a  maru  ha  beo  euez, 
Pan  duy  an  dezuez  diuesaf. 


An  tra  se  parfet  a  credaff; 
Dizreiff  oz  doe  d  'e  avoeaf, 
Euez  renoncaff  a  graff  net 
D  'an  pechet,  d  'an  droucsperedou  (2) 


(1)  Le  prêtre  s'adresse  ici  à  un  aveugle  qui  se  trouve  sur  les  lieux  et  à  qui 
l'eau  miraculeuse  rendra  la  vue. 

(2)  Le  manuscrit  et  l'édition  Sionnet  portent  :  Da  pechet  dan  dan   drouc 
speredon. 


—  252  — 
Da  tricheboul  an  diaoulou 
Ha  d  'o  euffrou  a  glan  coudet. 

PRESBYTER. 

Devy,  me  'z  badez  gant  fez  net, 
En  hanu  an  tat  a  'n  mab  apret 
Hac  an  glan  speret,  apret  plen, 
Ha  ma  'z  vizi  din  ha  dinam 
Ha  bede  'n  finuez  ha  neuez  flam, 
Hep  quet  anam  na  bh\m  :  amen. 

{Baptisatur). 

Dal  hufre  guenn  e  'z  querchen  plen 
Ha  goulouenn  scier  da  'z  deren 
D  'an  ty  bizuiquen  da  renafT. 
Dalch  badizient  hac  a  lient  mat 
Ma  'z  duy  d'  an  prêt,  caezret  stat, 
Entre  re  mat  da  ebataff. 


L'inscription  bretonne  de  Sainte-Triphine. 

Cette  inscription  a  été  découverte  par  M.  H.  du  Cleuziou  sur  une 
poutre  provenant  de  l'abbaye  de  Bon-Repos,  près  Gouarec  (Côtes- 
du-Nord)  et  placée  aujourd'hui  dans  une  chaumière  du  village  de 
Sainte-Triphine,  près  de  Saint-Nicolas-du-Pélem.  Elle  a  été  publiée 
et  interprétée  par  lui  dans  la  Revue  des  traditions  populaires, 
i'e  année.,  n»  1.  1886.  La  lecture  et  la  traduction  sont  également 
défectueuses.  Nous  l'avons  publiée  de  nouveau  avec  une  traduction 
d'après  quatre  estampages  qu'en  a  bien  voulu  faire  l'abbé  Jégo,  pro- 
fesseur au  petit  séminaire  de  Plouguernével.  Les  caractères  sont  du 
XVe  siècle, 

AN  MATERI  A  STUDIAFF,  lîïS, 
P'E  PREDERAF  A  CAFAF  GARU  : 
GOUDE  HON  HOLL  FET  EN  BET  MAN, 
DIVEZ  PEB  VNAN  EU  AN  MARU. 


—  253  — 

(xvi^  siècle). 

Middle  breton  Hours,  edited  iciih  a  translation  and  ylos- 
sarial  i?idex,  hy  Whitley  Stokes.  Calcutta,  1876,  in-8°, 
102  pages  {Heures  en  moyen  breton,  publiées  avec  une 
traduction  et  un  glossaire-index  par  Whitley  Stokes). 

Cette  publication  contient  trois  parties  :  P  les  Heures  pro- 
prement dites;  2''  un  extrait  du  missel  de  Léon  de  1526;  S''  un 
catéchisme  imprimé  en  1576. 

Le  verso  de  la  feuille  154  des  Heures  porte  le  titre  :  Almanac 
eguyt  peuar  bloaz  uarnuguent.  M.  Stokes,  d'après  M.  de  la 
Villemarqué,  en  a  conclu  qu'il  s'agissait  de  l'année  1524,  les 
caractères  gothiques  du  texte  imprimé  ne  permettant  pas  de 
songer  à  l'année  1624.  Le  texte  breton  ne  signifie  cependant 
pas  :  Almanac  pour  Vannée  vingt-quatrième,  mais  bien  : 
pour  vingt-quatre  ans.  Il  existe  deux  exemplaires  des  Heures, 
l'un  en  la  possession  de  M.  Pol  de  Courcy,  à  Saint-Pol-de-Léon; 
l'autre  appartenant  à  M'"^  de  Kergariou,  au  château  de  la 
Grand' Ville  (Côtes-du-Nord).  Le  texte  breton  a  été  communiqué 
à  M.  Stokes  par  M.  de  la  Villemarqué  et  les  épreuves  collationnées 
par  lui  sur  l'exemplaire  de  M™®  de  Kergariou;  une  feuille 
manquant  dans  cet  exemplaire,  la  lacune  a  été  comblée  par  celui 
de  M.  Pol  de  Courcy.  Les  Horœ  Britonnicœ  et  latinœ  (tel  est 
le  titre  que  leur  a  donné  M.  de  la  Villemarqué)  sont  un  petit 
in-4°  de  203  feuilles,  imprimé  en  caractères  gothiques  et  orné 
de  vignettes  avec  la  signature  de  Geoffroy  Tori.  M.  Whitley 
Stokes  doit  aussi  à  M.  de  la  Villemarqué  les  extraits  du  missel 
de  Léon  et  le  catéchisme,  mais  ne  dit  pas  où  sont  les  originaux. 
Le  missel  de  Léon  est  actuellement  au  grand  séminaire  de 
Quimper.  Le  glossaire -index  offre  pour  chaque  voyelle  et 
consonne  un  court,  mais  utile  résumé  phonétique.  Ce  livre  forme 
en  somme  une  très  utile  introduction  à  l'étude  du  moyen 
armoricain. 


"254 


An  Pater  en  brezonec,  facilhafu  ma  'z  eu  possibl 
Gant  G.  K.  p.  en  C.  (1). 

Pater  noster  qui  es  in  celis. 

Hon  tat  peheuny  so  en  neffuou, 
Roue  ha  crouer  d  'an  holl  madou, 
Diguenech,  heb  sy,  ez  dinou 
An  froez  a  'n  hol  madelezou. 

Sanctifîcetur  nomen  tuum. 

Bezet  hoz  hanu  santifiet 
Dre  quemment  christen  a  so  ganet, 
Ma  'z  rentimp  deoch  enor  ha  gloar 
Uez  hon  oll  ober  ha  lauar. 

Adveniat  regnum  tuum. 

Deuet  deomp  hel  hoz  roentelez 
Da  hastafu  hon  siluidiguez, 
Rac  an  désir  uez  hoz  ioazou 
Eu  a  mag  hon  eneffuou. 

Fiat  voluntas  tua  sicut  in  cœlo  et  in  terra. 

Groet  euel  en  neff  uar  en  douar 
Hoz  puissance  bras  a  so  dispar; 
Ny  a  supply  en  diuez, 
Da  uezo  graet  ho  uolontez. 

Panem  nostrum  quotidianum  da  nobis  hodie. 

Reit  d  'on  corfTou  an  bara  matériel 
D  'on  eneffou  an  bara  celestiel, 
Hyziu  her  ma  'z  uizimp  aman, 
Ho  corff  precius  eguyt  an  guellhafu. 

(1)  Giles  Kaeranpuil,  person  eu  Cledguen. 


—  255  — 

Et  dimiite  nobis  débita  nostra, 
sicut  et  nos  dimittimus  débitorïbus  nostris. 

Pardonet  dimp  hon  pechedou 
Huy  eu  an  tat  a  trugarezou 
Euel  ma  'z  pardonomp  da  bizhuiquen 
D  'on  nessafu  ha  d'on  dleouryen. 

Et  ne  nos  inducas  in  tentationem. 

Ha  n  'on  dilaez  da  uezout  temptet 

Gant  hon  ezreuent,  na  faezet 

Dre  'n  quic,  dre  'n  bet,  dre  'n  droucsperedou, 

Ny  hoz  suply,  hon  guir  autrou. 

Sed  libéra  nos  a  malo. 

Hoguen  hon  diliuret  dre  ho  puissance 
Uez  hon  oU  anquen  ha  souffrance; 
A  liammou  hon  aduerser 
Hon  groet  exempt  e  pep  amser. 

An  ave  Maria  en  brezonec. 

Ave  Maria,  gratia  plena. 

Me  ho  salut  laouen  a  facz, 
Mary  guerches  so  leun  a  gracz; 
En  ho  corff  exempt  a  pechet 
Ez  uezo  concepuet  saluer  an  bet. 

Dominifs  tecurn. 

Nen  deu  quet  dre  humanitez 
Ez  eu  gouarnet  ho  chaste tez; 
An  aulrou  so  certen  guenez, 
Guerches  goude  an  guiniveles. 


—  t256  — 

Benedicta  tu  in  midierihus, 

Bezgoaz  da  groec  ne  uoe  roet 
An  priuelegeou  a  heus  bezet; 
Eurux  out  ha  guinuizic 
Heruez  an  speret  ha  heruez  an  quic. 

Et  henedictus  fructus  ventris  tuù 

An  froez  a  cofF  so  benniguet, 
lesus  map  Doue  saluer  an  bet 
So  disquennet  a  'n  nefu  euel  den 
Da  reparifu  natur  humaen. 

Sancta  Maria,  mater  Dei,  ora  pro  nohis  peccatorihus.  Amen  Jésus. 

Santés  Mary,  mam  da  Doue, 

Hon  sicouret  lem  en  hon  enoue, 

Pedet  ho  map  hon  guir  autrou 

Da  pardonifu  dimp  hon  pechedou.  Amen. 

Gourchemennou  an  Ilys. 
Gourchemennou  hon  mam  an  y  lys. 

An  quentafu. 

D 'an  sul  en  ha  parres  destinet 
Ez  cleuy  an  ofTeren  hac  an  seruich  diuin, 

luez  d  'an  oll  goelyou  so  difennet, 
Ma  na  heux  excus  legitim. 

An  eil. 

Quemment  pechet  a  heus  graet 

Vn  guez  an  bloaz  da  bihanafu 
A  confessay  ouz  an  beleg  : 

An  Uessafu  eu  an  cruellhafu. 


-  '257  — 
An  trede. 

An  goelyou  statudet  en  escopty 
Mir  n  'o  torry  dre  nep  labour  ; 

En  seruich  Doue  en  ho  impligy 
Ha  d 'e  gueruel  en  ha  sicour. 

An  peuare. 

lun  a  pechet  hac  a  'n  boedou 
An  hoarays  d  'it  gourchemennet, 

An  daoudec  dezyou  ha  'n  uigilou, 
Pan  uizy  en  ouat  ha  stat  parfet. 

An  pempet. 

Dispos  da  enefu  ha  da  consciancz 
Da  receu  da  Doue  ha  da  saluer 

Da  pasq  gant  un  guir  reppentancz 
Ha  na  beu  muy  euel  pechezr. 


(P.  51).  An  degrezyou  pe  en  rè  ne  deu  licit  dimizifu. 

Quentafu,  a  querentiez  ha  affinité  spirituel  : 

(P.  52).  Entre  an  heny  so  badezet  hac  an  tat  pazron  ha  mampazron. 

Entre  tat  ha  mam  an  badezet  hac  an  compazryen  (1)  ha  com- 
mazreset. 

Entre  nep  a  badez  hac  an  badezet. 

Entre  nep  a  badez  ha  tat  ha  mam  an  badezet  hep  muy  ez  contracter 
querentiez  spirituel  dre  an  sacramant  a  badezyant  ha  ne  ellont 
dimizifu  muy  eguit  pa  uent  querent  naturel  dindan  an  peuare  degrez. 

luez  ez  contracter  querentiez  spirituel  dre  an  sacramant  a  confir- 
mation, entre  an  heny  a  confirm  hac  an  heny  confirmet,  entre  nep 
a  confirm  ha  tat  ha  mam  an  confirmet,  hac  entre  an  confirmet  hac 
an  heny  en  delech  (2)  da  confirmafu. 


(1)  Édition  Stokes  comparzycn. 

(2)  Ch  =:  k  pour  g,  du  français  déléguer. 


—  258  - 
An  degrezyou  naturel; 

(En  spécial  iselouch  eguit  an  peuare  degrez). 

An  tat  d  'an  merch, 

An  mam  d  'an  map, 

An  breuzr  d  'an  choar, 

An  eont  d  'an  niz, 

An  mozreb  d  'an  ny, 

An  quenderu  d  'an  quiniteru,  hac, 

An  queuenderu,  nac  d  'o  holl  priedou  na  gr[o]aguez  ha  ho  querent 
bede  an  peuare;  ne  ellont  dimizifu  an  eil  da  heguile  hep  meurbet 
dellit  an  buaneguez  a  Doue  ha  pechifu  maruel. 

(P.  53). 
Amser  pe  en  heny  [n]ez  guillir  dimizifu  ha  lauaret  euret 
hep  terrifu  gourchemen  an  ilis  christen  ha  catholic. 

Adal  an  sul  quentafu  an  aduent  bede  gouel  an  badezyanl  pe  ar 
rouanez. 

Adal  an  rogationou  bede  sul  an  Drindet. 

Adal  dez  sul  an  septuagesim  pe  dez  mercher  an  ludu  bede  an  sul 
quentafu  goude  pasch  hanuet  Quasi  modo. 


(P.  57).     [Ex  missale  Ecclesie  Leonensis,  ad  ann.  1526. 
Eozen  Quilleuere  editore]. 

Ordo  ad  sponsam  benedicendam.  Tune  aspergatur  aqua  benedicta 
et  thurificetur  sponsus  et  sponsa.  Quo  facto  sacerdos  dicat  : 

Autronez,  great  eo  ganeomp  ann  emhannou  teirguez  a  'n  tud 
man,  ha  hoaz  en  greomp  eguyt,  mar  deus  den  a  gouffe  ampecha- 
mant  na  galhe  an  eyl  caffout  egiiile  e  dimiziff,  en  lauaro. 

Et  respondent  assistantes  : 

Ne  gouzomp  nemet  mat. 

Quo  audito  accipiat  sacerdos  manum  dexteram  sponse  et  ponat  in 
dexteram  manum  sponsi  et  dicat  ista  uerba,  nominando  eos  : 


-  259  - 

IIwj  M.  ha  huy  N.  a  diogan  cm  eyl  d  'e  guile  delchell  compai- 
gnunez  leal  en  sacramanta  priadelez,  \en\  yechet  hag  ecleuet{i), 
hede  an  maru,  euel  ma  'z  eu  gant  Doe  gourchemennet  ha  gant  an 
ylis  ordonnet. 

Tune  sacerdos  tradat  anulum  sponso  :  sponsus  autem  per  manum 
sacerdotis  primo  ponit  in  poUice  sponse,  post  presbyterum  dicens  ista 
uerba  : 

N.  Gant  en  hesou  man  ez  demeza  d  'it,  hag  a  'm  corff  ez 
henoriff  hag  a  'm  madou  ez  vezo  queffrann  hag  enebarz  euel  ma  '2 
eo  custum  an  hro. 

In  nomine  Patris,  secundo  in  indice  dicens,  et  Filii  in  medio 
dicens,  et  Spiritus  sancti.  Amen. 


(P.  58).  De  Sacramento  extrême  unctionis. 

[IMd.,  fol.  XI]. 

Tune  ostendat  Sacerdos  infirmo  crucem  dicens': 

Eece  signum  crucis  in  qua  lesus  Ghristus  Dominus  noster  passus 
est  morlem  et  passionem  pro  nobis  ut  nos  redimeret  a  morte  inferni. 
Credis  hoc? 

Si  infirmus  non  intelligat  latinam,  dicat  uuigari  idiomate  : 

Ma  car  pe  ma  cares,  chetu  aman  syn  an  croas  pe  en  heny  ez 
gouzaffuas  hon  salueur  hiniguet  eguidomp  gueffret  maru  ha 
passion  eguit  hon  daspren  apoaniou  an  iffernn. 

A  huy  noz  deur  hefuaff  ha  meruell  e  'u  feiz  inan? 


Pater. 


[Ex  opère  oui  titulus  :  Gatechism  hae  instruction  eguit  an  Catho- 
licquet,  meurbet  neeesser  en  amser  presant  eguit  quelen  ha  disquifu 
an  iaouancdet,  quentafu  composet  en  latin  gant  M.  P.  Canisius, 
doctor  en  theology,  ues  a  société  an  banu  Jésus.  Goude  ez  eus  un 

(1)  L'original  porte  clesnet. 


-  260  - 
abreget  uez  an  pez  a  dleer  principalafu  da  lauaret  en  prosn  an  offeren 
d  'an  tut  lie,  troet  breman  quentafu  a  latin  en  brezonec  gant  Gilles 
Keranpuil  Persson  en  Cledguen  Pochaer  hac  autrou  a  Bigodou. 
A  Paris.  Pour  Jacques  Keruer,  demeurant  rue  Sainct- Jacques, 
à  l'enseigne  de  la  licorne.  1576]  (1). 

Hon  tat  pe  heny  so  en  nefuou,  ho  hanu  bezet  sanctifîet. 

Deuet  ho  rouantelez. 

Ho  volontez  bezet  graet  en  douar  euel  en  nefu. 

Roit  dimp  hiziu  bon  bara  pemdeziec. 

Ha  pardonnet  dimp  hon  oftansou  evel  ma  'z  pardonnomp  da  nep 
a  'n  deueux  hon  offanset. 

Ha  n  'on  leset  da  couezo  en  temptation. 

Hoguen  hon  diliurit  uez  an  drouc. 

Evel  se  bezet  graet. 

(P.  59).  Ave. 

Me  oz  salut,  Mary,  leun  a  gracz,  an  autrou  so  certen  guenech, 
benniguet  ouch  entre  an  hoU  groaguez,  ha  Jésus  an  froez  ho  cof  so 
iuez  benniguet. 

Sanctez  Mary,  mam  da  Doue,  pedit  eguidomp  pechezrien.  Amen. 

Credo. 

Me  a  cred  en  Doue  an  tat  hoU  galloudec,  crouer  d  'an  efu  ha  d  'an 
douar. 

Hac  en  Jesus-Christ  e  map  unie  hon  Autrou. 

A  so  concepuet  uez  an  speret  glan  ganet  uez  an  Guerchez  Mary. 

A  'n  deueux  gouzafuet  dindan  Poncz  Pilât,  so  bezet  crucifiet, 
laquaet  d'  an  maru  ha  sebeliet. 

A  disquennas  d  'an  infernou,  ha  d'  an  trede  dez  ez  resuscilas 
a  maru  da  beu. 


(1)  Variante  :  [Catechism  da  uezafu  lauaret  pep  sul  d  'an  tut  licq  en  prosn 
an  offeren  da  uezafu  disquet  hac  ententet  gant  an  oll  clirystenien.  Graet  quen- 
tafu en  gallec  gant  ÎI.  R.  Benoist,  doctor  en  theology  ha  person  en  S.  Eustach 
en  Kaer  a  Paris  hac  iuez  praticquet  en  dioces  a  Aniau,  troet  en  brezonec  gant 
G.  K.  P.  e.  Cl.  P.  quentafu]. 


—  '261  — 
A  zo  pignel  en  nefuou  hac  ez  asez  an  tu  dechou  da  Douo  e  tat  holl 
galloudec. 
Ahano  ez  deuy  da  barn  an  re  beu  hac  an  re  maru. 
Me  a  cred  en  speret  glan. 
An  iliz  santel  ha  cathoHc,  communion  an  sent. 
Remission  an  quic  hac  an  corfou. 
Hag  an  buhoz  éternel.  Amen. 

Gonfiteor. 

Me  a  confess  ouz  Doue  hollgalloudec  hac  ouz  an  Guerchez  glorius 
Mary,  hac  ouz  an  holl  sent,  rac  me  reusedic  pecheer  (eguyt  an 
grouec  ez  dleer  lauaret  :  reusedigez  pechezrez)  am  euz  meurbet 
pechet,  quem  dre  songeou,  quen  dre  lauarezou  hac  oberou,  hac  en 
pep  seurt  pechedou  ha  droucou  aral  graet  guenefu  dre  ancofua  hac 
iuez  dre  effect.  Rac  se  me  a  ra  aneze  confession  en  un  lauaret  :  ma 
faout,  ma  faout,  ma  brassa  faout  ha  pechet,  hac  a  ped  an  Guerches 
glorius  Mary  hac  an  oU  sent  ha  santesou  da  pedifu  an  autrou  bon 
Doue  holl  galloudec  eguidafu  pechezr,  eguit  ma  en  deuezo  truez  ouzifu 
ha  ma  pardono  dre  e  gracs  ha  trugarez.  Euelse  bezet. 


LE  GRAND  MYSTÈRE  DE  JÉSUS 

Ce  mystère  a  été  publié  pour  la  première  fois,  texte  et  traduc- 
tion, par  M.  de  la  Villemarqué,  sous  le  titre  :  Le  grand  Mystère 
de  Jésus,  passion  et  résurrection,  avec  une  étude  sur  le  théâtre 
breton  chez  les  nations  celtiques,  par  le  vicomte  Hersart  de  la 
Villemarqué,  membre  de  l'Institut.  Paris,  Didier,  1865,  gr.  in-8'\ 

L'original  est  à  la  Bibliothèque  Nationale;  c'est  un  in-24  non 
paginé,  n°  6,  183,  relié  en  maroquin  rouge,  avec  tranches  dorées 
et  garde  en  papier  doré,  orné  d'arabesques.  Il  y  a  des  lacunes 
à  la  page  93  et  à  la  page  105.  La  date  de  l'impression  est  1530. 
Il  y  en  a  eu  une  deuxième  édition,  en  1622,  chez  Georges  Allienne, 
à  Morlaix.  Un  exemplaire  de  cette  édition  se  trouve  aussi  à  la 


—  262  — 
Bibliothèque    Nationale,    sous  la  cote    D,    n<*  6,    397,  in-32, 
reliure  en  veau.  L'exemplaire  ancien  contient,  outre  le  grand 
Mystère  de  Jésus,  la    Mort  de  la    Vierge  et   la  Vie  de 
l'homme. 

M.  de  la  Villeraarqué  a  voulu,  dans  son  introduction,  faire 
remonter  la  composition  de  ce  Mystère  vers  1365.  Il  n'en  donne 
aucune  raison  plausible.  M.  Paul  Meyer  {Revue  critique,  1866, 
p.  210)  a  montré  que  l'auteur  breton  a  suivi  la  rédaction  d'Arnoul 
Gresban  ou  plutôt  celle  de  Jean  Michel,  jouée  à  Angers  en  1486 
et  bientôt  après  imprimée  par  Vérard.  En  réalité,  il  n'y  a  aucune 
raison  pour  séparer  la  date  de  la  composition  de  celle  de  l'im- 
pression. M.  de  la  Villemarqué  a  argué  de  l'expression  a  neuez 
imprimet,  qui  se  trouve  dans  le  titre,  qu'il  s'agissait  d'une 
réimpression.  A  neuez  n'a  pas  le  plus  souvent  en  breton  le  sens 
de  de  nouveau,  mais  bien  celui  de  nouvellement;  c'est  la  for- 
mule ordinaire  aujourd'hui  encore  pour  les  chansons  nouvelles 
{a  nevez  savet).  11  y  a  un  exemple  caractéristique  de  cet  emploi 
dans  la  Vie  de  sainte  Nonn.  Le  prêtre  cherche  en  vain  de  l'eau 
pour  baptiser  Devy;  une  source  jaillit  tout  à  coup  à  ses  yeux,  et 
il  s'écrie  :  Setu  vn  feunteun  cyennet...  a  neuez  savet,  credet  sur. 
Voici  une  source  qui  vient  de  jaillir...  fraîchement  (tout  de 
suite)  sortie  de  terre,  croyez  bieii.  L'auteur  du  Mystère  breton 
par  l'idiotisme  a  neuez  a  voulu  simplement  indiquer  une 
nouveauté  et  non  une  réimpression.  Nous  reproduisons  le  texte 
de  M.  de  la  Villemarqué.  Le  titre  breton  de  l'édition  gothique 
de  1530  est  :  Aman  ez  dezrou  an  Passion  ha  goude  an 
Résurrection  gant  Tremenuan  an  ytron  Maria  ha  he  pemzec 
lauenez  hac  en  diuez  ez  edy  Buhez  mab  den.  E  Paris,  a  neuez 
imprimet  en  bloaz  mil  pemp  cant  ha  tregont.  E  Paris  ho 
guerzeur  e  ty  Eozen  Quilleuere  e  quichen  an  Pontbihan,  en 
assaingn  an  +  du  en  ru  hanuet  La  Bucherie  (1). 


(1)  L'édition  de  Moiiaix  de  1622  a  été  revue  par  Tanguy  Gucguen,  prêtre  et 
organiste  du  pays  de  Léon  :  An  oll  eorriget  hac  aimntet  gant  Tanguii  Gueguen 
baelec  hag  organùt  natif  a  Léon. 


-  263  - 

Aman  dezrou  an  passion. 

An  test. 
Dre  compassion 
Ouz  an  passion 
On  roe  deboner 
Ez  die  pep  heny 
Goelaff  a  devry, 
Nac  eu  mar  fier. 

Rac,  dre  e  douczder 
Evit  bon  salvder, 
Dezguener  an  Croas 
Heb  ober  nep  drouc 
Na  breig  (1)?  oar  he  chouc 
Hon  drouc  a  dougas. 

Hiziu  (2)  mab  Doe  tat 
A  marnas  e  grat 
Dre  pechet  Adam, 
Hep  pechif  un  pas 
Hac  a  'n  aval  glas 
Eff  ne  debras  tam. 

Dre  'n  guerches  dinam 
En  deffoe  da  ma  m 
Doe  en  dilamas; 
Ez  deus  en  douar 
Da  doen  hon  glachar, 
Mar  meur  hon  caras. 

Pan  oa  en  couvy 
Entre  tut  e  ty 
Hon  roe  beniguet, 
Ez  arriuas  plen 
Mari  Magdalen 
A  yoa  e  penet. 

(1)  Édition  de  Morlaix  :  Abret  goar  e  chouc. 
q2)  Original  hixiev. 


—  264  — 
Gant  queuz  d  'e  pechet 
Ez  goelas  meurbet 
Ha  hy  en  pedas 
Dre  grâce  ha  faeczon, 
Hac  en  ty  Symon 
En  he  pardonnas. 

Eno  gant  dazlou 
Ez  golchas,  hep  gou, 
Treit  hon  autrou  fur, 
Ha  neuse  tizmat 
Gant  he  bleau  a  stat 
Ho  séchas  gant  cur. 

Dre  'n  oignamant  pur 
En  lardas  assur; 
Darn  a  murmuras 
E  ty  hac  e  tut 
Gant  queuz  d  'e  tribut 
Hanuet  uoe  Juzas. 


Testamant  Juzas  (p.  97). 

Dyaoulou,  dyaoulou  azgas, 
Lucifer  ha  te  Sathanas, 
Orribl  hegas,  a  drouc  assaut 
Deut  e  'm  requet,  na  fellet  tam, 
Infernalet  guytibuntam 
Da  tremen  flam  ma  testamant. 

SATHAN. 

Cza  divis  hy  expédiant; 

An  tremenvan,  me  a  'z  goarant, 

Me  he  gray  e  'z  presant  antier. 


Me  Juzas  leun  a  diablasder 
A  'm  em  ro  d'  ihuy,  Lucifer, 


-  265  — 
An  quentaff  guer  corff  ha  speret 
En  tan  flam  eternalamant, 
En  poan  ha  langour  ha  tourmant, 
Bede  an  fondamant  plantet, 

Da  bezaf,  hep  flaig,  ostaget 

En  puncc  an  abim  venimet, 

Donaf  ma  'z  galhet  cafout  place  ; 

Eno  vezo  hezr  ma  bezret 

Da  bezaf  cruel  sebelyet 

Hep  esper  qiiet  a  cafout  grâce. 

De  ut  breman  ia  dirac  ma  face 

Eguyt  d  'an  lech  fleryus  ma  quacc, 

Mastinet  haracc  difacet, 

Ma  'z  iff  gant  languis  ha  tristez; 

Rae  anquen  eguyt  leuenez 

A  'm  eux  e  'm  buez  dellezet. 

Renonciaf  a  grafî  affet 

D  'an  barados  din,  d  'an  Dreindet 

Tat,  mab  queffret  ha  'n  speret  glan, 

D  'an  guerchez  Mary  benniguet 

Da  Michael  ha  d  'an  holl  aelez, 

D  'an  holl  madou  graet  en  bet  man. 

Ma  quecet  rac  drem  a  breman 
D  'an  ifern  puant  ha  d  'an  tan 
Tizmat,  Sathan,  quent  ehanaf, 
Enef  ha  corff,  dre  ma  torfet 
Da  vezaf  en  cauter  bervet, 
Rostet,  losquet,  heb  arretaf. 

Ma  bouzellou,  pan  dezrouaflf, 
Da  mil  toucec,  an  re  heccaf, 
Eno  a  roaf  an  quentaf  prêt  ; 
Hac  ez  roaf  ma  fry  spécial 
Da  santaf  pep  fier  infernal. 


—  266  — 
Ma  diou  scouarn  am  eux  barnet 
Da  cleuet  pep  cry  milliguet 
Ha  pep  terribldet,  ent  certen, 
Ha  ma  doulagat  translatet 
Da  goelaff  gant  an  re  dampnet  : 
N  'o  deueux  quel  dellezet  quen  ; 

Ma  teaut  ha  ma  guenou  coen  (?) 

Da  cryal  euzic  bizhuyquen 

Gant  poan  hac  anquen,  hep  quen  son, 

Ma  'z  clevher  ma  brut  ouz  yudal 

En  font  an  cystern  eternal 

Hac  ouz  criai  en  teual  don. 

Bref  chetu  an  conclusion  : 
An  holl  membrou  bede  'n  calon, 
Gant  confusion  disonest, 
Quein,  coff,  beguel  hac  ysily 
Ha  quement  am  eux,  ne  deux  sy, 
A  roaf  holl  d  'ihuy  manifest. 

Heb  quempret  arrestet  (1),  me  dest, 
Duet  gant  mil  safar  d  'am  arhuest  : 
D  'oz  tempest  en  em  aprestaf. 
An  despet  da  Doe  a  'm  croeas, 
En  tan,  e  quichen  Sathanas, 
Ma  domicil  bras  a  choasaf. 

Ac  acecc  eu 

AN  DYOUL. 

A  desevaf, 
Pan  guelaf  oz  renonciaf 
Da  esper  start  a  pep  pardon 
Eguyt  an  saeson  da  donet. 


(1)  Original  azrectet.  On  ne  peut  guère  songer  à  azrec  (azrec  quet?)  repentir. 
I.e  sens  porte  à  supposer  arrest. 


—  267 


Hennez  a  graf  an  quentaf  prêt, 
Ma  mecher  so  deliberet; 
Breman  eu  prêt,  hep  arrêtât; 
A  'm  dou  dorn  iffam,  hep  amouc, 
Ez  mennaf  tizmat  dre  ma  drouc 
Ere  an  chouc  ma  em  crougaf. 

Bishuiquen  grâce  ne  pourchasaf 
Na  pelloch  Doe  n  'e  avoeaf; 
An  maru  soudenhaf  guelhaf  eu. 
Disemperancc,  ro  auancc  d  'if, 
Na  tlaig  quet,  mar  ial  da  pidif, 
Diouz-if,  her  dra  bezif  beu. 

DISEMPERANCC. 

Quea  oar  se  afuet,  rac  prêt  ve; 
Muy  na  safar,  pan  oui  dare, 
Rac  ret  eu,  ha  re  ez  beuez. 


(P.  156).  Jésus  est  enseveli. 

An  test. 

Pan  oa  corff  Jésus 
Lienet  dre  us, 
Nichodemus  mat 
Ha  Joseph  yuez, 
Quent  abardahez, 
A  yez  d  'e  bezhat; 

En  dougas  tizmat 
Gan  enor  ha  stat, 
Hac  en  translatas, 
Hac  en  creis  an  bez 
Cazr  net  a  neuez 
Y  en  anhezas. 


—  268  - 
Pan  oa  sebelyet 
Hac  oignamantet 
Hac  ordrenet  glan 
Gant  an  re  hanuet 
Hac  en  Mariet 
Diouz  fet  an  bet  man, 

Neuse  pep  unan 
A  dougas  e  poan, 
Hac  ef  a  manas 
En  bez  a  enor 
Adref  e  coscor 
Quen  na  daczorchas. 


Poèmes  bretons  du  moyen  âge,  publiés  et  traduits  d'après 
l'incunable  unique  de  la  Bibliothèque  Nationale  avec  un 
glossaire-index,  par  le  vicomte  Hersart  de  la.  Yillemarqué. 
Paris;  Didier,  1879. 

Ces  poèmes  se  trouvent  dans  l'incunable  contenant  le  Grand 
Mystère  de  Jésus.  Pour  la  date  et  la  description  de  ce  volume 
nous  renvoyons  donc  à  la  préface  de  nos  extraits  du  Grand 
Mystère  (1).  Les  poèmes  sont  au  nombre  de  trois  :  Tremenvan 
an  ytron  guerches  Maria  (le  trépas  de  la  Vierge  Marie)  ;  Pemzec 
leuenez  Maria  (les  quinze  joies  de  Marie);  Buliez  mahden  (la 
vie  de  l'homme). 

Le  poème  du  trépas  de  la  Vierge  est,  suivant  M.  de  la  Ville- 
marqué,  une  paraphrase  de  la  légende  latine  intitulée  :  Tran- 
situs  heatœ  Mariœ  Virginis,  et  que  M.  de  la  Villemarqué 
reproduit  p.    127   (2).   Il   nous  paraît  probable  que    l'auteur 


(1)  Ces  poèmes  ont  été  réimprimés  avec  le  Grand  Myxtère,  en  1622,  par 
Georges  AUienne,  mais  malheureusement  corrigés  par  Tanguy  Gueguen.  Les 
variantes  données  par  M.  de  la  Villemarqué  sont  tirées  de  cet  ouvrage  (Bibl. 
Nat.,  n"  6397-D), 

(2)  D'après  Tischendorff,  Apocalypses  apocryphœ,  pp.  95-136.  Lipsise,  Mendels- 
Eohn,  1866. 


—  269  — 
breton  a  eu  sous  les  ysax  des  sources  françaises.  Son  début  est 
le  même  que  celui  du  Trespassement  Nostre-Dame,  imprimé 
à  Brehant-Loudéac,  en  l'an  mil  IIIP.  IIII**.  III  (1).  Pour  les 
deux  autres  poèmes,  nous  n'en  connaissons  pas  de  version  fran- 
çaise, mais  il  est  très  vraisemblable  que  ce  ne  sont  pas  non  plus 
des  œuvres  originales. 

Tremenvan  an  itron  guerches  Maria. 

Bennoez  Doe  en  eur  hac  en  prêt 
Ma  'z  voe  Doe  en  bet  man  ganet 
A  corf  un  merchic  benniguet 
Goude  bout  Adam  condampnet. 

Hac  en  eur  (2)  ma  'z  ganat  an  merch 
Goude  guenell  Doe  ez  voe  guerch 
Ha  ma  'z  eu  flam  guir  mam  ha  merch, 
Hy  so  bleuzuen  quen  guenn  ha  'n  erch. 

Ha  ma  'z  voe  sacret  car  an  eiz  neff 
Advocades  plen  da  pep  eneff 
Da  bout  cougant  présidantes 
En  nef  louan  (3)  ha  roanes. 

Homan  so  mat  advocades 

Hac  en  gloat  Doe  'n  tat  elchades 

Ha  quen  guen  ha  'n  erch  (4),  an  guerches 

A  mir  en  pep  bro  nep  he  cotes. 

Rosen  guenn  ha  steren  quentel, 
Roanes  spes  an  abestel, 
A  mir  hat  Adam  ouz  cafuoez 
Nep  a  pet  goar  he  trugarez. 


(1)  Voir  la  réimpression  en   fac-simLle  dans  V Imprimerie  en  Bretagne  an 
XV'  siècle,  Nantes,  Bibliophiles  hretons,  1878. 

(2)  Original  nevr, 

(3)  D  louman  lego  Imiian  (de  la  Villemarqué). 

(4)  Original  ncrch. 


—  t270  — 
En  homan  ez  voe  Doe  roe  'n  bet 
En  un  poent  gant  hoent  enioentet 
Gorf  ha  quic  he  goat  benniguet 
En  un  liffrae  glan  da  pobl  an  bet. 

En  amser  lem  bede  breman 
Mam  Roe  an  belly  ha  Mary  glan 
Mam  a  truez  da  bizhuiquen 
A  lem  penedour  a  sourpren. 

Sahit  Thomas  et  la  Vierge  mojitant  au  ciel  (P.  49). 

XIII 

Sant  Thomas,  hep  abafî  quet, 
Pan  edoae  dison  oz  donet 
A  deffry  da  mont  Olivet, 
Ez  guelas  an  corff  benniguet. 

Ez  guelas  Guerches  Roe  'n  aelez 
Ouz  monet  en  neff  dyalahez 
Gant  he  map  lesus  ent  seder, 
Aelez  a  dreff  bac  a  quever  ; 

Ma  'z  goulennas  a  moez  meurbet  : 
c<  Itron  dinam,  mam  benniguet, 
»  Donet  a  renn  hael  d'oz  guelet, 
»  Hac  e  'z  guelaff  spes  e  'm  lesel  ? 

»  Me  a  'z  guel  en  nefF  don  oz  monet  : 

»  Menn  trugarez,  ha  me  a  pet, 

«  Ouz  da  map  net  groa  ma  trete, 

»  Rac  aoun  a  'm  goall  na  'm  tamalhe,  » 

An  Roanez,  guyr  flourdelis, 

A  ditaulas  flour  he  gouris 

A  'n  neff,  hep  chom,  da  (1)  sant  Thomas, 

Neuse,  hep  abaff,  en  affas 

(1)  Il  faudrait  peut-être  lire  ha. 


-  ^J71  — 
Ma  'z  deux  ahane  piz  tizmat 
Thomas  evel  un  guir  cannât  : 
«  Memeus  guelet,  hep  quel  avis, 
»  Mam  Roe  an  gloar  (1)  ha  Paradis.  » 

An  dra  man  certen  hep  e  guelet 
N  'o  deruoe  crediff  quetqueffret 
Ez  ve  en  bez  man  damany 
Corfî  mam  Doe  so  Roe  an  belly. 


«  Aman  ez  lavaraff  affet  : 

»  Eguyt  nep  sy  nen  dedy  (2)  quet.  » 

Quentiz  y  a  redas  d  'an  bez 

Ma  'z  oa  bezet  flour  ouz  goùrvez 

Hac  ez  selsont  a  pep  tu  querz 
Ouz  essa  pep  unan  dre  nerz 
Gourren  an  men,  ha  nen  doae  marz, 
Ha  netra  ne  queffsont  abarz  ; 

Nemet  yscuit  solennité 
Nen  doae  bet  seder  en  bez  se, 
Ha  huez  mat,  leuenez  ha  can, 
Dre  grâce  syder  an  speret  glan. 

Hac  e  goulensont  ouz  Thomas; 
Pep  unan  en  enterrogas, 
Ac  efF  a  gouzie  quet  netra 
A  'n  Guerches  hep  sy  Maria. 

Thomas  ho  guelas  quen  quezedic, 
Buanec,  frescq  ha  lesquidic. 
Ne  gouzient  pe  respontsent  quet 
A  'n  corff  guinvidic  benniguet; 


(1)  Original  gloat,  var,  gloar. 

(2)  Orig.  desi,  var.  dedy. 


-  t>72  - 
Ha  pan  guelas  Thomas  an  huec 
Bout  e  breudeur  glan  buanec, 
Ez  lavaras  deze  seder  : 
«  Cleuet  un  neubeut,  ma  breudeur  : 

»  Hiziu  e  livyris  a  cren 

»  En  ludea  ma  offerenn, 

»  Hac  ez  duenn  en  hent  quen  hoantec 

»  En  livfrae  certen  un  baelec 

»  Pan  edoann  en  mont  Olivet 
»  Aman  a  randon  oz  donet, 
»  Ez  guilis  haznat  uhel  en  neff 
»  An  guerches  plen  corff  gant  eneff. 

»  Hac  ez  leffis  out  y  dyson  : 

»  Guerches  guinvidic,  ma  Ytron, 

»  Ytron  clouar,  reit  diff  pardon, 

»  Hep  si  ho  bénédiction. 

»  Ha  'n  Roanes  glan  pep  manyer 
»  A  cleuas  glan  buhan  ma  guer 
»  Hac  ez  ros  diff  flour  he  gouris  : 
»  An  Ira  man  certen  a  guilis. 

»  Hac  ez  lavaras  diff  hep  quen  si  : 

»  Me  a  ya  d  'an  lech  diouganet  diff 

»  Gant  Doe  Tat  ha  'n  map  a  'n  speret  glan, 

»  Try  person  guyrion  en  unan.  » 

Quen  buhan  tiz  ez  cretsont  za  (1) 
Bout  eat  hep  quen  sy  Maria 
Ent  corff  hac  eneff  en  neffou 
Gant  he  map  heb  faut  an  autrou. 


(1)  Il  faut  peut-être  lire  ta  ;  une  variante  donne  ya. 


—  273  — 

Pemzec  leuenez  Maria  (P.  74). 

Mam  Doe  so  mam  Doe  roanez, 
Guerches  dinam,  mam  a  Iruez, 
Feunten  so  leun  a  Irugarez, 
Ha  'm  evezhet  en  quarantez. 

Hep  mar  na  gou  te  en  bronnhas 
Da  croeadur  nep  lion  furmas, 
Hac  adarre  plen  ez  gorreas 
Oar  pep  ael  hac  ez  ehanas. 

Guerches  so  Roanes  en  neff, 
Och  pep  pirill  mir  ma  eneff 
Pepret,  mail  eu,  ha  cleau  ma  lefï  : 
Ma  ezrevenl  so  en  hent  guenefF. 

Ha  'm  evezha,  Mary,  ez  mat 
Ha  ro  diff  grâce  an  place  a  'z  grat, 
Quent  font  an  près  da  cofessat, 
Maz  duy  dazlou  a  'm  doulagat. 

Pet  euidoff  gant  coufT  ha  striz 
Roe  'n  drindet  a  macsolh  gluiz; 
Glan  roanes,  pa  'n  petes  piz, 
Absolven  a  caffenn  quen  tiz. 

Guerches  dinam  so  mam  d  'an  grâce 
Pemsec  guez  ez  stoeiz  (1)  d  'an  place 
A  enor  d  'an  pemzec  solacc 
Affoe  en  douar  mar  dilacc. 

A  'n  pemzec  ioae  a  ioae  affoe 
En  douar  man  euit  map  Doe 
Glan  dianaff  an  quentaff  voe, 
A  glan  coudet,  salut  an  Roe. 


(1)  Le  sens  demande  stocis  au  lieu  de  stueaz  :  Quinze  fois  je  me  suis  incliné 
sur  le  sol  en  l'honneur  des  quinze  joies  que  tu  as  eues  sur  la  terre  si  agréablement. 

18 


—  274  — 
Gabriel  ent  uhel  ha  gloar 
En  dileuzras  d  'it  en  douar. 
«  Ave,  Maria,  a  lavar, 
»  Doue  so  guenet,  hep  quel  a  mar. 

»  —  Gabriel,  duet  mat  ra  vihet 
»  Aman  e  'm  templ  d  'am  darempret; 
»  Ghetu  an  merch  en  he  guerchdet  : 
»  Autrou  Doe  Tat,  gruet  a  queret.  » 

Ytron,  dre  raeson  ny  ho  pet 
A  guir  calon,  groa  hon  miret, 
Guerches  dinam,  hep  tam  pechet, 
Dre  carantez  en  divez  hon  bet, 

Dre  'n  ioa  arall  ha  'n  levenez 
Az  voe  pan  guelsot  Elysabeth 
Ouz  sout  ouzit  en  un  menez, 
Ha  hy  da  saludiff  yvez  (1)  ; 

Deoch  ez  lavar  hep  mar  na  sy  : 
Benniguet  ouch  dreis  pep  heny; 
«  An  froez  a  (2)  do[u]gues  e  'z  belly 
»  So  benniguet  hep  quel  a  sy.  » 


(P.  86).  Pemzec  levenez  var  pep  tra 

He  devoe  an  guerches  Maria 
Gobr  en  deveus  nep  ho  coffa 
Digant  Doe  'n  Tat;  elF  en  gratha. 

Lavar  hy  gant  eoll  ha  hoant 
D  'an  pemdez  gant  youll  cogant, 
Ha  ne  fezo  nep  azrouant 
Euit  nep  vigor  na  tormant. 

Fin  an  'pemzec  levenez. 


(1)  Original  evez,  var.  yvez. 

(2)  Orig.  az. 


—  275  — 
Buhez  mabden  (P.  88). 

Goude  da  stat  ha  pompadou 
Guyscamant  ha  paramantou 
Ez  duy  en  Anquou  ez  louen, 
Pan  troy  en  haf  (1),  da  lazaff  mie, 
Ma  'z  duy  da  neuz  da  hout  euzic 
Ha  tristidic  da  bizhuyquen. 

Pan  vezo  da  qiiic  maru  myc  yen, 
Ne  deux  car  oar  an  douar  certen. 
Me  dest,  nac  estren  nep  heny, 
Na  tut  da  ty  na  da  priet, 
Na  ve  mar  dispar  ez  carset, 
En  deurffe  quet  da  guelet  muy. 

Yvez  d  'an  prêt  ma  'z  decedy 
Guenez  oar  da  chouc  ne  douguy 
Nemet  hep  muy  un  coz  lyen 
Pe  'n  heny  ez  vizy  griet 
Tiz  mat  a  lum  ha  dastumet  : 
Tra  en  bel  ne  'z  vezo  quet  quen. 

Goude  se  en  douar  oar  da  huen 
E  'z  laquaher  pan  duy  an  termen  ; 
Mar  cazr  na  quen  oas  a  quenet, 
Eno  coff  ha  queyn  ez  breiny 
Treyt  ha  penn  hac  ez  dispenny 
Lagat  ha  fry  ha  goazyet. 

Dou  pe  try  glyzen  tremenet 
Treyt  ha  penn  ez  vyzy  tennet  : 
Certes  ne  ves  quet  leset  muy  ; 


(1)  M.  de  la  Villemarqué  lit  en  haf  et  tradnit  pan  troy  en  haf  par  :  quand 
tu  seras  prêt  pour  elle.  Le  sens  est  :  quand  il  tournera  en  elle,  c'est-à-dire 
quand  il  lui  plaira.  C'est  un  idiotisme  encore  en  usage  aujourd'hui. 


—  276  — 
Ha  ne  goffe  styn  az  lynez, 
Euyt  da  selhet  a  het  dez, 
Pa  e  'z  lamher  a  'n  bez,  pyou  vezy. 

Ha  chede  certen  testeny  : 
Dyrac  un  carnel,  pan  guely, 
Hars  ha  sell  out  y  ancyen, 
Da  gouzout,  na  dout  mar  soutil, 
A  te  a  aznalïe  quet  entre  mil 
Neb  so  gentil  diouz  an  bylen  ; 

An  fall  na  'nn  cre  dîouz  an  seven  : 
A  un  port,  un  sort,  un  ordren 
Quement  so  a  maru  yen  tremenet 
A  hoU  hat  adam  drouc  ha  mat 
So  comun  saczun  en  un  stat 
Evel  en  un  oat  Irelatet. 

Nobl  ha  partabl  en  un  bezret 
Ez  ynt  un  hevel  da  guelet, 
Na  ne  deux  quet,  mar  discret  ve, 
Eguyt  phylosophy  na  sciance, 
Na  prudance,  [entr]  o  diffarance, 
Na  ve  mar  prim,  a  estymhe. 

Ne  gueus  a  nep  still,  quen  abil  ve 

Na  quen  ruset  diouz  an  heure, 

Pan  ve  quement  den  so  en  bet, 

A  aznaffe  querent  diouz  hentez 

Na  breuzr  diouz  hoar  dre  nep  aroez  (1). 

Ha  pan  vez  en  bez  gourvezet 

Rac  se  breman  hoU  pobl  an  bet 
En  oz  esper  consideret, 
Pan  duy  an  prêt  da  decedaff, 


(1)  Var.  aruoez  ;  orig.  oarex. 


—  277  — 
Ez  vihet  égal  havalet 
Hep  differance  a  tra  en  bet 
Ouz  an  re  so  eat  da  quentaff. 

A  la  fin  du  volume. 

Aman  ez  achief  an  lefr  man 
Meurbet  deuot  da  pep  unan 
Da  lenn  d  'an  re  a  goelet  Breiz 
Eguit  chom  fermoch  en  ho  feiz 
Mil  CCCCC  ha  XXX. 


LE  MYSTÈRE  DE  SAINTE  BARBE 

On  connaît  deux  éditions  bretonnes  de  ce  Mystère.  L'une  est 
de  1557,  l'autre  de  1647.  Comme  nous  l'apprend  le  titre  de 
l'édition  de  1557,  le  Mystère  a  été  imprimé  à  Paris  pour  Bernard 
de  Leau,  imprimeur  de  Morlaix  (petit  in-S"  goth.  de  96  ff.  non 
chiffrés  de  14  lignes  à  la  page)  (1).  Un  exemplaire  de  l'autre 
édition  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Nationale  ;  l'imprimeur  est  Jean 
Hardouyn,  à  Morlaix (2)  (in-16  de  206p.,  Bibl.  Nat.,  Y  6180  ré- 
serves). Le  Mystère  de  sainte  Barbe  a  été  réimprimé  sur  l'édition 
de  1557  avec  des  variantes  de  l'édition  de  1647,  par  M.  E.  Ernault, 
sous  le  titre  :  le  Mystère  de  sainte  Barbe,  tragédie  bretonne, 
texte  de  1557,  publié  avec  traduction  française,  introduction  et 
dictionnaire  étymologique  (3),  par  M.  E.  Ernault,  professeur 
à  la  Faculté  des  lettres  de  Poitiers  (Nantes,  Société  des  biblio- 
philes bretons,  1885,  in-4°,  187  pp.). 

Le  Mystère  breton  remonte  évidemment  à  une  source  française. 


(1)  Voir  bibliographie  des  traditions  et  de  la  littérature  populaire  de  la  Bretagne, 
par  H.  Gaidoz  et  Paul  Sébillot  (^Extrait  de  la  Revue  celtique).  Paris,  1882, 
pp.  315-316. 

(2)  Aman  ez  dezraou  buhex  santés  Barba  dre  rym  enel  inaz  custumer  he 
hoary  en  Goelet  Breiz  gant  heuriou  ayi  itrou  sanctes  Barba,  hac  he  offiqoru 
amplamant.  E  moiitroûles,  gant  lan  Hardonyn  imprimer  ha  librer,  peheny  à 
chom  é  Kû MDCXLVII.  ' 

(3)  Cette  partie  n'a  pas  encore  paru. 


-  278  - 
La  marche  du  drame  est  la  même  que  dans  le  Mystère  français 
imprimé  de  sainte  Barbe  :  La  vie  et  histoire  de  Madame  saincte 
Barbe  par  personnaige,  avec  plusieurs  des  miracles  d'icelle  et  si 
est  à  trente  huit  personnaiges  dont  les  noms  s'ensuiuent.  Imprimé 
à  Paris  par  la  veufve  feu  Jehan  Trepperel  et  Jehan  Jehannot, 
demourans  en  la  rue  neufue  nostre  dame  à  l'enseigne  de  l'escu 
de  France.  In-4°  goth.,  30  ff.  à  2  colonnes  (I).  Il  y  a  cependant 
entre  les  deux  drames  de  notables  différences  qui  nous  font  sup- 
poser qu'il  existe  une  source  française  plus  directe  du  Mystère 
breton  (2). 

Aman  ez  dezrou  buhez  sante[s]  Barba  dre  rym  euel  ma  'z 
custumer  he  hoary  en  goelet  Breiz  (3). 

(An  aelez  a  dezrou  canaff). 
An  test. 
4.  Breman,  pobl  an  bat  Leun  a  disenor 

Gant  fez  euezhet,  Ha  guerr  (4)  ac  error 

Hac  ez  guelhel  huy  Roe  Dioscorus. 

Ystoar  bon  cares 


Barbara  guerches 
Leun  a  courlesy. 


3 .  Dioscorus  bras 
En  em  auizas, 
Hac  a  laças  plen 
2.  Mercli  d  'an  roe  voe  hy  Tut  a  pep  labour 

A  Ycomedy,  Da  ober  un  tour 

Den  malicius,  Ha  mecherouryen. 

(1)  Nous  devons  une  analyse  de  ce  ^Jystères\lT  l'exemplaire  de  la  Bibliothèque 
Nationale  (acquisitions  n»  29,234)  à  M.  G.  Dottin.  Nous  avons  aussi  consulté  le 
livre  de  M.  Petit  de  JuUevile  :  Les  Mystères,  t.  II,  pp.  478-188. 

(2)  Le  prologue  est  différent;  le  personnage  de  la  reine,  celui  de  Marcien, 
celui  de  la  femme  folle,  les  miracles  ne  se  retrouvent  point  dans  le  drame 
breton.  Mais  en  revanche  Origène  n'apparaît  point,  croyons-nous,  dans  le  drame 
français.  Les  noms  de  plusieurs  personnages  sont  également  différents. 

(3)  L'exemplaire  de  1557  décrit  dans  la  bibliographie  de  MM.  Gaidoz  et 
Séljillot  porte  en  plus  :  E  Paris  neuez  imprimet  gancl  Bernard  de  leuae.  Im- 
primet  E.  Paris  euit  Bernard  de  Leau  pehiny  a  chôme  e  mountrovlles  var  pont 
hottrret  en  hloaz  MDLVII,  L'expression  iievez  imprimet  a  ici  le  même  sens  que 
dans  le  titre  du  Grand  Mystère  de  Jésus.  Elle  indique  une  nouveauté  et  non 
une  réimpression  comme  le  voulait  M.  de  la  Villemarqué.  C'est  M.  de  la  Ville- 
marqué  qui  a  fourni  à  M.  Ernault  la  copie  de  l'édition  de  1557  dont  il  s'est  servi, 

(4)  Édition  de  1557  guerrh. 


-  279  - 
4.  Hac  y  en  dyen  En  desrouas  sclaer 

Apert  ha  certen,  Euel  tut  antier 

Dre  'z  voe  ordrenet,  Ha  deliberet. 

An  introduction. 

5.  Entr  'och,  pobl  guiryon,  deboner, 
Gruet  silence  ha  ma  'z  commancer 
Antier  dre  myster  disclaeriet 
Glouar  ystoar  santés  (1)  Barba. 
Ma  ne  (2)  gouzyech  pe  a  lech  oa, 
Pep  stat  gant  ioa  he  coffha  gruet  (3). 

6.  An  guerches  man  ameux  hanuet, 
Da  Dioscorus,  den  ruset, 

Roe  (4)  affet  a  Ycomedi 
Ez  oa  hy  merch,  leun  a  guerchdet; 
Eff  he  care  pep  heur  meurbet 
Er  nen  devoa  quet  nemet  hy 

7.  Ma  's  songas  en  e  fantasy 
Ez  galse  besaff  dre  affuy 
Gant  un  re  e  (5)  ty  rauiet  ; 
Hac  ez  laquas,  ne  dougias  den, 
Tut  a  labour,  mecherouryen 
Da  ober  certen  ordrenet 

8.  Vn  tour  fournis,  d'e  guis  discret. 
En  compas  iolis  diuiset, 

D  'e  miret,  rac  ne  lamset  hy 


(1)  Édition  de  1557  santé. 

(2)  Édition  de  1557  net. 

(3)  La  traduction,  en  général  fidèle  de  M.  Ernault,  paraît  ici  défectueuse  ; 
il  traduit  he  coffha  gruet  par  :  on  va  vous  rappeler  cette  santé.  Le  sens  doit 
être  :  rappelez-vous-Ia. 

(4)  Édition  de  1557  rac.  Roe  est  une  conjecture  de  M.  Ernault. 

(5)  Nous  comprenons  gant  vn  re  e  ty  ranlet  par  :  enlevée  par  quelqu'un 
de  sa  maison.  M.  Ernault  traduit  :  si  bien  qu'il  se  mit  en  tête  que  quelqu'un 
eût  pu  Venlever  de  sa  maison. 


—  280  — 
A  eneb  e  grat  digantaff 
E  neb  guis,  nac  lie  rauissaff, 
Na  hep  lie  rentaff  dezaff  muy 

9.  Hoquen  quentaff,  ne  lacaff  sy, 
Gant  un  den  a  brut  en  study 
He  laquât  (1)  hy  a  studias  ; 
Ha  liy,  credet,  ne  voe  quet  lie, 
A  disquas  lysmat  an  pratic, 
Er  autentic  e  hem  (2)  applicas. 

10.  Dre  he  squient  ez  ententas 
Ez  oa  un  Doe  nep  a  croeas 

An  eff  bras  ha  'n  mor  glas  assur, 
An  tut,  ha'  n  loznet  (3),  hep  quet  mar 
Ha  quement  so  lem  en  memoar, 
Heaul,  ster  ha  loar,  ha  'n  douar  pur. 

11 .  An  philosoph  bras,  a  tra  sur. 
Hep  quet  a  mar,  nac  oa  mar  fur, 
Prepos  oscur  a  murmure  ; 

Hac  a  mennas  rep  he  repren  ; 
An  ydolou  vil  ha  bilen 
Dreis  pep  termen  a  soutene. 

12.  Hy  enn  arguas  an  tra  se  ; 
Hac  eff  quen  buhan  ahane 
Hep  dale  enn  em  retreas  ; 

Ha  hy  bepret,  nen  deux  quet  sy. 
En  Doe  roe  'n  bet,  parfet  detry, 
A  muy  e  muy  a  studias 

13.  Goude  se  uffuel  ez  guelas 
Dious  e  habit  un  ermit  bras, 
Hy  enn  enterrogas  asqueut 


(1)  Edition  de  1557  laquai. 

(2)  Original  chem  (e  hem  conjecture  de  M.  Ernault). 

(3)  Édition  de  1557  lonzet. 


—  281  — 

Pe  ban  deue,  hoaz  na  ma  'z  ae, 
Dre  compsou  ulfuel  evel  se, 
Na  peban  oa,  na  piu  oa  quel. 

14.  Eff  a  respontas  dinoas  net 
E  dévotion  oa  monet 

En  effet,  hep  quet  contredy, 
Da  Hierusalem,  hep  remet, 
Da  bez  lesu  Christ  ministr  net  : 
Nen  deuoa  quet  quen  queflfridy. 

15.  Na  hennez  ent  privez  desy 

A  disclaeryas,  ne  tardas  muy, 
Dou  guer  pe  try  a  'n  Passion. 
Hy  dreis  pep  tra  a  yoa  ioaus 
Ma  'z  roas  dezaff,  hep  quen  reffus, 
Crédit  hetus,  ann  aluson. 

16.  Neuse,  secret  un  piéton 

A  leuzras  hy,  hep  fmction, 

(Ha  hy  ytron  ha  barones, 

Dre  vfueltet  (1),  ne  voe  quet  quen) 

Da  Alexandry  ancien 

Da  comps  plen  oz  Origenes. 

17.  Peheny  (2),  hep  goap,  hac  a  près 
A  leuzras  antier  d  'an  guerches 
Flour  ha  courtes  procès  lesus 
Gant  Valentin,  ha  doctrin  net 
En  Ues  leffrou  hep  gou  quel, 

Ma  'z  voe  groa[e]t  (3)  he  coudet  hetus. 

18.  An  holl  fez  desy  gracius 
A  lennas  hep  dale  ioaeus 
Heb  abus,  ma  he  queulusquas 

(1)  Édition  de  1557  uffvelter. 

(2)  Édition  de  1557  Eny. 

(3)  L'édition  de  M.  Emault  porte  groat. 


—  282  - 
Da  bout  ardant  en  carantez, 
Da  quehez[l]  lesu,  he  buhez, 
Hac  ent  priuez  he  badezas. 

19.  He  tat  pep  rout  enn  em  doutas 
Anezy,  pan  [hy]  studias, 

Hac  he  reas,  ne  fallas  quel, 
D  'an  tour  a  yoa  cref  ha  neuez 
Da  tremen  peb  tu  he  buhez, 
Ha  goude,  euez  gouezet, 

20.  Ez  deuz  an  broys,  tut  discret, 
Da  mennat  dezy  reiff  priet  ; 

Ha  n  'e  deuruoe  quel  concedaff, 
Rac  ma  'z  oa,  dre  'n  fez,  demezet 
Da  lesu  Grist,  ann  ministr  net 
Ha  n  'e  deuruoe  quet  nemetaf  (1). 

21 .  Chetu  aman  an  dez  quentaff  ; 
E  'm  introil  a  recitaff 

Guelhaff  ma  'z  gallaff,  quentaff  prêt; 

Ha  d  'an  eil  dez  ez  discuezher 

D  'ich  un  tra  arall,  mar  galler. 

Gant  grâce  Doe,  roe  'n  ster,  mar  queret. 


Deux  bergers  vont  jouer  sur  la  montagne  où  va  passer  sainte 
Barbe  fuyant  son  père.  Un  des  deux  la  trahit. 

RIUALLEN. 

368.  Ha!  Gueguen,  Gueguen. 

GUEGUEN. 

Petra  so  a  mail,  Riuallen? 
(1)  Édition  de  1557  nemeta. 


—  283  — 

RIUALLEN. 

A  ny  ya,  Gueguen,  d  'an  menez 
Da  miret  hon  deffuet  vêtez 
Hac  eno,  dr  'am  fez,  on  bezo 
Amser  euit  ober  cher  mat; 
Me  meux  a  crenn  silsiguenn  plat 
Ha  boutaillat  a  guin  mat  so. 


369.  Ya,  demp-ny  ha  me  benuyo; 
Da  'z  hem  auancc  a  te  danczo  ; 
Cza,  eomp  affo,  n  'on  guelo  den. 

RIUALLEN. 

Pebez  hoary  on  be  ny  quen? 

Mar  bez  anezy  yenien, 

Deomp,  Gueguen,  d  'on  em  pourmenaff. 


370.   Guell  eu  deomp-ny  frisq  diuiscafF 
Da  mellat  ha  da  ebataff, 
Euit  hon  em  tommaff  a  mat. 


Heman  so  taul  sech  a  brech  mat 
A  ya  tizmat  hac  a  pat  pell. 
Horell  ! 

GUEGUEN. 

A  te  teux  affet  guelet  guell 
Heb  fellell  tam  gant  ma  cammell, 
Horell!! 
(Aman  ez  guelont  sante[s]  Barba  ouz 
teçhet  raç  he  tat;  hac  ez  lauar  Riuallen  drouc  :  ) 


—  284  — 
371.  Haulcleu! 

Lauar  a  te  goar  ma  'z  a  Barba 
Ac  eff  so  hoaruezet  netra 
Na  perac  tra  eu  ez  a  hy? 

GUEGUEN  MAT   (1). 

Tau,  Riuallen,  pe  laz  d'imp  ny 
E  ma  en  he  près,  ha  less  y, 
Sco  oar  da  hoary  ha  diuoe. 


372.  Vn  tra  so  hoaruezet,  me  toe; 
Chede  peguen  buan  an  Roe 
Ez  due  en  ploe  quen  enoeet 
Oar  lerch  he  merch  ha  d'e  querchat; 
Vn  tra  so  groaet  nac  eu  quet  mat 
Hac  ez  eu  pep  stat  debatet. 


373 .  Nac  eguit  se 

Morchet  az  eux,  me  ne  'meux  quet. 

RIUALLEN. 

Vn  dra  a  treux  he  deueux  groaet 
Hac  ez  eu  ouz  knech  ditechet 
De'z  em  cuzet,  nen  deu  quet  gou. 
Allas  !  ma  car,  na  lauar  quet 
Es  te  hy  neb  quentel  guelet 
Ouz  darempret  en  on  metou, 

GUEGUEN. 

374.  Ne  falhe  quet  lauaret  gou  : 

Eff  a  tronche  crenn  bon  pennou 
An  Autrou,  euel  da  dou  quy. 

(1)  Mat  se  trouve  ici  par  erreur.  L'épi thète  ne  convient  qu'à  Riuallen. 


-  285  - 

RIUALLEN. 

Me  en  goar  breflf,  mar  he  queffy 
E  iazo  yen  gant  villeny 
Hac  e  groay  net  espediet. 

DIOSCORUS  (a  goulenn  e  merch). 

375.  Leueret  diff  flour,  pastouret 
A  huy  uffuel  houz  eux  guelet 
Ouz  donet  quet  en  houz  nietou 
Barba  ma  merch,  mar  be  querchet  (1) 
Aman  ouz  knech  na  ditechet; 
Respontet  ha  ne  compset  gou. 

AN    BERGER  MAT  RIUALLEN. 

376.  Ententet  haut,  hep  faut,  Autrou, 
Ha  me  compso  plen  a  'm  guenou, 
Mar  queret  sezlou,  en  louen  : 

Me  e  neb  guis  n  'e  guiHs  quet 
Duet  en  menez  man  na  goureet  (2)  : 
Ne  'n  nachenn  quet  en  requet  den. 

DIOSCORUS. 

377.  Me  toe  d  'am  quil,  map  an  bilen, 
Me  roy  d  'it  raau  car  ann  auen, 
Ma  ne  compsez  plen  certen  diff  : 
A  te  neb  quentel  he  guelas 
Euit  an  dez  en  menez  bras  : 
Mar  nachez  un  pas  ez  quasiff. 

(Goude  se  ez  goulenn  ouz  an  drouc  berger  :) 

378.  Na  te?  A  te  goar?  lauar  d  'ifif. 


(1)  Conjecture  de  M.  Ernault.  Le  texte  donne  querzhet. 

(2)  M.  Ernault  propose  goiiezet  ou  gonzuezet  qui  va  mieux  pour  l'assonance. 
Goureet  pour  le  sens  ue  présente  pas  de  difficulté  :  gimreet  montée,  du  verbe  ^ 
gourren  lever  ;  gourre  sommet  (Catholicon). 


—  286  - 

An  drouc  berger  Gueguen . 

Mar  queret  sellet  ha  credifF 
Derchell  houz  hent  ha  ma  sentifF, 
E  discueziff,  ne  filUfTquet; 
Rac  me  he  guelas  a  pasou 
Ouz  Iremen,  membry,  hebiou, 
Secret  aquetou  sezlouet. 

379.  M  'e  guelas  dison  ouz  monet 
He  hunan,  ha  hy  quen  poanyet, 
An  bet  a  calet  ez  rede  ; 

Ne  gortose  den  nep  heny, 
Na  cleuet  neb  rout  comps  ouly 
Na  dale  muy  n  'e  deuruihe. 

DIOSCORUS. 

Pa  he  caffenn  m  'e  quelennhe. 

RIUALLEN  (a  lauar  da  Gueguen) 

380.  Lauar,  pautr  vil,  map  e  guile 
Perac  heb  dellit  eu  d  'ide 
He  discuez  eue!  se  dezaff? 
Breman  heb  truez  he  canno, 
Heb  neb  abaff  pan  e  caffo, 
He  pourmeno  ma  'z  vezo  clafF. 


381.  Mar  groa  follez,  dius  dezaff  ! 
Me  e  carhe  fustet  mat  gantaff, 
Na  fofz  ne  raff,  mar  bezaff  cuit. 

sante[sJ  barba. 

Ma  malloez  quentaff  a  roaff  d  'it, 
Coz  paillart  fell  dre  da  dellit, 
Ma  'z  duy  gant  dépit  da  guitot 
An  Azrouant  dicarantez, 


—  287  — 
Dre  da  sotis  ouz  ma  discuez  : 
Ghede  'n  boutez  a  dellezset. 

382.  Me  pet  dre  barnn  ez  duy  oarnot 
Maledicion  en  un  lot 
Dre  da  fais  riol  assotet, 
Te  ha  da  deuet  affet  pur 
Ma  'z  chanchy  le  hac  y  fîgur 
Pautr  a  drouc  natur  pariuret. 
{Neuse  ann  drouc  berger  so  conuertisset  en  un  men  marhr  hac 
e  deffuet  e  quelhyen-raden) . 


LA    VIE    DE    SAINTE    CATHERINE 

L'original  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Nationale  sous  la  cote 
J  3007  réserve  (inventaire).  Ce  volume  de  31  pages  non 
numérotées  a  été  imprimé  au  couvent  de  Saint-François-de- 
Cuburien,  en  1576.  Des  mêmes  presses  est  sorti  un  autre 
texte  breton  dont  nous  donnons  plus  bas  un  extrait.  Le  texte 
de  cette  Vie  de  sainte  Catherine  a  été  publié  avec  une  traduction 
par  M.  Ernault  dans  la  Revue  celtique,  vol.  VIII,  n°»  1  et  2, 
pp.  76-95. 

M.  Ernault  a  cru  devoir  reproduire  le  texte  tel  quel  avec 
ses  nombreuses  fautes  d'impression ,  en  en  rectifiant  toutefois 
quelques-unes  en  note.  Il  "va  sans  dire  que  le  même  scrupule 
ne  nous  était  pas  permis.  Nous  donnons  le  texte  aussi  correct 
qu'il  nous  a  été  possible,  et  en  renvoyant  en  note  la  version 
de  l'original.  La  division  en  paragraphes  est  due  à  M.  Ernault. 
Suivant  M.  Ernault,  la  Vie  bretonne  serait  une  version  de  la  Vie 
latine  de  sainte  Catherine  dans  la  Légende  dorée  de  Jacques  de 
Voragine,  à  partir  du  §  3.  C'est  en  réalité  une  traduction  plus 
ou  moins  exacte  de  la  rédaction  latine,  depuis  le  commencement 
jusqu'à  la  fin  (1). 

(1)  Voir  Legenda  anrea,  édition  de  1493,  p.  213. 


Titre  (P.  1).  Ainan  ez  desraov  bvhez  an  itron  sanctes  Cathell 
gverhes  ha  merzeres  en  Brezonec,  neuez  impriraet  e  Cuburien, 
euit  Bernard  de  Leau,  pehiny  a  chom  e  Montrolles,  voar  pont  (1) 
Bouret  :  en  bloaz  M.D.LXXVI. 

Bvhez  an  itron  sanctes  Cathell  gverches  ha  merzeres  :  gant 
he  oraison. 

An  interprétation  a  'n  hanou  a  Cathell. 

i .  Cathell  80  lauaret  ha  deuet  digant  catha  (2)  peheny  a  tal  que- 
ment  da  lauaret  euel  oll,  ha  digant  ruine  (3),  peheny  a  tal  quement 
da  lauaret  euel  trébuche  pe  couezaff;  ha  rac  se  Cathell  a  tal  quement 
da  lauaret  vn  trébuche  vniversel;  rac  edeficc  en  azrouant  (4)  so 
dreysi  hac  enhy  an  oll  trebuchet  :  discaret  ha  trebuchet  he  (5)  deues 
an  edeficc  a  orgueil  dre  an  humilité  anezy;  discaret  he  deues  an 
edeficc  à  conuetis  charnel  dre  an  virginité  à  obseruas  hac  à  miras, 
hac  yuez  pep  conuetis  mondain,  rac  disprisa  a  guère  pep  tra  mon- 
dain. 

2.  Pe  yuez  an  guer  man  Cathell  a  tal  quement  da  lauaret  euel 
chateiiula,  elese  vn  chadenic  rac...  (6)  dre  œu[u]rou  mat  pe  dre  heny 
ez  eo  pignet  (7)  bede  an  (8)  eff,  peheny  chadenn  pe  scheul  he  deues 
peder  pazen  :  an  quentaffeo  inocentet  he  oll  œuurou;  an  eil  eo  nec- 
tery  acalon;  trede  eo  disprisancc  à  vanité;  a  pederuet  eo  guyr[i]onez 
à  comsou.  Père  degreziou  à  laqua  an  prophoet  diouch  reng  ouz  lauaret  : 
pyou  à  pigno  e  menez  au  aulrou ,  etc.  ;  hac  ez  respond  en  vn  (9) 
lauarel  :  an  inocent  à  daouzourn  hac  an  heny  à  vezo  net  à  calon,  etc. 


(1)  Original  j!;o/i^r. 

(2)  Le  texte  breton  porte  Coste,  distraction  évidente  ou  glose  de  CatM.  Voir 
le  texte  latin  ci-dessous. 

(3)  Original  mine. 

(4)  Orig.  azzonant. 

(5)  Orig.  hez. 

(6)  Il  faut  suppléer  quelque  chose  comme  :  rac  honuin  a  guère  dezi  he  unan 
lin  chadenn.  Voir  le  texte  latin. 

(7)  Original  j:;i^«e^. 

(8)  Orig.  an. 

(9)  Orig.  vn  é. 


-  289  — 
Hac  an  peder  degrez  man  à  vertuz  à  voe  excellant  en  itron  sanctes 
Cathell  euel  ma'z  eo  patent  en  he  legent  (1). 

3.  Aman  ez  comencc  en  bvez  ha  legent  an  itron  sanctes  Cathell. 
Sanctes  Cathell,  merch  d  'an  roe  Coste,  a  voe  ynstrue[t]  ha  doc- 

trinet  en  oll  ardou  libéral.  Ha  pan  edoae  an  impalazr  Maxentius, 
assemblet  gantaff  en  Alexandrie  an  oll  pinuidien  ha  peuryen,  euit 
sacrifie  d  'an  ydolou,  hac  an  chiistenyen,  père  n  'oz  deurye  sacrifie 
d 'an  ydolou,  en  defoy  ordrenet  ez  visent  lequeat  d  'an  marou  :  neuse 
sanctes  Cathell  peheny  a  yoa  en  oat  a  seitec  bloaz,  pan  oa  en  (2)  he 
pales,  carguet  a  pep  pinvidiguez  (3)  hac  a  seruigeuryen,  merch  vnic 
d 'e  tat  ha  d 'e  mam,  pan  cleuas  an  bruit  hac  an  cry  a  edoa  gant  pep 
sceur[t]  ancualet  père  a  presenlet  euit  ho  sacrifie  hac  an  ioae  a  groae 
an  re  a  cane  (4),  en  continant  ez  cacas  vn  messager  euit  enclasc  petra 
oa  an  tra  se. 

4.  Eual  ma'z  ententas  ez  comeras  darn  he  tut  he  pales  hac  ez 
em  (5)  gouarnissas  gant  sign  an  croas,  hac  ez  eaz  en  queer,  hac  ez 
cafifas  vn  nombre  bras  a  chrislenyen  père  a  yea  da  sacrifia  d  'an  ydolou 
rac  aon  na  vient  lazet,  ma  'z  voue  meurbet  nechet  ha  ceuzet.  Ha  hy 
monet  hardiz  gant  vn  couraig  mat  bede  an  impalazr  en  vn  lauaret 
deza  :  «  Da  (6)  dignité  a  urz  (7)  hac  da  offic  a  descueuz  (8)  penaos 


(1)  Teste  latin  extrait  de  l'édition  de  1493  :  Katlierina  dicitur  a  catha  quod 
est  universum,  et  ruina,  quasi  universalis  ruina.  Omne  enim  edificium  diaboli 
in  ea  universaliter  corruit.  Nam  in  ea  corruit  edificium  superbie  per  humilitatem 
quarn  habuit,  carnalis  concupiscente  per  virginitatem  quam  servavit,  cupiditatis 
mundane,  quia  omnia  mundana  despexit.  Vel  Katherina  quasi  Cathenula  (orig. 
Catheluna)  ;  ipsa  enim  sibi  per  bona  opéra  quandam  Cathenam  fecit,  per  quam 
usque  ad  celum  ascendit.  Que  quidem  cathena  sive  scala  quatuor  gradus  habet, 
qui  sunt  :  innocentia  operis,  mundicia  cordis,  despectio  vanitatis,  et  locutio 
veritatis.  Quos  propheta  per  ordinem  ponit  dicens  :  «  Quis  ascendet  in  montera 
domini,  etc.,  »  et  respondet  :  Innocens  manibus  et  mundo  corde  qui  non  accepit 
in  vano  animam  suam  nec  jnravit  in  dolo  proximo  suo.  Qualiter  autem  illi  quat- 
tuor  gradus  in  beata  Katherina  f  uerunt  patet  ex  legenda  sua. 

Il  existe  une  Vie  de  sainte  Catherine  en  gallois,  encore  inédite  dans  le  ma- 
nuscrit de  Peniàrth  connu  sous  le  nom  de  Llyvyr  Gwyii  Rhydderch  ou  le  livre 
blanc  de  Rhydderch  (^seconde  partie)  ;  Eees  a  aussi  publié  une  Vie  de  la  même 
sainte,  texte  gallois  avec  traduction  dans  ses  Lires  of  the  cambro-britùh  saints. 

(2)  Original  an. 

(3)  Orig.  piv  vidiguez. 

(4)  Orig.  canef. 

(5)  Ez  sem. 

(6)  Original  dti. 

(7)  Orig.  vurz. 

(8)  Orig.  descnenz. 

19 


—  290  — 
heruez  raison  ez  dleez  beza  saludet  ha  groeat  enor  d 'it,  mar  ve  te  a 
aznaffe  croueer  an  eff,  an  douuar  (1),  hac  a  reuoque  da  affectio[n] 
diouz  an  doueou  (2).  y> 

5.  Ha  neuseu  ez  disputas  dre  cals  ha  divers  conclusionou  ha 
silogismou  ouz  an  impalazr  (3),  e  tal  porz  en  templ,  ha  neuse  ez 
commanças  lauaret  dezaff  :  «  lequeat  emeux  ma  poan  ha  ma  sourcy 
da  lauaret  d  'il  an  traezou  man  euel  da  vn  den  gouuiziec  ha  sauant. 
Hoguen  breman  me  goulen  ouz-it  :  pez  a  dra  ez  eux  te  assemble! 
quemet  man  a  pobl  en  vean  :  euit  azuly  an  sotony  a  'n  ydolou?  Da 
hem  maruaillaff  a  grez  en  bras  oar  an  edefiç  hac  an  arlifiç  en  templ 
man,  peheny  so  graeat  gant  douzorn  (4)  tut  ha  mecherouryen,  hac 
yuez  oar  an  ornamentou  anezaff  père  ne  dint  nemet  euel  poultr  (5) 
a  ya  guant  an  auel;  hac  euit  ce  ez  dleez  muy  da  ebahyssaf  ouz 
conlemply  an  elî  ha  'n  douar  ha  'n  mor  ha  quement  so  enhe.  Da 
hem  maruaill  oar  an  ornamentou  an  eff,  elese,  an  heol,  en  loar,  en 
steret;  consider  pénaux  e  mahint  a  pa  voue  commancet  en  bet  hac 
ez  vizint  bede  en  fin;  sell  ouz  an  heol  ha  'n  planedou  pei'e  ne  cessent 
nos  (6)  na  dez  oz  (7)  monet  entresea  hac  Occident,  hac  ahano  ouz 
retourn  adare  da  Orient,  hac  euit  ce  ne  scuyzont  quet.  Ha  pa  ez  vezo 
lacqueat  mat  euez  ouz  an  traezou-man,  goulen  ha  desqc  piou  eo  an 
puysantaff  entre  en  oU  re  na  pe  guant  az  ynt  great;  ha  neuse  pa  ez 
vezo  aznauezet  (8)  dre  graç  Doue  an  croueerr  da  vezaff  soueran  d  'an 
hoU  traezou  (9)  ha  ne  ve  quet  possibl  caffout  dezaff  heuell,  neuse 
azeule  ha  glorifie,  rac  henez  eo  Doue  an  oll  doueou  hac  autrou  an 
hoU  autrounez.  » 

6.  Pan  he  deffoye  (10)  disputet  cals  doctement  an  mister  a  'n 
incarnation  a  map  Doue,  César  a  voe  meurbet  ebahysset,  ha  ne 


(1)  Original  domtar, 

(2)  Orig.  doneou, 

(3)  Orig.  impalarz. 

(4)  Orig.  daezorn. 

(5)  Orig.  poulrt. 

(6)  Orig.  voz. 

(7)  Orig.  oy. 

(8)  Orig.  aznanezel. 
(î))  Orig.  traezon. 

(10)  Orig.  M.  Esnault  propose  deffove,  Deffoye  se  retrouve  deux  fois  para- 
graphe 15. 


-  291  — 
gualle  quet  respond  dezi  (1),  heuelep  en  fin,  pan  oa  en  em  (2) 
auiset,  ez  deuz  da  lauaret  dezy  :  «  0  grec,  lion  les  da  acheuaf  hon 
sacrificç,  ha  goude  se  ny  a  rento  d  'itt  (3)  respond.  »  Neuse  ez 
gourhemenas  he  cacz  d  'an  pales,  ha  gand  diligence  bras  he  miret  ; 
hac  en  em  maruaille  ez  bras  oar  an  prudencç  ha  'n  quenet  anezy, 
rac  meurbet  ez  oa  cazre  ha  plesant  da  guelet  d  'an  holl  re  hac  yuez 
gracieux. 

7.  Goud[e]  se  ez  deux  César  d  'an  pales  hac  ez  lauaras  dezy  : 
«  Gathell,  cleuet  eo  gueneomp  en  eloquencç  a  compsou  hac  ez  omp 
ebahisset  oar  an  gouuizeguez  ahanot;  hoguen  ampechet  oamp  hac 
occupet  oz  ober  sacrificç  d  'an  doueou,  ha  ne  guellsomp  quet  an  oll 
da  entent.  Rac  se  breman  ny  a  goulenn  ouz-it  an  commencement  (-4)  : 
pe  a  lingnez  oude?  »  An  sanctes  a  responlas  :  «  Scrifî'et  eo  na  die 
den  en  em  (5)  meuly  nac  yuez  en  em  (6)  vitupery  :  en  tra  se  a 
custum  en  tut  sot  da  ober  hac  en  re  trauaillet  gant  vanegloer.  Euit 
se  me  a  lauaro  dit  ma  lingnez,  ne  deo  quet  euit  ma  em  v[a]ntafr, 
hoguen  ma  em  humiliaff:  me  so  Gathell  merchvnic  d'  an  roue  Goste; 
hac,  onestant  ez  venn  maguet  en  pourp  hac  instruet  en  ardou  libéral, 
yuit  ce  oll  em  eux  y  dispriset  palamour  da  lesus-Ghrist  pehiny  a  'm 
eux  choaset  euit  priet. 

8.  «  Hac  an  holl  doueou  se,  père  a  enorez,  na  guellont  sicour  na 
te  na  nep  ho  pet,  am  eux  an  oll  dispriset.  0  peguen  maleureux  eo 
an  re  a  gra  (7)  enor  d  'an  sceurt  (8)  doueou  se  père,  euit  ho  gueluer 
en  nécessite,  ne  guellont  sicour  den  nac  e  miret  ouz  pirill  nac  (9) 
e  sicour  en  e  tribulation.  » 

9.  Neuse  an  roe  a  lauaras  dezi  :  «  mar  deo  guyr  euell  ma  'z 
leuerez,  an  bet  holl  a  fazy  hac  a  so  en  error,  ha  te  hep  muy  quen 
a  lauar  hac  aheus  (10)  en  guiryonez.  Hac  euit  ce  quement  guer  so  a 


(1)  Original  deze. 

(2)  Orig.  en  nem, 

(3)  Orig.  dict. 

(4)  Orig.  cnmmencement. 

(5)  Orig.  e  nem. 

(6)  Orig.  e  nem. 

(7)  Orig.  graff. 

(8)  Orig.  sceuret. 

(9)  Orig.  vao. 

(10)  Orig.  ahen-t. 


—  292  — 
die  bezafF  confirmet  (1)  gant  daou  pe  try  test;  pa  ve  te  a  ve  vn  ael, 
pe  a  ve  vn  vertuz  celesliell,  hoaz  ne  dleffen  quet  crydi  d  'it,  dre  muy 
rayson,  guelet  na  dout  nement  vn  grec  fragil.  » 

10.  Neuse  ez  lauaras  d  'an  impalazr  (2)  César  :  «  Da  pidy  a 
graff,  César,  na  hem  les  quet  da  vezaff  fezet  gand  (3)  da  furor  :  quent 
se,  us  (4)  a  rayson  euel  ma  'z  aparchant  ouz  vn  roe  prudent,  rac  en 
poelet  a  lauar  :  mar  em  gouuernez  dre  rayson,  heruez  an  eneff,  ez 
vizy  roe  ;  hoguen,  mar  em  gouuernez  autramant,  heruez  en  corlî,  ez 
vizy  seruicher,  »  Neuse  ez  lauaras  en  roe  :  «  Heruez  a  guelaff  ez  fell 
d  'it  dre  finesaffhon  deslum  e  'z  laçou,  guelet  ez  fell  d  'it  reyff  deomp 
euit  exempl  an  philosophet.  » 

11.  Pan  guelas  César  na  galle  quet  e  nep  manier  resistafî  d  'an 
gouuizeguez  anezy,  ez  gourhemenas  secretamant  dre  lizerou  ez 
deuzye  an  oll  gramerianet  hac  an  oll  oratoret  incontinant  d  'an  kaer 
a  Alexandrie  hac  en  hoz  dévie  presantou  bras,  nemet  ez  gallsent 
fezaff  vn  emparlet  dre  o  raysonou  hac  o  compsou.  Neuse  ez  voe 
digacet  a  diuers  prouinczou  hantercant  orateur,  père  a  excède  an 
hoU  re  aral  mortel  e  pep  siancç  mundain,  ma  'z  deuzont  (5)  da 
goulen  pe  da  fin  ez  oant  galuet  a  quen  pell  a  (6)  diuers  broeziou  da 
Alexandrie. 

12.  César  a  respontas  deze  :  «  Aman  en  hon  eux  vn  merch  iouanc 
peheny  n  'e  deux  quet  a  compaignones  e  squient  hac  e  gouuizeguez  ; 
fezaff  a  gra  en  hoU  tut  sauant  ;  hac  ez  lauar  penauz  hon  doueou  ez 
ynt  diaoulou.  Ha  mar  guellit  he  fezaff,  me  gray  deoch  retourn  d  'o 
bro  guand  enor  ha  ioay.  »  Neuse  vnan  gand  despit  a  respontas  : 
«  Vn  cusul  gaillard  (7)  euit  vn  impalazr  (8),  ensembli  quen  lyes  a 
den  sauant  a  diuers  ha  pell  broezyou  euit  disputenn  ouz  vn  merch 
iaouanc  debil  ha  fragil,  e  lech  ma  'z  gualse  facilement  vnan  hon 
pautret  pe  laqueset  he  fezaff.  » 

13.  An  impalazr  (9)  César  a  respontas  :   «  Me  a  galse  in  fat  he 

(1)  Original  confermet. 

(2)  Orig.  impalazr. 

(3)  Orig.  gard. 

(4)  Orig.  vus. 

(5)  Orig.  deuzo. 

(6)  Orig.  ha. 

(7)  Orig.  guaylart.  Gaillard  est  une  conjecture  de  M.  Ernault. 

(8)  Orig.  inipalarz. 

(9)  Orig.  impalaz?; 


-  293  — 
contrainy  da  sacrifie.  Euit  ce  guell  eo  gueneff  ez  ve  fezet  (1)  dre  ho 
argumentou  ha  ho  raysonou.  »  Ma  \  leuersont  :  «  Bezet  digacet  dira- 
zomp,  euit,  pan  vezo  convinquet  he  témérité  hac  he  sotony,  ma  'z 
annauezo  in  fat  bezcoaz  na  guelas  den  gouuiziec  (2),  »  Pan  ententas 
an  guerhes  an  combat  a  yoa  eminant  dizy,  he  's  em  (3)  recomandas 
en  oU  d  'an  au  trou  Doue.  Hac  en  continant  ez  aparissas  an  eal  dezy 
hac  he  admonetas  da  bezaff  ferm  a  constant  ;  yuez  he  assury  na  vise 
quet  hep  muy  quen  fezet  (4)  gand  an  re  se,  hoguen  yuez  en  ho 
conuertisse  d  an  fez  hac  en  ho  conduise  da  bezaff  merzeryen, 

14.  Pan  oa  digaccet  dirac  an  oratoret  ha  'n  philosophel,  ez  lauaras 
d  'an  impalazr  :  «  Chetu  vn  sentancç  hac  vn  barn  cazre  euit  vn  impa- 
lazr  :  hantercant  orateur  az  eux  assemblet  a  henep  vng  guerhes  ;  ha 
prometet  deze  madou  hac  enorou  bras ,  mar  hoz  deuez  an  victoar  ! 
Ha  me  a  contraignez  hep  nep  sperancç  a  saler  da  combaty  oute  ! 
Hoguen  lesus-Christ,  peheny  eo  sperancç  ha  curun  an  re  a  storm 
euilaff,  hennez  a  'm  recompanso  hac  em  salero.  » 

15.  Ha  neuse  pan  ho  defîoe  lauaret  an  oratoret  ez  oa  vn  tra  imposibl 
ez  galse  Doue  bezaff  den,  nac  ez  gallse  gouzaff  poan  en  bet  nac  yuez 
an  marou,  ez  prouphas  deze  an  guerhes  penaus  an  gentilet  hoaz  ho 
deffoy  a  diaraoc  lauaret  en  tra  se,  rac  Platon  hac  an  Sybiliet  ho 
deffoy  lauaret  ez  vise  eureux  an  Doue  dioux  an  crech  a  vihe  crucifiet 
en  croas.  Goude  ma  he  deffoye  an  itron  sanctes  Galhell  disputed  ouz 
an  mestri  ha  confondet  ganfy  dre  raisonnou  euident  ho  oll  ydolou  ha 
doueou,  ez  vihont  oll  abahisseteuelep  na  gouzient  (5)  petra  ho  deffoye 
da  lauaret  ha  ma  theusont  (6)  euel  tut  mut. 

16.  Neuse  an  impalazr  carguet  a  furor  a  comanças  d'o  tamall  (7) 
ha  d'o  blam  oz  lauaret  deze,  ez  oant  yfam  lauaret  bezaff  oll  fayzet  gand 
vn  merhic  iauancc.  Ha  neuse  vnan  aneze,  peheny  a  yoa  raestr  ouar 
an  re  arall,  a  lauaras  :  «  Gouuez  en  fat,  César,  penaus  nigun  (8)  ne 


(1)  Original /fôeZ. 

(2)  Orig.  gouuizet. 

(3)  Orig.  he  sem, 

(4)  Ovig.fezel. 

(5)  Orig.  gouzient. 

(6)  Orig.  theunosont.  M.  Ernaiilt  lit  tanusont  :  ils  se  turent.  Le  texte  latin 
nous  fait  préférer  teusont  :  sicut  muti  effectl  sunt. 

(7)  Orig.  taiuaill;  tamall  (Ernault). 

(8)  Orig.  nigenn;  nigun  (Ernault). 


—  294  — 

gallas  bizgoaz  resistaff  ouzomp  na  vihe  incontinant  fayzet.  Hoguen, 
an  merch  iauancc  man  pe  dre  heny  ez  comps  an  speret  a  Doue,  heue- 
lep  omp  laqueat  ganty  en  admiration  na  credomp  ha  na  guellomp 
e  nep  façon  lauaret  tra  en  bet  a  henep  he  Doe  lesus  Christ.  Quent 
se  ez  credomp  hac  ez  confesseomp  fermament  (nemedot  a  prouphe 
deomp  dre  vn  -rayson  hac  vn  sentancç  arall  aprophetoch  an  doueou 
père  hon  eux  enoret  bede  breman)  ez  fell  deomp  bon  em  conuertissaf 
ouz  Christ  ha  bezaff  christenyen  (1). 

17.  Pan  cleuas  an  tyrant  an  tra  se  ez  deuz  d  'en  em  colery  ha  da 
enrage,  ha  gourhemen  ez  visent  oU  lo[s]quet  e  creis  an  citte.  Hac  an 
guerhes  sanctes  Gathell  ho  conforte  hac  o  excite  da  bezaff  constant 
ha  ferm  da  gouzaff  merzerinti  (2),  ha  gant  dihgencç  ho  istruas  en  fez. 
Ha  dre  occasion  ma  'z  douetent  meruell  hep  an  sacramant  a  badiz[i]ant, 
ez  respontas  deze  an  guerhes  na  douetent  quet  :  «  rac  an  goat  peheny 
a  scuilUt  a  vezo  reputet  deoch  euit  badiz[i]ant;  hoz  em  goarniset  en 
mat  gand  sign  an  croyx,  hac  ez  ouch  assuret  a  bezaff  curunet  en  eff.  » 
Pan  oant  taulet  en  tan,  ez  rentsont  ho  anauon  da  Doue  hep  bezaff 
losquet  bleuen  en  bet  deze  nac  yuez  accoustrement  a  quement  a 
yoa  gante. 


LE  MIROIR  DE  LA  MORT 

Ce  poème  se  compose  de  3360  vers.  Il  a  été  composé  en  1519  et 
imprimé  en  1575  au  couvent  de  Saint-François  de  Cuburien. 

Le  volume  est  la  propriété  de  M"''*  de  Kerdanet,  à  Lesneven 
(Finistère).  Nous  n'avons  pu  obtenir  d'elles  que  le  court  fragment 
qui  suit,  et  que  M.  l'abbé  Corre,  professeur  au  collège  de  Lesneven, 
a  bien  voulu  nous  transcrire.  Il  a  déjà  été  publié  par  nous  avec  une 
traduction  dans  les  Annales  de  Bretagne,  II,  n°2,  p.  255;  n^3,  p.  437. 

Titre.  Le  mirover  de  la  mort,  en  breton,  auquel  doctement  et 
deuotement,  est  trecté  des  quatre  fins  de  lliome  :  c'est  à  scauoyr 


(1)  Ez  confesseomp  porte  sur  ez  fell  comme  le  montre  le  texte  latin  :  nndc 
imperatùr  constant er  fatemur  qnod,  7iisi  prohahilîorem  sententiam  de  dits  quos 
nsque  modo  colulmiis  protuleris,  eccc  omiies  ad  Christum  convertimur  (éd.  1403, 
p.  204).  M.  Ernault  coupe  la  phrase,  dans  sa  traduction,  avant  ez  fell. 

(2)  Original  merzirienti. 


—  295  — 
de  la   mort,   du  dernier  jugement,   du  tressacre  Paradis  et  de 
Vhorrible  prison  de  l'Enfer  et  ses  infinis  tourments  : 

Eu  Maru,  en  Barn,  en  IfEern  yen 
Preder  map  den  ha  na  enoe, 
Ha  nepret  nep  lech  ne  pechy 
Gant  lacquat  da  spy  en  ty  Doe. 

A  la  fin  du  poème  se  trouvent,  en  breton,  les  indications  suivantes 
sur  la  date  et  la  composition  de  l'ouvrage,  suivies  de  quatre  vers  : 

An  leffr  man  a  voe  composet  en  bloaz  1519  gant  maestre  lehan 
an  archer  coz  a  parhos  Ploegonuen.  Hac  a  voe  imprimet  e  S.  Frances 
Cuburien  en  bloaz  MCGGCGLXXV. 

An  Maru,  ha'n  Barnn,  ha'n  IfEern  yen, 
Pan  o  soing  den  ez  die  crenaff  ; 
Foll  eu  na  preder  e  speret, 
Guelet  ez  eu  ret  decedafE. 


1.  En  hano  an  Tat,  ha  'n  map  apret 
Roe  ha  croer,  ha  'n  glan  speret, 
Vn  Doe  auoeet,  dre  'z  credaff, 
Père  en  personou  cogant 

So  try  fier  ha  diferant, 
Ha  se  presant  a  assantaff; 

2.  Dezraou  vn  libel  an  guellhaff 

D  'an  popl  lyc  d  'o  em  applicafF 
Ha  preparaff,  quent  muy  cafaou, 
Pénaux  pan  renther  an  speret 
Ez  die  bout  hep  bech  a  pechet, 
Pe  bout  daffnet  dre  e  fetou. 

3.  Mezellour  an  maru  an  garfaff 
So  entre  an  pobl,  a  credaff, 
An  lefr  man  a  vezo  hanuet, 
Ardant,  luysant,  euyt  gantaff 
Noz,  dez,  en  em  consideraff, 
Ha  humiliaff  tut  an  bet. 


-  296  — 

4.  Leshanuet  vezo  hep  nep  gaou 
Ganeomp  ny  yuez  en  dezraou, 
Heruez  e  doctrinaou  laouen, 
Dirac  pep  vnan  cordial, 

Rac  6  doctrin  ouz  pep  scandai 
Ha  drouc  a  mir  calon  pep  den. 

5.  Rayson  aral  a  lacquafF  afet 
D  'e  bout  cordial  leshanuet  : 
Honnez  eo  rac  en  hon  metou 
Ez  die  bout  certes  dre  raison, 
Me  queff,  e  effet  plantet  don 
A  faeçon  en  hon  calonou. 


XVII*    SIÈCLE 

LE  MIROIR  DE  LA  CONFESSION 

Ce  livre  a  été  imprimé  en  1621  chez  George  Allienne, 
à  Morlaix  en  1621  ;  il  a  été  traduit  de  l'ouvrage  français  du 
jésuite  de  Bonis  par  Tanguy  Gueguen,  prêtre  et  organiste  ori- 
ginaire du  pays  de  Léon  :  toutes  ces  indications  se  trouvent 
dans  le  titre  breton.  L'exemplaire  dont  nous  nous  sommes 
servi  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Nationale  (D  4822;  Inventaire 
D  13843  ;  réserve).  11  se  compose  de  120  pages  numérotées, 
plus  d'une  feuille  dont  le  recto  porte  le  titre  et  dont  le  verso 
est  en  blanc;  il  y  a.  des  gravures  aux  pages  4,  106,  120  (1). 
Nous  n'en  donnons  qu'un  court  extrait  :  l'œuvre  en  elle-même 
est  peu  intéressante  et  la  traduction  n'est  guère  remarquable 
que  par  l'énorme  quantité  de  mots  français  dont  Tanguy 
Gueguen  s'est  plu  à  l'agrémenter. 


(1)  Nous  devons  la  description  sommaire  de  cet  ouvrage  et  du  suivant 
à  M.  G.  Dottin,  qui  a  bien  voulu  collationner  aussi  sur  les  originaux  les  extraits 
que  nous  en  donnons. 


-  297  — 

Titre  :  An  mirouer  a  confession  profitahl  meurhet  euit  pep  seurt 
tut  composet  gand  an  tat  Beuerant  Emery  de  Bonis  à  compai- 
gnunez  lesus,  ha  translatât  vez  à  Gallec  en  Brezonec  gand 
Tanguy  Gueguen  Belec  hac  organist  natif  a  Léon.  Ouz  pen  vn 
façon  siiccint  ha  her  euit  en  em  coffes  specialament  euit  an  re 
à  coffes  à  lies.  Davantaig  vn  examen  à  consciancc  hac  exerciçou 
père  à  guel  hezaff  gret  dre  heuryou  ha  coursou  en  deiz  gand  an 
remet  ouz  han  pechedou  ha  'n  meditationou  vez  a  sizun  an 
passion.  An  oll  guelet  ha  corriget.  Imprimet  e  Montroulles 
gand  George  AUienne  1621  gand  permission  hac  privilaig  an 
Roue. 

(P.  79).  Vn  moyen  deuot  hac  affectionnet  euit  en  em  offr  da 
Doue  diouz  an  mintin  ha  diouz  an  noz  hac  é  trugarecat  é  mat 
oberou  : 

(P.  80).  0  Doue  seternel,  immortel,  hoc  incompréhensibl,  me  deu 
da  meuliff,  da  binizien  ha  da  enoriff  ho  madelez  œternel,  ho  quenet 
ha  ho  maieste,  Tat,  map  ha  speret  santel;  un  Doue  simpl,  meurbet 
eurus,  tat  a  trugarez,  Doue  à  pep  consolation.  Me  boz  trugarequa 
a  quement  bénéfice,  graçou  ha  donesonaou  a  'm  eux  (1)  receuet 
digueneoch,  me  paour  miserabl  pechezr  (2),  hac  o  deues  receuet  pep 
croueadur  resonabl  hac  intellectuel.  Me  à  offr  deoch  euit  action 
(p.  81)  à  graccou  quement  meuleudy,  quement  eufr  mat  so  bet  gret 
breman,  quen  dre  an  tut,  quen  dre  an  iElez,  euel  pan  ve  me  ma 
hunan  en  deffe  y  gret  gand  un  heuelep  volontez  ma  'z  quaren  (3)  ez 
ve  quais  dauantaig,  ha  gallout  dispos  euit  ho  offr  ha  ho  presanliff 
deoch  palamour  ma  'z  ouch  din  a  brassoch  enor,  hac  a  palamour, 
o  Doue  seternel,  an  offrancc  digand  vn  souillet  euel  ma  'z  oume 
ne  'n  deo  agreabl  d  'o  madelez.  A  (p.  82)  palamour  da  se,  gand 
dazlaou  a  calon  ez  prosternaff  d  'an  douar  ;  humblamant  ez  goulen- 
naff  pardon  a  quement  pechet  a  'm  eux  gret  e  'm  buhez,  en  songue- 
sounou,  corasou,  eu[v]raou  hac  anquouhet.  Autreit  gueneuff,  me 
boz  supply,  na  duiff  muy  bizuiquen  d  'oz  offansiff.  Hoguen,  ma 
autraou,  reit  diff  vn  guir  feiz,  un  espérance  assuret,  dilection  ha 


(1)  Original  am  eux. 

(2)  Ovig.  pecherx. 

(3)  Orig.  qiiare  '«. 


—  298  - 
carantez  ardanl,  chasteté,  humilité,  deuotion,  gand  an  oll  vertuziou 
ail  necesser  d  'an  siluidi(p.  83)guez.  An  heuelep  tra,  ma  Doue, 
a  goulennafF  diouzoch  euit  quement  den  so  en  bet,  dre  'n  interces- 
sion a  'n  guerches  glorius  beniguet  Mary,  mam  d  'on  sa[l]uer 
biniguet  Jésus,  Mary  Rouanes  an  eufT,  impalaezres  (1)  d  'an  /Eiez, 
Mœstres  d 'an  bet  aduocades  an  pechezrien  (2)  ;  dre  'n  intercession  an 
daou  apostol  sant  Pezr  (3)  ha  Paol,  bac  an  sent  ail  ma  aduocadet  bac 
sent  ail  iust  père  so  en  eufT  bac  en  douar;  dre  'n  intercession  a  'm 
sell  mat,  a  sant  Michel,  bac  en  oll  /Elez  ail,  ha  'n  spe(p.  84)redou 
eureux  ;  fînablement  dre  'n  meritou  sacre  (4)  ves  ho  map  lesus 
Christ,  en  iardin,  en  foueterez,  en  curunamant  a  spern,  en  croas  (5) 
santel,  gand  quen  bras  carantez;  dre  é  anuyou  bac  e  poanyou; 
dre  'n  tachaou,  dre  'n  gouliaou,  pe  en  vnan  àneze  ez  fell  dilT  laquât 
ma  calon,  d  'an  fin  ma  'z  ve  conseruet  eno. 


LA    DOCTRINE    DES    CHRETIENS 

Ce  livre  a  été  également  traduit  du  français  du  jésuite 
Ledesrae  par  Tanguy  Gueguen  et  imprimé  par  George  Aliienne 
à  Morlaix  en  1622.  L'exemplaire  qui  nous  a  servi  est  à  la 
Bibliothèque  Nationale  (D  5094;  inventaire  D  1460).  Il  se 
compose  de  huit  feuillets  de  quatre  feuilles  à  la  feuille  (64  pages 
numérotées). 

Titre  :  Doctrin  an  christenien  composet  gand  an  tat  reuerant 
Ledesme  Jesuist,  an  oll  aiiprouuei  gand  an  autraou  à  Roazon, 
ha  translatet  à  gallec  en  Brezonec  gand  Tanguy  Gueguen  hdec 
hac  organist  natiff  à  Léon,  hnprimet  e  Montrovles  gand  George 
Aliienne  imprimeur  ha  librer  i621,  gand  permission  ha  priuilaich 
an  Roe. 


(1)  Original  impalaerzes, 

(2)  Orig.  perherzien. 

(3)  Orig.  Perrz. 

(4)  Orig.  sacre. 

(5)  Exprimé  dans  le  texte  par  le  signe  +, 


299 


Stabat  mater  tramlatet  à,  latin  en  Brezonec  (p.  60). 

Ovz  hars  an  Groas  ma  'z  foue  gloaset 
Doue  hon  Roue  ny  crucifiet 
Ez  edoa  e  mam  estlamet 
Ha  hy  e  dyffout  hyruoudet. 

Pan  guelas  hy  an  passion 
Hac  an  martyr  he  map  guyrion, 
Ez  eaz  leal  en  he  calon 
Bete  he  ineff  clezeff  don 

Trist  voe  Mary  melconiet 

Hac  en  he  calon  estonet 

En  vn  songal  péquen  calet 

lesu  gant  poan  ez  voa  (1)  doanyet. 

P.  (61).  Bras  voa  (2)  an  poan  hac  an  anuy 

Hac  an  galchar  en  (3)  goar  Mary 
Pan  guelas,  allas,  an  casty 
He  map  hon  car  e  Caluary. 

Pyou  en  heny,  ma  studyhe 
En  e  calon,  na  estonhe, 
Guelet  hon  mam  à  estlame, 
Allas  d  'e  buguel  ez  gouele? 

Pyou  eu  an  Christen  nep  heny 
A  calon  quen  dyuelcony 
Pan  sonche  glachar  à  Mary, 
Na  ve  queuzet,  na  lequel  sy? 

Euit  gueffret  hon  pechedau 
,  Ez  guelas,  allas,  e  gloasou, 
A  dyou  abrant  bel  en  plantau 
Cannet  yvez  gant  scourgezau. 

(1)  Original  va. 

(2)  Oiig.  va. 

(3)  In  1  dans  l'original. 


—  300  — 
An  guerches  santel  à  guelas 
He  quer  map  e  poan  en  langroas  ; 
Crédit  certen,  pan  tremenas, 
Gant  poan  dazlaou  a  caffauas. 

Feunteun  mam  lesu  a  truez, 
Grit  d  'ifï  ha  ma  'z  fyziff  yuez 
Participant  dre  carantez 
(P.  62).  En  hoz  glachar  dre  trugarez. 

Gryt  (1)  d'yff  yuez  caffout  fez  bras 
Da  caret  Doue  nep  on  (2)  croeas, 
Nep  drouc  en  bro  na  gallo  noas 
D  'an  holl  Christenien  à  prenas. 

Imprimet  huy  an  goulyau, 
Ma  itron,  en  bon  calonau, 
Ha  'n  passion  bras  ha  'n  gloasiou 
Dyrac  pepret  bon  speredau. 

Ho  map  huy  a  voe  goubet 
Euidomp  ny  crucifiet  : 
Lyquit  e  'm  memoar  da  caret 
E  passion  e  'm  calon  net. 

Reyt  d  'yff,  Mary,  contrition 
Da  sangaff  leal  am  calon; 
Dre  'n  pemp  gouly  a  'n  passion 
H  on  bet  bep  mar  clouar  pardon. 

Ouz  bars  an  croas  gant  habaster 
Gryt  d  'iff  ma  'z  fiziff  hoz  nyuer 
Dre  'n  poan  doun  (3),  itron  debon[ner] 
Hoz  boue  an  anquen  dezguener. 


Cl)  Original  cryt. 

(2)  Original  an  qui  pourrait  se  justifier  a  'n,  mais  n'est  pas  dans  les  habitudes 
bretonnes. 

(3)  Donn  irait  mieux  pour  l'assonance, 


—  301  — 

Mary,  maestres  an  guercheset, 
Pan  duy  an  maro  so  garo  meurbet 
(P.  63).  Gant  dazlau  caffau  (1)  em  caudet, 

Huy  ouz  lesus  ma  excuset. 

Gryt  d  'yff  plen  douguen  testeny 
A  'n  poanyau,  allas,  ha  'n  casty 
En  deffoue  Doue  hon  guyr  Roue  ny, 
Hac  a  'n  glachar  e  Caluary. 

Gryt  d  'yff,  Mary,  dre  'n  goulyou 
A  geure  outraig  an  taichaou 
Na  duy  à  dyuez  da  dezraou 
Nepret  drouc  speret  d  'on  metaou. 

Mary,  ma  speret  da  quentaff 
A  diffennet,  pa  hoz  pedaff. 
Pan  duy  an  dezuez  dyuezafF, 
Ma  'z  renquiff  respont  ha  contafT. 

■  Gryt  d  'yff  bout  fournis  goarnisset 
A  'n  syn  an  croas  ma  'z  foue  gloaset 
Hac  a  'n  passion,  Itroun  net, 
Dre  he  merit  omp  acuyttet. 

Ha  pan  duy  monet  a  'n  bet  man, 
Gryt  d  'on  anaffon,  ytron  glan. 
Monet  saccun  guytibunan 
D  'an  Barados  d  'an  reposuan. 

Amen. 


Dictionnaire  et  colloques  français  et  breton,  traduit  du 
François  en  Breton  par  G.  Quiquer  de  Roscoff:  livre  nécessaire  (2) 
tant  aux  François  que  Bretons,  se  fréquentant  et  qui  n'ont  l'in- 


(1)  On  lirait  plutôt  cussav,  mais  le  sens  demande  caffau. 

(2)  Original  :  nessaire. 


—  302  — 
telligence  des  deux  langues.  A  Morlaix,  de  l'imprimerie  de  George 
Allienne,  MDCXXVI,  avec  privilège  du  Roy  (à  la  dernière  page 
on  lit  :  Achevé  d'imprimer  le  15  de  janvier  1626),  in-18. 

Cet  ouvrage  se  divise  en  trois  parties  :  la  première  comprend 
des  colloques  français-bretons;  la  seconde,  un  vocabulaire  français- 
breton;  la  troisième,  quelques  paradigmes  de  conjugaisons  et  les 
prières,  suivies  de  réflexions  sur  la  prononciation  française  et  la 
prononciation  bretonne.  Le  texte  français  a  dû  être  composé  en 
Flandre;  il  ne  présente  aucun  intérêt  au  point  de  vue  des  mœurs 
bretonnes.  L'ouvrage  de  Quiquer  a  eu  plusieurs  éditions.  Nous 
en  connaissons  une  de  1632  (1),  augmentée  d'une  partie  latine; 
une  édition  de  1633  (2);  une  quatrième  de  1652  (3);  une  cin- 
quième de  1671  (4).  L'édition  la  plus  correcte  est  celle  de  1633. 
C'est  celle  qui  renferme,  avec  celle  de  1632,  le  vocabulaire  le 
plus  copieux.  L'édition  de  1652  est  une  reproduction  de  la  pre- 
mière édition,  même  avec  ses  fautes  d'impression.  L'édition  de 
1671  est  particulièrement  intéressante  en  ce  qu'elle  adopte  l'or- 
thographe du  Père  Maunoir.  Nos  extraits  sont  tirés  de  la  première 
édition.  Nous  donnons  en  note  les  passages  correspondants  de 
l'édition  de  1671. 


(1)  Dictionnaire  et  colloque  françois,  breton  et  latin,  divisé  en  trois  parties  : 
Dictionœr  ha  collocou  gallec,  brezonnec,  ha  latin,  divisèt  en  teir  queuf ren.  Dic- 
tionariolum  et  coUoquia  gallico-britannico-latina,  in  très  partes  distincta,  par 
Guillaume  Quicquer  de  Eoscoff,  augmentez  de  moitié,  de  douze  traitez  non  encor 
imprimez,  et  du  latin  correspondant  au  françois  et  breton,  par  lui-même.  A 
Morlaix,  chez  George  Allienne,  imprimeur  et  libraire  juré  à  Rolien,  au  Palmier 
couronné,  et  à  Quimpercorentin  en  sa  boutique,  1(>32,  avec  privilège  du  roy. 

(2)  Dictionnaire  et  colloques  françois-breton,  divisez  en  trois  parties.  Dictionser 
ha  collocou  gallec-brezonnec,  diuisèt  en  teir  queufren,  par  maistre  Guillaume 
Quiquier  de  Eoscoff,  augmentez  de  moitié  et  de  douze  traités  non  encore  im- 
primez. A  Morlaix  de  1633,  avec  privilège  du  roy. 

(3)  Dictionaire  et  colloque  françois  et  breton,  traduits  du  françois  en  breton 
par  G.  Quiquer  de  Eoscoff,  livre  nécessaire,  etc.  A  St-Brieuc,  par  Guillaume 
Doublet,  imprimeur  et  libraire,  1652. 

(4)  Dictionaire  et  colloques  françois-breton,  traduits  de  françois  en  breton, 
par  G.  Quiquer,  natif  de  Roscof.  Livre  nécessaire  pour  l'iatelligence  des  deux 
langues.  Eeveu,  corrigé  et  augmenté  en  cette  dernière  édition  à  Quimper-Corentin, 
chez  Guillaume  Le  Blanc,  imprimeur  et  libraire  du  Collège,  1671. 


303 


LA  TABLE  DE  CE  LIVRE 

Ce  Hure  est  très  vtile  pour  ap- 
prendre à  lire,  escrire  et  parler 
François  et  Breton,  lequel  est 
diuisé  en  deux  parties.  La  pre- 
mière partie  est  diuisée  en  huit 
chapitres  :  desquels  les  sept  sont 
mis  par  personnages  comme  col- 
loques. Le  premier  chapitre  est 
vn  conuiue  à  dix  personnages, 
et  contient  plusieurs  propos 
communs  desquels  on  vse  à 
tahle.  Le  deuxième  chapitre  (1) 
est  pour  acheter  et  vendre.  Le 
troisième  est  pour  demander 
ses  debtes.  Le  quatrième  cha- 
pitre est  pour  demander  le 
chemin  auec  autres  propos  com- 
muns. Le  cinquième  chapitre 
contient  deuis  familiers  estant  à 
l'hostellerie.  Le  sixième  cha- 
pitre, deuis  de  la  leuée.  Le  sep- 
tième chapitre ,  propos  de  mar- 
chandise. Le  huitième  chapitre 


AN  TAVLEN  AVEZ  AN 
LEUR-MAN 

An   leur-man  a  so   profitabl 

bras  euit  donnet  da  disquy  len, 

prezec  à  scrifîa  a  Gallec  a  Bre- 

zonnec,  pehiny  a  so  deuiset  en 

diou  gueuren.  An  quentafïgueu- 

ren  a  so  diuiset  en  eiz  chabistr  : 

pe  a  vez  a  re  (2)  an  seiz  a  so 

lequeat  dre  personnaigou  eguis 

collocou.  An  quentaff  chabistr  a 

so  vn  couffi  a  dec  personnaig,  a 

delch  calz  a  proposou  commun, 

père  à  vser  ouz  an    daull.   An 

eil-vet  chabistr  a  so  euit  prenafl' 

a  guersaff.  Hac  an  trede  chabistr 

a  so  euit  goulen  e  dleou   (3). 

An   peuare  chabistr ,   a  so  de 

goulen  an  hent  :  gant  comsou 

ail  commun.  An  pempet  chabistr, 

a   delch   diuisou   famil[i]er  pa 

vezer  en  hostalery.  An  huechuet 

chabistr  diuis  a  vez  seuell.  An 

seizuet  chabistr  à  coumps  a  mar- 

chadoures.  An    eisuet  chabistr 


(1)  Original  le  dixiesme  :  an  dech-uet.  Nous  conigeons  d'après  l'édition  de  1633. 

(2)  Orig.  a  reff. 

(3)  Orig.  ez  dleouff,  éd.  1633  ez  dleou. 


Édition  de  1671  :  An  levur-man  a  so  profitabl  bras  evit  disqui  lenn,  scriva,  ha 
prezec  Gallec,  Brezonnec,  pehiny  a  so  diviset  en  teir  queffren.  Ar  quenta  quefEren 
a  so  diviset  en  eiz  chabistr  pe  eus  a  re  seiz  a  so  lequet  dre  personnageou  eguis 
colloquou.  Ar  quenta  chabistr  a  so  ur  coury  a  dec  personneig  hag  à  delch  cals 
a  proposou  commun,  père  à  user  ouz  an  daull.  An  eil  chabistr  a  so  evit  prena  ha 
guersa.  An  trede  chabistr  à  so  evit  goulen  é  dleou,  ar  pevare  chabistr  à  so 
da  oulen  an  hent,  gant  ar  proposou  commun.  Ar  pempet  chabistr  a  delch 
divisou  familier  pa  vezer  en  hostellery.  Ar  c'huec'hvet  chabistr  divis  aves 
ar  sevell.  Ar  seisvet  chabistr  à  gomps  à  raarc'hadourez.  An   eizvet   chabistr 


est  pour  apprendre  à  faire 
lettres  missives ,  obligations , 
quittances  et  contracts.  La  deu- 
xième partie  contient  beaucoup 
de  mots  communs,  desquels  on 
a  journellement  affaire  mis  par 
ordre  de  l'A,  B,  C.  La  troisième 
partie,  les  conjugaisons,  pro- 
nonciation françoise  et  bretonne 
et  l'exercice  du  chrestien. 

Le  V.  chapitre.  Deuiz  familiers 
estans  à  l'hostellerie. 

ROBERT,    SIMON  L'HOSTE 
ET  AUTRES 

R.  Dieu  vous  garde  de  mal, 
mon  hoste. 

S.  Soyez  les  bienvenus,  Mes- 
sieurs. 

R.  Logerons-nous  bien  céans 
pour  cette  nuict  ? 

S.  Ouy,  monsieur,  combien 
estes-vous  ? 

R.  Nous  sommes  six  de 
trouppe. 


304  — 

a  so  euit  disquiflf  ober  lizerou 
missiff,  obligatiounou,  quittan- 
çou  a  countradou.  An  eiluet 
queuren  a  delch  calz  a  gueriou 
commun,  pe  auez  an  re  ez  eux 
bemdeiz  da  ober,  lequeat  dre 
vrz  auez  an  A,  B,  C.  [An  Irede 
queufren,  an  conjugaisonnou, 
an  prononciation  Gallec  ha  Bre- 
zonnec,  bac  exercice  an  chris- 
ten]  (1). 

An  V.  chabistr.  Diuysou  fami- 
lier ho  bezaff  an  bostalery. 

ROBERT,  SIMOUN  AN  HOSTYS, 
HA  RE  ALL 

R.  Doué  do  miro  ouz  pep 
drouc,  ma  hostys. 

S.  Deuet  mat  ra  (2)  vihet, 
Autrounez. 

R.  Ha  ny  à  halle  logaff  en  mat 
en  ty  man  henoz  ? 

S.  Guellot  sur,  Autrou.  Petso 
àhanoch-hu? 

R.  Huech  oump  en  vn  com- 
paignunez. 


(1)  Le  passage  entre  crochets  manque  dans  la  première  édition  ;  nous  l'em- 
pruntons à  l'édition  de  1633. 

(2)  Première  édition  seule  da  vihet. 


Édition  1671  (suite)  :  à  so  evit  disqui  ober  lizerou  missiff,  obligatiounou, 
quitançou  ha  contrageou.  An  eil  queffren  a  delch  au  dictionnier  lequet  dre  urz 
à  alphabet  hag  à  delc  'h  cals  a  gueriou  commun,  à  père  ez  eus  bemdeiz  afEer  e 
cals  à  rencontrou.  An  trede  queffren,  ar  conjuguaisounou,  ar  prononciation 
gallec,  ha  brezonnec.  An  V.  chab.  Divisou  familier  ho  reza  en  hostallery. 
Robert,  Simon  hostys,  ha  re  ail.  R.  Doué  d'ho  miro  ouz  drouc,  ma  hostys.  — 
S.  Deuet  mat  ra-vihet,  Autrounez.  —  R.  Ha  ny  à  halle  loga  ervat  en  ty-man  e 
noz  (sic)  '1  —  S.  Guellot  sur,  Autrounez.  Pet  so  à  hanoc'h-c'hu  ?  —  R.  C'huec'h 
om  en  un  compagnunez. 


305 


S.  Nous  auons  assez  de  logis 
pour  trois  fois  autant.  Descendez 
quand  il  vous  plaira. 

R.  Auez-vous  bonne  estable, 
bon  foin ,  bonne  auoine  et 
bonne  litière,  auez-vous  de  bon 
vin? 

S.  Le  meilleur  de  la  ville  : 
vous  en  gousterez. 

R.  Avez-vous  quelque  chose 
à  manger? 

S.  Ouy,  messieurs  :  descendez 
seulement,  car  vous  n'aurez  faute 
de  rien. 

R.  Traitez-nous  bien,  car  nous 
sommes  las,  et  demy  morts  de 
faim  et  de  soif. 

S.  Messieurs,  vous  serez  bien 
et  vos  chevaux  aussi. 

R.  C'est  bien  dit  ;  frottez  bien 
mon  cheval  ;  quand  vous  l'aurez 
dessellé,  destroussez  sa  queue, 
faites-luy  bonne  litière,  prenez 
son  licol  qui  est  en  la  bourse  de 
la  selle  :  s'il  n'y  en  a  point,  ache- 


S.  Logeys  assez  honneus  euit 
try  quement  ail.  Dysquennit  pa 
pligo  gueneoch. 

R .  Ha  uy  oz  eus  marchaussy  {\  ) 
mat,  fouen  mat,  ha  querch  mat, 
ha  laeter  mat,  ha  guin  mat  ozeus 
huy? 

S.  An  guellaff  a  quement  so  é 
kaer  :  tauaff  à  grehet  (2). 

R.  Huy  ô  eus  nettra  da  di- 
briff? 

S.  Ya  sur,  autrounez  :  dys- 
quennitep  muyquen,nedelîauto 
deoch  nettra. 

R.  Hon  traetit  en  mat,  rac 
squyz  oump,  hac  anter  maru 
gant  naoun  (3)  a  sechet. 

S.  Autrounez,  traetet  mat  vi- 
het,  hac  ho  rouncçet  iuez. 

R.  Lauaret  mat  eo;  frottit  en 
mat  ma  march  ;  pa  o  bezo  (4)  é 
dizibraet,  distrouncit  é  lost,  grit 
laeter  mat  dezaff,  coummerit  é 
cabestr,  pehiny  a  so  é  godell  an 
dibr  :  ma  nen  deus  nigun ,  praenit 


(1)  Les  quatre  éditions  vierchaussy, 

(2)  Éditions  1632,  1033  a  rehet. 

(3)  Original  <7fl^  na  hmin,  édition  1632;  1633  gant  norin. 
(i)  Les  quatre  premières  éditions  hezoff. 


Edition  1671  (.mite)  :  S.  Be  honnens  logeys  assez  evit  try  guement  ail. 
Disquennit,  pa  pligo  guenec'h.  —  K.  Ha  c'huy  oc'heus  marchaussy  mat.  fouen 
mat,  ha  querc'h  mat,  ha  laeter  mat .'  Ha  guin  mat  o  eus-hu  ?  —  S.  Ar  guella 
a  guement  so  e  quer  :  tanva  à  reot.  —  K.  Ha  c'huy  oc'heus  netra  da  dibri .'  — 
S.  Ya  SUT,  autrounez  :  disquennit  ep  mny  quen,  ne  deffauto  dec'h  netra.  — 
R.  Hon  traittit  ervat,  rac  squyz  omp  hag  anter  marc  gant  naoun,  ha  sec'het.  — 
S.  Autrounez,  traettet  mat  vihet,  hag  ho  roncet  yvez.  —  R.  Lavaret  mat  eo, 
frottit  ervat  ma  merc'h  :  pa  ho  pezo  en  dizibret.  distroussit  e  lost,  grit  deza  laeter 
mat,  comerit  e  cabestr  pehiny  a  so  e  godell  an  dibr  :  ma  ne  deus  nicun,  prenit 

20 


—  306 
tez-en  vn  :    je    vous  rendray 
vostre  argent  et  si  aurez  vostre 
vin. 

S.  Monsieur,  il  n'y  aura  point 
de  faute,  vostre  cheval  a-t-il  beu? 

R.  Non,  mais  ne  Tabreuuez 
pas  encore,  car  il  est  encore  trop 
chaud  :  vous  lui  feriez  prendre  les 
auyues;  pourmenez-le  vn  petit, 
et  quand  il  aura  mangé  quelque 
peu,  vous  le  mènerez  à  l'abreu- 
uoir  :  regardez  si  les  sangles  ne 
sont  point  rompues  :  apportez 
ma  bougette  qui  pend  à  l'arçon 
de  la  selle,  tirez  mes  bottes  et 
nettoyez-les,  puis  mettez-y  les 
tricques-houses  dedans. 

S.  Il  sera  fait,  monsieur  : 
vous  plaist-il  maintenant  venir 
souper  ? 

R.  Vous  dites  bien,  vous  estes 
bon  compagnon  :  or  sus,  allons, 
je  suis  tout  prest. 

D.  Je  m'en  vay  souper  à  la 
ville;  si  quelqu'un  me  demande 
vous  me  trouuerez  en  la  maison 


vnan  :  me  a  rento  dech  oz  ar- 
gant,  bac  ho  bezo  (i)  lot  (2)  an 
guin. 

S.  Autrou,  ne  vezo  quêta  faut, 
ha  doureat  eo  ho  march-hu  ? 

R.  Nen  deo  quet,  hoguen 
na  dourayt  é  quet  hoaz,  rac 
tom  eo  dezaflf  hoaz  :  occa- 
sion vech  dezaff  da  caflfet  an 
auies,  pourmenit  é  vn  neubeut, 
ha  pa  en  deuezo  debrœt  vn  neu- 
beut, cacçit  è  da  euaff  :  sellit 
bac  an  senclou  so  torret  :  digac- 
çit  ma  bougeden  diff  pehiny  so 
ouz  arçon  an  dibr,  tennit  ma 
heusou  ha  torchit-y,  ha  goude 
liquit  an  trique-heusou  ebarz. 

S.  Grset  vezo,  autrou  :  bac  ez 
a  bhg  guenech  breman  donet 
da  coanyafï? 

R.  Mat  e  leuerez,  coumpai- 
gnoun  mat  out  :  or  ça,  deomp 
breman. 

D.  Me  à  ya  en  kaer  da  coany- 
afï; mar  em  goulen  den  em 
queffot  en  ty  an  Tensoryer,  pe 


(1)  Les  quatre  premières  éditions  hezol 

(2)  1633  guerz. 


Édition  1671  (suite)  :  unan,  me  a  rento  dec'h  ocli  arc'hant,  hac  o  pezo  lot  ar  guin. 
—  S.  Autrou,  ne  vezo  quet  à  faut,  ho  marc'h-hu  ha  douret  eo  (orig.  evan).  —  R.  Ne 
de  quet,  hoguen  na  abeuvrit  en  quet,  re  tom  eo  deza  c'hoas,  occasion  vec"h  deza  da 
cavouet  an  avies,  pourmenit  en  un  neubeut  ha  pa  endevezo  debret  un  neubeut, 
cassit  en  da  eva  :  sellit  hag  ar  cenclou  so  torret  :  digacçit  ma  bougeden  pehiny  so 
ouz  arçon  an  diVjr,  tennit  ma  heusou  ha  torchit-y.  ha  goude  liquit  ebarz  an  trique- 
heusou. —  S.  Gret  vezo,  autrou  :hac  en  à  pliggvenec'h  breman  dont  da  coania. — 
E.  Mat  e  lèverez,  compagnon  mat  out  :  orça,  demp  breman,  me  so  prest.  —  D.  'Me 
à  ya  da  coania  e  quer  ;  mar  em  goulen  den  em  queffot  en  ty  an  Tensorier  :  pe 


du  Trésorier,  ou  bien  dites-leur 
qu'incontinent  après  souper  je 
reuiendray. 

A.  Ecoutez  :  demain  au  ma- 
tin, deuant  qu'abreuuiez  mon 
cheual,  menez-le  au  mareschal, 
et  qu'il  se  donne  garde  de  ne 
l'encloûer. 

S.  Messieurs,  n'oubliez  pas 
de  boire  à  moy,  et  je  vous  plai- 
geray  tous. 

A.  Certes  vous  aviez  grand 
tort  de  rompre  si  bonne  com- 
pagnie. 

D.  Il  n'y  a  remède,  je  vous 
tiendray  compagnie  demain  tout 
le  jour. 

A.  Quelles  gens  y  a-il  là 
dedans  ? 

S.  Ce  sont  hostes. 

A.  D'où  sont-ils  ? 

S.  De  cette  ville  :  vous  plaist- 
il  soupper  avec  eux  ? 

A.  Ce  nous  est  tout  vn. 

S.  Bon  prou  vous  face,  mes- 
sieurs. 

E.  Grand  mercy,  mon  hoste. 
S.  Je  vous  prie,  faites  bonne 


307  — 

liuirit  dezo  é  dizroy  incontinant 
ha  ma  em  bezo  coanyet. 

A.  Cleuit  :  voar  hoaz  mintin, 
a  barz  douraff  ma  march,  cacçit 
é  dan  marischall,  na  lequeat 
euez  ne'n  enclaouo. 

S.  Autrounez,  ho  bezet  coufï 
da  euaff  difî  ha  me  o  cretay 
oll. 

A.  Certen,  gaou  bras  hoch 
eus,  terry  an  heuelep  compai- 
gnunez  man. 

D.  Ne  goufFet  petra  a  rahet, 
me  vezo  coumpaignun  dech  voar 
hoaz  a  het  an  deiz. 

A.  Pe  sceurt  tut  a  so  é 
barz? 

S.  Hostisyen  int. 

A.  Pe  a  lech  indy  ? 

S.  Aves  an  kaer  man  :  ha  huy 
ô  teur  coanya  gant  e? 

A.  Countant  oump. 

S.  Doué  da  vezo  guenech, 
autrounez. 

E.  0  trugarecat,  ma  hostis. 
S.  Me  0  supply,  grit  cher  mat 


Édition  1671  (suite)  :  livirit  dezo  e  dizroyn  incontinant  ha  ma  embezo 
coaniet.  —  A.  Clevit  :  voar  c'hoaz  mintin,  abars  doura  ma  marc'h,  caçit  en 
d'an  marichal  ha  lequeat  evez  n'en  enclaouo.  —  S.  Autrounez,  ho  pezet 
coûn  da  efva  dîn,  ha  me  o  cretai  oll.  —  A.  Certen,  gaou  bras  oc'h  eus 
terry  an  hevelep  compagnunez-man.  —  D.  Ne  oufEet  petra  a  rahet,  me  vezo 
compagnon  dec'h  voar  c'hoaz  a  het  an  dez.  —  Pe  sceurt  tut  à  so  ebarz  ? 
—  S.  Hostisyen  int.  —  A.  Pe  à  lec'h  int-hy  ?  —  S.  A  ves  ar  guer-man  :  ha 
c'huy  o  teur  coanya  gant  e  ?  —  A.  Coûtant  oump.  —  S.  Doué  da  vezo  guenec'h, 
autrounez.  —  E.  0  trugarecat,  ma  hostis.  —  S.  Me  ho  supply,  grit  cher  mat 


—  308 
chère  de  ce  qu'il  y  a  et  n'espar- 
gnez  pas  le  vin,  car  il  fait  chaud 
sommeiller  (1)  ;  tirez  une  cho- 
pine  de  vin  clairet,  pour  leur 
donner  à  tasler.  Mes  hostes,  que 
vous  semble  de  ce  vin?  n'a-il 
pas  bon  goût,  n'a-il  pas  belle 
couleur,  ne  vaut-il  pas  bien  le 
boire  ? 

A.  Il  est  beau  et  bon  :  où  est 
l'hostesse  ? 

S.  Elle  viendra  incontinent; 
faites  cependant  bonne  chère  à 
ce  que  vous  auez  :  vous  serez 
mieux  traités  une  autre  fois. 

A.  Nous  sommes  très-bien, 
mon  hoste,  nous  vous  remer- 
cions. 

S.  Monsieur,  je  boy  à  vous. 

A.  Je  l'ayme  de  vous,  mon 
hoste,  je  vous  plegeray  de  bon 
cœur. 


aves  an  pez  a  so,  ha  na  espernyt 
quet  an  guin,  rac  tomder  a  gra  (2) 
ha  hoant  cousquet;  tennit  vn 
chopinat  guin  cleret,  euit  reiff 
dezo  da  tauafT.  Ma  hostysien 
petra  a  soungyt-huy  a  ves  an 
guin  man  ?  Ha  ne  de  eff  (3)  quet 
blaset  ha  n'e  eff  (4)  quet  liuet  mat, 
ha  ne  dall  e  quet  en  mat  é  euaff  ? 

A.  Mat  ha  caer  eo  :  hoguen 
ma  idy  (5)  an  hostyses  ? 

S.  Donetagrai(6)incontinant, 
couls  goude  grit  cher  mat  oz 
gortos  a  ves  an  pez  so  ;  vn  guez 
ail  e  vihet  guell  tretet. 

A.  En  mat  emmaoump,  ma 
hostys,  6  trugarecat  a  greomp. 

S.  Autrou,  me  a  eff  dech. 

A.  Men  effo  diguenech,  ma 
hostys,  me  rento  pareil  dech  a 
volontez  mat. 


(1)  Editions  1632,  1633,  il  fait  une  chaleur  assoupissante 

(2)  Les  quatre  premières  éditious  a  graff. 

(3)  Les  quatre  premières  éditions  han  dcjf'e  quet. 

(4)  Les  quatre  premières  éditions  ha  neffe  quet. 

(5)  Édition  1626  ioy  ;  éditions  1632,  1633  idy. 

(6)  Quatre  premières  éditions  graiff. 


Edition  1671  {suite)  :  a  ves  ar  pez  a  so,  ha  na  espernyt  quet  ar  guin,  rac 
tomder  à  ra  ha  c'hoant  cousquet;  tennit  ur  chopinat  guin  clairet  evit  rei 
deze  da  tanva.  Ma  hostysien ,  petra  à  songyt-hu  à  ves  ar  guin-man  ;  ne  de 
en  quet  blazet  mat,  ne  de  en  quet  livet  mat,  ha  ne  dall  en  quet  ervat  e 
ef va .'  —  A.  Mat,  ha  caer  eo  :  ma  idy  an  hostyses  ?  —  S.  Donet  a  rai  incon- 
tinant  ;  grit  o  gortoz  cher  vat  à  ves  ar  pez  so  ;  guell  trettet  e  vihet  à  guech 
ail.  —  A.  Ervat  emaomp,  ma  hostys,  o  trugarecat  à  reomp.  —  S.  Autrou, 
me  a  eflE  dec'h.  —  A.  Me  en  evo  diguenec'h,  ma  hostys,  hac  o  plevign  à 
galoun  mat. 


309 


S.  Monsieur,  vous  plaist-il 
me  donner  congé  de  boire  à 
vous? 

A.  Je  vous  remercie  cent  mille 
fois. 

S.  Il  me  semble  vous  auoir 
veu  autre-fois,  mais  il  ne  me 
souvient  pas  bonnement  où  :  il 
m'est  aduis  que  c'estoit  à  Bru- 
xelles. 

A.  Ouy  certes,  je  suis  de 
Bruxelles. 

S.  Il  ne  vous  desplaira  pas 
si  je  demande  votre  nom  : 
comment   vous    appellez-vous? 

A.  Je  m'appelle  Samson. 

B.  De  quel  lignage  estes  vous? 

A.  De  la  lignée  des  Esco- 
liers. 

B.  Vous  dites  vray,  je  vous 
reconnoy  maintenant.  Comment 
vous  va? 

A.  Comme  vostre  amy,  prest 
à  vous  faire  plaisir. 


S.  Autrou  ha  é  a  pligo  (1) 
gueneocli  reiff  coungé  diff  da 
euaff  dech  ? 

A.  Ho  trugarez  cant  mil 
guez. 

S.  Auis  a  gra  (1)  gueneff  ho 
bezaff  a  gucz  ail  guelet  (3), 
hoguen  nemeus  quet  a  couff  pe 
en  lech  bonamant  :  me  a  istum 
ez  eo  en  Bruxelle. 

A.  Ya  certes,  me  so  a  Bru- 
xelles. 

S.  Ne  displigo  quet  gueneoch 
mar  goulenna  oz  hano  :  pe  hano 
à  groer  à  hanoch-hu? 

A.  Samson  à  groer  à  hano[ff]. 

B.  Pe  a  lignez  ouch  (4)  huy. 

A.  Aues  a  lignez  an  Scolae- 
ryen. 

B.  Guyr  a  liuyrit,  breman  en 
oz  aznauaff.  Penaus  a  hanoch 
huy? 

A.  Euel  ho  mignoun,  praest 
da  rentaff  seruig  deoch. 


(1)  Quatre  premières  éditions  pUgoff. 

(2)  Quatre  premières  éditions  graff. 

(3)  Manque  dans  l'édition  de  1626. 

(4)  Édition  1626  onz;  1632,  1633  ouch. 


Edition  1671  (jsiiite)  :  S.  Autrou,  bac  en  à  pligo  guenec'h  rei  congé  diu  da 
efva  dec'h?  —  A.  Ho  trugarez  cant  mil  guech.  —  S.  Avis  à  ra  guenen  ho 
peza  guelet  à  guez  ail,  hoguen  nemeus  quet  à  coûn  bonamant  pe  e  lec'h  ; 
me  a  istim  ez  eo  en  Bruxelles.  —  A.  Ya  certes,  me  so  à  Bruxelles.  — 
S,  Ne  displigo  quet  guenech  mar  goulennân  oc'h  hano  :  pe  hano  à  rer  à 
hanoc'h-hu?  —  A.  Sanson  à  rer  à  hanon.  —  B.  Pe  à  lignez  ezouc'h  c'hu? 
—  A.  Aves  à  lignez  ar  scholaeryen.  —  B.  Guir  à  livirit,  breman  oc'h 
aznavân  :  penaus  à  hanoc'h  c'hu?  —  A.  Evel  ho  mignon,  prest  da  renta 
servich  dec'h. 


B.  Je  vous  remercie  de  vostre 
bon  vouloir  :  d'où  venez-vous 
maintenant,  de  delà  la  mer? 

A.  Non,  je  viens  de  France, 
d'Angleterre  et  d'Allemagne. 

B.  Que  dit- on  de  nouveau  en 
France? 

A.  Certes  rien  de  bon. 

B.  Gomment  cela? 

A.  Ils  sont  tellement  acharnez 
les  vns  contre  les  autres,  que 
j'ay  horreur  d'en  parler. 

S.  Dieu  nous  préserue  de  la 
guerre  ciuile,  car  c'est  vn  mau- 
uais  fléau  :  mais  il  nous  faut 
auoir  patience,  nous  aurons  la 
paix  quand  il  plaira  à  Dieu. 

A.  Que  dit-on  de  nouveau  en 
cette  ville?  que  dit-on  de  bon? 

S.  Tout  va  bien,  je  ne  scay 
rien  de  nouveau. 

A.  Messieurs,  ne  vous  des- 
plaise  :  je  me  trouve  vn  peu 


310  — 

B .  0  trugarecat  à  graff  a  ves  ho 
volontez  mat  :  pe  à  leach  he  deut 
huy,  aues  an  costez  ail  dan  mor? 

A.  Salu  ô  gracç,  donel  a  grafi" 
à  Francç,  ha  Brosaos  hac  à  Ala- 
maign. 

B.  Petra  so  à  neuez  en 
Francç  ? 

A.  Certes nen  deus  netra  à  mat. 

B.  Petra  é  quement  se? 
A.Quementenem  castizont(l) 

an  eil  à  enep  eguile,  ma  emmeus 
horreur  ho  prezec  aues  an  dra  se. 

S.  Doué  don  preseruo(2)  a  ves 
an  braesel  ciuill,  rac  vn  crueldet 
bras  eo  :  hoguen  ret  eo  deomp 
cahout  patiantet,  ny  on  bezo  an 
peoch  pa  plygo  gant  Doué. 

A.  Petra  à  lauarer  à  neuez  en 
Kaer  man?  Petra  so  a  mat? 

S.  Pep  tra  so  mat,  ne  goun 
nettra  à  neuez. 

A.  Autrounez,  nemet  na  dis- 
plige  (3)  guenech,  en  em 
cafra[fî]  vn  neubeut  claff. 


(2)  Original  castizoïit. 

(3)  Quatre  premières  éditions  preseruoff. 
(1)  Quatre  premières  éditions  displigeff. 


Edition  1671  (sinte)  :  B.  O  trugarecat  à  rân  a  ves  ho  volontez  mat,  pe  à  lec'h  e 
deuet-hu  breman  ?  eus  ar  costez  ail  ar  mor  ?  —  A.  Salv  ho  graç,  donet  à  rân  à  Franc, 
à  Brosaos,  hag  à  Alamaign. —  B.  Petra  so  a  neuez  en  Franc  /  —  A.  Certen  netra  à  vat, 
—  B.  Petra  e  quement-se?  —  A.  Quement  ema  en  em  bandet  an  eil  à  enep  eguile 
(français  :  ils  sont  tellement  bandez)  ma  émeus  horreur  o  prezec  eus  an  dra  se. — 
B.  Doué  bon  preservo  eus  ar  bresel  civil,  rac  bea  ez  eo  ur  crueldet  bras,  hoguen  ret 
eo  demp  cahoutpatiantet,  ny  orbezo  ar  puec'hpay)Iigogant  Doué.— A.  Pebez  que- 
lou  so  en  quer-man  (français  :  Quelles  nouvelles  en  cette  ville?)  petra  so  à  mat? — 
S.  l'cp  tra  so  mat,  ne  oûu  netra  à  nevez.  —  A.  Autrounez,  nemet  ma  displige 
dec'h,  en  em  caouet  à  rân  un  neubeut  clan. 


-  311 


S.  Monsieur,  si  vous  vous 
Irouuez  mal,  allez  vous-en  re- 
poser, vostre  chambre  est  preste. 
Jeanne,  faites  bon  feu  en  sa 
chambre  et  qu'il  n'ait  faute  de 
rien. 

A.  M'amie,  mon  lict  est-il 
fait?  est-il  bon? 

J.  Ouy,  Monsieur,  c'est  vn 
bon  lict  de  plume,  et  les  linceux 
sont  fort  blancs. 

A..  Tirez  mes  chausses  et  ba- 
cinez  mon  lict,  car  je  suis  fort 
mal  disposé  :  je  tremble  comme 
la  fueille  sur  l'arbre;  chauffez 
mon  couure-chef,  et  me  serrez 
bien  la  teste.  Holà,  vous  serrez 
trop.  Apportez  mon  oreiller  et 
me  couurez  bien  ;  tirez  les 
courtines  et  les  attachez  d'une 
espingle;  où  est  le  pot  de 
chambre?  où  est  la  chambre 
basse? 

J.  Suivez-moy,  et  je  vous 
monstreray  le  chemin  :  montez 
là-haut  tout  droit,  vous  les 
trouverez  à  main  droite  ;  si  vous 


S.  Autrou,  mar  en  em  ciffit 
claff,  ith  da  repos,  ho  chambr 
à  so  prest.  Jannet,  grit  tan  mat 
en  é  chambr,  ha  na  deffauto 
nettra, 

A.  Ma,  mig-nounes,  ma  guele 
hac  e  so  graet?  bac  é  so  mat? 

J.  Ya  sur  Autrou,  vn  guele 
mat  a  plu  eo,  hac  an  linceryou 
so  guen  meurbet. 

A.  Tennit  ma  lezrou,  ha  tom- 
myt  ma  guele,  racdrouc  dysposet 
bras  ouff.  Crenaff  à  graff  euel  an 
delyen  voar  an  guezen;  tommit 
ma  coueff  nos  ha  stardit  en  mat 
ma  pen.  Holla,  re  é  stardit. 
Digacçit  diff  ma  oryller  ha  ma 
goloit  en  mat,  tennit  an  cour- 
tinou  ha[cl  attachit  y  gant  vn 
spillen;  pellech  eman  an  pot 
chambr  ?  pellech  eman  an 
chambr  eas? 

J.  Ma  eulyit  ha  me  deusqueuso 
deoch  an  lient  :  pinnit  eun  ouz 
creach  hac  en  é  queffot  an  tu 
dehou;    ma    ner    guelit    (1), 


(1)  31a  ner  guelit  manque  dans  l'édition  de  1626,  se  trouve  dans  l'édit.  de  1633. 


Édition  1671  (svite)  :  S.  Autrou,  mar  en  em  quivit  clan,  it  da  repos,  ho  cambr  à 
so  prest.  Jannet,  grit  tan  mat  en  e  gambr,  ha  na  deffauto  netra.  —  A.  Ma  mignonnes, 
ha  gret  eo  ma  guele?  hag  en  so  ervat  7  —  J.  Ya  sur  Autrou,  ur  guele  mat  à  plun  eo, 
hag  al  linseryou  so  guen  cann.  —  A.  Tennit  ma  lezrou  ha  tommit  ma  guele,  rac 
drouc  disposet  bras  oûn  :  crena  à  rân  evel  an  delien  voar  an  vezen  ;  tommit  ma 
c'houef  noz  ha  stardit  ervat  ma  pen.  Hola,  re  e  stardit;  digaçit  din  ma  oriller, 
ha  ma  goloit  ervat  :  hag  attachit  y  gant  ur  spillen  ;  pe  e  lec'h  ema  ar  pot  cambr  ? 
pe  e  lec'h  ema  ar  gambr  eas?  —  J.  Ma  eulyit,  ha  me  disqueuso  dec'h  an 
hent  :  pignit  eenn  ouz  crec'h  hag  o  queffot   en   tu   dehou  ;  ma  n'ho  quevet, 


312 


ne  les  voyez,  vous  les  sentirez 
bien,  Monsieur,  ne  vous  plaist-il 
autre  chose?  estes- vous  bien? 

A.  Ouy  m'amye,  détaignez 
la  chandelle  et  vous  approchez 
de  moy. 

J.  Je  la  déteindray  quand 
je  seray  hors  de  là  ;  que  vous 
plaist-il?  n'êtes-vous  pas  encore 
bien? 

A.  J'ay  la  teste  trop  basse; 
haussez  un  peu  le  traversint 
je  ne  sçaurois  coucher  si  bas. 
Mamie,  baisez-moy  une  iois, 
et  j'en  dormiray  mieux. 

J.  Dormez,  dormez,  vous 
n'estes  pas  malade  puis  que 
vous  parlez  de  baiser.  Plustôt 
mourir  que  de  baiser  un  homme 
en  son  lict,  ny  autre  part. 
Reposez  de  par  Dieu  ;  Dieu 
vous  donne  bonne  nuict  et  bon 
repos. 

A.  Grand  mercy,  la  belle 
ûlle. 


é  santout  à  reot  en  mat.  Autrou, 
ha  nettra  à  fell  dech-huy  quen? 
hac  en  mat  e  douch-hu? 

A.  Ya  sur  ma  mignounes, 
lazit  an  goulou,  ha  deuet  toslic 
diff. 

J.  Me  é  lazo  pa  vezi[ff]  eat 
a  'n  chambr;  petra  à  fell  dech- 
hu,  ha  ne  maouch  quet  en  mat 
hoaz? 

A.  Ma  pen  à  so  re  isell, 
gorroit  un  neubeut  an  oriller  ;  ne 
ouffen  quet  cousquet  quen  isell 
se.  Ma  mignounes,  pocquit  diff  vr 
guez,  hac  é  cousquiff  guel  à  se. 

J.  Cousquit,  cousquit,  nen 
douch  quet  claff  pa  coumsit 
à  pocquet  (1);  guel  é  gueneff 
meruel  euit  pocquet  da  un  den 
en  é  guelle  nac  en  lech  ail. 
Reposit  en  hanu  (2)  Doue  ;  Doué 
da  roi  (3)  nos  mat  deoc'h  ha 
repos  mat. 

A.  0  trugarecat,  plach  couanl. 


(1)  Edition  \&2&  pochet,  dans  celles  de  1632,  \&Zd  pocquet, 

(2)  Édition  1626,  1652  hanm  ;  édition  1632,  1633  hanu. 

(3)  Quatre  premières  éditions  roiff. 


Édition  1671  {suite)  :o  santout  à  rahetervat.  Autrou,  ha  netra  à  fell  dec'li-hu 
quen?  hag  eruat  edoc'h-hu?  —  A.  Ya  sur  mignounes,  lazit  ar  goulou,  ha  deuet 
tostic  din.  —  J.  Me  e  lazo  pa  vezin  eat  a  'r  cambr  ;  petra  à  fell  dec'h-hu  ?  ha  ne 
maoc'h  quet  ervat  c'hoaz?  —  A.  Ma  fen  à  so  re  isell;  gorroit  un  neubeut  an 
oriller,  ne  ouflEen  quet  cousquet  quen  isell-se,  ma  mignounes,  pocquit  din  un 
guez,  hag  e  cousquin  guell  à  se.  —  J.  Cousquit,  cousquit,  n'en  {sic)  doc'h 
quet  clan  pa  compsit  à  pocquet  ;  guell  e  guenen  mervel  evit  pocquet  da  un 
den  en  e  vêle,  nag  e  lec'h  ail.  Keposit  e[n]  hano  Doue;  Doue  da  roi  dec'h 
noz  mat  ha  repos  mat.  —  A.   O  trugarecat,  plac'h  couant. 


313 


LES  NOMBRES  (P.  226) 


AN  XOMBROU 


Vd,  deux,  trois,  quatre,  cinq, 
six,  sept,  huit,  neuf,  dix,  onze, 
douze,  traize,  quatorze,  quinze, 
saize,  dixsept,  dixhuit,  dixneuf, 
vingt,  vingt  et  vn,  vingt-deux, 
vingt-trois,  trente,  quarante, 
cinquante,  soixante,  septante, 
huictante,  nonanfe,  cent,  mille, 
dix-mille,  cent-mille,  million. 


Vnan,daou,try,peuar,  pemp, 
huech,  seiz,  eiz,  nao,  dec,  vnnec, 
daouzec,  tryzec,peuarzec,pemp- 
zec,  huezec,  seiltec,  eittec,  naon- 
tec,  vguent,  vnan  voar  n'uguent, 
daou  voar  n'uguent,  try  voar 
n'uguent,  tregont,  daouguenl, 
hanter  cant,  try  vguent,  dec  à  try 
vguent,  peuar  vguent,  dec  ha 
peuar  vguent,  cant,  mill,  dec- 
mill,  cant-mill,  milioun. 


LES  JOURS  DE  LA  SE PM AINE 


AN  DEIZYOU  A  VES  AN  SIZUN 


Dimanche,  lundy,  mardy, 
mercredy,  jeudy,  vendredy,  sa- 
medy. 

Vne  semaine,  vn  jour,  huit 
jours,  quinze  jours,  vn  mois,  vn 
an,  un  demy-an,  un  terme. 


Dysull,  dyllun,  demeurz, 
demercher,  diziou,  derguener, 
desadorn. 

Vn  sizun,  vn  deiz  (1),  eiz 
deiz,  pemzec  deiz,  vn  mis,  vn 
bloaz,  vn  hanter  bloaz,  vn 
termen. 


(1)  Édition  1633  partout  dez 


Édition  1671  (suite)  :  Vnan,  daou,  try,  pevar,  pemp,  c'huec'h,  seiz,  eiz,  nao,  dec, 
unnec,  daouzec,  trysec,  pevarzec,  pemztc,  c'huezec,  seitec,  tric'hiiec'h,  naontec, 
uguent,  nnan  voar  n'uguent,  daou  voar  n'uguent,  tri  voar  n'uguent,  tregont, 
daouuguent,  auter  cant,  try  uguent,  dec  à  try  uguent,  pevar  huguent,  dec  ha 
pevar  uguent.  Cant,  mil,  dec  mil,  cant  mil,  million.  Dyssul,  dyllun,  demeurz, 
demerc'her,  diziou.  derguener.  dessadom.  Ur  sizun,  un  dez,  eiz  dez,  pemzec  dez, 
ur  mis,  ur  bloaz,  un  anter  bloas,  un  termen. 


-  314  — 

Cantiques  bretons,  imprimés  chez  Machuel  à  Quimper  en 
1642  (1). 

D'après  l'approbation  datée  du  16  décembre  1641,  l'auteur 
de  ce  recueil  est  un  Père  de  la  Compagnie  de  Jésus.  Ce 
qu'il  y  a  de  plus  curieux  dans  ce  recueil ,  ce  sont  les  airs 
empruntés  en  grande  partie,  d'après  V Advertissement  au 
lecteur,  à  Claude  le  Jeune,  musicien  de  Henri  III,  mais  dont 
quelques-uns  sont  des  airs  de  chansons  cornouaillaises.  La 
table  désigne  les  airs  appropriés  à  chaque  cantique.  Nous  la 
donnons  in-extenso  en  raison  de  son  importance  pour  l'histoire 
de  la  musique  en  Bretagne.  L'exemplaire  d'où  sont  tirés  ces 
extraits  est  conservé  à  la  Bibliothèque  Nationale  Y  6185. 

P.  43.  L  Pehiny  à  compren  an  sommer  eux  an  Mysleriou  à  vezo 
canet  en  leuric  man  var  an  œr,  Uni  nos  cœurs,  etc. 

16.  II.  Var  an  fin  diveza  eux  a  map  den,  var  an  toun,  Bataille, 
compagnons,  bataille,  allons  camper. 


(1)  D'après  la  Bwg7-ajjhie  iretonne  àe  Levot,  les  deux  plus  anciennes  éditions 
de  ces  cantiques  seraient  celles  de  Jean  Perler,  à  Quimper,  sans  date,  et  celle 
dont  nous  faisons  usage  ici.  Il  y  en  a  eu  deux  autres  de  Y.  J.  L.  Derrien, 
à  Quimper,  sans  date  :  la  dernière  ne  contient  pas  la  Vie  de  Saint  Corentin 
ni  l'épître  dédicatoire.  Ces  cantiques  ont  été  souvent  réédités.  Les  autres 
ouvrages  du  Père  Maunoir  sont  :  Vita  sanctl  Corentini,  Corisopiti,  1685,  in-12  ; 
réédition  en  1821  (700  vers  bretons)  ;  Templ  cunsacret  da  bass'wn  Jesiis-Xrht, 
prose  et  vers,  Kemper,  Romain  Malassis,  1679,  in-S"  —  Quimper,  J.  Périer, 
1686,  in-8o  —  Quimper,  Y.  J.  L.  Derrien,  sans  date,  petit  in-S"  de  120  pages 
—  Le  sacré-collège  de  Jésus,  Quimper,  Jean  Hardovyn,  1659,  petit  in-8°  (  Voir 
plus  bas).  Les  deux  dictionnaires  qu'il  contient  renfermant,  le  dictionnaire 
français-breton,  6,300  mots,  et  le  dictionnaire  breton-français,  environ  3,000, 
ont  été  réimprimés  avec  la  syntaxe  calquée  sur  celle  de  Despautère  dans 
V Archœologia  britannîca  d'Edw.  Lhwyd,  Oxford,  1707,  in-fol.  Pour  l'œuvre 
apostolique  du  Père  Maunoir,  digne  successeur  du  Père  Michel  Le  Noblctz 
de  Kerodern,  voir  Le  par/ait  missiontiaire  ov  la  vie  du  Père  Julien  Maunoir, 
par  le  Père  Antoine  Boschet,  Paris,  1697;  une  deuxième  édition  en  a  été 
donnée  par  l'abbé  Tresvaux.  Cf.  aussi  dom  Lobineau,  ^'ie  des  saints.  Le  Père 
Julien  Maunoir  est  né  en  1606  à  Saint-Georges-de-Reintembault,  diocèse  de 
Rennes,  et  mort  à  Plévin,  en  CornouaiUe^,  en  1683.  L'extrait  de  cantiques 
que  nous  donnons  ici  nous  a  été  communiqué  par  M.  A.  de  la  Borderie. 


—  315  — 
18.  III.  Eux  ar  feiz  necesser  da  pep  Christen,  euit  beza  salvet,  var 
an  œr,  Revoicy  venir  le  printemps. 

'22.  IV.  Ar  Credo  composet  gant  12  Apostol,  var  an  œr,  Jésus  aimable^ 
pe,  Jésus  map  Doue. 

24.  V.  Eux  an  Esperanç,  var  an  toun,  Je  le  confesse  ô  amour  beau. 

27.  "VI.  Ar  pater  gant  an  explication,  var  an  moez,  Nen  deo  quet 
deitet  ar  quertiry. 

30.  VIL  An  Ave  Maria  expliquet,  var  an  ser,  Ave  Maria  gratia. 

31.  VIII.  Ar  mesmes  Ave  Maria  simpl,  var  an  moez,  Me  meus  seiz 
marier  ha  seiz  coat. 

34.  IX.  Oraeson  d  'an  ^11  gardien,  var  an  toun,  Itron  Maria  an 
Trindet. 

35.  X.  Oraeson  ail  d 'an  mêmes  yEU  mirer,  var  an  moez,  Pendant  que 

i'ay  dans  mes  mains. 

37.  XI.  Introduction  da  Gourchemennou  ar  Reiz,  var  an  moez,  Itron 
Maria  an  Trindet. 

41.  XII.  Eux  an  seuuriou  à  trugarez  corporel,  var  an  moez,  E  Plouare 
e  pleg  ar  mor. 

44.  XIII.  An  examen  à  consciance,  var  an  œr,  Le  canard  s'ebbat 
à  plonger. 

46.  XIV.  Eux  an  pechedou  en  gênerai,  var  an  aer,  Bahillarde  aronde 
veux-tu. 

50.  XV.  Eux  à  enormité  ar  pechet,  var  an  moez,  Si  de  flamme  briller 
cette  bande  se  voit. 

53.  XVI.  Eux  ar  pechet  original  hac  è  reraed,  var  an  ser,  Er  bloas 
quentaff  maz  ys  didan  ar  beth,  etc. 

56.  XVlI.   Eux  ar  pechet  maruel,  ha  véniel,  hac  an  moien  d  'ho 
aznaout  entrezo,  var  ar  mesmes  toun. 


-  316  — 
59.  XVIII.  Eux  ar  seiz  pechet  capital,  orguoil,  etc.,  ha  ho  remed,  var 
an  toun,  lësus  aimable. 

61.  XIX.  Eux  an  orgouil,  hac  è  remed,  var  an  œr,  victoire,  ven- 
geance est  à  nous. 

66.  XX.  A  enep  an  Auaricc,  var  an  toun,  Er  hloas  quentaff  ma  'z 
demezis. 

71.  XXI.  Var  ar  pechet  à  Luxur  hac  è  remed,  var  ar  moez,  me  a  meus 
vr  -par,  men  argarz. 

76.  XXII.  Eux  ar  pechet  à  Auy  hac  è  remed,  var  ar  moez,  Dez  mat 
dechuy  oll  en  ty  man. 

81.  XXIII.  Eux  ar  Gloutoni  ha  he  remed,  var  an  œr,  E  Plouare  eu 
pleg  ar  mor. 

85.  XXIV.  A  enep  ar  Buanegez  gant  he  remed,  var  an  toun,  0  Tat, 
ô  Map,  ô  Speret  glan. 

91.  XXV.  Eux  an  diegui  ha  he  remed,  var  an  œr  Jusques  dans  le 
sein  de  Thetis. 

96.  XXVI.  Euit  miret  erfat  hon  pemp  squient  naturel  ouz  ar  peche- 
dou  lauaret,  diuiset  en  dieu  queffren,  var  an  œr,  Il  nous  faut 
aussi  fréquenter. 

104.  XXVII.  Hymn  saphic  var  poaniou  corporel  an  re  daonet,  var  an 
moez,  Vt  queant  Iaxis  resonare  fihris. 

108.  XXVIII.  Eux  ar  seiz  sacramant  an  Bis,  var  an  œr,  Lauar 
vsurer  petra  gry. 

112.  XXIX.  Ar  Furnez,  var  an  œr,  lesus  map  Doue,  etc. 

115.  XXX.  Paraphras  an  salue  Regina,  var  an  toun,  nous  te  saluons 
grande  Reyne. 

116.  XXXI.  Oraison  deuot,  d  'an  Itron  Maria  tennet  eux  à  vn  Istor 
caezr  quelennet  gant  vr  mam  d  'he  map  var  ar  moez,  Ja  le  fils 
7nignard  de  Venus. 


-  317  — 

119.  XXXII.  Oraeson  ail  deuot,  var  an  toun,  an  Itroun  à  Kergahin 
à  lauare  bepret. 

120.  XXXIII.    Paraphras    var    Veni    Sancte    Spiritus    et    emitte 
cœlitus,  etc.,  var  ar  moez,  Viens  saiuct  Esprit  glorieux. 

123.  XXXIV.  Seiz  dounaeson  an  Speret  glan,  var  an  scr,  Le  Soleil 
plus  beau  se  fait  voir. 

126.  XXXV.  An   eiz  guinvidiguez  prezeguet  gant  hon  Saluer  en 
menez,  var  an  ser,  Mille  hais  de  vert  se  font  pleins. 

129.  XXXVI.  An  Stabat  Mater  dolorosa  troet  en  brezonec,  var  an  œr, 
La  mère  estoit  douloureuse. 

133.  XXXVII.  An  Vexilla  Piegis  prodeunt,  en  brezonec,  var  moez 
ordiner  an  Ilis. 

135.  XXXVIII.  0  Filii  et  filise  en  brezonec,  var  an  œr  ordiner  à  can 
an  Ilis. 

140.  XXXIX.  Dauid  mirer  an  deuet,  var  ar  moez,  Broutez  brebis 
l'herbe  en  ceste  plaine. 


An  novelou  ancient  ha  dévot  gant  Tanguy  Gueguen. 
E  Quemper  Caurintin,  gant  G.  AUienne,  1650  (Bibliothèque 
Nationale  Y  6187)  (1). 

Nouel  var  ton,  a  solis  ortu  cardine  (P.  60,  25''  noel). 

Nouel,  Nouel,  AUeluya. 

Greomp  meuleudy  da  Maria, 

A  ganas  Roue  'n  bet,  guelhet  tra. 

An  guerches  splann,  merch  sant  Anna. 

(1)  Texte  communiqué  par  M.  A.  de  la  Borderie. 


—  348  — 
Pan  coumsas  outy  Gabriel, 
Ez  voe  quen  cuff  ha  quen  vuel  (1), 
Ma  'z  deuez  lesu,  an  guir  buguel, 
E  'n  guerches  plesant  ha  santel. 

Dre  'n  tat  Adam  ez  oamp  blamet 
Ha  Eua  bon  mam  estlamet, 
Oz  dibri  'n  aual,  chancç  calet, 
Voe  deomp  ny  oll  bezalï  collet. 

Ez  oamp  oll,  allas,  é  lastez, 
En  poan  hep  repos  nos  ha  dez, 
Pan  quemeras  lesu  truez, 
Roue  an  sent,  ouz  bon  paourentez. 

Quer  map  Doue  'n  tat  an  Barados, 
A  ganat  scier  da  (2)  hanter  nos 
En  vn  coz  marchauci  disclos, 
Pan  oant  en  presep  oz  repos. 

Ha  neuse  an  aer  à  sclerhas 
Ha  knech  ha  traou  à  goulauas, 
An  Aelez  buban  à  canas, 
Ac  en  doa  (3)  tudaou  synaou  bras. 

Ha  dre  an  goulaou  enaouet 
An  steren  ez  voe  quelennet 
Try  Roue  à  faeçon  da  donet 
Da  proff  d  'an  mabic  beniguet. 

Pedomp  lesu  on  guir  buguel 

En  amser  présent  so  santel, 

Da  cacc  ha  hambrouc  pep  droug  eal  (4) 

Diouz  Leonis  Breiz  Isell  (5). 


(1)  Original  vhel. 

(2)  Orig.  dan. 

(3)  Orig.  an  n  'en  doa. 

(4)  Sic. 

(5)  Original  Breiz is  Isell. 


—  319  — 

ARMORICAIN   MODERNE    (1) 

Le  sacré  collège  de  lescs  divisé  en  cinq  classes,  ov  l'on 
enseigne  en  langue  armorique  les  leçons  chrestiennes  auec 
les  3  clefs  2^our  y  entrer,  vn  Dictionnaire,  vne  grammaire 
et  syntaxe  en  même  langue.  Nenite  fUij,  audite  me  timorem 
JJomini  docebo  vos^  ps.  33.  Composé  par  le  R.  P.  Ivlien  Mavnoir 
de  la  compaignie  de  Jésus,  par  l'ordre  de  Monseigneur  de  Cor- 
noùaille.  Quimper-Corentin,  chez  lean  Hardouin,  imprimeur 
ordinaire  du  Diocèse.  M.  DC.  LIX.  avec  priuilège  et  approbation. 

Les  traits  caractéristiques  du  breton  moderne  étaient  fixés  bien 
avant  l'œuvre  du  Père  Maunoir,  et  il  serait  bien  difficile  de  dire  où 
il  commence  et  où  finit  l'armoricain  moyen,  si  on  ne  considérait 
que  le  côté  phonétique  de  la  question.  Mais  ce  qui  distingue 
profondément  la  langue  du  Père  Maunoir  de  celle  de  ses 
prédécesseurs  même  immédiats,  et  l'armoricain  depuis  cette 
époque  jusqu'à  nos  jours,  c'est  qu'elle  fait  effort  pour  se  rapprocher 
dans  l'orthographe  de  la  prononciation,  et  qu'elle  écrit,  entre 
autres  particularités  importantes,  régulièrement  les  mutations  des 
consonnes  initiales.  Pour  mieux  faire  apprécier  l'importance  de 
la  réforme  du  Père  Maunoir,  nous'reproduisons  les  deux  premiers 
paragraphes  de  sa  grammaire  où  il  l'a  exposée  dans  ses  traits 
principaux.  Les  effets  de  cette  réforme  se  font  sentir  déjà  dans 
la  dernière  moitié  du  XVIP  siècle. 

De  l'escriture  et  prononciation  de  la  langue  armorique 

(P.  1). 

De  VEscriture. 

Il  semble  qu'il  est  à  propos  de  changer  la  façon  ancienne  des 
escrivains  Bretons,  pour  escrire  le  langage  armorique,  l'escriuant 
comme  on  le  prononce;  car  il  est  impossible  aux  aprentifs  de  cette 

(1)  Voir  Annales  de  Bretagne,  1886,  fascicule  3,  pp.  357-359. 


—  320  — 
langue,  et  grandement  difficile  aux  originaires  du  pais  de  lire  les 
anciens  liures  Bretons.  Qui  est  celuy  qui  pourra  lire  ces  mots  escrils 
à  l'ancienne  mode  ar  goaff,  l'Hyver,  an  Haff,  l'Esté,  da  hezaff, 
gueneff,  an  eff,  ma  Tai?  N'est-il  pas  plus  à  propos  d'escrire  comme 
on  prononce  ar  goân,  an  hân,  da  veza,  guenên,  an  en,  ma  Zat?  Les 
François  depuis  peu  ont  trouué  cette  façon  d'escrire  fort  propre, 
escriuant  comme  ils  prononcent.  Dans  le  langage  breton,  il  y  a  plusieurs 
consones  mutes  qui  se  changent  en  diuerses  occasions,  mesme  vne 
lettre  se  change  en  plusieurs  autres  ;  les  anciens  Bretons  ne  mettoient 
point  les  lettres  dans  lesquelles  ces  mutes  estoient  changées,  mais 
escriuoient  tousiours  le  mol  comme  il  se  trouve  au  Dictionnaire,  par 
exemple  Tat  qui  signifie  père;  T  après  ma,  mon,  se  change  en  z; 
après  e,  son,  en  d,  tellement  qu'on  prononce  ma  Zat,  mon  père, 
e  dat,  son  père  :  toutefois  les  anciens  escriuoient  ma  tat,  e  tat.  Qui 
est  celuy  qui  pourroit  lire  ce  langage  s'il  n'a  une  connoissance  parfaite 
de  la  langue?  Tl  y  a  des  mutes  en  grec,  par  exemple  les  verbes  qui  se 
commencent  (P.  2)  en  phi,  au  prœterit  parfait,  changent  le  phi  en  pi, 
comme  phrazo,  pephraca;  ils  ne  mettent  phi  mais  pi,  selon  qu'on 
le  prononce. 

De  la  façon  de  lire  et  prononcer  le  breton. 

1.  Quand  vous  trouuerez  vn  n  devant  laquelle  il  y  aura  cet 
accent  ^  ne  prononcez  cet  n  comme  les  autres  avec  la  langue  la 
remuant;  mais  du  palais  et  vn  peu  du  nez,  exemple  :  an  hân,  l'eslé, 
ar  goân,  l'hyuer,  guenên,  auec  moy,  an  en,  le  ciel. 

2.  Quand  vous  trouuerez  vn  c'/i  ou  il  y  aura  vne  apostrophe  entre 
c  et  h,  prononcés  de  la  gorge,  exemple  :  dec'h,  hier,  sec'het,  soif. 

3.  Quand  il  y  a  vn  ch  sans  cette  apostrophe,  prononcés  ch  comme 
on  fait  en  françois,  exemple  :  tachou,  doux,  renchou,  rentes. 

4.  Le  z  se  prononce  comme  le  zêta  en  grec,  c'est-à-dire  plus  dou- 
cement que  s,  touchant  de  la  langue  le  dessous  des  dents,  exemple  : 
heza. 

5.  Quand  à  la  fin  de  la  diction  il  y  a  e  auec  un  z,  il  ne  faut  pro- 
noncer cet  ez  comme  vn  es  latin,  mais  auec  vn  accent  plus  bas, 
exemple  :  guirionnez,  vérité. 

6.  Quand  à  la  fin  d'vne  diction  il  y  a  es  a  la  fin,  quelques  fois  il  faut 


—  321  — 
le  prononcer  comme  vn  es  latin,  tantost  auec  vn  accent  plus  bas.  Ceux 
qui  ont  vn  accent  aigu  sur  la  dernière  se  prononcent  comme  les  es 
latins  maguerés,  nourrice,  maoués,  femme;  ceux  qui  ont  vn  accent 
grave  sur  la  dernière  se  prononcent  auec  vn  accent  plus  bas,  exemple  : 
gués,  arbres,  pès,  pois,  lès,  hanche. 

7.  Quand  il  y  a  deux  voyelles  consécutives  marquées  (P.  3)  de 
deux  petits  points,  il  en  faut  faire  vne  diphtongve  mais  séparer  la 
prononciation  de  l'vne  d'auec  l'autre,  exemple  :  au,  foie,  eûr,  heur. 

8.  Quand  vne  diction  est  terminée  en  n  avec  vn  tiltre  dessus,  il 
faut  la  prononcer  comme  s'il  y  auoit  deux  n,  exemple  :  gourhi, 
lutte. 

9.  Pour  bien  prononcer  le  breton,  il  faut  mettre  vn  accent  aigu 
sur  le  pénultième,  exemple  :  anéual,  beste,  ampreuanet,  bestes 
venimeuses. 


Qventeliov  christen  eus  ar  collech  sacr  lesu-Christ  (P.  41). 

AR   GVENTA   CLASS. 

Quentel  quenta. 

Piou  en  deus  hor  c'hrouet  ha  laquet  er  bet  man?  Doue.  Pe  euit 
tra?  Euit  e  anaout,  e  caret,  hag  e  seruicha. 

Ar  (1)  re  a  garo  hag  a  seruicho  Doue,  hag  a  varvo  e  slat  vat, 
pelec'h  ez  aint  (2)  ?  Er  harados  da  velet  Doue. 

Pegueit  e  chommint-y  eno  ?  Biruiquen. 

Nag  ar  re  a  offanço  Doue  maruelamant  hag  a  varvo  e  goal  stal, 
pelec'h  ez  aint-y  ?  En  infern. 

Petra  raint-y  eno?  Deui,  hlasphemi,  disesperi. 

Petra  eo  ar  brassa,  an  necessera,  hag  an  importanta  (3)  affer  hon 
eus  da  sourcia  er  bet-man?  Seruicha  Doue  hag  en  em  sauetai. 

Pet  tra  so  requis  da  ober  euit  seruicha  Doue?  Pemp  tra. 

Pe  re  int-y?  1  Cridi  e  Doue.  2  Esperout  e  Doue.  3  Caret  Doue 
0  tec'het  dioc'h  ar  pechet.  4  Caret  Doue  o  pratiqua  ar  vertuziou 
ha  receo  ar  sacramanchou  requis  eguis  ma  renquer. 

(1)  Original  partout  a  rc. 

(2)  Orig.  e  zaint. 

(3)  Orig,  imjjoj'ta. 

21 


_  322  

Exercice  ar  vertuziou,  voar  ar  guentel-man. 

Pa  omp  crouet  gant  Doue  euit  e  garet  hag  euit  e  seruicha,  a  c'hui 
a  gred  ferm  n  'en  (1)  deus  affer  er  bet  necesseroc'h  nag  importantoc'h 
euit  an  affer  e  c'hloar  hag  hon  siluidiguez?  Ya  sur. 

P.  42.  A  cueus  oc'h  eus  u  da  veza  faziet  voar  an  hent  a  gondu 
map  den  d  'ar  (2)  barados  o  veza  offancet  Doue?  Cueus  ameus. 

A  c'hui  en  em  offr  da  Zoue  corf  hag  ene  euit  e  c'hloar  hag  e 
seruich?  Gran. 

A  c'hui  bromet  disqui  gant  gracç  Doue  ar  pemp  poent  a  so  necesser 
da  seruicha  Doue?  Gant  ar  mesmes  gracç. 

A  c'hui  promet  cridi  e  Doue,  esperout  e  Doue,  tec'het  diouz  ar 
pec'het,  ober  an  oeuuriou  mat,  pratiqua  ar  vertuziou,  ha  receo  ar 
sacramanchou  requis,  euel  ma  'z  eo  (3)  ordrenet  gant  Doue?  Gran. 

A  c'hui  oulen  digant  Doue  ar  c'hracç  d  'e  garet  ha  d  'e  seruicha? 
Ya  sur. 

A  pidi  a  rit-u  ar  Verc'hes,  S.  loseph,  S.  loacin,  Santés  Anna, 
S.  Michel,  oc'h  JEW  mat,  S.  N.  Parron  oc'h  Escopti,  S.  N.  ho  parron, 
S.  N.  patron  ho  Parés,  d  'ho  sicour  e  quenver  ar  poent  ar  gloar  Doue 
hag  ho  siluidiguez?  Ya. 


Ar  pedeirvet  class. 

An  eil  quentel  (P.   66). 

An  explication  eus  an  oraeson  dominical. 

Pehini  eo  ar  guella  oraeson?  Ar  Pater. 

Piou  endeus  hi  composet?  Hon  saluer. 

Pet  tra  oulennom-ni  digant  Doue  en  oraeson  dominical?  Seiz  ira. 

Pa  lauaret,  Hon  tat  pehini  so  en  en,  piou  eo  hennés?  An  autrou 
Doue. 

Petra  oulennom-ni,  pa  leueromp,  oc'h  hano  hezet  sanctifiet?  Ar 
gracç  euidom-ni  hag  euit  an  oll  het  da  anaout  ha  caret  Doue. 

(1)  Sic. 

(2)  Original  dar. 

(3)  Orig.  }Haz  eo. 


—  323  — 

Na  pa  leueromp,  voit  deomb  ho  rouanielez,  petra  oulennom-ni? 
Ar  harados. 

Na  pa  leueromp,  ho  volonté  hezet  gret  en  douar  eguis  en  en?  Ar 
gracç  da  viret  goitre' hemenoii  Doue. 

P.  67.  Na  pa  leueromp,  roit  deomh  hiriou  hor  hara  pemdeziec? 
Ar  pez  so  necesser  da  vezur  ar  cliorf  hag  an  ene. 

Pet  boet  a  rencom-ni  euit  mezur  an  ene?  Tri. 

Père  ynt-y?  Ar  sacramant  an  Auter,  compsou  Doue,  hag  an 
oraeson. 

Na  pa  leueromp,  hor  pardonnit  hon  offançou  eguis  ma  par- 
donnomp  d  'ar  re  (1)  o  deus  hon  offancet  ?  Goulen  a  reomp  pardon 
eus  hor  pec'hedoii  hag  e  pardonnomp  d  'ar  re  al  (2). 

Na  pa  leueromp,  na  hermetit  e  vemp  fezet  ga)d  temptaiion? 
Goulen  a  reomp  ar  graçç  na  gonsaniemp  quel  d  'an  tentation  hon 
aduersourien. 

Pet  aduersour  hon  eus-ni  a  glasq  hon  tempti  euit  hon  lacat  da 
bec'hi?  Tri. 

Père  ynt-y?  Ar  d'hic,  ar  het,  an  azraouant. 

Hac  en  so  pec'het  bezet  temptet?  Sallocras,  ma  na  gonsanter. 

Petra  oulennom-ni  pa  leueromp,  hon  deliurit  eus  an  drouc? 
Goulen  a  reomp  heza  deliuret  eus  ar  pec'het. 

Na  c'hoaz?  Eus  an  infern;  na  c'hoaz?  Eus  ar  Purgator;  na  c'hoaz? 
Eus  ar  malheuriou  hag  ar  prosperiteou  eus  ar  het  man,  mar 
hezont  occasion  da  offa^ici  Doue. 

Exercice. 

A  c'hui  a  gred  ez  eo  bet  composet  an  oraeson  dominical  gant  hon 
saluer?  Credan. 

A  goulen  a  rit-u  digant  Doue  ar  graçç  d  'e  anaout  ha  caret,  etc.? 
Goulennan. 

Ha  prometti  a  rit-u  goulen  an  seiz  tra-se  aliés  deffotamant?  Gran. 

A  goulen  a  rit-u  ar  graçç  d  'e  ober?  Gran. 


(1)  Original  da  re. 

(2)  Orig.  da  veal. 


—  324  — 

Canticou  spirituel  hac  instructionou  profitabl  evit  disqui 
an  hent  da  vont  d  'ar  Barados; 

Composet  gant  an  Tat  Julian  Maner,  religius  eus  ar  Compagnunez 
Jésus. 

Corriget  hag  augmentet  gant  (1)  a  neuez  en  édition  diveza-man. 

E  Quemper,  gant  Jan  Perier ,  imprimer  ha  librer  en  Escopti 
Querne,  sans  date,  vers  1686  (2). 


Extrait  des  :  Miraclou  sant  Caurintin. 

Ar  bloas  1638,  e  quichen  Quemper  Caurintin,  é  Ru-nevez  oue 
commettet  ur  sacrileg  enep  sant  Caurintin.  An  imaich  à  voa  e  'r 
feuntun  nevez  à  oue  torret  ha  flastret  gant  ur  re  (3)  temptet  gant 
an  drouc  speret.  Doue  ne  les  quet  ordinal  ar  pechedou  bras  se  hep 
punition  public.  Neuse  (4)  souden  é  oue  castiset  Quemper  à  bala- 
mour  d  'an  torfet  se.  Ur  vocen  estrencli  à  crogas  (5)  da  guenta 
ebars  (6)  e  Ru-nevez  é  lec'h  ma  oue  commettet  ar  péchet  bras- se, 
ha  goude  se  é  lamas  é  ker  pelec'h  é  lazas  quasimant  ar  trederen  eus 
an  habitant,  hag  an  nemorant  à  ioa  é  péril  da  perissa.  Ur  certen 
servicher  da  Zoué  o  velet  ez  oa  ar  guer  en  un  quer  bras  danger, 
à  oue  inspiret  da  alia  (7)  ar  bourc'hisen  d  'en  em  recommandi  da 
S.  Caurintin  dre  ma  'z  eo  (8)  ar  c'henta  escop  eus  à  Quemper, 
ha  patron  à  Guerné.  Pep  unan  à  oue  contant,  sinti  a  resont  ous  ar 
c'honsail  sur  se,  hag  é  reson[tJ  voeu,  penaus  é  laquasent  da  ober 


(1)  Probablement  gant  an. 

(2)  Les  extraits  suivants  nous  ont  été  communiqués  par  M.  A.  de  la 
Borderie  et  tirés  par  lui  de  l'exemplaire  de  la  Bibl.  Nat.  Y  6187  A.  L'ouvrage 
se  compose  de  deux  parties  ;  la  première  est  consacrée  à  saint  Corentin,  patron 
de  Quimper  et  d'après  la  tradition  premier  évêque  de  Cornouailles,  et  a  pour 
titre  courant  :  Buhez  sant  Caurintin;  la  seconde  porte  proprement  le  nom  de 
Hent  ar  iarados. 

(3)  Original  ure. 

(4)  Orig.  neus. 

(5)  Orig.  croas. 

(6)  Orig.  ehas. 

(7)  Orig.  all'm. 
(S)  Orig.  tua  zeo. 


—  325  — 
ur  lec'li  manivic  en  ilis  S.  Caurinlin  evit  laquât  (l)  an  lelegou 
S.  Caurintin,  père  a  ioa  bet  digacet  gant  an  Tat  reverendissim  den 
Doué  Guillerm  ar  Baelec,  escop  à  Guerné.  Pa  oue  gret  ar  voeu,  neuse 
souden  à  paouesas  ai'  Pestilanc  hag  é  finissas  é  Ru-nevez  é  lec'h  ma 
commanças  an  drouc  hag  occasion  eus  anneza  (2).  Doue  ra  vezo 
meulet  ha  S.  Caurintin  (Pp.  21-22). 


Oraeson  en  enor  d  'ar  seiz  sent  eus  à  VreJz. 

Saludomp  guitibunen  ar  seiz  Sent  eus  à  Vreiz, 
Père  o  deus  astennet  en  hor  bro-ni  ar  feiz; 
Saludomp  dreist  ar  re  ail  bon  tat  sant  Caurintin 
Da  veza  bon  advocat  breman  ha  voar  bor  fin. 

Glorius  sant  Caurintin,  bon  tat  carantezus, 
Reservit,  me  ho  suppli,  hor  c'halon  da  Jésus, 
Presentit  hou  enenvou  d  'an  Itron  Varia 
Ha  da  sant  Joseph  yves  en  bon  heur  diveza. 

Ha  c'buy,autrou  sant  Malo,ho  pet  coûn  abanomp(;3), 
An  tan  eus  bo  carantez  taulit  birio  oarnomp, 
Caçit  ar  Bleiz  infernal  pell  aban  dious  bor  bro, 
Evit  na  vezimp  trec'bet  en  articl  bor  maro. 

Autrou  sant  Patern,  escop  ha  patron  a  Venet, 
Selbt  ous  bo  pugalé,  sellit  ous  bo  tenvet, 
Sellit  ous  bo  pugale,  sellit  ous  bo  tenvet, 
Ous  ar  Kernevis  yves  a  so  bo  mignonnet. 

Autrou  sant  Samson,  c'buy  so  escop  hag  abostol 
Da  guenta  pae  é  Brosaux,  goude  en  escopti  Dol, 
Allas  !  e  maomp  (-4)  bepret  é  tail  da  vont  da  goU  : 
En  ban  Doue  à  bret  mat  roit  sicour  deomp  oll. 

(1)  Original  laquant. 

(2)  Orig.  eus  emeza. 

(3)  Orig.  a  hanomp. 

(4)  Orig.  emaomp. 


—  326  — 
Autrou  sant  Briec,  patron  escopty  Sant-Briec, 
Bezit  dre  ho  carantez  ouzomp  oU  trugarec, 
C'huy  a  so  tost  mignon  d  'hon  tat  sant  Caurintin, 
Digaçit  deomp  ho  coulmic  pa  vezimp  voar  ar  fin. 

Autrou  sant  Pol,  conducteur  hag  escop  a  Léon, 
Bezit  conductor  deomp-ni,  recevit  hor  c'halon, 
Bezit  conductor  deomp-ni,  recevit  hor  c'halon, 
Pell  diouzomp  en  hor  maro  pellait  an  dragon, 
Hon  presentit  da  Zoué  en  hon  heur  diveza, 
Pa  rencquimb  dirac  Jésus  hep  mar  comparissa. 

Autrou  sant  Tugdual,  escop  ha  patron  Treguer, 
Hor  recommandet  hepret  da  Jésus  hor  salver, 
Ha  pa  vezo  ret  lesel  ar  buhez  hag  ar  bet, 
Chasseit  pell  diouzomp  ar  serpant  milliguet. 

Me  ho  salud  adare,  seiz  Sent  émeus  à  Vreiz, 
Bemdeiz  imprimit  é  creiz  hor  c'halon  ar  guir  feiz, 
Imprimit  en  hon  ené  Esperanç,  carantez  : 
En  en  é  rentimb  graçou  émeus  ho  trugarez  (1). 


Formulaire  de  prône  en  breton  de  Vannes 

Ce  formulaire  est  inédit.  Il  est  conservé  dans  un  manuscrit 
de  1693,  qui  est  la  propriété  du  chapitre  de  Vannes.  Il  m'a  été 
libéralement  communiqué  par  l'abbé  Le  Mené,  de  Vannes,  bien 
connu  pour  son  zèle  pour  les  études  bretonnes.  Le  titre  porte  : 
Clarissimo  viro,  domino  D.  Joanni  Le  Queux,  in  utroque 
jure  licentiato,  nec  non  parochiœ  de  Bignan  vigiloMtissimo 
pastori.  Suit  immédiatement  après  le  titre  une  Tabella  tempo- 
raria  festorwn  mobilium,  pour  les  années  1693  à  1732.  Le  for- 
mulaire breton  compte  25  pages.  Nous  le  donnons  en  entier.  C'est 

(1)  Tl  a  paru  en  1698  un  autre  recueil  de  cantiques  à  Quimper  chez  J.  Peiier, 
sous  le  titre  de  rcdennou  hac  instrnctiotwn  christen  evit  serviclwut  da  heu- 
rioK  brezonec  ha  latin  e  faver  ar  lopl  8inq)l  (Bibl.  Nat.  B  975  B.  Inventaire 
B  ô3(J2).  Note  communiquée  par  M.  A.  de  la  Borderie. 


—  327  — 
le  texte  suivi  le  plus  ancien  en  dialecte  de  Vanne?.  Ce  dialecte, 
d'après  les  chartes,  ne  commence  à  prendre  des  formes  bien 
accusées  qu'au  XVP-XVIP  siècle.  Il  est  probable  que  les  deux 
fragments  publiés  par  moi  dans  la  Revue  celtique  de  janvier- 
avril  1887,  t.  VIII,  p.  161,  et  qui  paraissent  de  la  fin  du  XV®  ou 
du  commencement  du  X  VP  siècle,  appartiennent  aussi  au  dialecte 
de  Vannes.  Mais  ils  sont  si  courts  et  tellement  mutilés  qu'il  est 
difficile  d'en  tirer  quelque  lumière  au  point  de  vue  de  l'histoire 
de  ce  dialecte.  Le  dialecte  de  Vannes  est  exclusivement  parlé  dans 
la  partie  bretonnante  de  Yancien  évêché  de  Vannes.  Une  seule 
paroisse  de  langue  vannetaise,  Neulliac,  appartenait  à  l'évêché 
de  Cornouailles.  Le  dialecte  du  bourg  de  Batz  est  une  variété  du 
dialecte  de  Vannes.  Les  chartes  du  Cartulaire  de  Redon  nous 
donnent  une  idée  de  la  langue  des  Bretons  établis  dans  le  Van- 
netais  au  IX^-X*  siècle.  L'orthographe  du  formulaire  est  l'ortho- 
graphe française.  Il  y  a  moins  de  formes  archaïques  que  dans 
les  cantiques  du  commencement  du  XVIIP  siècle. 

Er  forme  ag  er  pron^  é  hrehonnec  Guennet. 

Gompagnonneah  inourable  ha  dévot,  huy  zo  aman  assemble! 
hiriue  (1)  en  offeren  santél,  eval  ma  tely  gober  en  ol  guir  ha  fidelet 
chrechenion  ; 

E  quentan  poent,  éveil  trugarécat  Doué  ag  en  ol  moyen  ha  graceu 
ou  hues  receuet  de  guentou,  bac  é  reconnaissance  ag  en  dra-zé  evit 
ofïreign  dehou  hou  calonneii,  hou  corffueu,  hac  hou  madeu,  evit  ou 
impléeign  en  é  servige  hag  en  é  inour;  péhani  eu,  na  réhet  jamais 
netra  nameit  aueit  inoureign  Doué  ha  gober  é  volante  principalement 
pen  doh  en  ilis  ; 

En  eil  poent  é  hoh  aman  assemblet  avait  bout  disquet  hac  enseignet 
ag  er  péh  a  dliet  de  credeign,  hac  obér  profession  public  a  nehou; 
d' autant  arzé  meidy  en  dra-zé  comprenet  é  symbole  en  abostolet,  huy 
er  recitou  a  yér  de  yér  ar  me  lerh. 

(1)  Uc  exprime  uue  spirante  spéciale  au  Vannetais  :  c'est  la  spirante  corres- 
pondant à  a  ;  comme  valeur  étymologique,  elle  égale  >v  gallois  et  o  moderne  des 
autres  dialectes  ou  w. 


-  328  — 

Credo  in  Deum  patrem  omnipotentem . . . 

Me  gret  en  Doué  en  Tal  ol  -puissant . . . 

En  drivet  poent,  é  hoh  aman  assamblel  evit  goût  ha  bet  enseignel 
ac  er  péh  ou  hues  d  'o])ér,  peré  a  zo  comprenet  en  Gourhemenneu 
Doué  ha  ré  en  ilis,  rac  ce  ny  ou  recitou; 

Un  Doué  hep  quen  a  adory , . . 

Sul  ha  goél  cleu  en  ofveren . . . 

Ér  peuoarvet  poent,  é  hoh  aman  assemblet  evit  obér  pédenneu  de 
Doué,  rac-cé  m  'ou  advertisse  d  'er  pédeign  :  quentan  bloh  evit  er 
conservation  hac  en  exaltation  ag  en  ilis  catholique,  apostolique  ha 
romaine,  ma  pligeou  gant  Doué  convertisseing  d  'er  fé  en  oU  infidélet, 
hag  assemblein  dehy  en  oU  schismatiquet,  ha  huguenaudet; 

Nezé  ny  a  pédou  evit  hon  tat  santel  er  Pape,  evit  en  assemblé  sacret 
ac  er  Cardinalet,  evit  en  oU  Arhescobet  hac  Escobet,  ha  spécialement 
evit  hon  autrou  en  Escop  a  Guennet,  evit  en  oU  Personnet,  Curéet^ 
ha  ré  aral  en  des  carg  a  enenfueu,  ma  pligeou  gant  Doué  reign  dehé  er 
grâce  de  hem  accuitaign,  ha  ma  servigeint  d  'er  boble  d  'exemple  vat 
dré  hou  buhé  santel  hac  hou  enseignement. 

Ny  a  pédou  yvé  evit  hon  Roué  guir  crechén,  evit  er  princet  hac  en 
tutgentil  catholique,  spécialement  evit  er  ré  ac  er  barrés  men,  evit  en 
ol  stat  a  noblesse  hac  a  justice,  a  cellefin  ma  pligeou  gant  Doué  ou 
assisteing,  ha  reing  dehè  er  grâce  de  bourvoyein  heureusement  er  péh 
a  zo  nécessaire  ér  rantelèh  men,  é  générale,  hac  en  particulier  ma 
véhemp  ol  ensemblement  en  péh  hac  en  amitié,  principalement  en 
union  ac  er  fé  ha  rehgion  catholique,  apostolique  ha  romaine. 

Ny  a  pédou  pareillement  evit  er  ré  a  drafic  ar  er  mor  hac  ar  en 
douar,  evit  er  labourerion,  hac  en  artizandet,  générallement  evit 
pep  guir  chrichén,  affin  ma  pligeou  gant  Doué  assisteing  pep  heny 
hervé  é  stat  hac  é  vacation,  ha  i"eing  d  'imp  grâce  de  vériteing  hon 
salvidigueh. 

Davantage  ny  a  pédou  evit  er  gompaignonnèli  présant,  hac  en 
assistandet  en  office  divin,  évit  en  amandement  ag  er  ré  zo  en  péhet, 
evit  er  ré  zo  en  stat  vat,  ma  pligeou  gant  Doué  hou  conserveing  ha  hou 
fortifieing  ér  stat-cé,  evit  er  ré  zo  en  nécessité,  danger  ha  tribulation, 
pé  affîget  dré  glenvet,  spécialement  evit  er  ré  ag  er  barrois-men. 

Ny  a  rey  eue  peden  en  intention  en  obérerion  vat  ag  en  ilis-men 


—  329  — 
hac  er  chapélieu  ag  er  barrés-men,  evit  er  ré  en  dès  reit  renteu  hac 
ornementeu  evit  en  entretenement  a  nehè  hac  er  servige  divin  en  hè, 
evit  er  ré  en  dès  reit  er  bara  de  vout  beniguet  ha  distribuet  hiriue 
en  ofveren-men,  hac  er  guin  de  célébreing  en  ofverenneu. 

Ny  a  bédou  yvé  evit  en  disposition  ag  en  amsér,  evit  en  gonservation 
ag  er  madeu  zo  en  douar,  a  cellefin  goudé  ma  vihemp  honnestement 
sustentet,  ma  hellemp  guel  hem  impléaing  é  servige  Doué. 

Or  d  'autant  meidy  comprenet  quement  tra  a  dehamp  goulen  de 
gant  Doué  en  oraison  en  dès  enseignet  d 'emp,  ny  é  recitou  : 

Pater  noster.  . .  Hon  tad  péhany. 

Ny  a  saludou  yvé  er  Guirhiés  glorius  Marie,  evit  ma  vihemp  secouret 
hac  assistet  dré  en  intercession  a  nehy,  de  péhany  é  recommandan 
doh  hou  pout  dévotion  particulière. 

Ave  Maria, . .  Me  ou  salut  Marie. 

Finalement  é  homp  amen  assemblet  eveit  goulen  pardon  de  guet 
Doué  ag  en  ol  fauteu  on  nés  commettet,  hag  eveit  goulen  grâce  de 
vout  obéissant  dehou  en  amzér  de  zonnet;  dré  en  dra-zé  ny  a  rei  ur 
gohession  générale. 

Co7%fiteor  deo  omnipotenti . . .  Me  gohessa  oh  Doué. . . 

Ny  on  bou  eue  mémoire  ha  souvenance  a  bédeign  eveit  er  ré  dre- 
menet,  eveit  repos  ineueu  hon  tadeu,  hon  mammeu,hon  bredér,  hon 
houérezet,  hon  hérent,  ha  hon  amiet,  eveit  er  ré  zo  recommandet 
d  'emp  pédein  aveit  hé,  eveit  er  fondaterion  ac  en  ilisieu  ha  léhieu  aral 
a  zévotion,  principalement  ag  en  ilis-men  hac  er  chapélieu  ac  er 
barrois-men,  eveit  er  ré  en  dès  lézet  a  hou  madeu  eit  en  entretenement 
a  nehè  hac  er  servige  divin  en  hè;  aveit  er  ré  a  repos  hou  horveu 
en  ilis-men,  hac  ér  venet,  hac  él  léhieu  aral  a  zévotion  ;  généralement 
aveit  quement  guir  christén  a  zo  tremenet  ac  er  bed-men,  à  cel-fîn, 
mar  bihent  dalhet  ér  poénnieu  ac  er  Purgatoér,  manque  a  hou  devout 
houah  groeit  satisfaction  d  'er  justice  divin,  mapbgeou  guet  Doué  hou 
soulagein  dré  hon  pédenneu,  hac  hou  lacat  él  léh  a  repos  hac  é  com- 
pagnonnèh  er  ré  eurus  hac  er  ré  salvet. 

Amen  é  vou  hanuet  er  gouélieu,  er  servigeu,  hac  interremanteu. 

En  ou  intention,  hac  en  intention  ac  en  ol  ré  dremenet,  ny  a  larou 
ur  Bâter,  hag  Ave  Maria,  ha  ny  a  larou  en  oréson  ordinére,  Fidelium 
Deus  omnium . . . 


—  330  — 

Amen  yvé  é  vou  hannuet  yunieu,  er  vigilieu,  er  processionneu, 
er  hanneu  dimeign,  en  indulgeiiceu,  gourhemenneu  er  Pape,  ré 
en  Escop,  monitoirieu,  ha  treu  aral.  Goudé  en  dra-zé  er  Person 
a  larou  : 

Dré  authorité  en  Ilis  é  maint  disclériet  de  vout  scommuniget  en  ol 
hérétiquet,  simoniaquet,  confidencieret,  custodinozet,  faussonnerion, 
rnagiciennet,  en  ol  sorcerion  ha  divinerion,  er  ré  a  guemér  conseil 
de  guent  tè,  er  ré  a  léen  hag  a  zalh  en  ou  demeurance  iévreu 
a  huguenaudage  pé  a  sorcerèh,  er  lairon,  er  vultrerion,  er  ré  a  laça 
en  tan  é  madeu  hou  amision,  er  ré  a  vir  en  henteu  eveit  pillale, 
er  goncubinarion,  en  usurerion,  er  ré  a  ùerh  dré  fauss  pouéz  ha 
fauss  mesure,  er  ré  a  gontracte  diméeign  clandestin,  er  ré  a  assiste 
en  hè,  pé  a  zouc  secour  pé  faveur  d  'ou  gober,  er  ré  a  hem 
ve  1  a  charmeign,  a  glommeign  en  anguilletteu,  hac  a  obér  anchan- 
lemanteu  aral,  er  ré  a  abuse  ag  en  treu  sacret,  er  ré  a  hem  servige 
a  villettenneu  ha  guirieu  tennet  ac  er  scritur  sacret,  er  ré  a  hem  laça 
de  gonjureign  eveit  guelhat  doh  ur  bleunhet  benac,  pé  a  ra  superstition 
eveit  obteneign  pé  jouisseign  ag  un  dra  benac,  er  ré  a  refuse  péeign  en 
déaugueu  pe  renteu  aral  deliet  d  'en  ilis,  er  fabliquet  hac  er  brocu- 
rerion  ag  en  ilisieu  ha  chapelieu  péré  na  hem  gomportant  quet  léalement 
en  ou  harg,  ha  na  zacorant  quet  fidél  conte  ager  péh  ou  devé  touchet,  er 
ré  na  zisclair  ha  na  accomphsse  en  testamenteu  a  zo  légitimement 
ordrennet,  er  re  a  laça  hou  daourn  dré  valice  de  ofFenceign  en  dut  a 
Ilis,  nameit  aveit  hem  zihuen,  eval  mei  dy  permettet  dré  er  guir 
canon  :  er  ré-men  ol,  ha  péherion  aral  scommuniget,  ne  ellant  quet 
participeign  ér  sacrifice  ag  en  offeren,  nac  ér  pédenneu  public;  dré  en 
dra-zé,  mar  dès  nécun  ér  gompagnonnèh  présant,  é  mant  avertisset 
de  ounnet  ér  mées  ac  en  ilis,  que  n  'ou  devou  groit  pénigen  ha  recevet 
absolven. 


Hon  lat  péhany  a  zo  en  neun,  bous  hanue  (1)  bet  santifiet,  hou 
rouantelèh  digasset  d  'emp,  hou  volonté  bet  groit  quen  en  eun  quen 
en  douar.  —  Roit  d  'emp  hiriue  hon  bara  pamdiec,  ha  pardonnet 
d  'emp  hon  offenceu,  evel   ma  pardonnamp  d  'er  ré  en  dès  hon 

(1)  Manuscrit  lion  shanhiie. 


—  331  — 
offencet,  ha  na  gasset  quet  a  hanamp  en  tentation,  mais  hon  delivret 
ag  en  drouc.  Amen. 

Me  hou  salut,  Marie,  leun  a  grâce,  en  autrou  Doué  a  zo  guen-neoh, 
huy  zo  beniguet  entré  en  ol  grouagé,  ha  beniguet  eu  er  fréh  a  hou 
corf  Jésus.  —  Santés  Mari,  mam  de  Zoué,  pédet  eveit  emp  péherion, 
bremen  (1)  hag  en  ér  a  hon  marv.  Amen. 

Me  gret  en  Doué  en  tat  ol  puissant,  créour  d  'an  eun  ha  d  'an 
douar;  hac  en  Jésus  Christ  é  vap  unique  hon  autrou,  pehany  a  zo  bet 
conceuet  dré  er  speret  santél,  gannet  ac  er  guirhiés  glorius  Marie, 
en  dès  enduret  dédan  Ponce-Pilat,  a  zo  (bet)  crucifiet,  maruu  hac 
enterret,  disquennet  ér  Umbeu,  en  drivet  dé  a  zo  resuscitet  a  varuu 
de  véuu,  a  zo  montet  en  eun,  hac  azéet  en  tu  déheu  de  Doué  en  tat 
ol  puissant,  a  énou  é  tay  de  jugeign  er  ré  véuue  hac  er  ré  varuu.  — 
Me  gred  ér  spered  santel,  en  Ilis  catholique,  ér  communion  ac  er 
sent,  é  remission  er  péhédeu,  é  résurrection  généralle  ac  er  quicque, 
ér  vuhé  éternel!.  Amen. 


1.  Un  Doué  hep  quen  a  adory,  ha  parfaictement  a  gary. 

2.  Han  Doué  en  gueu  ne  touiy  quet,  na  hany  er  sent  beniguet. 

3.  Cesse  pep  suU  a  labourât,  ha  servige  Doué  dévot  mat. 

4.  Tat  ha  mam  a  galon  vat  care,  évit  béuign  pell  ar  en  douar. 

5.  Na  véz  multrér  de  dén  erbet,  nac  a  volonté  nac  a  fet. 

6.  Na  véz  paillard  a  énep  féçon,  a  gorf  nac  a  intention. 

7.  Madeu  dén  erbet  ne  laery,  nac  a  énep  raison  n  'ou  dalhy. 

8.  Birhuiquen  gueu  ne  lavary,  nac  eue  fal  teste  ne  vy. 

9.  En  œuvre  a  quicq  ne  désiry,  mait  guet  priet,  pé  é  péhy. 
10.  Mat  ar  en  douar  ne  houantey,  evit  a  vout-y  dré  trompery. 


Gourhemenneu  en  Ilis. 

1.  Sul  ha  goel  cleu  en  ofveren,  evel  ma  delé  pep  guir  Christen. 

2.  Te  béhédeu  a  gonvessy,  ur  huéh  ér  blai,  ma  na  rez  muy. 

3.  Ha  te  salver  a  receuy,  pep  Pasque  humplan  ma  helly. 

(1)  Manuscrit  irehmen. 


—  332  — 

4.  D  'ar  gouélieu  a  zo  dihuennet  dré  en  Ilis  na  labour  quel. 

5.  Er  houareis  hac  er  hortualeu  a  iuny,  hac  er  vigilieu. 

6.  D  'ar  sadorn  ha  d  'er  gunér,  é  ma  vigill  en  pep  amsér. 

7.  Ereddeu  erbet  ny  grouy  quet,  en  amser  mei  dy  dihuennet. 

8.  Ha  d  'en  Ilis  en  déaugueu  a  paiy  oU  hep  obér  gueu. 


Me  gohessa  oh  Doué,  ol  puissant,  doh  er  Urhès  glorius  Vari,  doh 
sant  Michel  arhél,  doh  sant  Jehan-Badéour,  doh  en  abostolet  santél 
Per  ha  Paul,  ha  doh  en  ol  sent,  rac  me  mes  péhet  rai,  dré  chongeu, 
dré  gomzeu,  ha  dré  œuvreu  :  dré  me  faute,  dré  me  faute,  dré  me 
faute  brassan  :  rac-cé  me  bet  en  Entron  Varia  eurus  perpet  gurhés, 
sant  Michel  arhél,  sant  Jehan-Badéour,  en  apostolet  santél  Per  ha 
Paul,  hac  en  oU  sent  de  bédeign  en  Eutru  Doué  eveit  omp. 


XVIII^    SIÈCLE 


Le  XVIIP  siècle  est  le  siècle  des  dictionnaires  (Voir  Annales 
de  Bretar/ne,  novembre  1887,  p.  58).  La  langue  étant  à  peu 
près  dans  le  même  état  qu'aujourd'hui,  et  la  littérature  bretonne 
ne  présentant  à  cette  époque  aucune  œuvre  bien  importante,  nous 
nous  contenterons  pour  ce  siècle  de  quelques  courts  extraits. 

Cantiqueu  spirituel  ar  deverieu  ar  christen  en  quenver  an 
autrou  Doué,  en  quenver  e  hunon,  hac  en  quenver  e 
nessan,  composet  dce  Per  Barisy,  person  à  Parés  Inguiniel, 
escopti  a  Guenet.  M.  DCC.  X. 

Ce  recueil  de  cantiques  ne  paraît  pas  avoir  jamais  été  imprimé. 
Le  manuscrit,  fort  remarquable  comme  exécution  et  important 
par  les  airs  notés  qu'il  donne,  est  la  propriété  de  la  Bibliothèque 
municipale  de  Quimper.  L'auteur,  né  en  1659  et  mort  en  1719, 
prêtre  à  Inguiniel,  en  zone  vannetaise,  a  eu  l'idée  originale  de 
publier  un  recueil  de  cantiques  dont  la  langue  serait  au  fond 


—  333  — 

vannetaise,  mais  modifiée  de  façon  à  être  intelligible  dans  toute  la 
zone  bretonnante. 

Il  nous  avertit  dans  sa  préface  qu'au  lieu  du  vannetais  ag,  a,  il 
a  préféré  eus  a;  z  o\x  s  k  h;  cla  à  de. 

Il  y  a  une  approbation  de  l'œuvre  signée  Pierre  de  Châlons, 
grand  vicaire,  recteur  de  Sarzeau,  sous  le  nom  duquel  a  été 
publié  un  dictionnaire  breton-français  aujourd'hui  assez  rare. 
Le  passage  suivant  est  intéressant  à  noter  :  «  Je  n'y  ay  rien 
remarqué  contre  la  foy  ny  les  bonnes  mœurs;  au  contraire,  ils 
m'ont  paru,  dans  le  peu  de  connaissance  que  fay  de  la 
langue  bretonne,  très  propres  à  inspirer  d'une  manière  aisée  et 
familière  l'amour  des  vertus  nécessaires  à  chacun  dans  son 
état.  »  Pierre  de  Châlons  est  mort  en  1718.  Ce  passage  semble 
venir  à  l'appui  de  l'opinion  que  nous  avons  déjà  émise  [Revue 
celtique,  VII,  3,  318),  que  Pierre  de  Châlons  ne  serait  pas  le 
véritable  auteur  du  dictionnaire  et  que  l'auteur  réel  serait  le 
célèbre  Cillart  de  Kerampoul,  auteur  d'un  dictionnaire  français- 
breton  des  plus  importants  du  même  dialecte  :  une  note  relevée 
par  l'abbé  Luco  au  dernier  feuillet  du  dictionnaire  breton  de 
Pierre  de  Châlons  prouve  d'ailleurs  que  Cillart  a  pris  une  part 
active  à  cette  publication  (1). 

Préfaç  d  'an  oll  cantiqueu  eus  al  Levr  man.  En  M  en  peb 
caniiq  a  zisclerier  ar  profit  hras  a  tenner  o  desquign  ha  canign 
cantiqueu  dévot.  Ar  vn  ton  coz  :  Ar  guerches  sacret  mam  da 
Zoué  (2). 

Hon  mam  ilis  andes  brepet 
Hon  exhortât,  hon  instruget 
Dre  cantiqueu  spirituel 


(1)  La  préface  nous  apprend  aussi  qu'il  y  a  eu  deux  recueils  de  cantiques  en 
breton  de  Vannes  imprimés  au  XVII'=  siècle.  Nous  avons  fait  jusqu'ici  de  vains 
eflEorts  pour  les  retrouver. 

(2)  Nous  devons  ces  extraits  à  l'obligeance  de  M.  Luzel. 


—  334  — 

Descomp  eta  gotibunan 
Descomp  ebars  ar  hantiq  man 
Pe  quen  bras  ar  sicourieu 
A  recever  dre  cantiqueu  (1). 

En  per  ainser,  en  pep  feçon, 
En  pep  stat,  pep  condition, 
A.  rant  ar  sicour  necesser 
D  'ober  pep  unon  e  dever. 

An  tud  santel  bac  innoçant 
A  quemer  ho  contantement 
0  studiign  ha  nos  ha  dé, 
En  cantiqueu,  lesen  Doué. 

An  tut  taulet  d  'ar  fallenté 
A  quemer  meh  (2)  eus  ho  buhé 
Ar  cantiqueu  a  pe  canant. 
Ha  muioh  mui  p  'o  méditant. 

Dihoell  a  rer  dre  cantiqueu 
Doh  fal  songeu  doh  gôal  comseu  ; 
Ar  pratiq  eus  ar  vertuieu 
A  zesquer  hoas  dré  cantiqueu. 

Desquign  a  reant  d  'ar  ehomec 
Bezout  contant  ha  calonnec 
Da  supportign  é  peuranté 
En  doujanç  ha  caranté  Doué. 

D  'ar  pinvic  a  zesquant  iué, 
D  'empliign  er  vat  é  zanvé 
Evit  caout  remission 
Eus  e  fauteu  dré  aluzon. 


(1)  L'auteur  a  souvent  donné  des  variantes  en  marge  ou  raturé  des  strophes 
entières.  Pour  le  but  que  nous  nous  proposons,  il  nous  a  paru  inutile  de  les 
reproduire. 

(2)  L'auteur  a  manqué  ici  à  son  système  :  il  eût  fallu  viés. 


—  335  — 
Bezet  un  den  anqueniet, 
Cantiq  benac  neusé  canet, 
Santout  a  rei  en  é  spéret, 
En  ur  canign,  confort  meurbet, 

Ar  ré  so  clan  pareillemant 
A  zesquo  sur  bout  (1)  patiant 
Mar  méditant  en  nos  en  dé 
Ar  cantiqueu  en  o  guélé. 

Al  labourer  ar  é  labour 
Ar  e  vecher  ar  vecherour 
A  recevo  soulagement 
Caningn  cantiqueu,  mar  carant. 

Cleuet  oc'hues,  o  pobl  fidel, 

Vertu  ar  cantiqueu  santel  : 

Quemerit-u  ar  volante 

D  'o  desquign  ha  sentign  doh-té  (Pp.  1-3). 


Cantiq  quentan  arn-uguent  (2) 

Quentel  d  'an  Yvraignour,  ar  ton  :  Mar  des  pehet  abars  ar  bet. 

Pochart  infam,  mar  e  zongès 
Mevign  bamdé,  er  guis  ma  res, 
Redec  a  res  d  'an  hospital 
0  delhel  mat  de  buhé  fal. 

D  'an  ivern  a  rédès  ivé 
Dré  coll,  el  ma  res,  graç  Doué; 
E  out  er  guis  se  hep  inour, 
Hep  consçianç,  vil  yvraignour. 


(1)  Manuscrit  tovt. 

(2)  Manuscrit  ai-  nugvent. 


—  336  — 

En  tavarneu,  lavar  dign-mé, 

Peh  pligeadur  a  clasquès  té? 

0  mam  (1)  breur  peur  enon  n  'andes 

Meit  friponag,  meit  tromplerès. 

Na  vezo  quel  forh  diez  dign 
Ar  ar  poent  ma  ta  enseinign, 
Mar  é  hes  hoas  aucunemant 
Ha  rèson  ha  antandemant. 

En  un  tavarn  ha  pa  antres, 
An  tavarnour,  an  hostisès 
En  e  recev  guet  joyustet  : 
Deit  mat,  e  mendi  (2),  revihet  ! 

Raign  a  rant  dit  al  leh  caeran 
Ha  guin  pe  sistr  eus  ar  guellan, 
Té  so  dehé,  doh  o  clevet, 
Brassan  ami  ho  des  er  bet. 

Na  clever  coms  enon  en  bèr 
Meit  dré  compaër  ha  dré  comaër  : 
Quement[a]  rant,  quement  a  res, 
Den  malheurus,  que  ne  mevès. 

Ar  guin  neusé  d  'it  a  changer 
Pe  forh  caiget  an  digasser; 
Mar  ivès  deu  pe  tri  pintat, 
Contet  vezo  d  'it  deu  cartat. 

Taulign  a  res  ta  ialc'h  dehé 
Da  (3)  quemer  o  volante; 
P'é  guelant  er  mes  a  rèson, 
Ta  cont  a  rant  en  o  feçon. 


(1)  Manuscrit  man. 

(2)  Manuscrit  rmendi. 

(3)  Manuscrit  ta;  il  manque  un  pied 


-  337  - 

Na  quémérant  quet  guhavé 
Souden  argant  deguenidé; 
Anehan  a  rant  ar  refus 
Guet  (1)  comseu  douç  ha  gracius. 

«  Dalhet  guenohui  oc'h  argant, 
N  'an  domp  quet  en  poen  a  payemant, 
Compaër,  n  'an  des  netra  presset, 
Quement  se  em  cavo  brepet.  » 

Didan  seblant  a  honnestis, 
0  peh  finess,  o  peh  malis  ! 
Da  inour  bras  a  quémerès 
Fiout  en  out  a  p  'o  guélès. 

Te  ia  da  hent  ar  an  dra  se 
Joyus  ha  contant  anehé  : 
Chetu  an  tut,  doh  te  lavar, 
Ar  re  guellan  so  ar  an  douar. 

En  bèr,  en  bèr,  o  peur  ques  dal, 
M  'é  clevei  coms  en  guis  aral, 
Ha  ta  tut  mad  pareillemant, 
Pa  z  'int  (2)  da  oulen  o  paymant. 

Pa  vi  dleour  a  cals  dehé, 
Changign  a  rint  langag  neusé; 
Neuzé  n  'é  pezo  quet  termen, 
Ret  a  vo  caout  argant  souden. 

Frezieu  é  po;  me  n  'é  es  quet, 
Querhet  a  rai  ar  sergeantet, 
Hac  en  ur  guer  evel  en  cant, 
Guerhet  vezo  ta  comenant. 

Na  laran  quet  d  'ide  conteu  ; 
Cals  a  vêler  a  exempleu 


(1)  Manuscrit,  entre  parenthèse  gamt. 

(2)  Manuscrit  ^;«  zint. 


—  338  ~ 

Ha  tut  couéhet  en  peuranté, 
Dré  conduign  ar  sort  huhé. 

Maes  netra  n  'an  deu  quément  man  ; 
Fin  ta  vuhé  so  ar  goehan  : 
0  delhel  mat  d  'ar  meverès 
En  hent  an  ivern  e  querhès. 

Doht'on  mêmes  n  'an  dout  quel  pell, 
Ta  zeuch  ma  na  carès  lezel  ; 
Te  querh  ar  bord  ar  précipiç, 
Groa  te  pourfit  eus  an  avis. 

Mar  des  brepet  d  'an  tavarneu, 
Ma  né  quittes  ta  zibaucheu, 
Danger  bras  na  vi  punisset 
Evel  cals  eus  ta  consortet. 

Guet  a  mevier  a  so  cavet 

Dré  ur  corvat  d  'ar  guin  mouguet! 

Guet  a  reral  lahet,  beuet, 

Pe  en  ur  toss  ar  coug  toret  ! 

0  fin  terribl,  fin  miserabl 
Eus  ar  pochart  abominabl, 
Hac  a  vêler  arriv  liez, 
Da  tut  taulet  d  'ar  mèverez  ! 

Chédé,  mevier,  ar  gounideu 
A  tennès  eus  ta  zibaucheu  : 
Couehet  breman  en  peuranté, 
Couehet  en  ivern  goude-zé. 

Diar  ar  preg-man  me  né  spontès, 

Me  né  crenès,  me  ne  changés, 

Me  né  carès  em  évehat, 

Oeit  out  er  mes  eus  ta  squiant  mat  (Pp.  273-277). 


—  339  — 

Pedennou  hac  Instnictionou  christen  evit  servichout  da 
Heuryou  Brezonec  e  favêr  ar  Bopl,  composet  gant  M.  Ch.  ar 
B.  Belec  eus  a  escopti  Léon,  1712  (1). 

Ar  pater  noster,  var  an  ear  gallec  : 
Venez^  venez,  venez  Eqn'it  saint  dans  nos  cœurs. 

Hon  tad  on  Doue,  pîni  so  en  Eêvou, 
Pliget  gueneoc'h  clevet  hor  pedennou 
Gant  ar  bed  oU  ra  vezo  e  peb  bro 
Santifîet  ha  meulet  hoc'h  Ano. 

Ra  zinessai  prest  ho  rouantelez, 
Ma  ho  quellimp  souden  gant  an  Elez. 
D  'ho  volontez  bezet  obeisset 
Var  an  douar  evel  en  Eê  bepret. 

Eus  ho  craçou  rac  ma  'z  (2)  omp  izomec, 
Roit  deomp  hirio  hor  bara  pemdeziec; 
Hor  pardonit,  evel  ma  pardonomp 
Ar  re  père  a  gontroli  ouzomp. 

Na  bermetit  e  nep  occasion 
E  consantemp  gant  an  dentation, 
Maes  diouz  peb  droug  a  gorf  hac  a  ene 
Hon  dilivrit.  Bezet  great  evelse. 


An  Ave  Maria,  var  ar  mêmes  ton. 

Me  ho  salud.  Mari,  leun  oc'h  a  c'hraç. 
E  ma  gueneoc'h  bepret  an  autrou  bras  ; 

(1)  Levot  n'indique  qu'une  édition  de  1760  à  Quimper,  chez  Perier.  Ce  livre 
a  été  réédité  chez  Prudhomme  en  1808,  9"^  édition.  Charles  Le  Bris,  recteur  de 
Cléder  est  l'auteur  de  beaucoup  d'autres  ouvrages  :  Reflexionou  profitall  var  an 
finvczion  diveza.  Saint-Pol-de-Léon,  1722.  Instruction  var  an  excellanç,  ar  froez 
an  indulgeançuu  hac  an  devuryou  ar  vrenriez  ar  Rosera,  Castel,  1722.  — 
L'Horloge  de  la  Passion,  en  breton.  —  La  Vie  de  sainte  Barbe  et  de  saint 
Conogan,  1725,  en  breton,  etc. 

(2)  Original  ma  zovijj. 


-  340  — 
Benniguet  ouc'h  elouez  an  oU  merc'het; 
Jésus  ho  frouez  so  ive  benniguet. 

Santés  Mari  mam  guirion  da  Zoue, 
Pliget  gueneoc'h  pidi  e  Vajeste 
Evidom-ni  entrezomp  pec'herien, 
Brema  ac  en  heur  eus  or  maro.  Amen. 


Cantic  spirituel 

Var  ar  c'hlemou  eus  an  anaon  e  'r  Purcator  o  c'houlen  sicour 
ouzomp,  hac  o  tiscleria  deomp  pe  e  faeçon  ec'h  ellomp  o  sicour.  Var 
an  ton  :  ha  den  a  vezo  a  quer  calet,  peautramant,  sellit  an  dra  ma, 
pecherien. 

C'hui  tud  dévot,  ho  pet  memor 
Eus  an  anaon  e  'r  Purcator; 
Clevit  ar  c'hri  hac  ar  c'hlemou 
A  reont  eus  a  greis  ar  flammou 
Eleac'h  ma  'z  emaint  (4)  o  c'houlen 
Sicour  digueneoc'h  evellen. 

«  0  ma  oufta'h  petra  soufromp, 
Ho  pe  cals  a  druez  ouzomp, 
Anduri  a  reomp  un  tourmant 
A  dremen  hoc'h  entendamant. 
Siouaz  !  hon  dilesell  a  rit  : 
En  han-Doûe  hor  sicourit. 

Tourmanchou  an  oU  verzerïen 
Ha  re  an  oll  torfetourïen 
So  evel  plijadurezïou 
E  comparaeson  d  'or  poanïou. 
Siouaz,  etc. 

0  veza  en  tan  o  tevi 

E  languissomp  gant  hon  anvi 

(1)  Original  ma  zemaint. 


—  341  — 
Ha  gant  un  désir  ar  brassa 
Eus  hon  Doue  da  joûissa. 
Siouaz,  etc. 

C'hui  mignonet  ha  c'hui  querent, 
Bugale,  a  garemp  quement, 
Allas!  ho  pêt  ouzomp  trûez, 
Ha  selaouit  ouz  hor  moûez. 
Siouaz,  etc. 

C'hui  so  e  laouenidiguez 

Ha  ni  so  e  tristidiguez  ; 

C'hui  guemer  oc'h  easamanchou, 

Ha  ni  e  creis  an  tourrnanchou. 

Allas,  allas,  mar  hor  c'hirit, 

En  han-Doûe  hor  sicourit. 

Penaus  ez  ouc'h-u  (1)  quen  ingrad 
Da  lesell  ho  mam  hac  ho  tad 
Queit  amser  en  tan  da  geina 
Hep  laçât  ho  poan  d  'o  zenna? 
Allas!  allas,  etc. 

Ho  preudeur  ômp,  ho  c'hoareset 
Ho  querent  hac  ho  mignonet; 
OU  ez  omp  (2)  memprou  d  'or  salver, 
Grit  trugarez  en  hor  c'hènver. 
Allas!  allas,  etc. 

Roit  evidomp  alusennou, 
Yunit  ha  grit  forz  pedennou, 
Testait  ouz  ar  Communion 
Coude  ur  guir  gonfession. 
Siouaz!  hon  dilesell  a  rit, 
En  han-Doûe  har  sicourit. 


(1)  Original  zovc'hu. 

(2)  Orig.  e  zomj). 


—  342  — 
Pa  sono  ar  c'hleyer  deomp  glas 
Ha  bemdez  goude  ho  repas, 
Ha  pa  dremenot  un  ilis, 
Livirit  an  De  Profundis! 
Siouaz,  etc. 

Ne  deus  moïen  quer  puissant 
D  'on  dilivra  en  un  instant 
Evel  ma  'z  eo  (1)  an  oferen  ; 
Offrit-hi  d  'ar  meslr  souveren. 
Siouaz,  etc. 

Pliget  gueneoc'h,  autrou  Jésus, 

Quen  douç  ha  quen  trugarezus, 

Dihvrïa  dre  ho  passion 

An  anaon-vad  eus  ho  phrison; 

Roit  dezo  en  ho  Parados 

Un  éternité  a  repos.  Amen. 


Guserzsenneu  santél.   , 

E  berhonnsec  Guénétl,  de  voutt  cannétt  lyéss  é  spéciale  é  'r 
hatéchimeu.  Diskein  a  rintt  bihuein  érhatt,  hag  ind  a  lamou  ag  er 
vro  er  hannœneu  dizonaesle;  courrigétt,  criskétt  ha  notétt  for-œss. 
E  Guenétt,  é  ti  Huiçantt  Galles,  imprimour  ha  librour  d  'er  Roué, 
d  'er  guér  ha  d  'er  sclaceu.  173i  (2). 

Er  bâter  noster  (P.  7). 

Honn  tad  a  zou  énn  nean  perpétt, 
Houç  anhue  (3)  revou  santefyétt; 


(1)  Original  ma  zeo. 

(2)  Ces  cantiques  présentent  beaucoup  de  formes  intéressantes.  Il  semble 
bien  que  ce  soit  une  réédition  de  cantiques  du  XVII'^  siècle.  Voir  Revue 
celtique,  VII,  3,  pp.  319  et  suivantes. 

(3;  Original  hon  ç'anhiir.  Pour  houç  cf.  armoricain  moyen  hoz  ;  ai,  œ  = 
généralement  è  français  ;  hne  =  spirante  7V  avec  coloration  û. 


-  343  - 
Reitt  t'semb-ni  ol  hou  ranteleah 
Dré  hou  excellantt  madeleah. 

Hou  livin  volante  baitt  groétt 
Enn  doar  avsel  énn  nean  kevrétt; 
Honn  bara  pamdyœg  éhué 
Reitl  t'aîmp-ni  dré  hou  caranté. 

Honn  ol  ofanceu  comgeltétt 
Guett  migélicortt  pardonnett, 
Avgel  ma  paidonnamp  parfett 
D  'er  ré  enn-déss  honn  ofancett. 

De  goéh  é  tantacion  e  'r  bétt 
Hou  pugalé  na  lauskétt  quétt, 
Meid  ag  enn  droug  honn  dihusennett 
Dré  hou  crass,  honn  tatt  béniguell. 


Enn  Ave  Maria  (P.  8). 

Gabriœl  ag  enn  nean  cassétt 
Devad  er  huiriéss  béniguétt  : 
Me  hou  salutt,  guiriéss-Vari, 
Leine  (1)  à  gress,  a  larass  tehi. 

«  Hui  zo  euruss  ha  béniguélt 
Dréss  enn  ol  groagué  ag  er  bétl; 
Béniguétt  revezou  éhué 
Jésus  freh  hou  corf,  map  te  Zoué. 

Santéss  Mari,  guir  vam  de  Zoué, 
Ni  hou  pétt  dré  hou  caranté, 
Pédéd  aveid  omp,  péherion, 
Ma  recehuehainib  er  pardon. 


(1)  L'e  final  n'a  aucune  valeur  et  est  un  effet  de  l'influence  de  l'ortho^aphe 
française. 


—  344  — 
Baih  hunn  avocadéss  perpétt 
Dirag  enn  Drindett  béniguétt 
Berma  ha  d  'enn  ser  a  bon  marhue, 
Na  goéhaimp  quéd  énn  inhuœrn  garhue. 


Ar  er  sacremanteu  é  gernal  (P.  13). 

Guialoc. 

D.  (1)  Sacremanteu  honn  mam  Ilis, 

Ag  inlt  zou  unn  dra  forh  requiss, 
Larétt  me  zatt  spirituel. 

R.  Impossib  eu  bezoutt  salvétt 
Ha3mpdai  dré  dezir  pé  éffett, 
Credelt,  me  map  spirituel. 

D.  Pétt  sacremand  é  guirionné, 
A  zou  énn  ilis  map  Doué, 
Larétt,  me  zatt  spirituel. 

R.  Seih  sacremantt  zou  énn  Ilis 
Carguéd  à  graeceu  é  pep  quis, 
Credétt,  me  map  spirituel. 

D.  Mé  hou  pétt,  dré  hou  caranté, 
Larétt  t 'ein  enn  anhue  anehai  (2). 
Larétt  me  zatt  spirituel. 

R.  Badygenn,  confirmacyon, 
Enn  autair,  ha  covsezyon, 
Credétt,  me  map  spirituel. 

D.  N  'e  ouéss  (3)  larrétt  nameitl  pùar, 
Larétt  ouah  t 'ein  enn  tri  arall. 


(1)  2>  signifie  demande,  R  réponse. 

(2)  Original  à  nehai. 

(3)  Orig.  ne  ovésn  =  n  'oz  eus  de  l'armoricain  moyen. 


—  345  — 
R.  Nousenn,  urh  ha  priédéreah 
Eu  enn  tri  a  deliaih  goutt  oah. 

D.  Pihue  enn-déss  ind  instituétt 
Hag  a  guementt  graceu  carguélt? 

R.  Jézus  map  Doué  enn  déss  intt  groeïlt 
Hag  ag  é  ol  graceu  carguétt, 
Aveitt  rein  mEerche  d  'er  gricheinnon 
E  mand  é  'r  gùir  Religyon. 

D.  Péh  vairtu  ha  péh  sorti  éfFétt 
A  zou  énn-ai  intt  comprenet? 

R.  Honn  péhéheu  a  bardonnantt 

Hac  é  grsece  Doué  énn  onn  lacantl. 

D.  Larétt  t 'ein  oah,  me  hou  supli, 
Er  pourfitt  brass  a  rantt  t 'eimb-ni. 

R.  Apliquein  a  rantt  t 'onn  iné 
Mériteu  passyon  map  Doué. 

D.  A  béban  é  ta  ou  fouvér 

D  'er  sacramenteu  zé  ker  caer? 

R.  Passion  Jézus,  é  oaitt  sacrélt 
Réd  el  lom  dehuéhan  squillétt. 

D.  A  ni  a  deli  ou  harein 

Ha  gued  inour  ou  recéhuein. 

R.  la  édan  boen  à  bêhétt 

Hag  à  voutt  guett  Doué  punisset. 

D.  Péh  payemand  enn  dévézou 
En  dutt  deuod  ou  recehuou? 

R.  E  'r  bett  ma  grseceu  honn  salvér 
Hag  e  'r  bet  hond  ur  gouronn  cair. 


—  346  — 
ROBERT  LE  DIABLE 

Le  nombre  des  manuscrits  de  mystères  en  breton  est  très 
considérable.  Je  renvoie  ceux  que  cette  branche  importante 
de  ]a  littérature  bretonne  intéresse  à  la  Bibliographie  des 
traditions  et  de  la  littérature  populaire  de  ta  Bretagne^ 
par  H.  Gaidoz  et  Paul  Sébillot,  Paris,  1882  (Extrait  de  la 
Revue  celtique,  t.  V).  La  liste  n'en  est  pas  encore  épuisée, 
notamment  pour  le  dialecte  de  Vannes.  Les  mystères  bretons, 
sauf  sainte  Nonne,  sainte  Tryphine,  saint  Gwénolé  et  un  ou 
deux  autres  peut-être,  sont  d'origine  française.  Il  serait  utile 
de  publier  surtout  ceux  dont  l'original  français  est  perdu. 
Sans  parler  de  l'intérêt  de  ces  mystères  au  point  de  vue  litté- 
raire, ils  ont  encore  leur  importance  au  point  de  vue  de 
l'histoire  de  la  langue.  Leur  orthographe  représente  en  effet 
plus  fidèlement  la  prononciation  populaire  et  conserve  bon 
nombre  de  faits  dialectaux  dignes  de  remarque. 

Robert  te  Diable  est  un  mystère  en  six  actes  et  en  deux 
journées.  Le  manuscrit  appartient  à  la  Bibliothèque  Nationale, 
fonds  celtique,  n°  51  (1).  Il  porte  la  suscription  suivante  :  La 
tragédie  de  Robert  le  Diable  et  (sic)  a  moi  Henry  le  Guilcher 
de  la  rue  de  Kermaria  an  D.  paroisse  de  saint  Jean  du 
Baly,  ville  de  Lannio7i,  ce  jour  30^^  novembre  1741.  Ce 
mystère  est  sans  doute  d'origine  française,  mais  il  est  fort  diffé- 
rent du  Miracle  de  Robert  le  Diable  des  Miracles  de 
Nostre-Dame,  t.  VI  (Société  des  anciens  textes  français)  et 
aussi,  semble-t-il,  du  Mystère  du  XI V^  siècle,  publié  à  Rouen 
en  1836,  sous  les  auspices  de  M.  Ed.  Frère,  par  plusieurs 
membres  de  la  Société  des  antiquaires  de  Normandie. 

Fol.  2  i-o.  Compagnones  santel,  pan  doc'h  ol  assamblet 
Pep  hiny  a  esper  contantin  e  spéret; 

(1)  Je  dois  cet  extrait  à  l'obligeance  de  M.  G.  Dottin. 


—  ;347  — 
Rac  se,  me  ho  suply  da  rein  (1)  passiantet 
Ha  ny  a  raï  mojen  (2)  ma  véet  conlantet. 
Ottronne  â  illis,  noblans  a  bourhygen, 
Gloer  iaôanc,  a  Commun,  ny  ho  ped  da  compren 
Ar  pes  a  vezo  dec'h,  hep  mar,  réprésantet. 

PEOLOG. 

An  histoar  on  deus  hoant  (3)  hirie  da  represanty 

Ebars  en  ber  langag  breman  hespliquy  (4), 

Bue  un  den  hanuet  communamant 

Robard  an  diaoul  oa  rac  bean  den  méchant. 

Er  guer  deus  a  Rouan  ebars  en  Normandy 

E  uoa  tud  dimeset  o  ren  herue  o  spy. 

Hogen  n  'o  deffoa  quet  demeus  a  vugale, 

Ma  uoant  contrislet  bras  a  balamour  [da  se]. 

Er  spas  a  bemzec  via  e  uoant  bet  [en  priadeles] 

Gant  cals  a  nehamant  hac  a  [dristidiguez] 

Palamour  n  'o  deffoa  d  'o  mado  heri[tier] 

E  uevent  [gant  tour]mant  ebars  en  [disesperj. 

Euel  se  pa  [vo]elas  an  diaul  araget 

Penos  e  uoa  an  dut  man  quen  teribl  [doagniet], 

En  em  bresantas  prest  da  laret  d  'an 

Certenamant  ne  voa  nemet  an  jen 

Neuse  ar  uroec  (5)  méchant  re  bront 
A  deuas  da  sentin  ous  an  tromper  Satan, 
Ha[c]  a  deuas  neuse  gant  gouir  res  da  laret, 
Entre  e  (6)  daou  goste  mar  boa  froes  [concevetj 
En  em  (7)  rei  d  'an  diaul  deus  a  grais  e  halon, 
Pa  na  guery  (8)  Doue  cleuet  ous  e  oreson. 

(1)  Manuscrit  re  in. 

(2)  Lej  dans  ce  manuscrit  a  souvent  la  valeur  de  i  ou  y. 

(3)  Manuscrit  goant.  Je  mets  entre  crochets  les  mots  suppléés  d'après  une 
seconde  main,  de  ce  siècle-ci,  à  ce  qu'il  me  semble. 

C4)  Il  manque  quelque  chose  probablement  devant  hespliq^ny  ;  hetpliqvy  est 
aussi  probablement  pour  hespUquin  (je  vais  l'expliquer). 

(5)  Manuscrit  iiroeeh. 

(6)  Manuscrit  et,  souvent  e  féminin,  représenté  par  et. 

(7)  Manuscrit  enen. 

(S)  L'autre  manuscrit  porte  garé. 


—  348  — 
Allas,  groec  miserab,  petra  a  heus-u  (1)  groel? 
Rac  querquent  un  neubeut  e  poa  bet  anjandret 
Eur  hrouadur  bian  formel  mat  gant  Doue 
Hac  a  teus  bet  laquet  ebars  er  sort  extremitez. 
Da  ben  an  nau  mis  cren  e  renquas  e  henel 
Gant  eur  boan  quen  teribl,  pitoiabl  a  cruel 
Que  na  uoe  eur  mis  cren  en  poan  ues  anezan, 
Na  songe  d  'ar  bed  bol  e  rencche  fmissan. 
Evel  ma  uoe  guanet  e  commancas  tempest 
[Cu]run  a  luhet  (2)  hac  un  auel  suruoest  (3), 
Ma  coeas  dam  a  'n  ty  piny  ma  voant  ennan, 
Ma  commancas  an  ol  gant  raison  da  spontan. 
Ar  bugel  a  crie  quer  cren  (4)  a  quen  horib 
Ma  voa  fasil  credin  penos  e  uige  (5)  impossib 
Vige  a  beurs  Doue  e  rage  en  tempest  se 
Nac  e  crige  (6)  ar  bugel  gant  eur  galon  qner  cren. 
Euel  an  drouc  lousou  a  hoarueas  gantan; 
Rac  quement  voa  abars  [ma  v]oa  achu  e  via 
Euel  ar  bugale  al  en  oat  (7)  a  seis  blas. 
Estonus  eo  certen  compreny  quement  man. 
Ne  rancontre  bugel  diraan  (8)  uoar  ar  rue 
Na  de  d  'o  chaquagin,  d  'o  foltrin  (9)  a  bep  tu. 
I  A]  bret  mat  e  commanc  da  exers  goal  vue 
Carguet  ues  a  valis  ha  a  vechantetez. 
Biscoas  ne  voe  er  bet  un  den  e  quer  méchant. 
Coulsgoude  en  deffoe  ar  gras  de  'n  eum  (10)  ament. 
Nen  deus  netra  imposibl  da  volonté  Doue; 
Hennés  a  ra  pep  Ira  herue  e  volontez. 
Quent  poursuy  dauantag  émeus  choant  da  houlen 

(1)  Manuscrit  heiise. 

(2)  Manuscrit  (uget, 

(3)  Manuscrit  suriwert. 

(4)  Moyen  armoricain  creff,  écrit  aujourd'hui  crenv. 

(5)  Suivant  l'orthographe  française,  le  g  suivi  d'i  et  e  a  la  valeur  de ,/  f rançait^ 

(6)  Manuscrit  ereje. 

(7)  Manuscrit  en  noat. 

(8)  Manuscrit  diran,  seconde  main  diraan, 

(9)  Seconde  ra^àn  foeltrln. 

(10)  Manuscrit  de  nevm  :  eu  =^  o  bref. 


—  349  - 
Iscus  en  gênerai  euil  an  actorien  : 
Mar  en  em  gaffent  e  nep  guis  da  uezan  troublet, 
Euit  neubeut  a  dra  na  detraclint  quel  (1). 
Chetu,  compagnones,  ar  lien  tan  a  on  acto 
A  'meus  (2|  discleriet  dech  (3)  ebars  en  ber  comso; 
Rac  se  me  ho  suply,  da  derliel  ho  silans  : 
Breman  an  acteurien  a  deuio  da  commans. 
Piac  se,  compagnones,  beset  ol  passiant 
Assuret,  mar  guellomp,  ô  po  contentament  : 
Rac  se  en  o  suplian  da  déport  (4)  un  neubeu[t]. 
Me  ya  da  laquât  eurs  ma  veso  commancet. 

Le  premier  acteur,  le  Duc  de  Normandy  et  son  gentel  homme. 

LE  DUC  parle. 

Me  a  so  Richard  duc  ebars  en  Normandy 

Hac  a  so  er  bet  man  herue  ma  fantasy. 

Me  'meus  (5)  mado  auoalh  (6)  ebars  en  ambondans, 

Capab  da  gonduin  ma  stat  a  ma  noblans, 

A  drugare  ma  Doue,  ma  hrouer  biniguet, 

A  gais  â  danjeurio  me  so  en  em  bréseruet. 

Rac  bet  on  alies  en  cals  deus  a  dengeur, 

Na  brisen  quet  ma  bue  seulement  un  diner, 

Ma  'm  boa  ^7)  oreur  meumeus  pa  songen  goude  se 

Da  dont  (8)  d  'en  em  exposin  er  sort  calamitez. 

Na  gredan  quet  e  ue  un  (9)  den  uoar  an  douar, 

En  delFe  bet  goelet  quen  lies  a  hlahar  (10). 

Me  'meus  bet  seruiget  noblans  ha  Rouannes 


(1)  Seconde   main    :    evit  neiibeiid  a  dra   n'  lio   drouc-comzet   c'imi  qvet, 
Detractint  est  probablement  une  distraction  du  copiste. 

(2)  Manuscrit  ameus. 

(3)  Manuscrit  dee. 

(4)  Manuscrit  deporet. 

(5)  Manuscrit  me  meus. 

(6)  Manuscrit  auoag, 

(7)  Manuscrit  mam  hoa. 

(8)  Manuscrit  da  dint] 

(9)  Manuscrit  an. 
(lu)  Manuscrit  hlaijar. 


-  350  — 
Rac  me  'meus  (1)  goelet  cals  deus  a  difficultez. 
Da  quentan  es  on  (2)  bet  gant  ar  roue  payan 
Pe  gant  hiny  em  eus  groet  meur  a  campagn  (3). 
Seis  bloas  es  on  (4)  bet  ebars  en  e  seruig; 
Gant  henes  me  'meus  groet  cals  deus  a  vaillantis. 
Abane  a  teuis  da  Rom  dauet  an  Ampereur, 
Ma  hon  bet  receuet  gant  respect  ba  enor. 
Me  'meus  goelet  eno  (5)  cals  a  capacitez 
Ne  'm  boa  goelet  james  en  durent  ma  bue. 
Ahane  e  teuis  d  'ar  guer  deus  a  Paris 
Da  voelet  Charlemag  (6)  carget  a  vaillantis 
Pe  heny  e  so  bet  gant  joy  bras  receuet  (7), 
Rac  besan  uoamp  tud  quer  bac  a  ur  goat  sauet. 
E  voelet  ma  vaillantis  e  uoan  terib  caret. 
An  tado  demeus  â  Frans  a  uoa  neuze  o  ren 
En  lec'h  ma  harien  mé  voa  o  habiten. 
Ouz  ma  goelet  uallant  es  on  bet  receuet 
Vnan  a  'n  douzec  tat  gant  henor  ha  respect. 
Chetu  an  dignitez  émeus  bet  receuet 
Euit  bésan  Charles  uaillamant  seruiget. 
Béan  voa  pel  amser  â  boe  (8)  ne  'm  (9)  boa  goelet 
Ar  uro  nac  ar  hanton  pe  lec'h  (10)  ma  uoan  maget, 
Ma  's  on  (11)  en  em  (12)  resoluet  euit  donnet  d  'ar  guer, 
Ma  's  on  en  em  rentet  en  neubeut  a  am[ser]. 
Breman  pan  don  ary  na  deux  (13)  den  uoar  ma  sro  (14) 
Ebars  e  nep  facson  a  gontan  ?  madeleso, 


(1)  Manuscrit  me  oneun. 

(2)  Manuscrit  cson,  seconde  main  a  hon. 

(3)  Seconde  main  campangn. 

(4)  Manuscrit  eson,  comme  partout. 

(5)  Manuscrit  heno. 

(f!)  Seconde  main  Cliarlemanrjn. 

(7)  On  attendrait  quelque  chose  comme  :  Pe  gant  heny  on  bet, 

(S)  Aujourd'hui  abaoue  dans  les  dictionnaires. 

(9)  Manuscrit  nem,  boa. 

(10)  Manuscrit  pellec'h, 

(11)  Manuscrit  ma  son. 

(12)  Manuscrit  enem. 

(13)  Seconde  main  na  nenz. 
(U)  Aujourd'hui  ma  zro. 


—  351  — 
Ma  'mes  choant  da  digue[men]  breman  ma  baronnet, 
01  noblans  ai[c'hanton]  na  (1)  voint  assamblet, 
Euit  goût  en  pe  stat  e  medy  ar  hanton, 
Hac  y  so  en  om  (2)  aquitet  en  o  vacation. 
Et-u  (3),  ma  digéntil,  da  lauaret  d  'an  noblans 
E  'meus  da  conferin  dimeus  a  importanx, 
Donet  aman  limât,  a  'm  eus  c'hoant  do  havej  t]  : 
Pa  voint  ary  aman  e  cleuin  ar  suget. 

lp:  gentil  homme. 

Otro  pa  commandet,  me  a  iello  ractal 

Da  ober  o  désir  euel  un  den  cordial  ; 

Me  a  ielo  breman  da  gafFet  an  noblans; 

Me  lauaro  deze,  hep  ober  continans, 

Donnet  bette  ennoch,  ocheus  choant  d  'o  haffel  : 

Pa  voint  arri  aman  e  cleuet  ar  suget. 

Comme  il  vont  party  par  chaque  bout  et  les  trois  barons  dehors, 
LE   GENTIL   HOME. 

Me  ho  salud,  otronne,  joa  dec'h  â  disiran, 
A  me  a  'm  eus  (4)  yués  po  (5)  guelan  er  urô  man; 
Rac  ma  homraission  uoa  monet  d  'o  quaffet  : 
Pan  doc'h  deut  o  hunan  es  on  quit  da  vonet. 

LE  1    BARON. 

Petra  eo  an  affer  en  deus  ahanomp 

Hac  a  consequanç[eo],  me  ô  pet,  leret  d'imp. 

LE   GENTIL   HOMME. 

la  â  gonsequans  :  ma  mest  an  otro  (6)  Duc 
A  so  ary  er  quer  hep  ober  quais  â  vrud, 

(1)  Probablement  ma. 

(2)  Manuscrit  eno7n. 

(3)  Manuscrit  et  n. 

(4)  Manuscrit  ameus. 

(5)  Manuscrit  y^w. 

(6)  Manuscrit  a7i  notro. 


—  352  — 

Ha  en  deus  laret  d  'in  donnet  prest  hep  dallez 
Euit  (1)  ho  supplian  da  donnet  he  vêlez. 

LE   2me   BARON. 

Pan  deo  an  otro  Duc  en  deus  d'imp  commandet 
Just  eo  a  resonnab  es  aemp  (2)  d  'e  gaffel; 
Rac,  me  esper  erfat,  en  eus  hoant  d  'or  haffet 
Abalamour  ma  's  omp  (3)  gantan  digemenet. 

LE   3n»e   BARON, 

Me  ne  differan  quet  euit  monnet  quenech  (4), 
Ha  ne  grédan  quet  em  bé  goas  euidoc'h. 
Rac  se  deut  pa  gueret,  me  so  prest  da  vonet 
Da  saludin  an  (5)  duc  pan  deo  neué  deut. 


LA  CREATION  DU  MONDE 

Le  manuscrit  dont  je  me  suis  servi  appartient  à  M.  Luzel. 
Il  a  été  écrit  en  1760  par  Claude  Le  Bihan,  de  la  paroisse  de 
Pluzunet  (6),  ancien  évêché  de  Tréguier.  Ce  mystère  est  une 
imitation  évidente  du  français,  comme  le  drame  comique 
Gtcreans  an  bys  (Création  du  monde)  (7).  M.  Luzel  en  possède 

(1)  Seconde  main  :  pour  u  en  nombre  d'endroits  m  :  eivit. 

(2)  Manuscrit  esacmp. 

(3)  Manuscrit  ma  somp, 

(4)  Manuscrit  quencc, 

(5)  Manuscrit  han. 

(6)  A  la  lin  du  2«  prologue  on  lit  :  Fin  du  premier  prologue  de  la  Création 
du  monde;  fait  par  moi  Claude  Lebihan  de  la  paroissse  de  Pluzunet  lanne 
mil  sept  cent  soixante  1760. 

(7)  L'abbé  Bernard  commet  une  erreur  des  plus  singulières  en  attribuant  la 
publication  du  drame  comique  en  186-1  à  MM.  Gilberts  et  Stokes.  Ce  drame  a 
été  publié  en  1827  avec  une  traduction  anglaise  de  John  Keigwin  par  M.  Bavies 
Gilberts.  Il  a  été  écrit  en  comique  en  1611  par  William  Jordan.  L'édition  four- 
mille d'erreurs  typographiques.  Une  bonne  édition  de  ce  drame  avec  traduction 
en  regard  et  notes  a  été  publiée  par  M.  Whitley  Stokes  en  1864,  avec  le  concours 
de  la  Philological  Society.  Sur  la  question  d'origine  du  drame  comique,  cf. 
Picot,  le  Mistère  du  vieil  Testament.  Le  mystère  français  est  de  1550.  Le  ma- 
nuscrit breton  le  plus  ancien  connu  est  le  nôtre.  A  certains  traits  orthogra- 
phiques {eff  par  exemple)  il  paraît  probable  que  c'est  une  copie  d'un  manuscrit 
de  la  première  moitié  du  XVIP  siècle. 


—  353  — 
un  autre  manuscrit  qui  paraît  à  peu  près  de  la  même  époque 
que  le  premier.  Il  en  existe  un  troisième  à  la  Bibliothèque 
Nationale  (fonds  celtique,  n°  12,  in-fol.  de  175  pages,  écrit  par 
Jean  Le  Moullec,  de  Lognivy-lès-Lannion,  en  1825).  C'est  le 
texte  de  ce  manuscrit  que  M.  l'abbé  Eug.  Bernard  a  commencé 
à  publier  dans  la  Revue  celtique,  IX,  2,  p.  149  (1). 

LE  SERPANT  {sic)  dans  Varhre  parle. 

Cleuet  aman,  itron,  chuy  a  so  puissant 

Uoar  quement  so  er  bed  dindan  ar  firmamant; 

Ne  ouzoch  quet  an  oll,  me  lar  gant  guirjonne  : 

Perac  eo  exantet  ar  uoen  a  vue? 

En  istant  ma  tepret,  chuy  a  deuy  da  bossedi 

Ebars  er  barados  a  bep  sort  matery. 

Huy  a  oufe  an  oll  zo  deit  a  da  donnet 

Euel  ma  uoar  Doue  en  deveus  o  crouet. 

Rac  se  en  deffoa  aon  na  uigeach  re  sauant 

Ha  ne  vigach  (sic)  mestres  ebars  er  firmamant. 

EVE  parle. 

Pe  a  nation  out  pa  comses  euel  se? 
Me  grel  nen  dout  quet  dimeus  a  beurs  Doue, 
Pa  fel  d  'it  e  toren  breman  ar  gourchemenn. 
Mes  caer  a  teus  presec,  ne  raen  biruiquen, 
Me  lauar  d  'it  certen,  hennés  a  so  mortel; 
A  ma  touchemp  outi  e  teufemp  da  ueruel  (2), 
A  ma  friet  Adam,  quercouls  on  bugale, 
A  boas  bezan  (3)  priuet  demeus  a  gras  Doue. 


(1)  La  traduction  a  le  tort  d'être  plus  poétique  que  le  texte,  et  présente 
même  un  certain  nombre  d'inexactitudes. 

(2)  Autre  manuscrit  Luzel  :  e  fen  mr  au   lieu  de  tevfemp  (Cf.  les  formes 
effen,  effezo  de  la  Vie  de  sainte  Barbe)  ;  vervoel  au  lieu  de  vervel. 

(3)  2«  manuscrit  Luzel,  bean. 

23 


—  354  — 

LE  SERPANT  jmrle. 

Teuet  (1),  neb  on,  Eua,  meruel  na  reet  quet, 
Me  lar  gant  guirjonne  dirazoch  (2)  assuret; 
Ac  0  priet  a  chuy  hardiamant  debret, 
Ac  engal  da  roue  ar  firmamant  e  uiet  (3) . 

EVE  parle. 

Me  lar  (4)  d  'ach  certen,  an  dra  ze  na  rin  quet; 
Doue  memeussamant  en  deus  ma  diffennet, 
A  ma  friet  a  me  en  deus  groet  promesse 
Da  vout  obéissant  bopret  d  'e  vaieste. 

LE  SERPANT  parle. 

Me  a  so  un  el  guen  (5)  en  deus  chanchet  figur 
Euit  donnet  aman  d  'o  caffet  a  dra  sur. 
Me  lar  gant  guirjonne  a  d  'ach  a  da  Adam  : 
Debret  an  aual  (6),  n  'o  peso  quet  a  ulam 
Ha  chuy  a  uo  quen  fur  goude  e  uout  debret, 
Impalaeres  en  elîa  d  'a[l]  (7)  loar  a  d  'ar  steret. 

EVE  parle. 

Me  lar  (8)  d  'ach  certen,  neussé  ne  cretten  quet 
En  em  represanty  (9)  e  presans  ma  friet 
Pehiny  a  caran  eueldon  ma  hunan 
Ac  a  'm  eus  aon  goude  na  vezemp  (10)  oll  en  poan. 

(1)  2e  manuscrit  Luzel,  Tavoet. 

(2)  Ibid.,  diraoch  :  c'est  la  forme  habituelle  dans  ce  manuscrit. 

(3)  Ibid.,  viet. 

(4)  Ihid.,  lavar. 

(5)  Ibid,,  goen,  ce  qui  représente  la  prononciation  trégoroise. 

(6)  Ibid,  recte  :  un  tam  aval. 

(7)  Ibid.,  dal  loar, 

(8)  Ibid.,  laiiar, 

(9)  Ibid.,  representin ;  les  infinitifs  y  sont  en  -in. 

(10)  Na  vezemp  est  emprunté  au  2«  manuscrit;  le  nôtre  porte  incorrectement 
'«e  vezo  oll. 


—  355  — 

LE  SERPANT  parle. 

Me  lar  (1)  d  'ach  certen,  gret  a  guère t,  Eua, 
Me  n  'o  poursuivin  (2)  quet,  ne  lerin  muy  netra, 
Nemert  o  aduantage  ;  ma  queret  ma  senty, 
Uoar  an  tron  uellan  e  hallach  comandy. 

EVE  parle. 

Uhel  en  em  caffan  lequel  uoar  ar  bed, 
Pan  don  impalaeres  da  quement  so  crouet, 
Me  so  groet  a  netra,  ac  assuret  breman 
Quement  a  so  er  bed  crouet  bette  vreman. 
Me  ne  deffot  quet  d  'in  na  squient  na  guenet  : 
Doue  a  roas  d  'in  en  eur  ma  uoen  crouet; 
Mes  bezan  uhelloch  ebars  er  firmamant 
A  goût  deut  a  da  dont,  a  ze  e  uen  contant. 

LE  SERPANT  parle. 

Neb  on,  certennamant,  n  'e  peso  blam  er  bet  (3); 
Huy  a  uo  ar  uestres  en  pales  an  Dreindet. 
Quemeret  an  aual  man  pehiny  so  exellant, 
Quesset  lot  d  'o  priet  breman  presantamant, 
Leret  d  'ezan  (4)  dibry,  ya  ne  doutet  quet  ; 
Biruiquen  euit  se,  certen,  na  ue  blamet 

EVE  prend  la  pomme  et  parle. 

Heman  a  zo  (5)  un  aual  brao,  mes  glas  eo  dreis  mesur; 
Me  a  ya  d  'e  dalïa  :  me  gret  en  deus  natur. 
Pa  'm  eus  an  taffaet  a  lequet  e  'm  gueno. 
Me  ques  lot  da  'm  priet  :  couls  a  me  e  tebro. 


(1)  2«  manuscrit  Luzel,  lauar. 

(2)  D'après  le  2«  manuscrit  ;  le  nôtre,  à  ce  mot,  est  illisible. 

(3)  2«  manuscrit  Luzel,  a  bet. 
(-1)  Ibid.,  dean. 

(5)  Jbid.,  so. 


-  356  — 

LA  TRAGÉDIE  DE  SAINT  ALEXIS 

On  lit  à  la  fin  du  manuscrit  qui  m'a  été  communiqué  par  l'abbé 
Buléon  :  «  Tragédie  de  saint  Alexis,  traduit  du  français  en 
breton  :  noms  des  acteurs  :  Honorius  empereur  romen;  Ephumien 
père  de  saint  Alexis;  Olimpie  fille  du  roy  Honorius;  Alexis  fils 
de  Ephumien;  deux  ange;  Virgine  servant  de  Olimpi;  Lucelle 
servant  de  Olimpi;  Agles  mère  de  saint  Alexis;  les  trois  pauvres; 
Eleilophon  pauvre  ;  Alcipe,  pauvres  ;  Megiste  pauvres  ;  Policen 
valet  d'Onorius;  Polidar  idem;  les  quatre  vallet  du  prince 
Ephumien  :  Sozi  S.,  la  Fleur  S.,  la  RozeS.,  le  Veille  (1)  S.,  Jean 
le  Boleis  laboureur  demeurant  au  bourb  de  Plescop  ce  jour 
dix-neuf  may  mil  sept  cent  quatrevin  dix-neuf.  Cette  pièce  a  été 
représenté  en  1799.  J.  Cohic  étoit  empereur;  J.  l'ofiîcial,  Ephu- 
mien; François  le  Galiot,  saint  Alexis;  J.  Guyodo  étoit  Olimpie 
fille  de  l'empereur.  »  La  pièce  est  en  quatre  actes,  chacun  fort 
court.  La  source  française  de  ce  mystère  ne  m'est  pas  connue. 
Le  mystère  breton  est  très  difierent  du  miracle  de  saint  Alexis 
des  miracles  deNostre  Dame,  t.  III,  p.  282  (Société  des  anciens 
textes  français).  M.  Petit  de  Julleville  signale  un  mystère  de 
saint  Alexis,  aujourd'hui  perdu,  représenté  à  Metz  en  1498  {Les 
Mystères,  II,  p.  628). 

PROLOGUE. 

Quittay[t],  ol  Crechenion,  hou  tanceu  melegett, 
Quittay[t]  er  sonnerion  el  tud  e[s]communiet; 
Quittay[t]  en  tavarneu  hag  en  ivraignerah, 
Mamen  a  zebauche  hag  a  baillardegah. 
Mar  doh  fidel  de  Zoue  ha  d  'ur  mam  en  ylis, 
Tostay[t]  de  cheluett  buhe  sant  Alexis 
Pehany  ou  tescou  de  zisprissen  er  bett 
Ha  de  vihuin  erhad  aveit  bezou[t]  salvet. 

(1)  Pour  L'Éveillé. 


—  357  — 

Prestet  d  'emb,  m  'ou  suppïi,  ur  moment  a  sillance 
Hag  a  baliantet,  car  e  hamb  de  gomance. 

EPHUMIEN,   HONORIUS. 

Ephumien  à  genoux  devant  Honoriug  : 

Bonjour,  Honorius,  azéet  ar  hou  tron 

Ur  grès  e  houlennan  guennoch  a  graizic  me  halon. 


Goulen,  Ephumien,  quementtra  zesireih, 

Me  rei  d  'it,  fé  a  roué,  er  pèh  a  oulleinech. 

Me  ouer  petra  hess  groeit  aveit  me  ranteleah  ; 

Me  ouer  e  hous  caret  guet  er  bobl  a  viscoah. 

Te  hès  dre  ha  gourage  ha  dre  ha  gonseilleu 

Lièss  dihuennet  Romm  e  creis  er  brezélieu. 

Quemer  ha  volante  a  me  oll  provinceu; 

Command  de  'm  oll  brincet  ag  e  'm  palézieu; 

Quemer  memb,  mar  caress,  e  'm  léeh  en  hanûe  (1)  a  Roué, 

Car  te  hess  groeit  eit  onn,  me  rei  eit  ous  eue. 


Sir,  ne  'mes  groeit  nitra  na  zélienn  gober, 

Ne  'mes  groeit  meit  me  hargue,  ell  ma  hoe  men  devèr; 

Ur  serviteur  fidèl  zou  caret  guet  e  roué 

E  ell  a  galon  vad  er  chervège  nos  ha  dé 

Hemb  boud  inn  gorto  a  recompance  er  bet 

Meit  enn  inour  a  vout  caret  hac  estimet; 

Ur  grèss  e  ouUennan  deguet  hou  majesté. 

Non  pas  hous  hanue  royal,  non  pas  hou  tignité. 

Nen  de  quet  unn  dra  vras  er  peh  e  ouUennan, 

Mess  er  goalenn  guet  ur  roue  e  crenann  : 

Mè  oulenn  deguenoh  :  ha,  prince,  ha  me  gredou? 

HONORIUS. 

Goulennet  hardeh  mat  ha  me  hou  cheleuou . 

(1)  Aujourd'hui  hanhue  =  hano  des  autres  dialectes;  le  iie  ou  hnc  indique  la 
spirante  v  avec  coloration  û. 


—  358  — 


EPHUMIEN. 


Prince,  me  zou  déjà  forh  avancet  ènn  oèet, 

Ne  'mes  a  oll  lengné  meit  ur  mab  a  me  goet, 

Ne  'mes  meit  Alexis  e  'm  es  bet  deguet  Doué 

Hag  e  offran  aménn  d  'ou  royal  majesté 

Aveit  hou  chervigein  guet  guir  fidélité 

Hag  impléïen  eït-oh  é  vadeu  ha  buhé. 

Mes,  me  mestre,  m  'ou  ped,  aveit  bou  (1)  chervéget 

Guet  me  mab  Alexis  ér  guis  ma  véritet, 

Reit  ur  priet  dehou  enn  ou  paies  royall, 

Rac  eeunn  e  'm  es  mar  da  d  'ur  ranteléah  arall. 


Piûe  (2)  e  faut  d  'Alexis  enn  devout  de  briet? 
Conzet,  Ephumien,  prest  on  de  cheleuet. 


Nen  de  quet  Alexis  enn  des  ean  goulennet, 
Na  discoeit  enn  dès  houant  de  vout  aliancet, 
Mes  mé  :  me  garehé  ma  vehé  diméett 
A  causs  ma  choméhé  de  'm  chervégein  perpet. 

HONORIUS. 

Piûe  (3)  e  oulennet-ui  ag  enn  dammezelett 
Péré  zou  é  'm  paies  aveit  bout  hou  merhec? 


Ah  !  me  mestre,  ré  hardèh  é  onn  bett, 

Me  uéel  doh  hou  visage  pénaus  e  hoh  fachet. 


Ah!  nen  donn  quet  fachet  a  dra  sur,  me  mignon, 
Rac  me  zou  cousantable  a  greizic  me  halon; 

(1)  =  bout;  il  ne  faudrait  pas  croire  que  ce  soit  une  omission  du  scribe. 

(2)  Plue  =  ^;m)k  des  autres  dialectes. 

(3)  Manuscrit  ^/ewe. 


-  359  — 

Mes  red  e  ou  quetan  prédec  doh  Olimpi  (i), 
Car,  eït  onn  mé,  ne  reign  nétra  enep  dehi. 
Olimpi,  deit  amenn,  chetui  Ephumien 
Hac  e  offre  é  vab  d  'oh  aveit  bezou  hou  léenn. 
Ur  prince  a  fœconn  é,  mar  e  mes  hanauet. 
Mar  doh  abill  ha  fur,  ne  refusehet  quel. 


Prince,  me  zou  contant  ag  er  péh  e  garehet. 
Guell  é  gueneign  chomme  hemb  dimeign  perpet; 
Guell  é  gueneign  biueing  guet  ur  guir  aboissance; 
Prest  caer  onn  de  bleguein,  pe  gonzou  hou  puissance, 
Aveit  hunn  angagein  dré  er  brehiedereah 
Ma  ne  bromettet  d  'in  perpet  hou  madeleah. 

HONORIUS. 

Ne  de  quet,  OUmpi,  ne  de  quet  dré  zougeance 
E  fall  deign  hou  contraigne  de  obér  aliance. 
Mes  mé  gare  Alexis  ell  unn  dénn  a  galon 
Ha  ne  gavan  meit  oh  zou  capable  aveiton. 

OLIMPI. 

Prince,  penn  doh  contant,  penn  dé  hou  volante, 
Me  guemer  Alexis  dré  ur  guir  garante, 
Ha  James  ne  vanquein  bet  enn  ér  déuehan 
A  raign  mercheu  dehon  penos  en  e  haran. 


CONCLUSION. 


Compaignonah  dévot,  amen  e  fenissam 
Herue  meidi  scriuet  (2)  buhe  sant  Alexis  ; 
Mes  ni  a  ouer  lies  un  nés  manquet 
A  faut  de  vout  bet  desquet  hac  instruget  asses. 

(1)  Il  y  a  une  lacune  d'après  ce  passage,  Ephumien  a  dû  ajouter  quelque  chose. 

(2)  Manuscrit  meit  crivet. 


—  360  — 
Mes  compaignonah,  e  hemb  sur  deracoh; 
Me  oulen  iscus  a  pardon  deguenoh. 
A  ben  blé  guet  secour  Doué,  mar  bem  ol  e  buhé, 
Ni  a  représanlou  un  tragedi  are, 
Ha  ni  e  lacaï  poen  de  studiat  abred 
Aveit  laret  d  'oh  mad,  ma  det  de  cbeleuet. 
Ni  ou  trugairica,  el  ma  homb  obliget, 
Hou  poud  tardet  amen  aveit  hun  cbeleuet. 
Adieu,  mem  breder  peur,  adieu,  me  hoerezet, 
Pedet  Doué  aveitomp  bac  e  vam  beneget. 


XIX«   SIECLE 


La  littérature  bretonne  au  XIX*  siècle  est  plus  originale 
qu'au  XVIIP.  La  poésie  présente  bon  nombre  d'œuvres  intéres- 
santes, par  exemple  :  Telen  Arvor  de  Brizeux.  Bombard 
Kerne  de  Prosper  Preux,  Bepred  Breizad  de  Luzel,  Levr  el 
labourer  de  l'abbé  Guillôme,  le  recueil  Blewiiou  Breiz,  etc.  (1). 
Mais  le  véritable  titre  littéraire  de  la  Bretagne,  c'est  sa  mer- 
veilleuse collection,  de  jour  en  jour  plus  considérable,  de  légendes 
et  de  chants  populaires  (2). 


(1)  Voir  pour  les  productions  bretonnes,  la  traduction  de  la  Bible  de  liC 
Gonidec,  revue  par  Troude  et  Milin,  introduction,  p.  XXVI  ;  BihliograjjMe  des 
traditions  et  de  la  littérature ])opulaire  de  la  Bretagne,  par  H.  Gaidoz  et  Paul 
Sébillot. 

(2)  Souvestre,  dans  ses  Derniers  Bretons,  a  popularisé  ces  légendes  en  France 
sous  une  forme  littéraire.  On  les  trouve  sous  leur  forme  sincère  dans  les  œuvres 
de  Luzel  surtout  {Légendes  chrétiennes  de  Basse- Bretagne,  2  vol.;  Contes  po- 
pulaires de  la  Basse-Bretagne,  3  vol.,  Paris,  Maisonneuve).  Le  recueil  de  chants 
populaires  le  plus  important  est  aussi  son  recueil  Gn-erziou  Breiz-izel,  2  vol . 
in-Ko,  Lorient,  Corfmat,  1868.  Le  célèbre  recueil  de  M.  de  la  Villemarqué,  Barzas- 
Breiz,  ne  peut  être  considéré  comme  un  recueil  de  chants  populaires.  Ces  chants 
se  partagent  en  trois  catégories  :  les  chants  inventés  où  à  peu  près  (je  ne  dis 
pas  par  M.  de  la  Villemarqué),  les  chants  démarqués,  les  chants  arrangés.  Parmi 
les  premiers  on  peut  citer  les  Séries  en  grande  partie,  le  Tribut  de  Noménoé, 
la  Marche  d'Arthur,  le  Vin  des  Gaulois,  la  Prophétie  de  Gwenc'hlan,  Merlin, 
Les-Breiz  en  grande  partie,  Alain  le  Renard,  Héloïse  et  Abailard,  Jeanne  la 
Flamme,  la  Bataille  des  Trente,  le  Combat  de  Saint-Cast.  Les  chants  dits  histo- 


—  361  — 

La  langue,  en  revanche,  est  à  très  peu  de  chose  près  celle  du 
XVIIP  siècle.  L'orthographe  seule  s'est  modifiée.  L'orthographe 
en  usage  est  généralement  celle  de  Le  Gonidec(l),  assez  souvent 
avec  de  légères  modifications.  La  réforme  de  Le  Gonidec  date  de 
1807,  année  de  l'apparition  de  sa  Gymmynaire  celto-bretonne 
(Paris,  Le  Bour,  1807,  in-8'').  Elle  consiste  principalement  dans 
l'emploi  de  k,  g  pour  les  gutturales,  quelle  que  soit  la  voyelle 
qui  suit,  de  ch  pour  la  spirante  gutturale  sourde,  de  n  pour 
indiquer  une  voyelle  nasalisée,  de  n  :=  gn  français,  l  pour  l 
mouillée;  les  autres  lettres  ont  la  valeur  française;  les  voyelles 
longues  sont  surmontées  d'un  circonflexe;  e,  é,  è,  ii  ont  la 
même  valeur  qu'en  français;  ô  représente  o  fermé;  o,  o  ouvert. 
Les  livres  en  dialecte  de  Vannes,  le  plus  souvent,  suivent  l'an- 
cienne orthographe  française.  Pour  donner  une  idée  nette  de 
l'orthographe  de  Le  Gonidec,  je  reproduis  la  parabole  de  VEn- 
fant  prodigue,  extraite  de  sa  traduction  de  la  Bible,  revue  par 


riques  rentrent  tous  à  peu  près  dans  la  seconde  catégorie  ;  le  procédé  est  des 
plus  simples  :  au  lieu  de  soldat  vovis  mettez  croisé,  et  au  lieu  d'un  chant  du 
XIX"  siècle  vous  en  avez  un  de  l'époque  des  croisades.  Les  chants  d'amour  et 
les  ballades  ont,  en  général,  un  fonds  populaire,  mais  ont  tous  subi  dans  la 
langue  au  moins,  quelque  modification  (Voir  sur  la  bibliographie  de  la  question 
de  l'authenticité  du  Barzas-Breiz,  la  BiograpMe  des  traditions  et  de  la 
littérature  populaire  de  la  Basse-Bretagne,  par  H.  Gaidoz  et  Paul  Sébillot, 
de  la  p.  306  à  la  p.  309).  On  doit  dire  à  la  décharge  de  M.  de  la  Villemarqué 
qu'à  l'époque  où  son  recueil  a  paru,  personne  ne  songeait  à  trouver  mauvais 
qu'on  arrangeât  les  chants  populaires.  L'auteur  y  était  d'autant  plus  disposé 
qu'il  regardait  les  chants  bretons  comme  un  héritage  des  bardes,  et  que  pour 
lui,  en  les  débarrassant  de  leurs  scories,  il  faisait  reparaître,  dans  la  mesure  du 
possible,  leur  physionomie  primitive.  On  ne  peut  que  regretter  que  M.  de  la 
V^illemarqué,  qui  semble  avoir  renoncé  à  soutenir  l'authenticité  de  son  œuvre, 
laisse  ses  meilleurs  amis  le  compromettre  avec  eux-mêmes  dans  une  défense 
impossible.  M.  de  la  Villemarqué  songerait,  dit-on,  à  une  édition  sincère  du 
Barzas-Breiz.  Il  y  a  dans  ce  recueil,  malgré  tout,  bon  nombre  de  chants  re- 
marquables, qui  n'ont  pas  été  profondément  remaniés.  M.  de  la  Villemarqué  a 
rendu  beaucoup  de  services  à  la  Bretagne  par  la  publication  des  textes  en 
moyen  breton,  par  son  zèle  toujours  en  éveil  pour  les  études  celtiques,  par  son 
ardent  patriotisme.  Il  servirait  la  cause  de  son  pays  et  la  sienne  en  même  temps 
par  une  pareille  publication,  si  toutefois  elle  est  possible;  ce  serait  plus  qu'un 
titre  littéraire,  ce  serait  un  acte  d'héroïsme. 

(1)  Né  au  Conquet,  près  Brest,  en  1775,  mort  à  Paris  en  1838.  Voir  sur  sa  vie 
et  ses  œuvres,  Levot,  Biographie  bretonne. 


—  362  — 
Troude  et  Milin  (Saint-Brieuc,  Prudhomme,  1868).  Il  existe  une 
traduction  de  la  même  parabole  par  Le  Gonidec,  conservée  dans 
le  tome  II  de  Y  Académie  celtique  (1808).  Pour  donner  une 
idée  des  variations  dialectales  si  importantes  de  la  langue  parlée 
en  Bretagne,  je  transcris  cette  parabole,  en  me  tenant  aussi  près 
que  possible  du  texte  de  Le  Gonidec,  dans  les  différents  dialectes 
et  sous-dialectes.  La  langue  bretonne  littéraire  est  toujours  un 
peu  composite;  il  est  très  rare  qu'un  auteur  ne  mélange  pas  dans 
une  certaine  mesure  les  formes  appartenant  à  des  dialectes  diffé- 
rents. De  plus,  il  y  a  pour  chaque  dialecte  un  type  convenu  ; 
pour  les  livres  en  dialecte  de  Vannes,  par  exemple,  la  langue 
employée  est  surtout  celle  des  environs  immédiats  de  Vannes. 
Elle  est  fort  différente  du  vannetais  parlé  entre  Scorff  et  Elle.  Le 
léonard  écrit  ne  représente  exactement  la  langue  d'aucun  en- 
droit du  pays  de  Léon.  Si  incomplète  qu'elle  soit  forcément,  cette 
revue  des  dialectes  m'a  paru  plus  utile  que  des  extraits  qui 
n'apprendraient  désormais  rien  d'important  au  lecteur  sur  l'his- 
toire de  la  langue.  Je  laisse  à  la  transcription  de  Le  Gonidec  et 
à  celle  de  Le  Brigant  leur  orthographe.  Pour  les  autres,  j'adopte 
dans  ses  traits  principaux  l'orthographe  de  Le  Gonidec,  en  indi- 
quant en  note  la  valeur  phonétique  exacte  du  signe  orthogra- 
phique, lorsqu'il  y  a  lieu.  Je  rappelle  que  e,  è,  è  ont  la  même 
valeur  qu'en  français,  gn  également;  s  =  ch  français;  -  sur  la 
voyelle  indique  un  son  légèrement  nasal  :  an  =  ân-n;  —  sur 
voyelle  et  consonne  indique  la  nasale  française  :  an,  m  =  an, 
in  français;  u  en  italique,  indique  il  consonne  auquel  dans 
certains  dialectes  répond  i€  ou  o,  suivant  les  cas  ;  ow  =  aou  ; 
an  =  à  peu  près  aon  français.  Lorsqu'une  voyelle  longue 
est  accompagné  d'un  son  nasal  très  faible,  j'exprime  la  nasale 
par  un  petit  n  :  rîn  (je  ferai).  On  remarquera  souvent  une  cer- 
taine variation  dans  l'orthographe  des  finales  ;  elles  ne  me  sont 
pas  attribuables.  J'ai  tout  écrit  sous  la  dictée,  moins  les  versions 
en  haut  vannetais,  qui  m'ont  été  communiquées  par  écrit. 
L'accent  tonique  est  partout  le  plus  souvent  sur  la  pénultième. 


-  363  - 
excepté  dans  le  dialecte  de  Vannes,  où  il  est  le  plus  souvent  sur 
la  dernière.  En  bas  vannetais  toutefois,  il  est  plus  flottant  et 
assez  faible  (Voir  Revue  celtique,  t.  VII,  p.  171).  En  haute 
CornouailleSj  il  est  sur  la  pénultième  ou  l'antépénultième. 

Dialecte  de  Léon  (Bro  Léon). 

(Extrait  de  la  traduction  de  la  Bible  de  Le  Gonidec,  revue  par  Troude  et  Milin. 
Saint-Brieuc,  Prud'homme,  1868,  t.  II,  p.  458,  évangile  selon  saint  Luc,  XV)  (1). 

11.  Eunn  dén  en  doa  daou  vâb. 

12.  Hag  ar  iaouanka  anézhô  a  lavaraz  d  'hé  dâd  :  va  zâd,  rô  d  'in  al 

lôden  zanvez  a  zigouez  d  'in;   hag  hén  a  rannaz  hé  zanvez 
gant-hô  (2). 

13.  Hag  eunn  nébeùd  dervésiou  goudé,  ar  mâb  iaouanka,  ô  véza 
dastumet  kémend  en  doa,  en  em  lékéaz  enn  hent  évit  mond  étrézég 
eur  vrô  bell-meurbéd,  hag  éno  é  tispinaz  hé  zanvez  ô  véva 
gant  gadélez. 

14.  Ha  pa  en  doé  dispignet  kémend  en  doa,  é  c'hoarvézaz  eunn 

naounégez  vraz  er  vrô-zé,  hag  é  teûaz  da  ézommékaat. 

15.  Kuid  éz  éaz  éta  hag  en  em  lakaad  a  réaz  é  gôpr  gand  eunn  dén 
eûz  ar  vrô.  Hag  hé-man  hen  kassaz  enn  eunn  li  d  'ézhan  war 
ar  méaz,  évit  mésa  ar  môc'h. 

16.  C'hoantéed  en  divijé  leunia  hé  gof  gand  ar  c'hlosou  a  zébré  ar 
môc'h   :  ha  dén  na  rôé  d  'ézhan. 

17.  Hôgen,  ô  véza  distrôed  enn-han  hé-unan,  é  lavaraz  :  a  béd 
gôpraer  zô  é  ti  va  zâd  hag  en  deûz  bara  é  leiz,  ha  mé  a  varv 
aman  gand  ann  naoun? 

18.  Sével  a  rinn  hac  éz  inn  étrézé  va  zâd,  hag  é  livirinn  d  'ézhan  :  va 

zâd ,  péc'héd  em  eûz  a-éneb  ann  énv,  hag  enn  da  énep. 

19.  N  'ounn  két  talvoudek  pelloc'h  da  véza  galved  da  vâb  :  va  digémer 

ével  unan  eûz  da  c'hôpraerien. 


(1)  On  trouvera  dans  le  t.  II,  p.  118,  des  Mémoires  de  V Académie  celtique, 
une  traduction  de  la  même  parabole  faite  par  Le  Gonidec  en  1808.  La  traduc- 
tion de  la  Bible  de  Le  Gonidec  est  loin  d'être  un  chef-d'œuvre  ;  elle  abonde  en 
tournures  et  en  expressions  peu  bretonnes. 

(2)  Cette  tournure  n'est  pas  bretonne  :  on  attendrait  étrézo. 


—  364  — 

20.  Hag  é  savaz  hag  é  teûaz  étrézég  hé  dâd.  Hôgen  pa  édô  c'hoaz 
pell,  hé  dâd  hen  g^vélaz,  hag  en  doé  Iruez  out-han;  hag  ô  tirédek 
é  lammaz  d  'hé  c'houzouk,  hag  é  pokaz  d  'ézhan. 

21.  Hag  hé  vab  a  lavaraz  d  'ézhan  :  va  zâd,  péc'héd  em  eûz  a-éneb 

ann  énv  hag  enn  da  énep;  n  'ounn  két  talvoudek  pelloc'h  da 
véza  galved  da  vâb. 

22.  Hôgen  ann  tâd  a  lavaraz  d  'hé  vévellou  :  digasit  buan  hé  zaé 
genta  ha  gwiskit  hi  d  'ézhan  ha  Hkid  eur  walen  ouc'h  hé  viz,  ha 
boutou  enn  hé  dreid. 

23.  Digasid  ivé  al  leûé  lard,  ha  lazit-hén;  débromp  ha  gréomb 
banvez. 

24.  Râg  ar  mâb  man  d  'in  a  ioa  marô  hag  eo  asbévet;  dianked  oa  hag 

60  askavet.  Hag  en  em  lakaad  a  réjond  da  ober  banvez. 

25.  Hôgen  hé  vap  héna  a  ioa  er  park  ;  ha  pa  zistrôaz  ha  pa  dôstaaz 

ouc  h  ann  ti,  é  klevaz  ar  c'hân  hag  ar  c'horol. 

26.  Hag  é  c'halvaz  unan  eùz  ar  vévellou  hag  é  c'houlennaz  pétra 
é  oa  kément-sé. 

27.  Hag  hé-man  a  lavaraz  d  'ézhan  :  da  vreur  a  zô  deûet  ha  da  dâd  en 

deûz  lazed  al  leûé  lard,  ô  véza  ma-z-eo  distrôed  iac'h. 

28.  War  gément-sé  é  savaz  droug  enn-han,  ha  na  fellé  kéd  d 'ézhaii 

mond  ébarz.  Hôgen  hé  dâd  ô  véza  éad  er  méaz  en  em  lékéaz 
d  'he  bidi. 

29.  Hag  hé-man  a  respountaz  hag  a  lavaraz  d  'hé  dâd  :  «  Chetu  meur 

a  vlôaz  zô  aba  émounn  dindân  da  c'hourhemennou,  ha  biskoaz 
n  'ounn  tréménet  dreist  hini  anézhô  ;  ha  biskoaz  n  'ec'h  euz  roêd 
eur  c'havrik  d  'in  évid  ôber  banvez  gant  va  minouned. 

30.  Hôgen  kerkent  ha  ma  eo  deûed  ar  mâb  maïï  d  'id,  péhini 
en  deûz  débret  hé  zanvez  gant  merc'hed,  éc'h  eûz  lazed  évit- 
han  al  leûé  lard. 

31..  Hag  ann  tâd  a  lavaraz  d  'ézharî  :  va  mâb ,  té  a  zô  bépréd  ganén 

ha  kémend  em  eûz  a  zô  d  'id. 
32.  Hôgen  réd  é  oa  ôber  banvez  hag  en  em  laouénaat,  râg  ar  breur- 

man  d  'id  a  ioa  marô  hag  eo  asbévet  ;   dianked  é  oa   hag  eo 

askavet. 


—  365  — 
Dialecte  de  Léon  (Landerneau). 

dl.  Eun  dén  en  dwa  daou  vàb. 

12.  Hag  ar  iawânka  anézo  a  lavaras  d  'é  dâd  :  va  zâd,  rô  d  'in  al  lôden 

zanvez  a  zig^véz  d  'in,  hag  en  a  rannaz  é  zanvez  elrézont. 

13.  Hag  eunn  nébeûd  dervéziou  goudé,  ar  màb  iawânka,  goudé  béa 
dasturaet  kéménd  en  dwa,  en  em  Iakéaz  en  hënt  évid  mond 
étrézég  eur  vrô  bèll-meurbéd,  hag  éno  é  zispignas  é  zanvez  ô 
véva  en  dizurz. 

14.  Ha  pa  'n  dwa  dispignet  kémênd  en  dwa,  é  c'hwarvézaz  eun  nao- 
unégèz  vrâz  e  'r  vrô-zé,  ag  é  kwézaz  en  ézom. 

15.  Mond  a  réaz  kuit  éta  ag  en  em  lakaad  a  réaz  é  comânnad  (1) 

gand  eun  dén  eûz  ar  vrô,  hag  éman  a  gasaz  anéâû  en  eun  ti 
d  'ézân  war  ar  méaz,  évit  diwal  ar  môc'h. 

16.  C'hwantéed  en  di\àjé  leunia  é  gôf  gand  ar  c'hlosou  a  zébré  ar 
môc'h,  ha  dén  na  rôé  d  'ézân. 

17.  Hôgen  ô  véza  distrôed  enn-ân  é  hunan,  é  lavaraz  :  nag  a  vévèHen 

a  zô  é  ti  va  zâd  hag  o  deûz  bara  a  leis,  ha  mé  a  varv  aman  gand 
ann  naoun  ? 

18.  Sével  a  rinn,  ag  éz  inn  étrézé  va  zâd,  ag  é  livirinn  d  'ézân  :  va  zâd, 

péc'héd  em  eûz  a  éneb  ann  ehv  ag  en  da  énep  ; 

19.  N  'ounn  ket  dinn  da  véza  galvet  da  vâb  :  digémèr  ac'hanôn  vèl 

unan  euz  da  vévèlien. 

20.  A  sével  a  rèz  a  mond  a  rèz  étrézég  é  dâd.  Hogen  pa  védo  c'hwas 

pèl,  é  dâd  en  gwélaz  ag  an  dwa  truéz  dioc'hountân.  Dirédek  a  réaz 
ag  é  lammaz  d  'é  c'houzoug,  ag  é  pokaz  d  'ézân. 

21.  Hag  é  vâb  a  lavaraz  d  'ézân  :  va  zâd,  péc'héd  em  eûz  a  éneb  an 
ëïlvag  enn  da  énep;  n  'oun  két  din  péloc'h  davéza  galvet  davâb. 

22.  Hogen  an  tàd  a  lavaraz  d 'é  vévèlien  :  digasit  buan  é  zaé  genta,  ha 

gwiskit  i  d 'ézân  ha  lakit  eur  walen  ouc'h  é  vîz  a  boutou  en  é  dreid. 

23.  Digasid  ivé  al  leûé  lard  a  lazit  anéan;  débromp  a  gréomb  bombans. 

24.  Rag  ar  mâb  mân  d 'in  a  ioa  marô  a  setu  lien  deud  da  véô;  kolled  é 

wa  ha  sétu  heïi  kavet.  Hag  en  em  lakaad  a  réjond  d'ober  bombans. 

(1)  Plus  souvent  :  Obèr  a  réaz  Iwmmânad. 


—  366  — 

25.  Hogen  é  vap  éna  a  ioa  é  'r  park  ;  ha  pa  zistrôaz  a  pa  dostaaz  ouc'h 

an  ti,  é  klévaz  ar  c'hân  ag  ar  c'horol. 

26.  Hag  e  c  havaz  unan  eûz  ar  mévèlien  ag  é  c'houlennaz  pétra  é  wa 

kément  se. 

27.  Hag  émân  a  lavaraz  d  'ézan  :  da  vreûr  a  zô  deûet  ha  da  dâd  en 
deûz  lazed  al  leûé  lard,  abalamour  ma  'z  èo  distrôet. 

28.  War  gément-sé  é  savaz  drouc  énân,  ha  na  fellé  kéd  d 'ézân  mond 

ébarz.  Hogen  é  dâd  ô  véza  éed  é  'r  méaz,  en  ém  lakéaz  d  'é  bédi. 

29.  Hag  emân  a  respountaz  ag  a  lavaraz  d  'é  dâd  :  «  Sétu  meuravloaz 

zô  abawé  moun  dindàn  da  c'hourc'hémennou,  ha  biskwaz  n  'oun 
tréménet  dreist  hini  anézo;  ha  biskwaz  na  t  'eûz  rôed  eur 
c'havrik  d  'in  évid  ober  banvez  gand  va  mignôned. 

30.  Hogen  kerkent  a  m  'éo  deûed  ar  mâh  mân  d  'id  péhini  en  deûz 

débret  é  zanvez  gant  gisti  a  t 'eûz  lazed  évitâïï  al  leûé  lard. 

31 .  Hag  an  tàd  a  lavaraz  d'ézSïi  :  va  mâb,  té  a  zô  atao  ganinn  ha  kémend 

em  eûz  a  zô  d  'il. 

32.  Hogen  réd  é  wa  ober  banvez  hag  en  em  lawénaat,  rag  ar  breûr 

màn  d  'it  a  ioa  marô  ha  setu  heh  deûet  da  véo,  koUed  é  wa  ha 
sétu  hen  kavet. 

(Transcrit  par  M.  DiQUÉLOU,  de  Landemean). 


Dialecte  de  Tréguier  (Trèger). 

Parabole  de  V Enfant  jJTodigne,  traduite  en  breton,  dans  le  dialecte  de  Tré- 
guier ou  des  Côtes-du-Nord,  par  feu  M.  Le  Brigant,  revue  et  corrigée  pour 
l'orthographe  par  M.  Le  Gonidcc,  Mémoires  de  V Académie  celtique,  II,  1808, 
p.  127. 

11.  Eunn  dén  an  éfoa  daou  vab. 

12.  Hag  ar  iaouankan  anee  a  laras  d  'hé  dâd  :  ma  zâd,  reid  d  'in  al 

lôden  mado  a  deu  d  'in.  Hag  hô  rannas. 

13.  Ha  nébeut  goudé,  ar  mab  iaouaïïkan,  gand  hé  hoU  dreo,  en  eun 

lakaaz  enn  hend  évid  eur  vrô  bell,  hag  éno  a  debraz  hé  vado  ô 
vévah  gant  gadélez. 

14.  Ha  p'an  éfoé  dispinet  an  holl,  a  c'hoarvéaz  eunn  naonéges  vrâz  er 

vrô-zéj  hag  a  deuas  da  gaoud  ézomm. 


—  367  — 

15.  Hag  a  aas  kuit,  hag  en  eun  lakaaz  é  gôpr  gand  eunn  dén  euz  ar 

vrô.  Hag  hé-man  hen  kasaz  enn  eunn  ti  d 'éhan  war  ar  mez  da 
vésan  ar  moc'h. 

16.  Hag  an  éfoa  c'hoand  da  gargaâ  hé  gôv  euz  ar  plusg  a  debré  ar 

môc'h  :  ha  dén  na  rôé  d  'éhan. 

17.  Hôgen  ô  tistrôi  d  'éhan  hé-unan  a  laras  :  nag  a  dud  a  zù  enn  ti 

ma  zâd  an  eus  bara  ar  péz  a  géront  hag  amarî  a  varvann  gaïïd 
ann  naon. 

18.  Sével  a  rinn,  hag  a  inn  d  'am  zàd,  hag  a  larinn  d  'éhan  :  ma  zâd, 

pec'hed  em  euz  ouz  ann  énv  ha  dirag  hoc'h. 

19.  N  'oun  kén  talvoudek  da  véaïï  hanved  hô  màb,  léked  anon  ével 

unan  a  hô  mévello. 

20.  Hag  ô  séuel  a  deuas  d'hé  dâd.  Hôgen  pa  voa  pell  c'hoaz,  hé  dâd 

a  wélaz  anézhan,  hag  an  éfoé  trué  out-haîl,  hag  ô  tirédek  a 
lammas  d  'hé  c'houk,  hag  a  pokas  d  'éhaiï. 

21.  Hag  hé  vab  a  laras  d  'éhan  :  ma  zâd,  pec'hed  am  euz  ouz  ann  énv 

ha  dirag-hoc'h  :  n  'onn  kén  talvoudek  da  véan  hanved  hô  mâb. 

22.  Hôgen  ann  tâd  a  laras  d'hé  vévello  :  digaset  buhan  hé  zé  gentan, 

hag  hé  gwisked  d  'éhaîî  Ija  léked  eur  walen  war  hé  vîz,  ha  boto 
énn  hé  dreid. 

23.  Digased  ivé  al  loué  lard,  ha  lac'het-han;  débrombha  gréomb  fést. 

24.  Rag  ar  mâb  man  d  'in  a  voa  marv,  hag  é  adbévet  :  dianked  é  voa, 

hag  é  adkavet;  hag  a  éjond  da  ôber  fést. 

25.  Hôgen  hé  vâp  hénan  a  voa  er  park  :  ha  pa  deué  hag  a  tôstéé  d'ann 

ti,  a  glevaz  ar  c'hân  hag  ann  dans. 

26.  Hag  a  c'halvaz  unan  euz  ar  vévello,  hag  a  c'houllas  pé  tra  a  voa  zé. 

27.  Hag  hé-man  a  laras  d'éhah  :  deud  é  hô  preur  hag  an  euz  groed 

hô  tâd  lac'han  al  loué  lard,  dré  an  abek  ma  é  distrôed  iac'h. 

28.  War  gément-sé  a  c'hlazaz  ha  na  deurvéé  két  mond  ébarz.  Hôgen 

hé  dâd  éed  er  mez  en  eun  lakaas  d  'hé  bédin. 

29.  Hag  hé-man  a  laras  d  'hé  dâd  :  chétu  kémend  a  vlaio  a  zô  oun 

dindan  hô  kourc'hémenno,  ha  biskoas  n'onn  tréméned  dreist  hini 
anee;  ha  biskoas  n  'hoc'h  eus  rôed  d  'in  eur  c'havrik,  évid  ôber 
fést  gant  ma  minoned. 

30.  Hôgen  ker  kefit  ma  e  deud  ar  mâb-man  d  'hac'h,  an  eus  débred 

hé  vado  gant  gisti,  hoc'h  eus  lac'hed  évit-han  al  loué  lard. 


—  368  — 

31.  Hag  ann  tâd  a  laras  d  'éhan  :  ma  mâb,  c'houi  a  zôbépréd  gan-én, 

ha  kémend  em  euz  a  zô  d  'hac'h. 

32.  Hôgen  réd  a  voaôber  féstha  lid;  rag  ar  breur-mâa  d  'hac'h  a  voa 

marv,  hag  e  adbévet,  dianked  é  voa,  hag  é  adkavet. 


Dialecte  de  Tréguier  (pays  de  Goello). 

11.  Un  dén  en  évoa  daou  vâb. 

12.  Hag  er  (1)  iawinkân 'ne  e   laraz  d 'i  dâd  :  me  zâd,  rôet  t  'hj, 

ar  lôden  danfé  e  digoué  d  'in,  ag  en  e  rannaz  i  danfe  entrehè. 

13.  Hag  un  neubeud  dèrvejou  goudé,  er  mâb  iawânkân,  ô  véân  das- 

tumet  kémed  en  a,  en  em  lakaz  i  'n  hént  évid  mont  trésag  eur 
vrô  pèll-meurbed,  ag  énôn  e  tispignaz  i  danfe  ô  vévâïï  i  'n  dizurz. 

14.  Ha  p  'en  a  dispignet  kémed  en  a,  e  c'hwarvéaz  eun  gèrnes  vrâz, 

é  'r  vrô  zé,  ag  e  teuaz  de  gâed  (2)  éhom. 

15.  Kuid  e  hés  ta  ag  en  im  lakad  e  rès  i  'n  gôp  gand  eun  dén  dès  er 

vrô.  A  hémâïï  in  kassaz  d  'eun  ti  d  'an  war  er  méz  vit  mèsa  er 
môc'h. 

16.  C'huantâed  en  ijè  kargân  i  gôf  gand  er  plusk  e  débè  er  môc'h  ; 

a  dén  ne  rôe  d  'an. 

17.  Hogen  ô  véâïï  distrôed  innân  i  hunan  e  lâras  :  nag  a  dud  gôprâet 

zo  i  'n  ti  me  zâd  péré  'n  eus  bara  eleis  ha  mé  e  varv  aman  gând 
en  naon. 

18.  Zével  e  rîij  ag  e  hîri  tresag  a  me  zâd,  ag  é  larîn  d  'an  :  me  zâd, 

péc'hed  em  eus  énep  en  nénv  ag  énep  t 'ac'h. 

19.  N  'ôâ  ket  dign  de  véan  gelvet  ou  mâb  :  me  digémèret  ével  unan 

dès  ou  chervijerien. 

20.  Ag  e  savaz  ag  e  hèz  tresak  i  dâd.  Hogen  pe  wa  c'hwas  pèl,  i  dâd 

in  gwélaz  ag  en  a  trué  outân,  hag  ô  tirédek  e  lampaz  d  'i  c'houg 
hag  e  pokaz  d  'an. 

21.  Ag  i  vâb  e  laraz  d  'âii  :  me  zâd,  pec'hed  em  eus  énep  en  nénv  ag 

énep  t 'ac'h  ;  n  'on  ket  dign  pèloc'h  de  véân  gelvet  o  mâb. 


(1)  Dans  er,  Ve  a  un  son  intermédiaire  entre  e  et 

(2)  A  peu  près  gâd. 


—  369  — 

22.  Hogen  en  tàil  e  laraz  d  'i  vévéyen  (1)  :  digaset  buen  i  zéyen  gentân 

a  gwisket  i  d  'an,  a  laked  ur  walen  war  i  vîz,  ha  bolo  'n  i  dreïd. 

23.  Digased  i-e   er  loue   (2)   lard   a  lac'het  an;   débomp  a  gréom 

chér-vad. 

24.  Rag  er  màb  mân  d  'în  e  wa  marf  hag  chete  hâïï  bênv  edarre  ; 

kolled  e  wa  ha  chete  hân  kàet.  A  'n  um  lakad  e  réjont  d  'ober 
cher  vad. 

25.  Hogen  i  vap  énâïi  e  wa  é  'r  park  :  a  pe  distrôas  a  pe  dostaas  d  'en 

ti,  e  klévaz  ar  c'hân  ag  an  dans. 

26.  Ag  e  c'helvas  unan   dès  er  vêiivèyen  ag  e  c'houlas  betra  wa 

kémé  se, 

27.  A  hémân  e  laraz  d  'âïï  :  ou  preur  e  zou  deut  ag  ou  tad  en  eus 
lac'hed  er  loue  lart  ô  véan  me  hè  distrôet  iac'h  mad. 

28.  War  gémé    se    e  savas  drouk  énân  a  ne  fèllè  ket  d  'an  mond 
ebars.  Hogen  i  dàd  ô  véân  et  é  'r  méz  'n  um  lakas  d 'in  bédhi. 

29.  A  hémân  e  respôhtaz  ag  e  laras  t 'i  dâd  :  chete  meûr  e  via  zou 

ebwe  me  hoïï  dinâri  ou  kourc'heméno,  a  biskwas  n  'on  tréménet 
dreist  ini  enè  ;  ha  biskwas  ne  c'hwès  rôet  eur  c'havrék  (3)  d  'în 
évit  ober  cher  vad  gant  me  mignônet. 

30.  Hogen  kènkent  a  me  hè  deut  er  mâb  mïïn  d  'ac'h  péhini  'n  eus 

débet  i  danfé  gant  gisti,  e  c'hwes  lac'het  evitâïï  er  loue  lart. 

31.  Ag  en  tâd  e  laras  t 'âin  :  me  mâb,  te  zou  bépret  genên  a  kémed 

em  eus  e  zou  d  'it. 

32.  Hogen  réd  e  wa  ober  cher  vad  a  'n  im  lawénân,  rag  er  breur 

mân  d  'it  e  wa  marf  a  chete  hâïï  bênv  edarre  ;  kolled  e  wa  a 
chelè  hân  kàet. 

(D'après  l'abbé  Le  Bezvoet, 

de  Kerity,  près  Paimpol). 


(1)  Le  premier  e  est  légèrement  nasal. 

(2)  L'accent  est  sur  on. 

(3)  Le  11  est  ici  palatal  ou  plutôt  iotacisé,  ce  qui  est  d'autant  plus  singulier 
que  le  h  est  dans  ce  dialecte,  en  toute  situation,  nettement  guttural. 


—  370  — 

Dialecte  de  Gornouailles  (Kernèo  ou  Keinè). 

Haute- GoRNOUAiLLES  (Le  Faouët,  Morbihan). 

D'une  façon  générale,  on  emploie  les  termes  de  haiite  et  basse  Gornouailles, 
haut  et  bas  Vannetais  dans  un  sens  analogue  à  ceux  de  haute  et  basse  Bretagne. 
Par  haute  Bretagne  on  entend  la  Bretagne  orientale,  par  basse  la  partie 
occidentale . 

11.  On  dén  en  a  daou  vâb. 

12.  Hag  er  iawnkân  doute  e  larè  d  'i  dâd  :  me  sâd  (1),  rei  k'iân  (2) 
er  loden  danve  e  zigouea  g  'iâïï;  ha  yôïï  e  rannaz  i  zanve  trénè. 

13.  Hag  on  nébad  déozow  goudé,  er  mâb  iawnkân,  arlerc'h  bou' 
dastumet  kémed  ag  en  a,  en  im  lakè  (3)  en  hént,  ewi'  mont 
tresak  ôr  vrô  (4)  pél  meurbéd,  ha  énôn  e  tispignè  i  zanve  e  féo 
ba  'n  déboch. 

14.  Ha  p  'en  a  dispignet  kémet  en  a,  e  c'hwarvè  ôr  gernans  vrâz 
ba  'r  vro  se  hag  e  tè  de  gaout  naon. 

15.  Kuit  6  hiè  eta  hag  en  im  lakad  e  rè  e  gôpr  gad  on  dén  dous  er  vro. 

A  hémen  er  basse  ba  'on  ti  dahon  ar  mes,  wi'  mésat  er  môc'h. 

16.  HM^antèid  en  izè  de  leugnia  i  gôf  gad  er  hlôrad  e  zébè  er  môc'h  ; 
ha  dén  ne  rè  daôn. 

17.  Meid  arlerc'h  en  a  distreid  douton  i  genôn,  e  larè  :  nag  a  véoyen 

e  zo  ba'  ti  me  sâd,  hag  en  es  bara  hileis  ha  mé  e  varva  amen  gad 
en  naon? 

18.  Zawel  e  rinn  hag  e  hinn  tresak  me  sâd  hag  e  larinn  daôn  :  me 
sâd,  péhéd  em  es  énep  t 'en  néon  hag  en  énep  t 'oc'h. 

19.  N  'oun  ket  gléet  pèloc'h  de  vout  galvet  wit  o  mâb  :  digemeret 

'noun  giz  inon  dous  o  servi tourien. 

(1)  Cette  prononciation  s  =  th  ancien,  se  remarque  aussi  sur  une  partie  de  la 
rive  vannetaise  de  l'EUé,  à  Berné,  par  exemple. 

(2)  Ti,  té  nasalisés  ont  donné  kl  ;  di,  de  ont  évolué  en  ffi.  En  bas  vannetais  ti 
a  passé  sporadiquement  aussi  en  ki  :  er  hiek,  le  laboureur,  le  chef  de  ferme,  ce 
qui  supposerait  une  forme  radicale  kiek  pour  tiek.  Ce  phénomène  s'explique 
facilement  par  le  fait  que  dans  le  Vannetais  et  une  bonne  partie  de  la  Cor- 
nouailles  le  k  est  palatal,  plus  ou  moins  iotacisé,  devant  i,  e,  n.  Il  est  nettement 
guttural  dans  le  trégorois  et  le  léonard. 

(3)  Le  prétérit  en  as  n'est  pas  en  usage  au  Faouët  dans  la  conversation  cou- 
rante. 

(4)  On  prononce  entre  hrô  et  bruw. 


—  371  — 

20.  Hag  e  sawè  hag  e  le  tresak  i  dàd.  Meit  pe  ^va  hoas  pél,  hi  dàd  er 
guélè  hag  en  a  truhe  doutôïï,  hag  en  ôr  réda  e  lampe  d  'i 
c'houg  (1)  hag  e  vousè  daôn. 

21.  Hag  i  vàb  e  larè  daôn  :  me  sud,  péhéd  em  es  énep  t 'en  néon  hag 

en  énep  t 'oc'h;  n  'oun  ket  gléet  (2)  pèloc  h  de  voud  galvet  uit  ô  màb. 

22.  Meïd  en  tàd  e  larè  d  'i  véoyen  :  digasse'  bion  i  zé  getàn ,  ha 
guisket  i  daôn,  ha  laket  ôr  walen  a'  i  vis  hag  ôr  botow  en  i  dreïd, 

23.  Digasset  eue  er  loué  lart  ha  lahet  on;  débam  a  gramp  chér-vad. 

24.  Rag  er  raab  men  giâïï  (3)  wa  marô  a  yôn  zo  deid  béô  endrô; 
kolled  e  wa  a  chete  yôn  kawet.  A  'n  im  lakad  e  rènt  d  'ober 
cher  vad. 

25.  Meïd  i  vap  kousàn  e  wa  er  park;  ha  pe  zistrayè  a  pé  doètè  dous 

en  ti,  e  kléè  er  c'hân  ag  er  fèst. 

26.  Ag  e  c'halvè  inôn  dous  er  véoyen  ag  e  c'houlè  pétr  (sic)  wa 

kéme  'se. 

27.  A  hémen  e  larè  daôïï  :  ô  preur  e  zô  deit  t 'er  gér  hac  ô  tad  en  es 

lahet  er  loué  lart,  kos  e  ma  deït  endro  iac'h. 

28.  Dous  e  géme  'se  e  tè  droug  enâli  a  ne  vénè  ket  taôîî  mond  ebarh. 

Meid  i  dàd  arlerc'h  hou'  weït  er  mes  'n  im  lakè  d  'er  pédo. 

29.  A  hémen  e  respôntè  hag  e  larè  d  'i  dàt  :  chete  meur  e  via  so  dous 

ban  e  moun  didan  o  kourhiemennow ,  ha  biskwas  e  moun  weït 
dreis  hêni  bet  anè;  ha  biskwas  e  pes  reït  ôr  c'haorék  kiân  ewit 
gober  cher  vad  ga'  me  mignônet. 

30.  Meid  kentis  a  ma  deid  endro  er  màb  men  d'oc'h  'n  êni  'n  es 
débet  i  zanve  ga'  gisti,  pes  lahed  eiàtïïn  er  loué  lart. 

31 .  Ag  en  tad  e  laré  daôn  :  me  màb  hui  zô  brpet  {sic)  kenoun  a  kémed 

em  es  e  zô  d  'oc'h  (4). 

32.  Meid  red  e  wa  gober  cher  vad  ag  en  im  réjouisse,  rag  er  breur 

men  d  'oc'h  e  wa  marô  a  chete  yôn  béo  endro;  kolled  e  wa 

a  chete  yôn  kawed. 

(D'après  B.  Le  Lax, 
du  village  de  Coat-en-Né,  en  Faouët). 


(1)  Le  c'h  n'est  plus,  au  Faouët  comme  en  nombre  d'endroits,  une  spirante 
sourde  ;  à  l'oreille  d'un  Français,  il  sonnerait  comme  un  r  fortement  grasseyé. 

(2)  Gléet  —  dléet. 

(3)  En  une  syllabe. 

(4)  On  ne  tutoie  pas  au  Faouët.  Je  dois  faire  remarquer,  eu  outre,  que  le  fils 
ne  tutoie  nulle  part  son  père. 


—  372  — 
CoRNOUAiLLES  DU  NORD-EST  (Berrien). 

11.  Eun  dén  en  wa  daou  vàp. 

12.  Ag  ar  (1)  iawânka  dezouto  a  laraz  d  'é  dâd  :  va  zâd,  rô  d  'în  ar 

loden  danves  a  zigwé   d  'în  ;   ag  êij  a  réz  (2)  ar  bartas  deus  é 
zanves  etrésô. 

13.  Ag  eun  neubet  dévésou  goude  se,  ar  mâb  ar  iawànka  goude  béa 

daspunet  kément  en  wa,  en  ém  lakaz  é  'n  ént,  évil  mont  trésék 
eur  vrô  gwal-bêll,  hag  éno  e  fwèlaz  é  zanves  en  ôr  véva  en  diotas. 

14.  A  goudé  'n  wa  dispignet  kément  en  wa,  e  c'hwarvéaz  eur  gèrnes 

vrâz  barz  ar  vrô  zé,  ag  e  teûaz  da  gaout  ézom. 

15.  Mond  e  réz  e  kuit  ag  en  ém  lakat  e  réz  é  condision  é  ti  eun  dén 

deuz  ar  vrô;  a  hémân  e  gassaz  'naôïï  en  eun  ti  daôïï  war  ar  méz 
de  ziwall  ar  moc'h  (3). 

16.  C'hwant  en  isè  bét  de  garga  é  gôf  gând  ar  c'hlozou  a  zébè  ar 

moc'h  a  dén  e  bét  ne  rôé  d  'aôrî. 

17.  Met  goude  béa  diskénet  en  i  hunan,  e  laras  :  nag  a  vévèlien  e  zo 

é  ti  va  zâd  hag  en  eus  bara  leis  ô  hôf,  ha  mé  a  varv  amïïîi  gând 
an  naon. 

18.  Sével  a  rîn  ag  e  hîn  deus  lu  va  zâd,  hag  e  larhj  :  va  zâd  péhèd  em 

euz  ag  énéb  en  nèij  ag  énép  t 'id. 

19.  Ne  dalân  pèloc'h  mui  de  véa  gelvel  da  vâb;  koumer  ac'hânoiuj 

évit  unan  deus  ta  vévèlien. 

20.  A  sével  a  réz  ag  e  éaz  de  gaout  (4)  é  dàd;  met  pèll  e  wa  hwas, 

pe  wélas  i  dâd  'naôïï,  ag  en  wa  truez  dezountâïï,  hag  ô  tirédek 
e  lammaz  d  'i  houg  ag  e  bokaz  d  'aôïï. 

21 .  Ilag  é  vap  éna  e  laraz  d  'aôn  :  va  zâd  péhéd  em  eus  ag  énép  an 

nên  ag  énép  t  'id  ;  ne  dalân  két  pèloc'h  de  véa  gelvet  ta  vâb. 

22.  Mèd  an  tâd  e  laraz  d  'i  vévèlien  :  digaset  buan  é  zé  genta  a 

guisket  'naôn  ganti,  a  laket  eur  walen  deuz  é  vîz  a  boutou  deuz 
é  dreid. 


(1)  On  peut  hésiter  entre  a  très  bref  et  e  muet  français;  de  même  pour  da, 
a  relatif.  L'a  final  des  prétérits  de  la  3<'  personne  singulier  en  as  est  aussi  très  bref. 

(2)  Il  y  a  une  sorte  de  voyelle  irrationnelle  e  ou  a  très  bref  entre  é  et  z.  On 
peut  hésiter  entre  c  et  5  pour  toutes  les  finales  non  suivies  d'un  mot  commençant 
par  une  voyelle. 

(3)  0  ouvert  comme  dans  j^aroZe. 

(4)  En  une  syllabe. 


—  373  — 

23.  Digaset  ié  ar  leûé  lart,  a  lahet  'naôïï,  débom  a  gréomb  boîïbâns. 

24.  Rag  ar  mâb  mân  d  'în  e  wa  marô  ha  sétu  ma  béo  adaré  ;  koled 

e  wa,  a  kaved  é.  Ag  en  ém  lakat  ô  deuz  grêt  d  'ober  bônbâïïs. 

25.  Mèd  é  vap  éna  e  wa  barz  er  park,  a  pe  zistrôaz  a  pe  dostaz  deuz 

an  ti,  e  klevas  kân  a  korol. 

26.  Ag  e   helvaz   unan  euz   ar   vévèlien   ag  e   houlénas   pélra  wa 

kémén  se. 

27.  A  hémân  a  laraz  d  'aôïï  :  da  vreur  a  zo  deut  war  é  giz,  a  ta  dàd  en 

eus  lahet  ar  leue  lart,  abalamour  é  deut  iac'h  t  'ar  gér. 

28.  AYar  gémén-sé  e  savaz  droug  énân,  a  ne  fèlè  két  daôn  mont 

ébarz  an  ti.  Mèd  é  dàd  ô  véa  deut  é  méz,  en  ém  lakéaz  de  bédi 
'naôïï. 

29.  A  hémâïï  e  respontaz  ag  e  laraz  d  'é  dàd  :  meur  a  via  zo  abawé 

moun  dindàn  da  hourhéménou,  ha  biskwas  n'oun  éet  a  dreus 
hani  bet  ané  ha  biskwas  n  'a  heus  rôèt  eur  haorik  d 'in  évid  ober 
bônbâïïs  gant  va  mignûnet. 

30.  Ha  kerkent  e  ma  èruet  é  'r  gér  ar  mâb  mân  d  'it,  goudé  'n  euz 

débet  é  zanves  gant  gisti,  lahed  e  heus  évîntâïï  ar  leûé  lart. 

31.  Ag  en  tâd  e  laraz  d  'aôïï  :  va  màb,  té  zo  bépred  ganèn  a  kémend 

em  euz  e  zo  d  'it. 

32.  Mèd  réd  e  wa  ober  bônbâïïs  ag  en  ém  lawénat,  rag  ar  breur  mâïï 

d  'id  e  wa  marô  ha  sétu  ma  béo  adaré,  koled  e  wa,  ha  kaved  é. 

(D'après  le  capitaine  Querxeau, 
du  7^  d'artillerie). 


Vannetais  (Bro-Wérek). 
Bas  Vannetais  (Guémené-sur-Scorfï)  (1). 

11.  On  dén  en  vvè  daou  vab. 

12.  Hag  er  iawânkàn  anehè  e  laras  t  'i  dàd  :  me  zâd,  reit  t 'ïïïgn  er 

loden  daone  (2),  e  zél  digvvéout  t 'îïïgn  ;  a  yôn  e  rannaz  hi  zaoné 
etrédè. 

(1)  Voir  sur  ce  sous-dialecte  Revue  celtique,  VII.  p.  171.  La  fable  de  Y  Enfant 
prodigue  a  été  traduite  en  dialecte  du  bourg  de  Batz  (Loire-Inférieure),  variété 
du  dialecte  de  Vannes  par  M.  Bureau  et  en  langage  de  8arzeau  par  11.  Ernault 
(^Revne  celtiqtie.  III,  1876-1878). 

(2)  Daone  signitie  plus  souvent  étoffe.  On  emploierait  ici  couramment  madow. 


—  374  — 

13.  Hag  on  nebed  dehuehow  goudé,  er  mâb  iawânkàn,  arlec'h  bou' 

dastumet  kemet  ag  en  wè,  en  im  lakaz  en  hént  ewi'  mont  tréma 
ôr  vrô  pél-bras;  ag  énôn  e  tispignaz  i  zaoné  e  féweign  ba  'n 
débôch. 

14.  Ha  p  'en  wè  dispignet  kemet  en  wè,  e  tigouéaz  ôr  geltri  vrâz 

ba  'r  vrô-ze  bag  e  taz  de  gawe'  diânes. 

15.  Kuit  e  hiaz  eta  hag  en  im  lakad  e  raz  e  gôp  ged  on  dén  ag  er 
vrô.  A  hinann  e  gassas  anehôrl  ba  'n  on  ti  dehôïï  ar  er  méz,  eui' 
mésat  (1)  er  moc'h. 

16.  Hwanteid  en  nehè  lânnïrign  i  gôf  (1)  ged  er  hlorad  e  zébè  er 

moc'h  ;  ha  dén  ne  rè  dehûïï. 

17.  Meid  arlec'h  bou'  deid  endro  ba  'n  ôïï  hi  genôn,  e  laraz  :  nag 
a  vewelian  (3)  e  zo  ba  ti  me  zâd  bag  en  es  bara  o  gwalh  ha  mégn 
e  varwa  eman  ge'  naon  ! 

18.  Zeitel  e  rîngn  bag  e  hïngn  tréma  me  zâd,  hag  e  larîngn  dehôn  : 

me  zâd,  pihed  em  es  enép  t 'en  nèyu  hag  enép  t  'oc'h. 

19.  N  'é  ket  délé  tîngn  bout  galwet  o  mâb;  digemeret  anôn  èl  inôn  ag 

o  seruitourian. 

20.  Hag  e  sawaz  ag  e  haz  tréma  i  dâd.  Meid  pe  wé  hwac'h  pèll,  i  dâd 

in  guelaz  hag  e  gemeraz  truhé  doc'hlôlî  hag  en  ôr  redek  e  lampaz 
d  'i  houg  hag  e  bokas  tehôn. 

21.  Hag  i  vâb  e  laras  tehôÏÏ  :  me  zâd,  pihed  em  es  enép  t 'en  nénw 
hag  enép  t 'oc'h,  n  'é  ké  délé  t  'fngn  pèloc'n  bou'  galwet  o  mâb. 

22.  Meid  en  tâd  e  laras  t  'i  veNeliân  :  digase'  biôn  i  zé  getàn  ha 

guisket  i  dehôn  ha  laked  ôr  wèlen  ar  i  viz,  ha  botow  en  i  dreid. 

23.  Digased  eue  er  lé  lart,  a  lahet  ôïï;  débam  a  gramp  cher-vad. 

24.  Rag  er  mâb  man  d  'fn-gn  e  wè  marw  ha  cheto  yôïï  héu  endro  ; 

koled  e  wè  ha  cheto  yôïï  kawet.  Hag  è  en  im  lakas  t  'ober 
cher-vad. 

25.  Meid  i  vâp  énàii  (4)  e  wè  ba  'r  park  :  a  pe  zistrwaz  ha  pe  dostaz 

doc'h  en  ti,  e  klawaz  er  hân  ag  er  horol. 

26.  Hag  e  haluaz  inon  ag  er  vewelian,  ag  e  houlennaz   petrè  wè 

keme'-se. 


(1)  Ne  me  paraît  pas  employé  en  bas  vannetais. 

(2)  On  dirait  mieux  Mrgmgn  i  gôf  ou  torein  i  naon  (se  rassasier). 
(.3)  Ped  menel  n'aurait  que  le  sens  interrogatif . 

(4)  On  emploie  plutôt  kôMti. 


—  375  — 

27.  A  hinan  (1)  e  laras  tehôn  :  o  preu  e  zo  deit  t  'er  gér,  ag  ô  tad  en 

es  lahet  er  lé  lart,  balemout  me  wè  deid  endro  iac'h  mat. 

28.  Ar  geme'  se  e  sawaz  droug  ba  'n  on  a  ne  vénè  ke'  tehôïi  mont  Iré. 

Meid  i  dâd  e  yaz  e  'r  méz  hag  en  im  lakas  t  'in  pédingn. 

29.  A  hinan  e  respontaz  hag  e  laras  t  'i  dâd  :  cheto  meur  a  vlè  so  a 

oudé  on  didân  o  kourhiemennow,  ha  biskwac'h  n  'e  pes  reit  ôr 
haorék  t 'îïïgn  ewi'  gober  cher-vad  ge'  me  mignoned. 

30.  Meid  kentic'h  ag  e  ma  deid  er  mab  man  d  'oc'h,  hag  en  es  débet 

i  zaoné  ge'  gisli,  pes  lahed  eitit  ôïï  ér  lé  lart. 

31.  Ag  en  tâd  e  laras  tehôïi  :  me  màb  hui  zo  berpe'  keningn  hag  er 

pé  em  es  e  zo  d  'oc'h. 

32.  Meid  re'  mad  e  wè  gober  cher  vad  ag  en  im  lawenat,  rag  er  breu 

man  d  'och  e  wè  maru  a  cheto  yôn  béw  endro  ;  kolled  e  wè  ag 

e  ma  kawet. 

(Far  l'auteur). 


Haut  Vannetais  (Iles  de  Houat  et  Hédic)  (2), 

11.  Eun  din  en  dwé  àeuu  vàb  (3). 

12.  Er  youânkàn  (4)  é  laras  d  'é  dâd  :  «  Mé  zâd,  reit  t  'eign  me  lôd 

ireu;  er  péh  e  za  d  'eign;  »  ha  eân  e  rannas  é  zïïnné  get-ent. 

13.  Hac  eun  di  benac  (5)  arlerh,  er  mâb  youânkàn  en  dwé  chèrd  er 

péh  e  yé  dihou  (6),  hac  éan  e  hum  lakas  en  hint  eit  mônét  (7) 
d  'ur  vrô  pël,  hac  inô  eân  zispignas  (8)  ol  é  dreu  en  ur  viiœign 
e'r  plijaduriew  fàl. 

14.  Ha  p  'en  dwé  drebét  er  péh  en  dwé,  e  hariitas  ur  gèlteri  vras  e'r 

vrô-sén  (9)  ha  éâïï  é  hanawas  er  beurânté  (10). 

(1)  Dans  certains  endroits  on  prononce  hinân. 

(2)  Hovat,  plus  anciennement  Huiata  est  la  S'iata  des  anciens  ;  Hedic  écrit 
on  ne  sait  pourquoi  Hœdic  =  Atlca. 

(3)  Hédic  :  dein  au  lieu  de  din  ;  pom-  deuu  prononcez  deu  comme  eu  français 
dans  hœvf. 

(4)  Hédic  :  yu-7véân-kan  ;  zéân-né, 

(5)  Hédic  :  enn  dé  benac. 

(6)  Hédic  :  er  ineh  e  Mé  d'on. 

(7)  Hédic  :  in  Ment  eït  mouniet. 

(8)  Hédic  :  hac  ânhont  éaJn  e  zis^jegnas, 

(9)  Hédic  :  i  'r  vrou  zeï. 

(10)  Hédic  :  benreanté,  avec  une  sorte  d'aspiration  entre  la  première  et  la 
deuxième  syllabe. 


—  376  — 

15.  Eâïl  e  yas  de  vout  gwâz  é  ti  eun  din  (1)  ag  er  vrô-sén,  hac  en  din 

men  (2)  er  hassas  en  eun  ti  dihou  ar  er  mézeu  de  warn  er  moc'h. 

16.  Hoâïïteign  e  ré  cargeign  é  gôv  get  er  péh  e  chômé  arlerh  er 

moc'h;  ha  dén  ne  ré  dihou  de  zrebel  (3). 

17.  Nwac'h  éân  e  hum  zistroas  doc'htou  hés  unân  (4),  hac  é  làras  : 

nag  a  wazét  (5)  é  zou  é  ti  me  zâd  ag  en  dés  bara  (6)  ha  trew 
de  zrebel,  ha  mi  zou  é  verwel  get  en  nan  (7). 

18.  Mi  sawou  ha  mi  yé  de  gavet  me  zâd,  ha  mi  larou  dihou  :  me  zâd 

pihéd  emés  inemp  (8)   d  'oc'h  hac  inemp  d  'en  néân,  ne  oan 
ket  (9)  dign  de  vout  galwet  crwédur  (10)  d  'oc'h. 

19.  Mes  en  tâd  e  lâras  d  'er  gwâzét  :  digasset  biân  é  se  a  wéh-aral 

ha  guiskét-i  dihou  (11);  digasset  ur  bizéw  de  lakât  d  'oc'h  é  viz, 
ha  botew  de  lakâd  en  é  dreid  (12). 

23.  Digasset  iwén  er  lé  lartân;  lahet  éâh  (13),  drèbamb  ha  groamb 
test  (14). 

24.  Rac  er  hrwédur  men  d  'eign  mé  (15)  e  wé  maru,  ha  setui  éân 

biu;  coll  e  wé  hac  e  ma  cavét.  Hac  ind  e  hum  lakâs  d  'obér  ur 
fest  bras. 

25.  Nwac'h  er  mâb  kohân  (16)  e  wé  ar  er  mézew.  Ha  pe  zas  en 

dro  (17),  hac  a  pe  dosté  d  'er  gér  (18),  eâh  e  glewas  er  horol  hac 
er  sonneneu  (19). 


(1)  Hédic  :  i  teï  vn  dein. 

(2)  Hédic  :  hac  en  dein  man. 

(3)  Hédic  :   Hoéantein  e  ré  eargeih  é  gof  get  er  ^néh  chômé  arlar  er  moc'h, 
ha  dein  ne  ré  d'an  de  zrèbein. 

(4)  Hédic    :   Newèc''h  ydn  e  hum  zistvn-aft  dochtôn  i  Iniinan. 

(5)  Hédic  :  nag  a  wazièt. 

(6)  Hédic    :    baron. 

(7)  Hédic  :  en  néan. 

(8)  Hédic  :  Me  saneï  ha  me  yeï  de  gaviet  me  zâd,  ha  vie  lareï  d'un  :  me  zâd, 
2Jihièd  emès  iniemp. . . 

(9)  Hédic  :  ne  an  het. 

(10)  Hédic  :  crwédeur, 

(11)  Hédic  :  gcshet-i  (e  dans  gesz=o  bref)  dchoîl. 

(12)  Hédic  :  lakâd  in  i  dreideu. 

(13)  Hédic  :  D'igassiet  euei  er  lé  lartean;  lahict  ycTn, 
(U)  Hédic  -.fiest. 

(15)  Hédic  :  er  hrnédeur  man  d  \'in  mei. 

(16)  Hédic  :  cohéan. 

(17)  Hédic  :  in  drou. 

(18)  Hédic  :  a  pe  dolté  d  'er  diérh. 

(19)  Hédic  :  er  smnicnnci±. 


-  377  — 

26.  Eàn  e  grias  ar  uinân  ag  er  wazéd,  hac  é  houlennas  get-ou  petra 

wé  kement-sén  (4). 

27.  Hac  hénéc'h  (2)  e  laras  dihou  :  deit  é  hou  prér  hac  ou  tàd  en  dés 

lahét  er  lé  lartâïï  a  gaws  m  'e  ma  deit  yac'h  d  'er  gér. 

28.  Pe  gleuas  kement-sén,  é  tas  droug-calon  bras  dihou,  ha  ne  vénas 

ket  mônét  e  'n  ti  (3)  ;  mes  en  tàd  é  zas  é  'r  méz  hac  e  hum  lakas 
d  'er  pedeign  de  zônét. 

29.  EâFi  e  reskorïdas  hac  e  laras  d  'é  dàd  :  setui  mar  a  vlé  é  hon  idân 

ou  kourhemeneit  (4)  ha  jamès  n  'e  hués  reit  ur  gavrik  d  'eign 
eit  gobir  fest  get  me  hâïïsorléd. 

30.  Mes  kentéc'h  m  'e  ma  deit  henâïî  (5) ,  er  màb  en  dés  drebet  é 
dreu  get  er  mirhiéd,  hui  hués  (6)  lahét  er  lé  lartâïï. 

31.  Hac  en  tâd  e  laras  dihou  :  me  mâb,  hui  zou  perpet  geneign,  hac 

cl  er  péh  emés  é  zou  d  'oc'h  ;  mes  rét  e  wé  gobir  fest  ha  bourus- 
téd,  rac  henâïï,  hou  prér,  é  wé  marw  he  betui  éàn  biwet;  coU  e 
wé,  hac  e  ma  cavét. 

(Traduit  à  Houat  par  M.  Gouron, 
communiqué  par  M.  l'abbé  BULÉON). 


Ile  de  Groix  (7), 

11.  Oun  daen  (8)  en  dwai  dèw  vâb. 

12.  Hag  er  youânkàn  e  laras  d 'é  dâd  :  me  zâd,  greit  (9)  t  'eifi  e  lod 

dânné  e  za  d  'eifi.  Ha  yôn  e  lodas  é  zânné  get-ai. 


(1)  Hédic  :  kemet-seï. 

(2)  Hédic  :  Hac  hani'ec'h. 

(3)  Hédic  :  mouniét  en  teï. 

(-1)  Hédic  :  i  huon  idân  ou  crwamenne]t_. 

(5)  Hédic  :  Hannen. 

(6)  Hédic  :  hui  hwès. 

(7)  Le  breton  de  Groix  a  des  traits  particuliers  qui  en  font  une  sorte  de  sous- 
didecte  assez  tranché.  —  Ai=aï. 

(8)  L'accent  dans  ce  mot  est  sur  a;  Vé  s'entend  à  peine;  j'exprime  par  de 
petites  italiques  les  voyelles  de  ce  genre. 

(9)  A  Groix,  au  lieu  des  formes  du  verbe  rei  ou  rein,  donner,  on  emploie  les 
formes  du  verbe  dont  le  thème  est  en  Armorique  groa  ou  gra  et  qui  n'a  ailleurs 
que  le  sens  de  faire. 


—  378  — 

13.  Hag  e  béar  e  zéyèw  goudé,  er  mâb  youânkàn,  ged  er  péc  'h  en  dwai 

dastumet  tehon,  e  hum  lak  (1)  en  héânt  hui  '  mont  d  'our  vrô 
péal-péal.  Hag  énôn  yon  e  zispignas  é  zânné  é  faewign  é  'r 
bayardieac  'h. 

14.  Ha  bén  m  'en  dwai  dispignet  er  péc  'h  en  dwai,  é  tas  our  gerteri 

vras  é'r  vrô-sé,  hag  é  tas  tehôn  en  dont  diânnès. 

15.  Yôn  e  yas  enta,  hag  um  lakas  é  gôpr  ged  oun  daén  zo  (2)  e  'r  vro, 

hag  ennan  er  hassas  d  'oun  ti  dehôn  ar  er  maèzèw  de  warn  er 
moue  'h. 

16.  Ivoul  en  dwai  de  gargign  é  gôv  get  er  restasèw  e  zéabé  er  moue  'h 

ha  dae'n  ne  ré  dehôh. 

17.  Mes  pe  zas  tehon  distreign    doc'htôn  yôn  mém,  yôn  e  laras  :  ha 

nag  e  vevelU  zo  é  ti  me  zâd  hag  en  dès  bara  ou  gwalh,  ha  mé  e 
varw  eman  get  en  nàn. 

18.  Sewéal  e  hrign,  ha  me  yei  dad  me  zàd,  ha  me  larô  dehôn  :  péhet 

em  bés  éneb  t'en  néww  hag  éneb  toc 'h;  n'en  don  ket  mu  dign 
de  vout  galhuet  ou  mâb. 

22.  Mes  en  tâd  e  laras  d'é  vévelU  :  casset  fonus  é  zai  kélân  ha  guisket 

i  dehôn,  ha  laket  our  bézèw  ar  é  véz,  hag  our  bwètèw  en  é  dreid. 

23.  Casset  ené  our  leui  lard  ha  lahet  on,  déabéamb  ha  gramb  chèr- 

vàd. 

24.  Rac  er  mâb  man  d  'ein  e  wai  marw  hag  e  ma  revèwet,  coït  e  wè 

hag  e  ma  kawet.  Hag  ai  hum  lakas  d  'obér  fest. 

25.  Mes  e  vâb  kôhàn  e  wai  é  'r  park;  ha  pe  zas  en  dro,  ha  pe  doutas 

d 'en  ti,  yôn  e  gléwas  er  hân  hag  er  hrol. 

26.  Hag  yôn  e  halhuas  uinôn   zo  er  vevelli  hag  e  houlennas  petra 

wai  en  dra  zé. 

27.  Hag  énan  e  laras  tehôïï  :  hou  preuï  o  e  zo  deit,  hag  ou  tâd  en  des 

lahet  er  leuï  lard  é  sigur  m'e  ma  deit  endro  yac'h. 

28.  Ar  gement  se  é  sawas  droug  enôn,  ha  ne  véné  ket  tehôn  mont 

ebarh;  mes  é  dàd  e  yas  é  'r  maez  hag  e  hum  lakas  d'er  paedign. 

29.  Hag  enan  e  respondas  hag  e  laras  d 'é  dâd  :  setu  mar  e  vlai  é  on 


(1)  Le  prétérit  en  as  a  à  peu  près  disparu  de  Groix,  Belle-Ile  et  autres  lieux. 

(2)  Zo  remplace  Vag  du  reste  du  Vannetais. 


—  379  — 
dân    de    gourhemennèw   (1)    ha    biskwac'h    ne'm    es    passet 
drest  hânni  zonai,  ha  biskwac  'h  n  'e  fes  greit  our  harw  d 'ein 
hui  '  gober  fest  get  me  hânsorled. 

30.  Mes  kentic  'h  m'e  ma  deit  er  mâb  man  d 'id,  pehani  en  des  déabet 

e  zïïnwé  get  merhed,  té  fes  lahet  uit-on  er  leuï  lard. 

31.  Hag  en  tâd  e  laras  tehôa  :  té  zou  etaw  gen-ôn,  ha  kement  tra  em 

bes  e  zo  d  'it.  Mes  red  e  wai  gober  fest  ha  sinouri,  rac  er  breu 
man  d  'id  e  wai  marw  hag  é  ma  revewet,  coït  e  wai  hag  é  ma 
kawet. 

(Traduit  à  Groix  par  M.  Stéphan, 

revu  par  M.  Guyonvarc  'h 

et  communiqué  par  M,  Tablaé  Buléon). 


Belle-Ile  (Locmaria)  (2). 

41.  Eun  dén  en  dwé  dèw  vâb. 

12.  Hag  er  iéwànkàn  anehè  e  lar  d'é  dâd  :  mac'h  thâd  (3)  ra  d'ein 

ma  lôd  daoné  e  Iha  d'ein  ;  ha  éôn  e  lod  e  thaoné  get-è. 

13.  Pas  pèl  a  théyèw  goudé,  er  màb  iéwànkàn,  get  é  thaoné  zart 

déhéôn,  en  em  lak  barc'h  'n  hënt  é  mont  d  'eiir  vrô  pèl,  hag 
éno  éUn  e  Ihispign  i  thaoné  é  véwein  e  'r  bayardegèc'h. 

14.  Ha  p  'en  dwé  dispignet  tout  er  pèc'h  en  dwé,  deit  e  wè  eur 

bewranté  vras  barc'h  er  vrô  se,  hag  é  ta  d'en  devout  fôt. 

15.  Eôn  é  ya  enta  é  rôc,  hag  en  em  lak  é  gôpr  get  eun  défi  zo  'r  vrô. 

Hag  hénïn  er  hass  d  'eun  li  déhéôïî  d  'er  mézèw  eit  gwarn  er 
môc'h. 

16.  Eôïi  en  dévéhé  cârzet  cargeih  i  gôf  get  er  sclôr  e  thèbré  er  moc'h 

mes  dén  ne  ré  ket  déhéôn. 


(1)  A  Groix  ainsi  qu'à  Belle-Ile  et  sur  une  bonne  partie  de  la  côte  vanne- 
taise,  le  tutoiement  est  la  forme  ordinaire  de  la  conversation. 

(2)  Le  trait  caractéristique  du  breton  de  Belle-Ile,  c'est  qu'il  répond  en  com- 
tniction  syntactiqne,  au  r  des  autres  dialectes,  provenant  de  d  ou  t,  par  la 
spirante  sonore  interdentale.  Je  Texprime  pour  plus  de  clarté  par  th.  La 
spirante  dentale  existe  aussi  autour  de  Pontivy,  mais  elle  est,  si  je  puis  m'exprimer 
ainsi,  infra-dentale  :  la  langue,  pendant  la  spiration,  touche  l'extrémité  inférieure 
des  dents. 

(3)  L'aspiration  dans  inac'h  avant  la  spirante  dentale  est  très  nette. 


—  380  — 

17.  Mes  pe  tha  déhéôn  distroein  doc'htéôn  é  hunân,  éôrî  e  lar  :  pégé- 

ment  a  wazet  é  zo  br  ti  mac'h  thâd,  hag  en  dès  carget  a  vai'a  da 

thèbrein,  ha  mé  e  varô  amfn  get  en  naôn. 
48.  Zèl  é  rein,  ha  mé  yé  da  mac'h  thàd,  ha  mé  larô  déhéôn  ^  mac'h 

thàd,  péhèd  em  èz  éneb  d  'en  né«w  hag  éneb  d'id;  n'en  dônn 

ket  mui  dign  de  vout  galwet  ha  vàb. 

19.  Mes  en  tâd  é  lar  d  'i  wazet  :  dèsset  timat  i  zé  kétàn,  ha  guset 

i  déhéôn,  ha  laked  eur  bézèw  ar  é  véz,  ha  botèw  laer  en  i  dreit. 

20.  Dèsset  éûé  el  leu  lard,  ha  lahet  éôh  ;  dèbramp ha grwamp  chèr-vad. 

21 .  Rac  er  mâb  mân  d'eui  wé  marô  ha  béwet  é  endrô,  cold  é  wé  ha 

càet  é  endrô.  Hag  em  lakeifi  e  rand  d  'obér  chèr-vad. 

22.  Mes  é  vâb  kôhân  é  wé  barc'h  er  park;  èl  me  té  d  'er  gaer,  ha  pe 

doslé  d 'en  ti,  éôh  e  gléw  er  c'hân  'ag  er  c'horol. 

23.  Hag  éôn  é  galw  unân  ag  er  wazet  hag  é  oulen  get  éôh  petra  wé 

en  dra  se. 

24.  Hag  énïh  é  lar  déhéôn  :  hou  preur  é  zô  deit  hag  ou  tâd  en  dès 

lahed  el  leu  lard,  rac  m  'en  dé  deit  yac'h. 

25.  Ar  gement  se  é  saw  fas   enéôh,  ha  ne  véné  ket  mond  br  ti,  mes 

é  dâd  weit  ér  mes  en  ém  lak  d  'er  pédeih. 

26.  Hag  hannein  e  respond  hage  lar  d  'i  dâd  :  a  oudé  carget  a  vléyéw 

é  honn  dan  da  c'hordèw,  ha  biskwac'h  n'e  hes  set  reit  eur  gorik 
t 'ein,  eit  gober  fèst  get  ma  amiét. 

27.  Mes  kentic'h  èl  me  dé  deit  er  mâb  mân  d  'id,  péhani  en  dès 

dèbret  i  thaoné  get  er  merhied,  té  hés  lahet  eit  éôn  el  leu  lard. 

28.  Hag  en  tâd  é  lar  déhéôn  :  ma  mâb,  hwés  attaw  genôn,  ha  tout  er 

pec'h  em  éz  é  zô  d  'id  ;  mes  red  é  wé  gober  chèr-vad  ha  'n  em 
droèl  d 'er  joé,  rag  er  breur  mein  d  'id  é  wé  marô  hag  é  zô  béwet 
endrô,  cold  e  wé  hag  é  ma  kâet  endrô. 


(Traduit  à  Locmaria  par  M.  Calloc'h, 

communiqué  avec  des  remarques 

sur  la  prononciation  par  M.  l'abbé  Buléon). 


—  381 


VOCABULAIEE- INDEX 


I.  —  Noms  de  lieux  et  de  personnes. 


Les  noms  de  l'époque  du  vieux  celtique  (gaulois  et  breton  insulaire)  sont  en 
petites  capitales;  les  noms  commençant  par  c,  par  qu  et  ch  =  k,  sont  rangés 
sous  la  lettre  h  après  b. 


Aballo,  page  10. 

Abavin,  p.  186. 

Abguan,  p.  186. 

Abona,  p.  33. 

Abrantuc,  p.  186. 

Ach,  p.  96,  note  2. 

Achebui,  p.  104. 

Achm,  p.  96. 

Adgan,  pp.  105,  186. 

Adgant,  p.  105. 

Adiune,  p.  42. 

Adoere,  p.  186. 

AdreflFan  lyorzou  (champ),  p.  186. 

Aduid,  p.  186. 

Aed,  p.  19. 

Aedui,  p.  19. 

Aermitit,  pp.  105,  152. 

Aernonne,  p.  105. 

Aeruiu,  pp.  105,  110. 

Aeruuiu,  pp.  105,  176. 

Aes  Cleres,  p.  187. 

Aethlon,  pp.  105,  146. 

Aethlon  (Caer),  p.  186. 

Aethurec  Rethcar,  p.  105. 

Aethm-ic  Freoc,  p.  105. 

Aethuric  Milcondoes,  p.  105. 

Afroc  (Ran),  pp.  105,  158. 

Agues  Conc,  p.  187. 

Agueth,  p.  187. 

Ahes  (Caer),  p.  186. 


AlMILINI,  p.  42. 

Aithlon,  pp.  105,  146. 
Alaez,  p.  187. 
Alamnus,  p.  83. 
Alan,  p.  105. 
Alanic,  p.  185. 
Alarmoet,  p.  152. 
Alarun,  p.  187. 
Albeu,  pp.  105,  110. 
Albrit.  pp.  105,  111,  n.  6. 
Aldroen,  p.  187. 
Alfret,  pp.  105,  111. 
Alfrit,  pp.  105,  111. 
Algar  (Ker),  p.  187. 
Algoestle  (saint),  p.  188. 
Algouez  (saint),  p.  187. 
Alisanos,  p.  11. 
AUiou,  p.  105. 
Allobrogae,  p.  15. 
Allobroges,  p.  15. 
Alnodet,  p.  105. 
Alnou,  pp.  105,  133. 
Aloestre  (saint),  p.  188. 
Aloret,  pp.  185,  210. 
Aloué  (saint),  p.  187. 
Alrae,  AIray,  p.  187, 
Altfred,  p.  187. 
Altfrid,  Altfrit,  pp.  105,  111. 
Altroen,  pp.  105,  162,  187. 
Alvarpren,  p.  105. 


382 


Alveu,  pp.  105,  110,  187. 
Alui,  p.  105. 
Alvoez  (saint),  p.  187. 
Alunoc,  p.  105. 
Aluuoret,  pp.  105,  179. 
Amach-du,  p.  96. 
Ambactcs,  p.  15. 

AXIBOGLANNA,  p.   33. 

Amhedr,  pp.  188,  213. 
Ampnis,  p.  96. 
Amrith,  pp.  106. 
Anaguethen,  p.  188. 
Anahuarn,  p.  188. 
Anam,  p.  18. 
Anatemori,  p.  42. 
Anau,  p.  106. 
Anauan,  p.  106. 
Anaubritou,  pp.  106,  111. 
Anaubud,  pp.  106,  112. 
Anaucar,  pp.  106,  114. 
Anauki,  pp.  106,  116. 
Anaugen,  pp.  106,  132. 
Anauhaillon,  pp.  106,  134. 
Anauhi,  p.  106. 
Anauhiart,  p.  106. 
Anauhic,  p.  106. 
Anauhitr,  pp.  106,  136. 
Anauhocar,  pp.  106,  138. 
Anauhoiant,  pp.  106,  139, 
Anauhoiarn,  pp.  106,  139. 
Anauboiat,  p.  106. 
Anauian,  p.  188. 
Anaulecban,  pp.  106,  144. 
Anaumonoc,  pp.  106,  152. 
Anauran,  p.  106. 
Anaurot,  pp.  188,  229. 
Anauuanoc,  pp.  106,  172. 
Anauuedoe,  pp.  106,  109. 
Anauuen,  p.  106. 
Anauueten,  p.  106,  174. 


Anauuian,  p.  106. 
Anauuili,  pp.  106,  110. 
Annauuolou,  pp.  106,  178. 
Anauuoret,  pp.  106,  179. 
Ancbuant,  p.  188. 
Andagelli,  p.  42. 
Andarevisseos,  pp.  7,  8. 
Andecauulos,  p.  12. 
Andelf  (caer),  p.  188. 
Andematunnuu,  p.  19. 
Anderitum,  p.  19. 
Anderoudus,  p.  19. 
Andokombogios,  pp.  7,  8. 
Andolf  (caei-),  p.  188. 
Anoetoc,  p.  106. 
Antracar,  p.  106. 
Antrauual,  Antruual,  p.  106. 
Anvalonnacos,  p.  11. 
Aostic,  p.  106. 
Aourken,  pp.  106,  116,  223. 
Arar,  p.  14. 
Arbidan,  p.  107. 
Arbidoe,  pp.  107,  109. 
Arbiuuan,  p.  107. 
Arblant,  p.  107. 
Archenalt,  p.  107. 
Arcol,  p.  107. 
Ardian,  p.  107. 
Ardon  Rowis,  p.  107. 
Arduenna,  p.  19. 
Arecluta,  p.  96. 
Aremorica,  pp.  20,  35. 
Arevernus,  p.  18, 
Argant,  pp.  107,  188. 
Argantan,  p.  107. 
Argantken,  pp.  107,  116,  188. 
Arganthael,  pp.  107,  134. 
Argantlouuen,  pp.  107,  147. 
Argantmonoc,  pp.  107,  152. 
Argajntomagus,  p.  20. 


—  383  - 


Ai'gantphitur,  ])p.  ]0~ ,  156. 
Argentocoxos,  p.  37. 
Argentomagus,  p.  37. 
Argentoratum,  p.  20. 
Argentovaria,  p.  20. 
Argol,  p.  107. 

Armail,  Armel,  pp.  107,  189. 
Armennat  (redevance),  p.  188. 
Armoricus,  p.  20. 
Aroedma,  pp.  96,  148, 
Arpeninus  (deus),  p.  26. 
Ars  (île  d'),  p.  189. 
Arscoit,  p.  140. 
Arsmel,  pp.  107,  148, 
Art.  (île  d'),  p.  189. 
Arthanael,  p.  107. 
Arthbiu,  pp.  107,  110. 
Arthbodu,  p.  107,  110. 
Arthlon,  p.  107,  146. 
Arthmel,  pp.  407,  148. 
Arthmael  (Erge),  p.  189. 
Arthnou,  pp.  107,  133. 
Arthur,  p.  107. 
Arthuiu,  pp.  107,  110. 
Artuuiu,  pp.  107,  176. 
Artwolau,  pp.  107,  178. 
Arthuuolou,  pp.  107,  178. 
Artobriga,  p.  20. 
Arueduc,  p.  189. 
Arvezen,  pp.  188,  209. 
Arvor  (Locmaria  ann),  p.  189. 
Arz  (île  d"),  p.  189. 
Arzano,  Arzenou,  p.  189. 
Arzon,  p.  107. 
Arzvael,  p.  107. 
Asiatumarus,  p.  2t. 
Asoiucar,  pp.  107,  113. 
Ateboduus,  p.  20. 
Ategnatos,  pp.  6,  26. 
Atepomaros,  p.  20. 


Ateporix,  p.  191,  1886. 
Atismara,  p.  14. 
Atoiu,  Atoeu,  p.  108. 
Atr  (flumen),  p.  108. 
Atrebates,  pp.  14,  21, 
Audroen,  p.  187. 

AuGUSTOBONA,  p.  31. 
AUGUSTOBRIGA,   p.   20. 
AUGUSTODUNUM,   p.  21. 
AUGUSTODURUM,    p.  27. 
AUGUSTOMAGUS,  p.  20. 
AUGUSTONEMETUM,  p.   21. 
AUGUSTORITU.M,  p.   21. 

Aulfret,  pp.  105,  111. 

Aulne  (1'),  p.  136. 

Auray,  p.  187. 

Avaellon,  p.  108. 

AVALLO,  p.  181. 

Aven  (Pont-Aven),  p.  33. 

Azlon,    Azlen   (Rioc    de    Ker-), 

p.  186. 
Bacb  Houuori,  p.  108. 
Bachin  (Compot),  p.  119. 
Baellec  (Kaer  en),  p.  189. 
Baf  (insula),  p.  108. 
Baiocasses,  p.  14. 
Balrit,  pp.  108,  461. 
Balilakel,  p.  109. 
Banadloc,  p.  189. 
Banazloc,  Banazlec,  pp.  189,  190. 
Ban  er  Lane,  p.  189,  n^  6. 
Banel,  p.  190. 
Bannalec,  p.  190. 
Banenberen,  p.  189. 
Banevel,  p.  189,  n.  6. 
Bangavre,  p.  189,  n.  6. 
Barach  (rente  de),  p.  190. 
Barazoes,  p.  190. 
Barbdifeith,  p.  109. 
Barcuni,  p.  42. 


384  — 


Bard  (Ilivallonus  lilius  an),  p.  190. 

Bardomagus,  p.  22. 

Bardus,  p.  15. 

Barlagadec,  p.  193. 

Barrivendi,  p.  42. 

Barza,  p.  190. 

Bastart  (Telent),  p.  109. 

Bath  Wenran,  pp.  108,  109. 

Bath  Guerran,  pp.  97,  108. 

Battha  (insula),  p.  97. 

Baudobriga,  p.  20. 

Becbran  (Jedecael),  p.  192. 

Becco,  p.  15. 

Bedguet,  p.  190. 

Beduu  (villa),  p.  109. 

Belatu,  p.  22. 

Belatugadrus,  pp.  5,  22. 

Belaïumara,  p.  22. 

Belec  (Kaer  en),  p.  189. 

Belesama,  p.  9. 

Belgae,  p.  13. 

Bellovesus,  p.  22. 

Belstomnus(Pascuuetben),p.  109. 

Benitoe,  p.  109. 

Benigaud,  p.  109. 

Berhues,  p.  190. 

Berhuider,  p.  193. 

Bermagouet,  p.  192. 

Berthgualt,  p.  190. 

Berthret,  pp.  190,  227. 

Berthues,  p.  190. 

Berthou  (Rivallon),  p.  190. 

Berthuualt,  pp.  109,  172. 

Berthuuor,  p.  109. 

Beryan,  Berrien,  p.  190. 

Besch  (Guegen  an),  p.  190. 

Besuoet,  p.  190. 

Betfuric,  pp.  109,  431. 

Betulla,  p.  15. 

Beuuin  (Bot),  p.  109. 


Beuzec,  pp.  97,  192. 
Beuzec-cap-Caval,  p.  192. 
Beuzec-Conc,  p.  192. 
Beuzec-cap-Sizun,  pp.  192,  230. 
Bezbot,  p.  190. 
Bezver  (la  Trinité  de),  p.  191. 
Bibracte,  p.  22. 
BiBROci,  p.  22. 
Bihan  (Vadum),  p.  109. 
Bilian  (Villa),  pp.  110,  158. 
Biscam,  pp.  110,  113. 
Biscan,  Bescan,  p.  110. 
Bitconiin,  pp.  110,  119,  n.  2. 
Bitmonoc,  pp.  110,  152. 

BiTUDAGA,   p.   36. 

BiTURix,  pp.  13,  22. 
Blawec'h  (fleuve),  p.  110,  n.  1. 
Blauued,  Blaouez,  pp.  110,  191. 
Blavet  (le),  p.  191. 
Blean  (Champ  an),  p.  191. 
Bledic,  p.  110. 
Blehuc,  p.  110. 
Bleidbara,  p.  110. 
Bleinchuant,  p.  191, 
Bleinrin,  p.  110. 
Bien  (Le),  p.  191. 
Blenlin,  p.  110. 
Blenliuet,  pp.  110,  14b. 
Bleinliuguet,  pp.  110,  145. 
Blenliuuet,  pp.  110,  145. 
Blenluet,  pp.  110,  145. 
Bleiz  (Bot),  p.  191. 
Bleuhoc  (Ker  an),  p.  191. 
Blezguenn,  Blezuenn,  p.  191. 
Bloez,  p.  191. 
Bluchic,  p.  191. 
Bluchiou,  p.  191. 
Bobleis,  p.  191. 
Bochiou,  p.  191. 
Bodan,  p.  110. 


385 


BoDir.us,  pp.  37,  49. 

BODINCOMAGUS,  p.  20. 

Bodoc-cap-Sidun,  p.  191. 
Bodocnous,  p.  84. 
BoDUOcr.  p.  42. 

BODUOGENUS,  p.  37. 
BODUOGNATUS,  p.  2'2. 

Boduuoret,  pp.  HO,  179. 
Boboiarn,  pp.  110,  139. 
Bodu,  p.  110. 

Boet  march  (redevance),  p.   192. 
Boiat  (Bron),  p.  112. 
Bonevel,  p.  192. 
Bonnescat,  p.  192. 
Bonnezgat,  pp.  192,  222. 

BORBETOMAGUS,  p.  20. 

Boresta  (G.  de),  p.  192. 
Borgrouaguer,  p.  226. 
Boseuc,  p.  192. 
Boslenus,  p.  111. 
Bosquedaouen,  p.  196. 
Botbleiz,  p.  192. 
Bottcadoan,  p.  196. 
Botcatman,  p.  150. 
Botcuacb,  pp.  110,  122. 
Botcuton,  pp.  110,  122. 
Bot-derff,  p.  192. 
Boterff,  p.  192. 
Bothlenus,  p.  111. 
Botlaeoc,  p.  192. 
Botgarth,  pp.  110,  131. 
Botlouuernoc,  p.  147. 
Botnezgat  (m.  de),  p.  192. 
BouDiccA,  pp.  22,  37. 
BouDius,  p.  22. 

Bouedieuc  (Gueguen  Le),  p.  192. 
Bouet  Bestout  (redevance),  p.  192. 
Bouzar  (Kaer  en),  p.  192. 
Bozec  (Le),  p.  192,  n»  3. 
Bozguen  (Portz),  p   192. 


Boznevel,  p.  192. 
Bran,  p.  111. 

Brandevy,  Brandivy,  p.  193. 
Brangili,  p.  193. 
Brangolu,  p.  193. 
Branbucar,  pp.  111,  138. 
Branbuydez,  p.  193. 
Branlagadec,  p.  193. 
Branoc,  p.  111. 
Branodunum,  p.  33. 
Branon,  p.  111. 
Branquassec,  pp.  111,  158. 
Bransecan,  p.  111. 
Bras  (Tret),  p.  111. 
Braspartz,  p.  111. 
Brasperz,  p.  192. 
Bratbertb,  pp.  109,  111. 
Bratuspantium,  p.  22. 
Brecbuualt,  pp.  111,  172. 
Brebant  Dincat,  p.  97. 
Breiz,  Breb,  p.  33. 
Brelevenez,  p.  193. 
Bremagouet,  p.  193. 
Brengolou,  p.  193. 
Brenhaffec,  pp.  193,  242. 
Brenmedno,  p.  111. 
Brensar,  p.  193. 
Brenvyan,  p.  76. 
Brentguent,  p.  193. 
Breoc  (villa),  p.  111. 
Bresel  (Harscoue't) ,  p.  193. 
Breselan,  p.  111. 
Breselconan,  pp.  111,  120. 
Breselcoucant,  pp.  111,  121. 
Breselmarchoc,  pp.  111,  150. 
Breselveu,  pp.  110,  111. 
Breseluuolri,  pp.  111,  177. 
Brest,  p.  192. 
Bretowenus,  p.  97. 
Brian,  p.  111, 


-  386  - 


Briec,  p.  193. 
Brient,  pp.  111,  193. 
Brigantes,  p.  33. 
Brigantienses,  p.  20. 
Brigantio,  p.  20. 
Brigindu,  p.  10. 
Brio,  p.  18. 
Brioc,  pp.  97,  111. 
Brioraaglus,  p.  97. 
Bnsiacum,  p.  97. 
Bi'itbael,  pp.  111,  134. 
Brithiac,  pp.  97. 
Bi-itoei,  p.  111. 
Britta,  p.  34. 
Brittia,  p.  33. 
Brittomarus,  p.  21. 
Brittones,  p.  34. 
Brivodurum,  p.  27. 
Briuualt,  pp.  111,  172. 
Briz  (Le),  p.  193. 
Briziac,  p.  193. 
Brocagni,  p.  42. 
Brocan,  p.  197. 
Broch  (Pauallon  an),  p.  193. 
Brochan  (Ran),  p.  112. 
Brochana  (regio),  p.  97. 
Brochniael,  p.  42. 
Broco.magus,  p.  22. 
Broen,  Broin,  p.  112. 
Broerec,  p.  193. 
Broheac,  p.  193. 
Broherec,  p.  193. 
Brohoearn,  p.  193. 
Brohomagli,  p.  42. 
Broinantrcar,  pp.  106,  112. 
Bromagus,  p.  20. 
Bron  Arill,  p.  112. 
Bronantrcar,  p.  106. 
Bron  Budnou,  p.  112. 
Bron  Budan,  p.  112. 


Bron  Budgen,  p.  112. 
Bron  Concar,  p.  112. 
Brondin,  p.  112. 
Broneuuor,  p.  112. 
Bronharch,  p.  112. 
Bronhitin  (villa),  p.  112. 
Bron  Kirifin,  p.  112. 
Bron  luduuocon,  p. 112. 
Bron  Malin,  p.  112. 
Bron  Monion,  p.  112. 
Bron  Ritiern,  p.  112. 
Bronsican,  p.  112. 
Bronsiuuan,  p.  112. 
Brontro,  p.  112. 
BronWinoc,  p.  112. 
Broniou  (campus),  p.  112. 
Broweroc,  pp.  48,  101,  111. 
Brouerec,  p.  193. 
Budan  (Bron),  p.  112. 
Budcomin,  pp.  112,  119  n»  2. 
Budgar  (Les),  p.  194. 
Budgen  (Bron),  p.  112. 
Budgual  (Tref),  p.  112. 
Budguoret,  pp.  194,  210. 
Budhemel,    Budhevel,    pp.    112, 

136. 
Budhoiarn,  pp.  112,  139. 
Budien,  pp.  112,  132. 
Budinit,  p.  113. 
Budmonoc,  pp.  112,  153. 
Budnou  (Bron),  pp.  112,  133. 
Budoere,  p.  194. 
Buduuere,  pp.  112,  173. 
Buduueten,  pp.  112,  174. 
Buduuolou,  pp.  112,  178. 
Bud-uuoret,  pp.  112,  179. 
Budic,  pp.  37,  49,  112. 
Budican,  p.  112. 
Budoc,  pp.  97,  112. 
Buduc-cap-Caval,  p.  113. 


387 


Buechc  (G.  an),  p.  194. 

Buhedoc,  p.  H3. 

Buhors,  pp.  113,  133. 

Buorht,  Buort,  p.  113. 

Buzic,  p.  194. 

Buzgar  (Les),  p.  194. 

Buzoret,  pp.  112,  194, 

Byen-he-pen,  p.  191. 

Kabal,  p.  113,  n.  2. 

Kadioc,  p.  195. 

Kadnemet,  p.  195. 

Kadnevet,  p.  195. 

Kadoan  (Bott),  p.  19(3. 

Kadodal,  pp.  115,  180. 

Kadoret,  pp.  195,  210. 

Kadoualain,  p.  195. 

Kadouarn,  p.  115,  n.  1. 

Kadoudal,  p.  195. 

Kadre  (Le),  p.  31. 

Kadvezen,  p.  195. 

KaduLidal,  pp.  115,  180. 

Kaemenet-vaen,  p.  196. 

Kaeou  (Yvo  de  Quoet-),  p.   194. 

Kaer  (plebs),  p.  113. 

Kaer-Ahes,  p.  186. 

Kaer  Aethlon,  p.  187. 

Kaer  en  Crocs,  p.  200. 

Kaer  Andolf,  p.  188. 

Kaer  an  Halegen,  p.  212. 

Kaer  an  Mau,  p.  220. 

Kaer  Bannhed,  p.  97. 

Kaer  Bullauc.  p.  113. 

Kaer  Calmez  (Yvo  de),  p.  194. 

Kaer  Kenvuz,  p.  194. 

Kaer  Chereon,  p.  197. 

Kaer  Conhouarn,  p.  200. 

Kaer  Couledenn,  p.  201. 

Kaer  Cunan  (Ptosmeuur  an  cloe- 

dou),  p.  117. 
Kaerdall,  p.  201. 


Kaerdiffeth,  p.  2U2. 
Kaer  Disaethou,  p.  202. 
Kaer  en  Belec,  p.  189. 
Kaer  en  Bouzar,  p.  192. 
Kaer  en  Treth,  p.  235. 
Kaer  en  Mostoer,  p.  222. 
Kaerfonton,  p.  205. 
Kaer  Gleuhirian,  p.  137. 
Kaergemesc,  p.  193. 
Kaergoet,  p.  194. 
Kaergoloff,  p.  199. 
Kaer  Guallezre,  p.  213. 
Kaer  Guelhezre,  p.  213. 
Kaer  Gorguen,  p.  211. 
Kaer-Goz,  p.  200. 
Kaer  Guaslae,  p.  208. 
Kaer  Guenmunuc,  p.  209. 
Kaer  Haeliou,  p.  212 
Kaer  Guischoiarn,  p.  176. 
Kaer-Huelin,  p.  214. 
Kaer-Lagad,  p.  216. 
Kaer  Liver,  p.  145. 
Kaer  Lodnic,  p.  217. 
Kaer  Luuet,  p.  218. 
Kaermaes,  p.  219. 
Kaermavyc,  p.  220. 
Kaer  Menedoch,  p.  152. 
Kaermogaer,  p.  219. 
Kaerneuguell  (Ploe),  p.  194. 
Kaernoet,  p.  194. 
Kaer-Nynvon,  p.  223. 
Kaer  Pilau,  p.  156. 
Kaer-Poeth,  p.  157. 
Kaer-Restou,  p.  159. 
Kaer-Rioal,  p.  228. 
Kaer-Rouant,  p.  229. 
Kaer-Rozerch,  p.  228. 
Kaer-Santeuc  (Yvo),  p.  230. 
Kaer-Strat,  p.  230. 
Kaer-Scauuen,  p.  164. 


388  — 


Kaer-Scoeu,  p.  1G4. 

Kaer-Vernhezre,  p.  213. 

Kaer-Uhel,  p.  236. 

Kaer  Urs  en  Cluthgual,  p.  236. 

Kaer-Uve],  p.  236. 

Kaer-Uuitcant,  p.  175. 

Kaesarobriga,  p.  20. 

Kaesarodunum,  p.  21. 

Kaesaromagos,  p.  20. 

Kaladunum,  p.  21. 

Kalan,  pp.  195,  216. 

Kalanhedre,  p.  113. 

Kaledan,  p.  113. 

Kaleti,  p.  38. 

Kallastreuc,  p.  195. 

Kalloch  (an),  p.  194. 

Kallon,  p.  113. 

Kallouch  (an),  p.  194. 

Kalniez  (Yvo  de  Kaer),  p.  194. 

Kalvez  (Yvo),  p.  194. 

Kam  (Riuualt),  p.  113. 

Kam  (Mais),  p.  194. 

Kamalodunum,  p.  21. 

Kambodunum,  pp.  21,  22. 

Kamboritum,  p.  34. 

Kambovicus,  p.  22. 

Kambus,  p.  38. 

Kamelorigi,  p.  43. 

Kamfruth,  pp.  113,  131. 

Karap-Caubalhint,  pp.  113,  115, 

137. 
Kamp-Coet,  pp.  113,  119. 
Kamp-Hinccoet,  p.  113. 
Kam-Latr,  pp.  113,  144. 
Kamp-Roth,  pp.  113,  163. 
Kampodono,  p.  34. 
Kamulodunum,  p.  34. 
Kamulogenus,  p.  23. 
Kanao,  p.  49. 
Kancell  (locus),  p.  113. 


Kanevet,  p.  195. 
Kanhiart  (Alan),  p.  113. 
Kanquisercn,  p.  197. 
Kanquisouré,  pp.  197,  213. 
Kantiort,  p.  43. 
Kantobenna,  p.  23. 
Kanthoe,  p.  114. 
Kantoean,  p.  114. 
Kantuueten,  p.  114. 
Kap-Caval  (Pagusl,  p.  113. 
Kap-Sidum  (Budoc),  p.  113. 
Karadoc,  Karadec,  pp.  118,  195. 
Karahais,  p.  187. 
Karantcar,  pp.  23,  114. 
Kabantillus,  p.  23. 
Karantinus,  p.  38. 
Karantnou,  pp.  114,  133. 
Karantomagus,  p.  20. 
Karanton  (Ran),  p.  114. 
Karantonus,  p.  23. 
Karantorius,  p.  43. 
Karantus,  p.  38. 
Karatacus,  p.  38. 
Karatillus,  p.  38. 
Karatius,  p.  38. 
Karatoc,  p.  38. 
Karbantorigon,  p.  15. 
Karentuc  (Tref),  p.  195. 
Karhaix,  p.  187. 
Karmunoc,  pp.  115,  153. 
Kam  (Rodoed),  p.  114. 
Karnoet,  p.  194. 
Karoc  (Ros),  pp.  114,  163. 
Karo  p.  114. 
Karoth  (Plebs),  p.  114. 
Kari'ec  (Sylva),  p.  114. 
Karrodunum,  p.  21. 
Kartismandua,  p.  14. 
Karuenat  (redevance),  p.  195. 
Karu  (Ker),  p.  195. 


389 


Karui  (Ran),  p.  114. 
Karuuan  (Tribus),  p.  114. 
Kaspenboih,  p.  205. 
Kassec  (Bran),  p.  158. 
Kassibratius,  p.  31. 
Kassimara,  p.  21. 
Kassitalos,  p.  13. 
Kass(\-ellaunus,  pp.  31,  38. 
Kastel  (Plebs),  p.  115. 
Kastellcran,  pp.    115,  121. 
Kastellin,  p.  154,  n.  9. 
Kastennec,  p.  223. 
Kastreuc,  p.  195. 
Katacus,  pp.  43,  38. 
Katbud,  pp.  112,  115. 
Katcubrat,  pp.  115,  122. 
Kate,  p.  115. 
Kateneuf,  p.  195. 
Katheneuc,  p.  195. 
Katgloui,  p.  195. 
Katgualadr,  p.  207. 
Katguallon,  p.  105. 
Kathoiant,  pp.  115,  139. 
Kathoiarn,  pp.  115,  139. 
Kathno,  p.  115. 
Katihernus,  pp.  49,  115,  n°  l. 
Katiri,  p.  43. 
Katloant,  pp.  115,  145. 
Katlogon,  Katloen,  pp.  115,  145. 
Katloiant,  pp.  115,  145. 
Katlon,  Kallon,  pp.  115,  146. 
Katlouuen,  pp.  115,  147. 
Katmaelus,  p.  97. 
Katmaglus,  p.  97. 
Katman  (Bot),  p.  115. 
Katmoet,  pp.  115,  152. 
Katmonoc,  pp.  115,  153. 
Katnemet,  pp.  115,  154. 
Katobrica,  p.  20. 
Katic,  p.  115. 


Katin  (Plebs),  p.  115. 
Katoc,  p.  115. 
'  Katoe,  p.  115. 
Katoien  (Ran),  p.  115. 
Katotigirni,  p.  43. 
Katuci,  p.  38. 
Katulus,  p.  38. 
Katuriges,  p.  23. 
Katurigomagus  ,  pp.  20,  23. 
Katurugi,  p.  43. 
Katusualis,  p.  13. 
Katuslogi,  p.  23. 
Katusloiant,  pp.  115,  145. 
Katuualart,  Kaduualart,  pp.  115, 

171. 
Katuuallon,  pp.  194,  1886;  115, 

171. 
Katuvellauni,  p.  34. 
Katuuethen,  pp.  115,  174. 
Katuuobri,  pp.  115,  177. 
Katuodu,  pp.  115,  110. 
Katuuocon,  pp.  115,  177. 
Katuuolet,  p.  115. 
Katuuolou,  p.  115,  178. 
Katuuoret,  pp.  115,  179. 
Katuuotal,  pp.  115,  180. 
Katuuoton,  p.  115. 
Katuu,  p.  115. 
Katuud,  pp.  115,  112, 
Katuur.  pp.  115,  180. 
Kaubal-hint  (Camp),  p.  115. 
Kaune,  p.  43. 
Kaupalhint,  p.  137. 
Kaval  (pagus  Cap-),  137. 
Kavalloc  (Cher),  p.  137. 
Kautper  (Lein),  p.  196. 
Kazdre  (Yvo  Le),  p.  196. 
Kazlan,  p.  175. 
Kaznemed,    Kazneved,   pp.   195, 

09^ 


390 


Kazre,  p.  196. 
Kebenna,  p.  23. 
Kedgost,  pp.  115,  133. 
Keedell  (an),  p.  196. 
KehedeuU  (an),  p.  196. 
Kei  Chnech  Samsun,  p.  118. 
Keinmerh,  p.  196. 
Keinnic,  p.  113. 
Kelen,  p.  196. 

Keleonen  (Kadoret  an),  p.  196. 
Kelfenec,  p.  198. 
Kelliuuenham,  p.  115. 
Kelloué,  p.  196. 
Keltae,  p.  13. 
Kelvoez,  p.  196. 
Keluaiz,  p.  196. 

Kembre  (Diles  Heirguor),  p.  115. 
Kemenet-Guegant,  p.  196. 
Kemenet-Heboueu,  p.  136. 
Kemenet-Maen  pp.  196. 
Kemenet-Vaen,  p.  196, 
Kemesc  (Kaergemesc),  p.  197. 
Keminet  (Plucgaduc  in),  p.  116. 
Kemmenon,  p.  23. 
Kemper-Corentin,  p.  197. 
Kemper-Ele,  p.  116. 
Kemrod  (redevance),  p.  197. 
Kenbud,  pp.  112,  116. 
Kendlavan,  p.  197. 
Kenquis-Gourhezre,  p.  197. 
Kenec-Bily,  p.  197,  n.  3. 
Kenec-Crasuc,  p.  197. 
Kenec-Euzen,  p.  197. 
Kenech-Golohet,  p.  197,  n.  3. 
Kenech-Turnur,  p.  118, 
Kene-Colet,  p.  197,  n.  3. 
Kenepozan,  p.  197,  n.  3. 
Kenetlor,  p.  116. 
Kenguethen,  pp.  116,  174. 
Kenhouet  (Alain  de),  pp.  197, 199. 


Kenhuuant,  pp.  116,  172. 
Kenmarch,  p.  197. 
Kenmarcoc,  pp.  116,  150. 
Kenmaroc,  p.  197. 
Kenmiscet,  p.  116. 
Kenmonoc,  116,  153. 
Kenquoyt,  p.  77. 
Kentlaman,  pp.  H6,  144,  197. 
Kentreuc  (Le),  p.  197. 
Kentrones,  p.  14. 
Kentuuant,  pp.  116,  172. 
Kentuuocon,  pp.  116,  177. 
Kenvaroc,  p.  197. 
Kenworet,  pp.  116,  179. 
Kenvuz  (Kaer),  pp.  197,  194. 
Kerahes,  p.  186. 
Keralgar,  p.  187,  195. 
Ker  an  Beleterian,  p.  224. 
Ker  an  Goffic,  p.  206. 
Ker  ann  ezne,  p.  204. 
Ker  an  peleterien,  p.  224. 
Ker  an  trech,  p.  235. 
Ker  an  treiz,  p.  235. 
Keraudren,  Keraudrain,  p.  209. 
Kerazlon,    Kerazlen    (Rioc   de), 

p.  187. 
Kerbellec,  p.  189. 
Kerberon,  p.  224. 
Kerbeterian,  p.  224. 
Kerbezron,  p.  224. 
Kerboclion,  Kerbocquelion,  p.  196. 
Kerbouar,  p.  193. 
Kercaru,  p.  195. 
Kercavalloc,  pp.  113,  115. 
Kercazdre,  p.  196. 
Kercheresuc,  p.  H3. 
Kercuelen,  p.  201. 
Kerdalidec,  p.  122. 
Kerdec,  p.  232. 
Kerdehel,  p.  232. 


391 


Kerdezael,  p.  "232. 
Kerdiffez,  p.  202. 
Kerdoncuff,  p.  122,  n.  3. 
Kerdrehouarn,  pp.  126,  234,  n.  5. 
Ker  en  gov,  p.  206. 
Ker  en  lazre,  p.  216. 
Kerfagot,  p.  203. 
Kerfeunteun,  p.  205. 
Kergaffec,    Kergavec     (H.    de), 

p.  194. 
Kerganemeur,  p.  208. 
Kergano,  p.  195. 
Kergaznou,  p.  195. 
Kergoaledre,  p.  213. 
Kergoallen,  p.  207. 
Kergoet,  p.  199. 
Kergollaire,  p.  213. 
Kergonan,  p.  200. 
Kergorlay,  p.  209. 
Kergouic,  p.  206. 
Kergourguy  (Croeshent,  pp.  201, 

211. 
Ker  Guegan  an  meur,  p.  208. 
Kerguelen,  p.  207. 
Ker-Guelhezre,  p.  213. 
Keriaval,  p.  136,  n.  1. 
Kericar,  p.  142,  n.  10. 
Kericant,  p.  142  n.  7. 
Kericunff,  p.  203. 
Keridloen,  p.  142. 
Kerivaladre,  p.  171,  n.  5. 
Keristin,  p.  142,  n.  4. 
Kerivalan,  p.  160,  n.  1. 
Kerivalen,  p.  228. 
Keriven,  p.  228. 
Kerivilaine,  p.  159,  n.  9. 
Ker-Lamberz,  p.  216. 
Kerleguenic,  p.  206. 
Kerlehouarn,  p.  205,  n.  4. 
Kerlevarec,  p.  205,  n.  4. 


Kerloern,  p.  147. 
Kerloes,  Kerloix,  p.  206. 
Kerloscheit,  pp.  113,  146. 
Kerlud,  p.  218. 
Kermadeze,  p.  220. 
Kermaux,  p.  220. 
Kermar,  p.  113. 
Kermaria  en  Estic,  p.  203. 
Kermavic,  p.  220. 
Kermoil,  p.  152. 
Kermeurzin,  p.  221. 
Kermorgat,  p.  221. 
Kernaleguen,  p.  212. 
Kernazrez,  p.  222. 
Kernen,  p.  204. 
Kerneo,  p.  34. 
Kerneuguel,  p.  194. 
Kernével,  p.  194. 
Kernours,  Kernous,  p.  236. 
Kernuz,  p.  223. 
Kerorguen,  p.  211,  n.  3. 
Keroset,  p.  228. 
Keroualan,  p.  208. 
Keroualch,  p.  221. 
Kerpezron,  p.  224. 
Kerrien,  p.  194. 
Kertrual,  p.  228. 
Kervadoret,  p.  150,  n.  5. 
Kervanazleuc,  p.  190. 
Kervehenec,  p.  209. 
Kervelegan,  p.  148,  n.  10. 
Kervenazleuc,  p.  76. 
Kerverné,  p.  213. 
Kervesquell,  p.  198. 
Kerveur,  p.  21. 
Kerruaîen,  p.  228. 
Keryan,  p.  194. 
Kere  (Gradlon),  p.  197. 
Kerentin,  p.  114. 
Kereon  (Caer),  p.  197. 


—  392 


Keroenoc  (Concar),  p.  117. 

Ketomerin,  p.  97. 

Keudet  (Coz),  p.  198. 

Keuric,  p.  11  G. 

Keuuirgai",  p.  118. 

Kevranoc,  p.  198. 

Kevrod  (redevance),  p.  197. 

Keymerch,  Keynmerch,  p.   196. 

Kic-houch-lart  (Daniel),  pp.  196, 

214. 
Kilguennec,  p.  198. 
Kilmezien,  p.  198. 
Kilvesquell,  p.  198. 
Kilvien,  p.  198. 
Killai,  Kyllai,  p.  143. 
Killian,  p.  198. 
Killicaduc,  p.  198. 
KiLURNO,  p.  34. 
Kimerc'h,  p.  196. 
Kemper-Guezennec,  p.  197,  n.  1. 
Kimpero,  p.  197,  n.  1. 
Kinquisellen,  p.  197. 
Kinciit,  pp.  116,  122. 

KiNGETORIX,  p.  21. 
KiNTUGENUS,  p.  38. 

KiNTUGNATus,  pp.  22,  23. 
Kintuuallon,  pp.  116,  171. 
Kintuuant,  pp.  116,  172. 
Kintuuocon,  pp    116,  177. 
Klntuuoret,  pp.  116,  179. 
Kirifin  (Bron),  p.  112. 
Klatuuin,  p.  116. 
Kleker,  Cleguer,  p.  116. 
Kleden-cap-Sizun,  p.  198. 
Kleden-Poher,  p.  198. 
Klegeruc,  Cleguerec,  p.  117. 
Klehuri,  p.  198. 
Kleroc,  p.  117. 
Kletguen-Pocher,  p.  198. 
Kleuz  (Poul  an),  p.  198. 


Kleuz-Gouziern,  p.  198. 
Kleuziou.  p.  198. 
Klézio  (Le),  p.  198. 
Klezoeri,  p.  198. 
Kloedou  (Ros  meuur  an),  p.  117. 
Kloez  en  Goueli,  p.  198. 
Kloezguall,  p.  199. 
Klofion,  Klohion  (Ran),  p.  117. 
Klohars-Carnoet,  p.  199. 
Klohars-Fouesnant,  p.  199. 
Kloicerian,  p.  117. 
Klolethoc,  p.  144. 
Klotri,  p.  4. 
Klotuali,  p.  43. 
Klotuuious,  p.  117. 
Klotuuoiam,  p.  117. 
Klotuuoion,  pp.  117,  177. 
Kloutius,  p.  4. 
Kloziou,  p.  198. 
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Kompot  Uuincampt,  p.  119. 
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Konan,  p.  120. 
Eonbrit,  pp.  111,  120. 
Konbroin,  pp.  112,  120. 
Konc  Hinoc,  pp.  120,  137, 
Koncar  (Bron),  pp.  112,  120. 

KoNDATEj.p.  24. 


Kondeleu,  pp.  120,  123. 
Kondeloc,  p.  120. 
Kondelu,  pp.  120,  123. 
Kondeluoc,  pp.  120,  123. 

KONDERCUJI,  p.   34. 
KONETOCI,  p.  44. 

Koneuc  (Ploe),  p.  200. 
Kongen,  pp.  120,  132. 
Konglas,  Kunglas,  pp.  120,  132. 
Konhael,  pp.  120,  135. 
Konhoiarn,  pp.  120,  139. 
Konhuarn,  p.  200. 
Konjubot,  p.  120. 
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Konocanus  (sanctus),  p.  120. 
Konoch  (monasterium),  p.  120. 
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Konoit,  p.  120. 

KONOMAGLUS,  p.  98. 
KONOMOREM,  p.  49. 
KONOMORIUM,  p.  100. 
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Konon  (Ran),  p.  120. 
KoNOviuM,  p.  34. 

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Konvili,  pp.  110,  120. 
Konuual,  pp.  120,  171. 
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Korguethen,  p.  200. 
Koruueten,  pp.  120,  174. 
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KORBAGNI,  p.  44. 
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Korentin,  p.  118,  n.  6. 


394  — 


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Kourentinus,  p.  118. 
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Krankendic,  p.  121. 
Kranquarima,  pp.  121,  148. 
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Krasuc  (Chnech) ,  pp.  118,   121. 
Krauthon,  Craothon,  Craozon,  p. 
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Kraz,  Krach,  p.  200. 
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Krenarth,  p.  121. 
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Kristian,  p.  122. 
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Kroch  (Rimeren),  p.  122. 
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Kuelen  (Ker),  p.  201. 
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Kumcar,  pp.  122,  114. 
Kumdeloc,  pp.  119,  123. 
Kumdelu,  pp.  119,  123. 
Kumhacnan,  p.  119. 
Kumhael,  pp.  120,  135. 
Kunan,  pp.  195,1886;  122. 
Kunatam,  pp.  195,  1886;  120. 
Kunatan,  p.  120. 
Kunauualt,  p.  120. 
Kundiern,  pp.  120,  167. 
KuNEGLASE,  pp.  48,  132. 

KUNEGNI,  p.   44. 


—  395  — 


Kunglas,  Cunclas,  pp.  120,  132. 
Kunhael,  pp.  120,  135. 
Kunmail,  Conmael,  pp.  120,  149. 
Kunmin,  pp.  120,  151. 
Kunfif  (Ker  er),  pp.  122,  n.  3.  200, 

KUNOBARRUS,  p.  38. 
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KUNOCENNI,  p.  44. 

KuNOGUssi,  p.  44. 

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Kunuuas  (Ran),  pp.  120,  172. 

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Dalam,  p.  123. 

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Daliduc,  Dalidec,  pp.  122,  n.  4, 

201. 
Damarcoc,  pp.  122,  150. 
Dannomarus,  p.  21. 
Dannotalos,  pp.  7,  8. 
Dannotaliknoi,  pp.  7,  8. 
Dant-enes,  pp.  122,  128. 
Dant-hir  (Maeluc),  pp.  122,  137. 
Datlin,  p.  122. 
Def  (Le),p.  201. 
Degol  (luthel),  p.  122. 
Delehedoc,  p.  123. 


Demer  (vicus),  p.  232. 
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Derguezec,  p.  201. 
Dermunuc,  pp.  123,  152. 
Deroc,  p.  123. 
Dervaci,  p.  44. 
Derventio,  p.  35.- 
Dervoedou  (nemus),  p.  201. 
Desaruoe,    Desarui,    Deseruoe, 

pp.  125,  201. 
Detuuidhael,  pp.  123,  135. 
Devignata,  p.  24. 
Devognata,  pp.  24,  38. 
Deuff  (an),  p.  201. 
Deulogou,  p.  201. 
Deurhoearn,  pp.  123,  139. 
Deuroc,  p.  123. 
Deuzmat,  p.  203. 
Deugui  (Loc-),  p.  201. 
Devy  (Bran-),  p.  201. 
Dexsiva,  p.  24. 
Diargarth,  p.  202. 
Dififeth  (Kaer),  p.  202. 
Difed  (Ker),  p.  202. 
Diguezat,  p.  202. 
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Dreanau,  Drianau,  pp.  106.  125. 
Dreanthon,  pp.  106,  125. 
Drebodu,  pp.  106,  125. 
Drecon,  p.  126. 
Drehoc,  Driboc.  p.  126. 
Drehoiarn,  pp.  125,  126. 
Drelouuen,   Drilouuen,  pp.   126, 

147. 
Dremrud  (Daniell.pp.  126,  163. 
Dreon,  p.  126. 


Dreuuallon,  Driuuallon,  pp.  126, 

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Dreuuoion,  pp.  126,  177. 
Dreuuoret,  pp.  126,  179. 
Drian,  p.  126. 
Driken,  p.  127. 

Drichglur,  Drihglur,  pp.  126,  133. 
Dricliguoret,  pp.  126,  179. 
Driduuallon,  pp.  127,  171. 
Driduualt,  pp.  127,  172. 
Driduuoret,  pp.  127,  179. 
Dribican,  p.  127. 
Driblouuen,  pp.  127,  147. 
Drihuualoe,  Drebuualoe,  pp.  126, 

172. 
Dribuualt,  pp.  126,  172. 
Dribuuobri,  Dreuuobri,  pp.  126, 

177. 
Drimonoc,  pp.  126,  153. 
Drioc,  p.  127. 
Driuin,  p.  126. 
Driuinet,  Dribuinet,  p.  126. 
Driuueten,   Dreuueten,   pp.   126, 

174. 
Driuuolou,  pp.  126,  178. 
Droaloi,  p.  127. 
Drongualoe,  p.  127. 
Droniou,  p.  203. 
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Druides,  pp.  14,  24. 
Druniou,  p.  203. 
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-  397 


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Dumnouuallon,  pp.  127,  171. 
DuMNOvERos,  pp.  25,  31. 
Dumuual,  pp.  127,  171. 
Dumuualart,  pp.  127,  171. 
Dumuuallon,  pp.  127,  171. 
Dumuuoret,  pp.  127,  179. 
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DUROLEYUM,  p.  27. 
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Durui,  p.  127. 
Duvrti,  pp.  128,  167. 
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Ebrodunum,  p.  21. 
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Edern  (Lan),  p.  128. 

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Elliant,  p.  203. 
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Eneuuor,  p.  128. 
Eneuur  (Pluev),  p.  128. 
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Ennogent,  Ennoguent,  pp 

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Eozen,  p.  129,  n.  2. 
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Epetic,  p.  128. 
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203, 


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Erispoe,  pp.  110,  129. 
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Ervezen,  p.  188. 
Escomar,  p.  142. 
Escop  (Maes),  p.  203. 
Esquebyon,  Esquibien,  p.  203. 
Estic  (Kermaria  en),  p.  203. 
ESUNERTUS,  p.  26. 
Etcar  (Ran),  pp.  129,  114. 
Eterni,  p.  45. 
Ethlon,  p.  105,  146. 
Etuual  (Treb),  pp.  129,  1G8. 
Euboduu,  pp.  110,  129. 
Eucant,  pp.  129,  114. 
Eucat,  p.  129,  115. 
Eudoethal,    Heudotal,   pp.   129, 

125. 
Eudon,  p.  129. 
Euhocar,  pp.  129,  138. 
Euhoiarn,Heuhoiarn,pp.  129, 139. 
Euhuarn,  Ehoarn,  pp.  129,  139. 
Eumonoc,  pp   129,  153. 
Eusurgit,  Eusorchit,  p.  129. 
Eutanet,  pp.  129,  166. 
Euuen,  p.  129. 
Euuor  (Bron).  p.  112. 
Euzen  (Kenech),  p.  204. 
Ezeou  (Loch),  p.  204. 
Ezn  (Kerannezne),  p.  204. 
Eznet  (Roclienneznet).  p.  204. 

EXANDECOTTIS,  pp.  7,  8. 
EXGINGOMARUS,  p.   21. 

Exconiarcus,  p.  142. 
ExoDNUs,  p.  26. 


Fabr  (Tigran),  p.  129. 

Faeledan  (H.  de),  p.  204. 

Fannuci,  p.  45. 

Fanoni,  p.  45. 

Faubleid,  pp.  129,  110. 

Faumoetcai-,  pp.  129,  152. 

Faumouron,  p.  127. 

Felan  (saint),  p.  204. 

Felestreuc,  p.  204. 

Fenten  (Kaer),  p.  205, 

Fergant  (Alan),  p.  204. 

Festgen,  Festien,  pp.  129,  132. 

Festuuore,  pp.  127,  172. 

Festuuoret,  p.  129,  179. 

Fezglan,  Fezlan  (saint),  p.  204. 

Feuillée  (La),  p.  204. 

Fidlon,  pp.  129,  146. 

Fingar  (Tref),  p.  129. 

Finitan,  p.  130. 

Finithic,  p.  130. 

Finitger  (pars),  p.  130. 

Finithoiarn,  pp.  130,  139. 

Finitit,  p.  130. 

Finituueten,  pp.  130,  174. 

Finituuoret,  pp.  130,  179. 

Finius,  p.  130. 

Finoes,  p.  130. 

Firinan,  p.  130. 

Flam  (Gradlon),  p.  130. 

Foeonen,  p.  204. 

Follaethou,  p.  204. 

Folled  (an)  (La  Feuillée),  p.  204. 

Fonus,  p.  130. 

Fou  (pagus  en),  p.  129. 

Foubleth,  p.  129. 

Fracanus,  pp.  98,  130. 

Fracant,  p.  130. 

Fradleoc  (Fragual),  p.  130. 

Framuual,  p.  130. 

Fraugal,  Fraval,  p.  130. 


-  399  - 


Freugor,  p.  154,  n.  5. 

Fredor,  Fredur,  pp.  131,  204. 

Fremeur,  p.  205,  a.  1. 

Fretu,  p.  205,  n.  i. 

Freoc  (Aethuric),  p.  130. 

Freudor,  Freodor,  Fredur,  p.  131. 

Frieuc  (G.  dictus),  p.  204. 

Frontu,  p.  10. 

Frot-questell,  p.  205. 

Frot-eginoc,  p.  131. 

Frot-guiuuan,  p.  131. 

Frot-mer,  p.  204. 

Froutmer,  p.  204. 

Frugi  (mont),  p.  118,  n.  2. 

Frut,  p.  131. 

Frutraur,  p.  204. 

Fuenant,  pp.  131,  154. 

Funton  maen,  pp.  131,  142. 

Funtun  guenn,  p.  205. 

Furie  (Bet),  p.  131. 

Gablah  (plebs),  p.  131. 

Gabrantuici,  p.  35. 

Gabreta  (silva),  p.  26. 

Gabromagus,  pp.  20,  26. 

Gabrosentum,  pp.  26,  35. 

Gaesati,  p.  16. 

Galatae,  p.  32. 

Galbudic,  Galvudic,  pp.  112,  131, 

Galcon,  p.  131. 

Galdub,  Galdu,  pp.  127,  131. 

Galfrot,  p.  205. 

Galgon,  p.  200. 

Galvrout,  p.  205. 

Galviu,  Galveu,  pp.  110,  131. 

Galuudic,  pp.  112,  131. 

Galuuoret,  pp.  131,  179. 

Ganoean,  p.  131. 

Gargam,  p.  205. 

Gartabos,  p.  9. 

Garthmaelan,  p.  46. 


Garz  (ubel-),  p.  205. 

Garz-penboeth,  pp.  205,  226. 

Gavale,  (Plebs),  p.  131. 

Gavale  (Ster-),  p.  131. 

Gavr  (Goez  an),  p.  205. 

Gavrinis,  p.  26. 

Gedegou,  p.  275. 

Gellan  (Tref),  pp.  132,  168. 

Gelloc  (villa),  p.  132. 

Gellocus,  p.  98. 

Gêna  va,  p.  26. 

Gennai,  p.  132. 

Gesodunum,  p.  21. 

Geziquael,  p.  215. 

Gicquel,  p.  143,  n.  3. 

Gingomar,  p.  119,  n.  4. 

Ginguené,  p.  143,  n.  5. 

Glan  (Le),  p.  205. 

Glanret  (portus),  pp.  132,  161. 

Glanuon,  p.  205. 

Glast,  p.  205. 

Gleden,  p.  132. 

Glehoiarn,  p.  139. 

Glemarchuc,  Glemarhec,  p.  205. 

Glemarroc,  pp.  132,  205. 

Glemeren,  p.  205. 

Glemonoc,  pp.  132,  159. 

Glevaroc,  p.  205. 

Glevili,  p.  205. 

Gleu,  p.  205. 

Gleubidoe,   Gleuvidoe,    pp.   109, 

132. 
Gleucomal,  pp.  119,  132. 
Gleucomin,  pp.ll9,  n.2, 132. 
Gleucourant,  pp.  120,  132. 
Gleucunan,  p.  205. 
Gleucuv,  pp.  122,  133. 
Gleudaen,  Gleudain,  p.  132. 
Gleudalan,  p.  132. 
Gleudanet,  pp.  205. 


400  — 


Gleuethen,  p.  205. 
Gleuhedr,  p.  205. 
Gleuhel,  pp.  132,  134. 
Gleuhirian  (Kaer),  p.  137. 
Gleuhoiarn,  pp.  132,  139. 
Gleuhucar,  pp.  132,  138. 
Gleulouuen,  pp.  132,  147. 
Gleumarcoc,  pp.  132,  150. 
Gleumaroc,  p.  205. 
Gleumonoc,  p.  132,  153. 
Gleuian,  p.  205. 
Gleuvidoe,  pp.  109,  132. 
Gleuvili,  pp.  110,  133. 
Gleuueten,  Gleuguethen,  p.  133. 
Gleuuoret,  p.  133. 
Gloegen,  Gloeguen,  pp.  197,  206. 
Gloeguenic  (Keij,  p.  206. 
Gloegun,  p.  206. 
Gloesanau,    Gloisanau,  pp.    106, 

133. 
Glomael,  Glomel,  p.  206. 
Glouher  (Le),  p.  206. 
Gluidic,  p.  206. 
Gluic  (Riou  Le),  p.  206. 
Gnauet,  p.  133. 
Gnuoiimael,  pp.   133,  149. 
Goallen  (Ker),  p.  207. 
Goaz  an  golchen,  p.  206. 
GOBANNIO,  p.  35. 
GOBANNITIO,  p.   26. 

Gobrien,  p.  176,  n.  9. 

Goeff,  p.  206. 

Goellau  (Laz  en),  p.  206. 

Goello,  p.  206. 

Goetheloc,  p.  206. 

Goeth  Telent,  p.  206. 

Goez-Kam,  pp.  195,  206. 

Goez   an   avre,    Goez   an  gaffrc, 

p.  205. 
Goez  maen  (an),  p.  206. 


Goez  vihan  (an),  p.  206. 
Goezian,  p.  208. 
Goff   (Le),   p.   206. 
Gof  (Ran),  p.  133. 
Goffic  (Ker  an),  p.  206. 
Gohen,  p.  213. 
Gohludic,  p.  200. 
Goiduual,  p.  177. 
Goilou,  Goilo,  p.  206. 
Golban  (vadum),  p.  97. 
Golbin  (randremes),  p.  133. 
Golohet  (Quenech),  p.  207. 
Golouen    (Alanus    dictus    an), 

p.  207. 
Golu  (Bren),  p.  207. 
Gonidoc,  p.  211. 
Goicuf,  pp.  201. 
Gorezre,  p.  211. 
Gorgar,  p.  211. 
Gorguen  (Caer),  p.  211. 
Gorhezre,  p.  213. 
Goriat,  p.  207. 
Gorien,  p.  207. 
Gormaelon,  p.  211. 
Gorreden,  p.  211. 
Goi-serch,  p.  211. 
Gorurein,  Gourui'ein,  p.  211. 
Govry  (saint),  pp.  193,  207. 
Gouesnac'h,  p.  207. 
Goueznou,  p.  101. 
Gouidnet  (Pull),  p.  133. 
Goumenech,  p.  207. 
■GourcuflF,  pp.  122,  n.  3,  211. 
Gourden,  pp.  137,  n.  6,  211. 
Gourgi  (Ker),  p.  211. 
Gourin,  p.  211. 
Gourlouuen,  p.  211. 
Gourmaelon,  pp.  211. 
Gourmelon,  p.  181,  n.  1. 
Gourmil  (La  Ville-),  p.  180  n.  12. 


-  401 


Gouziern  (Loo),  p.  207. 
Gouzoguec  (Lei,  (Touguec.  p.  207. 
Graalend,  p.  133. 
Gradlon,  Gratlon,   pp.   133,   146, 

207. 
Gradou  (Ran),  p.  133. 
Grallon,  Gralon,  p.  -207. 
Grat,  p.  133. 
Grazlon,  p.  207. 
Grazou  (P.  de),  p.  207. 
Gredcanham,  pp.  113,  134. 
Greduuobri,  pp.  134,  177. 
Greduuocon,  pp.  134,  177. 
Greduuoret,  pp.  134,  179. 
Gretan,  p.  134. 
Grettanet,  pp.  134,  166. 
Grocon,  p.  134. 
Groekin,  Grokin,  p.  134. 
Groegon,p.  207. 
Groniar,  p.  134. 
Gronuhel,  pp.  134,  170. 
Gualch,  p.  207, 
Guasdoe,  p.  208. 
Guaslae  (Caer),  p.  208. 
Guedel  (insula),  p.  208. 
Guedhenoc,  p.  209. 
Guedgual,  p.  208. 
Guedian,  p.  208. 
Gaegan  an  meur  (Ker),  p.  208. 
Guegant.  p.  208. 
Guegon,  pp.  174,  208. 
Guegenou,  p.  208 
Gueguant,  p.  174. 
Gueguen,  Gueguent,  pp.  174,  208. 
Guehenoc,  pp.  173,  210. 
Guelderch,  p.  210. 
Guelhezre  (Ker),  p.  208. 
Guele-cûumarho,  p.  199. 
Guellodoe,    Guellozae,    pp.    208. 

209. 


Gueltas  (saint),  p.  208. 
Guemene-Guingant.  p.  169. 
Guenn  (Noyai),  p.  209. 
Guennargant,  pp.  98,  107. 
Guencalon,  pp.  113,  175. 
Guencuf,  p.  208. 
Guengamp,  p.  175. 
Guengat  (Les),  p.  195. 
Guenhael,  pp.  175,  208. 
Guenlodoe,  p.  208. 
Guenment,  p.  209. 
Guenmoloc,  p.  209. 
Guenmunuc  (Caer),  p.  209. 
Guenserch,  p.  209. 
Guenvred,  pp.  193,  209. 
Guenvreth,  pp.  111,  175. 
Guennedat  (Presel),  p.  176. 
Gueniht,  p.  210. 
Guenno,  p.  176. 
Guennuc  (Eudo),  p.  209. 
Guerbernèze,  p.  209. 
Guergrom,  p.  209. 
Guern-Audren,  p.  209. 
Guern-ezne,  p.  204. 
Guern-gorle,  p.  209. 
Guern-Perennes,  p.  209. 
Guern-grom,  p.  209. 
Guernuidel  (plebicula),  p.  173. 
Guernuuital(inonasteriura),p.l73. 
Gueroch.  p.  209. 
Guerran,  p.  175. 
Gaeslan,  p.  64. 
Gueten,  p.  173. 
Gueth  Ronan,  p.  209. 
Guethencar,  p.  174. 
Guethencor,  p.  174. 
Guethengar,  p.  209. 
Guethenoc,  Guethenuc,  pp.   173, 

209. 
Guevre  (Mein  an),  p.  205. 

20 


—  402  — 


Guezcl  (insula),  p.  2U8. 
Guezenoc,  Guezenoq,  p.  210. 
Guezengar,  p.  209. 
Guezgon,  p.  208. 
Guezou,  p.  210. 
Guicant,  p.  174. 
Guikerneau,  p.  210,  n.  2. 
Guicbri  (Guipry),  pp.  111,  134. 
Guidel,  p.  208,  n.  2. 
Guidgual,  Guidual,  p.  175. 
Guielderch,  p.  210. 
Guihomarch,  Guihomar,  pp.  176, 

210. 
Guihomarchou,  p.  210. 
Guihonfarch,  p.  210. 
Guiligomar,  pp.    119,  n.  4,   199, 

208. 
Guillozoe,  p.  208. 
Guincalon,  pp.  113,  175. 
Guinhezr,  p.  210. 
Guinhael,  p.  175. 
Guiomar,  p.  176. 
Guipry,  p.  134. 

Guischoiarn  (Kaer),  pp.  139,  176. 
Guiscriflf,  p.  210. 
Guitur,  p.  176. 
Gulbrit,  p.  111,  n.  6. 
Gulchuenn,  Gulguenn,  p.  210. 
Gui  et  lau,  p.  141. 
Gulugan,  p.  134. 
Guodanau,  pp.  106,  177. 
Guodmochus,  pp.  152.  177. 
Guodmon,  pp.  152,  177. 
Guoeduual,  p.  177. 
Guoeth  ann  avallen,  p.  206. 
Guolchti,  pp.  134,  167. 
Guorasou,  pp.  107,  178. 
Guorgomed,  p.  178. 
Guorheten,  p.  179. 
Guormelon,  p.  181,  n.  1, 


Guornihouuen,  p.  181. 
Guorreden,  p.  179. 
Guorvili,  pp.  110,  178. 
Guoruueten,  p.  179. 
Guranton,  pp.  106,  178. 
Gurchuant,  p.  210. 
Gurki,  pp.  110,  180. 
Gurcum,  p.  211. 
Gurdekm  (Lan),  p.  123. 
Gurdestin,  p.  101, 
Gurdetgued,  pp.  123,  178. 
Gurdiern,  p.  179. 
Gurdilec,  pp.  124,  179. 
Gureden,  p.  138. 
Gurgar,  pp.  180,  211. 
Gurgavael,    Gurgavel,    pp.    180, 

211. 
Gurgcntelu,  p.  108. 
Gurgitan,  p.  180. 
Gurgnou,  pp.  133,  180. 
Gurgoret,  p.  209. 
Gurgost,  p.  133. 
Gurguand,  p.  211. 
Gurguelet,  pp.  173,  179. 
Gurguethen,  p.  211. 
Gurhedr,  pp.  211,  213, 
Gurhen,  pp.  136,  180. 
Gurheten,  Gureten,  p.  138. 
Gurhoiarn,  p.  179. 
Gurhugar,  p.  178. 
Gurloen,  p.  211. 
Gurloes,  pp.  211,  218. 
Gurloies,  p.  179. 
Gurmaelon,  pp.  181,  211. 
Gurmhailon,  p.  181. 
Gurmil,  pp.  151,  180. 
Gurmoet,  p.  211. 
Gurserch,  p.  211. 
Gurtiern,  p.  180. 
Guruand,  p.  211. 


-  403  — 


Guruili,  p.  178. 
Gurthiern  (Loc),  p.  211. 
Gurvret,  p.  211. 
Guyelderch,  p.  210. 
Guymarch,  p.  210. 
Guynerre  (an),  p.  210. 
Guyonvarch,  p.  176,  n.  7. 
Guyscry,  p.  210. 
Gyldas,  p.  98. 
Hadho,  Hadou,  p.  211. 
Haelan  (Treb),  p.  211. 
Haelbidoe,  pp.  109,  134. 
Haelcant,  pp.  114,  134. 
Haelcar,  pp.  114,  134. 
Haelcobrant,  Haelcourant,  pp.  118, 

134. 
Haelcomarch,  Haelgoraarch,  pp. 

119,  134. 
Haelcomes,  p.  134. 
Haelcovrant,  p.  118. 
Haelcum,  pp.  201,  211. 
Haeldetuuid,  pp.  123,  134. 
Haeldifoes,  Haellifoes,  p.  134. 
Haeiflnit,  pp.  130.  134. 
Haelgomarch,  p.  212. 
Haelgoret,  p.  212. 
Haelgueed,  p.  212. 
Haelguezen,  p.  212. 
Haelguri,  p.  212. 
Haelhobrit,  pp.  134,  138. 
Haelhocar,  pp.  134,  138. 
Haelhoiam,  p.  138. 
Haelhoiarn,  pp.  134,  139. 
Hoelhomeit,  p.  134. 
Haelhouuen,  pp,  134,  140. 
Haelmin,  pp.  134,  151. 
Haelmoeni,  pp.  134,  152. 
Haelmonoc,  pp.  134,  153. 
Haelmorin,  pp.  134,  153. 
Haelnou  (Tigran),  i)p.    133,  134. 


Haelogon,  p.  212. 
Haelouori,  pp.  133,  160. 
Haelrit,  pp.  133,  161. 
Haeltiern,  pp.  133,  1G7. 
Haelvidoe,  p.  133. 
Haelvili,  pp.  110,  134. 
Haeluualart,  pp.  134,  171. 
Haeluuallon,  pp.  134,  171. 
Haeluualoe,  pp.  134,  172. 
Haeluuicon,  pp.  134,  174. 
Haeluuobri,  pp.  134,  177. 
Haeluuocon,  pp.  134,  177. 
Haeluuoret,  pp.  134,  135,  179. 
Haelec  (Poul),  p.  212. 
Haelican,  p.  134. 
Haelin,  p.  134. 
Haeliou  (Gaer),  p.  212. 
Haeloc,  p.  135. 
Haelon  (Ran),  p.  134. 
Haerhomarch,  p.  212. 
Haermael,  p.  212. 
Haerveu,  pp.  105,  110,  135. 
Haerui,  pp.  105,  135. 
Haerviu,  pp.  105,  135. 
Haeruuiu,  pp.  105,  176. 
Haethlon,  pp.  105,  146. 
HaflFec  (Bren-),  p.  212. 
Haiarn,  pp.  139,  212,  214. 
Hailgugur,  p.  135. 
Hailguntius,  p.  135. 
Halamannus,  p.  187,  n.  2. 
Halanau  p.  105. 
Halanus,  p.  187,  n.  2. 
Halegon  (Kaer  an),  p.  212. 
Haligan,  p.  134. 
Halguoret,  p.  212. 
Halogan,  p.  212. 
Hamcar,  pp.  114,  135. 
Hamherd,  p.  188. 
Hamoion,  p.  135. 


—  404 


Hamn  (L'Aulne),  pp.  96,  136. 
Hamuc  (Hanvec),  p.  135. 
Hanffuec,  Hanvec,  pp.  135,  212. 
Harneden,  p.  213. 
Harnguethen,  p.  213. 
Harnmael,  p.  213. 
Harnmaelon,  p.  213. 
Harnou,  p.  213. 
Harscoet,  p.  213. 
Harscoet,  Hai'scuid,  p.  140. 
Harthoc  (Tref),  p.  136. 
Havec  (Gros-),  p.  212. 
Hazou,  p.  211. 
Hebetan,  p.  136. 
Hebgoeu  (Kemcnet) ,   Hebuuoii , 

p.  136. 
Hebromagus,  p.  20. 
Heden,  p.  137. 
Hedr-marchuc,  Hedrinarhoc,  pp. 

137,  150,  213. 
Hedrguoion,  pp.  137,  177. 
Hedrmunuc,  p.  213. 
Hedromonoc,  pp.  137,  153. 
Hedrual,  p.  213. 
Hedrvedoe,  p.  213. 
Hedroc,  p.  137. 
Heidic  (insula),  p.  213. 
Heirguor,  pp.  115,  136. 
Ilelegan  (Ker),  p.  134,  n.  1. 
Helfaut,  p.  214. 
Helgomarh,  p.  134. 
Helgour,  p.  212. 
Helguri,  p.  210. 
Hellec,  p.  135,  n.  5. 
Hellegouarc'h,  p.  119.  n.  4. 
Helleux,  p.  135,  n.  5. 
Helmarc,  pp.  135,  150. 
Helmelin  (Bren-),  pp.  111,  135. 
Heloc,  p.  135. 
Helogon,  p.  135. 


lîelori,  pp.  135,  210,  212. 
Henanff  (Le),  p.  213. 
Hcnbarb  (Ran),  pp.  109,  136. 
Henbont,  pp.  136,  157. 
Hencar,  pp.  114,  136. 
Hengoet,  Hengoat,  p.  213. 
Henlis,  pp.  136,  145. 
Henoc,  p.  47. 
Heoiarn,  pp.  136,  129. 
Hercuniates,  p.  26. 
Hercynia,  p.  26. 
Herdmonoc,  pp.  137,  153. 
Herleuinus,  p.  105. 
Herpritt  (Tribus),  p.  105. 
Hernin  (TreflF-Les-),  p.  213. 
Herveu,  p.  105. 
Hervi,  p.  105. 
Heslon,  pp.  105,  136,  146. 
Hethlon,  Heslon,  p.  105. 
Hethmeren,  p.  105. 
Hetruedoe,   Hetruedoi,   pp.   109, 

137. 
Hetruiarn,  pp.  137,  139. 
Hetruuoion,  Hederguoion,  p.  137. 
Heudotal,  pp.  125,  129. 
Heuhael,  pp.  129,  135. 
Hezic  (île  d'),  p.  213. 
Hezre  (Li),  p.  213. 
Hiarngen,  pp.  132,  139. 
Hidinuc  (Ploe),  p.  136. 
Hidran,  p.  137. 
Hidric,  p.  137. 
Ililian,  p.  137. 
Himhoir,  p.  137. 
Hincant,  pp.  114,  137. 
Hinclialt,  p.  137. 
Hincunan,  pp.  120,  137. 
Hingant,  pp.  114,  137. 
Hinhoiarn,  pp.  137,  139. 
Hinmoi,  pp.  137,  152. 


—  405  — 


Hinoi  (Treb),  p.  137. 
Hinoc,  p.  137. 
Hinuual  (Ran),  pp.  137,  171. 
Hinuualait,  pp.  137,  171. 
Ilinuuarn  (Soit),  pp.  137,  139. 
Hinuucten,  pp.  137,  174. 
Hinuuoret,  pp.  137,  179. 
Hirdbidoe,  pp.  109,  137. 
Hirdcar,  pp.  114,  137. 
Hirdhoiarn,  Hirthoiarn,  pp.  137, 

139. 
Hirdmarcoc,  pp.  137,  150. 
Hirduuallon,  pp.  137,  172. 
Hirduueten,  pp.  137,  174. 
Hirduuoion,  pp.  137,  177. 
Hirduuoret,  pp.  137,  177. 
Hirgard  (Tref),  pp.  181,  137. 
Hirgarz,  p.  131. 
Hirglas,  p.  99. 
Hirhuueten,  pp.  137,  174. 
Hirian  (Gleu-),  p.  137. 
Hirvidoe,  pp.  109.  137. 
Hitin  (Bron),  pp.  112,  137,  n.  5. 
Hoch  (Pen-),  p.  214. 
Hoedigen,  p.  138. 
Hoedlmonoc,  pp.  138,  153. 
Hoel,  pp.  138. 
Hoeluualarth,  p.  138. 
Hoeluuallon,  p.  138. 
Hoethlor  (villa),  p.  138. 
Hoiarn,  p.  139. 
Hoiarncomhal,  p.  139. 
Hoiarngen,    Hoiarnien,   pp.  132, 

139. 
Hoiarnmin,  pp.  139,  151. 
Hoiarnscoet,  pp.  139,  164. 
Hoiarnvud,  pp.  112,  139. 
Hoiarnuueten,  p.  139. 
Hoiarscoet,  p.  139,  140. 
Hoiata  (insula),  p.  99. 


Hoidian,  p.  138. 

Hoiernin  (Plebs),  p.  140, 

Hoiluualart,  pp.  138,  171. 

Hoitleian  (Lan),  p.  138. 

Holuualart,  p.  138. 

Houat  (île  de),  p.  99. 

Houch  (Kichouchlart),  p.  214. 

Ilouel,  pp.  140,  214. 

Houuel,  p.  140. 

Houuen,  p.  140. 

Houuori  mair,  p.  160. 

Houuori  (Bacb),  p.  108. 

Huaruuethen,  p.  140. 

Hucar,  Hocar,  p.  138. 

Hudnant  (Juthael  de),  p.  154. 

Iluelfau,  p.  214. 

Huelgars,  p.  205. 

Huelveu,  p.  242,1887.  140. 

Huelen,  p.  214. 

Huelin,  p.  140. 

Huelin  (Kaer),  p.  214. 

Huezle  (Ivonus  Puch  e  Huezle), 

p.  214. 
Hugar,  p.  214, 
Hugunnan,  p.  214. 
Huncat  (Lan),  pp.  115,  140. 
Hunhouuen,  p.  140. 
Hunfrid,  pp.  111,  140. 
Hydron  (Lan-),  p.  214. 
Hyraes,  p.  214. 
Hytherguent,  p.  213. 
lacu,  lagu,  pp.  140,  214. 
lahan,  pp.  140,  142. 
Iantumarus,  p.  21. 
larcun,  p.  141. 
lard et,  p.  141. 
lardrion,  p.  141. 
larlios,  pp.  141,  145. 
larmanac  (ville),  p.  141. 
lar-tiern,  pp.  141,  167. 


—  406  — 


larna,  p.  140. 

larnn,  larnt,  p.  140. 

larnedam   ou   larnetlam    (Ran) , 

p.  140. 
larnbidoe,  pp.  109,  141. 
larnbud,  pp.  112,  141. 
larnbudic,  pp.  112,  141. 
larncant,  pp.  112,  141. 
larncar,  pp.  114,  141. 
larncoglin,  larncolin,  p.  141. 
larncon,  pp.  120,  141. 
larnconan,  pp.  120,  141. 
larndetuuid,  pp.  123,  141. 
larnfinit,  pp.  130,  141, 
larnganoe,  pp.  131,  141. 
larngrinn,  p.  141. 
larnhaithoui,  larnhaethou.pp.  135, 

141. 
larnhatoeu,   larnhatoe,  pp.    135, 

141. 
larnhebet,  pp.  136,  141. 
larnhirt,  pp.  137,  141. 
larnhitin,  larnhiten,  pp.  137,  141. 
larnhobri,  pp.  138,  141. 
larnhobrit,  pp.  138,  141. 
larnhoel,  pp.  138,  141. 
larnhoiam,  pp.  138,  141. 
larnhouuen,  pp.  140,  141. 
larnkenet,  p.  141. 
larniuuin,  pp.  141. 
larnlios,  pp.  141,  145. 
larnnetuuid,  pp.  123,  141. 
larnnomen,  p.  141. 
larnogon,  pp.  141,  177,  214. 
larntanet,  pp.  141,  166. 
larnvidoe,  pp.  109,  141. 
larnvud,  pp.  112,  141. 
larnuualart,  pp.  141,  171. 
larnuuallon,  pp.  141,  171. 
larnuualt,  pp.   141,  171. 


larnuuahaunt,  p.  141. 
larnuucant,  p.  141. 
larnuuere,  pp.  141,  173. 
larnuueten,  pp.  141,  174. 
larnuuiscid,  pp.  141,  176. 
larnuuocon,  pp.  141,  177. 
larn-uuoret,  pp.  141,  179. 
larnican,  p.  140. 
larnoc  (Ran),  p.  140. 
latoc,  p.  1  il. 
lau  (Gulet),  p.  141. 
Ibiau,  p.  141. 
Ibliomarus,  p.  21. 
Icant  (Ker),  p.  142,  n.  7. 
Icar  (Ker),  p.  142,  n.  7. 

ICCAVOS,  p.   10. 

Idol  (flumen)  (l'Isole),  p.  214. 

ledcar,  pp.  114,  142. 

ledechael,  ledecael,  pp.  143,  215. 

ledecaelou,  p.  215. 

ledecuueten,  pp.  143,  174. 

ledicaol,  p.  143. 

lestin,  p.  142. 

lezcant  (Ker),  pp.  142,  n.  7,  215. 

lezequel,  p.  143,  n.  3. 

Iglur  (sent),  p.  141. 

Ihesou,  p.  214. 

Ilisoc,  p.  141. 

Illanoyiacos,  p.  9. 

Illiomarus,  p.  21. 

Illoc,  p.  141. 

Ilut,  Ildut,  p.  236, 

Imhoir  (pont),  p.  141. 

Inconmarc,  pp.  120,  142. 

Indelgent,  pp.  132,  142. 

Indutio.marus,  p.  21. 

Inisan,  Inisian,  pp.  142,  215. 

Inislouuen  (Ran),  pp.  142.  147. 

Initcar,  pp.  114,  142. 

Innan  (saint),  p.  215. 


407  — 


lodica  (villa),  p.  143. 
lohan,  p.  142. 
loharn,  pp.  214,  215. 
lona,  p.  142. 
lostin,  p.  142. 
louuan,  p.  142.J 
louanaul,  p.  45. 

lOUENALI,  p.   45. 
lOVINCILLUS,  p.   26. 

loumonoc,  pp.  142,  153. 
louuelet,  pp.  142,  173. 
loLiuoion,  pp.  142,  177. 
Irispoe,  p.  215. 
Irvillac,  p.  129. 

Is    liorzou    an    Roue    (champ) 
p.  215. 

ISARNINUS,  ISXARNINUS,  p.  38. 
ISARNODORUM,  p.   26. 
ISCA,  p.  35. 

Iscummarc,  p.  142. 
Istin  (Keij,  p.  142  n.  4. 
ludacaile,  p.  49. 
ludcant,  pp.  114,  142. 
ludcar,  pp.  114,  142. 
ludcondoes,  p.  142. 
ludcum,  pp.  122,  142. 
lutel,  p.  215,  n.  7. 
luthael,  p.  215. 
ludel,  p.  215. 
ludhael,  pp.  135,  143. 
ludhei-,  p.  142. 
ludhocar,  pp.  138,  142. 
ludhouiien,  pp.  140,  142. 
ludhuani,  p.  215. 
ludlin,  Iulin,  p.  142. 
ludlouuen,  pp.  142,  147. 
ludluant,  p.  215. 
ludmael,  pp.  142,  149. 
ludmin,  pp.  142,  151. 
ludmorin,  pp.  142,  153. 


ludnimet,  pp.  142,  154. 
ludre,  p.  142. 

ludreih,  ludrih,  pp.  142,  159. 
ludrid,  ludrith,  pp.  142,  161. 
luduual,  pp.  142,  171. 
luduuallon,  pp.  142,  172. 
luduuocon  (Bron),  pp.  142,  177. 
lud-uuoret,  pp.  142,  179. 
ludic,  p.  143. 
ludicael,  p.  49. 
ludicar,  p.  143. 
ludon,  p.  142. 

IULIOBONA,  p.  31. 
IULIOBRIGA,  p.  21. 
IULIOMAGUS,  p.  21. 

luna,  p.  143. 
lunam,  p.  143. 
lunanau,  pp.  106,  143. 
lunargant,  pp.  107,  143. 
lunasoe,  pp.  107,  143. 
luncar,  pp.  114,  143. 
lunkeneu,  pp.  116,  143. 
lunedoc,  p.  143. 
lungomarch    Abrantuc,    lungo- 

marc,  pp.  119,  215,  216. 
lunharchant,  p.  215. 
lunhael,  pp.  135,  143. 
lunham,  p.  143. 
lunhoel,  pp.  138,  143. 
lunmonoc,  pp.  143,  153. 
lunnimet,  pp.  143,  154. 
luntiern,  pp.  143,  167. 
lunuual,  pp.  143,  171. 
lunuuallon,  pp.  143,  172. 
lunuueten,  pp.  143,  173. 
lunuuocon,  pp.  143,  177. 
lun-uuoret,  pp.  143,  179. 
luneprit,  p.  143. 
lunetmonoc,  pp.  143,  153. 


—  408  — 


Iimetuuant,  lunethuuant,  pp.  143, 

172. 
luna,  p.  143. 
lunan  (saint),  p,  216. 
lunen  (Lan),  p.  216. 
lunianus,  p.  99. 
luniavus,  p.  99. 
lunou,  p.  216. 
luscar,  p.  142. 
lustin,  p.  143. 
luzel,  p.  215. 
luzon  (Lan),  p.  215. 
Izole  (1'),  p.  214. 
Lababan,  p.  216. 
Labarus,  p.  27. 
Lacobriga,  p.  20. 
Ladron,  p.  216,  n.  4. 
Laedti,  pp.  143,  167. 
Laem  (le  Leff),  p.  217. 
Lagad  (Caer),  p.  216. 
Lagad-ley,  p.  216. 
Lagadoc,  Lagadeuc,  p.  216. 
Laharou  (Run-),  p.  216. 
Lalocan,  p.  143. 
Lamberz  (Ker),  p.  216. 
Lambily,  p.  217. 
Lampaul,  p.  99. 
Lan  (Ploi),  p.  144. 
Lan-baban,  p.  216. 
Lan  Bertuualt,  pp.  109,  144. 
Lan  Golvett,  pp.  119,  144. 
Lan-Convili,  p.  200. 
Lan-deguennec,  p.  216. 
Lan-Deleau,  Landeloi,  p.  232. 
Landevennec,  pp.  168,  216. 
Landinegath,  p.  45. 
Landrevarzec,  p.  136. 
Lan-Dudoc,  Landudec,  pp.  216, 

235. 
Lan-Dujen.  Landuian,  p.  236,  n»  1. 


Lan-Edern,  p.  216. 
Lan-Eluri,  p.  128. 
Lan-gonet,  p.  216. 
Lan-Guezenoc,  p.  216. 
Lan-Gurdeluu,  p.  153. 
Lan-Hoitleian,  p.  138. 
Lan-Huncat,  pp.  115,  140. 
Lan-hydron,  pp.  214,  216. 
Lan-Ildut,  pp.  99,  144. 
Laniron,  p.  214. 
Lanniscat,  p.  215. 
Lan-Ninnoc,  pp.  99,  144. 
Lan-Meren,  pp.  144,  151. 
Lan-Morgant,  p.  221. 
Lanmor,  Lanmeur,  pp.  153,  221. 
Lanmur-Meler,  pp.  144,  153. 
Lan-Preden,  p.  157. 
Lan-Rieuc,  Lanriec,  p.  216. 
Lan-Riworoe,    Lanrivoaré ,  pp. 

144,  172. 
Lan-Ros,  p.  210. 
Lan-Iunen,  p.  216. 
Lan-Iuzon,  p.  215. 
Lan-Izgat,  p.  215. 
Lann-Izron,  p.  214. 
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Langobriga,  p.  20. 
Laoc,  p.  144. 
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Larnioi-,  p.  189. 
Lasbleys,  p.  516. 
Lascoet,  p.  216. 
Latdi'Lin,  Ladron,  p.  216. 
Lathoiarn,  pp.  139,  144. 
Latmoet,  pp.  139,  152. 
Latobiuges,  p.  20. 
Latr  (Camp-),  p.  139. 
Lautro,  p.  18. 
Laz  en  Goelau,  p.  206. 


409  - 


Lazr  (Ker  eni,  p.  216. 

Lazron  (Poul-),  p.  217. 

Legatos,  pp.  7,  8. 

Leflf  (Loi,  p.  217. 

Leguenez.  p.  217. 

Leihani  Isalina),  p.  144. 

Lein  (villa),  p.  217. 

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Leinhautper,  p.  196. 

Leisou,  p.  144. 

Lem  (Le  Leffi,  p.  217. 

Len-bily,  p.  217. 

Lengaennoc  (villa),  p.  144. 

Lenmoloc,  p.  217. 

Lergen,  p.  144. 

Lervoyt  (Le),  p.  201,  n.  4. 

Lesandoere,  p.  202. 

Les-Cleruc,  p.  217. 

Les-Ernin,  p.  213. 

Les-fau,  pp.  129,  145. 

Les-gran,  p.  217. 

Les-mayec,    Lesmaec,    pp.    145, 

149. 
Les-merzer,  p.  220. 
Lcs-Moalch,  p.  221. 
Les-neuueth,  pp.  145,  155. 
Lesouffalch,  p.  221. 
Lesteyr,  p.  237. 
Letavia,  p.  99. 
Letbran,  p.  217. 
Let-tigran,  pp.  144.  167. 
Letmonoc,  pp.  144,  153. 
Leucetius,  p.  27. 
Levé  (le  Leff),  p.  217. 
Lèveriez,  p.  217. 
Leuhemel,  pp.  136,  144. 
Leuuer,  p.  144. 
Lezevarch,  p. 221. 
Ley  (Lagad-),  p.  216. 
Leyan  (Trev-),  p.  217. 


Librcoot,  pp.  119,  144. 
LiCNOS,  p.  11. 
LiGER,  p.  14. 
Lillan,  p.  144. 
Lilloc,  p.  144. 
Limerzel,  p.  220. 
Limuuas,  pp.  144,  172. 
Linhoper,  p.  196. 
Linworet,  pp.  144,  179. 
Lioshoiarn,  pp.  139,  145. 
Liosic,  p.  145. 
Liosoc,  Liosuc.pp.  145,  217. 
Lis-bedu,  pp.  109,  145. 
Lis-bidioc,  p.  145. 
Lis-bison,  p.  145. 
Lis-broniuin,  p.  145. 
Lis-celli,  pp.  115,  145. 
Lis-coet,  pp.  119,  145. 
Lis-colroel,  pp.  119,  145. 
Lis-fau,  pp.  129,  145. 
Lis-fauuin,  pp.  129,  145. 
Lis-Iarnuuocon ,  pp.  141,  145. 
Lis-merzel,  p.  220. 
Lis-nouuid,  pp.  145,  155. 
Lis-penfau,  pp.  145,  156. 
Lis-prat,  p.  145. 
Lis-rannac,  p.  145. 
Lis-ros,  pp.  145,  163. 
Lis-vedu,  pp.  109,  145. 
Lis-vison,  p.  145. 

LiTANOBRIGA,  pp.   20,   27. 

LiTAvis,  p.  27. 
Litoc,  p.  45. 

LlTUGENIUS,  p.  45. 
LlTUilARA,   p.   21. 

Liuerin,  p.  145. 
Liuer  (Caer),  p.  145. 
Liusuc  (Pritient),  p.  145. 
Liuuetlon,  pp.  145,  146. 
Loc-brevalaire,  p.  207.  n.  9. 


—  410  — 


Loc-Deugui,  p.  217. 
Loc-Gouziern,  p.  211. 
Loc-Gurthiern,  p.  2H. 
Loc-Guenvael,  p.  48. 
Loc-Iunguoret,  p.  145. 
Loc-Mellec,  p.  217. 
Loc-Meltnou,  Locmeltro,  p.  233, 

n.  9. 
Locmenech,  pp.  99,  145,  219. 
Locminé,  p.  219. 
Locoal,  p.  175,    n.  1. 
Locoyarn,  p.  211. 
Loctuen,  p.  235. 
LocuLiTi,  p.  45. 
Locunolé,  p.  145. 
Loch,  pp.  145,  147. 
Loch-ezeou,  pp.  204,  217. 
Lodineux,  p.  146,  n.  6. 
Lodnic  (Kaer),  p.  217. 
Lodor  (an),  p.  218. 
Loengil,  p.  145. 
Loern  (Ker),  p.  147. 
Loescant,  p.  218. 
Loescum,  p.  218. 
Loeshuarn,  p.  218. 
Loesoarn,  p.  214. 
Loesiiuethen,  pp.  146,  174. 
Loesed,  p.  218. 
Logesfinit,  pp.  130,  146. 
Loguenan,  p.  218. 
Loguneh,  p.  99. 
Loiesauual,  p.  146. 
Loiesbidoe,  pp.  109,  146. 
Loiesbritou,  pp.  111,  146. 
Loiesbudic,  pp.  112,  146. 
Loiescant,  pp.  114,  146. 
Loiescar,  pp.  114,  146. 
Loieshitr,  Loieshird,  pp.  137,  146. 
Loieshoiarn,  pp.  141,  146. 
Loieslouuen,  pp.  145,  146. 


Loiesmin,  pp.  146,  151. 
Loiesvidoe,  pp.  109,  146. 
Loiesuuallon,  pp.  146,  171. 
Loiesuuaroei,  pp.  146,  172. 
Loiesuueten,  pp.  146,  174. 
Loiesuuotal,  pp.  146,  180. 
Loiesuuotan,  p.  146. 
Loies-uur,  pp.  146,  180. 
Loiesic,  Loieshic,  p.  146. 
Loiesoc,  p.  146. 
Loiesou,  p.  146. 
Loin  (villa),  p.  146. 
Loinpiket  (Ran),  p.  156. 
Loinprostan  (villa),  pp.  146,  158. 
Loitan  (Ran),  p.  146. 
Loperan,  p.  156,  n.  10. 
Loshouarn,  Losoarn,  p.  218. 
Lothea,  p.  231. 
Lotivy,  p.  201. 
Louarn  (an),  p.  218. 
Louchouarn,  p.  218,  n.  2. 
Loudour  (an),  p.  218. 
Louenan,  Lor,  p.  218. 
LOVERNACI,  p.  45. 
LOUERNIOS,  p.  45. 
LOUGOUDOUNOS,  p.  14. 

Loumorin,  pp.  146,  153. 

LOVOCATUS,  p.  49. 
Lovor  (Even),  p.  147. 
Loutinoc  (pont),  p.  146. 
Loutoc  (rivus),  p.  147. 
Louuenan,  pp.  99,  147. 
Louuencar,  pp.  114,  147. 
Louuenhoiarn,  pp.  141,  147. 
Louuernoc  (Bot),  p.  147. 
Louuinid  (Ran),  p.  147. 
Loxas,  p.  35. 

Ludre  Sirfic,  pp.  147,  165. 
Ludré,  p.  196,  n.  2. 
Luethoiarn,  p.  141,  148. 


-  411  — 


Luethuarn,  p.  218. 

LUGDUNUM,  p.  18. 
LUGOVES,  p.  13. 
LUGUDUNUM,  p.  21. 
LUGUVALLIUM,  p.  35. 

Luh-Guiuuan,  p.  157. 
Luhedoc,  p.  148. 
Luhethoiarn,  pp.  141,  148. 
Luiesguallon,  pp.  146,  171. 
Luiesbuarn,  pp.  141,  146. 
LUNARCHI,  p.  45. 
Luncn  Iparsj,  p.  148. 
Lunmonoc,  pp.  148,  152. 
Luorz  (Parc  an),  p.  217. 
Lupagues,  p.  187. 
LUPODUNUM,  p.  21. 

Lussuzguen,  p.  218. 
Luuet  (Caer),  p.  218. 
Lyorz  coz  (an),  p.  217. 
Lyorzou  (an),  p.  217. 
Mab  Encar  (Ran),  p.  148. 
Maban,  p.  148. 
Mabon,  p.  148. 
Machlon  (Bot),  p.  148. 
Machtiern,  p.  148,  157. 
Macliavus,  p.  50. 
Macoer  Medon,  pp.  148,  150. 
Macoer  Aurilian  (Ran),  p.  148. 
Macoer  Budmael  (Pul),  p.  158. 
Madec,  p.  39. 
Maderan,  p.  219. 
Mades,  p.  219. 
Madezo,  p.  150,  n.  4. 
Madezoy  (Menez-),  p.  219. 
Madganoe,  pp.  131,  150. 
Madoret    (Ker-Vadoret),  p.    150, 

n.  5. 
Mael  (Bron-),  p.  112. 
Maelcar,  pp.  114,  148. 
Mael-Carhaix,  p.  220. 


Maelcat(plebs),  pp.  114,  148,  149. 
Maelhogar,  pp.  138,  148. 
Maelhoiarn,  pp.  139,  148. 
Maelocon,  Maelucun,  Maelogon, 

pp.  148,  218. 
Maeiscuet,  p.  218. 
Maeltiern,  p.  17. 
Maeluuethen,  pp.  148,  174. 
Mael-uuoretb,  pp.  148,  179. 
Maeloc,  Maelhoc,  p.  148. 
Maelon,  p.  148. 
Maen,  pp.  149,  218. 
Maenbaud,  p.  149. 
Maenbili,  pp.  110,  149. 
Maencant,  pp.  114,  149. 
Maencar,  pp.  114,  149. 
Maenki,  pp.  116,  149. 
Maenkiou,  p.  154,  n.  5. 
Maenclu,  p.  149. 
Maencorain,  pp.  119,  n.  2,  149. 
Maencoual,  pp.  119,  149. 
Maencum,  pp.  122,  149. 
Maenfinit,  pp.  130,  149. 
Maengi,  p.  218. 
Maenguen  (Maes),  p.  218. 
Maenhir,  p.  218. 
Maenhoiarn,  pp.  139,  149. 
Maenvili,  pp.  110,  149. 
Maenuuallon,  pp.  149,  172. 
Maenuuedet,  p.  149. 
Maenuueten,  pp.  149,  174. 
Maenuuocon,  pp.  149,  177. 
Maenuuolou,  pp.  149,  178. 
Maenuuoret,  pp.  149,  179. 
Maenuuoron,  pp.  149,  180. 
Maeoc,  p.  218. 
Maer  (Manez  an),  p.  219. 
Maes  (Ran),  p.  149. 
Maes  Escop,  p.  203. 
Maes  Maenguen,  p.  218. 


412 


Maes-Myniqui,  p.  219. 
Maginsin,  p.  149. 
Maglagni,  p.  46. 
Magli,  p.  46. 
Maglocunus,  pp.  24,  48. 
Maglus,  p.  99. 
Magoaerou,  Magoro,  p.  219. 
Maguer  (an),  p.  219. 
Mahalon,  p.  220. 
Mailocus,  p.  66. 
Mainfinit,  pp.  130,  149. 
Mainlièvre,  p.  205. 
Mainmonoc,  pp.  149,  153. 
Maioc  (saint),  p.  149. 
Mairos,  p.  149. 
Malin  (Bron-),  pp.  112,  148. 
Manach,  p.  150. 
Maniacon,  p.  16. 
Manac-dy  (an),  p.  219. 
Manenberen,  p.  189. 
Manerbec  p.  220. 
Manermair,  p.  220. 
Manermaire,  pp.  219,  220. 
Mane-tiret,  p.  220. 
Manez  a  mael,  p.  220. 
Manez-Haelou,  p.  220. 
Maocan,  p.  150. 
Marcbebol,  pp.  128,  150. 
Marchguethen  (Poul),  p.  220. 
Marchoiarn,  pp.  139,  150. 
Marcbuili,  pp,  110,  150. 
Marccoual,  pp.  119,  150. 
Marchât  Rannac,  p.  150. 
Marcoc,  p.  150. 
Marcocuueten,  pp.  150,  174. 
Marcodurum,  p.  27. 
Marcomagus,  p.  20. 
Margidunum,  p.  21. 
Margitboiarn,  pp.  139,  150. 
Marhec,  p.  219. 


Marhvili,  p.  150. 

Maridunum,  p.  21. 

Maritalus,  p.  28. 

Marthou  (Pdvelen  Mur-)  p.  150. 

Martinan,  p.  150. 

Marvezen  (Poul),  pp.  219,  n.  4. 

Marzin,  p.  219. 

Matbidet.  Matvidet,  pp.  109,  150. 

Matbidoe,  pp.  109,  150. 

Matfred,  pp.  111,  150. 

Matganet,  pp.  131,  150. 

Matganoc,  pp.  131,  150. 

Matret,  pp.  219,  227. 

Matvedoe,  Matvedoi,  pp.  109,  150. 

Matvidet,  pp.  109,  150. 

Matuueten,  Matguethen,  pp.  150, 

174. 
Matuuor,  pp.  130,  150. 
Mat-uuoret,  pp.  150,  179. 
Mater ran,  p.  219. 
Mathalon,  p.  220. 
Matic,  p.  130. 
Matoc,  Madoc,  pp.  150. 
Matucus,  p.  39. 
Mau  (Kaer  an),  p.  220. 
Maucazre,  p.  220. 
Mauchuflf,  p.  220. 
Maut  (G.  an),  p.  220. 
Mazalon,  p.  220. 
Meas  an  Rohio,  p.  219. 
Meas  hyr  (an)  p.  219. 
Meas  liou  (an),  p.  220. 
Mediolanum,  p.  28. 
Mediona  (insula),  p.  100. 
Medon  (Macoer),  p.  150. 
Meguen  (saint),  p.  151. 
Mein  an  guevre,  p.  205. 
Meinin  (plebs),  p.  100. 
Meinion,  p.  151. 
Melaer  (Loc-),  p.  220. 


—  413  — 


Melan  (Rani,  p.  148. 

Melchi,  p.  148. 

Melegan  (Pont),  p.  148,  n.  10. 

Melennan  (Ker),  p.  148. 

Meleuc  (saint),  p.  148,  n.  10. 

Melguen,  p.  218. 

Molhouuen  (Ran),  p.  149. 

Meli,  p.  46. 

Meliodunum,  p.  21. 

Meliaii,  p.  151. 

Melin  (Tnou-),  pp.  151,  1G7. 

Mellionuc,  p.  220. 

Melran,  p.  449. 

Melveu,  p.  218. 

Menech  (Loc),  p.  219. 

Menedoch  (Caer),  p.  152. 

Menehi,  Minihi,  p.  151. 

Mené-Madé,  p.  150,  n.  4. 

Menez-Madezou,  p.  219. 

Menez  a  mael,  p.  220. 

Menez  an  bec,  p.  220. 

Menez-tirec,  p.  220. 

Menfinlt,  p.  149. 

Menhir  (villa),  p.  218. 

Menion  (Bi-on),  pp.  112,  151. 

Menvili,  p.  149. 

Menuuallon,  p.  149. 

Menuueten,  p.  149. 

Merchion,  Merkion,  Merhon,  p.  1 51 . 

Merchrit,  p.  151. 

Merion,  p.  151. 

Merlevenez.  p.  192. 

Mern  (Tnou-),  pp.  151,  167. 

Merthinhael,  pp.  135,  151. 

Merthinhoiarn,  pp.  139,  151. 

Mertinan,  p.  151. 

Merzer  (Le),  p.  220. 

Mesan  (Ran),  p.  151. 

Mes  Kerdavid,  p.  219. 

Mes  Kernilis,  p.  219. 


Mescloaguen,  p.  206. 
Meslan,  p.  220. 
Mes-Minihy,  p.  219. 
Meset,  p.  151. 
Metlan,  p.  220. 
Meur  (an  maes.),  pp.  221. 
Meuuin  (Ran),  p.  151. 
Meurzin  (Ker),  p.  218. 
Mezard,  p.  220. 
Mezlan,  p.  220. 
Mezle,  p.  220. 
Milcondoes,  p.  151. 
Milier  (RanI,  p.  151. 
Minan,  p.  151. 

MiNNODUNUM,  p.    21. 

Minihi,  p.  221. 
Minuueten,  pp.  151,  174. 
Moaellic.  p.  221. 
Moalch  (villa),  p.  221. 
Moann,  p.  221. 
Mocius,  p.  152. 
Modrot,  p.  152. 

MOECTIMARUS,  p.    21. 

Moedan,  p.  152. 
Moei,  Moi,  p.  152. 
Moelic  (Alan  Le),  p.  221. 
Moenken,  pp.  110,  152. 
Moeni,  p.  152. 
MoENiCAPTus,  pp.  5,  28. 
Moetcar  (Fau),  pp.  114,  129. 
Moetgen,  Moetien,  pp.  132,  152. 
Moetnou,  pp.  133,  152. 
MoGONTi  (Deo),  p.  14. 
Moguaerou,  p.  148. 
Moguer  an  Principater,  p.  219. 
Mohoiarn,  p.  221. 
Mohon,  p.  154,  n.  3. 
Moietgen,  pp.  132,  152. 
MolfiF  (saint),  p.  221. 
Monach,  p.  219. 


414  — 


MONEDOBIGI,  p.   4G. 

Monezheiden,  p.  221. 
Monocli,  p.  152. 
Monocan,  p.  152. 
Moralt,  pp.  105,  153. 
Morannuit,  p.  153. 
Morbret,  pp.  111,  153. 
Morcant,  pp.  114,  153. 
Morcat,  pp.  115,  153. 
Moicobris,  p.  153. 
Morcondelu,  pp.  123,  153. 
Mordan  (villa),  p.  153. 
Morgan,  p.  114,  n.  2. 
Morgant  (Lan),  p.  221. 
Morgat,  p.  153,  n.  2. 
Morgaz,  p.  221. 
Morgenmunuc,  p.  153. 
Morguethen,  pp.  153,  174. 
Morham,  p.  153. 
Morhuarn,  pp.  139,  153. 

MORIGAMBE,  pp.   13,  22. 

Morliuuet,  pp.  145,  153. 
Morman,  pp.  151,  153. 
Mormoet,    Mormohet,    pp.    152, 

153. 
Morpennec,  p.  222. 
Morvan,  pp.  153.  222. 
Moruuan,  pp    153, 172. 
Moruuet,  p.  153. 
Mor-uuethen,  pp.  453,  174. 
Morenoc  (Ran),  p.  153. 
Morionoc  (villa),  p.  153. 
Moroc,  p.  154. 
Moton,  p.  154. 
Motreff,  p.  222. 
Mouric,  p.  154. 
Mouron  (Fau),  p.  129. 
Moustaer  Ryaval,  p.  222. 
Mouster-Radennac,  p.  227. 
Moustoer,  p.  222. 


Moustoer-Babae,  p.  222. 
Moustoir  (Le),  p.  222. 
Moustoirac,  p.  227. 
Moustoir-Babu,  p.  222. 

MUNDOIJRIGA,  p.  20. 

Mur  (Enes),  p.  153. 

MURIDUNUM,  p.  21. 

Muthon  (plebs),  p.  154. 

Naiton,  p.  154 

Naitan,  Naidan,  p.  154. 

Naizin,  p.  222. 

Namnetes,  p.  57. 

Nan,  p.  222. 

Nannesuc,  p.  154. 

Nant  Dai,  p.  154. 

Nanton  (locus),  p.  154. 

Nantuates,  p.  28. 

Naonet,  p.  57. 

Nate,  p.  18. 

Natrum  (Naurum),  p.  35. 

Nazrez  (Ker),  p.  222. 

Neboc,  p.  154. 

Nedelec,  p.  222. 

Neguell  (Caer),  p.  222. 

Ncgueth,  p.  222. 

Nehan  (portus),  p.  154. 

Neidin,  p.  222. 

Neizbran  (Adclina  de) ,  p.  222. 

Neizin,  p.  222. 

Nemausicabo  (Matrebo)  ,  p.  9. 

Nemed(silva),p.  222. 

Nemetobriga,  pp.  20,  28. 

Nemetocenna,  p.  21. 

Nemetomarus,  p.  28. 

Nenec  (saint),  p.  100. 

Nenes,  p.  203,  n.  5. 

Nennan,  p.  154. 

Nertomarus,  p.  19. 

Nethic,  p.  154. 

Nevenoe,  pp.  222,  223. 


415 


Nevez  (vicada),  p.  222. 
Neviodunum,  p.  28. 
Névran,  p.  223. 
Nezgat  (Bot-),  p.  222. 
Neyzbran,  p.  223. 
Nin  (mons),  p.  154. 
Ninan,  p.  154. 
Ninmon,  pp.  152,  154,  223. 
Ninian,  p.  154. 
Ninoc,  pp.  154. 
Ninocan,  p.  154. 
Ninoi,  p.  154. 
Ninvon,  pp.  152,  154. 
Nodhail,  pp.  135,  155. 
Nodhoiarn,  pp.  139,  155. 
Noduinet,  p.  155. 
Nod-uuoret,  pp.  155,  179. 
Nodent,  p.  155. 
Noec  (Castel),  p.  223. 
Noezr  (Rivallon  an),  p.  223. 
Nomelec,  p.  217. 
Nominoe,  p.  155. 
Nonn  (flumen),  p.  155. 
Nonnita,  p.  46. 
Notolic,  p.  155. 
NoviDUxuM,  p.  28. 

NOVIODUNUM,  p.  28. 

NovioMAGus,  pp.  20,  28. 
Nouuid  (aula),  p.  155. 
Noyal-guen,  p.  209. 
Noyec  (Castrum),  p.  223. 
Numenoe,  Numinoe,  pp.  155, 223. 
Nuvenoe,  p.  155. 
Nuz  (Ker),  p.  223. 
Nynvon  (Kaeij,  p.  223. 
Odet,  Odeth,  p.  223. 
Oenuit,  p.  155. 
Ogmios,  p.  29. 
Olinwicon,  pp.  155,  174. 
Omguen,  p.  155. 


Onguen,  Onuen,  p.  223. 

Oppiaxicxos,  p.  10. 

Oravia,  p.  155. 

Orgitirix,  p.  14. 

Ordous,  p.  46. 

Oregon,  Oreguen,  pp.   155,  223. 

Orguen,  p.  223. 

Orhant,  p.  155. 

Orscant,  pp.  114,  155. 

Orven,  p.  223. 

Oruic,  p.  155. 

Or  VITE,  p.  46. 

Ossam  (insula),  p.  100. 

OCERTRAGOI,  p.   17. 

Ouessant,  p.  100. 

OuiLLONEOS,  p.  8. 

Ouregann,  Ouregon,  p.  223. 
Ourken,  pp.  116,  223. 
Oust  (1'),  p.  170. 

Padrun  sancti  Wingualoei,  p.  156. 
Paen  (Kar),  p.  223. 
Pain  (la  Ville-),  p.  223. 
Paothoat,  Paotoat,  p.  223. 
Pascaham,  p.  156. 
Paschael,  pp.  135,  156. 
Paschoiarn,  pp.  139,  156. 
Pascuuethen,  pp.  156,  174. 
Pascuuoret,  pp.  156,  179, 
Pasquehen  (Ker-Basquehen),   p. 

156,  n.  4. 
Pasquezen,  p.  223. 
Paschic,  p.  156. 
Pauthouat,  p.  223. 
Pedrani  (Tribus),  p.  156. 
Peisuuentoc,  p.  156. 
Peleterien  (Ker  an),  p.  224. 
Peliou-bras,  p.  192. 
Pemdez,  p.  224. 
Pemerit,  p.  226. 
Pempedoula,  p.  16. 


—  416 


Pen-an-aut,  p.  105. 

Pen-an-gouern,  p.  209. 

Pen-bezu,  p.  224. 

Pen-bren,  p.  193. 

Penkaer-Lesquoet,  p.  224. 

Pen  Carhent,  pp.  114,  156. 

Pen-quelennec,  p.  196. 

Pencelliguenhuc,  pp.  115,  156. 

Pencoet,  Penkoit,  pp.  119,  156. 

Pendreff,  p.  234. 

Pen-en-ploe,  Pen-er-bloué,  p.  226. 

Penfau  (Lis),  pp.  146,  156. 

Pengam,  p.  224. 

Pengan,  p.  156. 

Penharth,  Penharz,  pp.  136,  224. 

Penher-Losquet,  p.  224. 

Penhoat,  p.  224. 

Penhoch,  p.  214. 

Penhoet,  Penhuet,  pp.  119,  156, 

224. 
Penhuern,  p.  209. 
Peniar  (Ran),  p.  156. 
Penlan  (salina),  pp.  144,  156. 
Penocb,  p.  156. 
Pennocrucio,  p.  36. 
Pennoe,  p.  156. 
Pennoben,  p.  100. 
Penoroall,  p.  224. 
Penot,  p.  156. 
Pennovindos,  p.  29. 
Penpont  (Ran),  p.  156. 
Penquet,  Penquoet,  pp.  199,  224. 
Penret  (landa),  pp.  156,  161,  224. 
Penros  (G.  de),  p.  229. 
Penstyffyen,  p.  224. 
Pentraez,  Pentrez,  p.  234. 
Penuuas,  p.  156,  172. 
Penuuernet  (salina),  pp.  156,  173. 
Permet  (salina),  pp.  156,  22i. 
Perret,  p.  156,  n.  6,  224. 


Pertuuocon,  pp.  156,  177. 
Perzquen,  p.  224. 
Pestivien,  p.  224. 
Petorritum,  p.  16. 
Petrani  (Tribus),  p.  156. 
Petuaria,  p.  36. 
Peumerit,  p.  158,  n.  4. 
Pezdron,  p.  224. 
Pezran  (Loc),  p.  224. 
Pezron  (Poul),  p.  224. 

PiCTONES,   p.   14. 

Pilau  (Gaer),  p.  156. 
Pinuizic,  p.  225. 
Pirinou  (arbores),  p.  156. 
Piturwore,  pp.  156,  172. 
Plélan,  p.  144. 
Pleguin,  Plevin,  p.  225. 
Pleumeur,  pp.  100,  153,  225. 
Pleizben,  Pleyben,  p.  225. 
Plo-agat,  pp.  186,  225. 
Ploare,  pp.  187,  225. 
Plobannabec,  pp.  190,  225, 
Ploelre,  pp.  187,  225. 
Plogoff,  pp.  206,  225. 
Plohinoc,  p.  157. 
Plonnadiern,  p.  225. 
Plomelin,  p.  225. 
Plomeur,  p.  225. 
Plomorcat,  pp.  100,  157,  221. 
Ploneor,  Ploneour,  p.  225. 
Plonivel,  p.  225. 
Plovan,  p.  225. 
Plozevet,  pp.  123,  n.  8,  225. 
Plo-zoe,  p.  202. 
Ploe-adgat,  p.  225. 
Ploe-banazleuc,  pp.  190,  225. 
Ploekaerneguel,  p.  225. 
Ploecuvan,  p.  225. 
Ploedemet,   pp.   123,  n.  8,  157. 
Ploedrosic,  p.  225. 


-  417  — 


Ploegastell,  p.  225. 
Ploegoff.  pp.  206,  225. 
Ploegomelen,  p.  199. 
Ploegonec,  p.  200. 
Ploegrauch,  p.  225. 
Ploeguvan,  pp.  201,  225. 
Ploehidinuc,  pp.  136,  157. 
Ploelan,  pp.  216,  225. 
Ploelonguen,  p.  225. 
Ploemadiern,  p.  225. 
Ploemeguen,  p.  225. 
Ploemeryn,  p.  225. 
Ploemuer,  Ploemur,  pp.  221,  225. 
Ploeneguezell,  pp.  222,  225. 
Ploeneiz,  p.  225. 
Ploeneuuez-en-Fou,  p.  222. 
Ploenyvel,  p.  225. 
Ploe-ozvan,  p.  225. 
Ploerimael,  p.  225. 
Ploethevet,  p.  225. 
Ploeven,  p.  225. 
Ploeye,  p.  225. 
Ploezestcaelleuc,  p.  225. 
Ploezevet,  p.  225. 
Ploezinet,  p.  225. 
Ploe-zoe,  p.  202. 
Ploev-sulian,  p.  225, 
Ploi-adgat,  p.  225. 
Ploicatoc,    Ploicadoc,    pp.    115, 

157. 
Ploicastellum,  p.  157. 
Ploihinoc,  p.  157. 
Ploilan,  pp.  144,  157. 
Plou-agat,  pp.  186,  225. 
Plouay,  p.  202. 
Ploudalmezeau,  p.  100. 
Ploufragan,  pp.  98. 
Plougastell,  p.  225. 
Plougoumelen,  p.  199, 
Plouguernevel,  pp.  194,  225. 


Plouhinec,  pp.  144,  225, 
Plouneour,  p.  128. 
Plounevez-du-Faou,  pp.  155,  122. 
Plounevez-Poizay,  p.  226. 
Plounevezel,  p.  222. 
Plourac'h,  p.  225. 
Plouyé,  p.  225. 
Plucgaduc,  p.  157. 
Plueneuor,  pp.  128,  157. 
Pluguffan,  p.  225. 
Pluherlin,  p.  39. 
Pluhuduc,  p.  157. 
Plumeliau,  p.  46. 
Plumergat,  pp.  100,  157,  221. 
Plumiuc,  p.  157. 
Plusquellec,  p.  225. 
Plusulien,  p.  225. 
Pluvigner,  pp.  129,  157. 
Pluev-mur,  p.  100. 
Pluevneuguod,  pp.  155,  157. 
Pluiv-catoc,  p.  157. 
Po-kaer,  Pochaer,  p.  226. 
Poe-Carnoet,  p.  226. 
Poetb  (Caeij,  p.  157. 
Pohaer  (Carnoet-),  p.  226. 
Pohei-,  pp.  113,  157,  226. 
Pomorit,  Pomoroit,  p.  226. 
Ponit  Caupalhint,   pp.    137,   157. 
Pont  (Pen-),  p.  157. 
Pontaven,  p.  33. 
Pont-Ivy,  p.  201,  n.  6. 
Pont-Manety,  p.  219. 
Porhoet,  Porroit,  pp.  157,  199. 
Port-an-guaraguer,  p.  226. 
Porpic,  p.  226. 
Porth  (an),  p.  157. 
Porthoed,  p.  226, 
Portz-Bozven,  p.  192. 
Portzbriendo,  p.  226. 
Porzoed,  Porzoez,  p.  226. 

27 


—  418 


Porzpiz,  p.  226. 
Posiat,  p.  157. 
Posidhoiam,  pp.  138,  157. 
Posteuc,  Postuec,  p.  227. 
Pou-bels,  Poubelz,  p.  226. 
Poucaer,  Poucber,  pp.  113,  157. 
Poudouvre,  p.  25. 
Poul-brient,  p.  193. 
Poul-cofiFov,  p.  227. 
Pouidreuzic,  p.  225. 
Poul-Haelec,  p.  225. 
Poullan,  p.  225. 
Poul-lazron,  p.  217. 
Poullaouen,  p.  225. 
Poul-marvezen,  p.  219,  n.  3. 
Poul-pezron,  p.  224. 
Pou-trocoet,   Porhoet,   pp.    157, 

199. 
Poupaia,  p.  46. 
Poyll,  p.  227. 

Prat-an-Rous  (Azanor  de),  p.  229. 
Preden  (Lan),  p.  157. 
Preselan,  p.  111. 
Preselgar,  pp.  111,  114. 
Preselguoret,  pp.  111,  179. 
Prigent,  pp.  132,  227. 
Primait,  p.  157. 
Primarchoc,  pp.  150,  157. 
Pritguall,  p.  227. 
Pritient,  pp.  132,  158. 
Propriando,  p.  226. 
Prostan  (Loin),  p.  158. 
Prostian  (Ran),  p.  158. 
Prostlon,  pp.  146,  158. 
Prostuuoret,  pp.  158,  179. 


Puchuezle,  Puch-e-huezle,  pp.214, 

227. 
Pul-bili,  p.  158. 
Pulcarvan,  pp.  114,  158. 
Pulcrauthon  (Tref),  pp.  121,  158. 
Puldengel  (Tref),  p.  158. 
Pul-gouidnet,  pp.  133,  158. 
Pull-Ilfin,  pp.  100,  158. 
Pullupin,  p.  158. 
Pul-machoer  (Budmael),   p.  158. 
Puraurit,  pp.  158,  226. 
PUNPEIUS,  p.  46. 
Pyllae,  p.  227. 
Pyrki,  pp.  116,  158. 
Quicanton  (Ran),  p.  174. 
Quurduithal,  p.  158. 
Rabili,  pp.  110,  159. 
Rakaer,  Rachaer  (an),  p.  227. 
Rach-enes,  pp.  128,  158. 
Raclaman,  pp.  144,  158. 
Racwant,  pp.  158,  172. 
Radenec,  p.  234. 
Raduueten,  pp.  159,  174. 
Raguenes,  pp.  128,  158. 
Randremes,  p.  158. 
Ran-Melan  (1),  p.  148. 
Ran-Vilian,  p.  HO. 
Rat-Md,  pp.  111,  158,  227. 
Ratguethen,  p.  227. 
Ratboiarn,  pp.  139,  158. 
Ratlouuen,  pp.  147,  158. 
Ratomagus,  p.  20. 
Rattenuc  (Les),  p.  159. 
Ratvili,  pp.  110,  159. 
Ratuuan,  pp.  159,  172. 
Ratuueten,  pp.  159,  174. 


(1)  Les  noms  de  propriété  commençant  par  ran  sont  nombreux,  mais  ran  n'j 
a  que  la  valeur  d'un  nom  commun,  villa^  'parcelle.  On  trouvera  ce  mot  entre 
parenthèses  après  le  nom  propre. 


419  — 


Rectugenus,  p.  29. 
Redgand,  p.  227. 
Redoret,  pp.  161,  179,  227. 
Red-uuoret,  pp.  161,  179. 
Redoc,  p.  161. 
Redon,  p.  163. 
Redones,  p.  57. 
Reith  (lahan),  p.  159. 
Reituualart,  Reithgualart,  pp.  159, 

171. 
Repandunum,  p.  21. 
Resguethen,  p.  227. 
Resmunuc,  pp.  153,  160. 
Resou,  p.  227. 
Rest-dezalbeu,  p.  232. 
Restaloué,  p.  232. 
Restanet,  pp.  160,  166. 
Restou  (Caer),  p.  159. 
Restue,  Restoi,  p.  159. 
Resuuoret,  pp.  160,  179. 
Rethcand,  p.  227. 
Rethcar,  pp.  114,  159. 
Rethian,  p.  228. 
Rethuualart,  pp.  159,  171. 
Rethuual,  pp.  159,  161,  171. 
Rethuueten,  pp.  159,  174. 
Rethuuobri,  pp.  159,  177. 
Rethuuocon,  pp.  159,  177. 
Rethuuoret,  pp.  159,  179. 
Riagual,  p.  159. 
Riallen,  p.  228. 

RiALOBRANI,  p.  46. 

Riarthou,  p.  228. 
Rian,  p.  159. 
Rianau,  pp.  106,  159. 
Riant-car  (Ran),  pp.  114,  158. 
Ri-assoe,  pp.  107,  158. 
Riatham,  p.  159. 
Riaual,  Riauual,  p.  159. 
Ricanam,  pp.  113,  159. 


RiCATi,  p.  46. 

Riceneu,  pp.  116,  159. 

Ricoglin,  Ricolin,  p.  159. 

Ricuiu,  p.  160. 

Ricun,  p.  159. 

Ridetuued,  pp.  123,  159. 

Ridiern  (Trev),  p.  228. 

Riguallon,  pp.  160,  172. 

RigLiallen  (Kaer),  p.  228. 

Riguenn  (Ker),  p.  228. 

Riguocon,  pp.  160,  177. 

Rihael,  pp.  134,  159. 

Rihoel  (Ran),  pp.  138,  159. 

Rihouuen,  pp.  140,  159. 

Rimael,  pp.  149,  1,59. 

Rimael  (Ploe-),  p.  228. 

Rimelen,  p.  228. 

Rimeren  Croch,  pp.  122,  159. 

R,imoete,  p.  84. 

Rimonoc,  pp.  153,  159. 

Rioal  (Kaer),  p.  228. 

Ritiern  (Bron),  pp.  112,  159. 

Rivaladre  (Ker),  p.  171,  n.  5. 

Riuualart,  pp.  159,  171. 

Riuallazr,  p.  207. 

Riuuallon,  Riuallon,  pp.  160,  172, 

228. 
Riuallonou,  p.  228. 
Rivalen  (Goet),  p.  228. 
Riuualoe  (Bot),  pp.  160,  172. 
Riuualt,  pp.  160,  172. 
Rivait  an  Grue,  p.  228. 
Riuuaroi,  pp.  160,  172. 
Rivelen,  pp.  159,  228. 
Riuen  (Ker),  p.  228. 
Riuuere,  pp.  159,  173. 
Riuueten,  pp.  159,  174. 
Rivilin,  Rivilen,  pp.  110,  159. 
Riuuoion,  pp.  160,  177. 
Riuuoret,  pp.  160,  179. 


420 


Riuuorgou,  pp.  133,  160. 
Ri-uur,  pp.  160,  180. 
Ridgen,  Ridien,  pp.  132,  161. 
Ridgent,  pp.  132,  161. 
Riduualt,  pp.  162,  172. 
Riduuant,  pp.  161,  172. 
Riduueten,  pp.  161,  174. 
Rietan,  pp.  159,  160. 
Riethoc,  Riedoc,  p.  160. 
Riginet,  p.  159. 
Rignodus,  p.  159. 
RiGODUNUM,  pp.  21,  29,  36. 
RiGOMAGUS,  pp.  20,  29. 
Rinan,  p.  160. 
Rinduran,  p.  160. 
Rinoid,  p.  160. 
Rinod,  p.  160. 
Rinuiu,  p.  160. 
Rioc,  p.  159. 
Riocan,  p.  159. 
RiocATus,  pp.  46,  50. 

RiOTHAMUS,  p.  50. 
Risan,  p.  160. 
Risanau,  pp.  106,  160. 
Riscaham,  p.  160. 
Riscant,  pp.  114,  160. 
Riskiboe,   Puschiboe,   Riskipoe, 

pp.  110,  160. 
Riscomnit,  pp.  119,  160. 
Risconan,  pp.  120,  160. 
Riscum,  pp.  122,  160. 
Rishoiarn,  pp.  139,  160. 
Risien,  pp.  132,  160. 
Rismonoc,  pp.  153,  160. 
Ristanet,  pp.  160,  166. 
Ristenalt,  p.  160. 
Risvidoe,  pp.  109,  160. 
Risuueten,  pp.  160,  174. 
Risuuion,  p.  160. 
Risuuocon,  pp.  160,  177. 


Risuuoret,  pp.  160,  179. 
Risuuotal,  pp.  160,  180. 
Ritanau,  pp.  106,  161. 
Ritcant,  pp.  114,  161. 
Ritgen,  Ritien,  pp.  132,  161. 
Rithoiarn,  pp.  139,  161. 

RlTOGENUS,  p.  39. 

Rituualart,  pp.  161,  171. 
Rituuald,  pp.  161,  172. 
Rituuant,  pp.  161,  172. 
Rituucten,  pp.  161,  174. 
Rituuoret,  p.  161,  179. 
Ritoch  (Ty),  p.  161. 
Roalt,  pp.  105,  161. 
Roandelin,  p.  229. 
Roaut,  p.  161. 
Roazon,  p.  57. 

Rodait,  Rodald,  pp.  105,  161,  228. 
Rodaud,  p.  228. 
Roderch,  pp.  162,  228. 
Rodoed  Carn,  pp.  114,  162, 
Rodoed  Gallec,  p.  162. 
Roeantken,  pp.  116,  162. 
Roedlon  (Ran),  pp.  146, 162. 
Roenbrit,  pp.  111,  162. 
Roencomal,  pp.  119, 162. 
Roengual,  p.  228. 
Roenguallon,  p.  228. 
Roenhebet,  pp.  136,  162. 
Roenhoiam,  pp.  138,  162. 
Roenhoiarn  (Compot),  pp.  119, 

139,  162. 
Roenhouuen,  pp.  140,  162. 
Roeniuialart,  pp.  162,  171. 
Roônuuallon,  pp.  163,  172. 
Roenhuarn,  p.  228. 
Roenuuolon,  p.  163. 
Roenuuoret,  Roentuuoret,  pp.  162, 

179. 
Roeniant  (Mes),  p.  228. 


421  - 


Roetanau,  p.  162. 
Roezfau,  p.  229. 
Rohoiarn,  pp.  139,  161. 
Roiantken,  Roiantkent,  pp.  116, 

162. 
Rioantdreh,  Roiantdrec,  pp.  126, 

162. 
Roiantdreon,  p.  162. 
Roianthebet,  pp.  136,  162. 
Roiantuuallon,  pp.  162,  172. 
Roiantuualt,  pp.  162,  173. 
Roiantuuoion,  pp.  162,  177. 
Roidoc,  p.  162. 
Roinuuallon,  pp.  163,  173. 
Romel,  p.  161. 

Romhail,  Romael,  pp.  148,  161. 
Romin,  p.  161. 
Ronenettes,  p.  204. 
Rongoet,  Rongoedo,  p.  229. 
Ronhouuen,  pp.  140,  162. 
Ronuuallon,  pp.  163,  172. 
Ros  (villa),  p.  163. 
Roscaroc,  pp.  114,  163. 
Roscoff.  p.  26. 
Rosdraenen,  p.  202. 
Rosgal,  pp.  131,  163. 
Roslochen,  p.  229. 
Rosmeuur  an  Cloedou,  pp.  117, 

163. 
RosDoen,  p.  229. 
Rosquoet,  Rosquoedou.  p.  229. 
Rostreinen,   Rostrenen,   p.   202. 
Roth  (Camp),  p.  163. 
Rotheneuf,  p.  146,  n.  6. 

ROTOGENUS,  p.  39. 

Roton  (Redon),  p.  163. 

ROTTALI,  p.   39. 

Rouandelin,  p.  229. 
Rouant  (Kaer),  p.  229. 
Roudouallec,  p.  162,  n.  2. 


Rouzaud,  Rozaud,  p.  228. 
Rozerch  (Kaer),  p.  228. 
Rozulair,  pp.  230,231. 
Ruantrec,  p.  162. 
Rudfoss,  pp.  130,  163. 
Rudheder,  p.  163. 
Rufaux  (Le),  p.  229. 
Rulazarou,  p.  216. 
Rumanton,  pp.  162,  163. 
Ruraatam,  p.  163. 
Rume,  p.  163. 
Rumuual,    R,umgual,    pp.    163, 

171. 
Run  (Le),  p.  229. 
Run-bihan,  p.  191. 
Runbran  (Alan),  p.  229. 
Rungant,  p.  229. 
Runlin,  p.  163. 
Rus  (Even),  p.  229. 
Ruz-radenec,  p.  229. 
Ruunet  (Compot),  p.  119. 
Ryaval  (Moustaer-),  p.  228. 
Sabini,  p.  46. 
Sach  (Le),  p.  229. 
Sach-Radul,  Sach-Raoul,  p.  229. 
Sabioc,  pp.  163. 
Sabrina,  p.  36. 
Saint- Aignan,  p.  99,  n.  2. 
Saint- Algoestle  (  Saint- Aloestre), 

p.  188. 
Saint- Alvoez    (Saint- Aloué), 

p.  187. 
Saint -Broladre,   Saint -Brelade, 

p.  207,  n.  9. 
Saint-Kigeau,  p.  236,  n.  1. 
Saint-Colezoc,  p.  199. 
Saint-Congar,  p.  200. 
Saint-Conogan,  p.  120. 
Saint-Coulitz,  p.  199. 
Saint-Dalouarn,  p.  231. 


—  422  — 


Saint-Defridec,  p.  232. 
Saint-Evarzec,  p.  232. 
Saint-Felan,  Saint-Fezglan,  p.  204. 
Saint-Germain,  p.  213. 
Saint-Gouvry,  pp.  207,  193. 
Saint -Gueltas     (  Saint  -  Gildas  ) , 

p.  208. 
Saint-Guenmoloc,  p.  209. 
Saint-Hernin,  p.  39. 
Saint-Idult,  p.  236. 
Saint-Iglur  (Sent  Iglur) ,  p.  141. 
Saint-Innan,  p.  216. 
Saint -Maeoc     (Saint-Mayeux), 

pp.  149,  218. 
Saint-Meguen  (Saint-Méen),  p.  151. 
Saint-Melan,  p.  403,  n.  10. 
Saint-Meleuc,  p.  403,  n.  10. 
Saint- Mol flf,  p.  221. 
Saint-Molvan,  p.  221. 
Saint-Nenec,  p.  100. 
Saint-Nolff  (Saint-Molff),  p.  221. 
Saint-Riuallazr,  p.  228. 
Saint-Tayac  (Lothéa),  p.  231. 
Saint-Tremeur,  p.  101. 
Saint-Thegonnec,  pp.  101,  168. 
Saint-Tugdual  (Tudgual),  p.  235. 
Saint-Tutel,  p.  170,  n.  1. 
Saint-Zunan,  p.  216. 
Salaguun,  p.  229. 
Salamun,  pp.  163,  229. 
Salaùn,  p.  229. 
Saliciduni,  p.  47. 
Salomagus,  p.  20. 
Samarobriya,  p.  29. 
Santan  (Ran),  p.  164. 
Santeuc  (Yvo  Kaer-),  p.  230. 
Santones,  p.  14. 
Sarphin  (Bot),  p.  164. 
Saturnan,  p.  164. 
Sauce  (Le),  p.  164,  n.  4. 


Saushoiarn,  Sausoiarn,  pp.  139, 

164. 
Sauso,  p.  164. 
Sausoarn,  p.  164. 
Sauzon,  p.  164. 
Scadr  (Scaer,  Scathr),  p.  230. 
Scaelan,  p.  164. 
Scaer,  p.  230. 
Scahunec,  p.  230. 
Scamam  baith  (Ran),  p.  164. 
Scamnouuid  (salina),  pp.  105,  164. 
Scamou,  p.  230. 
Scathr,  p.  164. 
Scauuen  (Caer),  p.  164. 
Scazr,  p.  230. 
Schiriou,  p.  164. 
Scoeu  (Caer),  p.  164. 
Scolan,  p.  230. 
Scuban,  p.  164. 
Sculcher,  p.  230, 
Seder,  p.  164. 
Segneu,  p.  164. 
Segodunum,  p.  21. 
Segomaros,  pp.  21,  29. 
Segoyellauni,  p.  29. 
Seidhun  (insula),  p.  164. 
Sein  (île  de),  p.  164. 
Selqovae,  p.  36. 
Senacus,  p.  47. 
Sennilus,  p.  47. 
Senomagli,  p.  47. 
Senones,  p.  29. 
Sent  (Tigran),  p.  164. 
Sent-Defridec,  p.  230. 
Sent-Ducocan,  p.  164. 
Sent-Iglur,  p.  165. 
Sent-Rioc,  p.  165. 
Sent-Thoui,  p.  164.. 
Sent-Uurguestl,  p.  165. 
Serchan,  p.  165. 


-  423  — 


Serho,  Serro,  p.  165. 
Sether  Seder,  p,  165. 
Setubogius,  pp.  7,  8. 
Sican  (Bron),  p.  112. 
Sider,  p.  165. 
Sidol,  p.  165. 

Sidum,Sidun(Budoc-Cap-),pp.  165, 
191. 

SiGOVESUS,  p.  29. 
SiLVANECTES,  p.   14. 
SiNGIDUNUM,  p.  21. 

Sint  (Ran),  p.  164. 

Sint-Toui,  p.  1.65. 

Sirfic  (Ludre),  p.  165. 

Si  ter,  p.  165. 

Sizunt,  p.  230. 

Soit  Gneuer,  p.  165. 

Soit  Hinuarn,  p.  165. 

Soult-Alarun,  p.  230. 

Sout-Wenhaes,  p.  211. 

Spethot,  Spethut,  Spezot,  Spezet, 

p.  230. 
Spontaill  (terra),  p.  230. 
Stellan,  p.  230. 
Staer  (an),  p.  165. 
Stergavale,  pp.  131,  165. 
Ster-Iaer,  Ster-laeron,  p,  216, 
Steyr  (Le),  p.  233. 
Stlinan,  p.  165. 
Stodken,  p.  165. 
Stouuillan,  p.  165. 
Strat  (Caer),  p.  238. 

SUBELINO,  p.  47. 
SUCARUS,  p.  30. 

Suillinizac,  p.  231. 
Sulan,  p.  165. 
Sulbrit,  pp.  111,  165. 
Sulcar,  pp.  114,  165. 
Sulcat  (Tnou),  pp.  114,165. 
Sulcomin,  pp.  119,  n.  2,  165. 


Sulconnan,  pp.  120,  165. 
Sulhezre  (Ros),  Rozulair,  p.  230. 
Sulgubri,  pp.  165,  177. 
Sulguen,  p.  230. 
Sulhael,  pp.  135,  165. 
Sulhaeloc,  pp.  135,  165. 
SulhoeI(Ran),pp.  138,  165. 
Sulhoiarn,  pp.  139,  165. 
Sulmael,  pp.  148,  165. 
Sulmin,  pp.  151,  165. 
Sulraonoc,  pp.  153,  165. 
Sultiern.  pp.  165,  167. 
Suluen,  p.  230. 
Sulvrit,  pp.  111,  n.  6,  165. 
Suluuoion,  pp.  165,  177. 
Sul-uuoret,  pp.  165,  179. 
Suloc,  p.  165. 
Sulon,  p.  165. 
Sulniac,  Suluniac,  p.  231. 
Suzun  (Buezec-cap-),  p.  232. 
Tadioc,  p.  231. 
ïadou,  p.  231. 
Tahauc  (Bot),  p.  165. 
Taital,  Taetal,  p.  166. 
Talan,  p.  165. 
Talar  Rett,  p.  166. 
Talcoet-Noyal,  p.  231. 
Talenquoit,  Talenhuet,  pp.  199, 

231. 
Talhoit,  Talhuet,  pp.  199,  231. 
Talhouarn,  p.  231. 
Taliesin,  Talgesin,  p.  231. 
Talori,  p.  47. 
Tanalt,  pp.  105,  166. 
Tanki,  pp.  116,  166,  231. 
Tancinus,  p.  39. 
Tanconus,  p.  39. 
Tanc  jrix,  p.  39. 
Tanezre  (Quoet-),  p.  231. 
Tangi,  Taogui,  pp.  166,  231. 


424  — 


Tangrad,  pp.  133,  166. 
Tanguethen,  p.  231. 
Tanheder,  p.  231. 
Tanhoiarn,  pp.  139,  166. 
Tanirz,  p.  231. 
Tanoarn,  pp.  139,  166. 
Tanreed,  p.  231. 
Tanuoud,  p.  166. 
Tan-uuoion,  pp.  166,  177. 
Tanui,  Tanue,  p.  166. 
Tanecan,  p.  166. 
Tanet,  p.  166. 
Tanetbidoe,  pp.  109,  166. 
Tanetbiu,  110,  166. 
Tanetcar,  pp.  114,  166. 
Tanetguion,  p.  166. 
Tanetkam,  p.  166. 
Tanethirt.Tanethert,  pp.  136, 166. 
Tanetlouuen,  pp.  147,  166. 
Tanetmael,  pp.  149,  166. 
Tanetmarcoc,   Tanetmarhoc,   pp. 

150,  166. 
Tanetui,  p.  166. 
Tanetuuallon,  pp.  166,  172. 
Tanetuueten,  pp.  166,  174. 
Tanetuuiu,  pp.  166,  176. 
Tanetuuoion,  pp.  166,  177. 
Tanetuuolou,  pp.  166,  178. 
Tanet-uuotal,  p.  166,  180. 
Tanetic,  p.  166. 
Taranucnos,  p.  30. 
Taranus,  p.  30. 
Tarbeisonios,  p.  10. 
Taruu  (Ran),  p.  166. 
Tayac  (saint),  p.  231. 
Tekos,  p.  8. 
Tefridec  (saint),  p.  231. 
Tegernacus,  p.  17. 
Tegonnec  (Saint-Tliegonnec),  pp. 

iOO,  168. 


Teguennoc  (Lan),  p.  168. 

Tehtei,  p.  167. 

Tehuuiu,  pp.  167,  176. 

Teleau,  Teleu  (Lan),  p.  232. 

Telent  bastart,  pp.  109,  166. 

Telerimelsi,  p.  167. 

Telchruc    (plebs),    Telgruc,    pp. 

167,  232. 
Telmedovia  (plebs)   (Ploudalme- 

zeau),  p.  100. 
Temer  (vicus),  p.  232. 
Teaietan,  p.  167. 
Tenou-Evel  (Tenuel) ,   pp.    168, 

n.  3.  233. 
Terenes,  pp.  128,  167. 
Terethian,  Terithien,  pp.  161, 168, 

231. 
Terguisiaeth,  Terguisiaed,  Terui- 

siez  (redevance),  p.  232. 
Tethion,  p.  167. 

Tethguithel,   Tetguithel,   p.   167. 
Tethuuid,  pp.  167,  175. 
Tethuuiu,  p.  167, 176. 
Teutates,  p.  30. 

Teudoret   (Theudoret),    p.    236. 
Teuthael,  p.  235. 
Teutomatus,  p.  21. 
Teyr  (Le  Steyr),  p.  232. 
Tiarmailus,  pp.  100,  167. 
Tiarn,  p.  167. 
Tiarnan,  p.  167. 
Tiarnoc,  p.  167. 
Tibidy,  pp.  100,  167. 
Tiernmael,  pp.  100,  148,  167. 
Tieuc  (Le),  Le  Thiec,  p.  233. 
Tigernomaglus,  pp.  100,  167. 

TiGERNOMALUS,   p.  47. 

Tigorent,  Thiorent,  p.  233. 
Tigran   Haelnou,    pp.    133,    134, 
167. 


—  425 


Timor  (Ran),  p.  167. 
Tinsedio  (villa),  p.  121. 
Tiridian,  p.  231. 
Tnou-Barroc,  p.  167. 
Tnou-heyr,  p.  233. 
Tnou-laian,  pp.  143,  167. 
Tnou-melin,  pp.  151,  167. 
Tnou-mern,  pp.  151,  167. 
Tnou-monokan,  p.  233. 
ToBios,  p.  36. 

ToGODfMNOS,  p.  39. 
Tolmaen  (Tref),  p.  168. 
Tonam  (Ran),  p.  168. 
Tonouloscan,  p.  146,  168. 
Thopepigia,  p.  100. 
Toquonocus,  pp.  100,  168. 
Torithgen,  Torithien,  pp.  161,  168. 

TOTATIGENUS,   p.   30. 

Touezec  (saint),  pp.  101,  168. 
TovisAci,  p.  47. 
Toulgoet,  p.  234. 
Toulsallo,  p.  233,  n.  9. 
Tourc'h,  p.  169. 

TOUTIORIX,  p.  30. 

TouTissicNOs,  pp.  12. 
Torrius,  p.  8. 
Towoedocus,  pp.  101,  168. 
Traez  (Pen-),  p.  234. 
Treanton,  pp.  106,  125,  168. 
Treb-alloian,  p.  168. 
Treb-anaoc,  p.  168. 
Treb-araii.  p.  168. 
Treb-codic,  p.  168. 
Trebcoet,  pp.  119,  168. 
Trebdobrogen,  pp.  125,  168. 
Trebdreoc,  p.  168. 
Treb-Etuual,  pp.  129,  168. 
Treb-Haelan,  pp.  134,  168. 
Treb-Hinoi.  pp.  137,  168. 
Treb-laian,  pp.  143,  168. 


Treb-Maenbaud,  pp.  149,  168. 
Treb-Moetcar,  pp.  152,  168. 
Treb-mor,  pp.  153,  168. 
Treb-nouuid,  pp.  155,  168. 
Treb-querman,  p.  163. 
Treb-Uuiniau,  pp.  168,  175. 
Treb-Uuokamoe,    pp.    113,    168, 

176. 
Tre-bihan,  p.  233,  n.  9. 
Tre-brivan,  p.  234. 
Trebudhiarn,  p.  168. 
Tre-gadoret,  pp.  168. 
Tregar,  pp.  114,  168. 
Tregaranteuc ,     Tregarantec,    p. 

234. 
Tregar van,  p.  114. 
Tregomael,  Tregomel  (Saint-Ca- 

radec),  pp.  149,  n.  1,  199. 
Tregouet,  p.  76. 
Tregranteur,  p.  234. 
Treguennec,  p.  234. 
Tregunc,  p.  234. 
Trelivalaire,  p.  207. 
Tremehouarn,  pp.  221,  234. 
Tremeoc,  pp.  219,  234. 
Tremoar,  p.  221. 
Treogat,  p.  234. 
Treoultre-Penmarch,  p.  234. 
Trevenalec,  p.  76. 
Tre-villant,  p.  76. 
Tre-vras,  p.  76. 
Trech-guoret,  p.  234. 
Trechmor  (Saint-Tremeur),  p.  101 . 
Trederh,  pp.  122,  168. 
Treff-brivan,  p.  234. 
Tref-Budgual,  pp.  112,  168. 
Tref-Karentuc,  p.  195. 
Treffiagat,  p.  234. 
Treffingar,  pp.  129,  168. 
Tref-gaennec,  p.  234. 


426 


Tref  Gellan,  pp.  132,  168. 
Trefguenc  (Les-),  p.  234. 
Tref-Harthoc,  p.  136. 
Trefflean,  pp.  143,  n.  9,  217. 
Tref-les,  p.  234. 
Trefloc,  p.  168. 
Treff-maeheuc,  pp.  234,  219. 
Tref-neuued,  pp.  155,  168. 
Tref  Pul-Grauthon,  pp.  121,  158, 

168. 
Tref  Pul-dengel,  pp.  158. 
Treff-Riagat,  p.  234. 
Tref  Tolmaen,  p.  168. 
Tref  Tudoc,  p.  169. 
Treffuezger,  p.  234. 
Treffuortre,  p.  234. 
Trefuozgat,  p.  234. 
Treguisiez,  p.  232. 
Trehanton,  p.  234. 
Treh-louuen,  pp.  147,  169. 
Trehoiarn,    Trihoiarn,   pp.    125, 

126,  139. 
Trehoit,  pp.  119,  168. 
Trehuarn,  pp.  234. 
Treisfaven,  Trefaven,  p.  235. 
Treithgen,  pp.  132,  169. 
Treiz,  p.  235. 
Trelowen,  pp.  147,  168. 
Trenacati,  p.  47. 
Treshoret,  pp.  169,  179. 
Treslerian  (portus),  pp.  144,  169. 
Treslûen,  p.  169. 
Tresmer,  p.  169. 
Trestan  (île),  p.  235. 
Tret-bras,  pp.  111,  169. 
Tretcand,  pp.  114,  169. 
Tretgruuc,  p.  169. 
Treth  (Kaer  en),  pp.  169,  235. 
Trethhilkel,  Trehiguer,  p.  169. 
Trethian,  p.  169. 


Trethur  (Saluden  aa) ,  p.  235 . 
Trev-blen,  pp.  110,  168. 
Trev-leyan,  p.  217. 
Trev-munbl,  p.  168. 
Trev-Ridiern,  p.  228. 
Treuezver  (Prioratus  de),  p.  234. 
Treus  (vicus),  p.  235. 
Treut,  p.  235. 
Treuuoret,    Treboret,    pp.    126, 

169. 
Tribodu,  pp.  110,  169. 
Triboud,  p.  169. 
Tricasses,  p.  14. 
Triduith,  p.  169. 
Triglur,  p.  169. 
Triboiarn,  [jp.  126,  169. 
Tribuueten,  pp.  126,  169. 
Trisanton,  p.  36. 
Tristan  (l'île),  p.  235. 
Tritut,  p.  169. 
Tri-uuoet,  p.  169. 
Trid-boud,  p.  169. 
Trimarkisia,  p.  17. 
Trinanto,  p.  18. 
Trob  (Ran),  p.  169. 
Trogallen,  p.  233,  n.  9. 
Troiedh,  Truedh,  p.  169. 
Troinhirt,  p.  137,  169. 
Tromelin,  p.  167,  n.  8. 
Tromern,  p.  167,  n.  9. 
Tronavallen,  p.  233,  n.  9. 
Troneven,  p.  233,  n.  9. 
Tronscorfif,  p.  233,  n.  9. 
Troubeir,  p.  233. 
Tudal  (Saint),  Tudgual,  p.  235. 
Tudguenne  (Loc),  p.  235. 
Tudguoret,  Tudoret,  pp.  210,  235. 
Tudvael  (Ran),  p.  149. 
Tuduual,  pp.  170,  171. 
Tud-uuoret,  pp.  171,  179. 


—  427 


Tudian,  p.  169. 

Tudoc,  pp.  169,  235. 

Tuhte,  p.  170. 

Tujan  (Lan-Duian),  p.  236. 

TuNGETACE,   p.    17. 

Tuouzeir,  p.  233. 

Turch  (plebs),  pp.  169,  236 

TUTA,  p.   4. 

Tiitahel,  pp.  135,  169. 
Tutamau,  p.  170. 
Tutgual,  pp.  170,  171. 
Tuthael,  pp.  135,  170. 
Tuthouuen,  pp.  140,  170. 
Tuthuiu,  p.  170. 
Tutuualart,  pp.  170,  171. 
Tutuuallon,  pp.  170,  171. 
Tutuuocon,  pp.  170,  177. 
Tut-uuoret,  pp.  170,  179. 
Tute,  pp.  169. 
Tutian,  p.  169. 

TUTIANUS,  p.    39. 

Tutocan  (Lan),  p.  169. 
UcuETis,  pp.  11. 
Uhel  (Kaer),  p.  236. 
Uhelgarz,  pp.  205,  236. 
Uhelveu,  p.  236. 
Ulgagni,  p.  47. 
Ult(flumen),rOust,p.  170. 
Unconc  (campus),  pp.  120,  170. 
Undan,  p.  170. 
Unva  (Daniel),  p.  170. 
Urbgen,  Urbien,  p.  23. 
Urbhoiarn,  pp.  139,  170. 
Urbian,  Urbien,  pp.  132,  170. 
Urblon,  pp.  146,  170. 
Urbmgen,  pp.  132,  170. 
Urbon,  p.  170. 
Urum-gen,  pp.  132,  170. 
Urmoet,  pp.  152,  170. 
Urs  (Caer),  p.  236. 


Ursan,  p.  171. 
Urscant,  p.  171. 
Ursuualt,  pp.  171,  172. 
Urvlon,  pp.  146,  170. 
Urvodius,  pp.  152,  170. 
Urvuoit,  Urvoet,  Urvoez,  pp.  152, 

170,  236. 
Usebres,  p.  236. 
Utian,  p.  171. 
Uvel  (Kaer),  p.  236. 

UXAMA,  p.  30. 
UXELLODUNUM,  pp.  21,  30. 
UXELLIMUS,  p.    30. 
UXOPILLI,  p.   40. 

Valci,  p.  17. 

Uualcmoei     ou     Uuaicmoel     ou 

Uualtmoe,  pp.  152,  171. 
Vallauniu.s,  p.  39. 
Uùallon,  p.  171. 
Uuallonic,  p.  171. 
Uualt,  p.  172. 

Uuantnou  (pars),  pp.  133,  172. 
Warocus,  p.  50. 
Uuasbidoe,  pp.  109,  172. 
Uuasuediu,  pp.  109,  172. 
Uuecon,  p.  174. 
Uuednoc,  p.  173. 
Vedomayi,  p.  48. 
Uueidien,  pp.  132,  173. 
Uueithnoc,Uueitnoc,pp.  101, 173. 
Vellaunodunum,  p.  29. 
"Vellavii,  p.  29. 
Uuenbris,  pp.  111,  175. 
Uuenbrit,  pp.  111,  175. 
Vendesetli,  p.  48. 
Yendubarri,  p.  48. 
Vendumagli,  p.  48. 
Wenhaes  (Sout),  p.  211. 
Uuenlouuen,  pp.  147,  175. 
Uuenmael,  pp.  148,  175. 


428 


Uuenmened,  p.  152,  n.  8. 
Uuenran,  pp.  158,  175. 
Uuenruant,  pp.  163,  175. 
Uuentamau,  pp.  166,  176. 
Uuenuuocon,  pp.  176,  177. 
Uuenuuoial,  p.  176. 
Uuen-uuorgou,  p.  176. 
Yeneti,Venedia,  pp.  57,  66. 
Uuener-monoc,  pp.  152,  173. 
Vepomulus,  p.  40. 
Vepisones,  p.  40. 
Veracius,  p.  48. 
Veragri,  p.  30. 
Vercassivellaunus,  p.  38. 
Vercingetorix,  p.  31. 
Vergilius,  p.  31. 
Vergivios,  p.  36. 
Vergobretus,  p.  17. 
Vernemetis,  p.  9. 
Vernodubrum,  p.  31. 
Vernomagus,  p.  31. 
Weroc,  pp.  191,  111,  173. 
Veromandui,  p.  31. 
Versicnos,  p.  9. 
Vesontio,  p.  14. 
Uuetencar,  pp.  114,  173. 
Uuethen-cor,  pp.  120,  174. 
Uueten-bidoe,  pp.  109,  174. 
Uuetencain,  pp.  113,  174. 
Uuetencunan,  pp.  120,  174. 
UuetengIoeu,Wetengloui,  pp.  133, 

174. 
Uuetenhoiarn,  pp.  139,  174. 
Uuetenmonoc,  pp.  153,  174. 
Uuetenrit,  pp.  161,  174. 
Uuetenuual,  pp.  171,  174. 
Uuetenuuoion,  pp.  174,  177. 
Uueten-uuoret,  pp.  174,  179. 
Uuetenan,  p.  173. 
Uuetenic,  p.  173. 


Uuethenoc,  Uuetcnoc,  p.  173. 
Uuethien,  pp.  132,  173. 
Uuicant,  p.  174. 
Uuicantoe,  p.  174. 
Uuicanton  (R,an),  p.  174. 
Victor,  p.  48, 
Viducasses,  p.  31. 
ViDucos,  p.  40. 
Uuinanau,  pp.  106,  175. 
Uuinbicham,  pp.  109,  175. 
Uuincalon,  pp.  113,  175. 
Uuincampt  (Compot),  pp.  119, 175 
Uuincant,  pp.  114,  175. 
Uuincar,  pp.  114,  175. 
Uuincimalo,  p.  175. 
Uuincon,  pp.  174,  n.  3,  175. 
Vindobala,  p.  29. 

ViNDOBONA,  p.   31. 

Vindocladia,  p.  37. 

ViNDOLANA,  p.  37. 
ViNDOGARA,  p.  29. 
ViNDOGLADIA,  p.  37. 
ViNDOMAGUS,  p.  29, 
ViNDOMORA,  p.  37. 
ViNDOMORUCIUS,  p.  40. 
ViNDONISSA,  p.  29. 

Uuinhael,  pp.  135,  175. 
Uuinhaeloc,  pp.  135,  175. 
Uuinhamal,  pp.  136,  175. 
Uuinhoiarn,  pp.  139,  175. 
Uuinmael,  pp.  149,  175, 
Uuinmelio,  pp.  151,  175. 
Uuinmochiat,  pp.  152,  175. 
Uuinmonid,  pp.  152,  175. 
Uuinmonoc,  pp.  153,  175. 
Uuinmorin,  pp.  153,  175. 
Uuinrunoc,  pp.  163,  175. 
Uuinuualoe,  pp.  101,  172,  175. 
Uuin-uueten,  pp.  174,  175. 
Uuin-uuoret,  pp.  175,  180. 


—  429 


Uuinan,  p.  175. 
Uuinoc,  pp.  50,  175. 

VlRDUMARUS,  p.  21. 
VlROCONIUM,  p.  31. 
YlRODUNUM,  p.  31. 
ViROMAGUS,  p.  20. 
ViROMARUS,  p.  21. 

VisuRix,  p.  22. 

YlTALIS,  p.   48. 
VlTALIANUS,   p.    48. 

Uuitcan  (Caer),  p.  175. 
Withur,  p.  101. 
Uuiucant,  pp.  114,  176. 
Uuiuhamal,  pp.  136,  176. 
Uuiuhoiarn,  pp.  139,  176. 
Uuiuhomarch,  p.  176. 
Uuiulebran,  pp.  144,  176. 
UuiulouLien,  pp.  147,  176. 
Uuiurailis,  pp.  151,  176. 
Uuiurat,  pp.  159,  176. 
Uuiuror  (Ran),  p.  176. 
Uuiutihern,  pp.  167,  176. 
Uuiu-uuoret,  pp.  176,  180. 
Uuobri,  pp.  111,  177. 
Uuobrian,  pp.  111,  176. 
Uuocomet,  p.  176. 
Uuocondelu,  pp.  123,  176. 
Uuodoetal,  pp.  125,  176. 
Uuodhochic,  p.  177. 
Uuoedadoeu,  p.  177. 
Uuoedanau,  pp.  106,  177. 
Uuoedatoeu,  pp.  108,  177. 
Uuoeder,  p.  177. 
Uuoedmon,  pp.  101,  177. 
Uuoednovius,  p.  101. 
Uuoetatoe,  p.  177. 
Uuoethoiarn,  pp.  139,  177. 
Uuoetuual,  p.  177. 
Uuokaraoe  (Menehi),  p.  176. 
Uuohoiarn,  pp.  139,  176. 


Uuoider,  p.  177. 
Uuoithoiarn,  pp.  139,  177. 
VOLCAE,  p.  31. 

Uuoletec,  pp.  176,  178. 
Uuolotic,  p.  176. 
Uuolouan,  pp.  146,  176. 
Uuo-talin,  p.  176. 
Uuo-tolan,  p.  176. 
Uuorandor,  p.  178. 
Uuoranton,  pp.  106,  178. 
Uuorasoe,  Uuorasou,  pp.  107, 178, 
Uuoratam,  p.  178. 
Uuorathoui,  pp.  108,  178. 
Uuorbili,  pp.  110,  178. 
Uuorbri,  pp.  111,  178. 
Uuorcantoe,  pp.  114,  178. 
Uuorcomet,  p.  178. 
Uuorcomin,  pp.  119,  n.  2, 178. 
Uuorcondelu,  pp.  123,  178. 
Uuordetuuid,  pp.  123,  178. 
Uuordoethal,  Uuordoetal,  pp.  125, 

178. 
Uuoret,  p.  178. 
Uuoretcant,  pp.  114,  179. 
Uuoretcar,  pp.  114,  179. 
Uuorethael,  pp.  135,  179. 
Uuorethemel,  pp.  136,  179. 
Uuorethoiarn,  pp.  139,  179. 
Uuoret-mebin,  p.  179. 
Uuoretic,  p.  179. 
Uuoretin,  p.  179. 
Uuorethoc,  p.  179. 
Uuorgauan,  pp.  131,  179. 
Uuorgen,  p.  179. 
Uuorgoel,  pp.  133,  179. 
Uuorgost,  Uurgost,  pp.  133,  179. 
Uuorgouan,  pp.  133,  179. 
Uuorhasoeu,  Uuorhasoui,  pp.  107, 

179. 
Uuorhaitoui,  pp.  135,  179. 


—  430 


Uuorhatoeu,   Uuorhatohoui,    pp. 

135,  178. 
Uuorhocar,  pp.  138,  178. 
Uuorhoiarn,  pp.  139,  179. 
Uuorhouuen,  pp.  140,  179. 
Uuorhuuant,  pp.  172,  179. 
Uuorien,  pp.  132,  179. 
Uuorloies,  pp.  146,  179. 
Uuorlouuen,  pp.  147,  179. 
Worraawi,  p.  101. 
Uuormhaelon,  pp.  134,  181. 
Uuormoet,  pp.  152,  179. 
Uuormonoc,  pp.  152,  179. 
Vormuini,  p.  23. 
Uuorocan  (Ran),  p.  180. 
Uuorocar,  p.  178. 
Uuortalin,  p.  179. 
Uuortemic,  p.  179. 
Uuorvili,  pp.  110,  179, 
Uuoruuelet,  pp.  173,  179. 
Uuoruueten,  pp.  174,  179. 
Uiioruuinet,  pp.  175,  179. 
Uuoruuoer,  p.  179. 
Uuoruuoion,  pp.  177,  179. 
Uuoruuoret,  p.  179. 
Uuoruuouan,  p.  179. 
Uuotuuoiam,  p.  177. 
Uuranton,  pp.  106,  178. 
Uurbidoe,  pp.  109,  178. 
Uurbili,  pp.  110,  178. 
Uurbri,  pp.  111,  178. 
Uurbudic,  pp.  112,  180. 
Uurcomet,  p.  178. 
Uui'comin,  pp.  119,  n.2,178. 
Uurcondelu,  pp.  123,  178. 
Uurdigrinn,  pp.  124,  180. 
Uurdistin,   Wrdisten,    pp.    101, 

124,  180. 


Uurdoital,  pp.  125,  178. 
Uurdrigon,  p.  180. 
Uurgen,  pp.  132,  178. 
Uurgint,  pp.  132,  180. 
Uurgitan,  p.  180. 
Uurgnit,  pp.  133,  180. 
Uurgoion,  pp.  177,  179. 
Uurgost,  pp.  133,  178. 
Uurgual,  pp.  171,  180. 
Uurhamal,  pp.  136,  180. 
Uurhen,  pp.  136,  180. 
Uurbocar,  pp.  138,  178. 
Uurhoiarn,  pp.  139,  179. 
Uurion,  pp.  132,  178. 
Uuriunet,  pp.  143,  179. 
Uurliuuet,  pp.  145,  180. 
Uurlouuen,  pp.  147,  179. 
Uurmoet,  pp.  152,  179. 
Uurmonoc,pp.  152,  179. 
Uurnau,  pp.  133,  180. 
Uurtemet,  pp.  167,  180. 

UURTIGERNUS,   p.  49. 

Uurvidoe,  pp.  109,  180. 
Uurvili,  pp.  110,  179. 
Uuruual,  pp.  171,  180. 
Uuruuant,  pp.  172,  179. 
Uuruuetben,  pp.  174,  179. 
Uuruuelet,  pp.  173,  179. 
Uur-uuoret,  p.  179. 
Uurm-haelon,  pp.  181. 
Uurmham,  p.  181. 
Uurmgen,  Uurmien,  pp.  132, 181. 
Uurmhouuen,  pp.  140,  181. 
Uurmon,  pp.  181. 
Ylispoe,  Ylisploe,  p.  215. 
Yllut  (saint),  p.  236. 
Ysella  (Kerdiflfez),  p.  215. 
Yssubres,  p.  236. 


—  431  — 


II  —  Vocabulaire 


Pour  éviter  de  continuels  renvois,  je  résume  en  quelques  mots 
les  lois  des  mutations  des  consonnes  initiales,  et  je  donne  la 
liste  des  pronoms  et  particules  qui  provoquent  ces  mutations. 

Les  consonnes,  dans  le  corps  du  mot,  sont  soumises,  comme 
nous  l'avons  vu  (pp.  65  et  suivantes),  dans  les  langues 
néo-bretonnes,  à  deux  affections  principales  :  1"  les  explosives 
sourdes,  ou  ténues,  ou  fortes,  deux  à  deux,  ou  précédés  de  r  ou  l, 
donnent  une  spirante  sourde  :  sac' h  sac  =  saccus;  march 
cheval  =  *marcos;  kefiTonc  =  cippus;  cor/" corps  =  corpus; 
caz  chat  (plus  anciennement  cath,  avec  spirante  sourde, 
vannetais  cah,  cach)  =  cattus;  nerz  force,  gallois  nerth, 
vannetais  nerh  =  *nerto-  (cf.  le  gaulois  Nertomaros)  ;  caez, 
aujourd'hui  kèaz  malheureux,  autrefois,  esclave,  vannetais  kèh, 
gallois  caeth  =  *cactos  (=  latin  captus)  ;  2''  entre  deux 
voyelles,  même  si  l'une  d'elles  a  actuellement  disparu,  les 
explosives  sourdes  p,  t,  k  deviennent  des  explosives  sonores; 
les  explosives  sonores  ô,  d,  g,  deviennent  des  spirantes  sonores  : 
b  ainsi  que  m,  devient  d;  d  devient  ;::  (spirante  dentale);  g  après 
avoir  été  spirante  disparaît  ou  laisse  comme  trace  un  i;  en  un 
mot  les  consonnes  s'assimilent  aux  voyelles  qui  les  flanquent.  Les 
voyelles  ont  deux  caractères  distinctifs  :  la  sonorité  (ce  sont  des 
sons  du  larynx,  accompagnés,  dans  leur  émission,  de  vibrations 
des  cordes  vocale:^)  (1)  et  la  continuité.  Parmi  les  consonnes, 
p,  t,  k,  sont  des  sourdes  et  ne  sont  accompagnées  d'aucune 
vibration  des  cordes  vocales;  b,  d,  g,  sont  sonores,  mais  on  ne 
peut  les  continuer  :  la  bouche  est  fermée  avant  leur  émission  et, 
après  leur  émission,  ou  leur  explosion,  si  on  veut  les  prononcer 
de  nouveau,  il  faut  replacer  les  organes  dans  la  même  situation 


(1)  On  peut  facilement  se  rencli'e  compte  de  ces  vibrations,  en  mettant  le 
doigt  sur  ce  qu'on  appelle  la  pomme  d'Adam,  ou  mieux,  en  se  bouchant  les 
oreilles  pendant  qu'on  émet  les  sons. 


—  432  — 
qu'auparavant.  Entre  voyelles,  les  explosives  sourdes  s'assimilent 
à  leur  milieu  en  devenant  sonores,  les  explosives  sonores  en 
devenant  continues  sonores,  ou  spirantes,  ou  fricatives  (dans 
l'expression  des  spirantes,  la  bouche  est  ouverte,  mais  le  conduit 
buccal  plus  étroit  que  dans  l'émission  des  voyelles  ;  de  plus  les 
spirantes  peuvent  être  sourdes  ou  sonores;  f,  s  sont  des  sourdes, 
V,  zdes  sonores). 

Ces  deux  grandes  affections  atteignent  les  consonnes  initiales 
des  mots,  chaque  fois  qu'un  mot  est  précédé  d'une  particule 
ou  d'un  pronom  faisant  corps  avec  lui  ;  alors,  en  effet,  la  consonne 
initiale  devient  en  quelque  sorte  médiale  et  doit  être  traitée  comme 
telle  :  si  la  particule  était  anciennement  terminée  par  une  sourde, 
par  exemple  la  spirante  s,  la  consonne  initiale  explosive  sourde 
devient  spirante  sourde  ;  ainsi  le  nombre  tri  trois  =  vieux  celtique 
trïs  (cf.  latin,  très,  grec  rpeït  =  rpeieg),  faisant  corps  avec  le  mot 
suivant,  si  la  consonne  initiale  est  une  explosive  sourde,  la 
transforme  en  spirante  sourde;  au  lieu  de  tri  ki  trois  chiens, 
on  a  tri  chi;  au  lieu  de  tri  penn  trois  têtes,  on  a  tri  fenn;  au 
lieu  de  tri  ti  trois  maisons,  on  a  tri  zi  (anciennement  tri  thi). 
La  particule  était-elle  terminée  par  une  voyelle,  l'initiale  suivante 
est  traitée  comme  la  consonne  entre  deux  voyelles  dans  le  corps 
du  mot;  ainsi  le  pronom  possessif  masculin  hé,  hi,  est  un  ancien 
génitif  terminé  par  une  voyelle;  faisant  corps  avec  le  mot  suivant, 
il  transforme  l'explosive  sourde  en  sonore,  l'explosive  sonore, 
en  spirante  sonore  :  en  parlant  d'un  homme,  on  dira  : 

hé  benn  sa  tête,  au  lieu  de  hé  penn. 

hé  déôd  sa  langue,      —  hé  téod. 

hé  gein  son  dos,  —  hé  kein. 

hé  vréac'h  son  bras,  —  hé  hréach. 

hé  vipien  ses  fils,       —  hé  ynipien. 

hé  zourn  sa  main,       —  hé  dourti. 

hé  c'/mr  sa  jambe,       —  hé  gCir. 

hé  icèlé  son  lit,  —  hé  gwélè. 

(sporadiquement)  hé  zaé  sa  robe  —  hé  saé. 


—  433  — 
S'agit-il  au   contraire  d'une  femme,  le  pronom  Ae  qui  est, 
au  féminin,  un  ancien  génitif,  terminé  par  une  consonne  5,  produit 
spiration  de  l'explosive  sourde  initiale  suivante,  et  laisse  intactes 
les  explosives  sonores  :  en  parlant  d'une  femme,  on  dira  : 

hé  fenn  au  lieu  de  hé  henn  (pour  un  homme). 

hé  zéôd  (anc.  hé  théod)  —  hé  déôd  — 

hé  c'hein  —  hé  gein  — 

hé  Iréac'h  —  hé  vréach  — 

hé  mipien  —  hé  vipien  — 

hé  dourn  —  hé  zourn  — 

hé  gar  —  hé  char  — 

hé  gwélé  —  hé  loélé  — 

Un  troisième  phénomène,  plus  récent,  atteint  aussi  les  initiales 
devenues  médiales  :  l'assourdissement  de  l'explosive  sonore  : 
lorsqu'une  particule  faisant  corps  avec  le  mot  suivant  était 
terminée,  à  l'époque  du  moyen  armoricain,  par  une  spirante 
sourde  ou  un  s,  elle  s'assimile  l'explosive  sonore  suivante  et  la 
transforme  en  sourde  : 

z  {ih)  -\-  g  OM  s  •\-  g  donne  k 
z  {th)  ■\-  d  ow  s  -\-  d  —  t 
z  {th)  -\-  b  ow  s  +  p    —     p 

Ainsi  le  pronom  possessif  de  la  deuxième  personne  du  pluriel, 
ho,  transforme  les  initiales  g,  d,  b  en  k,  t,  p  : 

ho  kenou  votre  bouche,  au  lieu  de  ho  genou 
ho  tourn  votre  main,  —        hô  dourn 

ho  preur -voire  (r ère,  —        hô  breur. 

Or,  ce  pronom,  en  armoricain  moyen,  s'écrivait  oz,  hoz  ou 
plus  exactement  os,  hos  (haut-vannetais  actuel,  hous  ami  votre 
ami,  écrit  de  cette  incroyable  façon  hou  ç'ami). 


—  434  — 
Voici  la  liste  des  particules  ou  des  pronoms  causant  un  des 
trois  phénomènes  suivants  :  \°  spiration  des  consonnes  initiales; 
2°  transformation  des  explosives  sourdes  initiales  en  sonores 
et  des  momentanées  sonores  en  continues  sonores;  3"  l'assour- 
dissement des  explosives  sonores  b,  cl,  g  en  p,  t,  k,  ou  en 
d'autres  termes,  la  provectio7i  des  faibles  en  fortes  (I). 

I.  Le  pronom  possessif  et  personnel  régime  ma  ou  va  ou  me; 
le  même  pronom  personnel  joint  à  la  particule  verbale  relative  a  : 
am  =  a' m; 

Le  pronom  possessif  et  pronom  personnel  régime  de  la 
3^  personne  du  singulier  en  parlant  d'une  femme  hé,  hi  son, 
sa,  la; 

Le  pronom  possessif  et  personnel  régime  de  la  troisième 
personne  du  pluriel,  /zo  leur,  leurs,  les; 

Les  noms  de  nombre  :  tri  trois,  au  masculin,  teir,  au  féminin, 
pévar  quatre,  au  masculin,  péder,  au  féminin  (2). 

IL  L'article  an,  ar,  al  {an  devant  les  voyelles,  les  dentales, 
n,  et  h  étymologique,  ne  provenant  pas  d'une  mutation,  ar 
devant  les  autres  consonnes,  al  sporadiquement  devant  l), 
devant  un  nom  féminin  au  singulier,  en  faisant  toutefois 
une  exception  pour  cl  initial ,  et  devant  les  noms  masculins  au 
pluriel  (3); 

Le  pronom  possessif  ou  pronom  personnel  régime  de  la 
deuxième  personne  du  singulier  (ia,  de,  ton,  ta,  te; 


(1)  Pour  les  formes  des  particules  et  des  pronoms,  ainsi  que  pour  leur  action 
grammaticale,  je  me  règle  sur  la  grammaire  de  Le  Gonidec,  faute  de  pouvoir 
me  référer  à  une  autre  plus  méthodique. 

(2)  iVflo  neuf,  cause  également  dans  certains  pays  ces  phénomènes,  mais  la  loi 
n'est  pas  générale.  L'article  masculin  ar,  le  pronom  possessif  ou  pronom  régime 
de  la  première  personne  du  pluriel,  hon,  hor,  transforment  k  initial  en  c'h  : 
ar  c'hi;  hon  ou  hor  clialoioi. 

(3)  Les  deux  déclinaisons  qui  ont  dominé  et  dont  les  noms  ont  entraîné  les 
autres,  au  point  de  vue  des  genres,  sont  la  déclinaison  masculine  en  o  (grec 
>ôyo-f ,  latin  i'([ï<os,  equus),  et  la  déclinaison,  féminine  en  a  (latin  o-osa,  grec 


-  435  — 

Le  pronom  possessif  et  régime  de  la  troisième  personne  du 
singulier  en  parlant  d'un  homme  hé,  hi,  son,  sa,  le; 

Les  noms  de  nombre  daou  deux,  au  masculin,  diou,  au 
féminin  ; 

Les  particules  :  a  de;  da,  de  pour; 

Dré  par; 

Pan,  pa  lorsque;  aba  =  a-pa  depuis  que; 

Pe  quel,  quelle; 

Ha,  re  particule  s'employant  avec  le  futur  dans  le  sens  de 
l'optatif; 

War,  ar,  sur,  diicar,  diar; 

Le  pronom  relatif  et  particule  verbale  a,  assourdi  sporadi- 
quement en  e; 

La  particule  em  =  amhi  servant  à  former  le  verbe  réfléchi, 
précédée  de  en,  autrefois  du  pronom  complément  :  en  etn  ganna 
se  battre; 

Les  formules  ar  ré  ceux,  celles;  en  eur  {dans  un)  formant 
avec  l'infinitif  une  sorte  de  participe  présent  actif; 

Ré  trop; 

Seul,  ancien  substantif  employé  avec  le  comparatif  dans  le 
sens  de  tant  plus.  Certains  adjectifs  précédant  le  substantif 
provoquent  aussi  les  mêmes  mutations,  en  formant  avec  le  subs- 
tantif un  véritable  composé;  de  même  pour  peiu^  entièrement, 
peuz  presque. 

L'adjectif  suivant  le  substantif  féminin  subit  aussi  régu- 
lièrement la    mutation.    D'après    le    même    principe,   lorsque 


i3pé|sa).  Comme  nous  l'apprend  l'irlandais,  le  nominatif  pluriel  des  noms  en  o, 
se  terminait  par  une  voyelle  {fir  hommes  =  *verl  *veroi),  celui  des  noms  en  a, 
par  une  consonne  :  tuatha  peuples  =r  *tôtâs  *toutâs.  L'article  s'accordait  natu- 
rellement avec  le  substantif.  En  conséquence,  la  consonne  initiale  du  mot  qui 
le  suivait,  se  trouvait,  au  nominatif  pluriel  masculin,  entre  deux  voyelles,  au 
nominatif  pluriel  féminin,  entre  deux  consonnes.  Le  phénomène  contraire  se 
produisait  au  singulier.  Au  masculin  et  au  neutre,  l'article  se  terminait  par  une 
consonne,  au  féminin  par  une  voyelle.  La  règle  des  pluriels  est  soumise  à 
d'importantes  exceptions,  la  plupart  relativement  récentes,  mais  quelques-unes 
sont  dues  probablement  à  l'influence  des  noms  à  thèmes  terminés  par  une  consonne. 


-  436  — 

deux  substantifs  se  suivent  et  que  le  premier  est  féminin, 
le  second  est  soumis  à  la  mutation  initiale  et,  naturelle- 
ment, puisque  le  premier  substantif  se  terminait  autrefois 
par  une  voyelle,  à  celle  qui  atteint  la  consonne  entre  deux 
voyelles  (1). 

III.  Le  pronom  complément  de  la  deuxième  personne  du  sin- 
gulier az,  a; 

Le  pronom  possessif  et  personnel  régime  de  la  deuxième 
personne  du  pluriel  ho,  en  moyen  armoricain,  hoz,  votre,  vos, 
vous; 

Le  nombre  pemp,  cinq,  provoque  généralement  le  chan- 
gement de  b  en  p,  et  même,  dialectalement,  de  ^  en  k,  de 
giv  en  kw. 

Dek,  dix,  est  dans  le  même  cas ,  mais  change  b  en  v  :  dek 
vloaz,  dix  ans,  au  lieu  de  dek  hloaz  (2). 

Rem.  Les  particules  :  ô,  qui,  avec  l'infinitif,  remplace  le  participe 
présent;  é,  particule  verbale  non  relative;  ma,  jouant  le  rôle  de 
la  conjonction  que,  provoquent  le  changement  de  h  et  m  en  v, 
de  g  en  h,  c'h,  de  gio  en  w.  C'est  un  simple  fait  d'assimilation. 
0  était  en  moyen  armoricain  oz  —  orz  =  icrtli,  vieil  armoricain, 
di-urt\h\  gallois  wrth;  é  était  ez;  ma  était  maz  =  ma  -\-  ez. 


(1)  Il  y  a  à  cette  loi,  dans  les  noms  de  lieux,  une  exception  assez  fréquente, 
mais  qui  n'est  qu'apparente.  Elle  n'a,  je  crois,  jamais  été  relevée  ni  expliquée. 
Le  mot  kacr,  ker,  étant  féminin,  provoque  régulièrement  changement  des  sourdes 
en  sonores  ;  or,  on  trouve  Kcrhellec,  Kerbouar  au  lieu  de  Ker-cellec,  Ker-vonar, 
et  on  prononce  réellement  Kerhellec,  Kerbouar.  Ces  villages  ne  sont  pas  non 
plus  de  création  nouvelle  ni  baptisés  par  des  amateurs  peu  au  courant  des  règles 
de  la  phonétique  bretonne.  La  raison  en  est  que  le  second  terme  de  ces  composés 
était  masculin  et  précédé  de  V article  :  Kerbellec  était  autrefois  Kaer-en-belec, 
Kerbouar  était  Kaer  en  bouzar  (Voir  C'hrestomathie,])}).  189,  192);  de  même 
pour  Kergouic,  réellement  prononcé  ainsi  ;  or,  Kergouic  était  au  moyen  âge, 
Kaer  an  Goffic  (Voir  Vhidex). 

(2)  Des  phénomènes  analogues  se  reproduisent  pour  certains  mots  semi-com- 
posés :  exemple,  er  hopian,  la  petite  coiffe,  en  bas-vannetais,  =  er  c'Jweff  bihan. 
Les  mots  unis  par  la  prononciation  s'influencent  aussi  ;  la  finale  sourde  assourdit 
l'initiale  sonore  :  lamret  d'în,  dites-moi,  prononcé  sans  arrêt,  devrait  s'écrire 
phonétiquement  lavaretîn,  etc. 


—  437  — 
L'origine  du  ^,  ancienne  spirante  dentale,  explique  que  les  mots 
commençant  par  cl  fassent  exception  :  ôtercliel  et  non  ô  derchel, 
en  tenant;  gril  e  tebrinn  ou  gril  ma  tebrinn,  et  non  debrinn, 
faites  que  je  mange. 

Pour  faciliter,  surtout  aux  lecteurs  qui  ne  sont  pas  Bretons  de 
langue,  le  maniement  du  vocabulaire,  je  mets  sous  c  les  mots 
dont  l'initiale  est  réellement  gutturale,  que  cette  initiale  soit 
écrite  c,  h  ou  qu,  tout  en  conservant  à  l'initiale  son  orthographe. 
De  même,  on  trouvera  sous  /,  les  mots  dont  l'initiale  est  écrite  ^r, 
mais  se  prononce  comme  /  français  ;  on  trouvera  sous  s  les  mots 
écrits  c  et  prononcés  s,  même  quand  ce  sont  des  mots  d'origine 
française,  ce  qui  est  le  cas  ordinaire.  Le  pluriel  se  trouve,  en 
général,  sous  la  forme  du  singulier.  Pour  les  verbes,  je  place 
d'abord  les  temps  à  terminaison  primaire  (présent,  impératif, 
subjonctif,  futur,  prétérit  indicatif),  puis  les  temps  secondaires 
(imparfait  ou  présent  secondaire,  conditionnel  ou  futur  secon- 
daire (présent  ou  imparfait  du  subjonctif),  conditionnel  passé  ou 
prétérit  secondaire  ou  plus-que-parfait  du  subjonctif);  l'infinitif 
suit,  avec  les  formes  du  passif.  Je  ne  tiens  pas  compte, 
pour  l'ordre  alphabétique,  des  consonnes  doubles,  le  même 
mot  s'écrivant  souvent,  tantôt  avec  une,  tantôt  avec  deux 
consonnes. 

Je  n'ai  pas  cru  devoir  séparer  les  formes  d'un  même 
verbe,  différentes  par  la  racine,  mais  associées  par  l'usage. 
Des  renvois  éviteront  d'ailleurs,  de  ce  chef,  au  lecteur,  tout 
embarras. 


—  438  — 


1.  a,,  pron.  relat.  et  part.  verb. 
apparaissant  entre  le  sujet  ou  le 
compl.  direct  et  le  verbe,  en  propo- 
sitions affirmatives  :  heruez  a  guelaff 
suivant  ce  que  je  vois,  292  ;  pez  a 
graffoe  que  je  ferai,  243  ;  gret  a  gueret 
faites  ce  que  vous  voulez,  355  ;  me  a 
ia  je  vais  (mot  à  mot  :  c'est  moi 
qui  va),  243,  etc.,  etc.  —  devient 
e  en  vannetais,  dans  une  bonne 
partie  de  la  Cornouailles  et  du  pays 
de  Tréguier  :  ur  grès  e  houlenuan 
je  demande  une  grâce,  337,  359, 
360,  370,  371,  373,  374. 

Ce  pronom-particule  cause  sono- 
risation ou  spiration  de  la  consonne 
qui  suit  ;  il  est  souvent  sous-entendu 
et  ne  trahit  sa  présence  que  par  son 
action  sur  la  consonne  initiale  sui- 
vante :  a  c'hui  oulen  est-ce  que  vous 
demandez?  322,  a  c'iiui  bromet  est-ce 
que  vous  promettez?  322. 

a  suppléé  par  nep  :  Doue  nep  oa 
croeas  Dieu  qui  nous  a  créés,  300; 
v.  nep. 

a  se  combine  avec  les  pronoms 
personnels  :  a'm,  a'z,  a'n  :  hennez 
a'm  recompanso  celui-là  me  récom- 
pensera, 293;  surtout  avec  le  verbe 
être  :  a'm  eux  qui  est  à  moi,  c'est- 
à-dire  que  j'ai  {v.  bezaf),  245,  261, 
297,  332,  363,  365,  etc.;  me  a'z  guel 
je  te  vois,  270  ;  me'z  badez  =  me  a'z 
badez  je  te  baptise,  252;  nep  a'n 
deveux  celui  qui  a,  260;  v.  bezaff; 
ni'n  tamallo  =  ni   a'n  tamallo,  246. 

Au  lieu  de  az  on  a  a  :  me  a  pet  Je 
te  prie,  270. 

Au  lieu  de  az,  e  :  m'é  cleveije 
t'entendrai,  337  (=  me  es  clevei, 
me  a'z  clevei);  p'é  guelant  lorsqu'ils 
te  voient,  336. 


2.  a  2}our  az"  de  ton,  pour  az  te. 
pron.  pers.  2<=  pers.  à  l'ace.  :  v.  az. 

3.  a,  de,  prép.  [génitif  et  ablatif 
latins),  provoque  sonorisation  et 
spiration  de  la  consonne  initiale 
suivante  :  a  galon  vad  de  bon  cœur, 
357;  a  gorf  hac  a  eue  de  corps  et 
d'âme,  339;  leun  oc'h  a  c'hracc  vous 
êtes  pleine  de  grâce,  339  —  e  pour 
a  sporadiquement  :  meur  e  via  beau- 
coup d'années,  369,  371. 

En  composition  avec  des  adjectifs 
ou  substantifs,  forme  bon  nombre 
d'idiotismes  :  v.  prêt,  nevez,  caus, 
peurz,  het,  gouez,  etc.  —  remplacé 
par  zo ,  à  Groix  :  zo  er  vevelli  des 
serviteurs,  378,  379;  v.  eus. 

Se  combine  avec  les  pronoms 
possessifs  :  a'm  corf  de  mon  corps, 
259,  246,  248,  270,  298;  a'z  grat 
de  ta  faveur,  etc.  —  au  lieu  de  az, 
a  :  an  froez  a  coff  =  an  froez  a'z  coff 
le  fruit  de  ton  ventir,  256. 

iSe  combine  avec  t'arlicle  :  a'n 
poenyau  ha'n  casty  des  peines  et  des 
châtiments,  301,  242,  254,  256,  257, 
271,  276,  301,  348,  etc. 

Ac,  ag  devant  les  voyelles  :  ac  er 
péhet  du  péché,  327,  cf.  328;  cha- 
pelieu  ag  er  barrés-men  les  chapelles 
de  cette  paroisse-ci,   329. 

5e  place  après  l'adjectif  interro- 
gatif  :  pe  a  nation  out,  353. 

4.  a,  ac,  partie,  interrog,  a  ny  ya 
allons-nous?  283;  a  c'hui  a  gret 
croyez-vous?  a  pidi  a  rit-u  est-ce  que 
voiiS  priez?  340;  pep  unan  en  enter- 
rogas  ac  eff  a  gouzie  s'il  savait,  271 
—  ag  intt  zou  sont-ils?  344. 

5.  a  pour  ac  et;  v.  ac. 

6.  a  pour  ac  quam,  conjonc.  de 
compar.;  v.  ac. 


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7.  a  pour  ar  sur;  v.  ar. 

8.  a,  haul-corn.  pour  \va  :  Kemed 
en  a  ce  qu'il  avait,  368,  370. 

9.  a  il  ou  elle  va,  prcs.  sg., 
3"  pers.  :  a  te  goar  nia'z  a  Barba 
sais  tu  où  va  Barba?  na  perac  tra 
eu  ez  a  hy  et  pourquoi  elle  va?  284; 
me  a  ia  je  vais,  243  ;  plur.  l"""  j)ers., 
hamb,  337  —  Impératif  prés.  act. 
sg.  2°  pers.,  qua;  va,  244;  plur. 
2^  pers.  et  :  et-u  allez,  vous,  331 
[remplacé  souvent  par  kerzet)  — 
Futur,  sg.,  i^'^  pers.,  iff,  243;  inn, 
hin,  hmgn,  hinn,  363,  368,  370,  372, 
374;  Supers,  sg.  yel;  yelo,  yei  :  me 
yeljïmi,  247;  me  yelo,  243;  iello, 
331;  me  yei,  me  ye,  376,  378;  plur. 
3«  pers.,  aint,  int,  321,  337  — 
Prêter,  prim.  ind.  sg.  l""^  pers.  ys  : 
er  bloas  quentaff  ma'z  ys  didan  ar 
beth,  315;  3^  pers.  :  aas,  367;  eaz 
289,  299,  372;  e  yas,  e  hiaz,  376, 
378;  e  haz,  374;  e  hèz,  e  hes,  368 
—  Imparf.  et  condit.  (présent  et 
fut.  second.)  :  sg.  3"=  pers.  ae,  28 1  ; 
hiè,  370;  plur,  F^  pers.  aemp,  avec 
le  sens  condit.  :  just  eo  ez  aemp  il 
est  juste  que  nous  allions,  352  — 
Pari,  passif  eat  {plus  anc.  aet), 
312,  264;  éet,  éed,  et,  366,  367, 
369;  haut  cornouaillais ,  mais 
surtout  vannetais  weït,  371  —  Ad- 
jectif verbal  de  nécessité,  disparu 
de  l'armoricain  moyen,  aatoe  dans 
inaatoe  ineundum  est. 

aba  depuis  que  (=  a  pa,  v.  pa, 
pan),  364. 

abaff  hésitation,  scrupule,  270  ; 
hep  abaff  sans  hésitation  ;  he  canno 
heb  neb  abaff,  286;  il  la  battra 
sans  aucun  scrupule. 

abahisset  ébahi  :  ez  vihont  oll 
abahisset  ils  furent  tous  ébahis,  293. 

abalamour,  balamour,  ba- 
lemout  (=:a  palamour,  du  français 
paramour),  conj.  ouprép.  suivant  que 


l'expression  est  jointe  à  une  conj. 
exprimée  ou  sous -entendue,  ou  à 
une  prép.  :  abalamour  ma  paixe  que, 
352,  366,  373  ;  a  balamour  da  à  cause 
de,  324  —  balemout,  en  bas-vannelais 
=  a  balemourt  pour  abalemour  de, 
373,  V.  palamour. 

abaissaf  je  condescends  à  ou 
j'ai  honte  de,  246. 

abardahez  soir,  267  [pro- 
prement :  la  fin  du  jour,  la  vêprée). 

abarz  (=  a  parz,  v.  parz)  :  abarz 
ma  voa  achu  e  via  avant  que  son 
armée  ne  fût  achevée,